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Buffy contre les vampires (1997 – 2003), partie IV : la sexualité

La partie I, qui analyse l’inversion genrée des pouvoirs dans Buffy, est ici; la partie II, sur le racisme de la série, est par ; et la partie III, pour une analyse de l’intrication entre sexisme, classisme et psychophobie se trouve .


 Trigger warning : viols


 

 

Les thèmes autour de la sexualité sont présents en filigrane dans la série. Ils sont souvent abordés à travers des métaphores animales ou bien directement mis en scène par des scènes de sexe, dont on peut bien sûr étudier les représentations directes, ainsi que ce qu’elles symbolisent sur un plan autre que sexuel (elles servent par exemple à illustrer la relation de deux personnages). Je vais tenter d’analyser tout cela dans cette partie. La partie 5 étant consacrée aux relations affectives et aux agressions ordinaires dans Buffy, certains paragraphes auraient leur place dans les parties 4 et 5 ; je fais notamment le choix de parler ici des viols, alors qu’un viol n’est pas de la sexualité mais purement une agression (raison pour laquelle j’avais initialement mis cela dans la partie 5) : la culture du viol imbibe tant les représentations de la sexualité qu’il me paraîtrait artificiel et peu souhaitable d’isoler les viols de tout le reste (représentation des hommes comme prédateurs sexuels, érotisme autour d’un « consentement » implicite et non explicite, etc).

Un consentement enthousiaste bien aléatoire comme modèle de sexualité

La série n’échappe pas à un problème très prégnant de notre société, la « culture du viol » [1], terme qui désigne entre autres le fait d’érotiser des comportements d’agression sexuelle, comme celui de commencer un acte sexuel sans s’assurer du consentement enthousiaste de son/sa partenaire.

Si la série nous présente de rares discussions que je qualifierais de « positives » comme celle entre Willow et Oz dans l’épisode 10 de la saison 3 (où ce dernier lui rappelle qu’elle ne lui doit rien, et surtout pas du sexe), la plupart des scènes sexuelles se déroulent sans le moindre échange verbal, ni avant ni pendant. Une musique est là en « compensation » et remplace les discussions qui seraient autant d’occasions de se rendre compte que justement, tout le monde n’a pas le même rapport à la sexualité ni les mêmes envies aux mêmes moments. La musique est à mon avis un élément (parmi d’autres) qui soumet les personnages à un modèle de sexualité leur préexistant et dans lequel iels se fondent et jouent un rôle – rôle extrêmement genré, comme je vais l’argumenter dans la suite de l’article. Ainsi la série, comme tant d’autres productions de notre culture, impose un modèle très normatif de sexualité plutôt que de présenter un aperçu de toute la diversité qui existe en termes de désirs et de pratiques, et polarise la sexualité entre des scènes d’amour ultra-chargées et des scènes de destruction qui montrent au contraire la sexualité comme un terrain particulièrement monstrueux et dangereux. Au lieu de dénoncer la culture du viol comme on pourrait l’attendre d’une série se revendiquant du féminisme, elle s’y baigne (presque) entièrement.

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Quand Willow propose à Oz de coucher ensemble pour se faire pardonner, il a une réaction  respectueuse. Par contre, quelques épisodes plus tard, il lui saute dessus à un moment où elle ne s’y attend pas et où elle est très stressée, comme si, parce qu’ils ont entre temps réglé leurs problèmes de couple, c’est maintenant bon à n’importe quel moment. Et ça tombe bien : malgré sa surprise, son stress, et le fait qu’elle n’ait jamais couché avec quelqu’un d’autre, Willow adore ça ! « Meilleure nuit de ma vie » dit-elle plus tard.

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« Qu’est-ce que tu fais ? », demande Willow à Oz juste avant que la musique-du-sexe-amoureux-en-symbiose se déclenche…

De même, quand Buffy et Angel font l’amour pour la première fois, la scène est annoncée au début de l’épisode par un rêve où Buffy et Angel se regardent dans les yeux sur fond de musique romantico-sexuelle et semblent irrésistiblement attirés l’un vers l’autre…

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Une attirance « plus forte que soi », une symbiose entre les deux personnages qui rend toute communication superflue. Quelle représentation saine et pertinente du sexe…

À la fin de l’épisode, Buffy et Angel s’embrassent alors qu’iels étaient censé.e.s prendre de la distance, ce qu’Angel rappelle par un « Peut-être que nous ne devrions pas… ». Mais Buffy le coupe : «Chut, embrasse-moi». Et iels font l’amour.

buffymusique3Ta gueule, ça casse l’ambiance.

La série justifie complètement cet implicite en présentant deux personnages pour lesquels il n’y a pas le moindre doute sur leur désir. Pourtant, la relation entre Buffy et Angel est très complexe, mélodramatique, fluctuante. Un coup c’est elle qui veut terminer leur relation, un coup c’est lui. Mais visiblement, dès qu’il s’agit de sexe, il ne peut plus y avoir de temps de flottement, d’indétermination, d’hésitation, de tâtonnement, et leurs désirs se trouvent magiquement en parfaite synchronie. L’évacuation pure et simple de tout ce qui nécessite d’avoir des discussions autour de la sexualité se justifie elle-même : puisque tout est implicite et que tout se passe bien, c’est que l’explicite n’a pas sa place. Non seulement tout le monde est censé avoir envie du sexe tel qu’il est représenté dans Buffy (ainsi que presque toute la production culturelle de notre société), mais en plus c’est la verbalisation des différences en matière de sexualité qui est doucement poussée sur le côté, limite ridiculisée par contraste avec le sexe silencieux-et-merveilleux qui nous est montré.

J’ai cité la scène où Willow et Oz font l’amour pour la première fois, de même qu’Angel et Buffy ; mais de telles scènes où la musique remplace la communication se produisent également entre Buffy et Parker (la relation est certes critiquée par la série, mais pas la scène de sexe), entre Willow et Tara, entre Alexander et Anya, entre Faith et Robin, entre Willow et Kennedy…

Les rares fois où les personnages se parlent, c’est souvent à l’impératif. Or, dans une culture où la sexualité est tellement normée, s’en écarter pour avoir l'(a-)sexualité que l’on préfère est une tâche très difficile, qui n’est pas vraiment facilitée si l’on est constamment poussé.e à adopter un comportement sexuel « normal », attendu. Bref, si l’absence de communication est déjà un problème au niveau du consentement, le fait de parler à l’impératif en est un également. Et les deux me semblent érotisés par la série.

Par exemple, dans l’épisode 3 de la saison 4, lorsqu’Anya veut coucher avec Alexander, elle se déshabille face à un Alexander interloqué puis iels couchent ensemble. C’est une technique qui a fait parler d’elle (notamment dans la série How I met your mother) et qui relève de l’agression sexuelle (obtenir du sexe par surprise).

anyasexAllez maintenant à poil s’il te plaît.

La culture du viol ne se limite pas à ces représentations problématiques des scènes de sexe : de manière plus générale, elle met en jeu tout un ensemble de codes genrés. Ainsi, dans Buffy – et, encore une fois, pas seulement dans Buffy – la sexualité féminine se trouve normée par diverses pressions : Buffy et ses amies ont une sexualité fortement contenue, sous peine d’être soit dangereuse (pour elles ou pour les autres), soit monstrueuse (et c’est là que les métaphores animales sont particulièrement parlantes). Les hommes, eux, sont dépeints comme des prédateurs sexuels « naturels », et leur sexualité n’est pas du tout polarisée de la même façon entre les gentils et les méchants, dont la déviance sera davantage illustrée par un désintérêt du sexe que par un trop fort attrait comme c’est le cas pour les méchantes. Je vais développer tout cela dans la suite.

La sexualité des jeunes héroïnes : un terrain miné

La première fois qu’on voit la sexualité de Buffy, c’est avec Angel. Si Buffy se masturbe, ce n’est jamais évoqué au cours de la série (alors que ça l’est pour Alexander, ou pour Faith la méchante). De manière générale, les « gentilles » sont rarement montrées avec des désirs sexuels ou avec une libido qui leur soit propre. Elles s’allongent sur un canapé quand la musique-du-sexe-amoureux se déclenche comme je l’ai décrit ci-dessus, et c’est tout. C’est déjà là une première marque de restriction de la sexualité des jeunes héroïnes : leur désir ne semble absolument pas moteur de leur sexualité, et en fait, on ne connaît même pas vraiment leurs désirs, si ce n’est celui d’être en couple.

Mais cette limitation de la sexualité féminine est rendue encore bien plus claire quand on voit ce qu’il se passe dès que Buffy met un pied dans le domaine de la sexualité : cela transforme immédiatement Angel en monstre (il en perd son âme et redevient aussi cruel et vicieux que n’importe quel vampire). En effet, celui-ci était l’objet d’une malédiction : s’il connaissait un moment de bonheur véritable, il en perdrait son âme (et le bonheur véritable, pour un homme au moins, c’est le coït hétéro amoureux, of course).

Non seulement ce scénario me paraît en lui-même très misogyne (ah, la femme et son sexe, on ne fait pas mieux pour réveiller le monstre enfoui au fond de l’homme), mais le discours explicite de la série renforce cette idée selon laquelle Buffy serait en partie responsable du comportement d’Angel. Si elle n’est pas complètement criminelle, elle n’est pas montrée comme parfaitement innocente non plus :

Buffy : C’était donc moi. C’est moi qui ai fait ça.

Jenny : Je le crains.

Giles : Je ne comprends pas.

Jenny : la malédiction. Si Angel connaissait un bonheur véritable, même juste un instant, il perdrait son âme.

Giles, se tournant vers Buffy : Mais comment sais-tu que tu es responsable pour….


Buffy serait donc « responsable » de toute l’affaire. Voici un extrait de la fin du même épisode :

Buffy : Je dois tellement te décevoir.

Giles : Non. Je ne suis pas déçu.

Buffy : Tout est de ma faute.

Giles : Je ne le crois pas. Attends-tu que j’agite mon doigt et te dise que tu as agi sans réfléchir aux conséquences ? Tu l’as fait, et je pourrais faire ça. Je sais que tu l’aimais. Et il a prouvé plus d’une fois qu’il t’aimait. Tu n’aurais pas pu anticiper ce qui s’est passé. Les prochains mois vont être difficiles pour nous tous, je le crains. Mais si c’est un discours culpabilisant que tu cherches, Buffy, je ne suis pas celui qu’il te faut. Tout ce que tu recevras de ma part est mon soutien et mon respect.

Le discours de Giles se donne des airs de bienveillance, mais il ne me paraît pas du tout déculpabilisant. En soulignant qu’il est gentil de ne pas lui remonter les bretelles, il adopte une posture de père bienveillant tout en entretenant la culpabilité de Buffy de façon détournée.

Par ailleurs, dans sa manière de dire « tu l’aimais, il t’aimait », on sent que si Buffy avait couché sans être amoureuse, ç’aurait été « pire ». Si le fait qu’elle fasse du sexe semble lui valoir naturellement les remontrances de son observateur, l’amour romantique rendrait le sexe un chouilla plus pardonnable. Il me semble que l’idée sous-jacente est que le désir n’est pas une raison suffisante pour une femme de faire du sexe (alors que si elles sont amoureuses, leur sexualité devient un cadeau qu’elles offrent à leur partenaire, elles « se donnent », et c’est bien plus acceptable de cette façon).

En définitive, si Buffy n’est pas responsable de la monstruosité de son copain (et encore…), elle est au minimum désignée comme irresponsable d’avoir couché avec lui, comme si elle aurait pu/dû anticiper que cela puisse avoir des « conséquences » dramatiques qui se répercutent sur des personnes extérieures – comme la mort de victimes innocentes, rien que ça. La manière dont le scénario est écrit déresponsabilise au contraire totalement Angel, qui fait figure d’homme dont « l’animal sauvage intérieur » se réveille : il n’était pas au courant de la malédiction pesant sur lui et semble ainsi plus victime qu’autre chose – cf la partie sur la sexualité masculine.

J’ai évoqué une restriction de la sexualité des jeunes héroïnes : elles ont peu de scènes de sexe et que ces rares séances ont une propension remarquable à causer des problèmes. Or je trouve que cette restriction est encore plus frappante quand on les compare la sexualité des héroïnes à celle des méchantes, qui incarnent une « mauvaise féminité ». Il y a beaucoup de monstres dans Buffy, et on a un bon nombre de métaphores de sexualité féminine monstrueuse ou dangereuse. J’établis pour commencer une comparaison entre la sexualité des méchantes et des gentilles. Plus bas dans l’article, je comparerai avec les métaphores de sexualité masculine.

 Une sexualité féminine très souvent monstrueuse

Glory, la méchante de la saison 5, est souvent très sexualisée. Dans la troisième partie, j’ai parlé de l’intrication entre sexisme, classisme et psychophobie. Je n’ai pas mentionné la sexualité mais elle fait aussi partie de la « féminité déréglée » des folles vulgaires…

glory3Glory la méchante torture Spike…

C’est d’ailleurs valable pour Drusilla et Faith également : toutes deux ont une libido dont la série souligne bien l’importance. Pour Drusilla, on a même un flashback de l’époque où elle était humaine, gentille, et alors très prude, ce qui accentue d’autant plus l’opposition entre « femme méchante et sexuelle » et « gentille pure ».

Faith, quant à elle, peut être vue à mon avis comme bisexuelle (notamment dans la manière dont elle se comporte avec Buffy). L’actrice a dit dans une interview l’avoir effectivement joué de cette façon (le script d’un épisode comportait d’ailleurs à l’origine un baiser entre Faith et Buffy qui a été interdit par la production).

buffyfaith3 buffyfaith4

Faith bouge sensuellement auprès de Buffy qui la regarde avec un petit air de dégoût; Faith dessine un coeur dans la buée en regardant Buffy.

Or, étant donnés les stéréotypes biphobes selon lesquels les bi.e.s seraient instables, cela rajouterait la biphobie au trio sexisme-classisme-psychophobie pesant sur le personnage de Faith, personnage instable par excellence, fou, dangereux et meurtrier, à cause de son origine prolétaire / de sa mère alcoolique et absente (ce que la série montre comme propre à la classe ouvrière). La sexualité de Faith sert alors d’illustration, à la fois à ses instabilités psychiques, au peu d’attentions qu’elle porte à avoir des comportements appropriés, au peu d’éducation qu’elle a eu – elle en serait plus « animale », plus « intuitive » que Buffy. En effet, Faith explique à plusieurs reprises que les combats sont pour elle quelque chose de physique, qui lui plaît, qui l’affame et qui l’excite, par contraste avec Buffy, bien droite sur sa chaise, qui parle de devoir, de responsabilité et de stratégie. Dans ce contexte, comment ne pas voir dans la sexualité de Faith non seulement un modèle de ce qu’une femme ne doit pas faire, mais également des éléments à la fois classistes, psychophobes et biphobes ?

Il se passe le même genre de dynamique pour Drusilla qui, prise dans ses délires, se déhanche en faisant des petits grognements sexuels (pas trop forts, les grognements, faudrait pas confondre de djendeur quand même, mais déjà bien trop explicites et « vulgaires » pour les imaginer dans la bouche de Buffy-saine-et-bien-éduquée) :

drusillasexDrusilla, méchante folle et sexuelle

L’opposition entre gentille peu sexuelle (Buffy, Drusilla avant d’être une vampire) et méchante très sexuelle (Faith, Drusilla) est fréquemment réitérée au cours de la série. Par exemple, dans l’épisode 16 de la saison 3, Willow transformée en vampire dans un univers alternatif se perd dans notre univers, et on a ainsi côte à côte Willow humaine et gentille, et Willow vampire et méchante. La méchante drague ainsi agressivement la gentille, laquelle est dégoûtée.

willowdouble willowdouble2

Willow méchante : « j’aime bien l’idée de nous deux ensemble », Willow gentille : « beeeeeeuuuurk ».

Anya illustre également, dans une moindre mesure, ce phénomène : elle a tendance à être plus portée sur la sexualité quand elle est une démone que quand elle est humaine, où on la voit davantage centrée sur Alexander et sur leur couple.

