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Gone Girl (2014). Ou comment faire semblant de ne pas être misogyne.

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TRIGGER WARNING : il va être question de viol et de violences conjugales…

Depuis sa sortie, « Gone Girl », le nouveau film de David Fincher, a fait couler beaucoup d’encre. Globalement acclamé par la critique, le film a également été très critiqué par un texte du site Osez le féminisme. À sa publication, l’article a vite été très décrié par la presse traditionnelle et noyé sous une vague d’articles s’offusquant qu’on puisse attaquer Fincher et le traiter de misogyne (*). Au premier abord, Gone girl se présente comme complexe, non-dogmatique, et semble refuser une approche trop unilatérale. Comme « Les noces rebelles«  de Sam Mendes avant lui, et d’autres encore avant eux, « Gone Girl » raconte comment un couple idyllique, représentant parfait de l’ »American way of life« , va se désagréger. Mais derrière le thriller efficace et une critique du couple assez convenue, le film déploie malgré tout une idéologie et un propos latent qui me paraissent contestable.

Un beau matin de juillet (le lendemain de la fête nationale, le film est bien en train de s’attaquer à un modèle américain…), Amy disparaît sans prévenir son mari, Nick. L’enquête commence et petit à petit, le réalisateur va venir semer le doute dans l’esprit du spectateur. Le récit peut se découper en trois parties distinctes de durée inégale :

1. La découverte. Nous faisons la connaissance de Nick et Amy et nous les trouvons formidables. Quelle belle histoire d’amour ! Quand Amy disparaît, on s’inquiète avec Nick…

2. Le doute. À mesure que l’enquête avance, on en vient progressivement à douter de Nick… Et s’il avait tué sa femme ? D’abord, il la trompe. Et puis on a bien vu dans un flash-back qu’il l’avait frappé violemment… Pendant un instant, on pense que le film va s’amuser à démonter le système patriarcal américain…

3. La solution. Et bien non, on a eu tort de douter de Nick, c’est Amy qui est folle, c’est lui la victime. Et qui plus est, le flash-back où on le voyait frapper sa femme était faux. Ouf ! Le spectateur qui s’en veut un peu d’avoir douté de Ben Affleck n’en ressent que plus de sympathie pour lui. Allez Nick, tu vas y arriver, tu vas prouver que tu n’y es pour rien !

David Fincher est un véritable maitre du twist. La construction de son récit est extrêmement solide et surprend sans cesse le spectateur. On ne contestera pas ça… Mais par ailleurs cette structure accentue des mécanismes d’empathie qui nous portent clairement vers un personnage : Nick.

Nick Dunne, un brave type.

Le mouvement du film nous amène d’abord à nous méfier de Nick pour mieux le retrouver ensuite, créant un fort sentiment d’empathie à son égard. Il est un « faux coupable » à la Hitchcock et on n’a vite plus qu’une envie : que la vérité soit rétablie, que l’injustice soit punie.

gonegirl01Nick, un mec ordinaire… Personne n’est parfait !

Le choix et le jeu des acteurs vont venir renforcer cette impression.

D’emblée, Ben Affleck apparaît comme un type sympathique, terriblement « humain » (il a ses mauvais côtés, comme il le confesse à la télé, mais il n’est pas si différent de nous). On peut facilement s’identifier à lui et à son jeu naturaliste. Et puis c’est Ben Affleck, une super star au capital de sympathie extrêmement puissant. Il « entre » dans tout nouveau film chargé de ce background et le spectateur est préparé à s’identifier à lui. À l’inverse, Rosamund Pike est loin d’avoir la même notoriété et un.e spectateur/trice lambda n’aura pas vraiment construit de relation antérieure avec elle. Au cours du film, l’actrice adopte vite un jeu hiératique, parfois rigide. Son visage devient un masque sur lequel il est difficile de déchiffrer la moindre émotion. Sa folie la rend inhumaine, créant ainsi une méfiance chez le spectateur.

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L’affiche française semble nous dire plus ou moins la même chose. On y voit Amy, au premier plan, le regard au loin, dans le vague. D’entrée de jeu, elle nous « échappe » et l’étrangeté de son regard nous met légèrement en alerte… Nick, lui, apparaît tout petit derrière Amy qui paraît l’évincer. Il regarde vers sa femme mais aussi dans notre direction, il est inscrit dans l’espace de l’affiche. Les lignes de la composition mènent notre regard à lui. Il est plus petit mais paradoxalement, notre regard va être attiré vers lui car on arrive à « saisir » quelque chose de son émotion. Bref, dès ce premier rapport au film, nous sommes amenés à connecter plus avec le personnage masculin.

gonegirlMais qu’y a-t-il dans la tête d’Amy ?

Nick a du mal à comprendre à sa femme… Et nous aussi. Dès la première scène, nous partageons son point de vue (cf photo juste au-dessus) et ses interrogations :

« When I thing of my wife, I always think of her head. I picture cracking her lovely skull, trying to get answers… »

« Quand je pense à ma femme, je pense toujours à sa tête. Je m’imagine en train de fracturer son charmant petit crâne (…) pour y trouver des réponses. « 

Alors que la première partie du film pouvait laisser apparaître Amy comme une victime (elle est prisonnière des injonctions sociales du milieu dans lequel elle évolue et qui lui imposent d’être une épouse modèle, une femme lisse, une image) ; la dernière partie vient balayer cette piste pourtant intéressante.

La victime, c’est Nick. Certes, il a des torts : il trompe sa femme avec une fille plus jeune. Mais ce « tort » reste mineur face aux agissements d’Amy et on finit vite par oublier et pardonner les petits écarts de Nick. Les actes d’Amy, eux, ont une autre ampleur ! Elle accuse à tord un premier ex de viol, elle tue un autre ancien amant et met en place un traquenard pour que Nick finisse sur la chaise électrique…

Amy, de la cool girl à la femme machiavélique.

Mais pourquoi la parfaite Amy va-t-elle d’un coup disparaître ? Le personnage lui-même avance une explication. C’est le discours de la « cool girl » :

« Nick loved a girl I was pretending to be. Cool Girl. Men always use that as the defining compliment, don’t they? She’s a cool girl. Cool Girl is fun. Cool Girl is game. Cool Girl is hot. Cool Girl never gets angry at her man. She only smiles in a chagrined, loving manner and then presents her mouth for fucking. Go ahead! Cum on me! I don’t mind, I’m Cool Girl. »

« Nick aimait la fille que je prétendais être. Une fille cool. Les hommes utilisent toujours ce genre de compliments, n’est-ce pas ? C’est une fille cool. La fille cool est drôle. La fille cool est joueuse. La fille cool est sexy. La fille cool ne se met jamais en colère contre son homme. Elle se contente de sourire avec un air chagriné et aimant puis présente sa bouche pour une pipe. Vas y, éjacule moi dessus, je m’en fous, je suis une fille cool. »

Qu’est-ce qu’une cool girl si ce n’est la forme moderne de l’oppression masculine ?… Il n’est plus question aujourd’hui de laisser la femme au foyer. La femme américaine du XXIème siècle, dont Amy devient de fait une illustration, est une fille cool, sexy, libérée… Mais néanmoins emprisonnée dans toute une série de carcans qui ont bougé par rapport au siècle précédent mais qui continuent à exister sous une nouvelle forme et contre lesquels il serait tout à fait légitime de se rebeller. Pendant un instant, on espère que le film va dérouler ce fil et continuer à démonter le machisme de l’univers dans lequel évoluent les personnages.

Amy ne veut plus être la « Miss Amazing » créée par ses parents – eux mêmes modèle type du couple américain dans toute sa splendeur. Fatiguée d’être parfaite, elle va décider d’être tout l’inverse : une criminelle. Mais dans sa rébellion, Amy ne cherche qu’une chose, restaurer les apparences en sa faveur, remplacer un rapport de force inégalitaire par une autre forme de domination où elle serait maîtresse. Ainsi, c’est elle qui à la fin du film forcera Nick à « faire semblant », à jouer au petit couple modèle devant la caméra. Si les propos d’Amy sont au départ pertinents, la réponse qu’elle va apporter à son problème (ne plus être une cool girl) va être des plus sanglantes et va conduire à un retour à la normale encore plus violent et définitif que la situation de départ. Dans les scènes finales, Amy a réussi à faire passer sa disparition pour un enlèvement et le meurtre d’un de ses ex pour de la légitime défense. Elle revient chez elle en tant que victime et fait pression sur Nick pour qu’il ne raconte rien. Elle lui impose alors de devenir le mari modèle dont elle a toujours rêvé et tous deux finissent par annoncer aux médias qu’ils vont avoir un enfant. Ils « rentrent dans le rang »… Bref, la révolution des Cool girls reste à venir !

gonegirl04 Qui est la fille derrière la photo ?

Quel diagnostic peut-on faire face à l’attitude d’Amy ? Je n’ai pas la formation pour établir une telle analyse mais je tenterais quand même de dresser un tableau à grands traits. (L’objectif ici n’est pas de parler d’un point de vue psychanalytique rigoureux mais plutôt de questionner des acceptions communes). Amy idéalise sa relation et va être confrontée à une déception qu’elle sera incapable de surmonter et qui sera le moteur des conflits à venir. Son comportement va alors devenir excessif et théâtralisé à outrance. On ne sait plus vraiment si elle est manipulatrice ou si elle croit elle-même aux histoires qu’elle invente pour que le monde extérieur colle à ses désirs. On retrouve là quelques symptômes d’un comportement « hystérique », cette « maladie des nerfs » que l’on a longtemps attribué aux femmes. Le terme d’hystérique trouve – tiens, tiens – son étymologie dans le mot grec utérus. L’origine du mal, c’est à l’intérieur même de « la femme »… « Gone girl », en proposant ce personnage de folle criminelle dont le ressort majeur est la frustration sexuelle et un égo démesuré, semble donc venir puiser dans un imaginaire profondément misogyne.

Nick au royaume des filles.

Certes, toutes les femmes du film ne sont pas criminelles. Mais en dehors d’Amy, les femmes de « Gone Girl » ont rarement un statut enviable ni valorisant. Faisons un rapide état des lieux…

La disparition d’Amy va vite faire la une des médias. Mais qui, plus précisément, s’empare de l’affaire ? Des femmes bien sûr. Des femmes qui, dans leur vision étriquée, sautent sur des conclusions hâtives (le mari est forcément coupable) et se sentent obligées d’exprimer une sorte de solidarité féminine hors de propos. La résolution du film leur donnera tort : il ne s’agit pas d’une histoire de violence conjugale mais bien d’une manipulation machiavélique. Les méthodes des femmes pour « prouver » leurs argumentaires seront par ailleurs des plus douteuses. Lors d’un buffet de soutien à la famille d’Amy, une femme se prend en photo avec Nick. Celui-ci lui demande de supprimer l’image. La femme refuse et brandit au contraire la photo sur tous les plateaux télé pour prouver l’absence de morale du mari. De la même manière, Ellen Abbot, la journaliste qui suivra l’affaire, se révèle particulièrement retorse et n’est attirée que par le scandale.

Le film – qui dresse par ailleurs un portrait acerbe du monde des médias – raconte donc clairement une « guerre des sexes ». Les prises de position autour de Nick sont des décisions morales (elles sont à mes yeux politiques mais sont présentés dans le système de valeur des personnages et du film comme des questions de principe) : Les « féministes » agressives de la télé font un procès à Nick parce qu’il est un homme. Ces femmes qui prennent la parole dans les médias ne connaissent pas Nick et lui font donc un procès par principe. C’est du « délit de faciès genré ». La « complicité féminine » mise en œuvre par ces personnages au cours du film est d’entrée de jeu diabolisée. Le scénario prend ensuite un grand plaisir à donner tort à ces femmes pour rétablir l’homme Ben Affleck dans son intégrité. Pauvre Ben, il a bien souffert, ce n’est pas facile d’avoir une femme folle à la maison. On te pardonne tout… Nick le dit lui-même : « I’m so sick of being picked apart by women. » (« J’en ai marre d’être décortiqué par des femmes »)

gonegirl05Les femmes, promptes à accuser les hommes

Accuser Nick sans d’abord prouver sa culpabilité est une attitude contestable. Mais en invalidant les attitudes et les méthodes des seuls personnages ouvertement « féministes » de son récit (lors d’un interview, Noelle, la voisine d’Amy, remercie Ellen, la journaliste pour « tout ce qu’elle fait pour les femmes »), le film prend le risque d’invalider également leur propos… Les violences conjugales envers les femmes sont pourtant une réalité.

Dans son article sur Bitch flicks, Megan Kearns va encore plus loin dans son raisonnement et s’interroge sur le choix du film de raconter que le viol d’Amy par Nick n’est en fait qu’un mensonge… En effet, il semble évident, dans l’univers de « Gone Girl« , que les femmes exagèrent et peuvent aller jusqu’à fabriquer des violences imaginaires pour servir leur cause. Avant Nick, Amy avait déjà menti et fait accuser son ex de viol, démolissant sa vie entière… Et pourtant, comme Kearns le souligne, les cas de fausses déclarations de viol sont quasi inexistantes…

Cette infographie (1) sur le sujet est saisissante :

rapist_visualization_03

En faisant des mensonges d’Amy l’un des principaux moteurs de sa dramaturgie, le film vient implicitement corroborer ce discours mystificateur selon lequel les femmes « inventeraient » les agressions dont elles sont victimes.

gonegirl06Vas-y Amy, invente nous une jolie histoire autour d’un viol imaginaire…

Dans l’imaginaire du récit, les femmes apparaissent comme castratrices. Elles menacent l’intégrité physique et morale des hommes qui sont contraints de s’écraser face à elles (Nick ne parvient pas à faire supprimer la photo ; l’ex d’Amy se fait tout simplement couper la gorge, etc.). On retrouve là tous les démons agités par les courants masculinistes qui s’inquiètent d’une féminisation de la société et d’une perte de puissance des hommes.

gonegirl07Baisse pas la tête Nick…

Les principales ennemies dans la quête de Nick pour rétablir la vérité seront des femmes.

Sa voisine Noelle, ostensiblement folle, (ce qui fait quand même beaucoup de folles pour un seul film), sera l’une des principales témoins à charge. C’est elle qui raconte à la police que Nick battait sa femme, se basant en cela sur les propos d’Amy. Comme les journalistes, la voisine se contente d’une version – celle d’Amy – et n’essaiera jamais d’écouter Nick.

La maitresse de Nick, la jeune et jolie Andie va elle aussi le trahir. Alors qu’il s’apprête à avouer aux médias et à ses beaux-parents qu’il a une liaison extra-conjugale, Andie lui coupe l’herbe sous le pied et fait une annonce publique…

gonegirl08Andie :  » Je suis désolée d’avoir une liaison avec un homme marié. »

 » I’m deeply ashamed of having been involved with a married man. »

Andie empêche ainsi Nick de prendre l’initiative : elle le rend impuissant. Après la déclaration d’Andie, Nick sera encore plus fragilisé…

Fuis, Nick ! Toutes ces femmes veulent te faire du mal…

Les alternatives : la sœur et la détective.

Face à ses modèles assez caricaturaux voire outranciers, Margo, la sœur jumelle de Nick, et l’officière Boney, semblent proposer un modèle alternatif et seront des vraies adjuvantes de notre héros. Aucune des deux n’est là pour séduire un homme mais pour autant aucune ne sera réellement autonome.

Margo travaille dans le bar que lui a acheté son frère (grâce à l’argent de sa femme). Il possède le bar, elle y travaille… D’emblée Margo est présentée comme dépendante de Nick. Que sait-on d’autre sur elle ? Elle est célibataire et aucune allusion ne sera faite à sa sexualité. En soit, c’est plutôt quelque chose de réjouissant : Margo existe dans le film en dehors de jeux de séduction envers un homme… Mais si Margo ne se situe pas par rapport à un amant, elle n’existe cependant que par et pour son frère. N’a-t-elle donc aucune vie privée en dehors de Nick ? N’a-t-elle aucune problématique propre en tant que personnage ? Elle semble avoir dédié toute sa vie à son frère sans que le récit questionne ce fait ou prenne la peine de le raconter plus en détail.

gonegirl09Margo et son frère : Je suis là pour toi Nick

De nouveau, on retrouve une répartition extrêmement genrée des rôles et des fonctions. Margo, la fille, a des attitudes féminines : peur, pleurs, angoisse, relative passivité. Face à un coup dur, Nick encaisse, stoïque, Margo au contraire pleure, dévorée d’angoisse pour son frère. Il faudrait lire « Les Apparences », le roman de Gillian Flynn dont « Gone Girl » est adapté… Le personnage de Margo y est-il plus étoffé ? Est-ce le scénario qui, par nécessité de concision, a rendu le personnage si désincarné ?

L’officière Boney, quant à elle, vient apporter une autre vision de la féminité. Voici une femme active, que l’on voit au travail, et a, qui plus est, un homme comme assistant… Lorsqu’elle débarque pour la première fois sur les lieux de la disparition, Boney se comporte de manière extrêmement rationnelle et efficace : elle remarque immédiatement le sang dans la cuisine, elle note les indices. Son investigation avançant, c’est elle qui commence à semer le doute dans l’esprit du spectateur. La table renversée dans le salon ressemble en effet à une mauvaise mise en scène… Très vite, la certitude se fait dans son esprit : Nick a tué sa femme et maquillé tout cela en disparition. Elle ne se contentera pas non plus de cette explication trop définitive et la découverte d’un soi-disant journal intime d’Amy installera le doute dans son esprit…

gonegirl10Boney : Soyons rationnels…

Mais Boney ne sera pas capable d’avancer beaucoup plus loin. Le récit fait alors intervenir un homme : l’efficace Tanner Bolt, avocat spécialisé dans les affaires de mœurs réputées ingagnables. Exit Boney. Nick et son nouveau copain vont régler cette affaire entre hommes. Grâce au soutien de Tanner, Nick parvient à convaincre son entourage proche de son innocence. Une fois l’intrigue en partie résolue, une dernière scène nous montre Nick et l’avocat en train de discuter autour d’un café. C’est l’occasion de faire un état des lieux : que va faire Nick ? Quelles sont ses options pour faire face à la folie de sa femme ? Dans un deuxième temps, nous découvrons Boney et Margo assises aux côtés des deux hommes. Toutes deux écoutent la conversation, posent quelques questions mais ne tiennent pas de rôle réellement actif. À ce stade du récit, l’officière a reconnu ses erreurs : elle aurait dû faire confiance à Nick, elle l’écoute à présent religieusement et ne semble plus vraiment là à titre professionnel. Les rapports de force et d’autorité entre eux se sont complètement inversés…

In fine, aucun des « ennemis » ou « adversaires » vraiment important de Nick au cours du film ne sera un homme (à l’exception du père d’Amy mais qui apparaît toujours en binôme avec sa femme, comme une seule et même entité « couple »).

Pauvres hommes…

L’une des affiches américaines du film nous montre un homme écrasé par un poids qui semble peser lourdement sur ses épaules… Pour ceux qui penseraient encore qu’Amy est la victime, ou qu’Amy et Nick sont égalitairement victimes d’un système, l’affiche apporte une réponse tranchée. Le sujet central du film, c’est cet homme seul et affaibli. Ce poids qui pèse sur ses épaules, c’est le danger que représente Amy (évoquée dans l’affiche par deux yeux gigantesques planant au dessus du titre). Et Amy finira par gagner : les dernières scènes du film nous montreront un homme écrasé par la pression qu’exerce sur lui sa femme.

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Dans une autre affiche américaine, la silhouette de Nick est brouillée, décalée comme dans un «bug vidéo ». Bref, le personnage n’est pas bien aligné, il est fragilisé de nouveau…

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Au final, « Gone Girl » c’est l’histoire d’un couple qui se confronte aux difficultés du quotidien. L’amour finit par s’évaporer (qui a dit que l’amour dure trois ans ?), les difficultés s’amoncellent (Nick et Amy perdent leur boulot), c’est le temps des désillusions. Face à ce défi ordinaire de la vie quotidienne, Nick va répondre de manière lâche mais concrète et finalement relativement anodine. Il va prendre une maitresse. Amy, elle, va être blessée dans son égo et imaginer une vengeance terrible qui la fera basculer dans la criminalité.

