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Boîte à outils

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Par où commencer pour réfléchir sur le film que l’on vient de voir au cinéma ou chez soi ? Quelles questions peut-on se poser ? Comment savoir ce qu’est une représentation normée, un axe de domination, un trope ? Parfois des choses nous sautent aux yeux, et parfois on sent de manière diffuse que des choses sont problématiques sans arriver à mettre le doigt dessus. D’autres fois encore, on passe totalement à côté. Et comment aborder simplement une analyse politique avec des personnes qui ne sont pas forcément familières avec cette démarche ?

Il existe de nombreux concepts pour appréhender l’analyse des rapports de pouvoir et des représentations. La bonne nouvelle, c’est qu’il n’est pas nécessaire de comprendre du vocabulaire jargonneux et lire vingt livres de sociologie pour commencer à réfléchir à ces questions par soi-même. Bien au contraire ! Nous avons déjà tou-te-s une part de connaissance et d’expérience sur les quelques principes de base dont nous allons parler.

Nous avons choisi de présenter 4 étapes de réflexions. Il ne s’agit bien évidemment pas de fournir ici une grille d’analyse exhaustive, mais plutôt de suggérer quelques questions simples à se poser qui permettent d’amorcer une réflexion critique vis-à-vis d’un film.

De la même manière, nous avons choisi de garder un format court afin que le texte reste digeste, et de renvoyer plutôt vers quelques ressources qui nous semblent pertinentes pour celleux qui souhaitent quelques pistes de départ pour développer leur réflexion avec des apports extérieurs.

Voici donc les outils de notre boîte :

  • Compter et prendre conscience des invisibilisations
  • Détecter les rapports de pouvoir
  • Repérer les répétitions
  • S’interroger sur le point de vue adopté par le film

 

1. Qui est montré à l’écran ?

Compter : représentations et invisibilisations

De multiples études statistiques montrent des inégalités en temps de présence, en nombre de rôles et en temps de parole des personnages selon certaines de leurs caractéristiques.

Que certains personnages soient omniprésents ou au contraire sous-représentés n’est pas anodin : ces (non-)représentations participent à construire ce qui constitue la norme et déterminent les possibilités d’identification des spectateur-ice-s.

Une première expérience simple est de repenser aux derniers films qu’on a vu et de compter le rôle de premiers rôles féminins et masculins, de personnages principaux blancs et racisés, hétérosexuels et gays, lesbiens, bisexuels, cis et trans, etc. De cette première analyse, découle un constat clair : qui voit-on à l’écran, et surtout, qui ne voit-on pas ? Réfléchir par les creux, par ce qui est absent peut paraitre contreintuitif au début mais c’est un moyen efficace pour prendre conscience des processus d’invisibilisation de certaines catégories de personnes.

Les affiches des films sont souvent très révélatrices de qui est invisibilisé ou sous-représenté dans les films (voir par exemple cette analyse des affiches de gros films sortis en 2012).

A titre d’exemple : sur la liste des 500 plus gros films entre 2007-2012 aux Etats-Unis, 30,8% des personnages parlants sont des femmes (alors qu’elles représentent 50,8% de la population états-unienne) (source: http://www.nyfa.edu/film-school-blog/gender-inequality-in-film/).

Sur les 100 plus gros films sortis en 2012, 70% comprenaient un pourcentage de personnages noirs inférieur à la part de la population noire aux Etats-Unis rapporté par le bureau de recensement, à savoir 13.1%. En particulier, 40% des 100 films comprenaient moins de 5% de personnages noirs (source: https://www.nyfa.edu/img/nyfa-news/black-inequality.jpg).

Ceci implique que les rôles parlants, et en particulier les premiers rôles qui sont les plus mis en avant dans un film et auxquels les spectateurs et spectatrices sont encouragé-e-s à s’identifier, sont essentiellement masculins et blancs (et hétérosexuels, valides, etc).

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Par exemple dans Expendables 2, sur 11 personnages personnages, tous sont des hommes valides à gros muscles, neuf sont blancs et deux seulement sont racisés.

À croiser avec :

  • dans le cas où des personnes minorisées sont représentées en majorité : les relations de domination et de pouvoir entre les personnages, et leur confrontation avec les systèmes d’oppression dans la vie réelle (par exemple si le film produit un discours masculiniste en montrant huit femmes malmenant un homme), et aussi les stéréotypes qui sont véhiculés (à titre d’exemple, voire cette analyse du film 8 femmes)

  • dans le cas où des personnes minorisées sont peu représentées : le discours et le point de vue du film (par exemple s’il s’agit de la lutte d’une personne minorisée et isolée dans un groupe dominant)

Ressources :

  • Les sources sont multiples. Il existe un sujet ouvert sur le forum du site pour collecter et centraliser les résultats des études dont nous croisons le chemin : http://www.lecinemaestpolitique.fr/forums/topic/etudes-chiffrees-sur-les-representations-a-lecran/.