Mais comme c’était vraiment important d’insister sur l’éternelle dichotomie maman/putain dans une série qui se veut féministe, et qu’on n’avait pas encore bien assimilé que la sexualité féminine était menaçante à ce stade, on va rajouter des monstres pour l’illustrer un peu mieux. Par exemple, dans l’épisode 4 de la saison 1, la méchante est une mante religieuse, figure servant de projection au fantasme d’une femme prédatrice, attirant dans ses filets un pauvre homme qu’elle « dévorera ».

mante mante2

Attention, derrière une femme « trop » séductrice se cache un monstre cannibale…

Autre exemple particulièrement immonde : dans la saison 5, Riley, le copain de Buffy, la « trompe » en allant dans un lieu où des vampires femmes sont payées pour sucer une légère quantité de sang aux humains qui s’y rendent…les prostituées sont ainsi des monstres qui aspirent le sang / la vie de leurs clients, qui eux sont des personnes, des êtres humains, et non des vampires. (Buffy finira par tuer les prostituées comme n’importe quel vampire.)

Enfin, je pense à deux épisodes où les femmes sont victimes d’un sort d’amour, qui a tendance à davantage imiter une obsession effrayante qu’un amour. Lors de ces deux épisodes, les femmes sont montrées comme dangereuses, obsédées, folles, et très repoussantes à force d’être insistantes. Il n’y a pas d’épisode où les hommes sont ainsi victimes en masse d’un sort d’amour ; de toute façon, ils se comportent déjà comme des prédateurs sexuels « naturellement » dans la série. À mon avis, cela essentialise la prédation sexuelle comme un élément masculin. De plus, celle-ci n’est montrée pour ce qu’elle est, c’est-à-dire une attitude inappropriée et insupportable, que lorsque ce sont les femmes qui harcèlent. Ainsi, quand les hommes se comportent en agresseurs sexuels, ce n’est pas l’objet d’une métaphore à base de monstres comme c’est le cas lorsque ce sont les femmes qui sont la menace de l’épisode. En résumé, la série essentialise et normalise la prédation sexuelle masculine et diabolise les femmes trop agressives dans le rapport de séduction, au mépris de la réalité sociale où ce sont très majoritairement les hommes cis qui harcèlent de cette façon.

Dans les deux épisodes, un homme se débrouille pour avoir toutes les femmes irrésistiblement attirées par lui, peu importe leur orientation sexuelle, l’attrait primaire et naturel que les femmes portent pour la testostérone est libéré. Mais attention, elles sont tellement attirées par ces hommes qu’elles en deviennent actives et forcément dangereuses. D’abord elles se comportent en agresseuses sexuelles – mais c’est lol, parce que c’est une bande de filles qui fait ça – et puis en meurtrières.

Après avoir raté une tentative de sort d’amour, Alexander se retrouve à avoir toutes les femmes ainsi « attirées » par lui. Il se retrouve horriblement mal à l’aise face aux femmes qui le dévisagent, le déshabillent du regard, lui font des clins d’oeil, etc.

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Les femmes, ces harceleuses de rue

Les femmes finissent rapidement par se disputer Alexander ; mais comme Buffy est mise hors d’état de nuire et que c’est à peu près la seule qui sait se battre, ça reste peu menaçant pendant presque tout l’épisode, c’est surtout l’occasion de montrer des foules de femmes poussant des cris suraigus et se tirant les cheveux. À la fin de l’épisode, comme elles sont nombreuses, elles finissent par être un peu flippantes.

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Un troupeau de femmes obsédées par un homme : les prédatrices.

Une sexualité féminine essentialisée

Il existe, au cours de la série, à quelques reprises, des représentations moins négatives de la sexualité féminine, mais elles restent problématiques à mon avis.

À partir de la saison 4, Willow sort avec Tara et se découvre lesbienne. C’est extrêmement positif d’avoir une relation lesbienne importante représentée dans une série qui a du succès. Les actrices ont raconté en interview avoir reçu des centaines de lettres d’adolescent.e.s racontant à quel point ça leur avait fait du bien de voir cette relation. Le créateur de la série voulait en fait que Willow soit lesbienne depuis le début, mais ça n’a été possible avant plusieurs années à cause des producteurices qui bloquaient.

Au final, Tara fait son apparition dans la quatrième saison. (La corpulence de l’actrice Amber Benson a failli l’empêcher d’avoir le rôle et a déchaîné des commentaires, positifs et négatifs, chez les fans de la série ; et pourtant elle est mince, juste moins que les autres…)

tara Tara (en bleu)

Par contre, quitte à avoir introduit Oz dans les premières saisons, je trouve dommage que Willow se dise presque du jour au lendemain lesbienne (et non bisexuelle), ou alors il aurait fallu, à mon avis, revenir sur certaines choses. Quand Willow et Oz ont couché ensemble pour la première fois, elle lui a déclaré « c’est la meilleure nuit de ma vie »; par contre, à la fin de la série, il y a plusieurs blagues sur le fait que Willow ne ressent pas du tout de désir hétéro, et Willow formule les choses sous la forme « j’ai découvert que j’étais lesbienne » (« I found out I was gay »). Je ne me permettrais pas de qualifier d’irrecevable le fait de se dire lesbienne alors qu’on a eu des relations hétéros épanouissantes, mais dans la manière dont c’est fait dans la série, j’ai surtout l’impression que comme Willow représente un personnage très fiable, qui a plutôt peu de relations mais des relations profondes et durables, elle ne pouvait pas être bisexuelle à cause d’un cliché biphobe qui veut que les bis soient instables, ne peuvent être fidèles dans une relation car il va leur « manquer quelque chose »…et quand on met le personnage en contraste avec Faith, c’est encore plus saisissant.

En raison de la lesbophobie persistante des producteurices de la chaîne, une relation amoureuse lesbienne ne pouvait être rendue explicite et la magie est utilisée comme métaphore pour le sexe, Willow et Tara étant deux sorcières.

Willow : Je suis contente qu’on soit là toutes les deux. Je sais qu’il est tard.

Tara : J’étais heureuse que tu aies appelé.

Willow : On va commencer doucement.

Tara : Ok…Willow ? Commencer doucement…quoi ?

Willow : On va faire flotter la rose et utiliser la magie pour lui retirer ses pétales un à un. C’est un test de synchronisation : nos esprits doivent être parfaitement accordés pour former un unique et délicat instrument. Et ça devrait être très joli.

Elles font ainsi énormément de sorts avec des fleurs, qui demandent à ce qu’elles se prennent la main, qui les font transpirer, yeux clos et bouches ouvertes, bref, la métaphore me paraît ultra-explicite et probablement la meilleure manière de contourner les interdictions de la chaîne, même si c’est bien sûr extrêmement dommage qu’elles n’aient pas une scène, ne serait-ce que de baisers, avant une saison entière.

willowtara2willowtara3willowtara Willow fait un sort avec Tara…

Mais il faudra attendre une saison entière pour voir ça :

willowtara4 Deux femmes qui s’embrassent : dur dur de montrer cela encore en 2001

On a ici une sexualité douce et poétique (les fleurs comme métaphores, etc), et comme c’est à peu près la seule relation sexuelle de la série qui le soit, en tout cas à ce point, je trouve que ça essentialise assez la sexualité masculine comme agressive et la sexualité féminine comme beaucoup plus douce. Si la sexualité lesbienne n’est pas niée en tant que telle, elle est montrée de manière beaucoup plus épurée et avec beaucoup plus de tendresse que la sexualité hétéro.

Enfin, on peut remarquer que la série revendique d’avoir beaucoup de personnages de « femmes fortes », y compris les méchantes (typiquement Faith), qui sont des figures « libres », qui choisissent de se moquer de tout et d’avoir la sexualité qu’elles veulent, mais aucune ne va envoyer balader les normes de beauté ni la sexualité hétéronormée. Elles sont libres mais ont le bon goût de choisir librement une sexualité qui convient plutôt pas mal aux normes patriarcales. La liberté sexuelle montrée, ce n’est jamais d’être asexuelle, bisexuelle, et à peine celle d’être lesbienne.

Les mecs gentils qui se comportent comme des harceleurs sexuels

 

Les personnages masculins sont nombreux à avoir des comportements de harceleurs ou d’agresseurs sans que cela soit dénoncé par la série. Dès le premier épisode, Alexander et Jesse, un de ses amis, se comportent en stalker avec Cordelia, qui tient le rôle misogyne de bimbo pimbêche-garce du lycée – pas tout à fait un rôle avec lequel on est censé.e s’identifier de toute façon :

Cordelia, à ses amies : Ma mère ne sort pas de son lit. Le docteur dit que c’est Epstein-Barr. Moi je dis: « c’est une hépatite chronique ou au minimum un syndrome de fatigue chronique ». Je veux dire, plus personne de cool n’a Epstein-Barr !

Jesse : Hey, Cordelia !

Cordelia : Super, mon stalker.

Jesse : T’es super belle !

Cordelia : Je suis très heureuse d’avoir eu cette petite conversation avec toi.

Jesse : Dis, tu voudrais pas danser ?

Cordelia : Avec toi ?

Jesse : Ben, heu, oui.

Cordelia : Ben, heu, non. Allez les copines, on s’en va.

Jesse, tout seul : Pas grave. Plein d’autres poissons dans la mer. Je suis en mode chasse ! Admirez-moi en train de chasser.

Jesse sera transformé en vampire dans le premier épisode, et reviendra, plus sûr de lui, plus arrogant, ordonner à Cordelia de danser avec lui. Elle acceptera alors… si elle le repoussait plus tôt, ça n’était pas pour la façon qu’il avait de s’imposer à elle, mais plutôt parce qu’il était un peu looser et pas assez viril !

Dans l’épisode 14 de la saison 7, Alexander propose à une inconnue de l’aider à choisir des cordes de bricolage. Il parvient judicieusement à placer des références sexuelles et à lui demander un rencart au milieu, quand celle-ci ne semble pas réagir autrement que par politesse (« Quoi ? » lui demande-elle d’un air surpris quand il propose d’aller boire un verre). Mais attention, c’est elle la méchante, comme la suite de l’épisode nous le montre (c’est une démone). Bref, le harcèlement de rue n’est pas dénoncé en tant que tel, il advient là pour nous montrer une mésaventure d’Alexander qui, à chaque fois qu’il drague une femme, se retrouve avec une démone – décidément, on ne peut plus draguer les inconnues dehors tranquillement.

Dans l’épisode 18 de la saison 3, Buffy a le superpouvoir de lire dans les pensées. Dans la tête d’Alexander et de plusieurs autres types du lycée, on a une succession de pensées sexuelles et de male gaze (« regard masculin ») sur des filles du lycée :

Un type du lycée : « Buffy est trop belle. Je veux dire, quel corps. Mon dieu, je veux la plaquer contre un casier maintenant et juste, ooh ! »

Alexander : « Qu’est-ce que je vais faire ? Je pense au sexe tout le temps. Sexe. À l’aide ! Quatre fois cinq égal trente. Cinq fois six égal trente-deux. Filles à poil. Femmes à poil. Buffy à poil. Pitié, arrêtez-moi ! »

Wesley, un observateur : « Regarde Cordelia. Non, ne regarde pas Cordelia ! C’est une élève. Oh, je suis mauvais. Je suis un mauvais, mauvais homme. »

Mais la palme de la banalisation de comportements de harceleurs sexuels revient sans conteste aux amoureux de Buffy, plus particulièrement Angel et Spike – ceux avec qui il y a vraiment une attirance, parce que c’est sexy, chez les mecs, le harcèlement sexuel. Angel suit Buffy, l’espionne, la regarde dormir, s’introduit dans sa chambre quand elle ne s’y attend pas, etc. Quant à Spike, il finit tout simplement par coucher avec Buffy après une saison de harcèlement.

5*04
Buffy : Qu’est-ce que tu fous devant chez moi ? Cinq mots ou moins.

Spike, en comptant : Sorti fumer une clope…salope. […]

(On voit dix mégots par terre.)

5*07

Spike : Oh, je t’ai fait peur ? Tu es la Tueuse, tu peux te défendre. Frappe-moi. Allez, un bon coup, tu sais que tu en as envie.

Buffy : Je suis sérieuse.

Spike : Moi aussi. Allez Buffy, mets m’en plein !

Buffy : Spike.

Spike s’approche pour l’embrasser, elle se recule : Qu’est-ce que tu fous ?!

Spike lui prend les épaules : Allez, je peux le sentir, tueuse. Tu sais que tu as envie de cette danse.

Elle le repousse.

5*08

Spike s’introduit dans la chambre de Buffy et respire l’odeur de ses vêtements.

5*10

Spike espionne par la fenêtre Buffy faire l’amour.

5*15

Spike, s’inscrustrant à une fête où Buffy va : Si tu veux que je parte, tu peux poser tes mains sur mon petit corps ferme qui t’allume et m’y forcer.

5*18

Spike crée un robot façon poupée gonflable en forme de Buffy.

buffybot

« Tu es à moi, Buffy ». Glauque ?

Dans ce même épisode, Spike se fait torturer par Glory et arrive à ne pas donner d’informations qui pourraient compromettre Buffy. Cette dernière, touchée, l’embrasse à la fin de l’épisode…

Petit à petit, iels débutent ainsi une relation sexuelle, à laquelle Buffy semble vouloir mettre fin à plusieurs reprises, mais que Spike parvient à prolonger en insistant. Il nourrit consciemment la honte que Buffy ressent vis-à-vis de sa sexualité pour qu’elle se sente mal et prendre plus de pouvoir sur elle.

6*13 : Buffy sort en club avec ses amis mais se sent déconnectée de la soirée et va s’isoler sur la balustrade, en hauteur par rapport à la piste de danse.

Spike, arrivant derrière elle : tu vois ? Tu essaies d’être avec eux. Mais tu finis toujours dans l’ombre…avec moi. Que penseraient-ils de toi, s’ils savaient toutes les choses que tu as faites ? S’ils savaient qui tu étais vraiment ?

Il la déshabille.

Buffy : Arrête.

Spike : Arrête-moi.

Il la pénètre. Elle ferme les yeux.

Spike : Non, ne ferme pas les yeux. Regarde-les. Ce n’est pas ton monde. Tu es une créature de l’ombre comme moi. Regarde tes amis et ose me dire que tu n’adores pas t’en tirer en faisant ça juste sous leur nez.

Je vais revenir sur la relation entre Buffy et Spike dans la cinquième partie de l’analyse qui portera sur les relations affectives dans la série, mais j’aimerais m’arrêter ici sur cette scène, où on voit directement comment la manipulation et la culpabilisation servent à faire tomber les défenses d’une personne non consentante. On est ici en plein dans la culture du viol, où Spike, personnage super sexy, viole l’héroïne dont la force surpuissante vient ici comme un élément pervers censé démontrer qu’elle aurait pu se défendre à n’importe quel moment, ce qui est lourdement rappelé par la série (quasiment à chaque scène de sexe, Buffy dit « non », « arrête », et Spike réplique « tu es la tueuse, si tu ne veux pas, tu n’as qu’à te défendre »). Or, un viol n’a à voir avec une question de force physique que dans une minorité de cas. L’état de choc que cela cause chez la victime fait généralement que la contrainte physique est superflue.

Enfin, l’expression faciale des personnages dans cette scène n’a rien à envier aux codes les plus sexistes des représentations pornographiques. Spike est en pleine maîtrise de toute la scène : il contrôle Buffy en sachant mieux qu’elle ce qu’elle veut, et il est en pleine possession de ses moyens. Buffy, n’a pas du tout la même expression faciale. Elle semble complètement passive, elle succombe à Spike et à elle-même, presque trahie par son corps qui ne peut qu’obéir à l’homme, en poussant des soupirs qui évoquent autant le plaisir que la souffrance – mais après tout, ce qui est important, ce n’est pas de savoir si elle a eu du plaisir ou non, mais d’illustrer la puissance sexuelle de Spike…

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Spike viole ainsi plusieurs fois Buffy. Et puis, dans l’épisode 19 de la saison 6, arrive une scène un peu différente. Spike tente de violer Buffy qui le repousse en pleurant ; le tout est filmé avec des couleurs glaciales, la scène est longue et pénible à regarder, elle revient plusieurs fois en flashbacks cauchemardesques par la suite. Tout le monde se rend compte qu’il s’agit là d’une tentative de viol, le mot est posé plusieurs fois. Pour moi, cela confirme l’invisibilisation que la série fait des autres scènes où Spike viole Buffy, au cas où l’emballage sexy de ces scènes ne niait pas suffisamment la violence. Une partie de la saison 7 sera passée à pardonner Spike – c’est bien de les dénoncer, les violences masculines, mais le mieux, c’est quand même de montrer qu’on les pardonne et qu’on peut bichonner ses abuseurs à nouveau après. Dans cette saison, Alexander dit à Buffy « il a tenté de te violer ! », ce qui a pour fonction de rappeler aux spectateurices le passé entre Buffy et Spike, que la série considère être « une tentative de viol », et non des viols répétés.

