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Bee Movie : Désamorcer l’anti-spécisme à coup d’arguments spécieux

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Ce film d’animation, sorti en 2007, a ceci d’original qu’il aborde de façon frontale la question du spécisme, qui à mon avis mérite largement d’être discuté, vu son omniprésence dans notre société.

Le spécisme, dixit Wikipédia, c’est « la discrimination arbitraire fondée sur le critère d’espèce. Le spécisme conduit à accorder moins d’importance aux intérêts des animaux non humains par rapport à ceux des humains. […] Ce mot a été forgé au début des années 1970 par analogie au racisme (discrimination arbitraire fondée sur la notion race) et au sexisme (discrimination arbitraire fondée sur le sexe). Il a été popularisé à la fois par des universitaires réfléchissant au statut moral des animaux et par des militants animalistes. Les opposant-e-s au spécisme, les antispécistes, soutiennent que l’espèce n’a en tant que telle aucune pertinence morale. Les partisan-e-s du spécisme soutiennent le contraire, sur différentes bases. »

Également, Peter Singer précise, dans son livre La Libération animale :

Je soutiens qu’il ne peut y avoir aucune raison — hormis le désir égoïste de préserver les privilèges du groupe exploiteur — de refuser d’étendre le principe fondamental d’égalité de considération des intérêts aux membres des autres espèces.

Je reviendrai sur ces deux idées un peu plus tard, en relation avec le film.

Voici le synopsis du film, de Wikipédia:

Fraîchement diplômée, une abeille connue sous le nom de Barry B. Benson perd ses illusions à la perspective de n’avoir qu’un seul plan de carrière : fabriquer du miel…

Alors qu’il s’aventure hors de la ruche pour la première fois, il brise l’une des règles fondamentales du monde des abeilles : il adresse la parole à un humain : une fleuriste de New York, Vanessa.
Il est choqué de constater que les humains volent et mangent le miel que produisent les abeilles, et ce depuis des siècles !
Il se donne alors pour mission d’assigner la race humaine en justice pour vol de miel et de faire respecter les droits des abeilles.

Ce film me semble comporter de nombreuses idées assez discutables, notamment sexistes, classistes et militaristes. Je vais essayer dans cet article de me concentrer quasi-uniquement sur les aspects spécistes (et parfois anti-spécistes, comme nous le verrons) du film.

Il me semble qu’il est possible de diviser ce film en quatre parties:

  1. La prise de conscience de l’exploitation par les abeilles

  2. Le procès de l’humanité, exploiteuse des abeilles

  3. Les abeilles se rendent compte que c’était une erreur de forcer les êtres humains à arrêter de consommer du miel (le ressort utilisé pour justifier ce retournement est plus que discutable, comme nous le verrons)

  4. Les abeilles réparent leur « erreur » et se remettent, avec quelques aménagements, à produire du miel pour les êtres humains.

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Un début de critique intéressante…

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Le film nous montre donc dans un premier temps et de manière assez intéressante la prise de conscience par Barry B. Benson de l’exploitation des abeilles par les êtres humains. Ainsi, nous apprenons avec ce film que les êtres humains manipulent les abeilles en leur volant leur reine, ce qui les force à s’installer dans des ruches pré-fabriquées par les êtres humains (pour faciliter leur accès aux abeilles et donc au miel). Également, afin de pouvoir voler en toute impunité les abeilles, illes les torturent avec de la fumée.

vlcsnap-2014-03-01-13h28m19s22 vlcsnap-2014-03-01-13h28m42s248« Non mais attend, c’est quoi ce truc d’esclavagiste? »…

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vlcsnap-2014-03-03-15h58m11s162 vlcsnap-2014-03-01-13h29m09s84 vlcsnap-2014-03-01-13h29m52s24 vlcsnap-2014-03-01-13h30m25s101 vlcsnap-2014-03-01-13h30m15s11Torture, pillage, vol, exploitation massive…ouais, un truc d’eclavagiste, en effet!

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L’idée centrale, dans cette première partie du film, est relayée par la bouche de Vanessa, lorsque son copain, lors d’une crise de jalousie, essaye de tuer notre héros, Barry: « Pourquoi sa vie aurait moins de valeur que la tienne? »

C’est l’idée qui est au cœur de l’anti-spécisme, à savoir refuser l’idée que la vie (et donc les intérêts et les souffrances) d’un être d’une espèce autre que la nôtre aurait intrinsèquement moins de valeur.

Le film semble donc dans un premier temps prendre cette idée au sérieux et met en scène le procès de l’humanité, attaquée en justice par les abeilles, avec comme chef d’accusation l’exploitation d’une espèce entière dans le but de s’approprier les fruits de son travail (son miel). Le film nous apprend que les humains n’ont absolument pas besoin de miel pour survivre (ce qui est bien sûr vrai), alors que pour les abeilles le miel est le moyen de subsistance.

Ce que le film ne nous apprend pas, et qu’il est assez intéressant de noter, c’est le détail des effets qu’a cette exploitation sur les abeilles. En effet, pour pouvoir (continuer à) voler le miel aux abeilles, les humains le remplacent par un produit sucrant de mauvaise qualité, juste en suffisamment de quantité pour que les abeilles puissent survivre et continuer à produire du miel. Le résultat de tout ça, c’est que les abeilles travaillent environ deux fois plus dur (pour compenser le miel volé), et ont une espérance de vie réduite.

Si ce sujet vous intéresse, et que vous êtes anglophone, je vous recommande cette page http://www.vegetus.org/honey/honey.htm, qui me semble assez complète au niveau de l’exploitation humaine des abeilles, des ressorts utilisés, des arguments qui prétendent justifier l’exploitation, ainsi que les conséquences concrètes de cette exploitation sur les abeilles.

Dans Bee Movie, les « fermes » de ruches sont montrées comme de véritables camps de torture, et la fumée utilisée pour « calmer » les abeilles est montrée comme une arme de tortionnaire. La souffrance des abeilles est mise au même plan que la souffrance des êtres humains, et la ruse de l’avocat diabolique d’en face est montrée comme rien de plus qu’une mystification risible et manipulatrice.

Ceci dit, ses mots de défaite vont s’avérer prophétique dans ce film: « Ceci est une perversion profane de l’équilibre de la nature…vous le regretterez! »

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…et puis, afin de désamorcer cette critique,

un ressort scénaristique des plus bidons

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En effet, une fois le procès gagné et le miel rendu aux abeilles, celleux-ci n’ont plus aucun intérêt à travailler, et sombrent dans la décadence la plus absolue. Passons l’incohérence monumentale du scénario sur ce point (l’idée que les abeilles s’arrêteraient de produire du miel à partir du moment où les êtres humains cesseraient de le leur voler est évidemment tout à fait absurde, vu que les abeilles consomment le miel qu’elles produisent), et concentrons-nous sur les conséquences de ce point dans le film (qui sont elles aussi totalement incohérentes).

Les abeilles, ayant arrêté de travailler, ont également arrêté de polliniser, et donc le monde court à la catastrophe! Toutes les fleurs meurent! C’est l’apocalypse florale, tout ça à cause de l’égoïsme de ces maudites abeilles!

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Ce ressort scénaristique est aussi absurde que faux. Les abeilles ne sont pas les seuls insectes qui pollinisent; les bourbons, les guêpes, les mouches, les papillons etc. font tous ça aussi. Qui plus est, il existe beaucoup d’autres espèces d’abeilles qui ne produisent pas ou très peu de miel, et qui pollinisent aussi.

Bon, je suis bien évidemment sensible à l’argument qui dit qu’il ne faut pas prendre tout ça à la lettre, et que l’idée générale c’est que les abeilles auraient autant besoin de nous (qui leur volons leur miel) que nous avons besoin d’elles (qui nous pollinisent « nos » champs et « nos » fleurs).

Malheureusement, même pris à ce niveau d’abstraction, je ne vois pas en quoi l’argument est pertinent. Cela me semble vouloir déguiser une relation qui est clairement d’exploitation en relation de complémentarité. Où est la complémentarité? Même s’il était vrai que les abeilles arrêteraient de polliniser si nous arrêtions de leur voler leur miel (ce qui est, encore une fois, totalement absurde), en quoi cela justifierait-il notre exploitation des abeilles?

Juste une parenthèse ici pour dire que c’est un point du film qui me semble potentiellement assez complexe. Car comme tout film où nous avons affaire à des animaux anthropomorphisés, il est possible de lire l’histoire soit littéralement (nous avons affaire à des animaux), soit allégoriquement (nous avons affaire à des êtres humains).  Ce film me semble amener plutôt une lecture littérale, car il parle explicitement de la relation des êtres humains aux abeilles, qui prend en compte des paramètres réalistes, alors que par exemple un film comme Le Roi Lion me semble bien plus allégorique, vu qu’aucune réalité animale n’est abordée, et qu’en plus aucun-e être humain n’est présent.