Nick et Amy sont certes tous deux prisonniers des apparences mais néanmoins le film finit par prendre parti et la fin condamne unilatéralement le personnage d’Amy. Les défenseurs du film mettront en avant que Nick en prend lui aussi pour son grade et que la séquence finale est loin d’un happy-end conventionnel. Nick, prisonnier de l’emprise psychologique d’Amy, finit par « jouer le jeu » et accepte de donner une interview à la journaliste qui l’a tant décrié. Il devient l’illustration vivante et lisse du conjoint idéal. Cette scène sonne avant tout comme sa défaite en tant que homme face à son épouse (il étouffe son envie de fuite faute d’oser s’opposer réellement à Amy).

Bref, on peut toujours se dire que le film démonte les modèles traditionnels du couple en en montrant, par l’extrême, les limites, mais au final, la « méchante » du film reste Amy… Et si Amy se comporte comme ça : n’est-ce pas parce que les femmes auraient une « propension à la folie » et que leur but seraient « d’affaiblir les hommes » ? « Gone girl » n’est jamais si direct, si clairement misogyne. Il parvient à apporter un peu de complexité et d’ambiguïté à son récit à travers des personnages équivoques (Nick est loin « héros » au sens conventionnel du terme). Il déploie également une large et complexe palette de personnages féminins (il passe le Bechdel test sans problème), déjouant ainsi les pièges les plus évidents dans lesquels il pourrait tomber. Mais, à mes yeux, ce que le film raconte de manière pernicieuse ce n’est pas tant une intrigue policière ni les failles d’un modèle américain, c’est l’oppression d’un personnage masculin par la folie des femmes (je garde le pluriel, car même si Amy est la seule criminelle du récit, d’autres « collègues féminines » vont également avoir un comportement problématique.)

Zemmour ne renierait pas un tel propos…

Marion

 

NOTES

(1) http://theenlivenproject.com/the-truth-about-false-accusation/

* Voir par exemple :

http://blog.francetvinfo.fr/actu-cine/2014/10/24/pourquoi-gone-girl-nest-pas-un-film-machiste.html
http://www.lefigaro.fr/cinema/2014/10/29/03002-20141029ARTFIG00353–gone-girl-fincher-degrade-par-les-feministes.php
http://www.konbini.com/fr/entertainment-2/gone-girl-film-anti-feministe-vraiment/
http://www.lexpress.fr/culture/cinema/la-polemique-sur-gone-girl-misogyne-info-ou-intox_1617847.html
http://www.contrepoints.org/2014/11/02/186887-gone-girl-ou-les-feministes-contre-attaquent
http://www.ecranlarge.com/films/dossier/930157-gone-girl-fincher-l-homme-qui-n-aimait-pas-les-femmes
http://blog.causeur.fr/bonnetdane/gone-girl-et-les-feministes-dechainees-00553.html
http://www.liberation.fr/chroniques/2014/11/07/bienvenue-chez-les-sluts_1138762

PS :

Les traductions sont « faites maison »… Je ne garantis pas l’exactitude du texte par rapport à la version française du film !

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74 réponses à Gone Girl (2014). Ou comment faire semblant de ne pas être misogyne.

  1. Merci pour cet article.
    J’ai également éprouvé un malaise face à la mise en scène d’un machiavélisme féminin aussi caricatural.
    Une telle fable du pouvoir (forcément légitime parce que forcément) masculin ébranlé par une épouse « émancipée », au sein du couple, se terminait déjà par la pire des violences, dans La guerre des Rose de Danny DeVito, sorti en salle en 1989.

  2. J’ai lu Les Apparences de Gyllian Flynn cet été et je dois avouer que sa lecture m’a laissé un sentiment de malaise aussi bien que le film que vous critiquez (et que j’ai également vu, j’y reviendrai).

    Au départ du roman, sa lecture m’a fait presque jubiler : au travers de l’histoire de la disparition d’Amy, vu du côté du mari, et du « journal » d’Amy, on assiste à une déconstruction du couple et on a vraiment l’impression d’assister au dévoilement de sa réalité, avec un mari qui apparait comme de plus en plus dangereux.

    Puis on change de partie, et là, twist énorme : le « journal » est un faux, on suit Amy dans sa fuite et ses mésaventures, son mari prend peu à peu conscience de la perversité de sa femme et lors de son retour, tous deux décident de rejouer au couple modèle : l’impression que cela m’a laissé, c’est deux personnages (une déséquilibrée et son mari plus ou moins piégé) s’enfonçant dans une voie sans issue. Il faudrait bien sûr analyser le roman avec plus de rigueur, je ne fais que donner des impressions de lecture qui commencent à s’estomper.

    Quant au film, fidèle à la trame générale du roman (la romancière étant aussi la scénariste), elle gomme des aspects du livre et donne une direction au film qui correspond bien à l’analyse que vous en tirez : on charge Amy un maximum et on oublie qu’elle est manifestement déséquilibrée (chose qu’on perçoit beaucoup mieux dans le roman, à mon avis).

    Un exemple simple : le roman évoque les victimes précédentes d’Amy. Étrangement, le personnage féminin qu’Amy fait accuser de harcèlement au lycée est transformé en ex-petit ami accusé à tort de viol. Je trouve cette transformation assez significative sur la philosophie générale du film, sans compter le sort réservé aux autres personnages féminins.

    Autre changement significatif : Tanner Bolt, dans le livre, est un avocat blanc spécialisé dans la défense outrancière des maris, marié à une femme noire qui joue un rôle actif dans la défense de Nick. Dans le film, la femme disparait purement et simplement et Tanner Bolt est « noirci ». Étonnant, non ?

    • La transformation de Tanner Bolt m’a frappé à moi aussi. Le transformer en noir l’a rendu un peu « gentil » j’ai trouvé… Dans le roman c’est le type au sourire colgate qui se fiche de savoir si ses clients sont innocents ou non…

      Pour ce qui est du petit ami accusé à tort de viol, vous faites erreur: il est également présent dans le roman. La fille dont vous parlez l’est également et a été zappé par le film.

      • Pourtant, si le personnage de Tanner semble plus rassurant, son discours fait preuve du même cynisme que dans le bouquin. Tout son plan pour sauver Nick n’est qu’une histoire de mise en scène. La vérité ne l’intéresse pas.

  3. Non pas tout ce qui est dit dans cet article soit entièrement faux, mais il s’agit toutefois typiquement d’une surinterprétation. Ca me fait un peu penser à Margaret Mead qui partait en Océanie pour prouver que la crise d’adolécence n’existait pas chez les Samoas, mais était aveuglée par son présupposé.

    Le film en tant que tel reste amoral, dans le sens ou il ne se pose pas en juge par rapport à ses personnages, ou éventuellment les condammne tous. Attribuer le rôle de méchante à Amy est un choix du critique, pas du réalisateur. A plusieurs égard Amy est une victime, mais elle refuse ce rôle et se défend. Sa violence est une réponse à l’opression quelle subit et le film ne déligitime pas cette réaction à priori.

    De manière générale, le film à pour sujet le mensonge, pas le genre. Y voir du Zemmour en filigrane est sans doute abusif.

    Il y a cependant bien un problème avec Gone Girl, mais il se situe plus dans le contexte dans lequel sort le film. Dans une société ou la violence physique des hommes sur les femmes est une constante tout en étant régulièrement minimisée, voir un film met en scene cette violence avec pour apothéose le viol simulé, met effectivement mal à l’aise.
    Et même si je doute qu’il s’agisse d’une volonté pernicieuse de Fincher, en tout cas sa filmographie ne le laisse pas supposer, une oeuvre ne peut s’extraire de son contexte politique et la reprise d’un des tropes du patriarcat, même involontaire, est tout au moins genant.

    • Ah là là, ces féministes, elles « abusent »… toujours à « surinterpréter », « aveuglées » qu’elles sont par leurs « présupposés » de bonnes femmes… Heureusement qu’il y a des hommes pour énoncer des jugements objectifs et interpréter les films correctement… des hommes qui voit ce qu’est « le film en tant que tel », et qui peuvent ainsi leur expliquer ce qui en est « le vrai sujet » …

      C’est marrant que les féministes aient toujours comme ça des lunettes déformantes et un point de vue biaisé, alors que les hommes eux ils ont accès au point de vue universel, au vrai sens, dans toute sa pureté et son univocité…

      • Rien du commentaire précédent ne justifie votre réaction. Vous pourrez toujours dire ailleurs que vous êtes prêt à discuter, mais face à un message cordial qui émet simplement des doutes polis sur l’interprétation faite ici, vous ne parvenez pas à réagir aux arguments. C’est dommage.

        Mais heureusement que vous êtes là, homme au point de vue universel, pour reprendre immédiatement les passants.

        • Je ne cherchais pas du tout à discuter ici. Juste à manifester mon agacement face au ton profondément condescendant de celui qui vient expliquer aux féministes qu’elle se sont encore un peu trop emportées… Certes, sur un ton « cordial » et « poli » comme vous dites, mais ce n’est pas parce qu’on est « cordial » et « poli » que l’on n’exerce pas une violence (il est à mon avis beaucoup plus facile d’être « poli » quand on occupe dans la société une place privilégiée et que les positions que l’on défend vont dans le sens des rapports de dominations existants et de leur occultation).

          Mais bon, heureusement que vous êtes là, homme au flegme étourdissant, pour condamner immédiatement mes débordements.

          • ce à quoi vous réagissez, ce n’est donc pas le ton, ici cordial et poli, mais l’attitude que vous qualifiez de « condescendante », visant à s’exprimer à la place de. Quelle différence exactement avec ce que vous faites ? (ceci est une vraie question).

            D’autre part, n’est-il pas a) contre-productif d’antagoniser ainsi des gens intéressés par la discussion et b) savonneux de refuser la contradiction par principe, selon qui parle et qui répond (question de statuts qui semblent justement l’enjeu du travail) ? L’avantage de la pensée, c’est son aspect fluctuant : elle est constamment en travail, mais il me semble que lorsqu’elle se fixe en tant que vérité plutôt que de poursuivre son chemin (ce que votre commentaire entérine, alors même que l’article, comme beaucoup d’articles ici, conserve son ouverture), elle cesse d’être une proposition pour devenir une leçon : à apprendre, mais pas à poursuivre.

            Je n’ai rien contre les leçons, mais une des choses qui me séduisent dans ce site et son contenu, c’est justement son caractère de prise de pouvoir par la réflexion : révéler les structures tapies dans le cinéma, quitte à en inventer (c’est le jeu de l’interprétation, même politique) dans une optique de partage, de boîte à outils. Or si la parole est immuable, on ne peut pas se saisir des outils, simplement constater leur emploi par d’autres, voyez-vous ce que je veux dire ? Plus précisément : réserver la parole a priori aux dominés structurels ne donne que deux choix aux autres : se taire ou être un adversaire (repli), là où je crois que la progression collective dans la réflexion est justement essentielle.

            Enfin, vous exercez vous-même une certaine violence en tant qu’hôte ici, de la façon dont vous accueillez le débat et dont vous présumez, à partir d’un pseudonyme, de la position de votre interlocuteur : il y a plus d’une façon d’être dominé, hélas, et le réflexe réducteur homme=dominant / femme=dominée va un peu à l’encontre de la recherche de nuance qui caractérise le reste du site.

            je ne suis pas là pour troller, dois-je le préciser ? Je m’exprime afin, concrètement, de parvenir à trouver ce que chacun peut faire face à un incendie centenaire constamment alimenté. Je rejoins l’idée que la réaction d’une classe dominante à sa propre domination est non seulement déplacée mais forcément injuste (dans les deux sens du terme) ; la lutte appartient aux opprimés, mais il s’agit de trouver une façon de permettre aux dominants (particulièrement ceux qui s’ignorent en tant que tel) de rejoindre ce mouvement.

          • « ce à quoi vous réagissez, ce n’est donc pas le ton, ici cordial et poli, mais l’attitude que vous qualifiez de « condescendante », visant à s’exprimer à la place de. Quelle différence exactement avec ce que vous faites ? (ceci est une vraie question). »

            Toutes mes excuses pour le ton avec lequel j’ai répondu. Si c’était à refaire, je m’y prendrais différemment. Après, je ne réagissais pas seulement à un ton ou à une attitude, comme vous dites, mais aussi (et indissociablement) à un propos. Je ne pense pas que l’on puisse distinguer comme ça une manière de s’exprimer de 1/ les choses que l’on dit, 2/ à qui on les dit, et 3/ dans quel contexte social on les dit.

            Comme je l’ai dit plus haut, ce qui m’énervait dans le commentaire d’alan smithee c’est le côté mansplaining : « je vais expliquer à la féministe en quoi elle a été un peu trop aveuglée par ses présupposés ». Pour moi, cette condescendance-là n’est pas exactement à mettre au même niveau de celle de la personne qui lui répond pour le renvoyer à son mépris de classe de sexe. Il y a à mon avis une différence entre la condescendance qui a derrière elle la pensée dominante aujourd’hui en France (pour s’en convaincre, il suffit de lire les critiques françaises sur le film, qui adoptent la même posture dépolitisante (et donc de fait masculiniste) que alan smithee), et la « condescendance » qui tente de remettre au même niveau que tout le monde celui qui adoptait une position de supériorité et de surplomb.

            Bon, je dis sûrement aussi tout ça pour me justifier :-), mais je pense tout de même que mettre tous les discours au même niveau (celui de la violence symbolique initiale et celui de la réponse violente à la violence initiale) n’est pas totalement neutre et indifférent politiquement (comme l’est aussi le fait de ne pas reconnaître la violence symbolique comme telle lorsqu’elle prend des atours polis et cordiaux).

            « D’autre part, n’est-il pas a) contre-productif d’antagoniser ainsi des gens intéressés par la discussion et b) savonneux de refuser la contradiction par principe, selon qui parle et qui répond (question de statuts qui semblent justement l’enjeu du travail) ? »

            Ce n’était effectivement pas très intelligent de ma part, je suis d’accord. Si je n’ai pas essayé de discuter avec lui (du moins sur ce commentaire, car je l’ai fait juste en dessous en réponse à son deuxième commentaire), c’est parce qu’il ne me donnait pas tant l’impression d’être là pour discuter que pour « expliquer la vérité » (« le sens du film, c’est ça ») à l’auteure de l’article. Après c’était peut-être une erreur de ma part, je l’ai peut-être jugé trop hâtivement.

            « Enfin, vous exercez vous-même une certaine violence en tant qu’hôte ici, de la façon dont vous accueillez le débat et dont vous présumez, à partir d’un pseudonyme, de la position de votre interlocuteur : il y a plus d’une façon d’être dominé, hélas, et le réflexe réducteur homme=dominant / femme=dominée va un peu à l’encontre de la recherche de nuance qui caractérise le reste du site. »

            Je ne comprends pas bien à quoi vous faites allusion quand vous dites « il y a plus d’une façon d’être dominé, hélas ». Si vous voulez dire que des hommes peuvent être dominés au sein d’autres rapports de domination que le patriarcat (en tant qu’homo ou bi, en tant que trans, en tant que non-Blancs, en tant qu’ouvriers, etc.), je suis d’accord, mais je ne comprends pas la pertinence de cette idée ici. Par contre, si vous voulez dire que les hommes peuvent aussi être dominés en tant qu’hommes dans notre société (ce que me laisse penser votre expression « le réflexe réducteur homme=dominant / femme=dominée »), je ne suis pas d’accord, et je pense que cette idée est assez dangereuse dans la mesure où elle relève d’une posture masculiniste. Vous vouliez dire quoi exactement du coup ?

            Et si vous pensez que je n’ai pas voulu discuter avec alan smithee parce qu’il est un homme et que je pense que tous les hommes sont des dominants irrécupérables, je vous rassure, ce n’est pas le cas. Je suis moi-même un homme, et il y a beaucoup d’hommes qui interviennent sur ce site pour discuter et essayer de réfléchir collectivement dans un sens pro-féministe et anti-masculiniste. Donc la raison pour laquelle j’ai répondu aussi sarcastiquement à alan smithee tient à sa posture et à ses propos et non à ce que je supposais de son genre (contrairement aux journalistes de Gone Girl, je ne pratique pas le « délit de faciès genré », ou du moins j’essaie…).

            « Je m’exprime afin, concrètement, de parvenir à trouver ce que chacun peut faire face à un incendie centenaire constamment alimenté. Je rejoins l’idée que la réaction d’une classe dominante à sa propre domination est non seulement déplacée mais forcément injuste (dans les deux sens du terme) ; la lutte appartient aux opprimés, mais il s’agit de trouver une façon de permettre aux dominants (particulièrement ceux qui s’ignorent en tant que tel) de rejoindre ce mouvement. »

            Oui, je suis d’accord. Après j’ai l’impression que je suis beaucoup moins optimiste que vous dans la volonté des dominants de « rejoindre ce mouvement ». Certes, certains hommes peuvent être des alliés du féminisme, mais à mon avis, un grand nombre (si ce n’est la majorité) ne deviendra pas pro-féministe, parce que ce n’est pas dans son intérêt. Penser le contraire reviendrait à mon avis à penser par exemple que les patrons pourraient se rallier à la cause des ouvriers si on leur expliquait gentiment et pédagogiquement. De la même manière que je ne pense pas que le mouvement ouvrier puisse devenir un mouvement où patrons et ouvriers marchent main dans la main vers l’égalité, je ne pense pas non plus que le féminisme puisse devenir un mouvement où hommes et femmes marchent main dans la main (même si je suis d’accord qu’il y a un certain nombre d’hommes potentiellement susceptibles de devenir pro-féministes). Est-ce que vous voyez ce que je veux dire ?

            Les commentaires de ce site sont truffés de discussions interminables avec des hommes qui commencent par poser des commentaires très polis et cordiaux, mais qui au final ne sont pas du tout ici pour essayer de réfléchir à leurs privilèges et à les remettre en question, mais plutôt pour occuper l’espace et expliquer aux (pro-)féministe qu’illes exagèrent. C’est peut-être pour ça aussi que j’ai tendance à être un peu pessimiste parfois sur le caractère fructueux de discussions avec certains commentateurs (surtout qu’on ne parle même pas ici des comportements qu’ils ont dans la vie, mais juste des films qu’ils regardent…).

            Et à quoi faites-vous allusion quand vous parlez d’ « incendie centenaire » ? Vous parlez de la domination patriarcale ? Si oui, je ne pense pas que celle-ci soit comparable à un incendie, phénomène naturel dont tout le monde pâtit, ce qui n’est pas le cas du patriarcat…

            Mais bon, encore une fois, je ne dis pas tout ça pour me justifier d’avoir répondu à alan smithee de manière sarcastique. Vous avez peut-être raison, peut-être que ça valait le coup de discuter plus cordialement avec lui. J’en doute toujours un peu, mais peut-être… 🙂

      • Votre réponse à Alan Smithee est super drôle et parfaitement à propos ! Merci Paul Rigouste.
        Du coup je ne comprends pas trop pourquoi vous vous en justifiez de façon aussi argumentée – c’est faire beaucoup d’honneur à la provocation pas bien fine de Ernest.

    • Quoique désapprouvant la violente verve de Paul Rigouste faisant passer Nadine Morano sur Twitter pour un enfant de chœur, cela me fait mal au c** de dire ça mais je ne suis pas d’accord avec vous (et donc un peu d’accord avec lui)
      Cela est une question de filmographie. Le regard de Fincher est beaucoup plus politique que vous ne le pensez. Il a une vision désabusé de l’humanité en général et des conventions sociales en particulier. Chacun de ses personnages s’enferment où se font enfermer dans des idées, conventions, postures et ne peuvent s’en échapper. En soit l’espérance de Marion de voir une libération d’Amy était illusoire. Toute évolution chez Fincher ne mène nulle part (du nihilisme de Fight Club ne pouvant aller jusqu’à la destruction jusqu’au plan final du Social Network en passant par l’obsession des policiers tournant jusqu’à la folie).

