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Quoi de neuf docteur ? Docteur Who et M. Moffat

doctorwho

La série britannique Doctor Who décrit les aventures d’un extraterrestre (un seigneur du temps) qui voyage à travers l’espace et le temps accompagné de différents compagnons (en majorité des compagnes). Le docteur est un pacifiste extrêmement intelligent et vieux de plusieurs millénaires. Il change régulièrement de corps et donc, d’interprète, au cours de « régénérations ».
Il y a eu onze docteurs en tout et ils étaient tous des hommes caucasiens.

Il y a quelques temps, on a révélé le nom du douzième interprète du docteur et… surprise, il s’agit d’un homme blanc de 55 ans. Là où Steven Moffat (actuel showrunner de la série) promettait depuis des mois un choix « audacieux », on a donc assisté à un véritable retour en arrière alors que les spéculations allaient bon train et que plusieurs noms d’actrices étaient même proposés. Qui plus est, le fait de vieillir l’interprète du docteur n’est absolument pas audacieux puisque tous les docteurs de l’ancienne série étaient plutôt âgés. Rajeunir le docteur était une bonne initiative dans le sens où l’on obtenait au moins un couple compagne/docteur qui ne sombrait pas dans un paternalisme redondant !

Pourquoi le docteur n’est-il pas une femme ? Certains fans vont jusqu’à dire que ça le « tuerait », mais la série s’est modernisée sur de nombreux points depuis le début, pourquoi pas au niveau politique ?

Selon Steven Moffat, c’est parce que les fans ne seraient pas prêts et même qu’une majorité de femmes s’y opposeraient, vomissant d’angoisse à l’idée d’un docteur femelle.

Pour reprendre ses mots exacts : « It’s absolutely narratively possible [that the Doctor could be a woman] and when it’s the right decision, maybe we’ll do it. »
« Ce serait tout à fait possible au niveau narratif (que le docteur soit une femme) et quand ce sera la bonne décision, peut-être que nous le ferons. »

… Notez le « peut être » et l’indication temporelle évasive. Oui, peut-être, quand ce sera le bon moment, les femmes seront égales aux hommes…
M’est avis qu’avec ce genre d’argument boiteux, ce ne sera jamais « peut-être » le bon moment.

« It didn’t feel right to me, right now. I didn’t feel enough people wanted it. »
« Ça ne me semblait pas juste à ce moment. Je n’avais pas l’impression qu’assez de gens le voulaient. »

C’est sûr que vous êtes entièrement soumis au public et que vous n’avez rien à voir dans le processus de création, monsieur Moffat. Cette série est uniquement composée de ce que veulent les fans… Jolie façon de balancer la responsabilité à d’autres. C’est le serpent qui se mord la queue.
Selon vous, donc, le public veut un héros masculin…
Mais remettons les choses dans le contexte : le public a été habitué et formaté depuis son plus jeune âge dans un univers patriarcal à voir des héros masculin et il ne veut pas bousculer ses petites habitudes parce que le changement l’amènerait éventuellement à questionner lesdites habitudes (et pour une partie du public : à questionner ses privilèges). Pire, un garçon pourrait dans ce cas être amené à s’identifier à une femme !!

Les femmes et les Noirs ou autres minorités s’identifient aux hommes blancs depuis des décennies mais les hommes blancs doivent avoir une case en moins puisqu’ils sont incapable de se projeter ailleurs que dans leurs semblables, comme l’auteur de cet article dont l’argument principal s’opposant au changement de sexe du docteur est que s’il est une femme, les petits garçons ne pourront plus s’identifier à un héros « intellectuel » … c’est sûr que les femmes ne manquent pas de modèles dans la fiction, elles, entre demoiselles en détresse et femmes dans le frigo, elles ont l’embarras du choix. (Voir aussi cet excellent article sur l’édition genrée )

Qui plus est, Steven Moffat, qu’en est-il de tous ceux qui ne font pas encore partie de votre public et qui, justement, pourraient s’intéresser à la série si les choses changeaient un peu. Prendre des risques est parfois payant, vous savez.

« Oddly enough most people who said they were dead against it – and I know I’ll get into trouble for saying this – were women. [They were] saying, ‘No, no, don’t make him a woman!' » 

« Étrangement, la plupart des gens à dire qu’ils étaient contre ce changement – et je sais que je vais avoir des ennuis pour avoir dit ça- étaient des femmes. Elles disaient : « Non, non, n’en faites pas une femme ! »

On remarquera l’insinuation « anti politiquement correct ». Oui Steven Moffat, vous allez avoir des tas d’ennuis en accusant les femmes d’être les vectrices du sexisme… Tiens, j’entends dans l’oreillette que vous n’êtes pas le premier à le faire, d’autant plus pour vous dédouaner d’être sexiste vous-même.