  • Tentez une recherche sur votre moteur de recherche favori incluant les mots clés “representation X films/tv/media” (remplacer X par : trans, femmes, noirs, homosexuels, handicapés, pauvres, au gré de vos envies) pour trouver des articles et des statistiques (souvent en anglais).

  • Noter les occurences et les caractéristiques des personnages dans les médias que l’on visionne permet de rester conscient-e de qui à la parole à l’écran, et de se créer ses propres impressions – à vérifier ensuite avec des analyses plus systématiques pour celles et ceux à qui le coeur en dit !

 

2. Qui a le pouvoir ?

Détecter les jeux de pouvoir et de domination

Une fois que l’on a une idée des personnages présents dans le film, il s’agit de regarder quelles sont les relations de pouvoir entre eux parmi celles qui sont valorisées par le film : qui agit ? Qui prend les décisions ? Qui est en position de pouvoir et de quel pouvoir s’agit-il (savoir, argent, pouvoir politique, force physique, beauté) ? Qui a le dernier mot dans les discussions ? Qui parle plus ? Qui exerce des violences sur qui ? Qui meurt et qui reste en vie ? On peut aussi faire le lien avec la manière dont le scénario est construit, et autour de quels personnages : qui est moteur de l’action ? Qui fait avancer le récit ?

Ces relations de pouvoir sont à analyser en parallèle avec des privilèges et des éléments valorisés ou dépréciés dans notre société : pour rester dans des exemples binaires, masculin/féminin, blanc/racisé, beauté/laideur, force physique/faiblesse, etc.

Les relations de pouvoir sont aussi normées : les schémas que l’on retrouve seront donc souvent les mêmes (voir la partie suivante). Il est plus courant de voir à l’écran un homme blanc hétérosexuel valide au poste de président des Etats-Unis qu’une femme noire lesbienne handicapée.

Par exemple, de nombreux films mettent en avant un héros blanc venant au secours d’un groupe racisé : le héros blanc détient le savoir et la capacité d’action nécessaire à la salvation des racisé-e-s. Il s’agit du trope du sauveur blanc (Avatar, La Couleur des Sentiments ou encore Danse avec les Loups pour ne citer que ceux-là).

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Le Trône de Fer : difficile de faire plus explicite.

Dans un grand nombre de films d’actions, le héros masculin détient le savoir, le pouvoir physique et cognitif, et l’autonomie nécessaire pour sauver son épouse/sa compagne/sa fille qui, à l’inverse, doit être protégée (en langage décodé, “contrôlée”) et sauvée – parfois d’elle-même quand elle n’a pas écouté son homme et se retrouve dans de beaux draps.

On ne compte plus le nombre de films où le/la méchant.e est un.e fou/folle, en guise d’explication de sa méchanceté et de sa différence fondamentale avec les héros, qui, elleux, sont des gens bien et sains d’esprit.

À croiser avec :

  • Les relations de domination et les privilèges dans la vie réelle. Notamment, le discours produit par un scénario mettant en scène des inversions dans les relations de domination est généralement à considérer avec attention.

Ressources :

3. Qu’est-ce qui revient souvent ?

Repérer les répétitions et les simplifications : à l’intérieur d’un film et d’un film à l’autre

Les éléments relevés dans les sections précédentes sont à croiser avec la fréquence à laquelle on les retrouve dans les médias : c’est ce qui crée cet effet dominant, normatif.

Certains personnages ont un éventail limité de comportements et de caractéristiques qui tendent à leur être systématiquement attribués : ce sont des stéréotypes. Par exemple, le noir comique ou bouffon. Certaines intrigues reposent sur des éléments narratifs qui se répètent d’un film à un autre : ce sont des tropes. Par exemple : la princesse passive sauvée par un prince.

Ces tropes et stéréotypes ne sont pas des codes scénaristiques inoffensifs : par leur répétition, leur aspect systématique, ils participent à réduire des groupes de personnes différents aux mêmes traits qui peuvent être négatifs et/ou limitants, à les essentialiser en présentant ces stéréotypes commes des vérités biologiques au lieu de constructions sociales.

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Intouchables. Le noir bouffon pour faire rire le blanc, qu’on disait.

À croiser avec :

  • la mise en scène des stéréotypes et des tropes dans le but de les tourner en dérision ou de les déconstruire.

