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« Equal Rights Equal Lefts », OTEP (2017) : analyse critique d’un appel à lutter pour les droits LGBT

Otep

OTEP est un groupe de néo-métal californien actif depuis 2000 dont la chanteuse, Otep Shamaya est ouvertement lesbienne et politiquement engagée sur de nombreux fronts comme en témoigne son compte Tumblr girlgoesgrrr.

Récemment, le groupe a réalisé un clip sur le morceau « Equal Rights Equal Lefts » présent sur leur album Generation Doom (2016) et qui traite des droits LGBT (plutôt LGB que T d’ailleurs).

Attention, certaines images violentes peuvent potentiellement choquer (sang) :

Voici ce qu’a déclaré Otep à propos de cette chanson pour la sortie du clip :

« J’ai écrit cette chanson pour célébrer et encourager toutes les personnes à vivre qui elles sont vraiment, à vivre leur vérité, et à lutter pour leur droit à exister. Tous les jours la communauté LGBTQ doit faire face à la bigoterie, au harcèlement, aux moqueries et aux attaques législatives. Nous ne sommes pas « l’autre ». Nous sommes vos ami-e-s, votre famille, vos voisin-e-s, vos collègues de travail, vos docteur-esses, vos infirmiers/ères, vos soldat-e-s et vos concitoyen-nes. Dit simplement, cette chanson et cette vidéo sont à propos d’amour et d’égalité. »

« I wrote this song to celebrate and empower all people to live their authentic selves, to live their truth, and to fight for their right to exist. Every day the LGBTQ community faces bigotry, bullying, ridicule and legislative attacks. We are not “the other”. We are your friends, your family, your neighbors, your coworkers, your doctors, nurses, soldiers and fellow Americans. Simply put, this song and this video are about love and equality. »

Le morceau parle très clairement de lutte, et même de combat physique. Le titre est un jeu de mots dans ce registre : « rights » en anglais, signifie les « droits » mais peut aussi désigner une « droite » (un coup de poing droit), tout comme « left » peut désigner « une gauche ». Le clip met bien en scène ces échanges de politesse par coups de poing interposés entre la chanteuse et un homme qui l’insulte dans la rue alors qu’elle se promène avec sa copine.

Otep a assurément le sens de la punchline : « he called me a dyke, I called him an ambulance » (« il m’a traité de gouine, je lui ai appelé une ambulance » avec le jeu de mot en anglais où « call » peut signifier appeler mais aussi désigner le fait d’insulter quelqu’un).

Plus qu’une célébration de l’amour et de l’égalité, ce morceau est un appel à se défendre. Pour jouissives que puissent être ces paroles qui appellent à ne pas se laisser faire, plusieurs éléments m’interpellent d’un point de vue politique.

Lutter pour exister : entre compétition virile et reproduction de rapports de domination

Tout d’abord, la vidéo met en scène une violence dont on peut questionner la fonction. Si le combat entre les deux protagonistes est provoqué par l’homme qui insulte les lesbiennes et sort de sa voiture pour frapper Otep, on peut cependant remarquer qu’Otep aurait très bien pu s’en aller et éviter le combat physique. Elle choisit au contraire de rester et d’affronter son opposant pour lui montrer sa supériorité. La vidéo met en scène une violence qui atteint son paroxysme lorsqu’Otep égorge son opposant avec un bris de verre. Or il est difficile de justifier cet acte comme étant de la légitime défense étant donné que l’homme était à terre. Il s’agit de la mise en scène d’une violence visant à dominer et à prendre sa revanche, et non d’une violence visant à se défendre.

egorgement

Le clip réalise juste après une pirouette en révélant qu’il s’agit en fait d’une scène imaginée par l’opposant d’Otep, mais les images ont bien été montrées et ne sont pas à mon avis compensées par celle de la chanteuse tendant la main pour aider son opposant à se relever (quelques secondes à la toute fin du clip). Le glissement rapide qui s’opère entre la situation où Otep se défend, et celle où elle attaque son adversaire à terre, semble légitimer implicitement le recours à cette violence pour dominer.

Le combat concerne l’homme et Otep qui incarne un personnage résolument butch. Les codes d’une masculinité virile sont utilisés : les deux protagonistes s’affrontent physiquement dans un combat de rue, et la copine de l’agresseur devient une sorte de trophée à s’approprier par la vainqueuse : « I put you on blast then fucked your wife » (« je t’ai éclaté, puis j’ai baisé ta femme »). Le reste de la chanson décrit une sorte de compétition sexuelle, où l’humiliation de l’agresseur passe par le fait que la femme de ce dernier couche avec elle et soit d’avantage satisfaite sexuellement qu’avec lui : « Your ego’s been deflated » (« ça a dégonflé ton ego »). La lesbienne butch « gagne » contre l’homme hétéro car les femmes la préféreront à lui : «  So say what you say, do what you do, but I’ll always get more pussy than you » (« Dis ce que tu dis, fais ce que tu fais, mais j’aurai toujours plus de chatte que toi. »). Autrement dit, on assiste à une compétition virile qui instrumentalise les femmes féminines en trophée de guerre entre les hommes hétéro et les butchs.

Il ne s’agit pas ici de tomber dans une lecture simpliste qui critiquerait le personnage butch d’Otep parce qu’elle ose précisément incarner une certaine masculinité (dans son apparence physique, sa manière de bouger, son attitude et ses actes) ou parce qu’une relation butch-fem reproduirait forcément un  schéma hétérosexiste. Au contraire qu’une femme lesbienne qui ne respecte pas les normes de la féminité traditionnelle, ose affronter à armes égales un homme blanc hétéro est un acte de rébellion subversif à bien des égards (c’est pour cela qu’il est jouissif de la voir gagner haut la main). Par ailleurs, la copine de son opposant est décrite comme étant l’initiatrice de leurs rencontres ce qui va à l’encontre de l’idée qu’elle incarnerait un rôle passif et soumis dans la relation.

« Gay for a day », that’s what she claimed, but that’s what these chicks always say
She’s calling my home, texting my phone, sending me snaps, and begging for more

« Gay juste pour un jour », c’est ce qu’elle prétend, mais c’est ce que ces nanas disent toujours,
Elle m’appelle à la maison, elle m’écrit par sms, elle m’envoie des photos, et elle me supplie d’en avoir plus

Mais dans le contexte du morceau, ces détails sont clairement instrumentalisés pour faire enrager l’opposant d’Otep. La relation entre les deux femmes s’inscrit dans un rapport où il s’agit pour Otep de montrer qu’elle a gagné la préférence d’une femme dans le but d’établir un rapport de force vis-à-vis d’un autre homme. Le problème réside dans le fait d’utiliser le corps d’une femme pour asseoir sa supériorité vis-à-vis d’autrui. La copine n’a pas d’existence en dehors de la rivalité entre Otep et son adversaire et elle attendait passivement qu’Otep vienne lui faire découvrir « la religion », c’est-à-dire les relations sexuelles entre femmes.

