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Predator Tears, Les larmes des prédateurs : Zootopie, une allégorie nauséabonde

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Zootopie est le dernier long-métrage des Grands Classiques Disney et a été salué par certains comme une œuvre porteuse d’un regard satirique sur la société et d’un message d’acceptation et de tolérance.

Néanmoins, ne rompons pas avec la tradition et observons plus en détail le message Ô combien progressiste de la dernière production du royaume Disney. Il ne s’agira pas de crier au complot ou d’insinuer que les nombreux scénaristes s’étant refilé le bébé (au nombre desquels on trouve deux femmes ; Josie Trinidad et Jennifer Lee) étaient nécessairement chafouins dans leurs intentions au moment de la rédaction du script. Un film, surtout quand il vient d’une firme comme Disney, c’est une somme de compromis qui, dans le cas qui nous intéresse, aboutit à un résultat plus que nauséabond. Mais ne mettons pas la charrue avant les bœufs et disséquons d’abord le bébé ! A table !

Zootopie aurait pu donc se présenter comme une allégorie des inégalités bien que le fait d’essentialiser des différences entre humains en utilisant des espèces animales pour sa métaphore est en soi discutable. Seulement, les différentes oppressions auxquelles le film fait référence (il est clairement fait allusion à des phénomènes sociaux contemporains) aboutissent à un méli mélo informe avec comme finalité un message contradictoire si ce n’est franchement réactionnaire.

Not All (Males) Foxes : échec de la métaphore en terme de genre

Zootopie c’est l’histoire d’une femelle lapine, Judy, qui vit dans un petit village de campagne spécialisé dans la culture de carottes où elle subit l’agressivité d’un prédateur, un renard, ce qui ne l’empêche pas de rêver de devenir policière à Zootopie, ambition que réprouve son entourage au motif que ça ne se fait pas quand on est une lapine.

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« Plus tard je serai policière ! »

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Chérie… tu es une f… un lapin ! Tu ferais mieux de laisser tomber.

Jusque là la métaphore semble assez claire : on a une héroïne qui rêve d’un métier physique traditionnellement masculin dans notre société. C’est un euphémisme de dire que l’armée est un milieu peu accueillant pour les femmes (les femmes G.I. meurent plus souvent à cause de leurs camarades masculins que de l’ennemi sur le front, voir le documentaire The Invisible War, ou pour la France, le livre La Guerre Invisible de Minano et Pascual, ou encore cet article). Le fait que l’opposant de Judy au début du film est un renard mais aussi un mâle qui se moque de ses ambitions peut donc être lu avec une certaine cohérence comme une référence au sexisme… On parle souvent de « prédateur sexuel » et le renard étant le prédateur du lapin, on peut voir les violences que subit Judy comme des métaphore de violences misogynes. D’ailleurs, avant qu’elle ne parte à Zootopie, la famille de la lapine lui remet tout un attirail pour se défendre de ses éventuels agresseurs en ville et cette scène rappelle fortement les mises en garde contre les violeurs avec ce mythe de l’agresseur nocturne de la ruelle qui vise à empêcher les femmes de s’accaparer l’espace public alors qu’elles courent statistiquement plus le risque d’être violées en restant chez elle. On remet notamment à Judy un « spray anti renard » qui rappelle les bombes lacrymo. Elle relativise cette peur qui est une construction sociale mais on nous a bien montré néanmoins que les renards représentaient un vrai danger pour elle dès le début du film.

Seulement la métaphore montre déjà ses faiblesses puisque l’espèce n’est pas un véritable équivalent du genre et que des mâles lapins peuvent aussi potentiellement subir les violences des prédateurs renards. D’ailleurs, durant l’entraînement de Judy pour devenir policière, c’est un gros mammifère femelle qui la maltraite. Il ne s’agit pas là d’intériorisation d’un sexisme métaphorique par quelqu’un souffrant dudit sexisme puisque ledit gros mammifère femelle n’est pas spontanément dénigré comme Judy. On a déjà ici la preuve que l’allégorie de Zootopie en terme d’inégalité entre les genres échoue déjà. Il est évident que ce n’est pas dans l’intention des créateurs de Zootopie d’exposer clairement des revendications égalitaristes à travers une métaphore cohérente qui radicaliserait le propos. Disney n’a pas intérêt à pousser trop loin le message s’il ne veut pas s’aliéner une partie de son public (à savoir les spectateurs/trices conservateurs/trices sur la question des rapports de genre).

Ceci dit, on gardait là encore une cohérence relative puisque les petits mammifères femelles, plus que les gros mammifères femelles, sont présentées avec des qualités physiques et mentales qu’on attribue aux femmes : les lapins sont sentimentaux et on fait même une blague sur le fait qu’ils ne savent pas conduire, les petits mammifères sont faibles physiquement, etc. Cette relative cohérence va très rapidement s’effondrer une fois l’héroïne arrivée à Zootopie, mais résumons la suite de l’intrigue.