Bref, ce n’est pas vous, Steven Moffat, qui réemployez ad nauseam les mêmes schémas patriarcaux, ce sont les femmes et les fans en général. Vous ne faites que vous plier à leur désir.
Pourtant, la série Docteur Who n’est pas plus progressiste depuis que vous vous y impliquez. Et pour cause, quand on voit ce que vous déclariez déjà du temps où vous écriviez Coupling, pas de quoi s’étonner :

« There’s this issue you’re not allowed to discuss: that women are needy. Men can go for longer, more happily, without women. That’s the truth. We don’t, as little boys, play at being married – we try to avoid it for as long as possible. Meanwhile women are out there hunting for husbands. »

« Il y a ce problème dont vous n’êtes pas autorisé à discuter : que les femmes sont en manque d’affection. Les hommes peuvent rester plus longtemps et plus heureux sans femmes. C’est la vérité. En tant que petits garçons, nous ne jouions pas à être marié – nous tentons de l’éviter le plus longtemps possible. Pendant ce temps, les femmes sont dehors à chasser le mari. »

On remarquera que de nouveau, cher Steven Moffat, vous vous placez en position de victime des bien pensants (« on » vous interdit de discuter de ça… mon pauvre). En tous les cas, vous nous servez un joli discours essentialiste et empilez les généralités grossières.
Oh, mais ce n’est pas tout, Steven vous reconnaissez qu’il y a des privilèges à être un homme… sauf dans certaines situations.

« The world is vastly counted in favour of men at every level – except if you live in a civilised country and you’re sort of educated and middle-class, because then you’re almost certainly junior in your relationship and in a state of permanent, crippled apology. Your preferences are routinely mocked. There’s a huge, unfortunate lack of respect for anything male.”
(source : http://www.scotsman.com/news/time-lad-scores-with-sex-and-daleks-1-1394833 via : http://www.racialicious.com/2013/06/27/race-and-gender-in-doctor-who-beyond-who-plays-the-doctor/ )

« Le monde est largement conçu en faveur des hommes à tous les niveaux – sauf si vous vivez dans un pays civilisé et que vous êtes éduqué et appartenez à la classe moyenne, parce que là, vous êtes certainement inférieur dans votre relation de couple et vous vous confondez constamment en excuses boiteuses. Vos préférences sont systématiquement moquées. Il y a un énorme manque de respect envers tout ce qui est masculin. »

Que peut-on ajouter… Voilà qu’il tire la sonnette du masculinisme et nous place dans un monde dénué de sexisme (Le sexisme est ailleurs ! Chez les sauvages…). Mais certainement Steven Moffat, dans les pays civilisés comme le Royaume-Uni, pas de sexisme. C’est même l’inverse, les hommes sont moqués et soumis. Et si on ne compte pas une seule femme scénariste pour Doctor Who depuis que vous dirigez la série c’est certainement parce qu’elles sont trop occupées à chasser le mari !

Sous votre plume, les compagnes du docteur, femmes enfants sexualisées, deviennent des intrigues au lieu de personnages avec une répartitions des rôles genrés qui ne ferait pas honte à Sept à la maison (et encore, on avait une femme flic dans cette série, Amy Pond avait juste un costume de policière sexy). Mais non, si le docteur n’est pas une femme, ce n’est pas votre faute, ce sont les fans (et en majorité les femmes) qui refusent !

C’est sûr que ce n’est pas votre écriture qui va les préparer à un tel changement.