Si les milieux queer semblent plus ouverts pour questionner et détourner les codes du genre, ils ne sont cependant pas à l’abri de reproduire certaines injonctions genrées et inégalités de pouvoir C’est ce qu’explore la réalisatrice Nneka Onuorah dans son documentaire « The Same Difference » (2015), dans lequel elle part à la rencontres des « studs » (lesbiennes masculines) dans les communautés lesbiennes noires aux États-Unis. En filmant des témoignages et des interactions de groupe, elle montre comment des rôles genrées normatifs peuvent se réinscrire dans les interactions entre lesbiennes, et vis-à-vis des bisexuelles.

Le documentaire de Onuorah filme presque uniquement des lesbiennes noires américaines, et n’a pas pour objectif d’analyser l’articulation de ces normes de genre avec le racisme. En revanche, il n’est pas possible de faire l’impasse sur cette question pour décortiquer la dernière partie du clip d’OTEP.

Le personnage de la copine apparaît sur les écrans vers la fin de la vidéo. Les plans sur cette femme en sous-vêtements aux côtés d’Otep réutilisent des codes objectifiants habituellement utilisés pour les regards hétéro masculins : il s’agit de la « meuf » de la rappeuse, dans une voiture décapotable, qui expose des parties nues de son corps à la caméra. On remarque que cette femme, qui « trouve la religion » avec Otep, porte un voile noir qui recouvre ses cheveux ainsi qu’une partie de son visage. Le personnage de la femme est clairement objectifié et sexualisé : elle est montrée comme « exotique », lascive et mystérieuse, et son corps est un enjeu de pouvoir entre Otep et son opposant. Ceci pose la question de la reproduction de clichés orientalistes et de rapports de domination dans les représentations des femmes arabes. On peut aussi s’interroger sur le fait d’utiliser le voile comme marqueur de la religion, dans un contexte où la religion musulmane est rendue « hypervisible » dans nos sociétés par focalisation sur des signes visibles qui renseignent, ou sont supposés renseigner, sur les croyances et les pratiques de telle ou telle personne (voile, barbe, jupe longue).

Ainsi, c’est une dynamique race+genre qui est mise en oeuvre dans le processus d’objectification du personnage de la copine.

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Une mise en scène de couples lesbiens et gays très normée

Une deuxième dimension politiquement discutable dans cette vidéo est la représentation des deux couples lesbien et gay. Les quatre personnages correspondent à des critères physiques très standard et normés : blanches, très minces, sans muscles et féminines pour les femmes ; blancs, très musclés, très « virils » pour les hommes.

La mise scène du couple lesbien utilisent des codes que l’on peut rapprocher du male gaze : contrairement à la manière dont est filmé le couple gay, les corps des femmes sont découpés avec de nombreux plans sur des portions de chair, alors que les plans sur les hommes se concentrent essentiellement sur leur visage et leur bouche. Les actions filmées sont plus variées chez les femmes (endroits où elles embrassent et où elles se touchent) que chez les hommes qui ne sont grosso modo filmés qu’en train de s’embrasser sur la bouche (ils doivent s’ennuyer à la longue, mais heureusement ils peuvent aller jouer avec les vagues !). Certains passages montrent les actrices qui regardent directement la caméra, ce qui n’est pas le cas avec les acteurs. Enfin, les actrices sont montrées complètement nues alors que les hommes restent en caleçon.

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Pose et regards lascifs en direction de la caméra

On peut aussi remarquer que le couple de femmes est filmé à l’intérieur, avec des accessoires tels que des voiles de tulle, des draps et de coussins en plumes. Les hommes, eux, sont filmés en extérieur dans la nature, au milieu des rochers et des vagues. Des codes genrés sont ainsi bien réinscrits : une féminité douce, qui reste dans un environnement intérieur et confortable ; et une masculinité plus sauvage qui évolue en extérieur face au déchaînement des vagues.

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Les femmes prennent des poses dans l’intérieur d’une chambre…

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… tandis que les hommes exposent leurs muscles sur les rochers.

***

En résumé, pour libératrice que puisse être cette vidéo d’un certain point de vue, elle reproduit des codes genrés et orientalistes qui s’avèrent problématiques. En particulier, il me paraît nécessaire de déconstruire et de remettre en question le système de concurrence et de violence typiquement « masculine » qui est mis en avant ici dans la lutte pour les droits LGBT, ainsi que les processus d’objectification et d’exoticisation des personnes racisées dans la mise en scène d’une libération queer.

A titre de réflexion, on pourra comparer l’approche de la vidéo d’OTEP avec celle du clip « High School Never Ends » de l’artiste queer Mykki Blanco, qui dénonce les violences racistes, xénophobes, homophobes et transphobes (mais qui ne se termine pas franchement bien, attention images potentiellement dures à regarder).

Dans « Equal Rights Equal Lefts », OTEP exhorte à se battre pour ses droits en montrant qu’il est possible de gagner. Les discriminations y sont incarnées par une seule personne, la lutte est du un contre un, et la chanteuse en sort vainqueuse toute seule, par elle-même (on voit sa copine l’embrasser et partir au début du clip). Le clip de Mykki Blanco quant à lui met en scène une tragédie shakespearienne à la « Roméo et Juliette » qui montre de manière crue la réalité des violences à l’encontre des personnes queer. Contrairement au clip d’OTEP, il souligne l’aspect collectif et systémique des discriminations, inclut une dimension raciale et décrit la spirale des violences conduisant au meurtre des dominés. On est loin de la scène d’égorgement aux couleurs de l’arc-en-ciel produite dans « Equal Rights Equal Lefts » qui laisse entendre que le meurtre puisse être un fantasme de revanche désirable. Pour ces raisons « High School Never Ends » propose à mon avis une analyse de la structure des dominations plus intéressante comme base de réflexion pour une lutte politique collective.

Arroway

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23 réponses à « Equal Rights Equal Lefts », OTEP (2017) : analyse critique d’un appel à lutter pour les droits LGBT

  1. ha ha merci c’est trop bien j’avais envie de commenter (puis j’ai pas pris le temps) quand t’avais postées les deux vidéos dans le forum, autant la chanson est chouette avec des côtés powa vraiment cool, autant l’esthétique très normée du clip m’avait un peu fait tiquer, surtout le couple de meufs sous leur moustiquaire là 🙂

    j’trouvais ça 1- rasoir et 2- un peu intrigant qu’une chanson aussi revendicative et subversive (à bien des égards vraiment cool) mobilise une esthétique aussi mainstream, qui fait penser à des films érotiques pour mecs.

    du coup je comprends mieux avec ce prisme de compète « butch vs. mecs cis-hétéros », où finalement les fem restent objectifiée (au point que leur orientation sexuelle ne semble même pas vraiment être un choix ou une identité qui leur appartient, dans ce discours elles sortent avec OTEP parce qu’elle est « alpha » et pas parce que, genre, l’hétérosexualité finalement non merci)

    « High School Never Ends » est vraiment magnifique.
    <3 Mykki Blanco <3

  2. Ouais, j’étais vraiment partagée en regardant le clip pour la première fois : à la fois un côté très enthousiaste pour l’énergie dégagée, et en même temps trop de trucs qui ont fait biper le radar du « politiquement craignos » ^^

    dans ce discours elles sortent avec OTEP parce qu’elle est « alpha » et pas parce que, genre, l’hétérosexualité finalement non merci