      • la violente verve de Paul Rigouste faisant passer Nadine Morano sur Twitter pour un enfant de chœur,

        Mouhahahaha, prends-en pour ton grade, Paul Rigouste !

      • Je ne crois justement pas que ce soit une question de filmographie. Avoir fait des films progressistes précédemment ne » protège « en rien de faire des films plus contestables par la suite.
        J’en profite pour répondre à un point qui revient fréquemment dans les commentaires : mon article ne vise pas à commenter l’oeuvre de Fincher. Je ne critique pas le réalisateur en soit, ni sa filmographie (il me semble même avoir dit que son film était extrêmement bien construit, je comprends tout à fait qu’on puisse avoir eu du plaisir à le voir), mais j’essaie de questionner l’idéologie qui sous tend ce film bien particulier qu’est Gone Girl.
        Bref, rien dans ce que je dis n’invalide les autres films de Fincher et problématiser sa position vis à vis des femmes n’empêche pas les autres interprétations et réceptions du film.
        Mais Stephs l’a très bien formulé pour moi dans son commentaire…
        Bonne soirée !

        • Bonsoir
          Le fait de travailler sur la filmographie complète d’un réalisateur vient de la réflexion des cahiers du cinéma pour savoir qui était l’auteur d’un film. Si le concept peut sembler idiot car c’est le résultat d’un rassemblement de talents divers (production, lumière, son, acteur…), les cahiers ont conclus que le réalisateur était le « maître » du film. Nous ne sommes pas devant un blockbuster et la première information à être donnée – en plus d’être un des principaux arguments publicitaires du film – était que le film était le nouveau Fincher.
          Non, la filmographie du réalisateur n’est pas progressiste – je me souviens encore des débats sur la misogynie du Social Network – car en fait, ce n’est pas le but premier du réalisateur d’être progressiste : il ne croît pas que les choses changeront dans l’avenir.
          Et dans le cas de Gone Girl, où il touche à des thèmes féministes comme la domination patriarcale, ainsi que l’enfermement qui en découle – et les pérégrinations d’Amie dans le camping puis chez son ex montre qu’elle ne peut « s’évader » sans se faire enfermer – il ne peut que les constater, les montrer sans en donner de solution échappatoire, qu’il croit lié à l’échec.
          Après il y a effectivement d’autres pistes comme l’acharnement médiatique, le poids des apparences, la notion de réalité et l’enfer du mariage comme institution.

  4. Dans une autre affiche américaine, la silhouette de Nick est brouillée, décalée comme dans un «bug vidéo ». Bref, le personnage n’est pas bien aligné, il est fragilisé de nouveau…

    De nouveau il s’agit d’une interpretation guidé par l’idée de départ (le film est misogyne).
    Si Nick est brouillé par un artefact vidéo, cela ne souligne t-il pas plutôt que le personnage n’est pas net ? Qu’il sagit justement d’une image et de non du réel ? Le personnage n’est pas fragilisé, il est un mensonge.

    Le sujet central du film, c’est cet homme seul et affaibli. Ce poids qui pèse sur ses épaules, c’est le danger que représente Amy (évoquée dans l’affiche par deux yeux gigantesques planant au dessus du titre). Et Amy finira par gagner : les dernières scènes du film nous montreront un homme écrasé par la pression qu’exerce sur lui sa femme.

    C’est tout le contraire. Nick est séduit par sa femme, il n’est pas écrasé, il est excité. Il tente de se rebeller un peu pour la forme, mais sans aucune conviction. Amy affirme qu’elle le magnifie, qu’elle qui fait de lui quelqu’un de supérieur à ce qu’il est réellement et ce que ressent Nick aussi. Il aime l’image qu’elle lui renvoit de lui-même et c’est pour sa qu’il décide rester.

    • « Le personnage n’est pas fragilisé, il est un mensonge. »

      De nouveau il s’agit d’une interprétation guidée par l’idée de départ (le film n’est pas misogyne).

      Plus sérieusement, ne pensez-vous pas que le film puisse à la fois parler du mensonge et tenir un certain discours sur les hommes et les femmes ? Et même, plus précisément, ne pourrait-il pas traiter du mensonge d’une certaine manière, qui serait genrée ?

      Vous semblez penser que l’interprétation de l’auteure de l’article et la vôtre sont exclusives (« le film à pour sujet le mensonge, pas le genre », « Le personnage n’est pas fragilisé, il est un mensonge »). Un film (ou une image) ne parle-t-il que d’une seule et unique chose ? Pour prendre un autre exemple à partir film connu, c’est un peu comme si vous disiez : « Avatar ne parle pas de l’impérialisme et du militarisme américain, il parle du rapport des humain-e-s à la Nature ». Mais pourquoi ne parlerait-il pas des deux, et de beaucoup d’autres choses encore ?

      Attention, je suis juste en train de dire que les œuvres sont riches de sens, pas que l’on peut affirmer qu’ils veulent dire tout et son contraire. Je suis bien d’accord qu’il peut y avoir des interprétations infondées, et que l’on peut donc considérer comme « fausses » en ce sens-là. Par exemple, pour reprendre l’analyse des affiches américaines, je vois mal comment on pourrait soutenir par exemple que l’homme y apparaît comme une menace, ou comme le détenteur inquestionné du pouvoir. Au contraire, il est écrasé tout en bas de l’image, de dos ou regardant vers le bas. Bref, une posture et un cadrage qui connotent bien plus la fragilité et l’écrasement que la puissance et la domination. Après, vous pouvez aussi interpréter le « brouillage » de l’image comme signifiant qu’il est un mensonge, ça ne me semble pas infondé. Mais je ne vois pas en quoi ça invalide les analyse de l’auteure qui le voit comme quelqu’un de fragilisé et d’affaibli…

      • Histoire de mettre les choses au clair:
        1. mon intervention portait spécifiquement sur le cet article et en aucun cas sur le féminisme en général. ni d’ailleurs, sur le ressenti que l’auteur de l’article à pu avoir en visionnant le film.

        2. je peux parfaitement concevoir que le film est misogyne et machiste, et à certains égards il l’est sans doute, mais je conteste qu’il s’agisse d’un propos sous entendu sournois et volontaire. dans tous les cas, affirmer que le film est misogyne nécessite de le prouver et si l’auteur de la critique tente de le faire, je trouve son raisonnement lacunaire. d’où le parallèle avec mead, qui n’avait sans doute pas tort, mais s’embarrassait d’erreurs méthodologiques.

        4. dire que le personnage d’amy est un personnage négatif est réducteur. a beaucoup d’égard amy est le héros de l’histoire, en tout cas autant que nick. malgré ce qu’on pourrait croire à première vue, amy n’est pas furie psychopathe qui se complait a faire du mal; c’est une femme piégée dans une société codifiée et grenée et piégée dans un mariage ou viol conjugal et mépris sont une constante.
        c’est un personnage complexe, dont les actions peuvent paraitre déroutantes, mais qui sont principalement des actions défensives. nick utilise les armes des dominants, amy se bat avec ce qui lui reste.

        5. c’est un peu agaçant de se faire prendre pour un troll, mais je suppose que en tant mâle blanc, hétéro et cisgenre je dois pouvoir encaisser ce type réactions (y compris de la part d’un autre mâle blanc qui joue les paladins).

        • C’est un peu agaçant que vous choisissiez justement une femme à critiquer pour illustrer les biais de la pensé alors que LES BIAIS MISOGYNES MASCULINS chez les auteurs, tous sans exceptions sont tellement nombreux.
          Je vous cite Lévi-Strauss : « Le village entier partit le lendemain dans une trentaine de pirogues, nous laissant seuls avec les femmes et les enfants dans les maisons abandonnées. » exemple sublime dans sa perfection de la bancalité de la pensé masculine. Je pourrais aussi vous donner cet exemple qui a présupposé que les peintures rupestres étaient forcément le fait d’hommes (alors que finalement il semblerait que c’est l’inverse) ou encore l’exemple sur les femmes vikings enterrées avec leurs armes car elles combattaient, mais immédiatement considérées comme des hommes, puisque lorsque les scientifiques trouvaient des armes dans les tombes, ils en déduisaient qu’il s’agissait d’hommes. ETC. Il y a tellement d’exemples que toute l’HIStoire serait en réalité à jeter et à réécrire avec un regard non misogyne.

          Alors les exemples sur les biais de pensé de Mead, vous savez ce que j’en pense??? C’est que c’est que vous même avez une poutre dans l’oeil si c’est le premier exemple qui vous vient à l’esprit. Et que vous vous appuyez sur cet exemple pour discréditer une analyse féministe ne fait que mettre à jour votre association inconsciente : pensé féminine = pensé biaisée.

          Ne perdez pas votre temps à corriger les surinterprétations des féministes, focalisez vous plutôt sur les énormes bêtises masculines, cela vous fera du travail pour toute votre vie. Et des vacances pour les féministes.

          Et pour ceux qui me trouveraient désagréable, oui j’assume, parce que c’est aussi désagréable pour moi de lire ce genre de commentaire masculin à la réflexion hâtive et au ton mecsplicateur (alors qu’en fait il débarque complètement). C’est donc un prêté pour un vomi.

          • Ah, et pour info, je suis une femme, malgré mon pseudo, au cas où vous voudriez me faire passer pour un chevalier servant (paladin).

          • Et ça ce n’est pas une surinterprétation par hasard ?
            Pour le coup on dirait plutôt du Freud, toutefois. Freud étant franchement machiste cela me rend t-il le droit à la parole ?

            Même en supposant que je sois une enflure masculiniste, cela ne devrait pas disqualifier mes remarques à priori.
            Au lieu d’affiner la critique du film, vous tentez de me discréditer.
            Comment le féminisme est il censé progresser d’un point théorique si toute critique est balayée de la sorte ?

          • C’est vrai quoi, comment le féminisme est-il censé progresser d’un point de vue théorique si les féministes n’écoutent pas les hommes comme alan smithee ? C’est pas parce qu’un homme est masculiniste qu’il ne peut pas apporter quelque chose au féminisme… euh… wait

          • « Comment le féminisme est il censé progresser d’un point théorique si toute critique est balayée de la sorte ? »

            Mais quelle critique avez-vous faîtes, n’a pas été réfutée par une argumentation construite ?
            Ensuite, je ne voudrais pas être méchante, mais vous pensez vraiment que vos réflexions vont faire progresser le féminisme d’un point de vue théorique ?

            Enfin, peut-être pourriez-vous, aussi faire l’effort de vous remettre en question. Même si j’utilise un ton méprisant qui vient en miroir de votre propre propre arrogance (relisez votre premier message, vous ne faîtes pas de critiques, vous assommez le lecteur avec des affirmations péremptoires qui prétendent, par leur formulation, détenir la vérité révélée.) mon point sur Margaret Mead n’en reste pas moins pertinent.
            Je veux dire relisez-vous quoi :

            « Non pas tout ce qui est dit dans cet article soit entièrement faux, mais il s’agit toutefois typiquement d’une surinterprétation. Ca me fait un peu penser à Margaret Mead qui partait en Océanie pour prouver que la crise d’adolécence n’existait pas chez les Samoas, mais était aveuglée par son présupposé. »

            pffff, et vos présupposés qui vous aveugle, vous les voyiez ? Quand je vous met le nez dessus, tout ce que vous avez à m’opposer, c’est que je disqualifie vos propos a priori ?
            Je n’ai pas besoin d’affiner la critique du film, d’autres l’on déjà fait avant moi et vous ont répondu patiemment.
            Vous vous plaigniez des biais de pensé de Mead, et aussi de l’autrice de l’article, je souligne les vôtres.
            Vous trouvez ça agaçant peut-être ?

            Vous espériez quoi exactement comme réaction ?

            OH! merci!! Heureusement que vous êtes là, moi et mon féminisme biaisé on surinterprétait la misogynie dans le film, mais grâce à votre très intelligente intervention et le parallèle judicieux avec les insuffisances de Mead, les lacunes de l’article me sont brusquement apparues !!! Merci, vos contributions vont faire progresser le féminisme d’un point de vue théorique!!!

            ahem

          • Ensuite, je ne voudrais pas être méchante, mais vous pensez vraiment que vos réflexions vont faire progresser le féminisme d’un point de vue théorique ?

            Non, absolument pas. Et certainement pas avec quelques remarques spécifiques sur une critique de film.
            Mais si n’importe qui, qui émet ne serait ce qu’un doute sur le bien fondé de certains arguments se voit invariablement traité de masculiniste et doit passer son temps à se justifier par rapport à lui même plutôt que sur le problème initial, ça risque de tourner en rond.
            Attention, je ne dis pas que ce qui passe ici est symptomatique du mouvement féministe en général, et je peux parfaitement comprendre que c’est agaçant de tomber régulièrement sur des hommes qui viennent faire la leçon avec toujours les mêmes arguments éculés.

            Je suis sincèrement désolé si j’ai pu paraitre arrogant et peut être que le terme surinterprétation était trop connoté. Mon intention n’était pas telle.
            Sans doute aurais-je dû me présenter, expliquer que j’ai beau être un homme, je suis également féministe (et communiste si vous voulez tout savoir), que je lis ce site régulièrement et que je ne viens pas ici pour rouler les mécaniques. Je ne pensais pas que c’était nécessaire et je trouve un peu dommage que ce soit le cas.

            Si je citais Mead c’est parce que dans le fond je l’aime bien (eh oui, c’est un peu paternaliste comme tournure de phrase), et ses présupposés ne sont en rien liés au fait quelle soit une femme.

            Mais pour en revenir au film:
            Oui, c’est un problème que le film prenne pour sujet une femme qui simule des violences à son égard. Même si le film est subtil cela abonde dans le sens d’un tropes les plus courant du machisme. Si la femme ne l’avait pas cherchée et donc méritée, c’est probablement quelle ment. Le film évoque le viol conjugal, mais ni prète pas une assez grande attention pour compenser ce fait.

            Par contre dire que c’est un film sur des hommes dominés par les femmes, c’est juste inéxact. Nick n’est quasiment jamais décontenancé et il retire un plaisir certain de la situation. Dans le fond il adore le jeu de piste que sa femme à préparé pour lui. Il se sent terriblement valorisé. Non , ce n’est pas un pauvre homme opprimé par une femme machiavélique.

            C’est une mauvaise interprétation et c’est dommage parce que l’auteur de la critique touche juste sur d’autres points.

          • « Mais si n’importe qui, qui émet ne serait ce qu’un doute sur le bien fondé de certains arguments se voit invariablement traité de masculiniste et doit passer son temps à se justifier par rapport à lui même plutôt que sur le problème initial, ça risque de tourner en rond. »
            => Non mais bon, c’est pas n’importe qui que je critique, ce sont vos propos, donc c’est faux de généraliser à tout le monde ou comme vous dîtes « n’importe qui ».

            « se voit invariablement traité de masculiniste »

            => A quel moment je vous ai traité de masculiniste ?
            Aucun. Donc ne me reproché pas des choses que je n’ai pas faîtes, c’est de mauvaise foi et faux. Ensuite, peut-être que vos propos étaient un peu limite d’un point de vue féministe et que certain ont pu l’interpréter comme du masculinisme. Il convient de vous interroger sur l’éventuelle cause de ce malentendu. Est-ce que par hasard, les propos que vous avez tenus pouvaient ressembler à ceux que tiendraient un masculiniste ? Et si c’est le cas, lesquels et pourquoi ?


            « Attention, je ne dis pas que ce qui passe ici est symptomatique du mouvement féministe en général »

            => Effectivement, c’est la moindre des choses, quelque soit la façon dont je me comporte avec vous et qui de toute évidence vous est assez pénible, cela ne saurait valoir pour le mouvement féministe en général, vous-même ne représentez pas le mouvement communiste en général si ? Non parce que à ce compte là, j’aurais beau jeu de dire que le mouvement communiste en général est sexiste. 😀

            « je peux parfaitement comprendre que c’est agaçant de tomber régulièrement sur des hommes qui viennent faire la leçon avec toujours les mêmes arguments éculés. »
            => Je vous le confirme en effet. Pensez-vous que sur votre premier commentaire c’est un peu ce que vous faisiez ? Et que ceci explique que vous vous fassiez rembarrer ?

            Je suis sincèrement désolé si j’ai pu paraitre arrogant et peut être que le terme surinterprétation était trop connoté. Mon intention n’était pas telle.
            => wouah, quelles excuses ! Mes excuses d’être tellement susceptible et de voir de l’arrogance lorsqu’il s’agit d’une saine manière de communiquer et de surinterpréter des mots à la connotation potentiellement subjective. Mes tares de femelle, désolée.

            Sans doute aurais-je dû me présenter, expliquer que j’ai beau être un homme, je suis également féministe (et communiste si vous voulez tout savoir), que je lis ce site régulièrement et que je ne viens pas ici pour rouler les mécaniques. Je ne pensais pas que c’était nécessaire et je trouve un peu dommage que ce soit le cas.
            Je ne vois pas ce que cela changerait ? Vous êtes critiqué sur les propos que vous avez tenus et la forme quelque peu arrogante que vous avez employé, le fait de se dire féministe et/ou communiste ne change pas grand chose à l’affaire, cela n’agira pas comme un blanc seing qui effacera magiquement ce qui est problématique de vos propos.
            Laissez-moi vous illustrez cela, « moi je suis anti raciste de gauche, mais quand même les immigrés… »

            Si je citais Mead c’est parce que dans le fond je l’aime bien (eh oui, c’est un peu paternaliste comme tournure de phrase), et ses présupposés ne sont en rien liés au fait quelle soit une femme.
            => C’est pas juste la tournure de phrase qui est paternaliste. De plus, si vous vous rendez compte que vous êtes paternaliste lorsque vous discutez de féminisme avec une féministe, la moindre des politesse, ce serait de faire un effort pour faire preuve d’un minimum de respect, effort que vous ne semblez définitivement pas prêt à faire. Imaginez-moi discuter avec un militant anti raciste et lui dire « ah oui, ce brave petit Mandela ? A quel moment pensez-vous que le type se dira; mais quel c** celui-là ?

            « Par contre dire que c’est un film sur des hommes dominés par les femmes, c’est juste inexact. Nick n’est quasiment jamais décontenancé et il retire un plaisir certain de la situation. Dans le fond il adore le jeu de piste que sa femme à préparé pour lui. Il se sent terriblement valorisé. Non , ce n’est pas un pauvre homme opprimé par une femme machiavélique. »
            Oui, enfin, il s’agit juste de votre interprétation du film, que vous ne vous embarrassez pas de justifier par ailleurs avec des éléments du film qui appuieraient votre surinterprétation 😀

            « C’est une mauvaise interprétation et c’est dommage parce que l’auteur de la critique touche juste sur d’autres points. »
            L’homme communiste et féministe a parler, je m’incline. Heureusement que des hommes comme vous sont là pour nous expliquer, à nous les femmes et féministes les bonnes et les mauvaises interprétations que l’on peut faire lorsqu’il s’agit de misogynie. C’est vrai que sinon on a tendance à surinterpréter de manière incroyable et à voir le mâle (ahah) partout !
            Merci, merci !

            Plus sérieusement, vous attendez quoi exactement de ma part ? Une absolution ? Vous vous êtes comporté de manière arrogante et vous avez mecspliquer. On vous le fait remarquer. Vous persistez à dire que vous n’avez rien à vous reprocher, et que vous êtes féministe, vous rajoutez une louche de paternalisme pour le fun, et vous vous plaignez d’être victimisé parce qu’on vous traite de masculiniste ?
            Vous n’êtes peut-être pas masculiniste, mais vous vous comportez définitivement comme le dominant sur de son bon droit qui n’écoute pas et fait tout tourner autour de sa personne. Moi j’ai fait ma part, je vous ai expliquer ce qui était problématique dans votre attitude. Soit vous faîtes preuve de maturité intellectuelle et émotionnelle et vous acceptez de vous remettre en question, soit non.
            En tout les cas, je commence à fatiguer, car il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre.

          • Vous n’êtes peut-être pas masculiniste, mais vous vous comportez définitivement comme le dominant sur de son bon droit qui n’écoute pas et fait tout tourner autour de sa personne.

            Ce n’est pas moi qui fait ma personne le sujet et c’est bien mon point.