Judy arrive à Zootopie et l’adjointe au maire qui est une femelle petit mammifère là ou le maire est un mâle gros mammifère et prédateur, se félicite de l’arrivée de la lapine dans la police et évoque une forme de « discrimination positive » pour introduire plus de petits mammifères dans les forces de l’ordre. Seulement, cette politique, on le voit, est mal acceptée par les gros mammifères ; le chef Bogo dénigre en effet les capacités de Judy et la cantonne à la circulation.

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Judy bosse deux fois plus dur que les gros mammifères pour gagner sa légitimité…

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Les dominants se servent d’elle pour se donner bonne conscience…

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Et elle finit cantonnée à la circulation.

L’adjointe au maire qui soutient Judy tout au long du film, est également molestée par son patron gros mammifère prédateur qui a installé son bureau dans la chaudière, et ne lui confie qu’un travail de secrétariat ou la tâche Ô combien gratifiante d’apporter son café.

Une oppression très similaire à notre sexisme humain touche donc les petits mammifères femelles dans ce film (les gros mammifères femelles par contre n’ont pas à en souffrir). Mais en lisant le film avec la grille du genre et de ses oppressions, on voit vite balayée la remise en question de la domination masculine puisque… les mâles dominants souffrent eux-aussi de leur statut de mâles. Et disons que la majeure partie du film va s’attacher à nous le montrer.

En effet, des mammifères prédateurs disparaissent (petits ou grands d’ailleurs, ce qui ajoute à la confusion de la métaphore mais bon) après être revenus à l’état sauvage. C’est Judy qui hérite de l’enquête par hasard et le chef menace de la virer si elle ne la résout pas avant une deadline quasi impossible, ce qu’il n’aurait jamais fait avec des gros mammifères. Pour accomplir cette tâche, Judy fait équipe avec un renard escroc, Nick Wilde.

Après une altercation avec le chef de la police qui veut encore pousser Judy à rendre son enseigne, moment d’émotion : le renard Nick, dont Judy se méfiait à raison (puisqu’il est véritablement un escroc), se confie à elle en lui expliquant l’origine de sa souffrance de prédateur. Petit, il a voulu s’intégrer à un groupe de proies et a fini avec une muselière, et c’est ce jour qu’il a décidé que puisqu’on avait déjà une idée préconçue de lui, il allait s’y conformer et devenir le renard rusé et arnaqueur, c’est-à-dire le prédateur/dominant qu’on voyait déjà en lui.

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Moi prédateur je souffre aussi d’abord !

Nous verrons en quoi la métaphore des prédateurs et proies échoue lue au prisme des oppressions raciales mais analysons déjà la situation en fonction du genre. On peut voir chez les prédateurs des caractéristiques qu’on attache au masculin dans notre société : ils auraient des besoins, des pulsions agressives essentialistes. On nous montre en effet qu’il était initialement dans l’ordre naturel des choses que les prédateurs agressent les proies mais ils ont changé avec la civilisation puisque les prédateurs n’agressent à priori plus les autres animaux. On peut voir ici deux éléments qui rappellent des arguments masculinistes. On a d’une part l’idée que la violence des hommes/prédateurs est innée et inéluctable : argument essentialiste qu’on peut voir appliqué avec le mythe de l’homme qui ne peut s’empêcher de violer car c’est dans sa nature et qu’il faudrait donc l’en excuser. D’autre part on a l’idée que la violence des prédateurs/hommes appartient au passé, à un temps révolu et que les violences ne sont le fait que de quelques individus isolés et « fous » (dans le film, les prédateurs revenant à l’état sauvage sont des exceptions) : tous les hommes/prédateurs ne sont pas méchants (argument connu sous le nom de Not All Men) et on nie le patriarcat présent en le renvoyant à un passé révolu (dans le film : le temps où les prédateurs chassaient les proies ; dans notre monde : l’époque avant le droit de vote et d’avorter, etc. (Notons d’ailleurs que les deux arguments masculinistes semblent contradictoires mais peuvent être employés par les mêmes personnes).

Le film tend pourtant à nous montrer, en première partie, un système où les prédateurs ont réellement des privilèges sur les proies et en profitent et sont effectivement violents. Le renard du début frappait et blessait Judy pour la remettre à sa place, Nick abuse de sa confiance et la manipule, le lion maire malmène son adjointe, les loups comme les ours sont violents. Mais un glissement s’opère en seconde partie et le film tend à étouffer cette mise en évidence des violences et oppressions structurelles en se concentrant donc sur des violences plus extrêmes mais le fait d’individus « fous » et qui ne sont pas responsables de leur actes   : les prédateurs intoxiqués.