Nuançons cependant notre propos, il y a du bon dans Docteur Who au niveau des représentations de « minorités » (oui la moitié de la population est une minorité à l’écran, retenez-le). Par exemple, un couple lesbien mixte (l’une des deux est une extraterrestre) résolvent des enquêtes qui inspirent Conan Doyle, le viril et cabotin héros de Torchwood enchaîne des conquêtes des deux sexes (voire d’une autre espèce puisqu’il fricote avec les aliens), Donna, la compagne la plus âgée du docteur dans la nouvelle série, n’était pas amoureuse de David Tennant (ouf), Martha, la compagne noire du docteur (et la seule de la nouvelle série à exercer une profession moins féminine que la moyenne quoi qu’associée au « care »: elle est médecin, pas secrétaire ou baby-sitter) a été confrontée au racisme et démonté les à priori. Ponctuellement (même si de moins en moins sous la plume de Moffat qui confine ses compagnes au « care » traditionnel et à des joutes verbales pleines de tension sexuelle) les compagnes sauvent le docteur ou sont amenées à s’en sortir seules. Enfin, la merveilleuse River Song (jouée par Alex Kingston : 50 ans) est l’égale du docteur sur de nombreux plans même si elle se définit essentiellement par son rapport à un homme (la femme du docteur) et qu’elle est bien entendu accusée d’être une Mary Sue (cf Wikipédia : « Terme péjoratif donné à un personnage de fiction représenté d’une manière idéalisée, sans défaut notable : » les femmes puissantes, c’est vraiment un gros défaut d’écriture, c’est sûr).

Alors pourquoi ne pas y aller carrément et changer la donne en créant un docteur féminin ? Ça avait déjà été envisagé en 1986 après tout… Et l’épisode parodique Doctor Who and the Curse of Fatal Death (1999… écrit par Steven Moffat lui-même) comporte pendant un bref moment une femme docteur jouée par Joanna Lumley. Il a été également spécifié que les seigneurs du temps (des entités extraterrestres donc susceptibles d’être moins soumis aux normes genre/sexe que nous, pauvres terriens) pouvaient tout à fait changer de sexe au cours de leurs régénérations
Rien ne s’y oppose dans le canon et même Steven Moffat ne s’y opposerait pas (en théorie… mais les fans sont pas d’accord alors…)
Hélas, nous sommes bien loin d’un tel événement. Comme le résume cet article : le Tardis (le vaisseau du docteur) n’est ouvert qu’aux hommes, peut-être qu’il n’est pas si grand finalement.

L.D.

 

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26 réponses à Quoi de neuf docteur ? Docteur Who et M. Moffat

  1. Merci pour cette brève L.D. En la relisant je me suis souvenue d’une brève qui parlait du racisme dans cette série. http://reviewer.lavoixdunord.fr/fr/series/actualites/70637/doctor-who-saison-8-la-serie-est-accusee-de-racisme/
    Je ne connais pas ce livre « Doctor who and race » et ce lien en dit trop peu pour se faire un avis.

    En voyant la photo de Moffat sur ton texte j’ai d’abord cru que c’était le prochain docteur du coup j’ai été vérifier et je suis tombée sur Allociné. Il y a cette partie qui ne présage rien de bon : « Connu pour ses rôles dans The Thick of It, Skins ou encore Torchwood (le spin-off de Who), le recrutement de Capaldi, qui était apparu au début de la saison 4 de Doctor Who, marque l’arrêt du rajeunissement du personnage depuis son retour à l’antenne en 2005 et pourrait être l’occasion d’insuffler une nouvelle dynamique au personnage, devenu trop « Humain » ces dernières années. Et si l’heure était venue de revoir un Seigneur du Temps « à la » William Hartnell, l’arrogant et gentiment antipathique 1er Time Lord ? »
    http://www.allocine.fr/article/fichearticle_gen_carticle=18625923.html

    Bonne soirée.

  2. Je n’avais pas entendu parler de cette affaire, il faut dire que je regarde juste les épisodes et que tout ce qui est autour(news,acteurs…) ne m’intéresse pas.
    Une femme en Docteur ce serait vraiment original mais en même temps je dois avouer que je m’en fous un peu…
    Dès que la personne choisie joue bien, ça me suffit.

  3. J’adore Doctor Who (nouvelle série) et en fonction des épisodes mon coeur balance quant à la place qu’occupent ces ladies dans ces aventures. Parfois l’image est respectueuse et valorisante, parfois très cliché….

    On notera avec grande joie que DoctorDonna était une actrice pas très jeune ni conforme aux canons de beauté, très indépendante et de gros caractère. Une partie du public ne l’a pas trop aimée à cause de ça.

    On s’amusera avec Amy Pond et son mari Rory Pond-Williams et cette rouquine au caractère de feu.

    Et River, le personnage (féminin qui plus est) le plus imposant de la nouvelle série.

    Mais vous avez raison, pourquoi pas une femme docteur?
    Trop brutal, trop avant-gardiste peut-être? trop difficile pour une dame?
    Au moins pourraient-ils y songer pour un épisode spécial/de Noël? Histoire de se faire la main et de tâter le terrain.
    Cela pourrait peut-être même nous sauver la mise : 12 réincarnations possibles pour les Time Lord, et là on arrive au douzième docteur… à moins que le compte ne soit remis à zéro si changement de sexe (et oui un tel bouleversement pensez vous!).