Après, je trouve tout de même que les deux lectures sont possibles, étant donné que toutes les abeilles sont aussi anthropomorphisées, et d’ailleurs je trouve que tout le côté archi-sexiste du début (avec esthétique rétro-années 50 à l’appui, les parents de Barry hyper-stéréotypés, Barry qui cherche à impressionner les filles au début…), ainsi que le côté militariste du film peuvent largement amener une lecture plus allégorique. Je dirais la même chose pour le côté « l’abondance amène à la décadence » (une fois le miel rendu aux abeilles), qui peut être à mon avis aussi bien lu d’une façon spéciste (sans nous les humains pour voler leur miel, les abeilles courent à leur perte) que d’une façon classiste (les humains sont les patrons, les abeilles les travailleurs, et les travailleurs faut les faire travailler pour leur bien sinon c’est la décadence).

Je pense d’ailleurs que la lecture allégorique du classisme se tient largement, tellement les dialogues et les images, une fois que la domination des humain-e-s a pris fin, me semblent aller dans ce sens.

vlcsnap-2014-03-03-16h05m06s253 vlcsnap-2014-03-03-16h05m28s198 vlcsnap-2014-03-03-16h05m44s95 vlcsnap-2014-03-03-16h05m51s188 vlcsnap-2014-03-03-16h06m04s63 vlcsnap-2014-03-03-16h06m22s245 vlcsnap-2014-03-03-16h06m34s104Et oui, une fois les patron-ne-s disparu-e-s, les travailleurs-euses ne savent plus quoi faire de leurs vies…

Je ferme la parenthèse.

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L’équilibre naturel”, “l’inter-dépendance”: des escroqueries naturalistes qui alimentent le spécisme.

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Le film invoque donc l’idée « d’équilibre naturel » pour justifier cette exploitation. Cette façon d’invoquer « la nature » pour justifier une oppression n’est pas nouvelle (comme on l’a vu avec bon nombre d’autres articles sur ce site, c’est une ruse récurrente des systèmes patriarcaux, racistes, aphrodistes etc.), mais elle peut paraitre plus « justifiée » en ce qui concerne nos relations aux animaux.

Nous vivons dans une culture qui, depuis notre plus jeune âge, nous apprend que les animaux sont inférieurs à nous (moins « évolués », ou moins « intelligents », ou « ne possèdent pas le langage »… ne sont que quelques-unes des raisons invoquées1), et qu’il va donc de soi que nous avons le « droit » de nous en servir comme bon nous semble (c’est-à-dire de les exploiter, les utiliser pour notre plaisir, les tuer, en faire des animaux de compagnie, les torturer massivement au nom de “la science”, etc.). En effet, nous apprend-on, une souffrance animale n’est pas réellement une souffrance, et ne doit donc pas être prise en compte dans nos rapports avec les animaux, ou en tout cas certainement pas au même niveau que la souffrance d’un être humain.

Dans le film, l’argument de l’infériorité me semble invoqué dès le jeu de mot présent dans le titre du film, qui joue en anglais sur le fait que les B-movies étaient très souvent considérés comme inférieurs car ne bénéficiaient pas du même financement que les autres films (une belle logique capitaliste comme on les aime). C’était des sortes de sous-classe de films. Cette blague (mettre un “b” devant certaines choses pour les dévaloriser) est utilisée à plusieurs moments tout au long du film.

Le film nous invite à rigoler d’une société d’abeilles un peu ridicule, où tout est en accéléré, tout est régimenté, et surtout où tout le monde à l’air content et heureux de vivre la vie toute tracée que leur impose Honex, une sorte de méga-entreprise un peu flou, qui semble à mi-chemin entre une entreprise capitaliste, et une sorte d’état-coércitif-stalinien2.

Également, l’esthétique années 50 me semble aller dans ce sens, en participant à cette image d’une société un peu arriérée, inférieure, où les individu-e-s sont défini-e-s par leur travail, érigé en véritable instinct chez les abeilles3.

Or notre héros (auquel le film nous invite à nous identifier) tente précisément de s’émanciper de ça. Contrairement aux autres abeilles qui sont contentes de vivre cette existence monotone et déterminée à l’avance, il veut choisir lui-même son destin, et donc être libre comme les humains. Il rencontrera d’ailleurs une humaine avec qui il deviendra ami (s’opposant ainsi à une des règles fondamentale qui régit le monde des abeilles), preuve qu’il est un peu plus qu’un simple abeille, une abeille supérieure aux autres car partageant quelque chose avec les humains.

Par ce portrait des abeilles comme inférieures aux humains, le film est donc dans la droite lignée des arguments spécistes, qui justifient l’exploitation des animaux par les êtres humain-e-s (les animaux sont inférieurs à nous, donc ce sont nos outils).

Mais ce n’est pas le seul argument qu’il utilise. Comme je l’ai dit, Bee Movie explique aussi que les humains et les abeilles serait dans une “relation d’indépendance” ou “symbiotique”. Cet argument spéciste voudrait qu’en fait nous « protégeons » les animaux, en leur enlevant leurs prédateurs (plus de renard pour la poule, plus de loups pour les cochons etc.), et que nous nous occupons d’elleux, et qu’illes nous le rendent bien avec leur travail ou leur vie. Ce n’est donc pas une relation d’exploitation, mais une relation égalitaire basée sur la réciprocité.

C’est notamment un argument qu’on peut lire dans un livre tel que « Vivre avec les animaux » de Jocelyne Porcher, qui se positionne entre autre contre l’élevage à grande échelle et les conditions dans les abattoirs, mais se positionne également contre une remise en cause en soi de la relation « d’inter-dépendance » (que les anti-spécistes appelleraient exploitation) entre les humain-e-s et les animaux.

Je trouve plusieurs gros soucis à cette notion “d’inter-dépendance”, mis en scène notamment dans ce film.

Le premier, c’est qu’il occulte le but dans lequel on “protège” ces animaux : consommer le produit de leur travail ou leur chair (ce qui implique leur mise à mort). A celleux qui dirait « oui mais illes vivent plus heureux et dans de meilleures conditions », je répondrais que le même argument a été utilisé par certains esclavagistes (contre d’autres), à savoir que « leur » esclaves souffraient moins que d’autres et vivaient dans des meilleures conditions, ce qui servait à justifier leurs pratiques.

L’idée ici n’est pas de dire que cet argument est donc nécessairement faux en soi, mais que cet argument ne remet pas en cause le rapport esclavagiste que nous avons aux animaux, et est donc, pour moi, très problématique, car il revient à créer des nuances dans l’exploitation, une exploitation étant “moins pire” qu’une autre, “plus humaine” etc. Pour moi, une “exploitation plus humaine”, il y a un moment où ça n’a pas de sens.

Le deuxième souci avec cet argument, c’est qu’il refuse de considérer les intérêts des animaux indépendamment des besoins (ou plutôt des désirs) des êtres humains. La principale raison évoquée pour défendre ceci me semble être un argument traditionaliste à base de « mais les êtres humains ont toujours eu des relations de travail avec les animaux ». Autrement dit, une oppression (c’est moi qui appelle ça une oppression, on est d’accord) d’aujourd’hui se justifierait par une même oppression hier. C’est une façon de penser que je trouve hautement problématique, et qui encore une fois me semble surtout vouloir justifier et défendre des privilèges et/ou des désirs culinaires (et non pas des besoins donc, car il est tout à fait possible de vivre sans manger les animaux ou les exploiter pour leur travail4).

J’ai même entendu des gens qui parlaient de « tuer les animaux dans le respect », l’idée étant que si l’on « a bien traité » un animal, qu’on l’a « protégé », soigné etc., alors nous avons droit de décision sur la vie ou la mort de cet animal.

J’oppose cette notion à l’idée de tuer un animal parce qu’il souffre trop (l’euthanasie), car ça n’a rien à voir. Les gens qui parlent de « tuer dans le respect » parlent bien sur de tuer pour consommer, donc illes mettent explicitement leurs intérêts avant les intérêts de l’être sensible qu’illes ont en face d’elleux. Cet argument se résume à dire « bin moi j’ai mis du travail dans l’entretien de cet animal, donc j’ai le droit de le consommer ».