            Mais vous avez raison cela commence à être un peu fatiguant, d’autant plus que j’aurais très bien pu décendre dans autre contexte, mon arrogance étant universelle.

      • « déscendre le film », il s’entend

        • « Ce n’est pas moi qui fait ma personne le sujet et c’est bien mon point. »

          un peu quand même :

          « on me critique parce que je suis un homme »
          « je suis féministe et communiste »
          « j’aime bien Margaret Mead et faire preuve de paternalisme, parce que c’est marrant. »
          « mon arrogance étant universelle. »
          etc.

          Entendons nous bien, je ne vous connais pas personnellement et je ne prétends pas édicter des jugements sur votre personne, je critique les commentaires que vous postez sur le site en essayant de vous montrer en quoi ils sont problématiques. J’essaye de vous pousser à un peu de réflexivité. C’est bien de vous dire féministe, mais il faudrait alors le mettre en pratique, en commençant par exemple par éviter les commentaires mecsplicateurs.
          Évitez de parler depuis la place de dominant pour affirmer d’un ton péremptoire que ceci est sexiste et cela non. Sans vous donner la peine d’argumenter, avec la certitude que votre avis est objectif alors qu’il est situé. Depuis la place du dominant.

          Voyez dans votre premier commentaire, vous affirmez sans nuance votre avis comme étant la réalité, il faut attendre la dernière phrase pour que vous vous exprimiez en votre nom et pas en tant que « la vérité ».

          Ce n’est pas la fin du monde, vous n’êtes pas le premier ni le dernier à faire ça, mais si vous voulez faire des progrès en féminisme, commencez par ne pas sérieusement croire que le féminisme vous attend pour progresser et essayer de discuter réellement en échangeant des avis au lieu de vous précipiter pour corriger les « erreurs » et autres « surinterprétations » que vous voyez dans les articles.
          Il y a des chances non négligeables que ce soit vous qui ayez besoin d’en apprendre sur l’approche féministe plutôt que ce soit cette dernière qui ait à profiter de vos « corrections ».

  5. Je n’ai pas l’habitude de laisser des commentaires, mais cet article m’a un légèrement agacé et m’a pas du tout convaincu de l’intérêt ou de la légitimité des accusations qui sont portées à ce film par des personnes se revendiquant féministes..

    Tout comme « alan smithee » l’a souligné, je vois beaucoup de surinterprétation dans cet article. Il serait quasi aussi facile de répertorier toute une batterie d’impressions subjectives qui alignées les unes à la suite des autres pourraient laisser penser que ce film serait le fruit d’une romancière qui aurait une dent contre les hommes, et chercherait à les critiquer/les dévaloriser : les hommes trompent leurs femmes (Nick), ils sont lâches (Nick), ils sont moins futés que les femmes (Amy>Nick, la policière>assistant policier), facilement manipulables (Amy>Nick), peu honnêtes, peu ancré dans la réalité (sa soeur>Nick) etc etc, on pourrait en aligner d’autres des comme ça… ou encore voir des choses complétement subjectives dans des affiches comme l’a justement fait remarquer Alan Smithee. Je n’en vois pas bien l’intérêt personnellement.

    Bien sûr, un film ne peut être détaché d’un contexte sociétal, culturel, etc. Mais un film (issue d’un roman qui plus est) a-til vocation à dépeindre une société telle qu’elle est, ou davantage de raconter une histoire et divertir le spectateur ? Si vous voulez enrichir votre vision de la vie sur les relations de genre, je vous suggère davantage de lire des livres de sociologie ou d’assister à des documentaires (éventuellement). Bien sûr, certains films peuvent faire passer des idées de façons sournoises, mais je ne crois pas ce soit l’objectif de celui-ci (qui de plus, et c’est plutôt rare dans un cinéma assez grand public, vient casser de nombreuses idées toutes faites sur le couple, l’amour, etc… Ce qui est déjà pas mal pour un film à si gros budget).

    Il faut arrêter de voir le mal partout. Raconter l’histoire d’une femme hystérique/psychopathe/etc ne veut pas dire nécessairement que le réalisateur/le romancier (romancière qui plus est) veut faire passer le message que toutes les femmes seraient hystériques et psychopathes. Si ???

    En plus, je trouve que ce film est plutôt réussi dans la mesure où justement, chacun peut venir y plaquer une lecture personnelle et subjective qui varie selon les personnes et leurs histoires de vie.

    Personnellement, le dénouement du film m’a laissé avec cette interprétation : Nick est « coincé », certes, par Amy, mais il a tout de même le choix de rester avec elle ou pas… Et si il décide de rester avec elle, ma lecture n’est pas que la situation l’y oblige réellement mais que dans le fond c’est ce qu’il désire puisque après elle, il risque de trouver les autres femmes sans saveurs et s’est rendu compte qu’il était impressionné par l’intelligence et la folie amoureuse d’Amy. Cela m’a rappelé une histoire personnelle avec une fille redoutablement manipulatrice mais dont l’intelligence et la folie était telle que j’en étais amoureux.

    • Bien sûr, un film ne peut être détaché d’un contexte sociétal, culturel, etc. Mais un film (issue d’un roman qui plus est) a-til vocation à dépeindre une société telle qu’elle est, ou davantage de raconter une histoire et divertir le spectateur ?

      Comme vous le dites vous-même, en racontant une histoire, une œuvre ne peut se détacher du contexte social dans lequel elle a vu le jour. Je ne vois pas en quoi, parce que ce serait de la fiction, l’auteur(e) pourrait se libérer de toutes les influences que la société fait peser sur lui/elle – et que, bien souvent, il/elle ne voit même pas ?

      Si vous voulez enrichir votre vision de la vie sur les relations de genre, je vous suggère davantage de lire des livres de sociologie ou d’assister à des documentaires (éventuellement).

      Outre le caractère légèrement condescendant de cette injonction, on retrouve ici cette fameuse dichotomie entre lectures « sérieuses » et les œuvres de fiction. Sont-elles à ce point hermétiques les unes aux autres ?

      Bien sûr, certains films peuvent faire passer des idées de façons sournoises, mais je ne crois pas ce soit l’objectif de celui-ci (qui de plus, et c’est plutôt rare dans un cinéma assez grand public, vient casser de nombreuses idées toutes faites sur le couple, l’amour, etc… Ce qui est déjà pas mal pour un film à si gros budget).

      Un film n’a pas besoin d’être fait par des gens ouvertement racistes pour propager des stéréotypes racistes. La fiction n’a nul besoin d’être pamphlétaire pour revêtir une dimension politique.

      Il faut arrêter de voir le mal partout. Raconter l’histoire d’une femme hystérique/psychopathe/etc ne veut pas dire nécessairement que le réalisateur/le romancier (romancière qui plus est) veut faire passer le message que toutes les femmes seraient hystériques et psychopathes. Si ???

      Sauf que la figure de la femme psychopathe et hystérique n’a justement rien d’originale, elle est même au contraire très connotée. Le terme « d’hystérique » tire précisément son origine du lexique hygiéniste et misogyne de la seconde moitié du 19ème siècle et avait pour fonction de médicaliser le comportement des femmes qui, volontairement ou non, ne parvenaient pas à rentrer dans le rang. Cette violence, cette folie que l’on prête à ces personnages « d’hystériques », c’est surtout la conséquences d’une transgression de l’ordre patriarcal, matérialisée, notamment, par leur haine/mépris des hommes.

      • Comme vous le dites vous-même, en racontant une histoire, une œuvre ne peut se détacher du contexte social dans lequel elle a vu le jour. Je ne vois pas en quoi, parce que ce serait de la fiction, l’auteur(e) pourrait se libérer de toutes les influences que la société fait peser sur lui/elle – et que, bien souvent, il/elle ne voit même pas ?

        Je n’ai pas prétendu le contraire. Je me demande juste si parfois on peut voir un film AUSSI (et surtout ?) comme un moyen de raconter une histoire avec des méthodes, des techniques, etc. sans nécessairement vouloir faire passer des messages subliminaux à caractères politiques, sexistes, etc, issus du contexte ambiant. L’article plus haut ne semble pas vraiment l’envisager, même si j’ai bien saisi que c’était l’objectif (louable) visé par ce site. Faut-il pour autant en proscrire une lecture moins politisée et paranoïaque ?

        Outre le caractère légèrement condescendant de cette injonction, on retrouve ici cette fameuse dichotomie entre lectures « sérieuses » et les œuvres de fiction. Sont-elles à ce point hermétiques les unes aux autres ?
        Je ne vois pas en quoi cela est condescendant et je ne nie pas que les œuvres de fiction puissent se nourrir de lectures sérieuses et vice versa. Toutefois, je ne suis pas allé voir ce film dans l’idée que je voulais savoir où en était rendu les relations Homme/Femme dans la société contemporaine américaine vue par des types vivant à Hollywood, plutôt très aisés, etc. Même si ce sont des questions intéressantes. On peut aussi s’intéresser plus fortement au récit et à la manière dont il est filmé, mis en scène, etc. Mais certes, c’est l’objectif (louable, encore une fois) de ce site. Je tenais toutefois à le rappeler. Mais revenons-en au caractère politique de ce film puisque c’est cela qui fait polémique.

        Un film n’a pas besoin d’être fait par des gens ouvertement racistes pour propager des stéréotypes racistes. La fiction n’a nul besoin d’être pamphlétaire pour revêtir une dimension politique.

        Je suis d’accord là-dessus. Toutefois, je tenais à montrer que c’était aussi (et surtout) selon ce qu’on voulait y voir. Affirmer d’emblée comme le fait le titre de ce papier (« Gone Girl. Ou comment faire semblant de ne pas être misogyne. ») ainsi que la conclusion (en faisant référence à Zemmour) que ce film est misogyne me paraît un peu léger sinon abusif. Puisque on pourrait considérer et argumenter assez facilement son contraire à savoir qu’il est tout aussi virulent contre les hommes. Donc bon, à quoi bon l’affubler d’une étiquette de film « misogyne » si l’on se base sur des considérations purement subjectives et très partielles de ce que le film donne à voir ? Sans parler des conséquences irrémédiables sur une personne attaquée et traînée dans la boue médiatiquement parlant sous l’étiquette d’un infâme misogyne… (tout comme le serait quelqu’un taxé de racisme, d’antisémitisme, etc… Ce sont des accusations qu’on devrait parfois faire avec un peu plus de retenue et de mesure vous ne croyez pas ? Surtout lorsque les accusations reposent sur des arguments plutôt légers et subjectifs).

        Sauf que la figure de la femme psychopathe et hystérique n’a justement rien d’originale, elle est même au contraire très connotée. Le terme « d’hystérique » tire précisément son origine du lexique hygiéniste et misogyne de la seconde moitié du 19ème siècle et avait pour fonction de médicaliser le comportement des femmes qui, volontairement ou non, ne parvenaient pas à rentrer dans le rang. Cette violence, cette folie que l’on prête à ces personnages « d’hystériques », c’est surtout la conséquences d’une transgression de l’ordre patriarcal, matérialisée, notamment, par leur haine/mépris des hommes.
        Quand j’emploie le terme « hystérique », je reprends avant tout le terme utilisé par l’auteure de l’auteure de l’article. Et il ne s’agit pas de reprendre à mon compte le diagnostic que pouvait effectivement avoir des charlatans ou des psychanalystes (au choix) du 19e, 20e siècle ou peut-être même d’aujourd’hui. Je voulais utiliser l’adjectif populaire passé dans le langage courant. Mais effectivement, tous les mots ont un sens, je vous rejoins là-dessus. Toutefois, est-il question dans ce film de femmes « hystériques » ? Le terme est-il utilisé à plusieurs reprises et de façon insistante dans le film ? Si tel était le cas, oui il faudrait s’en méfier. Mais permettez-moi d’en douter ou du moins je n’ai pas souvenir de cela.

        La figure de la femme psychopathe n’a rien d’original ? Hum, je pense que dans les thrillers, 95-99% des psychopathes sont des hommes. Va-t’en pour autant se questionner sur ce que le cinéma vient dire en ne mettant que des hommes dans le rôle de psychopathes ? Est-là une intention consciente ou non, des réalisateurs/producteurs, de faire rentrer dans nos cerveaux de spectateurs passifs que seuls les hommes ont des propensions à devenir des dangereux psychopathes ? Ne serait-ce pas là une attaque sous-jacente contre les hommes ? Que font les associations masculinistes pour dénoncer ce genre d’attaques perfides ? Je me le demande…

        Analyser les films au regard d’un angle plus politique, sociologique, culturel, psychologique, etc etc… Je trouve cela très intéressant, ne vous méprenez pas. Je suis moi même très attentif à cela. Toutefois, s’il s’agit de le faire de façon sérieuse et détaillée, pourquoi omettre qu’on peut tout autant considérer que la figure de l’homme est tout autant attaquée dans le film ? Je me questionne vraiment sur le fait que ce film fasse autant polémique sur sa dimension supposée misogyne. Cet article ne m’a pas convaincu de la légitimité de ces polémiques car l’on se rend vite compte qu’il est écrit sous l’angle d’une seule sensibilité à savoir quelqu’un très fortement sensible aux causes féministes, peut-être même un peu trop sensible pour analyser le film avec un peu plus de recul (même si j’avoue qu’il s’agit là d’un exercice plutôt difficile puisque subjectif).

        Pour en revenir sur le film et son caractère supposé misogyne, je trouve au contraire qu’il y a pas mal d’éléments au sein du film que je trouve relativement affranchis d’une vision misogyne pour un film hollywoodien grand public. Par exemple, la sexualité n’y est pas abordée que sous l’angle du plaisir masculin (il me semble que la première scène de sexe entre Amy et Nick met en scène ce dernier en train de réaliser un cunnilingus sur sa partenaire. Quelque chose de pas si courant dans les films hollywoodiens à si large audience… Mais que l’article se garde bien de relever tout comme les associations féministes qui se sont insurgées contre le film… histoire de ne pas affaiblir la force de leurs accusations).

        Concernant le choix des acteurs qui semble constituer un argument de poids pour l’auteure. Pourquoi ne pas s’interroger sur le fait que la seule personne assassinée dans le film n’est autre que l’acteur jouant « Barney » dans How I Met Your Mother à savoir le personnage populaire le plus misogyne/coureur de jupons qu’il soit ???

        L’argument comme quoi un film ne devrait pas parler d’une femme ayant inventé une fausse agression de viol au prétexte que cela concerne qu’une extrême minorité statistique n’en est pas un à mon sens. Ou alors faut-il faire des films mettant en scène uniquement des situations courantes de la vie quotidienne ??

        l’interprétation de l’affiche me semble assez bancale également. On pourrait y voir les yeux d’une femme apeurée sous les coups d’un homme qui se tient fier comme un roc exhibant ses muscles.

        On pourrait également relever, comme je l’ai dis plus haut qu’Amy semble bien plus cultivée que Nick, qui semble un peu le ringard de base (travaillant dans un magasine pour homme, puis en étant au chômage, trainant dans les bars, jouant aux jeux-vidéos… n’est-ce pas là une vision un peu caricaturale de l’homme contemporain ? Beaucoup de femmes jouent aux jeux-vidéos ou vont dans les bars… faut-il le rappeler…).

        Bref, on prouver aisément que l’image que donne le film de l’homme est tout aussi gratiné que celui de la femme. Il donne pas une vision unilatérale de la femme ou de l’homme mais bien une vision plus que contrastée des rapports homme/femme, du mariage, etc. En faisant parfois appel à des clichés, certes, comme toute fiction en fait. Dommage que l’auteure ait préféré s’enfoncer et renforcer cette fausse-polémique plutôt que de relativiser les accusations fortes et probablement indélébiles que le film et David Fincher vont devoir de coltiner pendant longtemps. Toutefois je salue le fait que l’auteure ait cité des articles qui contredisent cette vision des faits et j’encourage tout le monde à les lire pour se faire une idée plus nuancée (et à mon avis plus juste) sur le film.

        • « (…)ce film est misogyne me paraît un peu léger sinon abusif. Puisque on pourrait considérer et argumenter assez facilement son contraire à savoir qu’il est tout aussi virulent contre les hommes. »
          => Non c’est faux, et d’ailleurs votre essai se conclut par un échec cuisant.

          « Hum, je pense que dans les thrillers, 95-99% des psychopathes sont des hommes. Va-t’en pour autant se questionner sur ce que le cinéma vient dire en ne mettant que des hommes dans le rôle de psychopathes ? »
          => Oui, c’est parce que c’est un fait, que les passages à l’acte violent sont le fait à 98% d’hommes. Les femmes psychopathes sont une aberration statistique. C’est peut-être vous qui devriez lire un ou deux ouvrages de sociologie…

          « la seule personne assassinée dans le film n’est autre que l’acteur jouant « Barney » dans How I Met Your Mother à savoir le personnage populaire le plus misogyne/coureur de jupons qu’il soit ??? »
          => Oui, c’est aussi un acteur notoirement homosexuel. A ce compte là, la seule personne assassiné du film est un gay.

          « la première scène de sexe entre Amy et Nick met en scène ce dernier en train de réaliser un cunnilingus sur sa partenaire »
          => Peuple à genoux!!!! Si ce n’est pas la preuve irréfutable que le film est féministe, je veux bien qu’on m’arrache les ovaires!!!

          « Ou alors faut-il faire des films mettant en scène uniquement des situations courantes de la vie quotidienne ?? »
          => Le problème réside dans le matraquage d’une inversion de la réalité qui nous présente l’exception comme la règle et la règle comme une exception. Les fausses accusations de viol comme la norme et le viol comme un mythe et un mensonge.

          • « (…)ce film est misogyne me paraît un peu léger sinon abusif. Puisque on pourrait considérer et argumenter assez facilement son contraire à savoir qu’il est tout aussi virulent contre les hommes. »
            => Non c’est faux, et d’ailleurs votre essai se conclut par un échec cuisant.

            Pouvez-vous en faire la démonstration (ou du moins argumenter votre propos) ?

            « Hum, je pense que dans les thrillers, 95-99% des psychopathes sont des hommes. Va-t’en pour autant se questionner sur ce que le cinéma vient dire en ne mettant que des hommes dans le rôle de psychopathes ? »
            => Oui, c’est parce que c’est un fait, que les passages à l’acte violent sont le fait à 98% d’hommes. Les femmes psychopathes sont une aberration statistique. C’est peut-être vous qui devriez lire un ou deux ouvrages de sociologie…

            Aberration statistique ou réalité statistique ? Je vois pas en quoi il s’agit d’une aberration statistique ? Vous ne pouvez nier l’existence de femmes « psychopathes ». A partir de là, de quel droit pouvez-vous juger qu’un film portant sur une femme psychopathe (et encore le film est bien plus nuancé que cela, mais passons) ne devrait pas sortir dans les salles ? Même si cela concernait que 0,000001% des femmes, je ne vois pas pourquoi il serait interdit d’en parler ?! Au même titre que je vois pas pourquoi il ne devrait pas y avoir de films sur des actes zoophiles, pédophiles… au prétexte qu’ils sont une « abberation statistique » si on les rapporte aux pratiques de la population en générale.

            Concernant la référence à la sociologie, la lecture de bon nombre d’ouvrages pourraient vous aider à réfléchir sur des questions du type « pourquoi les hommes deviennent-ils violents ? », n’est-ce pas là une certaine forme de violence sociétale/environnementale à laquelle ils sont très fortement contraints de se conformer dans certains milieux pour répondre à des codes de virilité, de réputation, etc. Ainsi, on pourrait parler de la plus grande mortalité dans toutes les sociétés occidentales des jeunes hommes en comparaison aux jeunes femmes ? N’est-ce pas là une forme de violence qu’il faudrait dénoncer ? A vous lire, j’ai pas l’impression que vous y avez déjà songé tant vous semblez limiter votre analyse du point de vue des femmes comme uniques victimes des rapports de genre. (attention, je ne nie pas qu’elles en sont les principales victimes, et ce, à quasiment tous les niveaux, toutefois il ne faut pas s’épargner de réfléchir à la globalité du problème dès lors que l’on veut s’y intéresser).