Ce glissement amène à un retournement de la situation au milieu du film où on oublie totalement les souffrances systématiques des petites proies pour nous montrer que les prédateurs souffrent aussi… voire plus. Au lieu de s’attarder sur la souffrance des victimes, le film va s’attarder sur celle des agresseurs et, tout en nous ayant montré les prédateurs infliger de véritables souffrances aux « proies », en faire finalement les véritables victimes de l’histoire.

Vous êtes perdus ? Rassurez-vous, moi aussi, mais résumons la suite du film.

Judy retrouve les prédateurs disparus qui sont revenus à l’état sauvage, ce que le gouvernement cachait pour ne pas créer de panique. Seulement, on ne s’explique pas leur état et on avance l’hypothèse de la génétique. Cette hypothèse (présentée prudemment comme une hypothèse et non une vérité) blesse profondément Nick le renard dans son petit cœur. On lui renvoie encore son agressivité supposée à la figure. Préjugé dont on l’a vu souffrir dans un flash-back larmoyant mais qui ne fait pas partie d’un système favorisant les proies. Pour faire un parallèle évident, c’est comme le mythe du « sexisme inversé » ou du « racisme anti blanc », qui n’existent pas tout simplement car les femmes n’oppressent pas les hommes ni les noirs les blancs au sein d’un système de domination (voir cet article sur le sujet  ou ce sketch). La scène larmoyante du pauvre petit Nick torturé par des proies ressemble ainsi à s’y méprendre à un fantasme masculiniste.

Et Judy qui, elle, n’a pas cessé de se battre pour avoir le droit de faire ce qu’elle veut, doit s’excuser d’avoir un spray anti-renard (une peur du renard pourtant justifiée puisqu’elle a subi la violence de la part d’un renard pendant toute son enfance) et d’avoir peur de prédateurs qui sont, dans les faits, réellement violents envers les proies. Si l’on fait une lecture de ces scènes en termes de rapports de genre, le film nage en plein masculinisme comme le confirme également ce plan ou une femelle lapin éloigne ses enfants d’un pauvre gros prédateur, craignant pour leur vie. Cette image, lue en terme d’oppression de genres, est nauséabonde et fait passer les victimes pour des oppresseurs et inversement.

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Les prédateurs dominants injustement mal perçus.

Boudée par Nick qui la fait culpabiliser (avec la bénédiction du film), Judy rentre chez elle et découvre que ses parents qui craignaient (à raison) les renards, ont sympathisé avec le renard qui torturait Judy quand elle était petite. Ce dernier s’excuse brièvement là où l’ensemble des lapins se prosterne presque à ses pieds (Judy comprise) pour avoir eu une mauvaise image de lui (à raison pourtant) et ledit renard explique son comportement par « je manquais de confiance en moi ». En soi… une très bonne excuse pour frapper plus petit que soi et s’accaparer ses biens.

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« Oui je t’ai maltraitée… »

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« Mais je manquais de confiance en moi tu comprends ? »

Judy retourne en ville, forte de sa tolérance fraîchement acquise et le film révèle finalement que les prédateurs ne devenaient sauvages qu’à cause d’une machination de… l’adjointe au maire. Ce petit mammifère femelle opprimé par un grand mammifère prédateur mâle qui cherchait à instaurer une solidarité entre petits mammifères était en fait la vraie méchante de l’histoire. Les prédateurs n’étaient que des victimes. En vrai ils sont gentils et souffrent qu’on les considère comme des vilains agresseurs.

Récapitulons : la première partie du film, du point de vue de Judy, nous a montré des prédateurs effectivement dangereux et oppresseurs, la seconde partie nous a révélé que les prédateurs souffraient aussi en fait, ce qui excuse l’oppression qu’ils exercent et amènent Judy et les autres lapins victimes à s’excuser pour une supposée fausse image qu’ils auraient des prédateurs vus comme violents par essence. On tente de nous faire avaler qu’en fait, tout le monde est égal face à l’oppression même si structurellement, on a bien vu que les proies petits mammifères étaient bel et bien défavorisés et oppressés… Pire, on dédramatise des situations de violence réelle durant le climax du film, où Nick le renard fait semblant d’être redevenu sauvage (ce qui arrive en vrai) et fait mine d’agresser Judy (ce qui lui est déjà arrivé), le tout joué dans la bonne humeur parce que ça n’arrive jamais enfin ! Et la mise en scène sert à duper l’adjointe au maire qui, bouffie d’à prioris et injuste dans ses jugements, a cru à cette mascarade.

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Une agression ?

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Mais non voyons c’était pour rire ça n’arrive jamais !

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Ah si en fait !