    En tous cas je ne félicite pas mister Moffat pour ses propos digne de nos émérites et zémmouriens journalistes. Quelle déception…

    La science fiction oui mais ne rêvons pas trop loin.

  4. Très intéressant.
    Ça me rappelle que pour la série Sherlock du même moffat l’épisode « Scandale in belgravia » avait été bien décortiqué sur le site ( http://www.lecinemaestpolitique.fr/sherlock-saison-2-episode-1-the-woman/ )comme sexiste lui aussi, plus d’ailleurs que l’œuvre originale de Doyle dont le premier épisode de la saison 2 est fortement inspiré. L’analyse faite de cet épisode est très intéressante. Notons d’ailleurs que les auteurs n’avaient pas l’air de s’interroger sur leur façon de traiter la question du sexisme. Ils ne comprenaient pas ou était le problème et d’ailleurs ne le comprennent sans doute toujours pas.
    Moffat est très très très loin de relever le niveau dans le domaine de la lutte contre le sexisme dans les fictions TV.

  5. Aimant beaucoup cette série, j’aurais aimé en effet que ce Docteur sorte de cette norme d’homme blanc adulte (ainsi je comptais plutôt sur une incarnation féminine : est-ce qu’elle aurait fait du Docteur une femme, ou un homme trans ? Ça soulève des questions qui me semblent enrichir cet univers, bien loin de le massacrer)

    Par petites ou grandes touches, les épisodes scénarisés par Moffat s’avèrent nocifs pour les personnages féminins. Sur ce sujet j’avais aimé cet article : http://stockholm.eklablog.com/les-compagnes-du-docteur-1-independance-et-vie-de-couple-a90230567

  6. On dit qu’il y a deux séries « Docteur Xho », celle qui a commencé en 2005, et celle d’avant. Pourtant, j’ai souvent l’impression qu’il y en a trois.

    -La plus vieille série jamais diffusée.

    -Celle de 2005

    -Celle qu’inaugure Matt Smith, le onzième Docteur, et Moffat le schowrunner qui a succédé à Davies.

    Le changement de politique ne fait pas l’ombre d’un doute:

    – D’abord le changement de Docteur, mais ca c’est dans les moeur, ca fait partie de l’originalité de la série.

    – Mais aussi le changement de TARDIS, qui est quand même plus remarquable !

    – Le changement de logo !

    – Au cours de la saison, même les Daleks ont changé. C’est scénarisé, et j’ai bien aimé la destruction des Dalek « daviessien » qui acceptent leur sort faisant écho aux paroles du neuvième Docteur qui affirmaient « qu’ils se détestaient ».

    Personnellement, j’ai un peu décroché au 11ème Docteur… La série a perdu un peu de sa saveur, et ce n’est pas qu’à cause de Matt Smith. Ca manque vraiment d’auto-référence, j’ai acquis la certitude qu’on ne verras plus jamais Rose Tyler, Martha Jones, Jack Harckness etc…

    Je ne suis pas sûr qu’on reparle de the Unit, de Torchwood et j’en passe…

    Bref, j’ai eut l’impression qu’on avait changé de Docteur, mais aussi, subtilement, de monde. Certaines choses sont logique: bien sur Rose est coincé dans un univers parrallèle et on est pas censé la revoir. Donna Noble ne doit jamais se souvenir du Docteur, ca la tuerais. Mais pour Martha Johnes ? Pour Jack Harckness ?

    On a gardé la liberté de savoir qu’ils existent dans le « Who-univers », mais je reste persuadé qu’ils n’en feront plus jamais référence, même de facon lointaine. Russel T Davies faisait pourtant référence à l’ancienne série, lui ( Sarah Jane Smith)

    Il semblerais qu’ils vont, ou ont déjà tourné, un épisode spécial ou Matt Smith (onzième Docteur), joue aux côté de David Tennant (dixième Docteur). Je serais curieux de voir la bête… Mais j’ai quelques épisodes de retard.

    PS: Je vous sent un peu remonté contre cette excellante série. Mais affirmer que « tout n’est pas à jetté dans le Docteur Who » est un euphémisme… C’est une excellante série, vraiment très progressiste !

    • Il y a effectivement une vraie rupture entre la période Davies et la période Moffat. Personnellement, j’adore les deux pour des raisons très différentes. Davies développait extrêmement bien la psychologie de ses personnages et avait une vraie critique sociale. Moffat par contre a une imagination débordante et distille une vraie magie dans la série (le 1er épisode de noël de la période Moffat est absolument somptueux).