            « la seule personne assassinée dans le film n’est autre que l’acteur jouant « Barney » dans How I Met Your Mother à savoir le personnage populaire le plus misogyne/coureur de jupons qu’il soit ??? »
            => Oui, c’est aussi un acteur notoirement homosexuel. A ce compte là, la seule personne assassiné du film est un gay.

            Je ne savais pas qu’il était gay et je doute que tout le monde le sache. Je pense qu’il est avant tout connu pour son rôle de coureur de jupons dans How I Met Your Mother, et non pas pour sa sexualité dans sa vie privée… A moins que vous me démontrez le contraire.
            Après, je vois pas ce que vous voulez prouver en précisant cela ?! La personnage féminine principale tue un autre personnage qui est gay dans sa vie privée => DONC => film misogyne ?? Merci de préciser car j’ai pas saisi votre raisonnement.


            « la première scène de sexe entre Amy et Nick met en scène ce dernier en train de réaliser un cunnilingus sur sa partenaire »
            => Peuple à genoux!!!! Si ce n’est pas la preuve irréfutable que le film est féministe, je veux bien qu’on m’arrache les ovaires!!!

            Là encore, vous me prêter des propos qui ne sont pas les miens. Je n’ai en aucun cas dit que ce film était féministe. Je prétends juste qu’il n’est pas aussi misogyne que certaines personnes se sont mis en tête de démontrer et qu’il ne s’attaque uniquement aux femmes. Et l’anecdote de la scène du cunnilingus ne le dédouane pas de toutes critiques, je trouve juste que c’est assez rare dans les films pour être souligné. Merci de ne pas raconter n’importe quoi.

            « Ou alors faut-il faire des films mettant en scène uniquement des situations courantes de la vie quotidienne ?? »
            => Le problème réside dans le matraquage d’une inversion de la réalité qui nous présente l’exception comme la règle et la règle comme une exception. Les fausses accusations de viol comme la norme et le viol comme un mythe et un mensonge.

            L’idée d’un « matraquage » pourrait être défendu si on pouvait démontrer que toute la filmographie de David Fincher allait dans ce sens là. Là il s’agit d’une seule oeuvre, de l’adaptation d’un roman (écrit par une femme), dont il se trouve que le personnage est une femme qui a a un moment de son histoire porter de fausses accusations de viol. Je sais autant que vous à quel point statistiquement, cela n’existe que très peu. Pour autant, si l’auteure du roman a jugé pertinent d’inclure cela dans l’historique du personnage… qui êtes-vous pour juger que cela n’était pas pertinent, ou qu’on ne peut pas écrire un roman autour d’un personnage féminin qui aurait des conduites marginales (qui ne seraient pas représentatives de la majorité de la population) ???

          • A partir de là, de quel droit pouvez-vous juger qu’un film portant sur une femme psychopathe (et encore le film est bien plus nuancé que cela, mais passons) ne devrait pas sortir dans les salles ?

            => Mais très cher, je n’ai jamais tenu ce propos d’ailleurs cela existe, il y a par exemple Monster. C’est juste que vous vous plaignez que l’écrasante majorité des films représentent des psychopathes hommes et vous criez au complot, je vous dit juste que c’est le reflet de la réalité et pas du tout de la misandrie. Ensuite, je vous invite à aller voir la définition d’une aberration statistique, qui n’est pas quelque chose qui n’arrive jamais, mais quelque chose de très rare.

            « la lecture de bon nombre d’ouvrages pourraient vous aider à réfléchir sur des questions du type « pourquoi les hommes deviennent-ils violents ? »,

            => je rêve ! J’ai surement lu plus d’études sur la socialisation genrée que vous, et du coup je vous prierai de redescendre sur terre et de vous rendre compte que vous parlez d’un sujet sur lequel vous êtes de tout évidence néophyte.

            « des jeunes hommes en comparaison aux jeunes femmes ? N’est-ce pas là une forme de violence qu’il faudrait dénoncer ? »

            => Libre à vous de le faire, je vous prierai cependant de ne pas me sommer de m’en charger, car comme vous l’avez rappelé les « (…) femmes comme (…) victimes des rapports de genre. (…) je ne nie pas qu’elles en sont les principales victimes, et ce, à quasiment tous les niveaux, (…) »
            Donc on a bien des femmes, victimes de la domination masculine. Merci.

            « Je ne savais pas qu’il était gay et je doute que tout le monde le sache »

            => si moi je l’ignore alors les autres aussi.Sérieusement ? Peut-être en France est-il connu uniquement pour cela mais aux USA, tout le monde le sait, et assurément que David Fincher est au courant.

            « Après, je vois pas ce que vous voulez prouver en précisant cela ?! La personnage féminine principale tue un autre personnage qui est gay dans sa vie privée => DONC => film misogyne ?? Merci de préciser car j’ai pas saisi votre raisonnement. »

            => Euh, il s’agit de la réfutation de votre raisonnement qui était : La personnage principal féminine tue un personnage qui joue ailleurs un rôle de coureur de jupon => DONC => film non misogyne ?? Merci d’utiliser votre cerveau, si ce raisonnement est effectivement à coté de la plaque, je préférai en souligné l’ironie qui était que le mort était gay et que donc votre logique (bancale) tombait à plat. Puisque effectivement, comme vous le faîtes si bien remarquer c’est un raisonnement inapte et illogique. Cependant, comme c’était le votre, je pensais que vous y adhériez. apparemment ce n’est pas le cas ?

            « Et l’anecdote de la scène du cunnilingus ne le dédouane pas de toutes critiques, je trouve juste que c’est assez rare dans les films pour être souligné. »

            => pourtant vous en faîtes un argument censé démontrer l’absence de misogynie du film. C’est du même tonneau que la remarque sur Barney.

            « L’idée d’un « matraquage » pourrait être défendu si on pouvait démontrer que toute la filmographie de David Fincher allait dans ce sens là. »

            => il ne s’agit pas de la filmographie de Fincher en particulier, il s’agit de la filmographie générale, de tous les films de cinéma qui traite le sujet du viol. Fincher vient juste ajouter sa pierre à l’édifice. De plus, il n’a pas mit tout ce qui était dans le livre dans son film, il a fait des choix et il a même modifié certaines choses, donc, il est responsable de ses choix et peut être critiquer sur cette base.

            « qui êtes-vous pour juger que cela n’était pas pertinent, ou qu’on ne peut pas écrire un roman autour d’un personnage féminin qui aurait des conduites marginales (qui ne seraient pas représentatives de la majorité de la population) ??? »

            => Qui êtes vous pour essayer de me faire taire lorsque je déplore que ne soit montré au cinéma que des conduites non représentatives de la réalité lorsqu’il s’agit du viol ? Qui êtes vous pour considérer que des critiques sur ce fait ne sont pas pertinentes et que l’on devrait se taire et ne pas remettre en question les choix des réalisateurs ?

          • Si vraiment on cherche des films où une femme commet un crime « comme dans la vraie vie » sans qu’elle soit présentée comme une hystérique je signale aussi le film  » A perdre la raison » avec Emilie Dequenne.

            Je pense que si on compare les deux films on comprend ce que veut dire un film qui présenterait vraiment l’enfermement d’une femme, enfermement qui la conduirait aux extrêmes. Avec un véritable processus qui conduit à l’irréparable.

            Qu’on ne vienne pas me dire que c’est le cas dans Gone girl. L’argument de la soi-disant remise en question du mariage qui serait soi-disant la cause de son état psychiatrique (et donc que le personnage de Ben Affleck aurait aussi sa part de responsabilité) est complètement démenti par l’histoire avec ses ex. Ce n’est pas le mariage qui l’a rendue folle, elle l’était déjà. A la limite la seule explication valable du film est dans la manière dont elle a été objectivée par ses parents à travers « Amazing Amy ». Mais le personnage de Ben Affleck n’en demeure pas moins la victime objective de ce film.

  6. Bonsoir,

    Tout d’abord, je souhaiterais préciser que j’aime beaucoup votre site et vos analyses des différents messages véhiculés par les films. Il est toujours intéressant de lire des avis complets, pertinents et bien documentés.

    Mon opinion sur ce film est plutôt différente de la vôtre, sûrement parce que j’ai d’abord lu le livre. Cependant, les avis sur les différents sites féministes ou qui y voyaient les valeurs masculinistes m’ont aidé à avoir une vision plus claire du sujet.

    Tout d’abord, je vais commencer par vous donner mon avis, basé sur le livre, qui est beaucoup plus nuancé que le film.
    Il faut tout d’abord noté que le personnage de Nick n’est pas forcément appréciable, dés le début. Il a toujours été bercé par les femmes de sa vie (sa maman et sa soeur, Margo) et semble incapable de fonctionner sans elles. Sa maman, enfermée dans le carcan de la femme des années 50 totalement dédié à sn foyer l’élève donc comme un prince ; tandis que sa soeur observe son incapacité à se gérer seul et lui sert donc de guide, de garde-fou, de coach etc… C’est un personnage très important de sa vie et la tête pensante de leur duo. Nick a plus tendance à la suivre et à lui laisser le leadership.
    Il est aussi intéressant de noter qu’il se compare très souvent à son père, misogyne fini, coupable de violence morale sur sa femme durant des années. L’entièreté de son comportement envers les femmes est guidé par sa crainte d’agir comme son père mais aussi par une frustration face à leur incapacité à agir comme il le souhaite. Il est donc tiraillé entre cette image violente de l’homme qu’il ne souhaite pas devenir et ces instincts, désirs qui le dirigent dans cette direction. D’autant plus que, sans forcément être violent physiquement contre Amy, il reste quand même coupable, selon moi, de violences psychologiques. Son détachement envers ses actions, son désir égoïste de retourner dans un environnement dans lequel les femmes se comportent comme il pense être son dû, le détachement qu’il lui porte, l’imposition plus ou moins forcée de ses désirs via une sorte de chantage affectif, etc… Il n’est donc jamais vraiment montré comme une personne à qui l’on peut ou veut s’identifier. En tout cas, en tant que féministe, il me paraît antipathique sur de nombreux points.

    On voit donc le rôle positif de sa soeur et l’influence de sa maman tout au long de sa vie. Il est dommage que le film ,’est pas assez mis ces relations en avant. Idem, pour la courte apparition de son père, hors-contexte et peu développé. On ne voit pas la crainte qu’il a de devenir cet homme violent, qui hait les femmes et les considère toutes comme des « salopes » (c’est aussi comme cela il appelle les infirmières à la maison de retraite, sa femme et Amy). Notons aussi que l’avocat travaille en duo très serré avec sa femme, une grande femme noire imposante, éduquée intelligente et forte de sa réussite. L’avocat étant blanc dans le livre et au vu du contexte racial aux US, ce point est important dans la diversité des femmes représentées.

    Pour poursuivre, je ne voyais pas un message misogyne voire masculiniste dans le livre, car le personnage de Amy me paraît trop extrême, hors-norme. Pour montrer cela, il me semble important de noter quelques points de son contexte familial. Amy naît dans un couple aisé, éduqué, valorisé au sein de son milieu. Ses parents sont très fusionnels, aussi tactiles que des adolescents en rut et lui renvoient l’image d’un grand amour presque impossible à atteindre. On voit ici une des injonctions patriarcales du couple hétérocentré. Ses parents, ayant des problèmes de fertilité, donnent naissance à des filles mortes-nées, toutes appelées Hope. Amy se considère comme une survivante et est donc déçue du comportement de ses parents qu’elle trouve banalisant : de son nom à l’invention de l’Épatante Amy. Elle y devient une enfant puis une femme parfaite : là où elle échoue à répondre aux injonctions de son groupe social (leçons de violon, équitation, réussite académique impeccable,…) ; la femme créée par ses parents y arrive parfaitement. Cela représente pour moi la violence psychologique que peut avoir ectains articles de magazines sur les femmes : on les renvoie sans cesse à leurs échacs tout en mettant sur un piédestal des personnes censées y répondre à la perfection. On voit déjà une seconde violence liée au patriarcat.
    De plus, il est important de noter le désir voire le besoin que a Amy de se rapprocher de ce personnage fictionnel et sa réponse extrême à cette frustration. Cette anecdote n’est pas assez montrée dans le film, mais elle a fait croire qu’une jeune fille la harcelait et développait une amitié dysfonctionnelle à son regard parce que cette amie d’adolescence était meilleure qu’elle à l’école. Elle lui renvoyait donc une image d’échec et une certaine frustration afce à son incapacité d’être celle qu’elle souhaiterait être.

    Ainsi, je vois le personnage de Amy comme le fruit du patriarcat et des ses injonctions impossibles à tenir le rôle de la femme parfaite, dés l’enfance jusque dans l’intimité de la vie sexuelle. Je trouve d’ailleurs intéressant qu’elle s’en sorte toujours, principalement grâce à son physique. Si les camarades du lycée la croie quant à son amie harceleuse, c’est juste parce que Amy, elle, répond aux critères de beauté de la société. Idem pour la légende qui veut que son premier petit-ami ait tenté de se suicider par dépit ou encore la tentative de viole. Les personnes qui racontent ses événements commencent toujours par décrire sa beauté, son charisme et la fascination qu’elle développait chez les autres. J’y vois aussi une des raisons pour laquelle tout le monde s’est intéressé à sa disparition : elle est mariée, jolie, jeune, mince, riche et héroïne d’une fiction. Elle a tous les critères de réussite mis en avant par notre société et est presque une star de télé-réalité. En cela, je la vois aussi comme un reflet de la société patriarcale car elle s’en sort en regroupant ses critères en apparence ; tout en représentant les biais et défauts de notre société de communication voire de l’image où tout est question de marketing et de narration. On voit bien qu’elle se libère de ces exigences physiques quand elle se coupe les cheveux et mange enfin ce qu’elle souhaite durant sa fuite. Elle n’a plus besoin de jouer un rôle et de correspondre à cette image.

    Enfin, je ne la voyais pas comme une représentante des valeurs masculinistes car ces actions me semblent trop extrême. En en faisant un personnage hors-norme, soit une sociopathe à tendance narcissique au Q.I. très élevé, belle selon notre société, vindicative, etc… Amy devient un monstre et en cela se détache des femmes en général. Sa féminité devient un outil perverti, sa beauté une apparence trompeuse et son discours n’est plus réel tant il est teinté de vengeance et de potentiel manipulateur. Du coup, je la voyais donc comme un résultat du patriarcat qui se retourne contre lui-même mais qui en est tellement empreint qu’il ne peut pas y échapper : son moyen de retenir Nick est quand même de jouer au couple idéal, avec enfant, apparition, sponsoring, etc… Elle revient donc à ses images qu’elle détestait mais qu’elle accepte à partir du moment où elle peut les contrôler dans une certaine mesure.

    Cependant, il est vrai que le film est moins nuancé et le message peut-être perçu d’une autre façon. Les personnages féminins tournent vite à l’accusation et à l’oppression de l’homme et aucune n’est montrée avec une réussite non tournée à honnir les hommes. Ce que le personnage de la femme de l’avocat aurait pu nuancer. Enfin, sans le volet du père de Nick, on n’a pas sa vision très violente de la femme et donc les spectateurs peuvent plus facilement s’y retrouver. Ce qui est très grave car sa pensée est beaucoup plus pervertie qu’une simple infidélité avec une jeune étudiante.

    Dés lors, ma vision du film me fait plus pencher vers un message anti-patriarcat à défaut d’être pleinement féministe (le faux viol, les fausses plaintes et le meurtre ont gâché la force du discours de la fille « cool » selon moi). Néanmoins, je comprends le message masculiniste que l’on peut voir dans le film.

  7. Bravo, bel article.

    Dans le genre « films pas sympas pour les femmes sans en avoir l’air », on a aussi « Parle avec elle ». On commence par sympathiser avec l’infirmier si gentil et attentionné et quand on réalise ce qu’il a fait avec la comateuse, on est obligés de se réveiller!

    • Oh merci Miss ! Je hais ce film. Ce film a été une torture tout du long car non seulement on est du côté de l’infirmier mais on est du côté de son désir aussi. Et j’ai réussi à trouver plusieurs personnes pour m’expliquer littéralement que ce n’est pas du viol puisque dans son monde à lui, il sait exactement ce qu’elle veut. Et me sous-entendre que penser que c’est du viol était un peu moralisateur (dans le sens de la morale bourgeoise, ah ben oui c’est Almodovar bien sûr donc la Movida tout ça).

  8. L’article correspond bien a mon impression du film. Vu en dehors du contexte societal il n’y a rien a dire. Mais dans une societe sexiste qui accuse les femmes de manipuler les hommes avec des fausses accusations de viol un film de plus comme ca ne me fait pas bondir de joie.

    Apres le film je me suis demande:
    Il y a grosso modo 5% de fausses declarations de viol dans la vrai vie. Mais dans les production culturelles j’ai le sentiment que la proportion de faux viols est bien plus grande que la realite non?
    J’ai voulu trouver des chiffres sur internet en utilisant des requetes comme « fake rape accusations in movies » et tout les resultats ammenent sur des sites masculinistes qui se lamentent de ces mechantes femmes qui peuvent ruiner leur vie a tout moment avec une simple accusation. Il y a encore du progres a faire.

    Et j’ai l’impression qu’au cinema il n’y a que 2 types de viol:
    -celui invente par la femme machiavelique
    -celui de la femme qui appartient au heros pour donner une raison au heros de trucider du mechant

    Le viol d’une femme ordinaire par un type ordinaire ne fait pas rever les realisateurs, ils doivent avoir d’autres combats..

    • En effet, même si d’après moi, on trouve aussi parfois un troisième type de viol au cinéma: la femme est violée et commence par protester, mais elle réalise au bout de vingt secondes qu’elle trouve ça agréable, alors elle en redemande. Pas étonnant que peu de plaintes sont déposées dans le monde réel…

      • Bonjour et merci pour vos commentaires / remarques / suggestions.
        J’ai fait les mêmes recherches que JackA en préparant l’article, je n’ai moi non plus trouvé aucune donnée intéressante sur le sujet. Je pense que ce serait effectivement passionnant de se questionner sur le traitement du viol au cinéma (après, bien sûr, il faudrait définir ce qu’on entend par « le cinéma » et circonscrire sans doute plus le champ d’étude ;). Si quelqu’un a des infos sur le sujet, je suis preneuse !

      • Il y a au moins un quatrième type de viol, le rape and revenge.

        Bon, après, il y a quelques films comme « Les Accusés », qui arrivent à traiter du viol sans le glamouriser ou tomber dans des clichés masculinistes.

      • Sinon, il y a aussi le film « La Traque » (1975), de Serge Leroy, qui donne un peu un autre son de cloche. J’ai jamais réussi à le voir en entier, mais je trouve qu’il traite plutôt bien la question du viol en représentant notamment la terrifiante solidarité masculine qui se met alors en place contre la victime, bien que cette solidarité soit également, en l’occurrence, une solidarité de classe – le cinéaste se livre aussi (surtout ?) à une critique sociale.

        Par contre, et même si c’est plutôt paradoxalement une bonne chose d’un point de vue militant, je dois dire qu’il s’agit d’un film vraiment dur, sans aucune concession, et qui se finit évidemment très mal.

        Étonnamment (ou pas, d’ailleurs), il s’agit d’une œuvre très peu connue, jamais éditée sur aucun support, Blu-ray, DVD ou même cassette. Mais bon, je suppose que ça doit être relativement facile de le trouver sur Internet.

  9. Et personne n’a relevé que le nom de la policière est Boney?! Ce qui en argot anglais… a une connotation particulièrement virile!

  10. Bon article.
    L’ambigüité du film vient aussi qu’on voit bien que Amy réagit à des situations désagréables voire angoissantes quand elle retrouve son ex, Desi, qu’elle manipule. Desi est très inquiétant, voire possiblement dangereux, il cherche aussi à la remodeler selon son désir et à un gros moyen de pression sur elle.
    Mais même si l’on peut craindre pour la vie d’Amy et admirer la manière dont elle se débrouille, le film s’ouvre et se ferme sur le point de vue de Nick force l’empathie du spectateur envers lui.
    De plus Amy réactive les mythes sur le viol, et aucun des autres personnages n’évoque la réalité du viol comme le rappelle Megan Kearns dans l’article déjà cité.
    Les journalistes m’évoquent davantage celles de Fox news que des féministes mais cela contribue à un acharnement des persos féminins contre Nick auquel le spectateur est incliner à s’identifier.