Pour moi, ce genre d’argument n’est pas grand chose de plus qu’une justification d’un comportement basé sur l’exploitation et le privilège. S’il suffisait d’avoir mis du travail dans l’entretien d’un être sensible pour justifier son droit de consommer sa chair, l’on pourrait très bien justifier par là le droit de manger ses propres enfants. Or, bien entendu, l’idée même est reçu avec dégoût et rejet, car en tant que société nous reconnaissons que la vie d’un-e enfant a de la valeur. Mais apparemment la vie d’un-e enfant de vache, ou de cochon, ou de poule…n’en a pas, quand bien même ce sont des êtres tout aussi sensibles qu’un enfant humain.

Je me permet ici une rapide digression par rapport au film, mais il me semble clair que les arguments naturalistes ne s’arrêtent pas là, bien entendu. Un des autres mécanismes du naturalisme (appliqué au spécisme), c’est de justifier nos pratiques d’exploitation des animaux par les pratiques de certaines tribus et peuples. Notre exploitation des animaux serait alors justifiée en filigrane par le fait que sous certaines conditions, l’utilisation des animaux seraient nécessaires à la survie des êtres humains.

Mon but ici n’est pas de condamner ou de faire le colon blanc qui vient expliquer aux “autres” comment vivre leur vie. La seule chose qui m’intéresse dans cet argument, c’est pourquoi elle est évoquée lorsque l’on cherche à questionner le rapport que nous avons aux animaux dans notre société. Il me semble, tout simplement, qu’elle est invoquée pour créer un écran de fumée, un déplacement du problème.

Car en effet, lorsque l’on cherche à questionner le rapport que nous avons aux animaux, c’est bien entendu notre rapport, et non pas le rapport des “autres”, qu’on cherche à questionner. Donc dans notre contexte, invoquer un argument naturaliste (“c’est le rapport naturel des humains aux animaux”), c’est pour moi une technique pour éviter la question, à savoir son rapport “ici et maintenant” aux animaux et leur souffrances.

Qui plus est, cet argument comporte très souvent un biais ethno-centriste et raciste, qui consiste à réduire certains peuples et tribus à des sociétés sans évolutions, sans histoires, sans complexités, en un mot “primitives”. En effet, les tribus et peuples “indigènes” sont très souvent invoqués car ils sont censés être garants d’un rapport “naturel” aux animaux, qui n’aurait pas changés depuis la nuit des temps, car se sont des tribus “primitives” qui vivraient “plus prêt de la nature”.

Pour une critique un peu plus détaillé de ce mécanisme et pourquoi il est problématique, voir l’article sur Pocahontas.

J’arrête là ma digression 🙂

Il me semble assez clair que cette notion “d’inter-dépendance” invoquée par ce film, et les a priori naturalistes desquels elle découle, ne sont en fait qu’une grosse mystification qui vise à légitimer une exploitation.

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Dernier rempart du spécisme: refuser aux animaux toute individualité.

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Mais revenons à nos moutons abeilles, qui, rendues léthargiques et décadentes par toute cette abondance, se rendent compte donc que les humains leur volaient le miel pour leur bien (ahh, quels philanthropes ces humains!), et s’empressent de rectifier le tir et d’essayer de réparer le mal qu’elles ont commis!

Pour ce faire, elles vont devoir, non seulement faire preuve d’une discipline militaire (l’armée, c’est chouette!), mais en plus et surtout, retrouver leur condition d’abeille (c’est à dire d’être mue uniquement par une chose, leur instinct), qu’illes ont voulu orgueilleusement quitter (ce qui a déséquilibré l’ordre de la nature). Elles doivent donc “penser abeille” et retrouver leur condition d’espèce, monolithique et homogène.

Dans ses dernières scènes, le film renvoie donc les abeilles à leur espèce. Une des mécaniques du spécisme, c’est de considérer uniquement les membres des espèces non-humaines par rapport à leur espèce. Dans la pensée spéciste, nous n’avons jamais affaire à des individu-e-s avec des intérêts, des sensations, des comportements propres, mais nous avons affaire à un membre indifférencié d’une espèce, qui est mue uniquement par l’instinct (de manger, de boire, de créer un abri, de se reproduire…) de son espèce. Il ne peut donc y avoir aucun problème éthique dans l’exploitation des abeilles, ou des poules, ou des rat-e-s, ou de n’importe quel animal, parce que de toute façon, la seule chose qui compte, c’est l’espèce et uniquement l’espèce.

Dans la pensée spéciste, donc, n’est problématique notre rapport aux animaux uniquement lorsqu’il menace l’existence d’une espèce. L’on peut exploiter, tuer, torturer, dominer les individu-e-s de cette espèce, ça ce n’est pas problématique. Mais à partir du moment où on menace l’existence de l’espèce dans son ensemble (et perçu comme une sorte d’entité en soi), là notre comportement devient tout d’un coup problématique (et encore, que pour certain-e-s). Les animaux ne sont donc jamais considérés comme des individu-e-s indépendamment de l’existence ou de la survie de leur espèce. Un bel exemple de ce genre de raisonnement serait “Ender’s Game” (La Stratégie d’Ender), où l’on nous montre à la fin le personnage principal avec le dernier représentant d’une espèce extra-terrestre, espèce qu’il a aidé (certes sans le savoir) à éradiquer de la galaxie. Nous somme censés croire que le personnage se rachète de son génocide parce qu’il a décidé d’essayer de trouver une nouvelle planète pour cet individu extra-terrestre, pour que celui-ci puisse se reproduire et comme ça l’espèce ne sera pas perdu.

vlcsnap-2014-03-03-16h27m59s131 vlcsnap-2014-03-03-16h28m15s48 vlcsnap-2014-03-03-16h28m28s186Nous, on est juste un instinct et une espèce, rien de plus

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Avec cette fin, le film parachève de désamorcer les idées anti-spécistes contenues dans la première partie du film.

En effet, le dénouement de ce film nous apprend que « la nature » a « un équilibre », « équilibre » auquel il est important de ne pas toucher sous peine de catastrophe. Cet « équilibre » (qu’on pourrait appeler, si on avait envie d’être vulgaire, hiérarchie) est bien fait, car toutes les espèces sont à leur place et (mais c’est une coïncidence, rassurez-vous) les êtres humains sont plutôt bien placés dans le lot (mais bon ils travaillent très dur jour et nuit pour les autres animaux alors ils méritent leur place, hein).

Pour ma part, non seulement je questionnerais donc l’idée « d’équilibre », comme j’ai tenté de le faire dans cet article, mais aussi l’idée de « nature ». Ces deux notions me semblent être des constructions naturalistes5 qui visent surtout à légitimer une domination ou hiérarchie en affirmant que celles-ci sont « bons » car « naturels » ou « en accord avec l’équilibre naturel ».

Si jamais ce sujet vous intéresse, je vous recommande ces deux brochures: http://tahin-party.org/finir-idee-nature.html , qui vise à déconstruire les constructions naturalistes que le spécisme construit pour justifier l’exploitation des animaux, et http://infokiosques.net/lire.php?id_article=260 , qui réfléchit à l’appropriation des animaux par les êtres humains en s’appuyant sur les analyses de Colette Guillaumin sur l’appropriation des Noirs par les Blancs et des femmes par les hommes.

Pour finir, j’ai trouvé la toute dernière scène du film assez énervante, et plutôt révélatrice.

Une vache est venu se plaindre, sur le même mode que Barry au début à propos du miel, qu’elle aussi se fait exploiter. Non seulement je trouve que la scène est plutôt sur le ton du comique ridicule et qu’on est plutôt invité à rire lorsque la vache s’écrie « des fois j’ai juste l’impression d’être un bout de viande », mais en plus Barry se casse immédiatement lorsque Vanessa l’appelle, car elle a besoin de tulipes pour un mariage. Barry, bien sûr, s’exécute immédiatement (en mode militaire, parce que l’armée c’est cool), car, ne l’oublions pas, les intérêts des êtres humains sont au final bien plus importants que ceux des non-humains, surtout lorsque ces derniers sont exploité-e-s…

vlcsnap-2014-03-03-16h35m53s15 vlcsnap-2014-03-03-16h36m19s34Euh oui, très interessant votre problème, mais j’ai mieux à faire moi…

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vlcsnap-2014-03-03-16h37m47s191 vlcsnap-2014-03-03-16h40m31s240 vlcsnap-2014-03-03-16h39m52s120Bin oui, avec mes potes (masculins, bien sûr) militaires (l’armée, c’est cool), faut qu’on aille polliniser des tulipes pour les gentil-le-s humain-e-s avec qui on est en équilibre naturel…

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En conclusion, je trouve que ce film, qui a quand même le mérite d’aborder la question de l’exploitation des êtres non-humains par les êtres humains, tout en en donnant un exemple relativement probant et en ce se plaçant (pour toute la première partie du film) du point de vue des êtres exploités, opère un retournement de veste assez remarquable, qui plus est en usant d’un ressort scénaristique complètement bidon et absurde.