Ressources :

  • Catégorisation, stéréotypes et préjugés : https://www.psychologie-sociale.com/index.php?option=com_content&task=view&id=42&Itemid=84

  • Stéréotypes : la face invisible des inégalités http://www.inegalites.fr/spip.php?page=article&id_article=1926

  • Le site http://tvtropes.org/ (en anglais) répertorie un nombre important de tropes présents dans les médias. Leur analyse est politisée de manière inégale selon les articles. Sur la page principale du site, les tropes sont présentés comme des conventions et des outils supposés connus du public et utilisés par les auteur-ice-s pour communiquer des idées plus facilement. Un trope serait une technique neutre avec laquelle jouer contrairement à un cliché qui est “stéréotypé et banal”. Mais un trope ne peut-il pas véhiculer également des normes et des stéréotypes ? A titre d’exemple, le trope du sauveur blanc n’est-il pas rempli de stéréotypes sur les personnes racisées et blanches et d’une banalité affligeante dans les productions cinématographiques actuelles ? Le site est tout de même une mine d’information et d’idées pour réfléchir sur un trope en le croisant avec les rapports de domination (qui est représenté avec ce trope ? quels sont les préjugés sur lesquels il s’appuie ? etc).

4. Quel est le point de vue adopté ?

Prendre conscience des choix politiques derrière les représentations.

Les films mettent en scène des personnages, développent des intrigues, abordent des thématiques qui peuvent être d’ordre social, politique, historique, scientifique, etc, de l’ordre de la vie privée ou de la vie publique, en lien avec la réalité (ex: biopic, film réaliste) ou alors complètement fictionnelles (ex: science-fiction, contes et légendes). Dans tous les cas, il est pertinent de se poser la question suivante : quel est le point de vue adopté par le film vis-à-vis de ses personnages, de son intrigue ou de ses thématiques ? Que et qui choisit-il de montrer et comment ?

Dans le cas particulier des films qui s’inspirent de faits réels, de notre société, il peut être intéressant de se demander s’il y a des éléments que le film occulte ou modifie et lesquels (voir par exemple nos articles : Homeland, contrer la propagande, réinjecter du réel dans la fiction, “Le Majordome de Lee Daniels”, ou l’art d’envelopper les luttes dans un drapeau).

De même, pour les films inspirés d’oeuvres littéraires ou de bande-dessinées, on peut se pencher sur les choix d’adaptation (voir par exemple l’article Millenium, de Stieg Larsson à David Fincher), en gardant en tête que même le fait d’adapter fidèlement une œuvre originale – elle-même porteuse d’un point de vue – relève déjà d’un choix politique. La neutralité n’existe pas en matière de représentations !

Lisbeth

Lisbeth Salander : un même personnage, deux visions bien différentes.

Voici quelques éléments qui peuvent vous mettre la puce à l’oreille et motiver une petite réflexion :

  • l’utilisation de certains tropes. Par exemple : le trope du sauveur blanc dans un scénario sur l’esclavage aux Etats-Unis, qui d’une part renforce les blanc-hes dans leur position dominante, mais en plus minimise voire invisibilise complètement des luttes des esclaves noir-e-s pour leur propre émancipation (par exemple, 12 Years A Slave, l’esclavage vu à travers les yeux d’un héros hors-norme).

  • le point de vue utilisé, en particulier si c’est celui d’un-e privilégié-e/dominant-e vis-à-vis du propos raconté. Par exemple : un film dont le narrateur ou héros principal est un homme commettant des violences vis-à-vis d’une femme. Ou un film montrant le point de vue exclusivement impérialiste sur la guerre en Irak (comme American Sniper).

Ressources :

  • Pour confronter l’analyse aux chiffres : http://www.inegalites.fr/ Attention !! Quel que soit le domaine, il convient de garder un regard critique sur les sources et les méthodes d’enquête pour calculer les statistiques, ainsi que sur la manière de les interpréter ! Et ceci est également valable pour les études scientifiques, et tout particulièrement lorsque l’on lit un article de vulgarisation prétendant reprendre des résultats d’étude. Sur ce sujet, le site Allodoxia – Observatoire critique de la vulgarisation (http://allodoxia.blog.lemonde.fr/) est très recommandable.

  • Les nombreux sites et ouvrages dont nous répertorions une partie dans la section Liens du site ou dont nous parlons sur le forum.

***

Voilà donc quelques pistes de réflexion et quelques outils que nous utilisons (de manière plus ou moins intuitive d’ailleurs) et que nous avons souhaité partager afin de tenter de rendre plus accessible la démarche d’analyse politique des productions cinématographiques.

Un autre cinéma est possible ! Et il existe même déjà (comme ici, ici et par exemple) !

Faisons nos propres analyses, individuellement, collectivement. Partageons-les (comme sur notre site et notre forum par exemple), remettons-les en question en même temps que nos idées reçues et surtout croisons nos points de vue. Car refuser les rapports de domination, c’est aussi analyser et déconstruire les représentations qui les banalisent ou les légitiment.