    Je suis tombée sur un article buzzfeed qui listait des femmes lesbiennes, bies et trans célèbres, et pour l’une d’elle, on lui donnait la citation du genre « je peux éloigner n’importe quelle femme d’un homme ». Niveau vantardise, ça se pose là…

  3. Il me semble qu’il est plus question de virilité que de masculinité dans ce clip. La virilité est une notion liée à la domination et au pouvoir contrairement a la masculinité qui est biologique, la racine latine « Vir » est d’accord avec moi et fait ce lien entre masculinité, domination et « pouvoir sur ». La définition de virilité renvoie d’un coté à des aspects biologique auquels sont associés des caractères moraux tel que « énergie, fermeté, force, vigueur, vaillance, courage, sérieux, dignité ». On retrouve par exemple la virilité dans les mots tels que « vertu » https://fr.wiktionary.org/wiki/vertu

    Quant OTEP dit « equal right » je l’entend comme une revendication du droit à être aussi dominante-virile que le sont certains hommes et ca passe aussi par la « vantardise » et ce que j’appelle le « mâle-alphisme » (la compétition entre hommes pour être le kiki de tous les kikis).
    La virilité est « politiquement craignos » en elle même et je trouve dommage que cette analyse de film ne mette pas clairement cela en lumière. L’utilisation des mots « masculin » avec les guillemets à la place de « virilité » me semble problématique parce qu’elle rend flou ces notions et ne les distingue pas.
    Je conseil sur ce sujet de lire « Refusé d’être un homme : pour en finir avec la virilité » de John Stoltenberg
    il y a un résumé ici : http://www.crepegeorgette.com/2013/10/09/virilite-stoltenberg/

    • La virilité est une notion liée à la domination et au pouvoir contrairement a la masculinité qui est biologique,

      Je pense que ceci n’est pas exact. En particulier la notion de masculinité n’est certainement pas une notion liée uniquement au biologique (il s’agit du terme « mâle »).

      L’article sur la masculinité hégémonique du site Ca fait genre explique bien la différence :
      https://cafaitgenre.org/2015/02/23/masculinite-hegemonique/
      Dans mon article, je critique la réutilisation de certains attributs d’une certaine masculinité, en l’occurrence ceux de la masculinité hégémonique hétérosexuelle.

      « Pour pouvoir comprendre le concept de masculinité hégémonique, il faut d’abord comprendre ce

      que signifie « masculinité » dans ce contexte, et comment celle-ci est distinguée de la virilité. Il a été maintes fois souligné qu’une telle distinction n’existe pas en ce qui concerne la féminité. Le Trésor de la Langue Française définit la virilité comme l’« ensemble des qualités (fermeté, courage, force, vigueur, etc.) culturellement attribuées à l’homme adulte »; le mot a également le sens de « ensemble des attributs, des caractères physiques de l’homme adulte », et se rapporte, en particulier, à la « vigueur sexuelle », au « comportement sexuel » de l’homme.

      […]

      La masculinité, elle, est définie comme le « caractère masculin », l’« ensemble des caractères spécifiques ou considérés comme tels de l’homme » (bizarrement, ce dictionnaire n’a pas d’entrée propre pour ce terme). « Virilité » et « masculinité » sont généralement présentés comme synonymes; pourtant, tout ce qui est masculin (identifié comme masculin) n’est pas forcément viril. Comme je le disais plus haut, un homme peut être plus ou moins viril; s’il l’est peu, il est considéré comme « efféminé ». (Une femme peu féminine, elle, est considérée comme « masculine », et non comme « virile ».)

      […]

      L’historien John Tosh, dans Manliness and Masculinities in Nineteenth-Century Britain, explique que la virilité (« manliness ») est toujours conjuguée au singulier (toutes les références se situent à la fin de l’article). Il s’agit d’une façon unique d’être un homme, s’exprimant à travers des attributs physiques et des dispositions morales; un homme correspondra alors plus ou moins à cet idéal normatif, mais ce dernier est présenté comme étant sans alternative. Les attributs associés à la virilité sont le fruit d’un effort et source de fierté. Tosh parle en revanche (comme le font en général les théoricien·nes des masculinity studies) de « masculinités » parce que le concept se veut pluriel et non normatif. Il s’agit, à une époque et dans un contexte social donnés, de l’ensemble des éléments socialement reconnus comme devant être le propre des hommes; ce n’est donc pas une notion universelle, elle est socialement et historiquement située. »

      On parle bien de masculinités féminines, de femmes/lesbiennes masculines. Etre butch, c’est être masculine. Je renvoie au titre du fameux livre « Female masculinity » de Halberstam (https://www.dukeupress.edu/Female-Masculinity/) qui utilise bien le terme de masculinité et non de virilité (manliness ou virility en anglais).

      Si la virilité est un type de masculinité normé dans un contexte donné et présenté comme n’ayant pas d’alternative, il est à mon avis très délicat d’utiliser cette notion pour décrire les types de masculinités féminines, surtout lesbiennes, parce que ces masculinités sont justement autres, elles sont hors-normes, il ne peut pas s’agir d’une pure « virilité », ce qui ne veut pas dire qu’on ne peut pas en critiquer certains aspects qui reproduisent des dominations. Du coup, concernant Stoltenberg, je ne pense pas que son approche dans « Refuser d’être un homme » soit particulièrement pertinente pour analyser des masculinités queer, et surtout pas des types de masculinités féminines.

      « Quant OTEP dit « equal right » je l’entend comme une revendication du droit à être aussi dominante-virile que le sont certains hommes »

      Il s’agit ici d’un contresens étant donné le contexte : « equal rights » fait référence à la revendication des droits pour les personnes LGBTQI, pas « aux droits pour les personnes LGBTQI d’être dominant-e-s et viril-e-s ».

      • Je trouve que hégémonie masculine c’est inutilement long alors que le mot virilité contiens la notion de pouvoir dans son ethymologie. Je définie généralement ce que j’entend pas virilité comme je l’ai fait plus haut. Puisqu’il y a une masculinité hégémonique ca implique qu’il y aurais une masculinité non-hégémonique. Je préfère dire masculinité tout court pour la non-hégémonique et virilité pour l’hégémonique comme ca, ca va plus vite et on comprend très bien. Je ne voie pas le problème à utilisé le mot virilité pour désigné certaines lesbiennes, butch ou pas ou même des femmes hétéros ou toute sorte de personnes qui utilisent les codes de la masculinité associé a l’hégémonie. Il y a des butch probablement qui jouent sur le registre de la masculinité sans être hégémoniques (ou au moins qui cherchent en se sens) et d’autres qui se complaisent dans la virilité/l’hégémonie masculine. Je ne voie pas de problème a utiliser ce que dit Stoltenberg de la virilité au sujet de personnes non cis-hétéro-hommes qui en usent. Ce livre aborde des question de masculinité hégémonique et donne des indications pour lutter contre, c’est vrai que c’est écrit à déstination des hommes et pas des lesbiennes, mais ca devrait donner des pistes à toute personne qui s’intéresse à la masculinité hégémonique ou virilité.