Il est vrai qu’à la fin, le miel doit être « approuvé(e) par l’abeille », ce qui me semble plaider pour un aménagement « plus humain » des conditions de productions animales. Cette idée, sur laquelle le film ne s’attarde pas très longtemps, est à double tranchant.

Certes, d’un côté, les animaux vivent (et sont tués ou exploités) dans des conditions moins épouvantables qu’auparavant. Si le but ultime est de réduire les souffrances animales, alors c’est un (petit) pas dans la bonne direction.

Mais cette idée ne remet pas en cause notre rapport au animaux, ne remet pas en cause cette idéologie naturaliste de « l’équilibre naturel », qui veut que « chaque espèce à sa place et les humain-e-s en haut », et qu’il me semble très intéressant de remettre en cause.

Comme je l’ai dit plus haut, il me semble plus que probable qu’en remettant en cause ces idées naturalistes, on se rendra compte qu’elles sont utilisées dans la justification de beaucoup d’autres rapports d’oppressions, où elles posent les mêmes problèmes éthiques et méthodologiques…

 

Liam

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1Un documentaire intéressant qui passe en revue la plupart de ces arguments est The Superior Human?, disponible en ligne ici http://www.youtube.com/watch?v=mqT82oGeax0

2Je pense d’ailleurs que ce flou est entretenu, comme je l’ai expliqué plus haut, pour jouer un peu sur deux tableaux. D’un côté, cela alimente l’image d’une société un peu arriéré, stalinienne, structuré par “l’instinct” et le travail, mais d’un autre côté, en nous présentant Honex comme une entreprise capitaliste qui fait échos aux méga-corporations que nous connaissons tou-te-s, cela fait aussi échos à notre société, et donc nous fait nous identifier un peu plus à Benson. Je pense que ce flou tient aussi au fait que les abeilles sont antroporphisées, et donc forcément le film joue à au moins deux niveaux. Dans ce qui est la thématique du spécisme, le film marque clairement une opposition nette et radicale entre les humain-e-s et les abeilles. Mais sur d’autres thématiques (notamment le sexisme), cette opposition n’est pas aussi marqué. Par exemple dans la quête de Benson pour être accepté dans le clan des “pollen-jocks” (littéralement, “sportifs du pollen”, qui sont une escouade militaire d’armoires à glace qui sont les garants de la virilité chez les abeilles, et dont l’uniforme, qu’ils enfilent symboliquement à Benson pour l’accepter au sein du groupe, semble être un blouson en cuir (sic) ), nous avons une bonne vieille quête initiatrice sexiste, omniprésent dans le cinéma, d’animation ou pas, comportant des animaux ou pas, et on nous parle bien sûr d’êtres humain-e-s, à ce moment-là.

3Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si en anglais il existe l’expression “worker bee” pour décrire quelqu’un-e qui travaille de manière pathologique.

4“A 2009 review of recent studies indicated that vegan diets tend to be higher in dietary fibre, magnesium, folic acid, vitamin C, vitamin E, iron and phytochemicals, and lower in calories, saturated fat, cholesterol, long-chain omega-3 fatty acids, vitamin D, calcium, zinc and vitamin B12.[5] Well-planned vegan diets appear to offer protection against certain degenerative conditions, including heart disease,[6] and are regarded by the American Dietetic Association, the Australian National Health and Medical Research Council, and Dietitians of Canada as appropriate for all stages of the life-cycle” (cité de la page Veganism de Wikipédia)

5http://tahin-party.org/naturalisme.html

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28 réponses à Bee Movie : Désamorcer l’anti-spécisme à coup d’arguments spécieux

  1. L’argument du monde qui dépérit parce que les humains ont cessé d’exploiter les abeilles me sidère. Quel égo démesuré faut-il avoir pour se donner une telle importance ?
    Le film a l’air intéressant (rien que pour le fait qu’il parle des abeilles, alors que quand on est appelés à ressentir de l’empathie envers des animaux, ça concerne en général des animaux plus « mignons ») mais je me prépare à grincer des dents en le regardant 😀

    • après personnellement j’ai trouvé le film plutôt réussi, dans le sens où les blagues sont drôles, l’histoire avance (avec quelques petites longueurs quand même) et les personnages sont « sympas », donc j’ai plutôt pris du plaisir esthétiquement.
      politiquement, bien entendu, c’est tout autre chose 🙂

  2. Le même égo que la pléthore d’anti-végé qui clament que si on arrête d’exploiter… pardon, d’élever le bétail, ils vont nous envahir, ou disparaitre, ils ne savent pas se mettre d’accord.

    En tout cas, même si je trouve qu’il manque un peu de développement de quelques points intéressants (comme la masculinisation des « ouvrières », l’anthropomorphisme, et bien d’autres ressorts), et que de toute façon ce sujet est au moins aussi vaste que l’anti-sexisme et les luttes féministes, c’est un article courageux et assez synthétique des ressorts communs et sophismes propres aux carnistes et autres spécistes fiers d’être en haut d’une chaine alimentaire complètement naturalisée et romancée alors que ce sont les mêmes qui clament ne pas être des animaux comme les autres.

    Et content d’entendre ici parler de Jocelyne Porcher, qui tout comme Lestel entre autre (dans Apologie du carnivore) distillent des concepts mystificateurs justifiant un appel au welfarisme (néo ou pas, ça ne change rien de mon point de vue (*)) le plus militant, alors qu’il n’est jamais question de remettre en question le fait de tuer un animal, de le manger, de le considérer comme une marchandise, un bien, voire un « minerai » (de viande, comme disent aujourd’hui les industriels de l’alimentation), et perpétuer cette tradition parfaitement culturelle de n’avoir que des masses d’espèces naturelles (alors que le concept d’espèce est aussi établit, poreux et fluctuant que celui de classe sociale)

    A Jocelyne Porcher (chargée de recherche à l’INRA) je lui préfère largement Florence Burgat (directrice de recherche à l’INRA également) d’une rigueur d’argumentation qui impose le respect, et qui soulève des questionnements philosophiques et sociales de premier ordre (elle participe entre autre à la rédaction de la Revue Semestrielle de droit animalier)

    (*) Le néo-welfarisme voudrait dépoussiérer le welfarisme (bien traitance maximale -idéalement zéro souffrance-, sans remettre en question exploitation ni abattage), en y ajoutant l’idée qu’à terme, avec cette avancée des considérations, on obtiendra facilement l’arrêt de l’exploitation et la consommation des animaux, en prétextant que les revendications et luttes pour la libération animale sont trop « grandes » pour être acceptées et que donc ce message est inefficace ou en tout cas donnera des résultats bien moins vite que le néo-welfarisme.

    Ceci me pose 2 problèmes :

    -Ceci sous-entend que ces deux discours sont parfaitement opposés en terme d’efficacité, et même s’ils sont difficilement compatibles en terme de message militant, on devrait à mon sens néanmoins les étudier conjointement pour trouver de nouveaux axes d’études des implications sociales et philosophiques, et ainsi promouvoir des solutions concrètes d’accompagnement d’un changement de vision, des rapports avec les animaux, et de ce qui devrait être considéré comme nécessaire à la société, ainsi que le rapport à l’emploi, l’écologie, la santé, l’exploitation du « tiers-monde », etc… (sujet aux ramifications vertigineuses donc)

    -Ceci donne également à penser qu’un « mieux » en terme de considération animale et de traitement dans les élevages, le transport et les abattoirs est possible.

    De mon point de vue il n’en est rien : il est aujourd’hui de plus en plus difficilement caché par les industriels et les médias (souvent manifestement partiaux) le fait que la plupart des textes de lois français et européens déjà faits pour protéger les animaux depuis des décennies (du circuit alimentaire, de vivisection, des élevages domestiques ou des zoos et des circuits qui en découlent comme la maroquinerie, la fourrure, la laine, le velours ou le broyât d’os vendu comme engrais) sont aujourd’hui encore majoritairement niés ou simplement inapplicables techniquement et économiquement. (pas le temps, pas l’argent, pas les moyens techniques, pas de contrôles sanitaires, pas de formations, pas de… considération finalement)

    Et c’est là que réside le terrain de militantisme des Jocelynes Porcher, Lestel et autres chantres et parangons d’un retour à la « collaboration égalitaire mutuellement profitable d’antan », à grands renforts de mythes du bon sauvage -notamment amérindien- qui disait pardon à sa victime après l’avoir tuée, la remerciant de lui « donner » sa chair si généreusement… *tousse*

    C’est hélas souvent plus compliqué que la simple question de l’opposition welfarisme/abolitionnisme, car en effet, neo-welfarisme ou libération animale, ce qui compte ce sont les souffrances et morts évitables qui se produisent aujourd’hui et maintenant sur un océan d’individus, de personnes non humaine dirais-je même, et ceci dans l’indifférence (organisée et savamment orchestrée) générale.