Dans cette scène, le film, sous couvert de démystifier le fait que les hommes/prédateurs ne sont pas génétiquement violents (ce qui est progressiste et anti-essentialiste), sous-entend que les hommes/prédateurs ne sont pas violents du tout et en profite pour accuser les proies/femmes de cultiver et répandre l’image violente des hommes/prédateurs.

En somme,  même si le film fait clairement écho aux inégalités de genre, la métaphore est trop brouillée pour être cohérente jusqu’au bout, et le film s’attarde finalement plus sur les états d’âmes des agresseurs que des agressés. Quant aux victimes d’oppressions systémiques, quand elles cherchent à se venger (comme l’adjointe au maire) ou à changer les choses (comme Judy), elles font basculer la société dans le chaos et sont punies pour ça.

C’est vachement chouette la tolérance chez Disney. Il faut qu’on se tolère tous les uns les autres (enfin surtout que les opprimés tolèrent les oppresseurs en fait parce que sinon ces égalitaristes  vont tout casser dans la société et ce sera le chaos) et nous sommes tous égaux face aux inégalités bien sûr.

Une minorité qui dérange… mais qui a quand même un sacré lot d’avantages : échec de l’allégorie en terme de races et de classes

Le plus souvent, d’Esope à la Fontaine en passant par des films Disney comme Robin des Bois, les animaux prédateurs sont mis dans les rôles des puissants et présentés comme des oppresseurs (même si chez Disney, il existe de bons oppresseurs : le Roi Richard de Robin des Bois ou le Roi Lion où toutes les proies du garde-manger des lions sont ravies d’aller défiler en cohorte devant son rejeton). Dans Zootopie, le maire est effectivement un lion mais on nous apprend que les prédateurs sont en réalité une minorité dans la société (10%) même si, avant les agressions et disparitions évoquées dans le film, on ne nous montre pas qu’ils souffrent de cette situation. Ce serait même le contraire. Comme je l’ai expliqué plus haut, les mammifères sont violents et abusent de leur pouvoir. Nick le renard a droit à son moment d’émotion sur le fait qu’un groupe de proies a abusé de lui mais on ne nous montre pas d’oppression systémique sur les prédateurs.

Ceci dit, quelques éléments peuvent aller dans le sens d’une métaphore de l’oppression raciale. Pour un public américain qui plus est, des parallèles semblent plus évidents. Des comparaisons ont été faites avec The Crack Epidemic, les discours d’Hillary Clinton sur les super prédateurs , Donald Trump ou la situation des Musulmans aux États-Unis. L’argument selon lequel certains individus seraient essentiellement violents, développée en première partie dans le cadre du sexisme est également employée aux États-Unis comme en France ou autres pays coloniaux depuis des siècles à l’encontre de minorités : noirs, latinos, arabes, etc. (D’ailleurs nombre d’hommes blancs semblent d’un coup plus concernés par les violences sexuelles quand les coupables sont des hommes racisés). Les prédateurs sont également souvent limités à leur force physique, qui est instrumentalisée par les autres mammifères ou perçue comme une menace. Les ours et les loups par exemple sont des hommes de mains et les tigres des danseurs limités à leurs muscles et présentés comme plutôt idiots. On peut donc voir les prédateurs comme une minorité opprimée injustement accusée de sauvagerie. Sauf que Zootopie légitime cette oppression, les prédateurs étant réellement violents « par essence ». Dans la course-poursuite finale du musée, on peut voir des fresques représentant des petits mammifères prenant le dessus avec leurs outils perfectionnés sur les prédateurs. Les proies se seraient donc civilisées avant de civiliser les prédateurs, ces barbares. A un certain niveau, on l’a vu, le film critique le discours qui stigmatise les prédateurs comme génétiquement violents puisque leur violence n’est due qu’à l’influence extérieure de la plante, mais en ne nous montrant pas les effets de la plante sur les proies (qui pourraient aussi faire des dégâts à l’état sauvage quand on voit les grands mammifères) le film laisse à penser donc que les prédateurs étaient bel et bien, par nature, violents au départ et que la plante révéleraient en quelque sorte leur nature profonde. Et, que ce soit dans une lecture en terme de genre ou de racisme, l’idée que les prédateurs hommes ou personnes racisées soient violentes par essence est absolument problématique dans la mesure où son application sert, en terme de genre, à excuser les comportements violents des hommes, et, en terme de race, à justifier une domination blanche.

Plus dangereux encore, la crainte des prédateurs est parfaitement justifiée dans le film. Comme dans le cas des X-men ou de True Blood par exemple qui sont censés être des allégories des LGBT+ et minorités racisées, ladite allégorie se révèle vraiment nauséabonde parce que dans les faits, les personnes racisés et LGBT+ sont présentées comme des dangers pour la société sans l’être réellement, alors que dans les allégories, mutants, vampires et prédateurs sont bel et bien dangereux.