        « Il s’agit ici d’un contresens étant donné le contexte : « equal rights » fait référence à la revendication des droits pour les personnes LGBTQI, pas « aux droits pour les personnes LGBTQI d’être dominant-e-s et viril-e-s ». »
        Je pense que je me suis mal exprimée. Le contexte, pour moi c’est les images du clip, qui sont problématiques comme ton article le pointe. Il me semble que les images n’indiquent pas une égalité pour toutes et tous. Le contexte c’est OTEP qui pête la gueule d’un mec qui lui parle mal et fait les gros bras devant une femme très en retrait, sexualisée, portant une sorte de masque évoquant une burqua. Assortie d’une mise en scène très cliché voire essentialiste de l’homosexualité féminine et masculine (femmes jeunes sans visages, épilées et minces, en intérieur douillet d’une alcove VS hommes jeunes très musclés, les yeux dans les yeux, dans la nature sauvage et rocailleuse près des éléments déchaînés). En fait justement je trouve qu’il y a une contradiction des paroles par les images qui fait que les paroles ne semblent plus dire « égalité pour tou·te·s » mais « droit à la virilité pour certain·e·s, droit aux clichés sexistes chez les LGBTQI ». Ca me fait pensé à certaines incohérences des Femens, quant par exemple elles déclarent d’un coté être pour l’égalité et de l’autre disent vouloir l’instauration d’un matriarcat. Ca doit s’expliquer par le fait que les Femens sont pas forcement toutes d’accords entre elles et que la press en joue pour y mettre des photos caution féministe facile avec jolis femmes dénudées en prime. Pour le clip c’est possible que ca soit un problème de réalisation. Les musicien·ne·s n’ont pas toujours le contrôle de cette partie.

        • j’ai fait une petite erreur, les femmes ne sont pas sans visages dans la scène d’alcove, ce qui ne change rien au résultat.

        • Désolé de revenir encore. Je n’avais pas relu le lien sur Ca fait genre et je me rend compte que j’aurais du parlé de MasculinitéS et VirilitéS au pluriel. Je ferais attention à ca désormais.

        • Je trouve que hégémonie masculine c’est inutilement long alors que le mot virilité contiens la notion de pouvoir dans son ethymologie.

          Je ne suis pas vraiment d’accord avec ça, en fait. Je me rappelle de mes cours de latin, “vir” (et de manière associée, “virtus”) désigne le héros, la figure exemplaire de ce qu’il faut être et faire pour se réaliser en homme “vertueux” à Rome. Cela implique courage, droiture, bravoure, loyauté à la patrie (comme ce que tu décris plus haut). A la base, non, il n’y a pas d’idée de domination (contrairement à la figure du « pater »), il s’agit d’un modèle exemplaire de ce qu’est un homme romain.

          Je définie généralement ce que j’entend pas virilité comme je l’ai fait plus haut.

          Oui, par “La définition de virilité renvoie d’un coté à des aspects biologique auquels sont associés des caractères moraux tel que « énergie, fermeté, force, vigueur, vaillance, courage, sérieux, dignité »”. Mais comme dit juste avant, je ne vois pas d’idée de domination là-dedans.

          Puisqu’il y a une masculinité hégémonique ca implique qu’il y aurais une masculinité non-hégémonique. Je préfère dire masculinité tout court pour la non-hégémonique et virilité pour l’hégémonique comme ca, ca va plus vite et on comprend très bien.

          J’ai un problème avec l’utilisation de cette notion de virilité, dans le sens où je trouve que sa définition est fluctuante en fonction du contexte, des époques. Si on regarde les modèles exemplaires de masculinité, ils ont changé au cours des décennies (avec des éléments qui reviennent de manière cyclique). Du coup, je trouve que parlé de masculinités au pluriel, en définissant celle(s) qui sont hégémoniques ou politiquement problématique a du sens et permet de réfléchir tout aussi finement sur la question. Je ne vois pas l’intérêt d’intégrer absolument cette question de virilité pour discuter de certains sujets (on n’en a pas pour discuter des féminités, et cela ne pose pas de problème…). Après, j’ai bien parlé de masculinité virile dans mon article (sur la suggestion de Paul Rigouste en relecture d’article, mais encore une fois je pense qu’on peut faire sans pour les sujets abordés ici).

          Je ne voie pas le problème à utilisé le mot virilité pour désigné certaines lesbiennes, butch ou pas ou même des femmes hétéros ou toute sorte de personnes qui utilisent les codes de la masculinité associé a l’hégémonie. Il y a des butch probablement qui jouent sur le registre de la masculinité sans être hégémoniques (ou au moins qui cherchent en se sens) et d’autres qui se complaisent dans la virilité/l’hégémonie masculine. Je ne voie pas de problème a utiliser ce que dit Stoltenberg de la virilité au sujet de personnes non cis-hétéro-hommes qui en usent. Ce livre aborde des question de masculinité hégémonique et donne des indications pour lutter contre, c’est vrai que c’est écrit à déstination des hommes et pas des lesbiennes, mais ca devrait donner des pistes à toute personne qui s’intéresse à la masculinité hégémonique ou virilité.

          Il est intéressant de noter que le mot de “virilité” est utilisé uniquement dans la traduction française du titre du bouquin de Stoltenberg. Le titre original est “Refusing to be a man: essays on sex and justice.” Et en feuilletant rapidement hier soir le bouquin, le mot “masculinité” m’a sauté plusieurs fois aux yeux, mais pas le mot “virilité”. Donc il se pose la question de la traduction.

          Si on prend le sommaire des thèmes abordés par Stoltenberg, on a grosso modo : l’éthique du violeur, comment le sexe vient aux hommes, objectification sexuelle et suprématie masculine, érotisme et violence dans la relation père-fils, désarmement et masculinité, du foetus comme pénis, pornographie, violence conjugale.

          On a deux sujets (objectification sexuelle, désarmement) que l’on peut translater à l’analyse de ce clip, mais le discours est orienté de manière bien particulière : de la masculinité modèle chez les hommes hétéros. Donc oui, certains points sont utiles, mais si on veut rentrer dans une analyse plus fine, on est obligé de prendre en compte un certain nombre de facteurs qui rendent le contenu de ce livre pas directement applicable à l’analyse d’autres types de masculinité (gay, féminine, trans).

          La masculinité chez les femmes n’impliquent ni le même status social, ni la même manière de se manifester, ni les mêmes implications politiques. Un mec “viril” ne subira jamais de transphobie ou d’homophobie comme une femme masculine qui suivrait les mêmes codes de “virilité”. Lui ne sort pas des normes, il y rentre pour y trouver une position de domination. Elle se rend notamment visible comme lesbienne ou supposée lesbienne.
          Donc utiliser absolument la notion de « virilité », je trouve que c’est 1) conceptuellement non-nécessaire même si possible, 2) politiquement très délicat voire même problématique (déjà qu’en parlant de masculinité il faut prendre des pincettes, j’ai l’impression que la notion de virilité est encore plus casse-gueule pour arriver à penser en nuance).
          A vrai dire, j’ai la sensation de ne pas arriver à expliquer clairement ce qui me gêne, il faudrait que je fasse quelques recherches supplémentaires sur le sujet.

          Le contexte c’est OTEP qui pête la gueule d’un mec qui lui parle mal et fait les gros bras devant une femme très en retrait, sexualisée, portant une sorte de masque évoquant une burqua.