 Des agresseurs sexuels « dominés par leurs pulsions »

 

Complément logique aux femmes tentatrices et aux gentilles qui doivent réprimer leur sexualité sous peine de déclencher une catastrophe, les hommes dans la série ont une sexualité assez explosive, apparemment incontrôlable par eux-mêmes – c’est bien pour cela que les femmes doivent veiller à ne pas trop réveiller ces redoutables pulsions.

Ainsi, dans la scène que j’ai évoquée plus haut où le fait que Buffy couche avec un homme pour la première fois a pour conséquence la mort de plusieurs personnes, c’est parce qu’Angel a perdu son âme en ayant un orgasme. N’étant lui-même pas au courant de cette malédiction, il est en fait innocent et même victime.

Dans l’épisode 22 de la saison 3, Angel est empoisonné, et le seul remède est le sang de Buffy. Parce que celui-ci refuse de le boire, elle lui donne trois coups de poing afin de faire ressortir le vampire en lui et appose ses dents sur son cou. Il ne peut alors s’empêcher de mordre et iels tombent dans une posture évoquant fortement un coït, au cours duquel il se régénère et elle tombe inconsciente.

angel3 Je t’en supplie, Buffy, ne me force pas à te faire du mal !

angel4

Allez, quelques bourre-pifs pour faire ressurgir le prédateur enfoui au fond de chaque homme.

angel5angelbuffy

Pouf ! Magie. On sait pas trop dans quel état de conscience il est, mais un homme a toujours le réflexe de planter ses dents dans le cou de sa copine, faut juste le réveiller un peu…On remarquera sur le visage de Buffy le même genre d’expression d’abandon qu’avec Spike.

buffyangel3

S’ensuit un « coït » sacrificiel pour la femme, salvateur pour l’homme, sexy pour la série…

Même quand le viol est dénoncé – quand Spike commet sa tentative de viol de l’épisode 19 de la saison 6 – l’expression du violeur donne l’impression d’une personne qui « perd contrôle d’elle-même » :

spikefou

« Dans un moment où je n’étais pas moi-même, j’ai commis un viol… »

La métaphore des loups-garous, synthèse de tout ce qui précède

 

Comme le dit au cours d’une interview Marti Noxon, productrice et scénariste : « Ce n’est pas un secret que les histoires de loups-garous sont une métaphore pour la sexualité. C’est la sensation d’avoir à réprimer cette sexualité et quand celle-ci explose, c’est une bête, c’est un monstre. » Alors, de quel oeil cette bête sera-t-elle regardée par la série ?

Le personnage principal de loup-garou est Oz, premier petit ami de Willow. C’est un type tout à fait décent mais les soirs de pleine lune, il se transforme en animal puissant et agressif qui n’a aucune mémoire de son humanité et qui attaque aveuglément tout le monde autour de lui (y compris Willow si elle est là).

Dans la saison 4, une femme louve-garou apparaît. Mais, alors qu’Oz s’enferme dans une cage pour éviter de faire des dégâts quand il est sous la forme de loup-garou, celle-ci préfère assumer sa nature agressive et se montre totalement indifférente aux meurtres qu’elle pourrait causer quand elle est sous sa forme non-humaine. Elle tentera de s’attaquer à Willow et Oz la tuera donc. Voilà pour la femme qui laisse exploser sa sexualité.

D’ailleurs, après cet épisode, Oz décide de partir loin des humain.e.s car il se rend compte du danger qu’il représente. Il revient une demi-saison plus tard avec l’heureuse nouvelle qu’il sait désormais se contrôler, même les nuits de pleine lune. Mais entre temps, Willow a entamé une autre relation, avec Tara. S’apercevant de cela, Oz se transforme immédiatement en loup-garou (en journée). Comme dira Oz à Willow avant de repartir, cette fois pour de bon : « il se révèle que la chose qui fait sortir le loup en moi, c’est toi ». Willow répondra d’ailleurs : « c’était de ma faute, je t’ai énervé ». Oz est totalement déresponsabilisé de ses crises de colère – il semble même, encore une fois, en être la principale victime.

Ainsi, non seulement la femme louve-garou est représentée comme une méchante tandis que l’homme loup-garou est une victime, mais c’est même Willow qui est la cause de l’ « explosion sexuelle agressive » de son ex-petit ami qui ne supporte pas de la voir être tendre avec quelqu’un.e d’autre.

Une déviance masculine illustrée par une abstinence sexuelle

 

Là où les méchantes sont beaucoup plus portées sur la sexualité que les gentilles, les méchants le sont plutôt moins que les gentils. Ainsi, la menace pour les femmes est d’être « trop sexuelles », trop actives dans ce domaine, alors que pour les hommes, c’est plutôt l’inverse qui est suspect. Ainsi, dans la saison 1, le méchant est un vampire qui fait un peu secte/religion ; dans la saison 7, c’est à nouveau une figure religieuse, de prêtre, qui fait office de grand méchant. Dans la saison 4, le méchant est un monstre robotique, absolument pas érotisé non plus. Dans les saisons 3 et 6, les méchants sont des hommes : un maire en costume-cravate qui n’a rien de sexualisé, et un trio de nerds. Celui-ci comporte un homo (cf partie I), un looser qui n’a aucun succès en drague et un agresseur sexuel, Warren. Mais l’agression sexuelle que commet Warren tranche avec les agressions sexuelles non dénoncées comme telles par la série. Elle est montrée comme particulièrement écœurante et il finit par tuer sa victime. À mon avis, cela participe à la restriction des agressions sexuelles aux cas les plus extrêmes et nie ainsi au passage la majorité des agressions.

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Des hommes qui ne manifestent à aucun moment un intérêt pour le sexe, brrr…

On pourrait citer Spike comme contre-exemple, puisqu’il est introduit comme méchant dans la saison 2, entretenant une relation romantico-sexuelle avec une vampire, Drusilla. Mais, comme le disent les scénaristes, c’est justement cette relation qui laisse une porte ouverte vers une évolution du personnage ; évolution qui ne se produira réellement qu’au contact de Buffy. C’est au fur et à mesure qu’il la harcèle qu’il devient gentil et héroïque, pour conquérir son coeur…

Conclusion

La sexualité dans Buffy illustre un bon nombre de mythes sur le viol : femmes coupables, hommes piégés par elles et prisonniers de leurs pulsions… Quand les femmes n’ont pas carrément une sexualité cannibale (mante religieuse, louve-garou), elles gardent un fort pouvoir de destruction entre les cuisses – le terrible pouvoir féminin de réveiller la bête enfouie au fond de chaque homme.

La sexualité semble incroyablement dangereuse, comme dans l’épisode 18 de la saison 4, où Buffy et Riley, en couchant ensemble, causent une catastrophe mystique dans toutes les autres pièces de la maison. Mais même quand elle n’est pas montrée comme une source de catastrophes, sa représentation nous indique qu’il s’agit de quelque chose de très « à part », de très spécial, où les règles de communication ne sont plus les mêmes. Ainsi, on évacue le consentement enthousiaste et on érige un fantasme fortement lié avec celui de « l’Amour ». Les femmes, qui n’ont pas de désir propre, peuvent alors s’offrir (voire, dans le cas de Spike, céder, et céder n’est pas consentir) aux hommes. Ces derniers font tout pour draguer les femmes, en utilisant des techniques d’agression et de harcèlement qui ne sont pas dénoncées comme telles. Ils apposent sur elles un regard réifiant ; sauf quand ils sont très méchants ! La série présente ainsi des représentations extrêmement genrées et toxiques de la sexualité.

Douffie Shprinzel

Edit du 10/06/17 : j’ai fait quelques modifications de forme.


Merci beaucoup à Paul Rigouste pour sa super relecture !


[1] La culture du viol est trop longue à détailler pour que je le fasse dans cet article déjà très long. Mais ces articles détaillent très bien en quoi elle consiste :

http://antisexisme.net/2011/12/04/mythes-sur-les-viols-partie-1-quels-sont-ces-mythes-qui-y-adhere/

https://dincoloresideesvertes.wordpress.com/2014/04/02/ce-que-fait-la-culture-du-viol/

Autres articles en lien :

78 réponses à Buffy contre les vampires (1997 – 2003), partie IV : la sexualité

  1. « agression sexuelle » et « culture du viol » parce qu’une femme se déshabille face à une homme ?!?! Vous n’en avez pas assez de raconter de telles salades ?

    • Douffie Shprinzel

      Le fait d’obtenir du sexe en créant un effet de surprise (et Alexander a l’air parfaitement interloqué dans la scène en question) est une agression, oui. D’ailleurs, le fait de se foutre à poil face à quelqu’un.e qui n’a rien demandé en est une aussi.

      • Et bien, décidément, le puritanisme fait des ravages. Quel bien triste monde vous nous créez-là.

        • Non mais vous vous rendez compte que je parle de viols et d’agressions sexuelles là ? Ça rime à quoi de dire que ce serait « bien triste » s’il n’y en avait pas ?

          • vous parlez de personnes qui se déshabillent..

          • Ah oui, bien sûr, je pense qu’on ne devrait jamais se trouver à poil, et qu’on devrait changer de vêtements en se contorsionnant afin de ne jamais se trouver dans une nudité inconvenante.

            Toute la phrase est importante. C’est « se mettre à poil / montrer son sexe à une personne qui n’a rien demandé, qui ne s’y attend pas, et lui dire de faire de même pour coucher ensemble » qui est une agression sexuelle, pas « se déshabiller ».

          • C’est moi ou vous ne retenez que ce qui vous arrange Grotesque ?

    • Emy, se déshabiller devant quelqu’un pour coucher avec lui/elle alors qu’il/elle n’a montré aucun consentement est une agression sexuelle. Le fait de coucher avec quelqu’un par surprise et de l’y contraindre alors qu’il/elle est en état de stress ou de peur, c’est un viol: loi. Le fait de montrer des partenaires/couples le faire dans la série, c’est à la limite du viol du conjugal. Oui, c’est normaliser le viol et encourager la culture du viol. Donc non, ce n’est pas normal et malsain parce qu’on devrait dénoncer les crimes ce qui en sont au lieu de faire croire que ce sont des étapes par lesquelles il faut forcément passer pour avancer dans la vie. Et je trouve ta manière de répondre bien impolie. Ce n’est pas parce que cet article te dérange que tu dois insulter son auteur. Je te conseille donc de réfléchir avant d’envoyer des commentaires aussi immatures que ceux d’un enfant ou pires snobs et sans arguments envers ton interlocuteur pour exprimer ton désaccord.

    • Je reformule ma réponse. Elle s’adresse à toi « Grotesque » qui porte si bien son pseudo.
      se déshabiller devant quelqu’un pour coucher avec lui/elle alors qu’il/elle n’a montré aucun consentement est une agression sexuelle. Le fait de coucher avec quelqu’un par surprise et de l’y contraindre alors qu’il/elle est en état de stress ou de peur, c’est un viol: loi. Le fait de montrer des partenaires/couples le faire dans la série, c’est à la limite du viol du conjugal. Oui, c’est normaliser le viol et encourager la culture du viol. Donc non, ce n’est pas normal et malsain parce qu’on devrait dénoncer les crimes ce qui en sont au lieu de faire croire que ce sont des étapes par lesquelles il faut forcément passer pour avancer dans la vie. Et je trouve ta manière de répondre bien impolie. Ce n’est pas parce que cet article te dérange que tu dois insulter son auteur. Je te conseille donc de réfléchir avant d’envoyer des commentaires aussi immatures que ceux d’un enfant ou pires snobs et sans arguments envers ton interlocuteur pour exprimer ton désaccord.

    • Emy, on est tout simplement face à quelqu’un qui est dérangé par des articles et des points de vues qui dérangent. Mais le point de vue « La télé, le cinoche, c’est juste pour plaire, faut pas cherche plus loin » est malheureusement bien répandu et quand on y voit des « trucs répugnants », les gens qui ne comprennent pas les différents points de vues que les leurs mais surtout qui ont peur des tabous surgissent et gueulent. On peut rien y faire, c’est comme ça:( On peut aller au-delà de ça mais y en a qui peuvent pas. Mais que ceux qui peuvent le fassent.

  2. Bonjour,

    Vous soulevez à nouveau des points très intéressants, mais votre analyse semble si déterminée à prouver ce qu’elle a en tête, qu’elle refuse, semble-t-il, d’envisager plusieurs points de vue.

    1) Le contexte de production de la série et le public de destination : dans une ambiance toujours fort puritaine (vous le soulignez avec le baiser Tara/Willow), pas facile de faire ce qu’on veut de la sexualité adolescente. Pour ces raisons, et pour son statut de série-défricheuse, Buffy est difficilement analysable hors contexte historique et de production.

    2) Plusieurs scène que vous trouvez problématiques ou révélatrices peuvent être interprétées différemment. Le paternalisme de Giles, indéniable au fil de la série, m’a semblé être dénoncé par celle-ci. L’épisode où Xander est poursuivi par des hordes de femmes m’a également semblé être une inversion propice à la critique. Sur certaines affirmations, vous vous contentez d’une saille drolatique en guise d’argument (« les femmes, ces harceleuses de rue » – l’inversion est bien là, quelle effet produit-elle ?) et c’est bien dommage.

    3) Sur la sexualité dangereuse des méchantes – lesdites méchantes sont essentiellement des adultes, tandis que les gentilles sont des gamines. Si l’absence de désir hors couple est effectivement problématique, il me semble que là aussi, vous courbez quelque peu ce que la série montre, de sorte à ce que ça convienne à votre raisonnement.

    Enfin, je voudrais revenir sur cette phrase, qui résume bien les difficultés d’une analyse hors contexte (historique, et de production) : « Elles sont libres mais ont le bon goût de choisir librement une sexualité qui convient plutôt pas mal aux normes patriarcales. La liberté sexuelle montrée, ce n’est jamais d’être asexuelle, bisexuelle, pansexuelle, non-exclusive, et à peine celle d’être lesbienne. »
    Oui, parce que le mode de production/réception est inscrit dans le patriarcat. Nulle question, à cette époque, de montrer aux gamins des schémas trop différents : l’apport de Buffy doit se mesurer à la marge de manoeuvre dont dispose, au sein d’un cahier des charges rigide, Joss Whedon. De la même façon qu’il est délicat d’analyser Matrix sous l’angle du White saviorism parce que le rôle de Neo a été écrit pour, puis refusé par Will Smith (contexte de production), il est délicat de ne recentrer les schémas présents dans Buffy que par rapport à un patriarcat de principe, sans les lier précisément aux conditions réelles de conception.

    Il me semble que cette tendance est souvent présente dans vos analyses, que je lis avec grand intérêt. Cette idée qu’un film (ou série) doit présenter un modèle politiquement viable, indépendamment de la date ou du contexte de réalisation, comme déconnecté d’une histoire des médias qui influence pourtant beaucoup l’aspect politique ; alors même que le principe du trope, par exemple, n’existe que par la répétition de film en film.

    Bonne continuation,
    Cordialement.

    • C’est marrant, parce qu’avec cet argument de « l’époque et de son contexte », on en arrive à : « bouh, le Moyen-âge, tous des sauvages », « oui, mais en 1950, c’était des arriéré-e-s », puis « oui, mais vous comprenez, les années 70 », enfin « ouhlala, attention les années 90 c’était des puritains ». Attention, encore un peu et on se rapproche dangereusement des années 2010… Qui ne sont pas si différente finalement, en fait.
      A croire que l’on se base uniquement sur les éléments de culture que l’on veut bien voir pour juger d’une époque, et jamais les discours, oeuvres et actions des gens qui faisaient entendre leur voix – déjà l’époque ! – contre des oppressions, stigmatisations, discriminations.