Ceci dit, X-men et True Blood avaient au moins le mérite de montrer les stigmates sociaux liés au statut de mutant et de vampire (qui étaient condamnés à se cacher et ne pouvaient s’intégrer dans la société). Là où dans Zootopie, à part le rapide moment de crise qu’on nous montre comme une exception et où les mammifères commencent à se méfier des prédateurs, le statut de prédateur n’empêche clairement pas d’accéder à des postes de pouvoir (le maire), des métiers, des salaires, un statut social, une reconnaissance, etc. Alors qu’être un petit mammifère semble clairement handicapant (Judy ne peut intégrer la police, les hamsters et les paresseux sont dans la paperasse, etc.). De manière significative, le seul petit mammifère qui accède à un poste de pouvoir est dans le milieu du crime, subvertissant la norme, puisqu’il s’agit du parrain musaraigne.

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Ah les petits mammifères, cette masse uniforme

Disney nous montre donc des minorités représentant une véritable menace. Mais là encore l’allégorie ne fonctionne qu’à moitié malgré les références et les jeux sur des stéréotypes car ceux qui semblent réellement avoir des avantages dans la société sont les gros mammifères et non les prédateurs spécifiquement, qui peuvent être grands et petits. Et même les prédateurs gros mammifères peuvent avoir des petits boulots (la panthère chauffeur de taxi ou le fauve efféminé traité avec une joyeuse grossophobie qui travaille à l’accueil de la police).

Globalement le film se présente comme une allégorie et renvoie constamment à notre monde en multipliant les clins d’œils, mais il ne crée aucune réelle structure similaire à la nôtre et ne dénonce donc pas de manière cohérente les oppressions systémiques qui traversent notre société. Personne n’est coupable, personne n’est offensé et les crocodiles sont bien gardés.

Ceux qu’on excuse, celui qu’on doit plaindre, celle qui s’excuse et celle qui est coupable.

Attardons nous finalement plus en détail sur les principaux personnages du film, leur rôle dans l’histoire et la façon dont ils sont présentés pour disperser les brumes scintillantes du pseudo « message de tolérance » du film et distinguer le message sous-jacent qu’on pourrait résumer à : « fais pas de vagues, tu vas tout casser ». Message qu’on trouvait récemment dans Rebelle ou les Mondes de Ralph et même avant dans le Livre de la Jungle avec le Roi Louis mais qu’on pourrait joyeusement faire remonter chez Tonton Walt à son mépris des grèves des années 1940.

Ceux qu’on excuse dans le film et qui sont déresponsabilisés sont les oppresseurs. Le maire lion, exécrable avec son adjointe, opportuniste au possible puisqu’il a embauché son adjointe pour toucher les électeurs ovins et instrumentalise l’intégration de Judy dans la police, est finalement presque dépeint comme une victime des préjugés contre les prédateurs (chez Disney, les rois lions vous dévoreront avec gentillesse, noblesse et altruisme).

De même, le chef Bogo, un gros mammifère agressif à la tête de la police, qui discrimine clairement Judy, lui gueule dessus et la rabaisse, est traité de façon très complaisante, même si le film fait comprendre qu’il avait tort de sous-estimer Judy et de l’astreindre à des tâches subordonnées et ingrates. Les violences de Bogo envers ses inférieurs hiérarchiques sont dédramatisées et jouées comme des gags et on nous invite même à l’empathie en montrant la difficulté de sa situation sous pression. Il n’est jamais puni ou condamné pour son comportement et ses violences envers Judy qu’il malmène réellement et demeure à la tête de la police de Zootopie à la fin du film.

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Maltraiter ses subordonnés…

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c’est pas …

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si grave.

Bien… les figures incarnant la loi et l’ordre sont restées bien à leur place. Et pour les autres alors ?