          Juste histoire d’être précis sur ce point, ce n’est pas du tout un masque (ni une burqua) : il s’agit d’un voile qui couvre les cheveux et d’un autre (ou un autre pan de voile) qu’elle place de temps en temps devant le bas de son visage. Je ne veux pas paraître pointilleuse, mais vu le sujet, je préfère ne pas utiliser certains mots de manière imprécises 🙂

          En fait justement je trouve qu’il y a une contradiction des paroles par les images qui fait que les paroles ne semblent plus dire « égalité pour tou·te·s » mais « droit à la virilité pour certain·e·s, droit aux clichés sexistes chez les LGBTQI ».

          Je ne pense pas qu’il y ait aucune revendication “au droit à la virilité”. La masculinité de la chanteuse n’est mise en question à aucun moment (on pourrait même dire qu’elle est au contraire reconnue vu qu’elle est traitée de “dyke”, qui à la base est une insulte pour désigner les lesbiennes masculines). Par contre, ce qui est problématique, c’est que la manière de lutter pour le droit d’exister (“fight for you right to exist ») passe par des comportements associé à la domination masculine. Je pense qu’il s’agit d’une distinction importante.

          • « A la base, non, il n’y a pas d’idée de domination (contrairement à la figure du « pater »), il s’agit d’un modèle exemplaire de ce qu’est un homme romain. »
            L’homme romain exemplaire avait des privilèges du fait de sa vertu. C’est bien ce qui le distingue de la femme romaine qui avait beaucoup moins de droits, tout comme les hommes non romains, et ne parlons pas des escalves qui étaient tout de même des femmes et hommes beaucoup moins doté en vertus et en droits.
            L’homme romain viril-vértueux etait en situation de domination, même si les historiens ne le mentionnent pas aussi explicitement que pour le « pater ». C’est d’ailleurs typique de la domination masculine, les fils se révoltent contre leur père jusqu’à ce qu’ils en deviennent un à leur tour. J’ai toujours entendu de gros machos se pleindre de souffir autant que les femmes du sexisme car ils ne sont pas « pater famillias » ou « mâle alpha » comme ils voudraient l’être ou comme ils pendent qu’ils devraient l’être. Le mot viriarcat permet d’évité cet écceuil du mot patriarcat, parcequ’il n’y a pas que les pères qui dominent et oppriment, « les hommes romains vertueux » le font autant en attendant d’être des patriarches.

            « 2) politiquement très délicat voire même problématique (déjà qu’en parlant de masculinité il faut prendre des pincettes, j’ai l’impression que la notion de virilité est encore plus casse-gueule pour arriver à penser en nuance). »
            Les nuances de masculinité ne sont pas si subtiles que ca. On ne fait pas toute cette finesse avec les nuances de blancheur, alors qu’il y a certainement autant de manière d’être blanc qu’il y en a d’être masculin. Les privilèges blancs des bourgeois ne sont pas les memes que ceux des prolétaires et ca m’étonnerait qu’on demande autant d’égards pour préservé la suceptibilité blanche qu’on en a avec la suceptibilité masculine. Personnellement l’idée d’une masculinité non hégémonique me semble du temps perdu en pure perte. Il n’y a rien de bon à garder dans la masculinité, quant elle est pas hégémonique ce n’est pas de la masculinité. Par exemple la force c’est la force, c’est pas masculin ou féminin, quant la force est masculine c’est plus la force, c’est la coercition des femmes. LA force est neutre, si elle n’est pas neutre, c’est plus la simple force, c’est l’oppression de genre. Je ne l’ai jamais rencontré cette sois disant masculinité non-hégémonique et je n’ai jamais rien lu ni vu de probant à ce sujet. Quant je rencontre une personne courageuse ou qui exprime ses sentiments, ou qui porte des chaussures haute ou qui s’occupe bien des enfants, je me dit qu’elle est courageuse ou qu’elle exprime ses sentiments, ou qu’elle porte des chaussures hautes ou qu’elle s’occupe bien des enfants, je ne me dit pas qu’elle est masculine ou féminine. Le genre c’est l’oppression du féminin par le masculin, c’est de la domination et sinon c’est de la biologie. Je pense que c’est sur cette idée qu’on aura une grosse difference de point de vue. Je ne suis pas d’accord avec les théories queer ou les approches trans et le fait qu’il faille performer le genre de notre choix selon son humeur/envie du jour. Je ne veux pas 20000 genres, avec 20000 façons nouvelles d’être hégémonique sur le féminin. Pour moi le genre est à bannir, masculin comme féminin et ces prétendues masculinité non-hégémoniques servent juste à caresser les dominants dans le sens du poile.

            Pour le bouquin de Stontenberg, je ne savais pas qu’il y avait ce problème de traduction. Vu qu’en français il n’existe presque rien sur le sujet à part quelques ouvrages masculinistes et que je ne lie pas en anglais c’est ce que j’avais de mieux à proposé.

            « Par contre, ce qui est problématique, c’est que la manière de lutter pour le droit d’exister (“fight for you right to exist ») passe par des comportements associé à la domination masculine.  »
            Je ne voie pas trop quelle distinction importante apporte le fait que OTEP soit traité de « dyke ». On peu être traité d’homo non-conforme et être un·e oppresseureuse misogyne en même temps. Etre lesbienne ne procure pas une immunité contre le sexisme. Et une lesbienne masculine pour moi c’est une expression stéréotypé, parce que être masculine c’est quoi ? mettre du maquillage ou ne pas en mettre ? savoir se défendre physiquement ou ne pas savoir ? Une lesbienne qui sais se défendre physiquement et ne porte pas de maquillage c’est une lesbienne qui sais se défendre physiquement et ne porte pas de maquillage, et rien de plus, ca n’est pas « une lesbienne masculine ». Une lesbienne masculine ca serait une lesbienne oppressive qui utilise la virilité/masculinité hégémonique pour dominer, et du coup OTEP est bien une lesbienne masculine dans ce clip.

            En fait ces mots de masculin, féminin, viril sont toujours casse gueule car ils ne sont pas définissables de manière consensuel. Quant les gens disent masculin ils entendent « courage, droiture, bravoure, loyauté à la patrie » mais le courage n’a rien de masculin, pas plus que les autres qualificatifs. Le fait de vouloir associé des qualités morales à un genre c’est réduire et exclure les autres genres de ces qualités. La quête d’une masculinité non-hégémonique est vaine car c’est forcement chercher hors de la masculinité si on veux de la non-hégémonie, pour moi la non-hégémonie ne peut être ni masculine ni féminine.