      Et puis dans tous les cas, cela ne change rien au fait que ces oeuvres sont regardées aujourd’hui dans un contexte dont on ne peut pas vraiment dire qu’il a beaucoup évolué sur ces points. On peut tout à faire analyser le discours de Buffy et ses tenants politiques, avec ou sans prendre en compte le contexte de production, mais toujours en prenant en compte le contexte de réception. Peut-être que le cahier des charges est rigide, peut-être Joss Whedon fait de son mieux : cela n’empêche que le résultat contient des choses problématiques aussi bien que des choses positives.

      • Vous dites cela parce que vous ne connaissez pas les séries et films produits au Moyen-âge, qui sont politiquement remarquables !

        Plus sérieusement, chaque époque a ses spécificités, et la nôtre n’y déroge pas. C’est l’éternel débat, Proust vs Sainte-Beuve, faut-il faire appel à l’extérieur de l’oeuvre pour l’analyser ? Dans le cadre d’une production collective et standardisée telle que celle de séries ou de films, je crois que c’est effectivement essentiel. Parce qu’on ne conçoit pas les séries de la même façon avant ou après les Soprano, par exemple ; qu’avant Buffy, il est inimaginable de montrer – à des ados, qui plus est – un baiser lesbien à la télévision. De la même façon, il est intéressant de noter les décisions qui appartiennent au showrunner, celles des scénaristes, des monteurs, des producteurs, etc – c’est ce qui rend le cinéma si passionnant, et si difficile, à analyser.

        Disons, en résumé, qu’analyser le discours politique de Buffy en faisant abstraction de son contexte de production, c’est nier que la lutte contre les oppressions est une trajectoire, et qu’une oeuvre peut être politiquement importante sans être politiquement irréprochable – parce qu’elle ouvre des portes, ici dans un univers standardisé, à davantage de variété.

        Ceci étant dit, je crois qu’on en fait trop avec le féminisme de Buffy – et plus largement, de Whedon – qui reste un féminisme de posture, rarement réfléchi en finesse. Mais le risque de contresens me semble grand lorsqu’on choisit de rompre les liens entre une oeuvre nécessairement contextuelle, et ledit contexte.

    • Douffie Shprinzel

      Merci pour votre commentaire.

      Il me semble que cette tendance est souvent présente dans vos analyses, que je lis avec grand intérêt.

      Je ne sais pas si vous vous adressez à moi ou à l’équipe du site, mais j’en profite pour souligner que nous sommes plusieurs. 🙂

      1) Le contexte de production de la série et le public de destination : dans une ambiance toujours fort puritaine (vous le soulignez avec le baiser Tara/Willow), pas facile de faire ce qu’on veut de la sexualité adolescente. Pour ces raisons, et pour son statut de série-défricheuse, Buffy est difficilement analysable hors contexte historique et de production.

      Analyser un film, ce n’est pas faire un procès aux scénaristes ou au réalisateur ; on peut parler des représentations qui nous sont offertes et les analyser, sans nécessairement rentrer dans les détails sur ce qui est dû à qui, non ? Je ne suis pas sûre de ce que vous entendez par « contexte historique ». Il me semble que je fais régulièrement le lien avec le contexte sociologique, et je ne pense pas qu’il ait changé du tout au tout en quinze ans. La culture du viol, les représentations sexistes de la sexualité, dont je parle dans l’article n’ont pas tant évolué.

      2) Plusieurs scène que vous trouvez problématiques ou révélatrices peuvent être interprétées différemment. Le paternalisme de Giles, indéniable au fil de la série, m’a semblé être dénoncé par celle-ci. L’épisode où Xander est poursuivi par des hordes de femmes m’a également semblé être une inversion propice à la critique. Sur certaines affirmations, vous vous contentez d’une saille drolatique en guise d’argument (« les femmes, ces harceleuses de rue » – l’inversion est bien là, quelle effet produit-elle ?) et c’est bien dommage.

      Je vois ce que vous voulez dire sur le fait que l’inversion d’une situation genrée peut être propice à la critique, mais il ne me semble pas du tout que ce soit le cas avec les sorts d’amour. Je pense que si on avait voulu dénoncer un comportement masculin (déjà, on aurait pu le faire directement en mettant en scène des mecs à la place de harceleurs…), il aurait fallu que la scène fasse écho à un comportement masculin, ou en tout cas qu’on ait un élément qui nous permette d’appuyer cela. Par exemple, si des femmes s’étaient plaintes du harcèlement de rue, qu’Alexander avait dit « mais c’est des compliments, et moi j’aimerais trop que des filles me fassent cela »…si là, un sort d’amour s’était appliqué et les femmes avaient eu le même comportement, les mêmes discours que ceux des hommes, alors j’aurais vu une dénonciation. Au contraire, dans cette scène, rien ne fait écho à un comportement masculin, la manière dont les femmes font peur est très empreinte de « féminin » (cris suraigus, séduction montrée comme « grotesque » pour attirer Alexander avec des strip-teases…).

      3) Sur la sexualité dangereuse des méchantes – lesdites méchantes sont essentiellement des adultes, tandis que les gentilles sont des gamines. Si l’absence de désir hors couple est effectivement problématique, il me semble que là aussi, vous courbez quelque peu ce que la série montre, de sorte à ce que ça convienne à votre raisonnement.

      1) Et les hommes méchants sans sexualité par opposition aux jeunes hommes gentils dont on appuie bien la sexualité ? L’âge ne paraît plus si fondamental alors…

      2) Alexander a le même âge que Buffy, et lui a droit à plein de références sur le fait qu’il se masturbe, contrairement à Buffy.
      Les deux Willow ont bien sûr le même âge.
      Faith a le même âge que Buffy. Etc…

      3) Ce qui me pose problème n’est bien évidemment pas le fait que des femmes aient une sexualité, mais la manière dont celle-ci s’inscrit dans la description de leur dangerosité.

      Oui, parce que le mode de production/réception est inscrit dans le patriarcat. Nulle question, à cette époque, de montrer aux gamins des schémas trop différents : l’apport de Buffy doit se mesurer à la marge de manoeuvre dont dispose, au sein d’un cahier des charges rigide, Joss Whedon. De la même façon qu’il est délicat d’analyser Matrix sous l’angle du White saviorism parce que le rôle de Neo a été écrit pour, puis refusé par Will Smith (contexte de production), il est délicat de ne recentrer les schémas présents dans Buffy que par rapport à un patriarcat de principe, sans les lier précisément aux conditions réelles de conception.

      Je vois ce que vous voulez dire, mais je ne suis qu’assez peu d’accord; car Whedon en interview me semble présenter le même « féminisme » qui me gêne par de nombreux côtés que dans Buffy; et tous les films ou séries ne se valent pas politiquement, pourtant ils sont faits dans le même contexte.
      Mais de toute façon, je crois que je considère surtout cette question comme moins centrale que vous. Au final, détacher un patriarcat de principe et un patriarcat liés à des conditions réelles, bon…il y a aussi un travail à faire sur les pressions subies par les scénaristes/réalisateurices, oui. Mais on peut analyser les oeuvres sous l’angle de ce qui nous est présenté à l’écran au final.

      • Bonjour Douffie Shprinzel, et merci pour votre réponse.

        Par « contexte historique », j’entends « de production » : au moment de Buffy, certaines choses n’étaient pas évoquées dans les teen dramas, de la même façon que le personnage père de Chandler, dont le traitement est politiquement problématique dans Friends, est néanmoins un apport de la série dans la variété des représentations, ici pour le genre « sitcom ». Par petites touches, les codes de production des séries sont modifiés par de telles décisions scénaristiques, et le risque de faire abstraction du contexte, c’est de ne retenir que le problématique du traitement, sans évoquer l’apport dans la trajectoire de la lutte, si vous voyez ce que je veux dire.

        Sur la sexualité de Xander, cela m’apparaît davantage comme une décision classiste – renforcer la vulgarité du personnage – que sexiste. Mais là, c’est une question de point de vue, j’imagine, et le vôtre est très intéressant.

        Sur votre dernier paragraphe de commentaire : non, le contexte de production à HBO n’est pas le même que sur the WB. Je vous rejoins néanmoins sur l’aspect problématique du féminisme de Whedon, un peu rapidement propulsé « poster boy » des alliés.

        Je pense, enfin, que le danger de se limiter à « ce qui nous est présenté à l’écran » est double : d’une part, comme dit plus haut, on risque d’aplatir l’histoire des contextes de production, et de nier les apports historiques de certaines propositions pourtant problématiques. D’autre part, c’est l’aspect allégorique des séries que vous risquez d’ignorer (comme dans cette série d’articles sur Buffy) : vous concentrant sur les modèles concrets de représentations, vous mettez de côté les propositions métaphoriques, sans aller jusqu’à philosophiques, qu’effectue la série. Ce que représentent les vampires, la relation aux monstres, comment s’inscrit le traitement de la sexualité, non pas seulement dans le champ global des représentations, mais aussi dans le projet local de Whedon : si, par exemple, la sexualité masculine est problématique à l’écran, c’est peut-être aussi une volonté politique en coulisses, qui n’apparaît pas nécessairement au degré auquel vous analysez la production (j’ignore si je suis très clair) : de la même manière que pour moi, l’épisode d’inversion du harcèlement est une dénonciation, en vous concentrant sur les modèles de représentation, vous les aplatissez en quelque sorte à un premier degré obligatoire. C’est regrettable, mais ça n’enlève rien à votre série d’article, passionnante et pertinente, qui m’aura beaucoup apporté dans la réflexion.

    • Je partage l’avis précédent. Vous avez tendance à vous servir uniquement des scènes qui peuvent illustrer votre raisonnement a priori, ce qui limite vos analyses, voire s’avère contre productif: on ne retient que le côté mauvaise foi… comme dans un article de Vincent Malausa.

      • Douffie Shprinzel

        Au contraire, en tant que spectatrice j’aime beaucoup la série et ça m’a plutôt fait chier de voir à quel point sa représentation de la sexualité était affligeante. Mais si vous voulez détailler en quoi certaines scènes dont je ne parle pas sont plus positives, n’hésitez pas.

    • Un mot sur les conditions de production et de réalisation : oui elles sont importantes quand on éclaire une oeuvre comme vous voulez le faire, sous l’angle de la représentation de sexualité féminine à l’écran : prenez par exemple l’horrible « Dernier tango à Paris »,qui pour le coup a inclus cette culture du viol dès le tournage, avec des conséquences désastreuses pour la vie et la carrière de Maria Schneider.

  3. Il est intéressant de voir ces problèmes dans le traitement de la sexualité dans une série qui, pourtant, a un souhait réel de féminisme et de célébration du girl power. Cela montre que même avec la meilleure volonté du monde, il est difficile de quitter les schémas patriarcaux.

    Qulques points de desaccord : La critique sur le comportement de Spike : il ne faut pas oublier qu’à ce moment, il est encore sans âme, donc maléfique, et le comportement abusif qu’il a vis à vis de Buffy n’est jamais cautionné. De plus, la tentative de viol sur Buffy sans la saison 6 est montré de manière montrant de caractère traumatisant pour la femme.
    Sur la question d’Angel perdant son âme : Buffy culpabilise, mais la série montre de manière sans équivoque que la vraie responsabilité ne vient absolument pas d’elle, mais du fait de l’absence d’information sur la malédiction sur Angel. Dire que Giles ne cherche pas à déculpabiliser Buffy est injuste. A contrario, la saison 3 montre les deux personnages souhaitant contrôler, notamment Angel, leur sexualité tout en ayant une relation positive.

    Il est effectivement regrettable que trop souvent, la sexualité féminine entreprenante avec des femmes montrant explicitement leur désir et leur libido soit considérée de manière péjorative.

    Un point que je souhaite développer : je pense que l’un des fondements de la société patriarcale est effectivement l’axiome que l’homme a des désirs sexuels qu’il ne peut pas contrôler. Et pourquoi cela? Parce que si un homme contrôle ses pulsions sexuelles, d’une manière ou d’une autre, cela signifiera qu’il aura beaucoup moins de motivations de contrôler les femmes, car il sentira moins le « pouvoir des femmes de susciter le désir » comme source de faiblesse.
    Un système oppressif est détruit bien plus efficacement quand l’oppresseur devient passif et perd la motivation d’opprimer que du fait d’une révolte des victimes de l’oppression, même si ces révoltes restent essentielles.
    Un exemple classique est la chute du bloc de l’Est en Europe dans les données 80-90, avec la chute du Mur de Berlin : si les mouvements contestataires dans les pays opprimés ont joué un rôle majeur, ce qui a surtout permis la fin de la Guerre Froide en Europe a été le refus du dirigeant soviétique de l’époque, Mikhail Gorbatchev, de réprimer les mouvements de libération, donc la passivité de l’oppresseur face à la révolte (pour résumer, il a gagné un Prix Nobel de la paix simplement pour n’avoir rien fait)

    Pour en revenir au système patriarcal, une sexualité vue comme hors de contrôle par les hommes et une vision péjorative des hommes sans sexualité est essentielle pour le maintien de ce système : il existe un modèle d’une société très patriarcale qui est ébranlé justement par une révolte ne veant pas des femmes, mais des hommes : le Japon.
    Le Japon a une des sociétés les plus sexistes dans le monde : et ce pays pourtant voit l’émergence des hommes « herbivores », des hommes refusant l’ambition à tout prix, peu portés sur le sexe, ayant des centres d’intérêt connotés comme « féminins », consommant peu (les ventes de voitures souffrent, car ils ne sont pas intéressés) : ces hommes se sont révoltés contre un système avec un homme travaillant sans cesse, ambitieux, rapportant plein d’argent, mais absent pour sa famille, le modèle du « chef de famille ». La crise économique au Japon a bien sur favorisé l’emergence de ce profil, avec la perte de la sécurité de l’emploi.
    Et bien sur, ces hommes sont vus de manière extrêmement péjorative, puisqu’ils sont considérés comme responsables de la crise démographique du Japon, de la stagnation économique, car ils ne veulent pas se tuer au travail, ni consommer à outrance, et, comble de l’ironie, les femmes n’ont aucune attirance pour ces hommes.
    Cette vision péjorative bien sur est liée au fait que ces hommes, plus que les féministes, sont les pires ennemis de la société patriarcale.

    • Il est intéressant de voir ces problèmes dans le traitement de la sexualité dans une série qui, pourtant, a un souhait réel de féminisme et de célébration du girl power. Cela montre que même avec la meilleure volonté du monde, il est difficile de quitter les schémas patriarcaux.

      Intéressant…et déprimant. Après pour la volonté de la série, c’est difficile d’en parler (ne serait-ce qu’à cause de la pluralité des gens derrière la série), mais j’en profite pour rappeler que les viols, avec la meilleure volonté du monde, ça n’arriverait pas. (Parce qu’on présente souvent le sujet comme un truc qui nous dépasserait, alors que non, quoi.)

      La critique sur le comportement de Spike : il ne faut pas oublier qu’à ce moment, il est encore sans âme, donc maléfique, et le comportement abusif qu’il a vis à vis de Buffy n’est jamais cautionné. De plus, la tentative de viol sur Buffy sans la saison 6 est montré de manière montrant de caractère traumatisant pour la femme.

      Pour la tentative de viol, je suis d’accord qu’elle est dénoncée comme telle, mais comme je le dis dans l’article, je trouve que ça pousse d’autant plus le reste vers une sexualité non abusive. Après, oui, leur relation n’est clairement pas montrée comme un truc idéal et très « sain », mais je trouve que la distance que la série prend avec la relation ne se trouve pas là pour les bonnes raisons. Justement tous les viols et agressions sexuelles ne sont pas dénoncées comme telles (sérieusement, on ne compte plus le nombre de « non », « arrête » que Buffy prononce…). Ce sont des scènes plutôt excitantes que glauques. Évidemment, cela dépend aussi du/de la spectateurice, mais la plupart des gens que je connais (et moi incluse) sont sensibles au charme de Spike; c’est un personnage assez attachant (au moins en tant que personnage de série, je pense que dans la vie, ça serait une autre histoire !), vous ne trouvez pas ?

      Un système oppressif est détruit bien plus efficacement quand l’oppresseur devient passif et perd la motivation d’opprimer que du fait d’une révolte des victimes de l’oppression, même si ces révoltes restent essentielles.

      Je trouve ça bizarre comme formulation, très théorique et détachée de la réalité des luttes.