L’escroc Nick le renard est un prédateur mais un petit prédateur, même s’il a physiquement le dessus sur les petites proies. Il a décidé de correspondre au cliché et attentes que la société avait déjà des renards contrairement à Judy qui veut changer sa situation. Au contact de la lapine, Nick évolue peu à peu et envisage de rentrer dans le rang mais dès qu’on commence à remettre en question ses capacités à cause de son statut de prédateur, il laisse tomber, abandonnant Judy, laquelle, elle, n’a jamais abandonné malgré qu’on remette en question ses capacités disons à 99% du temps (ce que Nick fait même jusqu’au bout du film en sous entendant par des blagues qu’elle ne peut pas conduire parce qu’elle est une -femme- lapine). Nick le renard prédateur a donc le droit de remettre en question les capacités de Judy parce que pour lui, c’est de l’humour, des blagues, mais quand il est lui remis en question, il a le droit de tout abandonner. Le film l’excuse et présente sa peine comme légitime. Pourtant, il est le seul prédateur qu’on nous montre souffrir de son statut avant la crise présentée dans le film puisqu’il a été malmené par des proies durant son enfance. Il semblerait donc être une exception, les prédateurs n’étant pas présentés comme souffrant d’oppression systémique. « Racisme anti blancs » ? « Sexisme anti hommes » ? C’est évidemment sur cette exception que le film s’attarde le plus, oubliant complètement les souffrances de Judy développées en première partie. Le traumatisme de Nick est d’autant plus irritant qu’il est révélé après toute une première partie où l’on a vu que les prédateurs étaient favorisés. Enfant, il a voulu s’intégrer dans un groupe de jeunes proies mais s’en est vu exclu. Un seul espace ne lui était pas ouvert et ça l’a profondément blessé, ce qui rappelle la colère des masculinistes/blancs quant aux espaces non mixtes pourtant nécessaires.

Nick est ensuite malmené physiquement avec une muselière que les petites proies lui enfilent de force. Oui il s’agit d’une violence basée sur un argument essentialiste qu’il ne s’agit pas ici de minimiser, mais dans Zootopie elle est une exception et ne s’inscrit pas dans un système contrairement aux violences que subit Judy. Or le film nous présente les deux situations comme similaires, ce qu’elles ne sont pas.

De son côté, Judy se bat tout au long du film pour exercer un métier pour lequel on la pense, par essence, pas qualifiée. On la voit souffrir à l’entraînement mais le film sous-entend quand elle intègre la police qu’elle y est grâce à une politique d’inclusion des petits mammifères : de la « discrimination positive ». Judy est soutenue par une autre femelle qui parle de solidarité entre petits mammifères. Judy est affectée à un boulot chiant et peu gratifiant qui consiste à coller des PV et se faire engueuler. Judy souffre, on nous le montre bien en première partie du film, et elle veut changer son statut et saute donc sur l’occasion quand une enquête se présente, profitant du soutien de l’adjointe au maire pour contourner les discriminations de son patron. Finalement, elle résout l’enquête et son statut de petit mammifère devenu membre des forces de l’ordre en fait un modèle, une héroïne populaire, mais comme son enquête a révélé la sauvagerie de certains prédateurs et qu’une peur des prédateurs s’instaure, ce dont elle n’est absolument pas responsable mais bon… elle se sent coupable et quitte la police. En rentrant chez ses parents elle croise un renard qui l’avait torturée petite, a une illumination et revient en ville ramper devant Nick qu’elle a fait souffrir en émettant l’hypothèse (qui ne venait pas d’elle) que la sauvagerie des prédateurs était génétique (ce qui dans le film est quand même plausible). Nick prend d’ailleurs un malin plaisir à enregistrer ses excuses et les réécouter avec satisfaction avant de se moquer de la sensibilité des -femmes- lapins (mais qui donc a fait un caca nerveux quand on a sous entendu que les prédateurs avaient des propensions à la sauvagerie une seule et unique fois alors que Judy est constamment remise en question parce qu’elle est une lapine… hein ? Sérieusement, qui est sensible dans l’histoire ?) Finalement Judy a réalisé son rêve d’intégrer la police mais elle a dû faire ses preuves, on ne lui a rien pardonné, pas la moindre petite erreur, et on nous la présente comme responsable d’une crise qu’elle a dû régler pour avoir son Happy End.

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« Oui c’est moi qui suis responsable des inégalités sociales, de la faim dans le monde et des catastrophes nucléaires… me suis-je assez autoflagellée pour avoir un Happy End ? »

Oui, le traitement de Judy au début du film est terriblement réaliste et proche du vécu des femmes ou des personnes racisées, mais ce que je reproche au film, encore et toujours, c’est d’avoir emphatisé non pas la souffrance de Judy qui pourtant est celle qui a subi des discriminations systémiques, mais celle du renard qui s’est fait taper sur les doigts une fois et en a profité pour hurler à la mort son « Not All Foxes », cri de douleur que le film a pris en compte et traité avec sérieux là où ses petites blagues d’oppresseur (les -femmes- lapins ne savent pas conduire, pleurent tout le temps) n’étaient pas considérées comme de véritables actes oppressifs à prendre au sérieux.