  11. Je suis heureuse de voir que ce film fait un peu parler dans ce sens (même si comme d’habitude les critiques majoritaires ont nié le caractère misogyne du film). A partir du moment où on retrouve Amy dans sa voiture, j’ai eu le seum (et quasi la gerbe) pendant tout le reste du film. Quand je n’ai pas été exaspérée par l’invraisemblance (la scène de la douche restant un sommet de ridicule). J’avais remarqué dans tous ses films que Fincher était misogyne mais ce film a atteint un sommet.

    L’actrice qui joue la jeune maîtresse (qui est celle qui a fait le clip blurred lines, choix pas anodin): j’ai vu une interview de Fincher où il disait qu’il voulait que les spectatrices femmes soient contre elle (sous-entendu parce qu’elle sont jalouses d’elle) dès son entrée dans le film. Et que les hommes soient contents de la voir. D’où la petite robe, les tétons qui sortent et son envie sexuelle irrépressible j’imagine. Belle mentalité. Dans la tête de Fincher une femme ne peut manifestement pas trouver Emily Rajatmachin à son goût.

    Justement, à propos de séduction, pour moi c’est problématique que les deux femmes à peu près positives du film (la sœur et la policière) ne soient pas du tout séduisantes. Pour moi cela renforce la stigmatisation de la séduction chez les femmes. Comme si cette séduction ne pouvait toujours être que perverse. La gentille c’est un buddy. C’est ce qui est compliqué je trouve avec les injonctions contradictoires qui sont faites aux femmes c’est qu’en s’éloignant d’un cliché on se rapproche toujours d’un autre. Certes, cela les place en dehors du rapport de séduction permanent vis-à-vis des hommes et en même temps cela renforce le cliché de la femme sympa qui ne cherche pas à s’embellir et qui ne menace pas les hommes.

    Enfin bref, merci pour cette critique.

  12. Ce film est génial. Il n’est pas féministe, il n’est pas misogyne, il est tout ça en même temps.
    Permettez-moi de proposer une autre lecture/analyse (un peu en carton je n’ai pas BAC+15 en critique ciné et justice sociale)je vais jouer à l’avocat du diable.

    Nick a l’air d’avoir la femme la plus ennuyeuse du monde au tout début quand il en parle avec sa soeur. Puis elle disparait. Nick ressemble à un flan, le genre de mec avec qui on se met quand on a peu d’attentes dans la vie, surtout quand on s’appelle Amy.

    J’ai tout de suite compris le personnage d’Amy. Elle est sophistiquée, elle est originale, créative, reconnue, riche, elle est urbaine, sociable et vit dans son monde où ses parents qui ne pensent qu’à la thune, lui ont appris à être vénale, parfaite tout en restant souriante et fausse pour l’image, car l’image compte chez eux.

    C’est ça, Amy. Et rien d’autre.

    Pourquoi une fille comme ça a épousé Nick?

    Le charme de la situation (le sucre et le truc du menton), du premier regard, du truc qui change tout.
    Amy voulait un mec qui la valorise, comme ses parents et ses fans la valorisent et l’acclament. Elle vit de reconnaissance, tout ce qu’elle voulait, c’est un mec qui la fasse rêver en permanence.
    Mais si l’amour se résumait à ça, surtout avec un mec comme Nick (quel mauvais goût) ça se saurait.
    Elle a donc appris à ses dépends que le couple, le mariage, bref, c’est pas top quand on choisit le mec gentil juste parce qu’il est gentil.

    Nick est un mec banal, tellement banal, c’en est affligeant, il est gauche (pardon pour les gauchers), il est tout son contraire, mais il dit des choses mièvres à souhait craquantes. Nick ne comprend rien aux réseaux sociaux, à la parole en public, il ne sait pas se tenir, il sait juste cacher son infidélité aux flics. Tellement banal. Le mec qui essaie d’enfermer une diva une alliance au doigt, parce qu’elle brille plus que lui, bien trop pour qu’il se sente «  » »comme un homme, un vrai, chef de famille » » ».

    Elle le diminue, alors il essaie de lui montrer qui porte le pantalon et bim il perd son taf et avec, tout son swag. Obliger sa femme très urbaine à vivre chez les péquenauds, avec le prétexte bidon de la mère malade, c’est tellement pratique comme ça elle sera « la femme du fils de la voisine mourante » et il ne sera plus « le mari de la meuf super célèbre grâce à son talent et uniquement au sien ».

    Ca aussi on peut dire que c’est un plan de batard, que c’est pervers. De plus, il la trompe. Je veux dire, le mec il se sent tellement merdique (et il a raison, il l’est) qu’il essaie de retrouver sa « virilité vraie de vrai mec » (Alain, c’est pour toi) dans un vagin plus jeune et moins difficile (Nick a l’air d’être doué en séduction, il n’aurait jamais pu se marier à Amy et n’aurait jamais réussi à pecho une étudiante sinon).

    Le vrai méchant c’est Nick. Amy est une méchante, oui, mais c’est pas LA méchante. Ce qui arrive à Nick est de la faute de Nick.

    Si Amy trolle l’Amérique entière après avoir regardé quelques émissions de Pierre Bellemare à l’américaine et lu quelques bouquins bateau, c’est juste parce qu’il l’avait si bien enfermé dans son rôle de femme au foyer, qu’elle s’est juste trouvé des occupations du genre: comment la lui mettre à l’envers.

    Bien fait pour Nick. D’une femme dangereuse, passionnée et capable du meilleur comme du pire, il fallait bien qu’il s’y attende.

    Cependant, Amy est intelligente, désireuse de liberté, mais ne peut pas survivre seule loin des caméras, loin des flash, loin du drama, loin de son mari relou.

    Intelligente mais pas si maligne que ça. Elle est juste en mode survie dans tout ce qu’elle fait. Elle prévoit tout pour sa disparition, mais une fois libre, arrive à se faire racketter par des petites merdes parce qu’elle ne s’est pas attendue à tout ça. Elle est capable de faire croire à sa mort mais n’est pas foutue de réussir sa coloration. Elle part se réfugier chez un espèce de taré nice-guy qui la séquestre.

    Elle quitte un enfer pour un autre et quand elle s’en rend compte, utilise une ancienne ruse pour sortir de là. Sauf que ça passe par un meurtre, parfait ceci-dit. Puis elle rentre comme une fleur, meilleure actrice que Cotillard dans The Dark Knight pour faire sa star.

    Par cette histoire sordide, elle brille à nouveau, de mille feux, son Nick est toujours un flan, mais un flan aussi admiratif que craintif, et surtout soumis. Elle le tient par les couilles. Pauvre petit Nick sans défense qui se plaint que toutes les femmes sont contre lui. Ouin. Ouin. Ouin.

    Ce film est féministe, si vous croyez en la misandrie je veux bien croire avoir été misandre dans mon interprétation, j’ai adoré voir autre chose que des clichés, je tiens à préciser que je suis une femme queer et que je l’ai regardé avec mon white cishet de mari et nous sommes ensemble depuis bien longtemps que ces personnages, même qu’on est mariés.

    Eh bien on a bien ri. Après je suis d’accord pour dire que ça craint de ternir l’image de la femme comme ça dans une société comme la nôtre, je parle du faux-viol dans le film, c’est pas cool pour les victimes.

    Ah et on ne noircit pas un personnage. Si vous avez quelque chose contre la « noirceur » d’un personnage, votez Marine en 2017 ou checkez vos privilèges.

    • D’accord avec toi !
      J’ai eu l’impression que Amy était la véritable victime, victime d’une société sexiste et donc aussi de son mari qui l’avait enfermé dans une vie de femme de foyer sans avenir ! Elle lui était complétement soumise, il l’utilisait pour le sexe, l’argent et en plus de ça il avait l’audace de prendre une maitresse et de l’insulter à tout va. Qu’est-ce qu’elle lui avait fait au juste pour qu’il la méprise autant ? (le film ne le dit pas)
      Alors Amy décide de se libérer, simuler sa mort et de se venger. Où qu’elle aille on voit bien que les hommes tentent toujours de l’emprisonner et la soumettre (le taré nice guy avec ses caméras partout) et que Amy décide à chaque fois de lutter pour ne plus être une victime, de dominer plutôt que d’être dominée!
      M’enfin, je me trompe peut-être… Mais à aucun moment, Nick ne m’a inspiré de la sympathie. Il apparait comme menteur, manipulateur, froid, lâche etc. Nick est bien loin d’être la victime qu’il pense être 😀

  13. Bonjour et merci pour cet article.

    Peut être que le sujet a déjà été abordé dans les commentaires précédents, désolé si c’est le cas j’avoue ne pas avoir tout lu.

    Je voulais donc apporter deux points supplémentaire à cette critique :

    – le couple qui dérobe Amy dans sa chambre.
    Il s’agit donc d’un homme et d’une femme.
    Ils volent l’argent d’Amy. On ne sait pas forcement qui de la femme ou de l’homme est à l’origine de cette idée. A la rigueur peu importe non ? Mais le film tient tout de même à nous préciser qui dans ce couple de voleur tire les ficelles !

    En effet, lorsqu’Amy est sur son lit, en train de se faire voler son argent, elle s’adresse à l’homme en lui demandant « C’est toi qui l’a incité à faire ça ? » (en parlant de la fille).
    Mais l’homme ne répond pas, c’est la fille qui répond un truc du genre « Mais non, c’est moi qui l’ai incité ! » En parlant cette fois ci de l’homme.

    Ah merci ! Maintenant nous avons ! C’est elle qui manipule son homme, qui l’a incité à voler Amy ! Ca fait beaucoup de manipulatrice non ?

    On me demande souvent de dé-dramatiser le film en me faisant remarquer que le film ne traite de la manipulation que d’une seule femme (Amy), mais c’est faux, en plus d’Amy, il y a donc cette femme qui incite son copain à dérober Amy, et bien sur les présentatrices télé qui sont clairement accusées de « manipuler » elles aussi, l’opinion publique, jusqu’en insinuant une relation incestueuse entre Nick et sa sœur.
    Bref, pas mal de « manipulatrices », et bien sur, ce sont les hommes qui en sont les pauvres victimes.

    – Deuxième point, qui m’a choqué, c’est la simulation de viol.
    Quand on connait les statistiques, c’est effectivement un peu fort de café de présenter une femme qui invente un viol ainsi que des violences conjugales.
    Donc en gros : elle invente, elle ne c’est jamais faite « cogner » ! ok. Mais là où je veux en venir, c’est lorsque Nick brutalise réellement Amy vers la fin du film, lorsqu’ils sont attendu pour l’interview final.
    En effet Amy continu de le menacer, en évoquant notamment le « bébé », elle va trop loin, alors Nick attrape Amy par la gorge et la plaque contre le mur… histoire de la remettre en place. Apres 1h30 de manipulation psychologique, c’est bien fait pour elle la s#lope. N’est ce pas ?

    Eh oui, j’ai trouvé cela choquant, que la seule violence réel à l’encontre d’Amy soit supposée et insinuée comme « justifié » auprès des spectateurs.

    « Finalement, elle l’a cherché »

    Quand on connait les statistiques qui concernent les violences conjugales, je trouve cela étonnant de vouloir traiter l’histoire d’une femme qui fantasme des violences à son égards, et qu’en plus lorsqu’elle se fait vraiment corriger, c’est sous entendu « bien mérité ».

    Voila c’est tout.
    Ce film m’a écœuré.
    Bisou A+

  14. critique très inintéressante. j’ai lu le roman dont est tirée l’intrigue et il y a des éléments qui auraient gommés l’aspect misogyne ou du moins une grande partie. le film a fait disparaître Hilary Handy, une femme victime comme Nick, Desi et Tommy (le type du victime faux viol) de la cruauté d’Amy. c’est dommage car sa présence aurait sans doute évité l’image de la mante religieuse castratrice. en plus, Hilary est la victime d’Amy alors qu’elles sont adolescentes. ce qui fait ‘Amy une sociopathe envers tout le monde et depuis longtemps même hors d’une relation intime.le film ne met pas en avant les raisons pour expliquer la cruauté d’Amy. la cause, ce sont les parents car ils voulaient avoir un enfant parfait et quand elle ne correspondait pas aux attentes la version du roman prenait le relais. Cet aspect se confirme et devient d’autant plus cruel après le retour d’Amy (tout le monde (parents compris) croient qu’elle a été enlevée et violée à de nombreuses reprises), ces parents lui annoncent qu’ils rentrent pour laisser Amy et Nick se reconstruire ensemble, oubliant ainsi qu’ils l’ont soupçonné d’avoir assassiné leur fille, qu’ils croient à la version d’Amy (dépenses excessives de Nick, etc). chronologie du chapitre : « cinq jours après le retour ». la moralité des parents modèles selon les médias en prend un coup car qui laisse son enfant aussi vite après un tel drame? la réponse avancée est que le drame extrêmement médiatisé a provoqué une nouvelle popularité des romans créés par eux et donc leur éditeur demande un nouveau tome.le film ne prend que les actes et les troubles mentaux d’Amy, sans son intelligence. c’est pourquoi, je trouve le film misogyne car les actes d’Amy qui sont moralement horribles fonctionnent car elle sait comment réagissent les gens. par exemple, pour le faux viol dont le but est de détruire un petit-ami infidèle (la raison n’est pas expliqué dans le film), Amy explique qu’elle voulait à tout prix pourrir la vie de son homme, Tommy, et pour cela elle a choisi de marquer son corps; coups, traces de ligatures, lésions dans le vagin causées par une bouteille. Amy en parle comme une stratégie de communication pour briser à cause sûre la concurrence. celle-ci repose sur le fait que ces marques sont les traces de la parfaite victime de viol. Ainsi pour faire un faux viol crédible à 100 %, il faut être violentée physiquement. ainsi le raisonnement d’Amy dans le roman sous-entend que les victimes de viol soumises au chantage affectifs, à l’autorité d’un parent ou un proche sans violence seront moins crédibles qu’elle et ces coups fabriqués de toute pièce.

    l’intrigue qui est pratiquement la même dans le roman et le film n’est pas misogyne en soi, le problème est que l’adaptation a oublié le regard critique d’Amy, la sociopathe despotique et démoniaque, sur la place des femmes dans la société américaine

    • Maintenant que j’y pense, les médias féminins qui sont dans le film des personnes crédules qui sont partiaux et punissent Nick sans preuves sont un argument pour dire que ce film est misogyne et qui l’est. cet aspect n’est pas présent dans le livre car il y a des femmes médiatiques qui aident Nick. dans le livre, Nick devient sympathique aux gens par l’intervention d’UNE journaliste qui veut sa version et non celle d’Ellen Abott(alors que dans le film, c’est par un avocat). une autre journaliste l’aide après, mais à un moment, elle l’abandonne sans savoir si c’est parce qu’elle croit Amy ou bien par peur de perdre sa place face à la pression de l’opinion publique qui gobe le plan d’Amy.

      Le film ne va pas assez en profondeur sur le plan d’Amy et les raisons qui la poussent à simuler une fausse grossesse: les femmes qui disparaissent sont nombreuses (constat fait par une sociopathe), Amy a donc peur que Nick s’en tire, même si elle sait que le fait d’être belle, riche, d’avoir inspiré un personnage de fiction célèbre la met au dessus des autres. le fait d’être enceinte est un moyen assuré d’être la plus médiatisée. Amy base sa destruction de Nick sur les stéréotypes de la société, donc celui qui les connait, maîtrise le jeu des médias.

  15. Je ris jaune de ces commentaires. Une vrai jaunisse de dégout à force de lire des attaques et des explications pacifiques en réponse. Bravo aux autrices et auteurs de ce site de prendre autant la peine de répondre à des con-descendant qui critiquent un des rares espaces du web libre de la suprématie, de la colonisation de nos pensées par les hommes! Encore des pages et des pages de trols, et de réexplication du fonctionnement du site et de l’analyse politique des films, et du féminisme… Rien que lire cette surenchère de merde phallocratique, ça me met en colère!
    Alors je prends la plume comme les femmes ont si souvent été privées de le faire, pour AFFIRMER HAUT ET FORT: je suis en COLERE, dégagez de mon territoire: ce site où enfin on respire et où les commentaires devraient être réservés à des débats entre gens d’accord pour être FEMINISTES. C’est à dire revendiquant la réelle égalitée entre les femmes et les hommes, et on en est loin!
    DEGAGEZ LA PLACE LES TROLS, laisser moi respirer! Dégagez de ce site et de tous les autres lieux de paroles féministes que vous coloniser de vos mots putrides de prosti-tueurs, de nihiliste, de penseurs exterminateurs de femmes et d’enfant, de tueurs en sociétées organisées!
    Je ne répondrai pas.

    • Bonjour,

      je suis en COLERE, dégagez de mon territoire: ce site où enfin on respire et où les commentaires devraient être réservés à des débats entre gens d’accord pour être FEMINISTES.

      Vous avez parfaitement le droit d’être en colère, néanmoins en tant qu’autrice du site, je ne suis pas d’accord avec le fait que les commentaires devraient être réservés « à des débats entre gens d’accord pour être FEMINISTES » : cet espace est au contraire un bon moyen pour réfléchir avec des gens qui n’ont pas forcément les mêmes perspectives en terme de conscientisation des oppressions ou les mêmes idées en terme de féminisme et autre. Et puis on ne détient pas la science infuse non plus. C’est pourquoi les commentaires sonr activés sous les commentaires, très peu modérés (sauf en cas de commentaires se réduisant à une insulte) et que le forum suivant les mêmes règles ne requière même pas de compte pour pouvoir participer.

      Même si parfois certain-e-s peuvent être énervant-e-s, je ne pense pas que ce site, ni le web en général soit une bonne place pour les personnes ne souhaitant rencontrer que des personnes partageant les mêmes idées.
      Le cinéma est politique n’est pas un groupe féministe, une communauté ou forum fermé, c’est un site web ouvert.

      Et sinon, quand j’en ai vraiment marre des commentaires sur Internet, je suis cette règle à la lettre : Don’t read comments. Ever. (surtout sur youtube) 😉
      https://twitter.com/AvoidComments

      Bonne journée

  16. Bon ! Que d’analyse, que d’érudition, et aussi que d’invectives et d’acidité…

    Dans mon expérience du commentaire sociopolitique, on bascule vite dans une sorte de concours à qui sera le plus vertueux, le plus intransigeant, le plus militant. Je ne vais pas m’aventurer sur ce terrain là, je vais au contraire me peindre quelques cibles sur le corps. Je ne me sens ni féministe ni masculiniste, je m’efforce d’être « égaliste » avec mon petit QI, mon chromosome XY et la certitude rassurante que ma mère n’a pas élevé des imbéciles.

    Je suis allé voir Gone Girl en espérant voir un bon film, basé sur un livre que je n’avais pas lu mais dont on m’avait dit du bien. J’ai suivi les pérégrinations parallèles de Nick et Amy sans trop de déplaisir, mais avec une gêne croissante que je n’ai su formaliser qu’au générique de fin.

    Oui, à mon humble avis masculin et hétérosexuel, ce film (comme le livre) projette une image effroyable des femmes.

    Pas parce qu’Amy est le « villain » du film au sens hitchcockien, car je ne vois aucune raison que ces personnages centraux de toute intrigue, essentiels au ressort dramatique, soient masculins par nature.

    Pas parce qu’Amy est machiavélique – je ne vois pas non plus pourquoi une « villainess » devrait être incompétenteou rongée par le remords.

    Pas parce que Nick est la victime d’une fausse accusation – il me semblerait sidérant que le rôle de victime soit nécessairement tenu par une femme.

    Mais, comme cela a été dit plus longuement, parce que les personnages féminins de l’intrigue sont quasiment tous négatifs. L’inspectrice sort du lot – mais elle ne joue dans l’histoire qu’un rôle mineur, d’abord en tant qu’instrument puis en tant que témoin de la duperie.