      Néanmoins, Moffat ne fait pas complètement table rase de la période Davies et même de la série originelle. On ne parle plus de Torchwood, mais de fait Torchwood a été détruit dans sa 3ème saison. Par contre, Unit apparaît dans la dernière saison avec en plus un nouveau personnage : la fille du Brigadier qui était un compagnon dans la série originel. Il était fait référence au Brigadier dans la saison 6 avec l’annonce de sa mort (au moment du décès de l’acteur). Il y a également eu de rapides références à Jack, Rose et même Martha.

      Il me semble que Moffat voulait faire intervenir Jack dans l’épisode « A Good Man Goes to War » mais Barrowan était sur le tournage de la saison 4 de Torchwood à ce moment-là. N’oublions pas que Jack Harkness est un personnage imaginé à l’origine par Moffat même si c’était pour Davies. On retrouve pas mal de caractéristiques de Jack dans la période Moffat : le 51ème siècle, le bracelet de téléportation, le pistolet pour percer les murs…

      • Merci pour ces précisions…

        Je m’était persuadé que Moffat c’était attribué l’univers, ceci dit l’épisode spécial « crossover » me donnait déjà tort, et c’est la raison pour laquelle j’étais curieux de le voir.

  7. franchement, ça me ferait marrer que le docteur se réincarne en femme un jour. Déjà ça montrerais que les scénaristes ont les couilles de faire ce qu’ils veulent et je pense que ça donnerait lieux à quelques scènes comiques. Imaginez, le doc est resté un homme pendant ses douze incarnations précédentes, je pense que ça lui ferait bizarre de se retrouver dans un corps complètement différent.

    En plus il me semble que lors de sa réincarnation en matt smith, il a d’abord peur d’être devenu une femme en constatant qu’il a les cheveux propres mais se ressaisit en touchant sa pomme d’adam. C’est ce qui me fait dire qu’on pourrait assisté a des réactions assez amusantes si le docteur changeait vraiment de sexe.

    Rappelons qu’il s’agit d’une des série de SF les plus vastes et les plus barrée de tous les temps. Tout, absolument TOUT est possible et c’est pour ça que je l’adore

    • Je crois que le Docteur a déjà changé de sexe, c’est dans l’épisode où il est avec Rose dans le 14è New York, et où la « dernière humaine » passe son temps à aller d’un corps à l’autre (dont celui du docteur donc me semble-t-il). C’était juste temporaire, mais ça s’est fait.

      • Pour moi ce n’est pas le Docteur qui change de sexe. Cassandra le trampoline humain prend conscience que sa peau n’en a plus pour longtemps et décide de projeter son esprit dans un autre corps. Elle possède d’abord Rose, puis quand le Docteur s’en rend compte et lui ordonne de laisser Rose, elle possède son corps à lui (ils échangent ensuite régulièrement).

        Ce n’est donc pas le Docteur qui s’est retrouvé dans le corps d’une femme mais une femme qui s’est retrouvé dans le corps du Docteur. Lui se trouve relégué dans un coin de son cerveau pendant que Cassandra prend les commandes, mais il est toujours dans son propre corps.

        • Il y au aussi un épisode (celui avec le spationaute) où on rencontre un docteur du futur qui est une petite fille de 6 ou 7 ans.

          • Oui, mais ce n’est pas lui, c’est River Song (si on parle bien du même).

          • ça alors, je suis la seule à me souvenir de Jenny? http://tardis.wikia.com/wiki/Jenny_(The_Doctor's_Daughter)

            Ne lisez pas la suite si vous n’aimez pas les spoilers.

            Elle apparaît dans l’épisode « la fille du Docteur ». Dans cet épisode, le Docteur est cloné malgré lui et son ADN, réarrangé pour obtenir une version féminine et plus jeune de lui-même. Le Docteur commence par l’appeler une « anomalie génétique » (dont son nom, Jenny) mais finit par l’adopter plus ou moins. Elle meurt à la fin de l’épisode mais ressuscite sans que le Docteur soit au courant.

            Le personnage a été critiqué (son manque de personnalité, sa parenté avec le Docteur et sa résurrection étant des caractéristiques de Mary Sue) mais on nous a laissé entendre qu’elle allait revenir. On ne sait jamais, avec un bon scénario et une personnalité plus travaillée, elle pourrait devenir un personnage intéressant.