      Un exemple classique est la chute du bloc de l’Est en Europe dans les données 80-90, avec la chute du Mur de Berlin : si les mouvements contestataires dans les pays opprimés ont joué un rôle majeur, ce qui a surtout permis la fin de la Guerre Froide en Europe a été le refus du dirigeant soviétique de l’époque, Mikhail Gorbatchev, de réprimer les mouvements de libération, donc la passivité de l’oppresseur face à la révolte (pour résumer, il a gagné un Prix Nobel de la paix simplement pour n’avoir rien fait)

      Je ne suis pas une experte de la guerre froide mais j’éprouve de la suspicion envers cette analyse; à vous lire, on dirait qu’avec un autre dirigeant, la guerre froide aurait duré plus longtemps, comme si l’histoire et les progrès sociaux étaient le fait de les chefs d’État. Vous citez le prix Nobel car vous pensez que ça représente une sorte de conclusion/vérité de l’histoire ?

      De plus, ce que vous appelez « passivité de l’oppresseur » m’évoque davantage une capitulation sur certains droits durement acquis par les opprimé.e.s !

      Enfin je ne comprends pas très bien cette histoire d’herbivores du Japon (sur lequel il y aurait sans doute des choses à dire, hein, mais je pense que si je m’y mettais, à vue de pif, ça serait encore une fois sur un ton suspicieux), mais je réagis sur une chose :

      ils ne veulent pas se tuer au travail, ni consommer à outrance, et, comble de l’ironie, les femmes n’ont aucune attirance pour ces hommes

      Déjà je doute que cette généralisation soit vraie; et quand bien même, les femmes n’ont aucun devoir de récompenser les hommes trop bien déconstruits avec de la sexualité…qu’est-ce que ça sous-entend comme phrase ?!

      Cette vision péjorative bien sur est liée au fait que ces hommes, plus que les féministes, sont les pires ennemis de la société patriarcale.

      Eh, oh, si le patriarcat recule, c’est grâce à des femmes ou genderqueer super courageux.ses qui s’en prennent plein la gueule, pas à des gentils mecs cis (qui ne sont même pas récompensés avec du sexe, pauvres choux).

      Désolée pour le ton de ma réponse, j’ai eu du mal à faire mieux.

      • Je trouve ça bizarre comme formulation, très théorique et détachée de la réalité des luttes.

        Mais est ce faux? Par exemple, le fait que les femmes aient obtenu le droit de vote, ou même la contraception et l’avortement. Même si beaucoup d’hommes se sont opposés à ces avancés, est ce que la majorité des hommes souhaitent revenir sur ces acquis? Les milieux opposés à l’avortement et à la contraception sont plus marqués par des positions de type religieuses que par un sex ratio complètement masculin, car en fait, contrairement à ce que bien des féministes pensent, le droit des femmes à la contraception et à l’avortement arrange beaucoup une bonne partie des hommes, car ils ont encore moins à se soucier de leurs responsabilités lorsqu’ils ont du sexe.

        à vous lire, on dirait qu’avec un autre dirigeant, la guerre froide aurait duré plus longtemps, comme si l’histoire et les progrès sociaux étaient le fait de les chefs d’État.

        La persistance de la dictature communiste dans des pays comme la Chine, la Corée du Nord ou Cuba prouve que le chef d’état compte. De plus, on ne peut pas dire que la Russie soit devenue tellement plus progressiste après la Guerre Froide (Poutine le montre bien). Il est peu probable que Poutine aurait laissé faire ce que Gorbatchev a laissé faire.

        De plus, ce que vous appelez « passivité de l’oppresseur » m’évoque davantage une capitulation sur certains droits durement acquis par les opprimé.e.s !

        Oui, mais pourquoi capituleraient ils? Vu que la société est encore patriarcale, ils pourraient avoir le pouvoir de contre attaquer. Après tout, la mondialisation et l’accès à la main d’oeuvre bon marché menace les droits des salariés face aux patrons dans les pays développés.

        et quand bien même, les femmes n’ont aucun devoir de récompenser les hommes trop bien déconstruits avec de la sexualité

        Tout a fait d’accord sur le principe. Mais les femmes ne peuvent ignorer que donner son consentement au sexe à un homme, c’est le récompenser, valider son attitude, ce qu’il est, et cela qu’elle le veuille ou non. Le prestige social d’un homme hétérosexuel est extrêmement lié à son succès auprès des femmes, et même si d’autres paramètres, comme le succès professionnel et la richesse interviennent aussi, il est indéniable que plus un homme a du succès auprès des femmes, plus il est valorisé socialement, et plus il aura de la confiance en soi et de l’estime de soi. Et cela d’autant plus qu’il y a souvent corrélation entre succès professionnel et financier chez un homme et succès sexuel.

        Ignorer ce principe correspond à ignorer que lorsque l’on mange de la viande bovine, on favorise la déforestation dans le monde, et que manger du Nutella (avec de l’huile de palme) cautionne la destruction de la forêt indonésienne.

        Une femme n’a pas à récompenser un homme parce qu’il se comporte bien; mais si elle couche avec un homme qui se comporte mal, qu’elle le veuille ou non, elle le récompense.

        Eh, oh, si le patriarcat recule, c’est grâce à des femmes ou genderqueer super courageux.ses qui s’en prennent plein la gueule, pas à des gentils mecs cis

        Ah oui? Et le fait que ces gentils mecs cis entraînent une division chez l’ennemi homme cis, en empêchant les affreux hommes hétéro d’avoir un front uni contre les femmes, cela n’aide pas?

        • PS : des hommes cis ont joué un rôle important dans les progrès des droits des femmes en France :
          -Droit de vote des femmes en France : Charles de Gaulle
          -Droit à a contraception : Lucien Neuwirth
          -Droit à l’avortement : il est évident que Valery Giscard D’Estaing a incontestablement aidé Simone Veil en lui apportant son soutien.

          Donc, oui, des hommes cis ont aussi participé au recul de lois patriarcales.

        • va bouffer tes cookies fourrés au Nutella sans huile de palme ailleurs

      • Pour en revenir au système patriarcal, une sexualité vue comme hors de contrôle par les hommes et une vision péjorative des hommes sans sexualité est essentielle pour le maintien de ce système : il existe un modèle d’une société très patriarcale qui est ébranlé justement par une révolte ne veant pas des femmes, mais des hommes : le Japon.
        Le Japon a une des sociétés les plus sexistes dans le monde : et ce pays pourtant voit l’émergence des hommes « herbivores », des hommes refusant l’ambition à tout prix, peu portés sur le sexe, ayant des centres d’intérêt connotés comme « féminins », consommant peu (les ventes de voitures souffrent, car ils ne sont pas intéressés) : ces hommes se sont révoltés contre un système avec un homme travaillant sans cesse, ambitieux, rapportant plein d’argent, mais absent pour sa famille, le modèle du « chef de famille ». La crise économique au Japon a bien sur favorisé l’emergence de ce profil, avec la perte de la sécurité de l’emploi.

        Alors là, pas d’accord du tout !
        Je me permets de préciser que le changement de la société japonaise a commencé lorsque des femmes ont décidé de ne plus jouer le rôle traditionnel, de ne plus se marier, de divorcer, de continuer à travailler même après le mariage et les enfants et ont monté leur entreprise… Cela a été possible parce que les femmes étaient laissées tranquilles quant aux attentes de la société et pouvaient donc consommer (le pouvoir d’achat est quasiment exclusivement détenu par les femmes au Japon) alors que les hommes devaient faire carrière, rester au travail, etc… (à cause de la société patriarcale qui le leur demandait)
        Des hommes qui ne souhaitaient plus vivre de cette façon ont alors pu s’engouffrer dans cette brèche et vivre comme ils l’entendent…
        Du coup, mettre cette mutation de société japonaise au crédit des hommes, je trouve ça très gonflé !

        Par ailleurs, ces hommes moins machos n’ont absolument pas moins de succès auprès des jeunes japonaises, c’est une fausse croyance perdurée par la représentation volontairement machiste des médias pour ne pas « perturber l’ordre social », et ça je l’ai constaté en vrai !

        D’ailleurs, de plus en plus de japonais se mettent aux travaux ménager, au partage des tâches, à l’éducation des enfants, etc… Et ce sont ceux qui refusent de changer et de perdre leurs privilèges qui restent souvent seuls, c’est pour ça qu’il y a autant de célibataires masculins au Japon, parce qu’ils ont refusé d’évoluer et de suivre les femmes dans l’égalité qu’elles souhaitent !

        • Cela a été possible parce que les femmes étaient laissées tranquilles quant aux attentes de la société et pouvaient donc consommer (le pouvoir d’achat est quasiment exclusivement détenu par les femmes au Japon)

          Lol ; la société patriarcale tellement bancale, qu’elle donne, sans le vouloir, du pouvoir aux femmes. Quelle ironie.

          Du coup, mettre cette mutation de société japonaise au crédit des hommes, je trouve ça très gonflé !

          Non; mais on ne peut pas dire que ces hommes ont freiné cette tendance à la libération des femmes.

          Par ailleurs, ces hommes moins machos n’ont absolument pas moins de succès auprès des jeunes japonaises, c’est une fausse croyance perdurée par la représentation volontairement machiste des médias pour ne pas « perturber l’ordre social », et ça je l’ai constaté en vrai !

          Si c’est vrai, tant mieux

          D’ailleurs, de plus en plus de japonais se mettent aux travaux ménager, au partage des tâches, à l’éducation des enfants, etc… Et ce sont ceux qui refusent de changer et de perdre leurs privilèges qui restent souvent seuls, c’est pour ça qu’il y a autant de célibataires masculins au Japon, parce qu’ils ont refusé d’évoluer et de suivre les femmes dans l’égalité qu’elles souhaitent !

          Traduction : ils paient leur machisme par de la frustration sexuelle : donc, cela rejoint ce que j’ai dit plus haut, et qui rend cette libération des femmes d’autant plus efficace.

          • Lol ; la société patriarcale tellement bancale, qu’elle donne, sans le vouloir, du pouvoir aux femmes. Quelle ironie.

            Vous n’avez pas compris ce que j’ai écrit : la société japonaise n’exigeait rien des femmes dans le domaine professionnel (ce qui n’est pas le cas du domaine personnelle => apparence, âge, ménage, enfants…).
            De fait, confinées à la maison et les hommes au boulot de 4h du matin jusqu’à 22-23h, elles faisaient les courses et tout ce qui avait attrait au domaine de la consommation, ce qui a permis d’avoir un pouvoir certain et de commencer à renverser la balance (si les femmes japonaises arrêtaient de consommer, la société japonaise – du moins financièrement – s’écroulerait).

            Mais si vous voulez de l’ironie, je dirais que cette société extrêmement patriarcale a scié elle-même la branche sur laquelle elle était assise puisque la plupart des biens consommés au Japon (en dehors des besoins primaires tels que la nourriture) ont un rapport avec ce que la société exige des femmes (beauté, habillement, ménage et enfants…)

            Non; mais on ne peut pas dire que ces hommes ont freiné cette tendance à la libération des femmes.

            Qu’ils y aient contribué n’a rien à voir avec en être les instigateurs, comme vous l’avez plus que sous-entendu.

            Par ailleurs, ces hommes moins machos n’ont absolument pas moins de succès auprès des jeunes japonaises, c’est une fausse croyance perdurée par la représentation volontairement machiste des médias pour ne pas « perturber l’ordre social », et ça je l’ai constaté en vrai !

            Si c’est vrai, tant mieux

            Ah… donc vous avez affirmé haut et fort le contraire alors qu’en fait vous n’en saviez rien du tout ?!?

            Mais les femmes ne peuvent ignorer que donner son consentement au sexe à un homme, c’est le récompenser, valider son attitude, ce qu’il est, et cela qu’elle le veuille ou non.

            Vous êtes sérieux là ?!? Parce que si c’est le cas, je vous conseille juste de sérieusement revoir votre conception de la sexualité… une récompense, non mais n’importe quoi ! (que ce soit du côté masculin ou féminin d’ailleurs)

          • Comme exemple de société où la « féminisation » des hommes n’est pas mal vue et n’empêche absolument pas le mariage ou la sexualité des deux côtés (au contraire !), vous avez les Minangkabau en Indonésie et Malaisie par exemple (qui sont quand même quasiment 8 millions)… Je pense qu’ils ont beaucoup de choses à apprendre à nos sociétés patriarcales… 🙂

          • Si ce n’est pas une récompense, alors c’est quoi ?

            Jeux, partage, procréation, intimité, échange…
            Ce ne sont pourtant par les termes qui manquent… On est récompensé avec un cadeau, un bonbon, un objet, pas avec une personne ! C’est pourtant pas difficile à comprendre il me semble (enfin pour moi) ?!?

            Votre vision de la sexualité me paraît problématique dans le sens où elle sous-entend typiquement ce que dit la culture du viol, à savoir que si un homme est gentil, attentionné, dépense de l’argent (restaurant, cinéma, cadeaux et j’en passe) pour une femme, alors elle doit le récompenser avec du sexe !
            Le sexe n’est pas une récompense pour, une personne ne « doit » jamais une relation sexuelle, peut importe ce que l’autre a dit ou fait !

          • Tenez, cadeau : http://www.madmoizelle.com/femme-doit-sexe-infographie-273858

            C’est valable bien sûr aussi du côté des hommes, transsexuels, hermaphrodites, animaux, enfin de tout être vivant quoi !

          • Et pouvoir avoir l’opportunité d’avoir ces expériences agréables, partagées il est vrai, mais agréables plutôt que de rester seul, isolé et triste, ce n’est pas une récompense ?

            Définition de récompense (Larousse) :
            – Ce qui est accordé à quelqu’un en remerciement d’un service rendu ou en reconnaissance d’un mérite particulier
            – Avantage ou sanction qui résultent d’une action, d’un comportement

            Définition de partage :
            – Fait de partager quelque chose avec quelqu’un

            La définition est flagrante pourtant !

            Wow, est ce que j’ai dit cela? Vous me faites dire des choses que je ne pense pas.

            Je recopie ce que vous avez écrit alors => « Est ce que le fait d’avoir l’expérience d’un plaisir difficile d’accès n’est pas la récompense de choix de comportements qui ont permis d’obtenir ce plaisir? Est ce que l’obtention du sexe interactif n’est pas le moteur d’un grand nombre des actions de la plupart des gens, impliquant souvent des efforts? Et l’obtention de ce sexe n’est il pas la récompense de ces efforts?
            Si ce n’est pas une récompense, alors c’est quoi? Ou alors, il faudrait penser que la sexualité solitaire a le même prestige social que le sexe interactif, ce qui n’est pas à mon sens le cas dans les sociétés. Et si le sexe solitaire était considéré comme équivalent au sexe interactif, je pense que les hommes préfèreraient rester chez eux à jouer à la console et à pratiquer la sexualité solitaire plutôt qu’à se prendre la tête dans le jeu de séduction. »

            Cela dit, question, qu’est ce qui détermine que deux personnes vont pouvoir partager les expériences agréables que vous décrivez ?

            Partager, c’est bien le mot… que vous confondez avec récompense, qui n’a pas du tout la même signification…
            S’il y a partage, il ne peut y avoir de récompense puisque personne n’obtient quoi que ce soit de l’autre en échange de son comportement, c’est un partage…
            Exemple : « je cède, même si je n’en ai pas trop envie mais lui oui, parce qu’il m’a gentiment invité au restaurant… »

            Je vous conseille la lecture de cet article par exemple : http://lesquestionscomposent.fr/toutes-des-salopes-ou-le-mythe-du-mec-trop-gentil/
            Il explique très clairement la notion du « mec gentil à qui ont doit du sexe du coup parce qu’il est gentil »…
            Et quand vous qualifié le sexe de récompense, c’est exactement ce que vous dites, vous estimez qu’un comportement précis doit amener une réponse précise de la part de la personne en face et qu’elle vous « doit » du sexe du coup (culture du viol donc)

          • Allez expliquer cela aux femmes délaissées par leur mari ; dans tous les articles que k’ai lu à ce sujet, c’est le mari qui a le mauvais rôle car il ne se soucie pas des besoins de sa femme.
            Si leur mari ne s’occupe nullement d’elles (et donc ne la considère même plus comme leur femme, une personne « intéressante »), ne pensez-vous pas qu’il soit normal que lesdits femmes n’aient pas envie de partager quoique ce soit de sexuel avec eux ?