  4. « Je ne suis pas d’accord avec les théories queer ou les approches trans et le fait qu’il faille performer le genre de notre choix selon son humeur/envie du jour. Je ne veux pas 20000 genres, avec 20000 façons nouvelles d’être hégémonique sur le féminin. Pour moi le genre est à bannir, masculin comme féminin et ces prétendues masculinité non-hégémoniques servent juste à caresser les dominants dans le sens du poile. »

    Sérieux, de quoi tu parles?
    C’est quoi le lien pour toi entre ce que tu appelles « les théories queer » (tu les défini comment pour commencer) et les « approches trans »(idem de quoi tu parles et l’amalgame, stp??), et c’est quoi le lien entre 2 trucs très vagues visiblement que tu définis pas?… sérieux qu’est-ce que tu dis et c’est quoi le lien qui te sembles si évident…juste de quoi tu parles?
    Et oui le genre c’est pas « bien », merci, et t’as trop envie de l’abolir… et aussi la faim dans le monde c’est pas sympa non plus (et personnellement j’aimerais que ça cesse) sauf qu’il se trouve que cela existe désolé(e). Du coup tu proposes quoi? Dire que cela n’existe pas et que t’es contre? Juste y’a des personnes qui vivent des oppressions concrètes au quotidien liées au genre (style les meufs cis et trans mais aussi les mecs trans et les personnes non binaires) et qui contrairement à ce que tu sembles savoirs ne déclinent pas forcément leurs réalités sur 20000 propositions (genre le genre si je t’ai bien comprise, et honnêtement c’est pas cool de réduire des vies à cette caricature même si nous sommes plein à nous y reconnaître)… Ca résonne pour moi comme lorsque des personnes blanches viennent nous expliquer qu’il n’y a pas de races… d’ailleurs on est tous métis! Ben bien sûr! Et y’a cas abolir la « race » (parce que ça créer le racisme).

    • Oui, j’ai aussi du mal à saisir certaines choses dans la réponse de Meg, et j’aimerais écrire une réponse détaillée, mais je n’ai pas eu le temps approprié de le faire ces derniers jours. Aussi je ne voulais pas réagir sur le vif.
      Ca arrive bientôt.

      • Il y a des opposition théoriques entre les objectifs des militant·e·s queers et ceux des rad-fem. On retrouve cette même opposition dans les conflits actuels entre les trans-activistes et le féminisme radical. C’est à ceci que je faisait référence. Voici un texte qui explique les différences de point de vue entre ces visions du genre. https://radfemresistance.wordpress.com/

        • J’ai lu le texte, et je sens que ça va demander un long commentaire.
          Ok pour discuter des différences de conception entre féminisme radical et théorie queer, mais ça serait mieux en évitant des textes qui disent des horreurs sur les trans, du genre :

          « Mais aujourd’hui, alors que le transgenrisme dépasse le simple jeu de rôles pour requérir l’amputation permanente de parties du corps et une utilisation d’hormones qui transforme le corps de manière irréversible avec de graves risques pour la santé, c’en est fini du caractère soi-disant enjoué que la théorie queer pourrait vouloir s’attribuer. La plupart des transgenres et des transsexuels s’enfoncent sans le moindre remous dans l’océan de la population straight, parce que le but de leur transition était justement d’en faire des hommes et des femmes straight ».

          (et puis les discussions sur le désir pas hétéro est tellement simplificateur je trouve…)

          tbc

          • « Ok pour discuter des différences de conception entre féminisme radical et théorie queer, mais ça serait mieux en évitant des textes qui disent des horreurs sur les trans, du genre » je ne suis pas OK moi. De mon coté j’ai aucune envie de me voire infligé la doxa trans-queer que je connais très bien et avec laquelle je ne suis pas d’accord. J’ai pas envie non plus de subir l’agressivité, les insultes et les comparaisons racistes de The Strum. J’ai dit que j’étais proches de ces positions car tu te demandais ce qui faisait nos divergences et je sais que c’est là que nos opinions diverges et comme on m’a demandé le détail j’ai fournis ce texte qui donne les grandes lignes des oppositions entre rad-fem et trans-queer.
            Bonne journée.

          • Comment sais-tu le contenu de ma réponse avant même que je l’ai publiée ?

            Sur la « doxa trans-queer »: aucune idée de ce que cela signifie précisément, s’il s’agit de la description donnée dans le texte, et ben c’est sacrément problématique. Il y a des positions problématiques à la fois du côté queer et du côté féministe radical d’ailleurs, mais si on ne peut pas en discuter, prendre en compte des vécus et des idées qui dérivent des courants de pensée habituels… ben c’est sacrément dommage.

            Btw, je ne vois pas en quoi la réponse de The Streum est raciste.

          • Je pense que Meg fait référence (dis moi si je me trompe) à l’opposition fondamentale entre activisme trans et féminisme radical : pour les transgenre, la liberté c’est la multiplication des genres et la possibilité de les choisir. Pour le féminisme radical, la liberté c’est l’abolition totale du genre.
            Je suis personnellement d’accord avec le féminisme radical dans le fait que je pense que multiplier les genres n’amène que plus d’oppression, car plus de normes. Et surtout cela participe à la normalisation d’un « genre féminin » et d’un « genre masculin », définis par des critères socialement construits, car si un homme cherche à atteindre le genre féminin et inversement, cela fait perdurer l’existence d’un genre masculin et un genre féminin normés qui sont exclusifs l’un l’autre.
            Le féminisme radical critique beaucoup la confusion dans l’activisme trans du genre et du sexe. C’est pas progressiste de pouvoir changer de genre car cela conserve l’existence des genres et la volonté de les mettre en adéquation avec le sexe de la personne par la transition. Il y a aussi beaucoup de critiques sur les transitions sur les enfants aux Etats-Unis, car certains parents commencent à considérer que si une petite fille se comporte pas « comme une petite fille », ça veut dire qu’elle est probablement trans. (et inversement)

            C’est du moins ce que j’ai compris du conflit. Ne m’insultez pas svp, je dis ça en cherchant à comprendre, pas comme une attaque -_-

        • Je n’ai voulu blessé personne et si je l’ai fait je m’en excuse…
          Je souligne que je n’ai insulté, ni dénigré personne même si nous ne sommes pas d’accord et j’espère ne pas avoir été lu(e) comme agressive. Je ne crois pas l’avoir été.
          Cependant sur les questions de genre, je pense que beaucoup d’amalgame sont fait, à tord ou à raison et surtout à tord. Sérieux, soyons solidaires. Et je suis désolée si MEG s’est sentie attaquée…

          Je termine en disant que si tu t’es senties agressée ou insultée je m’en excuse car cela n’a jamais été mon but, bien au contraire, même si je suis pas d’accord avec toi.

          • J’arrive longtemps après tout le monde mais il y a tellement de choses qui me choquent dans ce que je lis là…

             » pour les transgenre, la liberté c’est la multiplication des genres et la possibilité de les choisir. Pour le féminisme radical, la liberté c’est l’abolition totale du genre. »

            Les transgenres, déjà merci de parler de nous comme si on n’était pas vraiment des êtres humains. Cette phrase ne veut pas dire grand chose. Il n’y a pas de groupes trans monolithique adhérant aux mêmes idées comme l’a rappelé Arroway à un moment il me semble. Il y a des personnes trans se revendiquant de la théorie queer. Il y a des personnes trans matérialistes. Et aussi les deux approches ne sont pas nécessairement excluantes

            « Et surtout cela participe à la normalisation d’un « genre féminin » et d’un « genre masculin », définis par des critères socialement construits, car si un homme cherche à atteindre le genre féminin et inversement, cela fait perdurer l’existence d’un genre masculin et un genre féminin normés qui sont exclusifs l’un l’autre. »

            Merci de participer à la diffusion de discours transphobe… Et dites moi, pourquoi est ce que ce serait aux personnes trans de subvertir le genre ? On s’en prend pas assez dans la gueule au quotidien ? Les taux de suicide ultra élevé, les meurtres, les viols, les discriminations administrativs et j’en passe. Il faut en plus que des féministes nous tapent dessus ?