  8. Je rejoins Victo sur la plupart de ses considérations.
    J’ai découvert la série avec Matt Smith, et comme France 4 est en train de rediffuser les anciens épisodes (de la nouvelle série), ça me permet de faire connaissance avec le docteur 9 (Eccleston) et le 10 (Ten… nant).
    De la saisons 1 à la saison 5, on « revoit » d’anciens personnages, alors qu’effectivement, ils auront totalement disparu dans les saisons 5, 6, 7. Or c’étaient des personnages attachants. Bon d’accord il faut bien renouveler, mais on aurait pu avoir au moins des références, à défaut de leur présence. Ainsi, quand 11 épouse River, c’est quand même toujours le même docteur que le 9 (et précédents) et donc j’aurais bien vu l’image fugace de Rose lui traverser l’esprit, car ça a tout de même été un personnage très fort dans sa vie, on a eu des scènes beaucoup plus prenantes et émouvantes entre Rose et le Docteur (surtout Eccleston, sombre et romantique à souhait !) qu’entre River et 11. Et même, quand le Docteur, est avec Rose, il sait montrer une grande tendresse envers Sarah Jones.
    Ces références à des personnages passés donnent beaucoup d’humanité à l’histoire, alors qu’ensuite, avec Moffiat (que pourtant j’aime beaucoup) on a plutôt une suite d’aventures juxtaposées les unes aux autres le temps de quelques saisons, sans lien avec « avant » (si ce n’est un alien ou 2 déjà vus, qui refont surface).

    Je n’ai pas du tout le même ressenti que d’autres personnes ici concernant le côté misogyne (ou autre) « miso ») de la série, mais je ne m’embarquerai pas dans une contestation argumentée, mon message étant déjà long 😉

    Concernant un docteur femme, moi ça ne m’irait pas cmais c’est une question de continuité du personnage : je suis attachée au fait que ce soit toujours le même docteur, avec certes un caractère propre au corps qui lui est imposé, mais avec, en toile de fond, toujours sa personnalité profonde, issue de Gallifrey. Or quel qu’il soit jusqu’à présent dans la nouvelle série, et pour ce que j’en sais, également pour plusieurs docteurs de’ l’ancienne série), le Docteur a un côté à la fois sombre romantique, mais aussi clown, déjanté, clownerie qui me fait beaucoup plus rire quand elle est le fait d’un homme (ou d’un petit garçon, ou d’un humoriste) que d’une femme (ou petite fille, ou humoriste femme).
    Attention, je ne dis pas que cette « clownerie » soit génétique, c’est sûrement une affaire de société, mais c’est mon ressenti . Un homme qui se lâche me fait rire, une femme qui en fait autant, ça me parle moins).

    Quant au registre de l’émotion (qui est une composante essentielle du Docteur) : un Docteur romantique et ému, parfois sombre, ça me parle plus qu’une Doctoresse (je suis contre le féminin docteure, qui veut en fait singer phoniquement le masculin docteur). Sans doute parce que je suis une femme, et qu’un homme qui pleure m’émeut plus qu’une femme qui en ferait autant.
    Un Docteur femme, ça voudrait donc dire changer considérablement le caractère du personnage, et même pratiquement toutes ses composantes de caractère, lor j’aime le Docteur tel qu’il est, parfait héros romantique selon moi, à la fois en souffrance, en errance, et en action. Il me fait un peu penser à Ulysse, comme l’a dit assez justement je trouve une personne sur un forum

    Ouh la la… excusez-moi pour la longueur ; en plus j’ai un clavier infernal, avec plein de lettres qui sautent ) J’espère ne pas être trop illisible…

    • Si je résume, tout dépend si on veut pouvoir fantasmer sur le personnage ou pas… Je me demande alors comment font les garçons/hommes qui regardent cette série pour apprécier le Docteur.
      Pour moi, Dr Who c’est de l’intelligence, du panache, de la classe, de l’énergie. Du coup, qu’ille soit une femme ou un homme ne change rien. J’ai trouvé très convaincante l’interprétation de Catherine Tate en « Doctor-Donna » à la fin de la saison 4 : il faut dire que cette actrice a un charisme hors du commun, et qui trouvait son égal chez David Tennant en face.