            Cela ne veut pas dire qu’elles « récompenseront » leur mari avec du sexe s’il se comporte de telle ou telle façon, ça veut dire qu’en se sentant aimées et valorisées, elles auront plus envie de partager une relation sexuelle avec eux…
            Peu de gens ont, en général, volontairement envie de coucher avec une personne qui la traite comme de la m**** ou quantité négligeable…

          • LOL, vous n’avez rien compris à ce que j’ai dit : je parle de femmes qui veulent que leur mari aient du sexe avec eux, et c’est l’homme qui dit non. Dans tous les articles que j’ai lu à ce sujet, le mari, soit était considéré comme étant malade, soit comme un égoiste qui ne répond pas aux besoins de son épouse.

            Eh ben c’est vous qui n’avez pas compris ce que j’ai écrit depuis le début alors, puisque je dis bien qu’on ne « doit » jamais de relation sexuelle…
            Et c’est valable pour n’importe qui ! Donc ces femmes exigeant des rapports sexuels de leurs hommes ont tort…

          • Alors comment expliquez vous que tant de femmes puissent être attirées par des hommes égoïstes, n’ayant pas une personnalité prêtant au partage, et que trop souvent, la relation sexuelle n’a rien de vraiment partagée ?
            => si la relation sexuelle n’est pas partagée de façon totalement consentie, c’est soit un échange commercial (prostitution), soit un viol… Et quant il s’agit de prostitution forcée, c’est également un viol…

            De plus, nier le concept de « récompense » dans le sexe correspond à nier l’existence du concept de « séduction », puisque cela signifie que si il s’agissait d’un partage, tout le monde serait égal à priori dans ce domaine du partage, et que le concept même de faire un effort pour partager une expérience sexuelle n’a pas de sens

            C’est bien ce que je disais… vous devriez sérieusement revoir votre concept de sexualité totalement consentante par les différentes parties…

            Utiliser le fait qu’un homme a du désir sexuel pour vous pour se faire inviter au restaurant, et puis ensuite dire « non je veux pas » n’est pas non plus très sympathique : il vaut mieux, soit payer sa propre consommation (au moins on ne doit rien au mec), soit refuser dès le début l’invitation.
            J’ai déjà invité un homme au restaurant (pour qui j’avais du désir). Et JAMAIS je n’ai considéré du coup que cet homme me devait un rapport sexuel !
            Mais c’est vrai, c’est « pas très sympathique » de refuser d’écarter les cuisses alors qu’il vous a payé à bouffer quoi ! Non mais sérieusement ?!?!?
            J’aime beaucoup votre conception de l’invitation au restaurant d’ailleurs… « utiliser le fait qu’un homme ait du désir sexuel pour vous », comme si on l’avait obligé à nous inviter au restaurant, comme si le fait qu’il éprouve du désir sexuel soit la faute de la personne en face…

            Vous êtes incapable de voir la différence entre le partage et la récompense qui sont deux choses totalement différentes ! Pour vous, une relation sexuelle doit avoir des raisons, faire ci ou ça permettra d’y accéder ou pas, se comporter comme si ou comme ça permettra d’y accéder ou pas, comme si obtenir une relation sexuelle était une sorte de Saint Graal, un but à atteindre en soi, en niant complètement les interactions de deux personnes sincèrement intéressées l’une par l’autre sans espérer que ses moindres paroles, faits, gestes, cadeaux permettent d’obtenir quelque chose de l’autre…
            Votre vision de la sexualité s’apparente davantage à la prostitution (où il n’y a pas d’amour) qu’à des relations consenties entre deux adultes…

            Vous savez quoi ?
            Je pense que vous avez une vision totalement tordue de la sexualité consentie…
            Je pense que vous avez parfaitement intégré la culture du viol…
            Je pense que vous êtes un masculiniste…
            Et je ne comprends pas pourquoi vous continuer à venir sur ce site avec votre façon de penser, si ce n’est pour vous « défouler » et essayer d’imposer votre point de vue machiste et sexiste aux personnes qui essaient de changer un tant soit peu les choses…

            Je me permets aussi de vous rappeler que le nombre énorme de viols que les femmes subissent (en grande majorité) a justement pour justification le fait qu’elles « le doivent » ou qu’elles « servent à ça »…
            Et vous rabaissez également les hommes avec vos propos en les considérant incapables d’avoir une relation égalitaire et totalement consentie avec une autre, à ne jamais rien faire par simple gentillesse ou dévotion, à essayer d’obtenir du sexe en retour de TOUT ce qu’ils font… Heureusement que tous les hommes ne sont pas comme vous, j’en connais d’ailleurs beaucoup (ouf !) qui ne pense pas du tout comme ça !

          • Oui c’est un troll masculiniste Vitany; d’ailleurs je vais de ce pas me connecter en admin et supprimer toute cette merde.

          • Oui c’est un troll masculiniste Vitany; d’ailleurs je vais de ce pas me connecter en admin et supprimer toute cette merde.

            Oh moi je trouve que ce serait génial de tout laisser au contraire… c’est tellement tordu que s’en est presque (je dis bien presque) drôle !
            Et ça montre du même coup le comportement typique d’un masculiniste dont quasiment chacun de ses propos est une hymne à la culture du viol…

          • Bah, j’ai laissé le message original et les réponses avec citations donc il reste pas mal de traces. Autant les remerciements à de Gaulle pour le droit de vote ça m’a fait marrer, autant les justifications de viol, vraiment pas du tout. Désolée !

          • 😉

  4. Cet article me rappelle une citation de la série, quand Oz vient de réaliser qu’étant un loup-garou, il doit s’isoler trois nuits par mois.

    Oz: So maybe it’d be best if I just sorta…
    Willow: What?
    Oz: Well you know like… stayed out of your way for a while.
    Willow: I don’t know. I’m kind of OK with you being in my life.
    Oz: You mean… You’d still…
    Willow: Well, I like you. You’re nice and you’re funny. And you don’t smoke. Yeah, OK, werewolf. That’s not all the time. I mean three days out of the month I’m not much fun to be around either

    Une blague sur les femmes qui sont insupportables pendant leur règles…

  5. J’ai lu avec plaisir tous vos articles sur la série Buffy, dont je suis une grande fan depuis l’adolescence (et ça ne s’est pas démordu depuis).
    Je dois admettre que mon regard sur certaines choses de la série a évolué au fil du temps et des visionnages (j’ai regardé la série en entier plusieurs fois au fil des ans).

    Par exemple, le personnage d’Alexandre Harris, que je n’ai jamais beaucoup aimé, m’est apparu de plus en plus comme un homme particulièrement sexiste, voire même le pire exemple de sexisme ordinaire dans la série comparé à tous les autres personnages masculins… En effet, sous couvert d’être présenté comme le « gentil garçon », il a quasiment à chaque épisodes des comportements ou paroles extrêmement sexistes et dégradants pour les femmes ! Mais personne ne lui en fait le reproche la plupart du temps et c’est souvent considéré comme normal et pas du tout choquant, comme dans la réalité de notre monde malheureusement. Et c’est, je trouve, particulièrement représentatif de notre société où ce genre de choses est considéré comme normal et acceptable…

    Le côté paternaliste de Ruper Giles m’a aussi toujours agacé (bien qu’en – petite – partie justifié par sa place dans la série).

    Maintenant, concernant votre analyse ci-dessus, je me permets juste quelques précisions :

    – Angel ignore la malédiction, mais ce n’est pas juste un orgasme qui le fait perdre son âme, mais bien une osmose totale, complète et parfaite avec sa/son partenaire, que ce soit corps et âme (c’est peut-être précisé dans la série Angel en fait, je ne me rappelle plus)… ça ne change pas votre propos mais ça rend l’événement beaucoup plus exceptionnel dans la série puisque (dans Angel il me semble), il est précisé, quand Angel envisage une relation avec Cordélia et qu’il a peur que reperdre son âme, que ce genre de moments est extrêmement rare donc a peu de chance de se reproduire même s’il est amoureux de Cordélia.

    – Anya, contrairement à ce que vous dites, a une sexualité beaucoup plus active lorsqu’elle est humaine que lorsqu’elle est démone, puisqu’elle était une démone vengeresse spécialisée pour les femmes bafouées. D’ailleurs, il est même dit au court de la série que, pendant les 1000 ans où elle a été démone, elle n’a quasiment eu aucun relation charnelle ni amicale, si ce n’est avec Alfric.

    – J’avais revu l’épisode où on voit pour la première fois Willow et Tara s’embrasser avec les commentaires de Josh Whedon (épisode où Buffy perd sa mère). Il avait expliqué qu’il n’avait pas voulu montrer le premier baiser des deux femmes comme quelque chose d’exceptionnel mais, au contraire, comme quelque chose de naturel et normal, dans un moment hors contexte relation sexuelle.

    – Willow qui prend un air dégoûté parce que la Willow-vampire la touche, ce n’est pas seulement par rapport au fait d’être draguée par une femme, mais par rapport au fait qu’elle commet une agression sexuelle sur elle. Elle se met derrière elle et lui lèche le coup sans son consentement. Si ça ce n’est pas une agression sexuelle (bizarre que vous n’en parliez pas d’ailleurs) !

    – Toute la première partie de la relation Buffy/Spike est malsaine, déjà parce qu’il n’a pas d’âme donc ne peut pas aimer, compatir et j’en passe, d’autre part parce que Buffy est très instable émotionnellement à ce moment-là, essaie de ressentir quelque chose par la violence (elle le dit elle-même, cette relation est en train de la détruire). La tentative de viol finale de Spike est la goutte d’eau de trop dans un engrenage d’agressions et de violences entre ces deux personnages dès le début.
    Pour moi, Spike est un des personnages masculins le moins sexiste de toute la série (je dis bien un des moins, il l’est quand même à de nombreuses reprises).

    – l’épisode où Alex est harcelé par les femmes, je ne l’ai pas du tout vu comme vous par contre. Au contraire, j’ai trouvé que cet épisode démontait bien le côté non-agression habituellement attribué au harcèlement de rue. Au départ, Alex fait ce voeu de plaire à Cordélia (au point qu’elle ne puisse ni manger, ni dormir, ni rien faire à part penser à lui) pour se venger d’elle qui l’a laissé tombé. Le sort tourne mal et c’est finalement toutes les femmes sauf Cordélia qui se retrouve prises dedans. Au début, tout commence gentiment, Alex trouve même plutôt cool de se faire draguer par toutes ces filles… Et puis, petit à petit, ce n’est plus que quelques filles mais toutes, elles le suivent, l’observent dès qu’il passe, le touche sans qu’il le souhaite, etc… (votre photo d’illustration se situe d’ailleurs au bout d’un petit moment, quand Alex commence à sentir que tout devient incontrôlable). Finalement, du fait du sort, plus aucune limite n’est mise et les femmes deviennent dangereuses soit en l’attaquant, soit en s’attaquant entre elles, soit même en essayant de se suicider parce qu’elles ne peuvent pas avoir Alex. De même, lorsqu’Alex se retrouve confronté à Giles en lui avouant la vérité pour qu’il l’aide à s’en sortir, celui-ci lui fait bien sentir que ce qu’il a fait est inacceptable et les filles de son entourage, à la fin de l’épisode, sont sérieusement remontées contre lui. Pour moi, cet épisode démontre parfaitement à quoi sont confrontées les femmes au quotidien avec le harcèlement de rue, et que l’argument du « mais c’est sympa de se faire draguer au final » tombe vite à plat pour montrer que le harcèlement, c’est insupportable pour la personne qui en est victime. Donc cet épisode, je l’ai vu exactement à l’opposé de vous ! ^_^

    – Pour finir, je ne suis pas d’accord avec le début de votre article. Non, il n’est pas toujours nécessaire de parler et de détailler par le menu quand on est attiré par quelqu’un. Parfois, ça se passe de mots (en tous cas de mots se rapportant au rapport sexuel)…

    En tous cas merci pour tous ces articles et réflexions !

    • Je confirme : dans la série « Angel », on voit qu’il peut avoir des relations sexuelles sans perdre son âme, si il ne ressent pas l’amour parfait pour la personne avec qui il a cette relation.

    • J’ai lu avec plaisir tous vos articles sur la série Buffy, dont je suis une grande fan depuis l’adolescence (et ça ne s’est pas démordu depuis).

      Merci ! 🙂

      Par exemple, le personnage d’Alexandre Harris, que je n’ai jamais beaucoup aimé, m’est apparu de plus en plus comme un homme particulièrement sexiste, voire même le pire exemple de sexisme ordinaire dans la série comparé à tous les autres personnages masculins… En effet, sous couvert d’être présenté comme le « gentil garçon », il a quasiment à chaque épisodes des comportements ou paroles extrêmement sexistes et dégradants pour les femmes ! Mais personne ne lui en fait le reproche la plupart du temps et c’est souvent considéré comme normal et pas du tout choquant, comme dans la réalité de notre monde malheureusement. Et c’est, je trouve, particulièrement représentatif de notre société où ce genre de choses est considéré comme normal et acceptable…

      Je suis mille fois d’accord, d’ailleurs j’avais écrit un paragraphe comme ça, je m’en rappelle maintenant, il a dû se perdre au fil des remaniements et réorganisations des articles !
      Je trouve effectivement qu’Alexander représente vraiment le « type normal » par excellence et que ses comportements problématiques en sont quasiment essentialisés comme des traits masculins « naturels ».

      Angel ignore la malédiction, mais ce n’est pas juste un orgasme qui le fait perdre son âme, mais bien une osmose totale, complète et parfaite avec sa/son partenaire, que ce soit corps et âme (c’est peut-être précisé dans la série Angel en fait, je ne me rappelle plus)… ça ne change pas votre propos mais ça rend l’événement beaucoup plus exceptionnel dans la série puisque (dans Angel il me semble), il est précisé, quand Angel envisage une relation avec Cordélia et qu’il a peur que reperdre son âme, que ce genre de moments est extrêmement rare donc a peu de chance de se reproduire même s’il est amoureux de Cordélia.

      Hm si dans la série à un moment il perd son âme en ayant une hallucination où il fait l’amour avec Cordélia !
      Sinon je suis bien d’accord, la série ne montre pas ça comme « juste un orgasme », mais ça reste quand même vachement lié au sexe, cet état qui va transformer un homme du tout au tout…au final, qu’il faille qu’il soit amoureux rajoute une dimension supplémentaire, où ce qui va éveiller le monstre enfoui de l’homme, c’est l’amour/le sexe pour une femme, mais ça reste le même genre de dynamique non ?

      Anya, contrairement à ce que vous dites, a une sexualité beaucoup plus active lorsqu’elle est humaine que lorsqu’elle est démone, puisqu’elle était une démone vengeresse spécialisée pour les femmes bafouées.

      Mais quand elle est humaine, il y a des phases où elle est plus « méchante » que d’autres. Je trouve qu’au début, elle a une relation presque que sexuelle avec Alexander, et plus elle devient préoccupée par ce qui se passe autour d’elle, et plus ça évolue en relation amoureuse plutôt que juste sexuelle.

      J’avais revu l’épisode où on voit pour la première fois Willow et Tara s’embrasser avec les commentaires de Josh Whedon (épisode où Buffy perd sa mère). Il avait expliqué qu’il n’avait pas voulu montrer le premier baiser des deux femmes comme quelque chose d’exceptionnel mais, au contraire, comme quelque chose de naturel et normal, dans un moment hors contexte relation sexuelle.

      Oui c’est bien comme ça que je perçois les choses. Pourquoi, j’ai dit quelque chose qui sous-entend le contraire ?

      Willow qui prend un air dégoûté parce que la Willow-vampire la touche, ce n’est pas seulement par rapport au fait d’être draguée par une femme, mais par rapport au fait qu’elle commet une agression sexuelle sur elle. Elle se met derrière elle et lui lèche le coup sans son consentement. Si ça ce n’est pas une agression sexuelle (bizarre que vous n’en parliez pas d’ailleurs) !

      Effectivement, je pourrais en parler (je vais probablement éditer l’article à un moment dans les prochains jours là-dessus). Mais en fait, je trouve que toutes ces agressions sexuelles sont vachement banalisées par la série (ce qui n’empêche effectivement pas de mentionner que c’en est une). Là il me semble que la cause du dégoût de Willow c’est la sexualité explicite de son double; qu’il s’agit plus d’une sexualité féminine dangereuse que d’une agression sexuelle dénoncée en tant que telle (je sais pas si je suis claire ?).

