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#31624
Lina
Invité

>>> »La réalisatrice semble plus investit dans l’inclusion de son code couleur que dans un discours autour de son scenario. »  » je doute ici de l’apport de la forme esthetique à une lecture politique car c’est très classique  »

Ok avec toi pour dire qu’effectivement la recherche esthétique semble primer sur un parti pris, mais ça n’est pas parce que l’auteur n’a pas cherché sciemment à véhiculer un message que l’ensemble des choix qu’elle fait n’en produit pas pour autant une certaine image, qu’elle soit voulu ou non. En l’occurrence, c’est peut être ici le manque de parti pris qui participe à créer le malaise quant au message passé par le scénario. Étant donné les propos que Satrapi à pu tenir dans de nombreuses interviews qui tiennent de l’ABC du feminisme, je ne dirais certainement pas qu’elle est misogyne. En revanche, j’insiste sur le fait que le choix de présenter un homme rendu sympathique aux spectateurs qui ne tue que des femmes, rendre comique leur mort, et évacuer l’idée qu’il soit misogyne en avançant l’explication de la folie, ce qui ne fait que renforcer des idées fausses sur le sujet, est très problématique.
Si le héro tuait indifféremment hommes et femmes, on pourrait en faire une lecture différente. Là ça n’est pas le cas, en l’occurrence je trouve ça très orienté et peu anodin qu’il s’agisse d’un homme qui tue des femmes uniquement.

>>> »Sur l’aspect comique il m’a étonné, surtout comme argument marketing. Je n’ai guere vu de gag. »

moi non plus, mais je pense qu’il faut aussi tenir compte de l’effet recherché et produit sur d’autres spectateur en général, et la majorité trouvait les scènes de meurtre hilarantes.

>>> »La sexualité (notament des femmes) n’est pas la cause des meutres, alors que c’est un trope quasi systematique des slasheurs. »

Avec la manière dont le héro est infantilisé on pourrait également se dire que l’aspect sexuel n’est pas présent dans le film. Mais les trois femmes sont présentées dès le début comme flirtant avec lui, et toutes trois sont de toute évidence intéressée plus ou moins par lui comme éventuel petit copain- c’est surtout vrai pour la seconde et la dernière. Il est clairement montré que chacune cherche à le séduire. Elles ont l’air de peu s’inquiéter de la disparition de leur(s) amie(s) et semblent davantage vouloir tirer partie de leur absence pour tenter leur chance à leur tour: quelqu’un à écrit que la dernière à mourir était présentée comme courageuse et intelligente car prenant l’initiative d’aller chez lui pour voir de quoi il en retourne. Personnellement, à la manière dont elle le dévore des yeux durant tout le film, qu’elle a de s’arranger coquètement avant qu’il n’ouvre la porte (si je me souviens bien), j’ai plutôt eu l’impression qu’elle voyait dans cette visite une occasion de tenter sa chance à son tour. Et puis, on a quand même des images comme ça dans le film: http://www.journaldugeek.com/files/2015/03/voices-2-600×368.jpg qui me semble rendre les choses assez claires.

D’ailleurs Satrapi dit quand même du personnage masculin: « Il ne sort pas le soir en se disant qu’il va tuer, ce n’est pas comme ça. Tout le monde vient à lui. J’ai presque envie de dire : « Mais foutez-lui la paix à ce pauvre homme ! »  »
En gros ça n’est pas sa faute à Jerry si il tue toutes ces femmes, c’est elles qui viennent à lui!
(lien de l’interview en entier>http://www.linternaute.com/cinema/star-cinema/1218749-interview-marjane-satrapi/)

>>> »La deuxième victime, en revanche, je n’ai aucune idée de ce qu’on pourrait lui reprocher en temps que personne, je la trouve très attachante et sympathique, et lorsqu’elle apprend l’histoire du héros, elle m’a semblé de sincèrement compatir. »

Oui, bien sur! Quand je dis que l’on en vient à certains moment à désirer/minimiser la mort des femmes, c’est que tout est fait pour que l’on éprouve davantage de sympathie et de compassion pour le tueur que pour ses victimes. La seconde à mourir, bien qu’elle soit présentée sous un jour favorable, risque de mettre le héro en danger en le dénonçant aux autorités, et j’ai eu l’impression pour ma part qu’à un moment dans sa tentative de fuite, les choses étaient orientées de façon à ce que l’on ai envie qu’il en finisse avec elle. Globalement je ne dis certainement pas que ces femmes l’on bien cherché, mais en revanche que la réalisation fait en sorte que l’on ne voit pas trop de mal à ce qu’elles y passent.

>>> »Et concernant le fait de monter dans sa voiture, les circonstances font qu’on ne peut même pas parler de calcul, elle n’allait pas rester sous la pluie, sans véhicule et sans téléphone.  »

pardon, j’ai du m’embrouiller? je ne pensais pas à ce moment, mais à celui où plus tôt elle empêche son amie manifestement intéressée par lui de rentrer en voiture en prenant sa place alors que le seul intérêt qu’elle semble y voir est de garder son statut de « chef de groupe/fille la plus intéressante/Je ne sais pas trop comment dire » ce qui la présente comme mesquine. Elle n’est pas la seule puisque la seconde s’arrange pour que la troisième les surprenne en train de s’embrasser alors qu’elle a conscience que son amie est attiré par lui, puis de fanfaronner auprès d’elle de sa conquête. On voit bien que ces trois filles sont copines, mais leur intérêt durant tout le film ne semble être que dirigé en direction du héro, ce qui les fait agir pour les deux première de façon plutôt compétitive et égoïste.

>>> »Après peut etre que je suis insensibilisé à la portée politique de ce genre slashmovie, mais bon « The hornes » m’a derangé plus par exemple (et j’adore le réalisateur). »

est-ce que tu parle de Horns, d’après le roman de Joe Hill? J’ai lu le bouquin et vu le début du film seulement, et effectivement il y pleins de choses à dire à ce sujet! Si tu es intéressé, je veux bien en discuter avec toi sur un autre topic pour éviter que l’on se disperse 🙂 mais ça n’est pas un concours de quel film est le plus indigeste, ça n’est pas parce que d’autres films sont plus problématiques que l’on doit s’abstenir de réfléchir sur celui-ci.

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