    Et les positions des végétariens, végétaliens, véganes, antispécistes, néo-welfaristes ou abolitionnistes sont aussi fluctuants et variés qu’il n’existe pas de profil type (ni de sexe) « du » militant « pour les animaux ». Toujours est-il que les débats et l’étude des problématiques n’ont jamais été menés avec autant de rigueur et partagés par autant de personnes qualifiées, apportant des points de vue pertinents, et ces messages relayés par de plus en plus de militants et sympatisants forçant petit à petit les médias à se pencher sur la question. (avec petit à petit, de moins de en moins de mauvaise foi et de mépris, même s’il y a encore du boulot !)

    Et voilà que je tartine sans trop parler du film, que je n’ai même pas vu (et il me fait moyen envie à vrai dire) :p
    Désolé u_u

    • Coucou V3nom,

      Merci pour le commentaire.

      Juste rapidement, que voulez-vous dire par « En tout cas, même si je trouve qu’il manque un peu de développement de quelques points intéressants (comme la masculinisation des « ouvrières », l’anthropomorphisme, et bien d’autres ressorts) »?

      En ce qui concerne Jocelyne Porcher, je n’ai que lu son livre « Vivre avec les animaux », que j’ai trouvé très mystificateur sur plusieurs points, et comme vous le dites, elle ne remet absolument pas en question l’idée que tuer les animaux (pour les humain-e-s) pose une question éthique en soi.
      D’ailleurs, dans son livre comme dans un autre livre que j’ai lu, « Penser comme un rat » de Vinciane Despret, j’ai l’impression qu’en fait ses auteures ne s’intéressent pas vraiment (ou alors rapidement en passant) à la souffrance animale, mais plutôt à la souffrance humaine engendrée par un « marché animal » mondialisée, capitaliste, et qui auraient perdu son « visage humain », en quelque sorte. Porcher critique les abattoirs, les conditions d’élevages, la scientifisation de l’élevage, mais dans mon souvenir elle le critique surtout pour s’intéresser à la souffrance des humain-e-s qui refusent ces conditions-là, qui entretiennent un rapport plus « humain » (lire moins tortionnaire, en tout cas de mon point de vue) aux animaux. Et donc elle valorise leur « savoir-faire », leurs « compétences » (perçues comme légitime) contre les méchants « savoir-faire » et « compétences » des éleveur-e-s intensifs.
      C’est le même ressort que Despret dans son livre, où elle analyse, surtout d’un point de vue scientifique, pourquoi le rapport qu’entretiennent les scientifiques aux animaux est contre-productif et anthropo-centré (mais uniquement sur la question de la méthode scientifique). Elle n’analyse pas ou très peu ce rapport comme problématique éthiquement, comme un rapport tortionnaire et esclavagiste.*
      Lorsqu’elle parle de souffrance, elle parle surtout des souffrances des « technicien-ne-s de labo » et valorise leur « savoir-faire » et leurs « compétences », et critique le fait que ces personnes-là ne sont pas entendu.
      Alors, c’est peut-être vrai, tout comme Porcher je trouve dit des choses qui ne sont pas fausses, mais qui sont tellement mystificateur des problèmes éthiques liés à l’utilisation des animaux pour les intérêts des humain-e-s, que personnellement j’ai l’impression d’entendre un truc à la « Ah oui mais les petits exploitateurs-trices souffrent quand même terriblement du comportement des grands exploitateurs-trices »…euh, ouais, et les êtres qu’illes exploitent dans tout ça?
      A la rigueur, le livre de Despret est encore plus mystificateur que celui de Porcher, parce qu’au moins Porcher parle du végétarisme et des mouvements animaliers. Bon, dans mon souvenir elle raconte surtout des grosses sottises dessus (mon préféré étant l’idée que nous vivrions dans une culture où le végétarisme serait omniprésent dans les journaux, les magazines, les médias etc…je sais pas sur quelle planète elle vie Jocelyne Porcher, mais ce n’est certainement pas la planète France), mais au moins elle en parle. En lisant le livre de Despret sans être averti-e, on n’apprendrait rien sur l’existence des mouvements animaliers, de leur critique de la vivisection, des recherches « scientifiques » sur les animaux.
      Bon bref, j’aurai plus à dire sur ces deux livres, qui m’ont vraiment déplu à plein de niveaux, mais ça sent déjà le pavé alors stop.

      Et Florence Burgat je ne l’ai que vu parler dans le film « Zoo, l’enfer du décor » mais elle me paraissait assez intéressante en effet!

      Merci pour vos pensées sur le « néo-welfarisme », je vais y réfléchir et essayer de répondre (ou au moins de dire ce que j’en penses, si j’en penses quelque chose!) une fois que j’aurais réfléchi (ce qui ne va pas très vite 🙂 )

      *Alors je pense qu’on peut lire, en filigrane, dans sa critique de l’antropo-morphisme de la façon d’appréhender les animaux dans un contexte scientifique, un début de réflexion sur la subjectivité animale et en quoi ne pas la prendre en compte pourrait éventuellement poser des problèmes éthiques. Mais il faut à mon avis déjà être averti à ces questions pour y trouver des choses intéressantes à ce niveau-là, parce que rien n’est explicité, rien n’est développé à ce niveau-là, alors que la souffrance des technicien-ne-s de labo, elle, est largement explicitée et développée…
      Du coup perso j’y ai trouvé des choses intéressantes dans son livre (notamment d’un point de vue anti-spéciste), mais je le trouve très mystificateur et contestables sur tous les points évoqués plus haut.

      • Bonjour,
        juste pour dire qu’il me semblait, en lisant le livre de Despret qu’elle se concentrait exclusivement sur l’étude comportementale et ses biais méthodologiques. C’est vrai que j’y ai lu pas mal de passages où elle critique la souffrance inutile infligée aux animaux de laboratoire, mais je n’ai cependant pas eu l’impression que c’était le propos. Cela dit, vous avez raison, je trouve aussi risible cette façon de nous présenter l’horrible perte de lien qu’on aurait avec eux dès lors que l’on cesserait de les exploiter. Comme si c’était la seule manière d’établir des relations et qu’il ne s’agissait que d’en changer quelques modalités.

  3. Ça fait longtemps que je veux voir ce film, produit par Jerry Seinfeld, roi du stand up au USA.
    J’adore ce gars, et sa série qui porte son nom est tout simplement culte pour celles et ceux qui ne connaissent pas.

    Ça me déçoit un peu qu’il n’ai pas été plus attentif au coté spéciste présent dans son film…

    Merci pour cette analyse.

    PS : j’ai du mal à me passer de miel.

    • Comme je l’ai dit à Nîme, perso je trouve le film réussi, et j’ai passé un bon moment esthétiquement 🙂

      Pour le miel, j’ai galéré moi aussi. Le sirop d’agave (un peu relou paske que produit uniquement aux Amériques apparemment), d’érable (relou pour les mêmes raisons), de riz, de pomme etc. sont un peu de la même texture et ont des goûts assez intéressants 🙂

      et sinon seinfeld j’ai jamais vu, faudrait que je regarde parce que c’est méga connu comme truc.

  4. J’avais vu ce film à une époque où je n’étais pas du tout sensibilisée à la question du spécisme et j’avais été surtout marquée par deux points : la violence de la production industriel du miel qui je n’avais jamais envisagé avant et le délabrement du monde sans fleur qui m’a semblé être une vision du monde qui nous attendait si les abeilles disparaissaient.
    En cela, même si je suis d’accord avec les arguments de l’article, je pense que le film demeure intéressant car il amène à se poser des questions que l’on envisage pas habituellement (même s’il ne donne pas les bonnes réponses)

    • coucou yael,

      Oui je suis plutôt d’accord d’un côté, car je pense que c’est important qu’il y ait des films qui parlent de ces questions-là. Et encore une fois la première partie du film est tout à fait intéressante, et il se peut que plein de gens ne retiennent que cet aspect anti-spéciste du film, du coup c’est toujours bon à prendre.
      En revanche, au niveau de la construction narrative, de l’arc de l’histoire, et des idées contenues dans ceux-ci, je dois avouer que c’est extrêmement frustrant et énervant de voir ce que le film fait des idées de la première partie, ce qui à mon avis n’encourage pas les spéctatrices-teurs à les prendre au sérieux.
      Bon après, dans l’absolu je suis d’accord, mieux vaut de la visibilité que rien, mais des fois c’est un peu grrrrrrrrrrrrrrrr! 🙂

  5. Très bel article, merci beaucoup !

  6. Bonjour, je suis d’accord sur nombres d’absurdités de ce film (comme si la pollinisation de toutes les plantes dépendait des abeilles, comme si les humains dépendaient de ça, comme si les abeilles dépendaient des humains, comme si un instinct inné (ya limite une apologie de l’innatisme) pouvait induire une tactique complexe réfléchie rationnellement, etc.).