    • Emsi,vous décrivez avec beaucoup de justesse ce que je ressens moi-même. Et sur la différence de traitement entre les ères Davies et Moffat, et sur le pourquoi « un » Docteur.
      (je ne rejoints juste pas le fait d’accrocher à l’humour en fonction de qui joue cet humour, femme ou homme).
      Si je suis très très intéressée par les questions de féminisme et la sous-représentation des femmes dans la fiction… je crois que je ne voudrait pas non plus d’un Docteur femme. Comme vous, je vois dans le Docteur un personnage romantique, sur lequel je fantasme (comme une petite fille sur le prince charmant hein). Je m’identifie beaucoup plus à Rose et Martha en fait, et à leurs sentiments pour le Docteur. (J’aime aussi des personnages comme Donna et Amy qui n’éprouve pas d’attirance pour lui, ça serait énervant si elles étaient toutes folles de lui).

      (j’espère que mon message ne passera pas inaperçu 6 mois après… ^^).

      Dans l’article principal : beaucoup des choses novatrices (Martha médecin, Donna super caractère, Captain Jack super dragueur (j’adooooooooore Jack, je regrette trop qu’on ne le voie plus)) sont majoritairement des avancées de l’ère Davies. Moffat est très gay friendly, et intègre pas mal de persos gays, et ça c’est bien, mais j’avoue que l’article fait ressortir des problèmes vis à vis des femmes par contre que je n’avais pas relevé. Gasp !

  9. Je parlais juste de mon ressenti à moi, et pourquoi je vois ce personnage plutôt dans l’enveloppe d’un homme (quels que soient ses penchants affectifs ou sexuels, ça je m’en fiche totalement). J’ai dit qu’il me faisait penser à Ulysse, c’est peut-être ce qui inconsciemment fait pencher ma balance perso. Le panache (ça oui, c’est certainement une des caractéristiques du docteur) est quelque chose que j’associe là encore plutôt au masculin( quel que soit ce masculin à l’intérieur encore une fois, ça je m’en fiche). C’est un mot souvent associé à ces aristocrates qui montaient à l’échafaud en fanfaronnant, histoire de bien montrer une dernière fois leur différence d’avec ce qui était pour eux le commun des mortels. C’est ce côté fanfaron qui me fait le voir plutôt en homme, mais je suppose que le concept de la série pourrait tout à fait fonctionner avec une femme : son caractère et ses façons de réagir seraiient alors différent(e)s, mais bien sûr pas son intelligence…

    • et pourquoi je vois ce personnage plutôt dans l’enveloppe d’un homme (quels que soient ses penchants affectifs ou sexuels, ça je m’en fiche totalement).

      Je parlais des spectateurs, pas du docteur.

      C’est un mot souvent associé à ces aristocrates qui montaient à l’échafaud en fanfaronnant, histoire de bien montrer une dernière fois leur différence d’avec ce qui était pour eux le commun des mortels.

      Cette référence à elle seule résume tout : une conception homme/femme qui date d’y il a plusieurs siècles 🙁

      son caractère et ses façons de réagir seraiient alors différent(e)s, mais bien sûr pas son intelligence…

      Mais pas assez intelligente pour faire des jeux de mots, se croire un tant soit peu supérieure face aux situations ou aux adversaires, souffrir parce qu’elle a le sens du devoir ou des obligations à remplir. Bref, avoir un caractère intéressant.

      • Si Emsi suit les premières saisons par la rediffusion de France 4, alors il/elle n’as pas encore vu Docteur/Donna qui est effectivement LA référence en matière de Docteur féminin. ^^

        Moi aussi, cette image m’a sauter aux yeux en imaginant un Docteur féminin. Finalement, je pense que c’est le cas de tout ceux qui ont suivis cette série.

  10. Concernant le lien vers la littérature jeunesse :
    Je tiens à dire que j’ai eu une éducation à l’aide, entre autres, mais pas que, de ces livres genrés (ménage, camion, …) Pourtant, aujourd’hui, je suis un homme, je hais les voitures, les véhicules en général, et je suis bien plus souvent à la popote que mes deux colocataires femmes.

    A l’inverse, je connais des cas qui sont exactement du type inverse. L’éducation ne se limite pas à ces bouquins, elle forme un tout entre des millers/millions de choses.

    Une solution universelle : si le/la libraire vous casse les noix à vouloir vous orienter vers une lecture quelle qu’elle soit, présentez à ses dents votre genou, et choisissez vous-mêmes. Vous êtes des adultes.

    Pour Doctor Who, encore une fois, laissez les créateurs décider de leurs choix artistiques eux-mêmes. Si ça vous rend rongnongnon de voir Louis La Brocante incarner votre docteur favori, vous faites comme les détracteurs de Ben Affleck concernant Batman, vous passez votre chemin.