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12 réponses à Boîte à outils

  1. Merci beaucoup pour toutes ces pistes ! Moi qui vous lit tou-te-s religieusement depuis un bon moment, j’ai maintenant très envie de me lancer à mon tour dans ce type d’analyses. J’ai un film en tête (American Sexy Phone, une comédie américaine assez méconnue en France qui traite d’une relation amicale fusionnelle entre deux opératrices de téléphone rose) mais pas forcément toutes les « ressources ». Vous auriez des lectures à me conseiller sur le travail du sexe ?

  2. Exellente initiative.
    Merci pour les liens.

    Mème si le but premier n’est sans doute pas de noyer le site avec des articles de basse qualité:
    Je prendrais bien en prime un tuto (que j’ai eu la flemme de chercher moi mème) pour convertir une capture d’écran VLC en image sur le site. Je n’ai trouvé que des hébergeurs de banque d’image payants, pour s’affranchir des images de promo.

  3. J’aimerais bien un jour une analyse des series TV comme Game of Throne, Extant, Vampire Diaries qui battent des records niveau sexisme et racisme. Bon, je sais que vous n’avez pas le temps mais si l’occasion se présente ça serait genial

  4. Bons outils.

    Par contre vos délires sur l’existence de races, c’est aussi vomitif qu’un Disney.

    • Sur cette question, vous pouvez lire cet article d’Amandine Gay (http://www.slate.fr/story/95643/antiracisme-privilege-blanc) dont voici un extrait :

      (…) Tous les champs de la réflexion et de la création françaises souffrent d’un problème de cécité: un refus de voir les Blanc.he.s et les Noir.e.s hors d’une rhétorique universaliste qui invisibilise les couleurs. Mais les Blanc.he.s et les Noir.e.s ont bien une place distincte dans la hiérarchie raciale et sociale à l’oeuvre en France.

      Ce tabou des couleurs est à la racine du tabou de la race, qui a atteint son paroxysme le 16 mai 2013. Ce fut le jour où fut adoptée «une proposition de loi du Front de Gauche supprimant le mot « race » de la législation française

      Aux Etats-Unis, ce choix de faire disparaître le mot «race» de la Constitution a été questionné par le magazine The New Yorker dès le mois de juillet, dans un article intitulé «Est-ce que les Français peuvent parler de la race?» On y lisait notamment:

      «La France, avec son esprit révolutionnaire, d’égalité républicaine, aime à se penser comme une société qui ne voit pas les couleurs, refusant résolument, par exemple, de mesurer la race, l’ethnie ou la religion dans ses recensements. Et pourtant la France est, indéniablement, une société multiraciale, multiethnique et multiculturelle et ce, au moins depuis les années 1950, quand les grandes vagues d’immigrants ont commencé à arriver de ses anciennes colonies. Il a des problèmes importants de discrimination et de segmentation raciale et économique, mais des outils limités de mesure ou de correction. La réponse évidente —de nombreux universitaires américains et de certains Français— est de commencer à recueillir des données plus détaillées

      Or l’effacement du mot «race» de la Constitution, couplé au refus de considérer les statistiques ethniques comme un outil de mesures et de rectifications possibles des inégalités rendent le travail des chercheur.e.s et la vie des personnes concerné.e.s par les discriminations fort compliquée. S’il est indéniable, comme l’explique la romancière américaine Toni Morrison dans une interview accordée à Stephen Colbert, qu’il n’existe biologiquement que la race humaine, le racisme n’en reste pas moins une construction sociale qui ne disparaît pas avec l’effacement du mot race de la Constitution:

      «Il n’y a rien de tel que la race, scientifiquement, biologiquement. Le racisme est une construction, une construction sociale dont on peut retirer des bénéfices. (…) [Le racisme] a une fonction sociale. Mais la race ce sont les êtres humains.»

      A la cécité face aux couleurs, la France a ajouté le mutisme face au mot race, se privant d’un terme qui nécessite d’être déconstruit, pas effacé, car sans une étude poussée de la construction sociale qu’a imposée le terme «race» en France, il est impossible de déconstruire les effets actuels de ce concept.(…)

      • C’est censé me convaincre ? « Hiérarchie raciale » ???? la dernière fois qu’on en a entendu parler, c’était au Rwanda. Mais bien sûr on parle de races à tout bout de champ, de racisé-es et autres horreurs, sans parler des discours ignobles sur le viol et les juifs de l’égérie Bouteldja… pour dire qu’en fait les races ça existe pas ? C’est vraiment à gerber.

        Il y a des tas d’oppressions diverses dans cette société. On doit lutter contre toutes, mais les séparer ou faire une hiérarchie, ça nous divise, entre « couleurs » et compagnie…

        Dommage, vraiment, parce qu’il y a des choses très bien sur ce site je trouve. Mais il n’y a pas de races, que des racistes.

        Sinon j’ai une questio

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