    Après — vraiment désolé de soulever ce point dans les commentaires, mais bon je vous vois souvent contre-argumenter de manière assez spontanée, efficace, constructive et tolérante, donc j’ose soulever ce point dans l’espoir que vous puissiez me faire comprendre, si c’est déplacé/irrespectueux je vous prie d’immédiatement me le signaler ^^ — je dois avouer que l’antispécisme du début du film (que je liais à l’absurdité de l’anthropomorphisme des abeilles) avait été un facteur qui m’avait dérangé (qui me dérangeait le plus à vrai dire), et que je ne comprend toujours pas l’antispécisme en particulier quand il est à propos d’animaux chez qui tout ou presque est comportement inné (autant je comprend le principe de précaution concernant des animaux comme certaines espèces de singes, les éléphants, dauphins, pies, corvidés, etc. autant pour les insectes…). Je m’explique : j’ai toujours été d’accord avec l’idée que prendre l’espèce comme un facteur moral et discriminant était essentialiste. J’ai en fait toujours dit que lorsque l’on dit « l’homme^Whumain », on devrait élargir et dire « individu social culturel », ce qui pourrait inclure plusieurs autres espèces animales, devrait toute hypothétique espèce extraterrestre semblable comme on en voit dans la fiction, ainsi que des robots à IA suffisamment développées comme on en voit chez Asimov. Par contre je ne comprend toujours pas la pertinence de critiquer le critère d’espèce pour le remplacer par un critère de sentience. Du coup à partir de combien de neurones et d’axones est-il « moral » d’exploiter ? serait-il immoral d’exploiter une IA sans créativité ni culture ni société mais à laquelle on a inculqué une variable nommée « souffrance » que celle-ci tente d’éviter le plus possible selon des principes mécaniques ? à partir de combien de lignes de codes et de rouages le mécanisme mérite-t-il le respect ? si je réduis ça à un ordinateur avec un nombre nommé « souffrance » que l’on fait varier en fonction d’une variable externe comme le son, et qu’on joue de la flute, est-ce immoral ? si on remplace ce mécanisme électronique par des axones, des neurones et autres cellules eucariotes l’est-ce ? si ce mécanisme organique utilise les mêmes protéines et mécanismes que ceux de la souffrance chez la plupart des animaux, l’est-ce ?

    Tout ça je le conçois est très caricatural, mais je pousse à bout le raisonnement par l’absurde pour qu’il soit plus facile de me contester, ne le voyez pas comme quelque chose de méprisant ou d’insultant, je cherche avant tout à argumenter, comprendre et intégrer tout ça conceptuellement à ma conception des questions sociales, antiautoritaires et libertaires. Nombre des mes amis tout aussi anarchistes que moi sont antispécistes (dont je rejoins néanmoins les conclusions véganes pour tout ce qui concerne l’écologie et la santé mentale psychologique humaine), et j’avoue être mal à l’aise de ni pouvoir les comprendre, ni les faire me comprendre, j’aimerais donc pouvoir atteindre une synthèse avec quelqu’un de sensibilisé à la question. Parce que jusqu’à maintenant la pensée antispéciste m’a semblé manquer cruellement de matérialisme, et nettement se distinguer de mon physicalisme. J’aimerais vos lumières.

    Dites le moi si je suis hors-propos ou si vous pensez que je suis présomptueux de vous demander une telle chose ^^ Après tout les commentaires sont là pour critiquer la critique et l’analyse antispéciste de ce film, pas l’antispécisme… Je m’en voudrais d’abuser de vous.

    Sur ce bonne journée et merci pour toutes vos critiques et analyses ! C’est un régal de tout les jours ! de raison comme d’humour ! ^^

    • Heu, substituez « mérite-t-il le respect » par « “mérite”-t-il de l’empathie ». Le concept de respect est suffisamment large pour inclure tout et n’importe quoi (chez moi il signifie « considération ») et c’est surtout le concept de « mérite » que je cherche à faire apparaître critiquable dans mon raisonnement caricatural par l’absurde.

    • Un autre point que je voulais mentionner et que j’ai oublié dans mon commentaire (excusez mon étourderie >< j’en suis désolé vraiment de vous imposer trois fois plus de commentaires à modérer qu’il en faudrait, et tout désordonner comme ça), c’est que ce qui m’avait vraiment déplu dans le film, comme point principal, outre l’aspect antispéciste (cf mon autre commentaire) c’était la naïveté sociologique : en gros en voyant les abeilles antropomorphisées, avant de voir les humains arriver, je l’avais vu comme une métaphore des systèmes sociaux humains, et donc ce film presque comme une apologie du travail capitaliste (qu’il soit de marché ou d’État, comme vous le soulevez en remarquant que Honex tient à la fois de la grosse multinationale et de la bureaucratie stalinienne), qu’il finit par critiquer de façon qui perd son sens si c’est une métaphore et ne peut être interprétée que de façon antispéciste, pour finir par une conclusion qui fait perdre son sens à toute critique, qu’elle soit antiautoritaire/anticapitaliste/antiétatiste ou antispéciste/antiessentialiste. Sur ce point je vous rejoins complètement ^^

    • Coucou galex-731,

      Alors j’avoue j’ai un peu du mal à voir où vous voulez en venir. Contestez-vous que les abeilles ont des intérêts propres, connaissent la souffrance, et ont une espérance de vie et une qualité de vie amoindrit par l’exploitation des êtres humain-e-s?
      Si vous acceptez cela, je ne vois pas comment on peut refuser l’idée que notre exploitation des abeilles n’est pas éthique. Que l’animal que l’on exploite soit plus complexe, moins complexe, plus social, moins social, plus évolué, moins évolué, plus de neurones, moins de neurones etc., je ne vois pas en quoi cela change quoi que ce soit au principe de la prise en compte de la souffrance d’autrui.
      J’ai l’impression d’avoir affaire à l’argument du cri de la carotte. Si c’est le cas, vous pouvez vous référez à mes réponses sous l’article de Paul Rigouste sur les animaux dans les films d’animation.
      De ce que j’en comprends, grâce aux études de plus en plus conséquentes et nombreuses sur la souffrance animale, il est possible de déterminer matériellement la souffrance des animaux non-humains, tout comme celle des animaux humains. Vous pensez que le concept de souffrance manque de matérialisme lorsque l’on parle de animaux? Vous posez-vous les mêmes questions lorsqu’il s’agit de la souffrance humaine?
      La question n’est pas anodine, car l’histoire ne manque pas d’exemples de personnes qui ont nié la souffrance de certains autres êtres humains (selon des critères que nous estimons aujourd’hui complètement arbitraires), même lorsque ces êtres humains leur faisait savoir de la manière la plus évidente, claire et non-ambigue qui soit.
      J’estime que la même chose est à l’œuvre actuellement en ce qui concerne les animaux non-humains, c’est à dire une justification a posteriori de certains privilèges et comportements, basés sur des distinctions arbitraires ou des jeux de passe-passe intellectuels.
      C’est une technique d’oppresseur-euse que d’intellectualiser un ressenti, d’expliquer en quoi quelque chose qu’un être humain comprend au niveau du corps et de l’affect devrait être compris au niveau d’une intelligence froide et calculatrice. C’est d’ailleurs surtout une technique masculine. Montrez aux enfants comment les animaux sont exploités, tués, torturés etc…ce qui n’est rien de plus que leur montrer un état de fait…et je peux vous garantir que la vaste majorité d’entre elleux deviendront végan-e très rapidement. Parce qu’illes n’ont pas besoin de comprendre, illes le ressentent, illes ressentiront de l’empathie avec ces animaux.
      Notre société patriarcale et spéciste considère souvent la « sensiblerie » comme étant une mauvaise chose, parce que le but c’est de ressembler à l’idéal-type masculin: intelligent, froid, incassable, armoire à glace etc. Or les émotions sont intelligentes. La colère, l’indignation, la révolte etc. toutes ces émotions sont la base de tous les mouvements de contestation au monde.
      Les grévistes Etats-Uniens de la fin du 19ème étaient souvent extrêmement suspicieux-euses des intellectuel-le-s, et avec bonne raison. Quand Utah Phillips dit « Nous vivions dans nos émotions et nous étions confortables dans nos émotions. Nous nous engagions à être dans ce combat pour des années à suivre. Montrez nous des gens qui prennent ces engagements intellectuellement, et nous ne savons pas où illes seront demain », je pense qu’il touche à quelque chose d’assez fondamental.
      Si vous voulez faire des passes-passes intellectuels pour vous convaincre que l’exploitation des abeilles ce n’est pas un souci, faites-donc. Vous ne seriez pas le premier et pas le dernier.
      Vous êtes sans doute déçu de ma réponse, vous vous attendiez peut-être à ce que je prenne le temps de déconstruire vos arguments intellectuels techniquement. Cela ne m’intéresse pas. On peut débattre avec un-e privilégié pendant des siècles (illes ne demandent d’ailleurs souvent que ça), et pendant ce temps là il ne se passera rien, sauf que j’aurais gaspillé mes énergies.
      Et lorsque je dis tout ça je sais que c’est paradoxal, parce que à la base j’ai pris tous mes engagements intellectuellement. J’essaye de plus en plus cependant d’arrêter de réfléchir intellectuellement aux choses, parce que ça bloque bien souvent mon ressenti, et la ré-éducation de mon ressenti.
      Il a fallu que je ré-apprenne à ressentir de l’empathie pour les animaux, mais bordel POURQUOI? Parce que notre société spéciste nous brutalise à tel point que très vite elle nous vide de tous ces ressentis-là. Et puis nous comprenons bien sûr que nos intérêts sont en jeu, que nous aimons le goût de la viande, du miel, du beurre etc., et arrivent l’intellect pour trouver des arguments plus élaborés les uns que les autres pour justifier notre comportement. L’aménagement de notre sens éthique est un des comportements les plus prévisibles des être humains.
      Je ne trouve aucune valeur dans la « pensée anti-spéciste », autre que lorsqu’elle amène les gens vers le ressenti anti-spéciste. Qu’elle manque de matérialisme, de physicalisme, d’autre ismes, m’intéresse très peu. Il y a longtemps j’ai été engueulé par une personne lors d’une réunion anti-spéciste précisément parce que j’essayais d’intellectualiser l’anti-spécisme. Je n’ai pas compris sur le coup, tellement j’étais sur de la supériorité de l’intellect face à l’affect. Il m’a fallu du temps pour comprendre, comprendre pourquoi il faut se méfier énormément des tendances à intellectualiser une oppression, une exploitation.