Enfin, revenons sur la façon dont on nous présente la grande méchante de l’histoire, l’adjointe au maire Bellwether, une petite brebis clairement maltraitée par son patron. Elle apparaît d’abord pour féliciter chaleureusement Judy et la soutient tout au long de l’histoire, évoquant une solidarité entre petits animaux. Sa situation avec son patron qui la limite à du secrétariat peut faire écho au plafond de verre, au sexisme du monde du travail, tandis qu’une scène de « comédie » évoque quant à elle des oppressions raciales. En effet, alors qu’elle travaille à son bureau pour aider Nick et Judy dans leur enquête, le renard ne peut pas s’empêcher de tripoter sa toison de mouton/ses cheveux, ce que Judy lui reproche de faire car ce n’est pas correct. Mais Nick s’en amuse et dit que les moutons ne l’autorisent jamais à les tripoter d’habitude alors que leur poil est tellement « fluffy ».

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Une « micro » agression comme une autre !

Cette scène fait ainsi écho à la réification du cheveu crépu par les blancs qui se permettent de le toucher sans permission et s’en amusent (voire ces témoignages), lorsqu’ils ne la stigmatisent pas (voire cet article). (Après on peut critiquer le fait qu’une scène évoquant cette stigmatisation du cheveu crépu choisisse le plus blanc des animaux pour développer sa métaphore mais comme la scène le joue en plus en mode comique peut-être qu’il vaut mieux que cette dédramatisation d’oppression ne soit pas trop clairement mise en parallèle avec la réalité).

L’adjointe au maire Bellwether est donc une victime d’agressions, de harcèlement et de discriminations perpétuelles dans un système où sa valeur est constamment remise en cause, ce qui rappelle sexisme et racisme contemporains mais… c’est elle la vraie méchante du film. C’est d’elle que vient la menace, ce qui annule toute possible remise en question du système dans son entier. Elle est diabolisée en tant qu’opprimée consciente de l’oppression qu’elle subie (« il faut se serrer les coudes entre proies ») mais qui va trop loin en renversant totalement les rapports de pouvoir dans la société (puisque les prédateurs deviennent les opprimés à cause d’elle), alors que Judy, elle, ne cherche pas à changer le système mais juste à s’y intégrer. Il s’agit là d’une opposition entre la bonne victime (qui passe la moitié du film à s’excuser quand même) qui va chercher à s’intégrer sans brusquer les oppresseurs et en faisant preuve d’empathie envers eux, là où la mauvaise victime cherche à changer le système et à prendre le dessus. Bellwether se dévoile ainsi comme un grand méchant habituel avec rire sarcastique et hommes de mains sans cervelle quand elle révèle sa machination pour mettre le maire prédateur hors course pour le pouvoir en faisant naître chez les masses la peur des prédateurs.

En lisant le film avec le prisme du genre, le traitement de Bellwether est complètement antiféminisme. Avec ses phrases type « il faut se serrer les coudes entre proies », elle est clairement une féministe diabolisée. On a là une caricature typique de la straw feminist qui veut renverser le rapport de pouvoir hommes/femmes pour que les femmes dominent les hommes (le fantasme typiquement antiféministe de la féminazie). En d’autres termes, le film transforme sa revendication égalitariste en une volonté de stigmatiser et dominer les hommes. Le fait, qui plus est, que Bellwether soit présenté au croisement des oppressions avec des éléments rappelant des oppressions raciales, est d’autant plus dramatique. Une des plus grandes victimes du système de Zootopie, une opprimée ayant conscience de l’oppression et voulant changer les choses, est la grande méchante.

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« Mon supérieur me maltraite et je suis constamment sous estimée, mes revendications sont tout à fait légitimes… »

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« Sauf que… mince ! J’avais oublié ! »

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« C’est moi la méchante alors oubliez ce que j’ai dit en fait et ne remettez rien en question. »

Dans Zootopie, les oppresseurs qui profitent du système ne sont surtout pas remis en cause et sont présentés comme les véritables victimes. Le film, allégorie de notre société, invente une oppression qui n’existe pas (dans la réalité, les hommes ne sont pas discriminés/persécutés en tant qu’hommes, ni les blan-ch-es en tant que blanch-e-s). Quant à celles qui souffrent et veulent changer la donne, elles n’ont pas intérêt à faire trop de vagues sinon elles risquent de faire souffrir les privilégiés. Et si elles s’obstinent à ne pas tenir compte des pleurs des prédateurs… la prison semble une assez bonne option.

En conclusion je dirais que ce film est bien moins progressiste et inoffensif qu’il n’en a l’air et qu’il souffre en plus d’un grand manque de cohérence dans ses choix, ce qui empêche toute réelle allégorie politique ou satire convaincante et aboutit finalement à un message absolument nauséabond. En poussant plus loin, on peut même y voir un certain opportunisme politique puisque réactionnaires et progressistes peuvent y trouver leur compte. Comme avec Elsa de la Reine des Neiges, Merida de Rebelle, etc. le public peut aussi séparer le bon grain de l’ivraie et trouver le moyen de ne garder effectivement en tête que les éléments progressistes de l’histoire, mais il est aussi important de constater les biais du films et les messages réactionnaires qu’il véhicule. Les séquences où Judy surmonte ses difficultés à l’entraînement, tirant partie de son petit gabarit pour passer les obstacles mieux que les gros prédateurs favorisés de nature, sont très inspirantes tout comme les tirs à l’arc de Merida et le coming out symbolique d’Elsa, mais elles n’effacent pas la dédramatisation des oppressions et violences systémiques subies par Bellwether et la diabolisation finale de cette dernière.