    Ceci posé, il projette aussi une image effroyable des hommes. Je pourrais m’insurger quant à l’image dégradante qui est faite de mon genre : nous avons le choix entre la lâcheté de Nick, mari adultère et globalement assez beauf, la possession maladive de Desi, plus l’avocat tordu et la petite frappe qui vole Amy. On n’oubliera pas non plus les deux pères, entre les injures sexistes de celui de Nick et le caractère guère plus sympathique de celui d’Amy. J’ai personnellement quelque difficulté, dans cette triste brochette, à trouver le fier héros qui incarnerait les vertus masculino-patriarcales et me rassurerait sur mes valeurs « hommistes »! A dire vrai, comme un miroir des personnages féminins, il ne me reste que l’adjoint de l’inspectrice pour nous donner, un peu dans le film et un peu plus dans le roman, l’image d’un type à qui on n’aurait pas trop honte de ressembler.

    Allez, une conclusion en clin d’œil : Gone Girl ne serait-il pas par essence le genre de film qui devrait rassembler femmes et hommes pour protester contre l’image de nous qu’il tend ?

    • J’irais bien plus loin que toi dans ton analyse. Etant donné que le film ne présente et ne montre que des gens essayant de se conformer à une image pré établi pour pouvoir survivre et que la « gêne croissante » est un élément voulu et assumé.. Je conclurais sur cette question: Gone Girl ne serait il pas le genre de film qui devrait rassembler femmes et hommes à se poser des questions sur les images que l’on souhaite entretenir?

  17. M’ouais,je trouve pas ça convaincant. C’est trop orienté dans une seule optique. Je pense que le film est souvent sur la corde raide sur cette question-là, et je suis d’accord que le film nous met plutôt en empathie avec le perso masculin, mais avant de critiquer le statut de la femme qui est fait dans le film, il faut aussi s’interroger sur celui des hommes, qui était pas franchement très valorisant non plus. Non ? Et contrairement à ce qui est dit dans l’article, je trouve que le personnage de la soeur est loin d’être « soumis » à son frère, elle l’aide plutôt à bouger son cul, et lui reproche de s’apitoyer sur son sort, si je me rappelle bien. Et idem, la flic est la seule de la police à réfléchir et à ne pas accuser Nick immédiatement. Alors certes, elle pataugera par la suite, mais c’est là qui aura cherché à voir plus loin que son nez. Et après, c’est surtout une idée scénaristique en fait:si la flic avait prouvé l’innocence de Nick, Amy n’aurait pas forcément pu rentrée à la fin du film, et appuyer la critique du mariage. Et concernant les journalistes qui accusent Nick sans réfléchir, elles n’étaient pas féministes il me semble (mais je me trompe p-e), je les avais juste vu comme des « clichés ». ensuite, ces mêmes journalistes le soutiendront tout aussi bêtement lorsque la situation se renversera après l’interview de Nick. Et ça, ça rejoint tout le côté satirique du film, sur les médias. Vous imaginez, s’attaquer à une femme enceinte, c’est horrible hein ? Et ça, ça concerne la « masse », les gens, qui ne se demandent même pas une seule fois si Nick est innocent ou pas. Bref, les gens sont cons et facilement manipulables. Donc ça englobe tout le monde, pas seulement les hommes ou les femmes. Elle n’en parle pas dans l’article.
    Bon et sinon, Amy, la « méchante » du film donc, à la base elle réagit aussi justement contre tous les diktat qui lui sont imposées dans la première partie du film: elle se met à bouffer, se teint les cheveux, s’habillent moins « bien », critique les habitudes que sa position de femme au sein du couple l’a forcé à exercer au fil des années (s’épiler intégralement, tailles occasionnellement des types..) etc, bref on a quand même un perso qui décide de se faire passer pour morte histoire de pouvoir enfin exister, car on (=ses parents en particulier) lui a imposé une image d’elle depuis qu’elle est toute petite (chez Fincher, la société est tjrs montré comme un élément pervers). Mais au moins elle décide de ne plus être une victime et d’agir, contrairement à son mari qui est totalement passif et qui à la fin du film, choisira la facilité, car il est bien content d’avoir une femme qui le valorise en quelque sorte.
    Donc bon, en gros, la méchante du film est une femme donc le film est misogyne.. En plus, la référence à Zemmour à la fin, est complètement gratuite. Et l’analyse de l’affiche, c’est un peu too much aussi, on peut la comprendre de plusieurs façons, alors que là, elle est uniquement orientée dans le but de dire « attention, film misogyne ». Certes, peut-être que son analyse est bonne, mais ça appuie aussi l’idée d’un personnage qui n’est pas si « net » que ça, et donc pas autant que les apparences le laisse paraître. Bref, pas si gentil que ça, et c’est ce qu’on verra dans le film par la suite. Même si certes, il « craint » un peu moins, car lui n’est apparemment pas un psychopathe au moins.
    M’enfin en résumé, je pense qu’effectivement le perso d’Amy est loin de mettre en valeur le statut de la femme etc, mais que d’autres perso féminins sont là pour contrebalancer tout ça (contrairement à ce qui est dit dans l’article), et que malgré ça, à travers son perso, elle véhicule une image de la femme qui va à l’encontre de celle qu’on est supposé « attendre » dans les films, ou de manière générale.
    Et puis surtout, aucun des perso masculin ne fait rêver: Nick qui est super mou, passif, un peu beauf sur les bords, qui trompe sa femme, qui n’est pas franchement malin (contrairement à sa femme), qui aurait bien voulu la tuer mais puisqu’elle est « morte », ça l’arrange bien, mais aussi l’avocat assez arriviste, et qui on a rien à faire de la « vérité » (mais je suis d’accord qu’il le soutient un peu par « compassion masculine »), l’assistant de la flic, les parents, et surtout Barney qui la séquestre plus ou moins etc..
    Après, certes on peut ressentir de la « libération » à voir Nick plaquer la tête de sa femme contre le mur à la fin du film, mais moi je le vois surtout comme un geste d’impuissance du mari (car il ne la quittera pas), et puis également, rappelons tout de même que sa femme lui a fait un sale coup tout de même, donc c’est normal d’avoir les nerfs. Mais là, c’est plus en rapport avec sa situation de psychopathe que son sexe, faut pas tout mélanger.

    Enfin bon je sais pas, le film est p-e misogyne je suis nul en analyse, mais jamais j’ai eu l’impression d’avoir une grosse pancarte avec un « LES FEMMES SONT TOUTES DES PETASSES », affiché dessus, faut pas abuser. Et c’est limite ce qui est dit dans son article. Par contre, un film qui brandit une pancarte avec: « la société oblige les gens à ressembler à « quelqu’un d’autre », les médias sautent sur chaque occasion pour faire de l’audimat, quitte à dire tout et son contraire, les gens sont idiots et manipulables, le mariage n’est qu’une illusion » etc, là oui. On peut ne pas trouver ça subtile, c’est encore une autre question.
    Mais c’est cool, parce que j’avais des doutes sur la question, mais en lisant l’article qui va uniquement dans un seul ordre d’idée (on est d’accord sur ça?), je pense que c’est pas aussi simple. En plus, c’est quand même adapté d’un roman écrit par une femme, et qui a co-écrit le scénario également, c’est aussi ça qui me faisait/fait penser que le film n’est probablement pas misogyne non plus.

    Tout ça pour dire que je pense que le film n’est pas misogyne, et qu’il faut « beaucoup » pour ne pas l’être, mais p-e que c’est maladroit ou pas convaincant aux yeux de certains..

    PS. Et si, quand en l’occurrence tu parles de la filmographie d’un auteur, et pas seulement d’un yes man ou d’un réalisateur sans personnalité, il faut tjrs se dire qu’un film s’inscrit dans une filmographie. Alors oui, je sais qu’on peut pas tjrs connaître le cinéaste dont on découvre un film, mais ça permet souvent d’avoir des éclairages sur certaines questions. Là, concernant Fincher, il suffit de se focaliser sur son avant-dernier film (Millenium donc), où le personnage de Lisbeth était clairement le pilier du film, et donc Fincher soutenait la cause du début à la fin (elle se fait violer, il filmera sa vengeance, ou encore tout bêtement la scène de fin, où elle réalise qu’un futur avec Daniel Craig n’est pas envisageable, sur qui l’obligera, probablement, à se marginaliser à nouveau..).

  18. Correction de mon message précédent:

    M’ouais,je trouve pas ça convaincant. C’est trop orienté dans une seule optique. Je pense que le film est souvent sur la corde raide sur cette question-là, et je suis d’accord que le film nous met plutôt en empathie avec le perso masculin, mais avant de critiquer le statut de la femme qui est fait dans le film, il faut aussi s’interroger sur celui des hommes, qui était pas franchement très valorisant non plus. Non ? Et contrairement à ce qui est dit dans l’article, je trouve que le personnage de la soeur est loin d’être « soumis » à son frère, elle l’aide plutôt à bouger son cul, et lui reproche de s’apitoyer sur son sort, si je me rappelle bien. Et idem, la flic est la seule de la police à réfléchir et à ne pas accuser Nick immédiatement. Alors certes, elle pataugera par la suite, mais c’est la seule qui aura cherché à voir plus loin que le bout de son nez. Et après, c’est surtout une idée scénaristique en fait:si la flic avait prouvé l’innocence de Nick, Amy n’aurait pas forcément pu rentrée à la fin du film, et appuyer la critique du mariage. Et concernant les journalistes qui accusent Nick sans réfléchir, elles n’étaient pas féministes il me semble (mais je me trompe p-e), je les avais juste vu comme des « clichés » de la profession. Ensuite, ces mêmes journalistes le soutiendront tout aussi bêtement lorsque la situation se renversera après l’interview de Nick. Et ça, ça rejoint tout le côté satirique du film, sur les médias. Vous imaginez, s’attaquer à une femme enceinte, c’est horrible hein ? Et ça, ça concerne la « masse », les gens, qui ne se demandent même pas une seule fois si Nick est innocent ou pas. Bref, les gens sont cons et facilement manipulables. Donc ça englobe tout le monde, pas seulement les hommes ou les femmes. Elle n’en parle pas dans l’article.
    Bon et sinon, Amy, la « méchante » du film donc, à la base elle réagit aussi justement contre tous les diktat qui lui sont imposés dans la première partie du film: elle se met à bouffer, se teint les cheveux, s’habillent moins « bien », critique les habitudes que sa position de femme au sein du couple l’a forcé à exercer au fil des années (s’épiler intégralement, tailler occasionnellement des pipes..) etc, bref on a quand même un perso qui décide de se faire passer pour morte histoire de pouvoir enfin exister, car on (=ses parents en particulier) lui a imposé une image d’elle depuis qu’elle est toute petite (chez Fincher, la société est tjrs montré comme un élément pervers). Mais au moins elle décide de ne plus être une victime et d’agir, contrairement à son mari qui est totalement passif et qui à la fin du film, choisira la facilité, car il est bien content d’avoir une femme qui le valorise en quelque sorte.
    Donc bon, en gros, la méchante du film est une femme donc le film est misogyne.. En plus, la référence à Zemmour à la fin, est complètement gratuite. Et l’analyse de l’affiche, c’est un peu too much aussi, on peut la comprendre de plusieurs façons, alors que là, elle est uniquement orientée dans le but de dire « attention, film misogyne ». Certes, peut-être que son analyse est bonne, mais ça appuie aussi l’idée d’un personnage qui n’est pas si « net » que ça, et donc pas autant que les apparences le laisse paraître. Bref, pas si gentil que ça, et c’est ce qu’on verra dans le film par la suite. Même si certes, il « craint » un peu moins, car lui n’est apparemment pas un psychopathe au moins.
    M’enfin en résumé, je pense qu’effectivement le perso d’Amy est loin de mettre en valeur le statut de la femme etc, mais que d’autres perso féminins sont là pour contrebalancer tout ça (contrairement à ce qui est dit dans l’article), et que malgré ça, à travers son perso, elle véhicule une image de la femme qui va à l’encontre de celle qu’on est supposé « attendre » dans les films, ou de manière générale.
    Et puis surtout, aucun des perso masculin ne fait rêver: Nick qui est super mou, passif, un peu beauf sur les bords, il trompe sa femme, il n’est pas franchement malin (contrairement à sa femme), et il aurait bien voulu la tuer mais puisqu’elle est « morte », ça l’arrange bien. Mais aussi l’avocat assez arriviste, et qui en a rien à faire de la « vérité » (mais je suis d’accord qu’il le soutient un peu par « compassion masculine »), l’assistant de la flic (qui ne servira à rien), les parents, et surtout Barney qui la séquestre plus ou moins etc..
    Après, certes on peut ressentir de la « libération » à voir Nick plaquer la tête de sa femme contre le mur à la fin du film, mais moi je le vois surtout comme un geste d’impuissance du mari (car il ne la quittera pas), et puis également, rappelons tout de même que sa femme lui a fait un sale coup tout de même, donc c’est normal d’avoir les nerfs, non ? Mais là, c’est plus en rapport avec sa situation de psychopathe que son sexe, faut pas tout mélanger.

    Enfin bon je sais pas, le film est p-e misogyne je suis nul en analyse, mais jamais j’ai eu l’impression d’avoir une grosse pancarte avec un « LES FEMMES SONT TOUTES DES PETASSES », affiché dessus, faut pas abuser. Et c’est limite ce qui est dit dans l’article. Par contre, un film qui brandit une pancarte avec: « la société oblige les gens à ressembler à « quelqu’un d’autre », les médias sautent sur chaque occasion pour faire de l’audimat, quitte à dire tout et son contraire, les gens sont idiots et manipulables, le mariage n’est qu’une illusion » etc, là oui. On peut ne pas trouver ça subtile, c’est encore une autre question.
    Mais c’est cool, parce que j’avais des doutes sur la question, mais en lisant l’article qui va uniquement dans un seul ordre d’idée (on est d’accord sur ça?), je pense que c’est pas aussi simple. En plus, c’est quand même adapté d’un roman écrit par une femme, et qui a co-écrit le scénario également, c’est aussi ça qui me faisait/fait penser que le film n’est probablement pas misogyne non plus.

    Tout ça pour dire que je pense que le film n’est pas misogyne, et qu’il fait « beaucoup » pour ne pas l’être, mais p-e que c’est maladroit ou pas convaincant aux yeux de certains..

    PS. Et si, quand en l’occurrence tu parles de la filmographie d’un auteur, et pas seulement d’un yes man ou d’un réalisateur sans personnalité, il faut tjrs se dire qu’un film s’inscrit dans une filmographie. Alors oui, je sais qu’on peut pas tjrs connaître le cinéaste dont on découvre un film, mais ça permet souvent d’avoir des éclairages sur certaines questions. Là, concernant Fincher, il suffit de se focaliser sur son avant-dernier film (Millenium donc), où le personnage de Lisbeth était clairement le pilier du film, et dont Fincher soutenait la cause du début à la fin: elle se fait violer, il filmera sa vengeance, ou encore tout bêtement la scène de fin, où elle réalise qu’un futur avec Daniel Craig n’est pas envisageable, sce qui l’obligera, probablement, à se marginaliser à nouveau…

  19. Correction de mon message précédent

    Bonjour, si je puis me permettre, ne serait-il pas mieux de n’écrire que les éléments corrigés plutôt que de reposter l’ensemble et de nous laisser jouer au jeu des 7 erreurs ?

    Mais avant de critiquer le statut de la femme qui est fait dans le film, il faut aussi s’interroger sur celui des hommes, qui était pas franchement très valorisant non plus.

    LA femme et LES hommes ? Intéressant.
    Donc il y aurait une seule femme et plusieurs hommes ? Un seul type de femme et plusieurs types d’hommes ? Je ne comprends pas. Vous parlez de la femme en général ? Non parce que personnellement la femme en général, je ne sais pas ce que c’est. Il y a DES femmes et justement c’est un peu problématique lorsqu’UNE femme au cinéma devient LA femme en général. C’est précisément le problème de ce film puisque sous couvert de démonter les rapports matrimoniaux, ce film nous dit quelque chose sur UNE femme qui est censé nous faire comprendre des choses sur LES femmes et par extension sur LA femme (qui n’existe pas donc).

    Et qu’est-ce que nous dit ce film ? Dans un contexte où des hommes masculinistes à travers le monde accusent les femmes d’inventer des histoires sur les violences conjugales et sur le viol, ce film met en scène une femme qui inventent des gros bobards sur sa vie pour faire accuser son mari de meurtre et son ancien petit ami de harcèlement puis de viol. Mais ça n’a bien sûr rien de politique. C’est juste comme ça, pour rigoler un peu.

    Je vous invite à voir les réactions de ces mêmes masculinistes face au film Mad Max et à son propos féministe pour vous convaincre définitivement que si ce film était particulièrement féministe nous les aurions probablement entendu gueuler. Tout comme ils ont gueulé lors de la sortie Thelma et Louise (« ouais c’est un film anti hommes ! »).

    Le simple fait que ce soit majoritairement les femmes qui démontent le film est presque en soi une preuve qu’il y a une c….. dans le potage.

    Et contrairement à ce qui est dit dans l’article, je trouve que le personnage de la sœur est loin d’être « soumis » à son frère, elle l’aide plutôt à bouger son cul, et lui reproche de s’apitoyer sur son sort, si je me rappelle bien.

    Oui cela s’appelle un faire-valoir.

    Si la flic avait prouvé l’innocence de Nick, Amy n’aurait pas forcément pu rentrer à la fin du film, et appuyer la critique du mariage.

    Oui c’est typiquement le genre de pseudos critiques qui sont là pour faire semblant que le film a quelque chose d’autre à développer que son propos outrageusement misogyne. Genre « non je suis pas misogyne, je critique la société ». Pour cela, j’invite quiconque en a le courage (ou le masochisme au choix) à se farcir « Les sorcières de Zagarramurdi », film espagnol ouvertement masculiniste qui après avoir étalé des monstruosités de misogynie, fait semblant en une phrase à la fin que genre tout ça c’était pour critiquer la famille traditionnelle. Et le pire c’est qu’il y a des gens pour dire de ce film « oui c’est une critique super libertaire de la famille et des relations hommes-femmes ». Ouais, ouais, c’est ça.

    Et concernant les journalistes qui accusent Nick sans réfléchir, elles n’étaient pas féministes il me semble (mais je me trompe p-e)

    Elles ne sont pas féministes mais elles avancent des arguments en rapport aux femmes. Et puis soyons honnêtes, rien que le choix physique de la journaliste avec sa tête si particulière de méchante qu’on déteste dans la seconde, si ça c’est pas de la haine…

    Pour une critique des médias, on pourrait se référer à Hunger Games où le présentateur est à la fois sympathique et en même temps totalement complice. Ça ça pourrait s’appeler de la subtilité en comparaison.

    Bref on a quand même un perso qui décide de se faire passer pour morte histoire de pouvoir enfin exister

    Non elle se fait passer pour morte pour que son mari soit accusé de meurtre et pour pouvoir ainsi se venger de lui. Sinon elle aurait pu faire exactement la même chose (bouffer, arrêter de s’épiler) juste en quittant son mari. Et là on aurait peut-être eu quelque chose qui ressemble à du féminisme. Mais on peut continuer à faire comme si ça ne déplaçait pas complètement le propos et comme si sa teinture (qui est là aussi pour lui permettre de se cacher) et son petit road trip n’étaient que là que pour souligner l’oppression des femmes.

    Mais au moins elle décide de ne plus être une victime et d’agir, contrairement à son mari qui est totalement passif…

    Cela s’appelle un bourreau et sa victime.

    Donc bon, en gros, la méchante du film est une femme donc le film est misogyne.

    Ah non pas du tout. Allez, toujours dans les comparaisons on peut citer Cendrillon tiens de Kenneth Branagh. Les méchantes sont toutes des femmes et pourtant le film ne transpire pas la misogynie comme celui de Fincher. C’est dingue. Comme quoi ça doit être possible.