  7. Personnellement, je n’ai pas vu de message antispécisme dans ce film, tout juste une ébauche de critique contre l’accaparement du miel par les apiculteurs, et la encore. http://www.lelision.com/Bee-movie-Drole-d-abeille.html

    • Coucou Olivier,

      Bin moi non plus, en tout cas pas dans le film dans sa totalité, mais je trouve que la première partie du film comporte tout de même un message anti-spéciste (qui est ensuite désamorcé par la suite du film). L’idée que la vie des abeilles à une valeur comparable à celle des être humains est une idée anti-spéciste, non?
      Alors certes l’idée n’est pas vraiment appliqué à toutes les autre espèces animale (sauf à la fin, et sur le mode de la blague, d’où mon énervement avec le film), donc en ce sens je comprend ce que vous voulez dire. Mais je pense que, au sein d’une société hautement spéciste, l’idée que les individu-e-s d’une autre espèce que la notre ont des intérêts propres et donc une valeur contient déjà de l’anti-spécisme, surtout dans ce film qui montre l’exploitation des abeilles et le vol de leur miel comme étant problématique (dans la première partie du film). On peut se dire que si quelque’unE est amenéE à réfléchir à cette exploitation-là, ille pourrait très bien aussi commencer à réfléchir sur l’exploitation des autres animaux non-humains, non? En tout plus que si le film ne montrait pas du tout cela comme une exploitation, non?

      • Même dans la première partie, plus que rapprocher l’humanité des animaux, c’est surtout l’inverse qui est fait, ce qui est le fait de la plupart des dessins animés d’ailleurs, c’est à dire, « humaniser » les abeilles, les rendre humaines, ce qui, à mon sens, est l’inverse de l’antispécisme.
        Après, peut être n’est-ce qu’une question de point de vue, et il est vrai que l’exploitation animale est tout de même (mal) traité, ce qui est assez rare pour le souligner en effet.

  8. Marc-Olivier Pelletier

    Je connais un dessin animé nommé Bakugan et je peux vous dire que la saison 2 Nouvelle Vestroya est surnoisement spéciste et anti-spéciste en même temps. Les Bakugan sont des monstre qui parle, comme des dragons par exemple et dans cette saison, les héros dois sauver les Bakugans des Vestal,(humain extratérestre d’une autre dimension,) de l’esclavage. Les Vestales font combattre les Bakugan dans des arènes avec des champions qui les faits battre avec des cartes, pour le plaisir de la foule. Ça sonne comme une critique de la violence animal dans pokémon. Mira, une Vestal s’allie aux héro lorsqu’elle a vue que les Bakugan parle et sont capable de sentiment et de souffrir. Là, ça vas. Sauf, qu’elle dit aux héro qu’il veux sauver les Bakugan parce que ce sont des êtres intelligent. Dans un épisode, elle réussit à convaincre le peuple Vestal d’arrêter de faire combattre les Bakugan dans des Arènes en leur prouvant que les Bakugan Savent parler et que ce ne sont pas DE SIMPLE BÊTE SAUVAGE SANS CERVELLE. WTF. Sans sous entent que les Bakugan méritent le respect parce qu’ils sont aussi intelligent que les humains, donc,ça sous entend aussi que les animaux ne méritent pas de respect et peuvent être maltraité parce qu’ils sont stupide. NON MAIS JE RÊVE. J’ai déjà entendue dans cette série qu’il faux respecter les bakugan parce que ce sont des êtres vivant qui souffre et ont des émotions, être vivant donc, animaux qui mérite le respect. Je sais, il y a des contradictions partout. Cependant, il y a des tats de réplique de la part des héro comme, Drago un Bakugan qui dit « On nous a traité comme de simples animaux de cirque» qui sont des astuces surnoise pour rabaisser les animaux au point de les mépriser. C’est ce genre de discourt qui peuvent rendre les jeunes méchant envers les animaux même si voir des émissions du même style que pokémon peuvent paradoxalement faire aimer les animaux. Croyez moi quand je vous dit que ça me choque d,entendre encore dans les émissions pour enfant des chose du genre « ont est pas des animaux ont vaux mieux que ça» ALORS QUE MÊME DES MONSTRES DISENT ÇA ça me répugne.

  9. Bonjour,

    Pour commencer, je trouve l’article très intéressant.

    Toutefois, une chose me dérange dans l’article. Un des arguments développés par ceux qui s’opposent au spécisme, est que nous pouvons vivre sans consommer de la viande, comme évoqué dans votre article :« C’est une façon de penser que je trouve hautement problématique, et qui encore une fois me semble surtout vouloir justifier et défendre des privilèges et/ou des désirs culinaires (et non pas des besoins donc, car il est tout à fait possible de vivre sans manger les animaux ou les exploiter pour leur travail ».
    Nous pouvons donc passer notre vie à ne consommer que des végétaux et ainsi arrêter d’exploiter et tuer des animaux pour notre consommation. Mais, à mon avis, une chose importante est oubliée : les végétaux sont aussi des êtres vivants et votre argument réduit la condition des végétaux comme les spécistes réduisent la condition des animaux.
    Mes souvenirs de lycée datent un peu, mais j’ai appris en biologie la définition suivante : Tout organisme qui respire, se nourrit et se reproduit est un être vivant.
    De plus, les végétaux sont sensibles puisqu’ils réagissent à leur environnement. En effet, ils s’adaptent à la sécheresse, au froid, à l’altitude, se protégent des herbivores, certains sont carnivores, etc…
    Et comme les animaux, ils sont exploités pour nous nourrir (dans les champs et ils sont sommés de produire en grande quantité; matières premières pour fabriquer des produits cosmétiques)ou décorer notre intérieur (les plantes en pot sont éparpillées dans notre environnement urbain), et sont tuées pour notre bon plaisir (les roses chez les fleuristes, les arbres pour les meubles) ou pour étendre le territoire urbain.

    Je crois qu’on ne peut pas défendre la condition animale en ignorant ou méprisant la condition végétale. Toute forme de vie se respecte, et j’ai souvent l’impression que les défenseurs des animaux ne s’interesse pas à cette question là.
    Il est plus facile de ne manger que des végétaux et faire la morale (je pense aux pro-végétariens) aux autres quand on ne peut ni entendre leur souffrance, ni les voir de tenter de fuir face à la mort qui s’approche.