            « C’est pas progressiste de pouvoir changer de genre car cela conserve l’existence des genres et la volonté de les mettre en adéquation avec le sexe de la personne par la transition. »

            Excuse nous d’être horrible réac… c’est vrai qu’on est tellement privilégiée dans cette société (en même temps il paraît qu’on en devient capable d’imposer notre doxa. D’ailleurs une des personnes qui parlent de performer le genre c’est Judith Butler qui n’est pas une personne trans bien qu’ayant participé au développement des approches queer). Accessoirement, à un niveau purement individuel, j’ai fait une transition parce que c’est ce qui me permet de me sentir mieux pas parce que je « m’identifie au genre femme ». Ce sont les autres qui me collent cette étiquette de femme indépendamment de ce que moi je pense.

            Tout ce commentaire repose sur une essentialisation des personnes trans comme étant un groupe ayant un seul et unique but. Vous le savez peut être, il y a des divergences de point de vu entre les féministes. Si vous êtes capable de reconnaître ces différences, peut être êtes vous capable de reconnaître que le militantisme trans est lui aussi divers. Par ailleurs, merci de ne pas utiliser une partie du militantisme trans pour taper sur l’intégralité. Merci aussi de ne pas tenter d’opposer des personnes trans entre elles possiblement en utilisant celles qui pensent plus comme vous contre celles dont vous n’aimez pas l’approche.

  5. Salut,

    l’opposition fondamentale entre activisme trans et féminisme radical : pour les transgenre, la liberté c’est la multiplication des genres et la possibilité de les choisir.

    C’est pas exactement ça, ne serait-ce que parler des « transgenres » comme un groupe homogène aux idées politiques communes est très loin de la réalité.
    En général, les oppositions entre certaines féministes radicales et certaines personnes trans portent plutôt sur l’aspect purement socialement construit ou purement biologiquement inné du genre (pour des explications détaillées : http://mecaniquedesbrumes.fr/quest-ce-que-lidentite-de-genre/).

    Abolir le genre en tant que hiérarchie, oui, c’est super comme projet. Maintenant, on fait comment concrètement ? Si c’est pour réimposer une norme supposément androgyne à tout le monde, on va pas avancer très loin 🙂
    Aujourd’hui, il y a plein de personnes qui incarnent et explorent des alternatives par rapport à certaines caractéristiques que l’on lie traditionnellement au genre et au sexe; il y a des gens qui franchissent les frontières imposées. Parmi ces gens, certains ont des conceptions du genre qui sont essentialisantes. D’autres pas du tout.

    Quand je lis (je te cite pour l’exemple, mais c’est présent aussi dans le site radfem de meg)  » C’est pas progressiste de pouvoir changer de genre car cela conserve l’existence des genres « , l’un des problèmes c’est déjà qu’ici on part du principe que les personnes trans souhaitent incarner des féminités et des masculinités traditionnelles, stéréotypées (et ici j’utilise le concept de genre comme quelque chose d’un peu plus complexe que seulement une hiérarchisation sociale.

    • Ok je comprends mieux avec l’article, par contre ce n’est pas plus rassurant. Honnêtement je ne suis pas sûre de vous suivre : vous êtes d’accord avec l’existence d’un genre qui serait inné ? Sur un site qui tire son nom de la phrase « le privé est politique » ? (c’est une vraie question, sans ironie, parce que votre article dit quand même qu’il faut « arrêter de séparer nature et culture »..)
      L’abolition du genre ne s’agit bien sur pas d’imposer une norme androgyne, mais de dénormer la société. Autrement dit, de « dégenrer » les comportements. Ce qui nous différencie est nos corps, pour le reste nos comportements sont humains et non associés à un genre quel qu’il soit, pour grossir le trait.
      Je ne vois pas trop comment on peut différencier le genre de l’oppression. Le genre s’est formé comme un moyen de hiérarchiser hommes et femmes en leur imposant des comportements. Transgresser les stéréotypes de genre c’est transgresser la notion de genre elle-même. Comment on peut abattre la hiérarchie des genres en considérant le genre comme un ressenti ?
      Aussi, ce n’est pas en rapport direct avec le sujet, mais il me semble que la notion d’identité de genre est quand même très ancrée dans un mode de pensée anglo-saxon. Pas sur que la question se pose de la meme façon dans tous les pays. Déjà en anglais « identify/identity », ça correspond plus à « identification  » (à quelque chose, un groupe) qu’au mot « identité », qui sous-entend plus dans la mentalité française une indépendance (idée probablement héritée du modèle de cogito d’ailleurs). Dès lors, il y a une contradiction interne à l’idée de genre comme ressenti inné, puisque l’identité de genre se définit par une identification, donc un phénoménal social ?

      • (Quand je dis « dégenrer les comportements », c’est du point de vue de la vision sociale bien sûr : que les comportements des humains ne soient pas associés socialement à un genre mais seulement à un comportement humain)

      • Ok je comprends mieux avec l’article, par contre ce n’est pas plus rassurant. Honnêtement je ne suis pas sûre de vous suivre : vous êtes d’accord avec l’existence d’un genre qui serait inné ? Sur un site qui tire son nom de la phrase « le privé est politique » ? (c’est une vraie question, sans ironie, parce que votre article dit quand même qu’il faut « arrêter de séparer nature et culture »..)

        Dire qu’il faut arrêter de séparer nature et culture pour prendre en compte la complexité des facteurs engagés dans notre construction d’êtres humains (sans minimiser le moins du monde les aspects sociaux), et défendre l’existence d’un genre qui serait inné, ce n’est pas vraiment la même chose !

        C’est un fait que le biologique joue un rôle : si le cerveau (par exemple) est plastique, et se modèle de manière spectaculaire en fonction de nos expériences sociales et de l’environnement, il ne faut pas non plus oublier qu’il existe des différences d’ordre biologique dans la manière de recevoir, traiter, assimiler ces expériences, nous n’avons pas tou-t-es le même héritage génétique, nous n’avons pas tou-t-es été exposé-e-s au même environnement et aux mêmes traitements médicaux/chimiques, etc. Je ne fais pas ici de hiérarchie entre les facteurs sociaux, environnementaux, biologiques : je parle de manière générale, et dans l’étude des cas plus précis, on peut se rendre compte que tel facteur social est prépondérant, par exemple. Mais je pense qu’il y a des cas où une approche qui se base uniquement (et j’insiste sur le « uniquement ») sur un enchaînement de facteurs sociaux ne suffit pas à expliquer de manière satisfaisante certaines trajectoires. D’un point de vue scientifique, il me paraît raisonnable de ne pas ignorer que nous sommes aussi des corps, pas que des esprits, sans pour autant tomber dans des approches déterministes et simplificatrices.

        L’abolition du genre ne s’agit bien sur pas d’imposer une norme androgyne, mais de dénormer la société. Autrement dit, de « dégenrer » les comportements. Ce qui nous différencie est nos corps, pour le reste nos comportements sont humains et non associés à un genre quel qu’il soit, pour grossir le trait.