      Toute la première partie de la relation Buffy/Spike est malsaine, déjà parce qu’il n’a pas d’âme donc ne peut pas aimer, compatir et j’en passe, d’autre part parce que Buffy est très instable émotionnellement à ce moment-là, essaie de ressentir quelque chose par la violence (elle le dit elle-même, cette relation est en train de la détruire). La tentative de viol finale de Spike est la goutte d’eau de trop dans un engrenage d’agressions et de violences entre ces deux personnages dès le début.
      Pour moi, Spike est un des personnages masculins le moins sexiste de toute la série (je dis bien un des moins, il l’est quand même à de nombreuses reprises).

      Je trouve que l’âme ou l’absence d’âme de Spike, c’est une grosse arnaque scénaristique qui permet de représenter ce que les scénaristes/réalisateurices avaient envie de représenter en se lavant les mains de cette façon, vous voyez ce que je veux dire ?

      Ok pour l’épisode du sort d’Alexander, let’s agree to disagree 🙂

      Pour finir, je ne suis pas d’accord avec le début de votre article. Non, il n’est pas toujours nécessaire de parler et de détailler par le menu quand on est attiré par quelqu’un. Parfois, ça se passe de mots (en tous cas de mots se rapportant au rapport sexuel)…

      C’est deux choses différentes, de parler de la possibilité qu’un rapport sexuel ne soit pas un viol même en n’explicitant pas les choses, et de parler de la manière dont on érotise le silence, dans une culture du viol. 🙂 après je sais pas si c’est toujours nécessaire, mais la plus grande prudence est de mise en tout cas. (Bon après je pense aussi qu’une agression n’est pas une gaffe, et que si on fait réellement attention de manière générale, on a peu de risques de violer par accident…donc les conseils en « faites ci, explicitez ça » ont leurs limites : c’est toujours possible de suivre un mode d’emploi et de violer quand même, et de ne pas le suivre et d’être très respectueux.se quand même…j’avais écrit un article à ce sujet si ça vous intéresse.)

      En tous cas merci pour tous ces articles et réflexions !

      Merci de lire mes longs pavés 🙂

      • Hm si dans la série à un moment il perd son âme en ayant une hallucination où il fait l’amour avec Cordélia !
        Sinon je suis bien d’accord, la série ne montre pas ça comme « juste un orgasme », mais ça reste quand même vachement lié au sexe, cet état qui va transformer un homme du tout au tout…au final, qu’il faille qu’il soit amoureux rajoute une dimension supplémentaire, où ce qui va éveiller le monstre enfoui de l’homme, c’est l’amour/le sexe pour une femme, mais ça reste le même genre de dynamique non ?

        Juste ! j’avais oublié ce passage dans Angel ! Josh Whedon avait dit que c’était un aperçu de ce qu’il se passerait si jamais il venait à avoir une vraie relation avec Cordélia puisque son amour pour elle était aussi fort que celui qui le lie à Buffy…
        Je suis d’accord, même si la perte de l’âme est exceptionnelle, ça n’en reste pas moins très ambigu que celui-ci éveille le monstre en lui…

        Mais quand elle est humaine, il y a des phases où elle est plus « méchante » que d’autres. Je trouve qu’au début, elle a une relation presque que sexuelle avec Alexander, et plus elle devient préoccupée par ce qui se passe autour d’elle, et plus ça évolue en relation amoureuse plutôt que juste sexuelle.

        C’est vrai qu’au début, elle est très sexuelle puis plus sentimentale avec Alex. Ce que j’ai ressenti cependant, c’est qu’en fait, elle n’a que très peu d’expérience sentimentalement parlant et ne sait donc pas très bien comment gérer toutes ces émotions qui l’assaillent… c’était comme ça que je l’avais vu en tous cas…

        Oui c’est bien comme ça que je perçois les choses. Pourquoi, j’ai dit quelque chose qui sous-entend le contraire ?

        Autant pour moi, j’avais compris en lisant que vous reprochiez que leur relation ne soit pas plus torride et démonstrative à l’écran en comparaison des relations hétéros (du genre on montre que timidement les deux lesbiennes alors qu’on y va beaucoup plus franco pour les hétéros)… ^_^

        Effectivement, je pourrais en parler (je vais probablement éditer l’article à un moment dans les prochains jours là-dessus). Mais en fait, je trouve que toutes ces agressions sexuelles sont vachement banalisées par la série (ce qui n’empêche effectivement pas de mentionner que c’en est une). Là il me semble que la cause du dégoût de Willow c’est la sexualité explicite de son double; qu’il s’agit plus d’une sexualité féminine dangereuse que d’une agression sexuelle dénoncée en tant que telle (je sais pas si je suis claire ?).

        Ce que j’ai remarqué avec la série, c’est qu’on a beaucoup de comportements de ce genre qui sont affichés dans les épisodes pour ensuite être critiqués et déconstruits la plupart du temps (pas à chaque fois malheureusement).
        Pour ce cas par exemple, Willow prend un air dégoûté que beaucoup d’adolescent prendraient s’ils se retrouvaient dans cette situation en n’étant pas sûrs d’eux-mêmes et en ayant peur de ce que d’autres pourraient penser. Cependant, à aucun moment dans l’épisode, à part Willow qui s’interroge sur les moeurs de sa consoeur vampire, les autres ne critiquent la sexualité de la vampire comme si c’était quelque chose d’anormal. Donc je pense que Whedon a placé ça pour démontrer que lorsque Willow aurait des relations avec des filles, ses amis ne le prendraient pas si mal que ça…
        J’ai remarqué ce schéma a plusieurs reprises dans de nombreux épisodes…

        Je trouve que l’âme ou l’absence d’âme de Spike, c’est une grosse arnaque scénaristique qui permet de représenter ce que les scénaristes/réalisateurices avaient envie de représenter en se lavant les mains de cette façon, vous voyez ce que je veux dire ?

        Je suis d’accord, l’absence d’âme facilite grandement les choses et les « excuses » pour les comportements de Spike… Ca permettait aux scénaristes de faire faire à ce personnage beaucoup de choses qui passeraient pour inexcusables s’il avait une âme…
        Il n’empêche que je trouve quand même que Spike est un des personnages masculin le moins sexiste de toute la série.

        Ok pour l’épisode du sort d’Alexander, let’s agree to disagree

        ^_^

        C’est deux choses différentes, de parler de la possibilité qu’un rapport sexuel ne soit pas un viol même en n’explicitant pas les choses, et de parler de la manière dont on érotise le silence, dans une culture du viol. après je sais pas si c’est toujours nécessaire, mais la plus grande prudence est de mise en tout cas. (Bon après je pense aussi qu’une agression n’est pas une gaffe, et que si on fait réellement attention de manière générale, on a peu de risques de violer par accident…donc les conseils en « faites ci, explicitez ça » ont leurs limites : c’est toujours possible de suivre un mode d’emploi et de violer quand même, et de ne pas le suivre et d’être très respectueux.se quand même…j’avais écrit un article à ce sujet si ça vous intéresse.)

        J’ai lu votre autre article (merci pour le lien) que j’ai trouvé très intéressant.
        Et du coup, si je comprends bien ce que vous voulez dire par rapport aux scènes que vous citez plus haut, c’est la phrase d’Angel qui émet des doutes qui est un non-consentement ? Du coup, Buffy viole Angel c’est bien ça ?

        Mais on est bien d’accord que si Angel n’avait rien dit, ce ne serait pas un non-consentement étant donné que ce sont deux personnes qui vont l’une vers l’autre sans émettre de doute ? (le fait que la scène d’amour soit romanisée avec de la musique hollywodienne, c’est autre chose)

        • Juste ! j’avais oublié ce passage dans Angel ! Josh Whedon avait dit que c’était un aperçu de ce qu’il se passerait si jamais il venait à avoir une vraie relation avec Cordélia puisque son amour pour elle était aussi fort que celui qui le lie à Buffy…
          Je suis d’accord, même si la perte de l’âme est exceptionnelle, ça n’en reste pas moins très ambigu que celui-ci éveille le monstre en lui…

          Par contre, dans Angel, Darla couche avec Angel dans le but de lui faire perdre son âme grâce à un orgasme. Elle est particulièrement vexée d’échouer et souligne qu’il a certainement eu un orgasme d’autant qu’elle était une « professionnelle » (on peut souligner que Darla qui est l’autre grande vampire avec Drusilla était une prostituée dans sa vie humaine et sa rédemption par la maternité est assez problématique quand on y réfléchit).
          A la fin de la série, Angel a aussi une relation sentimentale avec une femme loup garou, mais ce n’est pas un amour tel qu’il y perde son âme.

          • Oué il y a de quoi analyser dans Angel aussi !! Et les deux grossesses mystiques de la pauvre Cordelia..

        • C’est vrai qu’au début, elle est très sexuelle puis plus sentimentale avec Alex. Ce que j’ai ressenti cependant, c’est qu’en fait, elle n’a que très peu d’expérience sentimentalement parlant et ne sait donc pas très bien comment gérer toutes ces émotions qui l’assaillent… c’était comme ça que je l’avais vu en tous cas…

          J’ai l’impression que ce personnage aurait pu servir à illustrer beaucoup de choses politiquement (le personnage qui débarque sans connaître notre culture)…effectivement, il est souligné qu’elle ne comprend pas bien les conventions sociales. Mais malgré cela, elle réagit d’une manière très stéréotypée « féminine » avec Alexander, en se trouvant dans le rôle de la nana en attente qui reproche à Alexander « tout ce qui t’intéresse c’est le sexe »…et je trouve ce genre de trucs très essentialisants, ça fait d’autant plus comme s’il y avait une « nature féminine » de voir que même une démone âgée de mille ans se trouve dans ce rôle-là. Tout ça pour dire, j’ai l’impression que la représentation des personnages est relativement indépendante d’un contexte réaliste. Mon impression c’est qu’elle a été introduite comme méchante, avec une sexualité relativement mise en avant, et qu’au final, comme elle a plu au public, elle est restée comme gentille en ayant comme intérêt davantage le couple/amour et moins le sexe.

          Autant pour moi, j’avais compris en lisant que vous reprochiez que leur relation ne soit pas plus torride et démonstrative à l’écran en comparaison des relations hétéros (du genre on montre que timidement les deux lesbiennes alors qu’on y va beaucoup plus franco pour les hétéros)… ^_^

          Hmm ce n’était pas vraiment mon propos même si ça me semble très critiquable qu’un couple hétéro puisse être représenté de manière beaucoup plus explicite. Et pour le coup le contexte de production me semble particulièrement révélateur.
          Moi je trouve ça très bien de représenter un baiser non sexuel, ou une sexualité tendre. Mais il me semble que le fait que la sexualité lesbienne de la série soit bien plus tendre que la sexualité hétéro est un élément qui permet de véhiculer l’idée que la sexualité masculine est plus « violente », plus « dans la conquête », que la sexualité féminine (qui, si elle est « dans la conquête, est condamnée de toute façon), vous voyez ?

          Et du coup, si je comprends bien ce que vous voulez dire par rapport aux scènes que vous citez plus haut, c’est la phrase d’Angel qui émet des doutes qui est un non-consentement ? Du coup, Buffy viole Angel c’est bien ça ?

          Mais on est bien d’accord que si Angel n’avait rien dit, ce ne serait pas un non-consentement étant donné que ce sont deux personnes qui vont l’une vers l’autre sans émettre de doute ? (le fait que la scène d’amour soit romanisée avec de la musique hollywodienne, c’est autre chose)

          Non je ne dirais pas que Buffy viole Angel, dans la série. Je trouve juste que c’est un modèle absolument pourri de représenter une première fois (que deux partenaires couchent ensemble, et là en plus la première fois que Buffy couche avec quelqu’un) où l’un.e commence à émettre un doute et l’autre dit « sssshhh, arrête et embrasse-moi » ! Si aucun des deux n’avait rien dit, j’aurais trouvé que c’était un modèle très critiquable également. La musique, je ne trouve pas que cela soit vraiment distinct, car justement c’est grâce à elle qu’on a cette impression de symbiose et de fluidité entre les personnages qui rend superflue la communication.

          Merci pour votre lecture et vos commentaires en tout cas ! 🙂

          • J’ai l’impression que ce personnage aurait pu servir à illustrer beaucoup de choses politiquement (le personnage qui débarque sans connaître notre culture)…effectivement, il est souligné qu’elle ne comprend pas bien les conventions sociales. Mais malgré cela, elle réagit d’une manière très stéréotypée « féminine » avec Alexander, en se trouvant dans le rôle de la nana en attente qui reproche à Alexander « tout ce qui t’intéresse c’est le sexe »…et je trouve ce genre de trucs très essentialisants, ça fait d’autant plus comme s’il y avait une « nature féminine » de voir que même une démone âgée de mille ans se trouve dans ce rôle-là. Tout ça pour dire, j’ai l’impression que la représentation des personnages est relativement indépendante d’un contexte réaliste. Mon impression c’est qu’elle a été introduite comme méchante, avec une sexualité relativement mise en avant, et qu’au final, comme elle a plu au public, elle est restée comme gentille en ayant comme intérêt davantage le couple/amour et moins le sexe.

            Il est vrai que j’ai souvent regretté qu’Anya perde de son bagou face à Alex (surtout face à lui => désolée mais je n’aime vraiment pas ce personnage :-))
            Son potentiel n’a malheureusement pas été assez exploité à mon goût…

            Hmm ce n’était pas vraiment mon propos même si ça me semble très critiquable qu’un couple hétéro puisse être représenté de manière beaucoup plus explicite. Et pour le coup le contexte de production me semble particulièrement révélateur.
            Moi je trouve ça très bien de représenter un baiser non sexuel, ou une sexualité tendre. Mais il me semble que le fait que la sexualité lesbienne de la série soit bien plus tendre que la sexualité hétéro est un élément qui permet de véhiculer l’idée que la sexualité masculine est plus « violente », plus « dans la conquête », que la sexualité féminine (qui, si elle est « dans la conquête, est condamnée de toute façon), vous voyez ?

            Alors je suis d’accord que, souvent (pas seulement dans Buffy d’ailleurs), la sexualité hétéro est montrée plus agressive que la sexualité homo (surtout dès que ça concerne des hommes en fait, quand ce sont des femmes, c’est quasiment toujours plus tendre…)
            Cependant, dans Buffy, nous avons l’exemple de Riley. Riley est un personnage très tendre avec Buffy, très doux… La scène la plus flagrante c’est quand Buffy et Faith échangent leur place. Faith veut coucher agressivement avec Riley mais celui-ci préfère lui faire tendrement l’amour… (j’aimais bien Riley moi !)

            Non je ne dirais pas que Buffy viole Angel, dans la série. Je trouve juste que c’est un modèle absolument pourri de représenter une première fois (que deux partenaires couchent ensemble, et là en plus la première fois que Buffy couche avec quelqu’un) où l’un.e commence à émettre un doute et l’autre dit « sssshhh, arrête et embrasse-moi » ! Si aucun des deux n’avait rien dit, j’aurais trouvé que c’était un modèle très critiquable également. La musique, je ne trouve pas que cela soit vraiment distinct, car justement c’est grâce à elle qu’on a cette impression de symbiose et de fluidité entre les personnages qui rend superflue la communication

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            D’accord, là je comprends où vous voulez en venir ! ^_^
            Et je suis globalement d’accord, je trouve que les personnages ne discutent jamais assez de leurs amours… Je prendrais un exemple que je trouve assez démonstratif, si j’ai bien compris ce que vous vouliez dire, le film N’oublie jamais… Allie et Noah discutent pas mal pendant leur première fois il me semble, ils émettent des doutes, font des pauses, discutent de leurs peurs… Je ne vois pas d’autre exemple là tout de suite mais je trouve que celui-ci est plutôt pas mal…

      • Excusez moi Douffie Shprinzel je demande un complément de réponse concernant la relation de Buffy/Spike. Je suis d’accord au premier abord avec Vitany sur ce sujet, celle ci est montré comme malsaine. Quant à Spike, il est montré aussi comme un gros bouffon idiot et très dérangeant par ses méthodes. Je trouve que c’est très accentué par la série jusqu’à la saison 7, il y a une réflexion moral sur son personnage.
        Quand à l’âme, c’est un élément essentiel pour comprendre la série, ce n’est pas une série athée. J’écrirais quelque chose la dessus quand tout les articles seront mis en ligne, ce sera plus clair.
        Ah et deux dernières choses: la première sur Alex qui malgré ses paroles et certaines de ces réactions, il est avec Tara le personnage maternel de la série, c’est ce qu’il devient en tout cas. Et la seconde chose, que pensez vous de la manière dont le couple « classique » est représenté? Parce qu’in finé, elles sont toute destinés à un triste sort.