    Nombre de séries vous intéresseront davantage, et seront plus à la pointe de vos idéaux.

    Ps : Regardez le documentaire « FEMEN : Au fond du trou, mais creusent encore. » Un régal.

  11. Au delà de la dimension politique de la série (ou en deçà, selon le point de vue), il est assez naturel de comparer les premières saisons aux dernières. Il s’agit de la même série quand même…

    Vu que Emsi est d’accord avec moi, et quoique Yael nuance, à raison, mon jugement, je répète ce que j’ai déjà dit. Moffat manque d’autoréférence. Je ne sait pas… La méta-intrigue est moins basé sur les personnages, plus sur les évènements. L’effet rendu n’est pas le même. J’ai sincèrement cru qu’il effaçait le travail de Davies pour s’approprier l’univers. On m’affirme que ce n’est pas le cas… Dans ce cas il y a un talent différent, qui, pour moi, est moindre.

    Car j’ai tout simplement décroché de la série. Oui j’ai suivi votre conseil, sans réel conscience. Je ne me suis pas dit « aujourd’hui je ne regarde plus Docteur Who », ca c’est fait comme ca, et d’ailleurs si on me met devant un épisode de Moffat, ou que je tombe dessus par hasard, je risque de le regarder. Mais ce n’est plus la recherche d’épisode, je ne cherche plus à acheter les dvds, ni a dénicher les films sur internet.

    Pour ce qui est de l’article, je doit dire qu’il convient de lui préférer le lien qu’à donner Nîme, bien plus objectif et/ou précis (et pourtant tout autant orienté politiquement… comme quoi…). Je le répète ici : http://stockholm.eklablog.com/les-compagnes-du-docteur-1-independance-et-vie-de-couple-a90230567

  12. Euh… ben moi je décroche d’ici, tout simplement, parce que je venais avec des mots tout simples, dire des choses dont je ne faisais en aucun cas une leçon ni une argumentation, et que je me retrouve face à des réactions très euh… comment dire… doctorales (hum, surtout qu’on ne mette pas de sens politique derrière le mot « réaction » : je l’emploie dans son sens le plus basique)

    Sinon, oui encore d’accord avec toi Vico (et merci pour ta sérénité !)

    Et enfin, : je me suis peut-être trompée, je pensais avoir lui ici quelque chose sur Jenny la « fille » du Docteur, qui, si on se rappelle la fin de l’épisode « la fille du docteur », s’en va dans sa navette pour « sauver les planètes et défendre les cultures menacées ». Si on ajoute qu’elle a 2 coeurs, n’est-elle pas un Docteur femme, finalement ? J’espère que les gens qui font la série penseront à elle, ce qui d’ailleurs pourrait bien se faire carils aiment les imbrications de la viee dans la vie Whovienne : Tennant pour le number 10; Matt Smith dont le nom est aussi celui du Docteur quand il se donne un patronyme (pardon, peut-être un matronyme, au fond on n’en sait rien, mais ici je préfère prendre mes précautions de langage, aïe aïe aïe), alors avoir au générique la fille du Docteur, devenue sa femme, et sachant que par ailleurs elle est aussi la (vraie cette fois) fille d’un acteur ayant joué le Docteur, ça pourrait les tenter !!!

    Bon, ben sur ces paroles fort peu intellectuelles (je ne suis pas au niveau) je vous dis au-revoir, du fin fond de mon grand âge révélé par mes paroles sur l’aristocrate fanfaronnant sur l’échafaud. Aaaah, hélas, je crains d’avoir trop vu de films de cape et d’épée. Mais comme le dit mon arrière-arrière-arrière-arrière-petit fils en tendant son assiette devant un gâteau familial pour voir sa part : s’il te plaît, j’en veux » trop ». Car il a bien compris que « trop », c’est parfois si délicieux…

  13. PS ; oui en effet Victo, merci pour cette réflexion sur la façon dont je suis les épisodes. J’ai découvert récemment Donna, et je l’aime beaucoup, et j’aime le rapport qu’elle a avec le Doceur. C’est vrai que je « remonte » la série, l’ayant découverte avec Matt Smith, et donc je trouve sympa et bien différent le binôme 10 Donna. Sauf que je ne vais pas développer ici, car mes réflexions sont très basiques, et qu’on les interprète d’une façon que je ne comprends pas, n’ayant pas le dictionnaire adéquat.
    J’aime beaucoup le message de Flavine Morin.
    Bon allez cette fois, j’y vais,

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