        (Quand je dis « dégenrer les comportements », c’est du point de vue de la vision sociale bien sûr : que les comportements des humains ne soient pas associés socialement à un genre mais seulement à un comportement humain)

        Je pense que nous sommes d’accord sur le point «  que les comportements des humains ne soient pas associés socialement à un genre mais seulement à un comportement humain ». Mais il existe d’autres types de catégorisation de ces comportements humains : par exemple certaines théories sur les types de personnalités. Je pense aussi qu’il existera toujours, y compris dans un système où le genre comme hiérarchisation sera aboli, des personnes qui manifesteront un groupe de comportements qui correspondront de près ou de loin à ce que l’on associe aujourd’hui à des comportements typés « masculins » (ex : force physique et ambition) ou « féminins » (ex : écoute et douceur). Après il s’agit d’une affaire de mots.

        De mon point de vue, lorsque l’on considère certaines approches queer, on y trouve à la fois des moyens concrets d’arriver à ce résultat d’aller au-delà des normes de genres, et des gens qui incarnent ces explorations/changements. On les décrit certes à l’aide de mots renvoyant aux genres occidentaux, en parlant de masculinités et féminités au pluriel pour rendre compte de l’étendue que cela peu couvrir, ou au contraire en refusant de parler de genre. Mais à ce stade, en tout cas de la manière dont je comprend ou j’interprète les choses, il s’agit de ré-enrichir le sens et les possibilités qu’il y a derrière ces mots, sans pour autant perdre de vue 1) les inégalités de pouvoir qui peuvent se nicher dans les comportements donnés, 2) le contexte dans lequel ils évoluent, 3) le prisme du contexte actuel de notre société genrée binaire à travers lesquels ils sont observés et interprétés.

        Dans l’un de ses bouqunins Fausto-Sterling parle d’un système de genres démultiplié :
        « Accepter la variation de genre revient-elle à faire entièrement disparaître le concept de genre ? Pas nécessairement. La théoricienne transgenre Martine Rothblatt propose un système chromatique qui introduirait des distinctions entre des centaines de types de personnalités. En permutant les sept niveaux, à la fois, d’agression, de maternarge et d’érotisme qu’elle propose, on aboutirait à 343 (7x7x7) nuances de genre. Une personne du genre mauve, par exemple, serait à faible maternage, avec une bonne dose d’érotisme et peu d’agressivité. On peut certes trouver à redire au système de Rothblatt, mais la question est sérieuse et l’idée d’élever des enfants intersexués dans une culture qui reconnaît la variation de genre ne cesse de gagner du terrain.
        Est-il si déraisonnable de demander que nous prêtions plus d’attention à la variabilité, et moins à la conformité de genre ? Le problème avec le genre, tel que nous le connaissons aujourd’hui, c’est la violence – tant réelle que métaphorique – que nous exerçons en le généralisant. Aucun homme ou femme ne cadre avec le stéréotype universel du genre. « Il pourrait être plus utile, écrit la sociologue Judith Lorber, de grouper des modèles de comportement et ensuite seulement de s’efforcer d’identifier les marqueurs des gens susceptibles de tels comportements ».
        Si nous devions, nous les Occidentaux, passer à un système de sexes et de rôles de genre multiples (comme cela semble possible), nous ne serions pas pour autant des pionniers culturels. »

        Je ne vois pas trop comment on peut différencier le genre de l’oppression. Le genre s’est formé comme un moyen de hiérarchiser hommes et femmes en leur imposant des comportements.

        Je trouve que l’affirmation « le genre s’est formé comme » présuppose beaucoup de choses sans les expliciter, du coup j’ai une difficulté à réfléchir dessus. Quel est le cadre de réflexion : bornes spatiales et temporelles ? De fait, la notion de genre est très récente, mais l’histoire de ce qu’elle représente, l’histoire des comportements humains et de leur catégorisation/hiérarchisation (ou non) est bien plus ancienne. On utilise la notion de genre dans l’analyse de sociétés non-binaires. On la plaque parfois à l’analyse de comportements ou d’évènement historiquement plus anciens qu’elle, mais qui contiennent déjà des formes d’oppressions entre hommes et femmes, mais aussi envers les personnes trans ou « non-conforme en genre » (le mot « trans » est aussi ici anachronique, mais il permet d’englober un vaste nombre de pratiques, vécus, expériences).

        Transgresser les stéréotypes de genre c’est transgresser la notion de genre elle-même. Comment on peut abattre la hiérarchie des genres en considérant le genre comme un ressenti ?

        Dans votre cadre de réflexion, en considérant le genre comme la notion que vous avez définie, je suis d’accord avec vous. Mais pour le reste de ma réflexion, j’ai une définition plus large, ou en tout cas un peu différente, de ce qu’englobe ou désigne le « genre ».

        Aussi, ce n’est pas en rapport direct avec le sujet, mais il me semble que la notion d’identité de genre est quand même très ancrée dans un mode de pensée anglo-saxon. Pas sur que la question se pose de la meme façon dans tous les pays. Déjà en anglais « identify/identity », ça correspond plus à « identification  » (à quelque chose, un groupe) qu’au mot « identité », qui sous-entend plus dans la mentalité française une indépendance (idée probablement héritée du modèle de cogito d’ailleurs).

        Je ne suis pas sûre de vous suivre sur les nuances que vous pointez ici, en particulier sur la l’équivalence supposée entre « identify » et « identification » (en français). Grammaticalement, il me semble que ce sont deux mots bien différents, et que le mot « identification » existe aussi en anglais. Sur la question de l’identité comme « indépendance », je ne comprend pas
        1) ce qui motive votre remarque que l’identité à la française ne contient pas cette notion d’identification (là comme ça, il me vient la notion « d’identité nationale » très à la mode ces dernières années en France comme contre-exemple),
        2) pourquoi la notion anglaise ne contiendrait pas ce sens aussi.

        Dès lors, il y a une contradiction interne à l’idée de genre comme ressenti inné, puisque l’identité de genre se définit par une identification, donc un phénoménal social ?

        Pour poursuivre dans le cadre de votre réflexion : oui, le processus d’identification est un phénomène social, mais les facteurs ou les causes qui motivent ou permettent d’expliquer les modalités de cette identification ne le sont pas forcément, à strictement parler.

        • prendre en compte la complexité des facteurs engagés dans notre construction d’êtres humains (sans minimiser le moins du monde les aspects sociaux)

          Pour expliciter ce que j’entends par là, parce que je me rends compte que ce n’est pas forcément évident : j’ai en tête ici les sexualités, et certains comportements (traits de caractère, centres d’intérêts, goûts, aspects physiques) traditionnellement rapportés à la notion de genre.

          Aussi pour expliciter par rapport au ressenti de genre : je crois aussi que le cadre dans lequel certain-e-s pensent aujourd’hui le « ressenti » de genre est enfermé dans cette conception du genre bien trop restrictive du genre soit-disant inné. Mais je pense qu’il est valide de prendre en compte le fait que des personnes se sentent plus à l’aise dans certaines activités, cadres, manière d’être que d’autres, et que cela n’est pas forcément toujours totalement explicable par des facteurs sociaux.

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