    J’ai écrit ce commentaire pour deux raisons :
    1) Pour évoquer la condition végétale qui n’est jamais, à ma connaissance, évoqué.
    2) Parce que le film aborde très légérement la question des plantes même s’il ne sert que de ressort scénaristique. Il est finalement ironique que les abeilles qui ont retrouvées leur place place dans la hiérarchie, aident en plus la fleuriste à tuer et à exploiter les plantes.

    Il ne fait pas bon d’être un végétal.

    • Trouvez moi l’ombre d’une preuve d’un système nerveux permettant aux végétaux de ressentir la souffrance et on n’en reparlera…
      Petite illustration :
      http://www.vegan-france.fr/images/images_vegan/cri-de-la-carotte.jpg

    • coucou,

      Alors tout d’abord merci pour votre commentaire.
      Je serais plutôt de l’avis de yael, dans le sens ou je ne vois pas en quoi on peut dire que les végétaux ressentent de la souffrance, ont des intérêts, une conscience etc. Des lors est-ce que ca a un sens de parler de « condition végétale »? Pourquoi ne pas parler de « condition minérale », ou de « condition chimique », ou « plastique »?
      Peut-etre la conversation prendrait plus de sens si vous expliquiez votre raisonnement? Etes-vous pour une remise en cause absolue de ce que mangent les êtres humains? Ou voulez-vous dire que de toute façon tout souffre et faut bien manger quelque chose alors pourquoi pas des animaux? Dans ce cas-la, je rejoins absolument le commentaire de yael. Trouvez-moi des preuves tangibles que les végétaux connaissent la souffrance et on en reparlera.
      Je suis content que vous avez trouvé intéressant cet article, et merci encore pour votre commentaire.

    • Marc-Olivier Pelletier

      Je crois que c’est une personne sournoise qui a fait en sorte que la notion d’être vivant signifie chose avec un adn, qui se reproduits et réagit à l’environnement pour qu’on sois confue pour qu’on ait de la difficulté à penser que les animaux souffrent. Par exemple, je doute fort que les globule rouge dans le sang qui sont du vivant puissent souffrir. Ta question est un peu hypocrite et ça sonne comme une excuse pour ne pas penser aux animaux même s’il est possible que tu te souci des animaux. Lorsqu’on dit être vivant, ça veux aussi dire des âtres qui ont une «conscience» qu’il peux souffrir, penser, voir, entendre,toucher, gouter, sentir, ressentir. Les gens qui disent que les animaux ne pense pas et qui n’agisse que par instinct et pulsion méprisent les animaux. Supposont que je met un oiseaux devant une chose qu’il n’a pas vue et qui la regarde une minute avant de décider de le picorer, ose dire qu’il ne réfléchit pas. De plus, si un jour on réussis à créer un chien qui est assez intelligent pour parler compter, savoir c’est quoi le bien et le mal et avoir l’intelligence d’un enfant de 6 ans, on va encore osée dire qu’il n,agit que par instinct et que les bambin de 2 ans qui ont un cerveau bousillé serait capable de faire des choix, bien plus que le chien savant. Les mots instinct et pulsion ont une conotation négatif. L’instinct, ça serait par exemple que je brise un miroir dès que j,en vois un parce que je suis programmé comme ça et que je me rendrais même pas compte que je brise un miroir. Or, l’instinct pour moi, ça serait que je connaissent l’alphabet par cœur dès la naissance et que je puisse déjà lire dès que je vois des phrases pour la première fois. Ça serait aussi que je puisse bloquer un projectil avec mes bras comme un expert en art martiaux parce que j,ai de super réflexe inné et que je me rend compte vaguement que j’ai eu peur et que je voulais me protégé. L’instinct serait aussi le fait de présentir le danger ou se douter que quelque chose ne tourne pas rond sans savoir exactement pourquoi. Bref, l’intuition. Il y a aussi le terme de pulsion qui sonne de cette façon. « Si je vois une femme sexy, je suis incapable de contrôler et je vais lui faire l’amour sans m,en rendre compte.» Pour moi, une pulsion, c,est un désir comme faire l’amour, manger, dormir, se battre avec quelqu,un par colère, pleurer. Bref, pulsion pour moi c’est désire et émotion. Le pire, c’est que la société est contradictoire avec le sex. Le sex c,est péché, ces pour les animaux, mais on nous matraque de belle femme de film porno et de sex toy pour nous dire qu’on est un gros nul si on est nul en sex et qu’on ne sait pas dominer une femme tous en nous disant que le sex c,est mal. Comme si on jouait sur notre frustration pour nous rendre tellement excité qu’on ne sois plus capable de se contrôler. ET ENSUITE ON OSE DIRE QUE PLEIN DE MONSIEURS VIOLES ET BATTENT LEUR FEMMES. Si un jour je reste plusieurs semaine à avoir faim, à peu manger et qu’on m’oblige à travailler dans un restaurant à manipuler des aliment qui sent bon et ont l,air succulant sans avoir le droit de les manger, j’aurais envie de démisionner et aller chasser dans la foret juste par peur de m,enporter contre l,employeur. J’espère que vous avez aimé ce que j’ai écrit

      • Oh, ces pauvres hommes qui violent et battent leurs femmes! Ce sont eux les victimes, les pauvres!

        • Marc-Olivier Pelletier

          Pas vraiment. Les femmes aussi sont victimes de la société qui les forces à se souettre aux problème plutôt qu’à combatre les problèmes. Moi ça me choque de voire une top modèle dans une publicité dans la rue comme le fait de voir un super gâteau trop chère pour l’acheter. Dans mon adolescence, j’espérait un jour avoir unne femme parfaite, mais j,ai perdu espoir et je me suis fait une carapace psychologique pour bien mieux résister à la tentation. Les hommes qui violent des femmes parce qu’ils ont trop regardé de film porno, c’est des hommes qui ont déjà beaucoup de difficulter à se contrôler et qui sont vraiment accro au sex. Certain peuvent même être des violeur sans avoir besoin de la publiciter. Cependant, avoue que c’est frustrant que des prince charmant comme dans Disney ou des superbe femme fatale comme dans james bond ne puissent existé. Dans la vie, ont ne peut pas toujours faire ce qu’on veux et il faut apprendre à contrôler nos désires, sauf que la société joue carrément sur nos nerfs et ce n’est pas bon pour le mentale.

    • Bonjour,

      Je passerai assez vite sur les commentaires de Marc-Olivier Pelletier au sujet du viol (comparer sans sourciller les femmes à des gâteaux et le besoin de se nourrir à la pulsion sexuelle – au mépris de ce qu’on nomme la sublimation, la culture du viol dans tous ses états, beurk beurk et re-beurk). Cette andouille oublie aussi que le viol n’est pas l’assouvissement d’une pulsion sexuelle, mais celui d’une pulsion perverse de réification et de destruction de l’autre.

      Je voudrais répondre à Pali, au sujet des plantes. Personnellement, je suis anti-spéciste, je suis végane, et j’ai aussi de la considération pour les êtres végétaux (j’ai eu de grands amis parmi les arbres, ces grands philosophes à l’humour royal…).
      Le fait est que comme chaque animal sur Terre, nous avons besoin, pour survivre, de manger. Et manger implique donc de tuer, soit des végétaux, soit des végétaux ET des animaux. Il me paraît évident que pour avoir un impact le moins violent possible, se contenter de manger des végétaux, tout en sachant que pour cela on tue des êtres potentiellement sensibles, est moins grave que de manger des végétaux et des animaux, ou juste des animaux (auparavant nourri-e-s avec quantité de végétaux, de toute façon), dont on sait avec certitude qu’ils et elles le sont, sensibles. Le véganisme est donc un moyen de mettre le moins possible de mort et de souffrance dans nos assiettes (j’y mets la mort et la souffrance de plantes parce que je n’ai pas le choix, je dois manger pour survivre, mais j’ai le choix de ne pas y ajouter la mort et la souffrance des animaux).

      Rien n’empêche ensuite d’aller plus loin et de privilégier la consommation de fruits – au sens botanique (qui sont les « ragnagna » des plantes : manger une pomme n’implique pas de tuer le pommier, manger des haricots n’implique pas de tuer le plant de haricots, etc) et de céréales (ramassées lorsque la plante est sèche, et donc morte).

      Mais utiliser l’argument « les plantes souffrent aussi » pour se permettre de cautionner la souffrance animale, je trouve ça intellectuellement grotesque, bien que ce soit un argument souvent utilisé (du genre « ouais mais mon voisin il achète des vêtements fabriqués en Chine par des prisonniers politiques, alors je peux bien boire du café ou du cacao cueilli par des enfants esclaves »). C’est pas parce que la souffrance et l’exploitation existent qu’il est éthique ou juste d’en rajouter une couche supplémentaire !

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