    M’enfin en résumé, je pense qu’effectivement le perso d’Amy est loin de mettre en valeur le statut de la femme

    Ah oui ok donc on retrouve LA femme.

    mais que d’autres perso féminins sont là pour contrebalancer tout ça

    Ben non justement ce qui est dit dans l’article c’est que ça contrebalance pas grand-chose. Pour contrebalancer il aurait fallu mettre au moins un personnage féminin positif aussi fort que le personnage féminin négatif. Et ce n’est pas le cas.

    Et que malgré ça, à travers son perso, elle véhicule une image de la femme qui va à l’encontre de celle qu’on est supposé « attendre » dans les films, ou de manière générale.

    Bon allez je relève le « la femme » ou pas ?
    Bon sinon vous voulez dire que genre des femmes totalement malfaisantes, il y en a pas trop dans les films de manière général ? Ah ben c’est marrant parce que tout de suite moi il y en a plein qui me viennent en tête. Glenn Close dans Liaison Fatale, toutes les méchantes Disney comme cela est bien montré sur ce site même, je ne sais pas allez au hasard, pas mal de James Bond Girls, les sorcières, les femmes de pouvoir manipulatrices et souvent froides, les « en fait c’était une femme qui était derrière toute cette sombre manigance » !!!!!!! Incredibeul !!!!

    Et puis surtout, aucun des perso masculin ne fait rêver.

    Non mais aucun personnage féminin non plus.

    Nick qui est super mou, passif, un peu beauf sur les bords, il trompe sa femme

    Ouais enfin il trompe sa femme avec « Miss Blurred Lines ». Un petit prof d’université qui se tape une fille dont seul le physique (elle est donc là uniquement pour son physique hein pas pour ses talents d’actrice) qui a fait rêver tous les hommes hétéros de la planète en dansant à poil dans un clip, c’est pas du tout un choix révélateur. Non non c’est pas là pour envoyer du rêve aux hommes : genre eh les mecs, on le comprend quand même hein ? Hein qu’on le comprend. Non mais eh les mecs c’est Emily Rajatmachin quand même. Me dites pas que vous vous ne tromperiez pas votre femme devant une telle bombe qui en plus vous réclame du sexe (puisque la première fois qu’on la voit elle se jette sur lui genre elle en peut plus limite elle le supplie). La voilà la complicité masculine.

    Après, certes on peut ressentir de la « libération » à voir Nick plaquer la tête de sa femme contre le mur à la fin du film, mais moi je le vois surtout comme un geste d’impuissance du mari (car il ne la quittera pas).

    Oui et moi j’y vois de la compote de fraise. On pourrait juste partir du principe que quand un film en vient à nous faire ressentir du plaisir de voir une femme se faire maltraiter à cause de comment cette femme s’est comportée auparavant, c’est juste un peu suspect en soi.

    Et puis également, rappelons tout de même que sa femme lui a fait un sale coup tout de même, donc c’est normal d’avoir les nerfs, non ?

    Ah ben oui voilà on est bien d’accord. C’est normal d’avoir les nerfs quand les femmes sont des tarés psychopathes qui font des sales coups aux hommes. Vous croyez que les hommes violents ils ont pas l’impression que c’est normal d’avoir les nerfs ?

    Enfin bon je sais pas, le film est p-e misogyne je suis nul en analyse, mais jamais j’ai eu l’impression d’avoir une grosse pancarte avec un « LES FEMMES SONT TOUTES DES PETASSES »

    Non non la pancarte c’est pas ça. C’est « IL NE FAUT PAS CROIRE LES FEMMES QUI DISENT QU’ELLES SONT DES VICTIMES DE LA VIOLENCE MASCULINE, EN FAIT CE SONT ELLES QUI SONT DES MANIPULATRICES PERVERSES ». Sachant qu’il y a Amy et aussi donc « Miss Blurred Lines » qui fait aussi un sale coup par vengeance (normal qu’il ait les nerfs le gars !).
    Les autres femmes, celles qui ne se plaignent pas, elles sont cools. Elles sont tellement cools qu’elles sont barmaids ou policières et qu’elles s’habillent comme des hommes.

    En plus, c’est quand même adapté d’un roman écrit par une femme, et qui a co-écrit le scénario également, c’est aussi ça qui me faisait/fait penser que le film n’est probablement pas misogyne non plus.

    Oui alors 50 Shades of Grey a été écrit par une femme aussi. Bon le problème c’est que ce sont aussi des femmes qui disent que c’est misogyne donc qui croire du coup hein ? Il y a des femmes qui adorent Orelsan aussi et qui le défendent publiquement. C’est bien. Il y a des femmes qui sont contre l’avortement et puis il y a des femmes qui prostituent d’autres femmes, les excisent. Enfin voilà hein tout ça pour dire que ça fait 1000 ans qu’on sait que c’est parce que c’est une femme que c’est une féministe non plus hein donc que ce genre d’arguments ne devraient même plus être employé en 2015 si on ne fait pas que découvrir l’eau tiède.

    PS. Et si, quand en l’occurrence tu parles de la filmographie d’un auteur, et pas seulement d’un yes man ou d’un réalisateur sans personnalité, il faut tjrs se dire qu’un film s’inscrit dans une filmographie. Alors oui, je sais qu’on peut pas tjrs connaître le cinéaste dont on découvre un film, mais ça permet souvent d’avoir des éclairages sur certaines questions. Là, concernant Fincher, il suffit de se focaliser sur son avant-dernier film (Millenium donc), où le personnage de Lisbeth était clairement le pilier du film, et dont Fincher soutenait la cause du début à la fin: elle se fait violer, il filmera sa vengeance, ou encore tout bêtement la scène de fin, où elle réalise qu’un futur avec Daniel Craig n’est pas envisageable, ce qui l’obligera, probablement, à se marginaliser à nouveau…

    Alors justement moi j’ai vu tous les films de Fincher sauf Panic Room et justement si ça s’inscrit dans la filmographie d’un auteur, je peux exactement renverser votre argument puisque j’ai beau aimer les films de Fincher parce qu’ils sont formellement très bons, je suis obligée de constater sa misogynie à chacun de ses opus. Et alors autant dans d’autres films, ça passe parce que le reste de l’histoire est assez forte, autant dans Gone Girl là ça passe plus.

    Et puis rappellons quand même que Millenium n’a pas été écrit par Fincher mais par un auteur suédois ultra-féministe que Fincher a adapté. Alors on pourrait dire ah ben s’il adapte un auteur ultra féministe c’est qu’il est ultra féministe. Oui ou alors on pourrait dire qu’il est tellement misogyne qu’il a réussi à faire d’un des personnages les plus féministes de l’histoire de la littérature mondiale, une héroïne trop sexualisée et que ça finit presque par retourner le propos de départ.

    Et on peut aussi argumenter que Fincher ne s’intéresse à Lisbeth que parce qu’elle est une sorte de Badass. Et aujourd’hui on se rend compte (j’avais lu un article dessus mais je ne pense pas pouvoir le retrouver) que la badass n’est plus en soi un personnage féministe. Surtout quand ce personnage est sursexualisé pour vendre une autre sorte de rêve aux hommes. Ou qu’il sert d’autant plus de faire-valoir à la force du héros. Genre un héros va pas se contenter d’une gentille petite femme, il lui faut un miroir digne de ce nom. Je pense que Fincher n’est que dans ce genre de délire.

    Et ce ne sont pas les personnages féminins de ses films précédents qui viendront vraiment prouver le contraire. Mention spéciale à Chloé Sevigny qui a fait toute la tournée promo de Zodiac alors qu’on doit la voir 2 minutes dans le film en plus dans le rôle de la meuf qui dit à son mari qu’il faut qu’il rentre plus tôt le soir. Passionnant. Ça valait le coup.

  20. Je viens de lire tout vos commentaires …, je suis choqué par l’interpretation differente que j’ai .
    Toutefois ,je n’ai pas la pretention de savoir si mes interpretations sont plus proches de la vérité que celles des autres commentateurs .
    Pour moi ( a debattre ) , je ne vois ni de mysoginie , ni de masculanisme , de feminisme , etc etc
    Les seuls protagonistes coupable de la psychose d’Amy sont ces parents , Nick , son ex , et le gars qu’elle egorge ne sont que des victimes collaterales .
    Amy veut juste etre elle meme , d’ailleurs dans le livre une des ses victimes est une femme donc la theorie féministe ne tient pas .
    Nick l’a enfermee dans un role de par son mensonge ( le role qu’il tient pour la séduire ).Trahie des mensonges de Nick elle se venge, Quand elle voit qu’elle va etre enfermée dans une prison dorée par son amour de jeunesse elle l’egorge pour revenir avec Nick qui a fait son Mea culpa a la Tv.
    Son ex est accusé de viol uniquement parce qu’il la plaque et donc a menti sur son amour .
    Amy ne veut plus jouer un role comme ses parents l’ont habituée, mais vivre la vraie vie , Quand elle s’enlaidit lors de sa fuite elle rompt avec ses parents , a la fin pour moi ( a discuter ) elle force Nick a tenir sa promesse et donc a jouer un role , Nick est obligé car aupres d’elle il existe et s’admire , et aussi un peu il ne veut pas laisser l’enfant seul avec Amy .
    Sa soeur pleure car elle va encore voir son frere etre l’homme qu’il n’est pas , mais c’est bien lui qui a fait croire a Amy qu’il etait cet homme sans quoi il ne l’aurait jamais séduite .
    Pour moi Amy est un personnage qui aime a outrance la vérité , vomi le mensonge .
    Le mensonge permanent que ses parents ont idéalisé .
    Je pense que le film qui se rapproche le plus ce sont les noces rebelles , couple construit sur un mensonge également .
    Promesse de Nick non tenu , qui l’a seduite en se montrant non macho (
    cunilingus ) et qui est redevenu un Macho qui aime les femmes cool …
    Bien sur Amy est derangee car elle sureagit a la trahison , au mensonge et finalement n’a d’autres choix que de mentir pour se venger , mais cette réaction excessive n’est que le fruit de l’education de ses parents .
    Nick est victime de son mensonge , de l’enfance de sa femme ,de son enfance lui  » couvé  » par les femmes et qui le rendent si macho.
    Une question et si Amy etait vraiment celle qui aime vraiment Nick pour de vrai . ( le Nick de la seduction ) pas le vrai Nick ?

  21. Il est magnifique de constater que chacun voit bien ce qu’il veut voir dans un film.
    Alors, oui, le film raconte l’histoire d’une femme un poil psychopathe et manipulatrice. Cela ne veut pas dire que le film assimile les femmes a des manipulatrices…
    Bon sang ! Une histoire de femme manipulatrice, c’est misogyne, une histoire de femme manipulée, c’est misogyne…
    Ahem… Si j’avais du temps, je m’amuserai à montrer que ce film est en fait misanthrope, ou même fasciste. Ou communiste. Avec un zeste de scientologie, tiens.
    Cela se nomme raisonner à l’envers: Prendre un postulat de base, et tout analyser ensuite pour confirmer ce postulat.
    Bref, je suis assez d’accord avec l’opinion de Lolo38.

    • Pour moi le problème n’est pas qu’il y ait une femme psychopathe et manipulatrice. C’était déjà le cas de « Prête à tous » avec Nicole Kidman.

      Le vraie problème est cette foule de personnages féminins négatifs. La journaliste et l’ensemble de ses subordonnées sont des femmes.

      Les manifs contre le pauvre héros sont menés par des femmes.

      Même le selfie litigieux vient d’une femme.

      Ça fait un peu trop pour ne pas être suspect selon moi.

      • Oui, mais mis à part l’avocat, il n’y a pas non plus de personnage masculin positif. Le film est intéressant car les systèmes qui enferment les individus ne peuvent être détruit.
        Amy est façonné par ses parents et par cette f*** série de livres mais elle s’enferme pendant longtemps elle même dans cette image, auquel Nick l’a enfermé.
        Elle se libère de cette image dans une vision hautement féministe. Elle prend le pouvoir en enfermant son mari qui n’est pas vraiment représenté comme un mec bien mais un type entretenu par sa femme, qui la trompe et ne fait pas beaucoup d’effort pour se sortir de l’échec. Nick étant un personnage très mou. Le problème est que cette solidarité féminine n’existe pas et la première personne auquel Amy se confie, parce qu’elle est une femme (la seule discussion entre les deux personnes parle de la relation de couple et développe un discours girl power). La déconvenue continuera quand elle ira se diriger vers son ancien amant, un obsessionnel du contrôle qui enferme Amy dans un environnement factice qui est en même temps la vision idéalisée.
        Les journalistes ne réalisent qu’un autre système avec la volonté de raconter une histoire et donc de généraliser. De la même manière, le film fait une critique violente de la société américaine en mal de spectacle, même parmi les bénévoles. Et la police n’est pas mieux représenté, avec notamment un personnage masculin qui ne veut pas, par paresse intellectuelle, ne serait-ce qu’imaginer que Nick est innocent.
        Il y a une raison de représenter la journaliste par une femme, et c’est la notion d’empathie. L’histoire d’Amy doit être intériorisé par les personnages « lambda » autours de Nick (voisins, journaliste, policier) pour finalement l’emprisonner face à une alliance féminine pas si unie qu’elle n’en a l’air, les journalistes retournant leurs vestes très facilement au cours du film.

        Je comprends que les féministes soient en colère envers ce film car il s’amuse à déconstruire une situation donnée (et Fincher s’amuse beaucoup que la moitié du public adhère généralement à sa version en fonction de son genre). Cela montre que le spectateur se fait sa version du film et créé donc lui même les systèmes enfermant les personnage/êtres humains. Cela ne veut pas dire, comme on pourrait le penser, que le « système féministe » est faux mais qu’une généralisation de toute théorie entraînera de toute façon une aliénation.

        • Tu n’as pas tort notamment en ce qui concerne l’amant et la psychologie d’Amy ainsi que le policier. Mais on arrive pas au même nombre de perso négatifs masculins.

          De plus le film demeure indulgent envers Nick. Même son adultère est présentée comme une petite faute de parcourt. Il est même explicitement affirmé que c’est de la faute de son épouse.

          D’ailleurs sa maitresse retourne sa veste de manière très hypocrite avec sa tenue de sainte ni-touche(correspondant aux clichés féminins).

          Quant à la journaliste pourquoi est-elle secondée que par des femmes ? Et je persiste qu’on voit essentiellement les femmes colporter les ragots. J’ai pourtant déjà vu des hommes taillés des costards à des absents dans la vraie vie.

          Et puis le film donne l’impression que les femmes sont avantagés au niveau juridique, médiatique, et social.

          Les accusations de viol d’Amy passent très facilement. La maitresse de Nick n’est pas conspuée comme lui. La journaliste n’a absolument pas à répondre de ses fausses accusations ignobles de meurtre et d’inceste.

          Pourtant dans le monde réel il arrive en cas de viol d’entendre « elle l’avait provoquée », « vous avez vu comment elle était habillé » et j’en passe.

          De même que pour l’adultère est souvent présenté comme un surplus de virilité ou une petite déconnade chez l’homme.

          Alors que la femme la plupart du temps est marquée à vie comme salo…

  22. Margo est dépendante de son frère car il possède le bar et elle y travaille… Ne peut-on pas dire également qu’il est dépendant d’elle dans la mesure où c’est lui qui a besoin du travail qu’elle fournit ? Est-ce l’oppresseur.e qui a besoin de l’opprimé.e ou l’opprimé.e qui a besoin de l’oppresseur.e ?

  23. Je viens de voir ce film pour la première fois, et j’avoue l’avoir adoré !
    Contrairement à beaucoup de commentaires, je l’ai trouvé féministe ce film !
    L’héroïne n’est pas une gentille fille, elle n’est pas hystérique selon moi (n’agit pas sur un coup de tête mais est au contraire réfléchie, et pleine d’astuce et d’intelligence !), elle calcule son coup.
    La policière est une femme indépendante, qui ne finit pas par tomber amoureuse du héros et à tout sacrifier pour lui : elle reste donc autonome.
    Il y a en effet d’autres personnages féminins peu flatteurs (journaliste, la maitresse, l’amie) mais qui ne sont pas le cliché de « dépendante d’un homme ».
    En lisant les commentaires, ma vision du film évolue et je comprends le propos de certain(e)s qui trouvent le film mysogyne même si je ne le partage pas.
    Je dirais qu’une telle divergence d’opinions et d’interprétations prouve que les ressorts de ce film sont complexes et multiples et que l’auteur et Fincher ont signé un thriller de très grande qualité.

  24. Je reviens sur cet article parce que l’autre jour, je suis tombée sur un téléfilm avec Rosamund Pike justement, et ça m’a fait pensé à ce film-ci…

    Le téléfilm s’intitule « Return to Sender » (Retour à l’envoyeur) et raconte l’histoire d’une infirmière, jouée par Rosamund Pike, qui accepte un rendez-vous arrangé par une de ses amies avec un homme qu’elle ne connaît pas, qui verra arriver chez elle un inconnu qu’elle prend pour ce rendez-vous mais qui en fait s’avérera être un autre homme qui la violera.
    Elle décidera ensuite de se venger de son violeur.

    J’ai noté plusieurs choses dérangeantes sur ce téléfilm…

    D’abord, qu’il est sorti une année après « Gone Girl » (soit en 2015), qu’il a une trame tout de même assez proche et que c’est justement cette actrice qui a été choisie pour jouer le rôle principal.

    Mais surtout, la traduction du titre en français est extrêmement choquante ! Là où le titre original ne laisse pas de doute sur la culpabilité du violeur et sur le fait qu’il ne va se ramasser que ce qu’il mérite (plus ou moins), le titre français est… « Le Mal en elle » ! Ou comment reporter toute la faute sur la victime et dédouaner complètement les actes de l’agresseur !

    Par ailleurs, le traitement du personnage et de sa vengeance est une insulte aux victimes de viol, puisque le film fait passer le personnage féminin principal pour une psychopathe (qui a assassiné sa mère, son chien et certainement un bon nombre de ses patients) !
    Les réalisateurs ont donc décidé de mettre la vengeance sur son violeur (plutôt « justifiée » au contraire) au même niveau !
    La vengeance est du coup totalement décrédibilisée et considérée comme les délires d’une psychopathe !

    Ces différents éléments m’ont beaucoup beaucoup dérangés et je dois dire que le fait que la trame du téléfilm me fasse autant penser à « Gone Girl », en plus que ce soit la même actrice, et que le discours plus ou moins féministe de départ soit totalement retourné en propos misogynes après coup, je ne peux penser qu’à une volonté délibérée de la part des réalisateurs…

    • Bonjour et merci pour votre observation éclairante.
      Rosamund Pike a également un petit rôle dans l’excellent « We Want Sex Equality », film que je recommande chaudement à tous ceux auxquels « Gone Girl  » a donné des boutons.
      « We Want … » raconte la lutte des ouvrières de Ford pour obtenir l’égalité des salaires dans les années 60, en Angleterre.
      R. Pike y joue une femme au foyer qui serait comme une grande sœur d’Amy, mais la ressemblance s’arrête là.
      Le film est passionnant à plus d’un titre, d’abord parce que son réalisateur, Nigel Cole, a le grand mérite d’aimer suffisamment les femmes pour s’intéresser à l’histoire de leur lutte. Comme souvent dans les films britanniques qui traitent de la classe ouvrière, c’est drôle et roboratif, jamais plombant ou apitoyé. Il y a de très très belles scènes sur la violence symbolique, où les héroïnes se prennent leur triple « infériorité », sexuelle, scolaire et sociale, en pleine figure, et qu’on devrait montrer à tous ceux qui s’obstinent à ne pas comprendre pourquoi on ne peut jamais mettre au même niveau la brutalité sentencieuse des dominants et la rage humiliée des dominé-e-s. Inutile de dire qu’on n’est pas du tout sur la même planète que « Gone Girl ». A mon sens, le film de David Fincher ne sort pas grandi de la comparaison, ne serait-ce qu’à travers justement le traitement réservé au personnage de Miss Pike. En fait, la réalité de « Gone Girl » me semble, par rapport à la réalité dépeinte par « We want… », aussi fantasmatique, truquée et un peu débile, qu’un film porno peut l’être par rapport à la réalité complexe et confuse d’un rapport sexuel. Mais je peux comprendre que ce mensonge possède une certaine séduction.

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