        • Excusez moi Douffie Shprinzel je demande un complément de réponse concernant la relation de Buffy/Spike.

          Il y en aura un dans le prochain article 🙂 en plus là je suis un peu débordée, désolée.

          Je pense qu’il y a pas mal de choses à dire sur ce concept d’âme, oui. Je ne me risquerais pas à en parler de manière religieuse mais je lirai votre article.

          Ah et deux dernières choses: la première sur Alex qui malgré ses paroles et certaines de ces réactions, il est avec Tara le personnage maternel de la série, c’est ce qu’il devient en tout cas.

          Je ne sais pas si vous avez lu le premier article, ou si vous vous en souvenez, mais j’ai dit qu’il était effectivement le « coeur » du groupe, c’est sa place symbolique. Cela dit, il a quand même un comportement de harceleur, et de nombreux problèmes dans sa manière de prendre soin des autres personnages.

          Et la seconde chose, que pensez vous de la manière dont le couple « classique » est représenté? Parce qu’in finé, elles sont toute destinés à un triste sort.

          Je ne sais pas, pas grand-chose…j’ai l’impression que c’est un truc de séries dramatiques de condamner les relations à l’échec, pour qu’il se passe plein de choses dans la série, pour avoir de l’audience…je ne sais pas si je chercherais beaucoup plus loin que cela. Après je pense qu’il y a des choses à analyser quand même. Par exemple les relations où l’amour est particulièrement fort ne se terminent que par la mort d’un personnage, ou un danger grave qui force l’un des deux à partir loin. Encore une fois c’est une esthétique qui me gêne dans sa manière de voir les relations. Ya le truc idéal et éternel, et puis les sous-relations où on rompt normalement ! Par contre j’ai plutôt bien aimé l’épisode du mariage et de la rupture d’Alexander et Anya. J’ai trouvé ça cool de voir représenté que le mariage pouvait aussi être un lieu dangereux de violences ordinaires, et que la rupture était finalement bien moins violente.

  6. Bonjour,

    Selon moi il y a un point positif qui mérite d’être signalé. Alors qu’elle rentre à la fac Buffy couche avec un élève plus ancien. Ce dernier après avoir obtenu ce qu’il voulait la jete comme une m…

    Or ce comportement est très clairement critiqué et par extension l’attitude consistant à voir les femmes comme de simple objet sexuel.

    Sinon je dis peut-être une bêtise mais il n’y a pas un épisode où un sort rend les gens gay ? Si c’est le cas pourquoi ne pas en avoir parler ?

  7. Maintenant que j’y pense, il y a un passage qui me choque dans Buffy.

    Willow a une amie sorcière, Amy, qui utilise la magie pour se changer en rat et échapper à des poursuivants. Elle n’arrive pas à reprendre forme humaine et Willow la prend sous sa protection, essaie en vain de la ramener à la normale et la garde dans une cage, dans sa chambre. Plus tard, quand Oz et Willow ont leur première fois, Amy est dans la pièce sous forme de ratte. Elle peut tout regarder alors qu’elle n’a rien demandé. C’est de l’exhibitionisme, non? Je ne me souviens même plus si ce passage est évoqué plus tard dans la série et si Amy s’en souvient.

    • Willow a une amie sorcière, Amy, qui utilise la magie pour se changer en rat et échapper à des poursuivants. Elle n’arrive pas à reprendre forme humaine et Willow la prend sous sa protection, essaie en vain de la ramener à la normale et la garde dans une cage, dans sa chambre. Plus tard, quand Oz et Willow ont leur première fois, Amy est dans la pièce sous forme de ratte. Elle peut tout regarder alors qu’elle n’a rien demandé. C’est de l’exhibitionisme, non? Je ne me souviens même plus si ce passage est évoqué plus tard dans la série et si Amy s’en souvient.

      Je crois que Amy n’est pas prisonnière dans un corps de ratte, elle est vraiment une ratte. (Sinon effectivement ça craint.) Mais il me semble qu’elle n’a aucun autre souvenir de ses trois années sous forme de ratte que des souvenirs qui sont prêtés aux rats (fromage, roue…).

  8. En ce qui concerne la scène de boite de nuit que vous décrivez ne s’agirais t-il pas d’un jeu sexuel stimulant?
    En fait les personnages semblent assouvir un fantasme de domination/soumission doublé d’exhibition qui décuple leurs libidos mutuelle,ça ne me semble pas spécialement singulier ni dire une vérité sur tout les couples en dehors du récit fictionnel.Ce qui est excitant est la limite entre ce qui est permis et l’interdit(classique dans les thèmes vampiriques) Spike semble dominer Buffy dans le cadre de leurs jeux sexuels et dans le même temps ils se soumet et revendique sa vulnérabilité, il parait difficile d’accorder une plus grande part de confiance ou de pouvoir à sa partenaire que de mettre sa vie en jeu ,il y à donc un échange consenti.une tentative de viol est répréhensible réaliser un fantasme sexuel n’est pas un appel à amalgamer jeux érotiques et agressions sexuels.Limite qui finie par être franchi par le personnage et à ce stade la nature criminel de ses agissements ne laisse pas place au doute.

    • Si on veut représenter une relation où la sexualité emprunte à des éléments de domination, comme du BDSM, mais est saine par ailleurs, on peut le faire à travers plusieurs éléments : scènes où les personnages discutent, ambiance tendre entre elleux (tendre pas dans le sens d’une sexualité tendre, ici, mais même dans le BDSM il y a beaucoup de « care », si c’est bien fait (care = « soin »)). Il n’y a aucun de ces éléments ici. Buffy ne veut pas de cette relation, elle cède, et céder n’est pas consentir.
      Ça paraît excitant à l’écran à cause de toute la culture du viol qui imbibe nos représentations de la sexualité, mais ça n’est qu’une manière erronée et néfaste de représenter des agressions sexuelles.

  9. Article intéressant, je rajoute quelques points:
    – La masturbation féminine est évoquée dans la saison 1, dans un épisode ou Buffy par à Willow et Alex de son ancien béguin pour un garçon. Elle disait qu’elle pensait à lui en ecoutant une chanson qui évoqué la masturbation.
    – Tu n’as pas trop parlé de la relation de Spike et de sa mère qui est très bizarre.
    – C’est dommage que tu n’as pas évoqué Harmonie et la façon dont elle était traitée. Il est évident que ce personnage est là pour être ridiculisée mais sa relation avec Spike n’était pas spécialement saine.
    – Pour moi, la sexualité de Faith n’a jamais été montré négativement, d’ailleurs, elle a dépuceler Alex, mais je me souviens plus trop de la mise en scène. Par contre Alex a été jugé pour avoir couché avec elle il me semble. Il est intéressant de noter que la deuxième fois, elle a tenté de l’étrangler.
    – Selon mes souvenirs, il y a eu des gros sous-entendus sur le quatuor Angélus/Darla/Spike/Drusilla.

    J’ai l’impression que la plupart des victimes des vampires sont des femmes, mais ce fait est beaucoup plus flagrant dans Vampire Diaries.

    • En même temps, sur 144 épisodes, il y a beaucoup à traiter…je ne prétends nullement être exhaustive ! Mon analyse en cinq (longues) parties pourrait facilement être trois fois plus longues mais au bout d’un moment il fallait que je m’arrête 🙂 mais si vous voulez développer tous ces points n’hésitez pas !

  10. Tout d’abord, merci pour tes articles, ils sont très intéressants (bien que parfois douloureux, quand on est fan de la série, haha).

    Je voulais juste dire que la BD qui a suivi la série est assez cool même si pas sans défauts. En effet, les désirs sexuels de Buffy y sont pas mal évoqués : on la voit notamment dire que le bon vieux sexe lui manque, fantasmer sur Daniel Craig et Christian Bale, et imaginer des scènes de sexe avec Spike. Et y a aussi des trucs intéressant sur le sexe lesbien.

    C’est pas révolutionnaire, mais du coup sans la pression de la prod ni de la télé, ils ont pu prendre plus de libertés. Et Buffy a enfin une vraie tenue de combat et ne se bat plus trop en talons/robe (même si ça arrive encore, mais du coup c’est parfois pointé du doigt).

    🙂

    • Merci beaucoup pour votre commentaire, ça fait toujours plaisir !

      Je suis moi aussi fan (je pense que cela se devine sans trop de difficultés) et je pensais en fait rédiger des articles beaucoup plus positifs que ça…et puis à force d’analyser j’ai fini par pondre des articles beaucoup plus cassants que ce que je pensais moi-même ^^

      D’accord pour les comic’s !

  11. Bonjour,
    Je trouve que vous ne retenez que ce qui vous arrange. La scène où Buffy est invisible, elle déchire la chemise de Spike et commence clairement une fellation, ce n’est pas du viol? Si c’était le contraire vous seriez tous choqués. Après je ne vois rien de choquant a la scène entre Alex et la démone, si on vous écoute les rencontres dans la rue ne sont plus possible. il y aurait tellement à dire sur votre article que je trouve faux à 90%. Je vois encore une sorte de féminisme à coté de la plaque qui n’a pas les bons combats. Néanmoins votre article était très intéressant a lire, et bien écrit.

    • Si, je trouve aussi que les persos féminins ont des comportements d’agression sexuelle (j’ai pourtant donné des exemples avec Anya, avec Buffy…), comportements d’agression qui me semblent vraiment banalisés, entre autres à travers ce genre de symétrisation, qui n’enlève pas au fait que les rôles sont très genrés, les hommes encouragés à être actifs et conquérants, les femmes, elles, plutôt à « se donner » si elles sont amoureuses. (Je ne sais pas si je suis claire ?)

      Après dans la « vraie vie » les agressions sexuelles sont à la fois très graves et très banales dans notre société. Et un homme violé par une femme, ça existe aussi, oui.
      Mais quand on regarde les chiffres, on a quand même une écrasante majorité de violeurs qui sont des hommes, et une très grosse majorité de victimes qui sont des femmes (par exemple une source que j’avais trouvée estimait les chiffres à 96% de violeurs hommes et 91% de victimes femmes). Le harcèlement de rue, c’est quelque chose que toutes les femmes connaissent et qui est quasiment tout le temps fait par des hommes cisgenres. C’est aussi à prendre en compte quand on nous montre une scène où des femmes courent après un homme dans l’espace public.

      • Woah Douffie je voulais juste intervenir minusculement pour dire que je vous kiffe, ces articles sont géniaux, hyper fouillés et intéressants et bien écrits, et aussi d’après un lien plus haut vous êtes l’autrice de Bananesécrasées?? re-gros-kiff.
        Bref, merci merci merci

        Vos réponses aux commentaires sont également hyper chouettes, pas d’arrogance ou j’sais pas quoi au contraire, d’ailleurs je trouve que vous avez un courage phénoménal de répondre à des commentaires hostiles tels que celui-ci, et d’être aussi patiente avant d’envoyer chier des gen.tes…

        et ce alors même que, alors que je lis un grand nombre de thread de commentaires sur ce site (j’y passe un temps fou mais apparemment j’adore?!) j’ai l’impression que c’est plié d’avance que soit la personne ne reviendra pas, soit elle le fera mais avec une mauvaise foi sans nom. Bref. QUELLE ABNÉGATION 😉

        non mais plus sérieusement. Comme je le disais je lis des tas et des tas de commentaires sur ce site et très souvent j’ai trouvé que des réponses posées et argumentées à des espèces de trolls tel que notre « ami » Dio ci-dessus étaient hyper précieux et éclairants. Les trolls ne semblent généralement pas en être reconnaissants, mais moi ça m’a beaucoup apporté.

        D’ailleurs ce site entier m’a énormément apporté.
        Bref j’arrête je vais me mettre à pleurer 😀

        <3

  12. L’épisode avec Riley qui donne son sang à des vampiresses pose un autre problème (en plus du gros sous-entendu putophobe pointé ailleurs).

    C’est que Buffy décide directement de les tuer. Giles s’y oppose mollement, avançant (avec raison) que les humains qui donnent leur sang le font de manière consentie.
    En d’autres mots, personne ne fait de mal à personne.

    Mais Giles n’insistera pas, et personne d’autre ne fera de remarque. Buffy ira donc sur place pour les tuer, ne trouvera personne et brûlera leur maison.
    Ensuite, les vampiresses viendront l’attaquer (en même temps si une parfaite inconnue venait brûler ma maison sans provocation aucune avant, et cherchait à me tuer, je l’aurais mauvaise aussi).

    Buffy les tuera et ce sera présenté comme de la légitime défense.

    Dans tout le reste de la série, les vampires sont certes montrés de manière assez essentialistes comme maléfiques (sauf lorsqu’ils ont une âme, avec un fonctionnement ON/OFF entre les deux). Ce qui rend acceptable de tous les massacrer sans nuance ni procès. Bon, après, c’est le fondement même de la série donc on peut faire avec.

    Mais dans cet épisode-là, il est clairement montré que même quand des vampires (qui n’ont pas d’âme) ne font RIEN DE MAL, il est acceptable de les tuer / brûler leur logement. Parce qu’ils le méritent par nature.

    De même, dans la Saison 7, Buffy passe une nuit à discuter avec un vampire qui a fait des études de psycho et lui fait une « thérapie » improvisée… avant de finir par le tuer. Histoire de bien enfoncer le clou : il n’y a pas d’autre issue possible, jamais.

    Bon, dans les Saisons 6 et 7, c’est un peu compensé par Clément, le gentil démon, que Buffy considère et traite comme un ami.

    La série ira même jusqu’à faire une scène où Buffy amène les Potentielles au bar des démons, et partage une accolade avec Clément devant les potentielles interloquées.

    A part Clément et quelques autres

    • Douffie Shprinzel

      Oui tout à fait. J’avais d’ailleurs prévu une sixième partie sur toute cette dualité a une âme / n’a pas d’âme, qui est foireuse dès la base, à mon avis. Et puis là je sature d’écrire sur Buffy donc non 🙂

  13. Dans l’épisode 14 de la saison 7, Alexander propose à une inconnue de l’aider à choisir des cordes de bricolage. Il parvient judicieusement à placer des références sexuelles et à lui demander un rencart au milieu, quand celle-ci ne semble pas réagir autrement que par politesse (« Quoi ? » lui demande-elle d’un air surpris quand il propose d’aller boire un verre). Mais attention, c’est elle la méchante, comme la suite de l’épisode nous le montre (c’est une démone). Bref, le harcèlement de rue n’est pas dénoncé en tant que tel, il advient là pour nous montrer une mésaventure d’Alexander qui, à chaque fois qu’il drague une femme, se retrouve avec une démone – décidément, on ne peut plus draguer les inconnues dehors tranquillement.

    En fait je trouve qu’on pourrait même être plus sévère avec cette péripétie (qui en plus si mes souvenirs sont bons ne sert à peu près à rien dans le scénar): y a l’idée que la démone a piégé Xander exprès en étant dans une position dans laquelle elle « s’attendait » à ce qu’il l’aborde.

    Bah oui, une femme dans un magasin de bricolage, en plus habillée en habits moulants et talons (bref codes « sexy »), évidemment elle attend qu’un homme vienne l’aider. (ho comme ça tombe bien: elle est effectivement toute paumée.) Et elle va bien évidemment considérer ça normal qu’après ce viril coup de main (où il est déjà bien relou), il continue en la harcelant la draguant ouvertement. limite si il mérite quelque chose en « échange » de son aide: qu’elle aille boire un café avec lui, au minimum. berk.

    à la limite ça aurait pu devenir cool si le message c’était « t’as qu’à pas emmerder les femmes qui t’ont rien demandé, bien fait pour toi » sauf que personne ne dit ça (il me semble?), et au contraire la série met tout en place pour qu’on plaigne ce pauvre chouchou Xander qui n’arrive même pas à pécho alors qu’il est trop chou-et-un-peu-naïf, bref 100% nice guy.

    au final la grosse blague de fin d’épisode c’est qu’il devrait « devenir » homosexuel (PTDR quoi), parce que les femmes, franchement, c’est toutes des… démones.

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