L.D.

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90 réponses à Predator Tears, Les larmes des prédateurs : Zootopie, une allégorie nauséabonde

  1. Pffff… j’avais bon espoir pour ce film au vu des critiques positives, mais finalement, on peut donc résumer, comme d’habitude :

    ESSAYER, PAS PU !

    :-(((

    Merci pour cette analyse L.D., très bien argumentée, écrite et tout à fait claire et précise !

    Du coup, je suis plus très sûre d’avoir envie de le voir…

  2. Je vous trouve un peu dur sur ce film.

    Notamment vous faites l’impasse sur la relation entre Judy et Nick, qui me semble personnellement très intéressante.

    Nick au départ traite Judy comme une « bonne femme » c’est-à-dire une personne naïve, idéaliste, et loin d’être à son niveau intellectuel. Or il subit un sacré retour de bâton. Et ce sans que Judy renonce à ses idéaux et à sa personnalité en général. Bref ce n’est pas le mec bien couillu, qui apprend la vie à la petite femme. De plus il n’y a pas une putain d’histoire d’amour entre eux. Or il est quasiment obligatoirement dans le cahier des charges que lorsque les deux personnages principaux sont de sexe opposés, ils finissent en couple.

    J’aime aussi la scène de la première réunion du commissariat où les policiers et leurs comportements ultra-virils sont moqués du point de vue du film.

    Quant à la méchante mon point de vue diverge également. Elle me fait penser à Magnéto dans les x-men où l’on voit que l’intolérance engendre de l’intolérance. Magnéto est à la fois une victime et un antagoniste. D’un autre coté la mouton n’est pas assez développée pour que celà dépasse le stade de l’interprétation.

    Par contre je suis tout à fait d’accord sur le fait que les prédateurs (le maire et le chef de la police) sont trop facilement excusés.

    • Pour ce qui est de Nick et Judy, il faut quand même voir qu’il l’accuse de mal le considérer ce qui n’est pas le cas (elle parle d’une hypothèse) alors que lui ne s’excuse jamais pour la sous estimer en tant que proie et l’avoir arnaquée et il continue à « plaisanter » sur ce fait jusqu’à la fin (les lapins ne savent pas conduire ou un truc du style). Or même ce genre de « blagues anodines » constitue un vecteur d’oppression.

  3. Bonjour,

    Si je m’étais arrêté à l’appréciation en préambule, j’aurais rejeté l’article en bloc. Non, pour moi, le film n’est pas nauséabond. Il a des défauts très justement soulignés dans l’article, dont certains plutôt lourds, mais il a aussi des qualités remarquables pour un film estampillé Disney. Je préciserai juste que j’ai vu le film en version originale, et que donc certaines choses peuvent avoir été perdues à la traduction.

    Grâce à l’article, j’ai pu remarquer certains défauts. Le premier : la diabolisation du personnage de l’assistante du maire, symbole du féminisme enragé qui est pour les personnes qui ne connaissent du féminisme que de vagues acquis historiques et l’action des Femen la seule forme de féminisme qui soit. Il aurait été bienvenu que la cause de ses actes ait été autre que son militantisme exacerbé. On est d’accord sur ce sujet. Ce genre de vision réductrice nuit trop à la lutte féministe.

    D’accord également pour trouver la main du renard sur la crinière de la moutonne discutable et déplacé. Je n’avais pas fait le rapprochement entre la crinière de la moutonne et la chevelure des Noirs, mais elle fait sens. C’est d’un mauvais goût certain. Étant donné l’objectif affiché du film, il s’agit à mon avis d’une maladresse qui joue sur le côté mignon des animaux, pas d’une intention de légitimer ces actes détestables, mais c’est un peu râté. Là encore, je suis d’accord.

    Le simple fait d’avoir choisi de faire des prédateurs la classe oppressée donne lieu à des parallèles extrêmement dommageables, il est vrai. En effet, si les prédateurs sont les Afro-Américains (= minorité qui effraie, à remplacer selon les cultures), alors on les compare en pratique à des mangeurs pacifiés de sages petites brebis (« Nous »). Ça fait vraiment tâche, je suis d’accord.

    Au lieu d’y voir de mauvaises intentions, pensez-vous qu’il soit possible d’imaginer que les défauts constatés soient le résultat de maladresses des auteurs du film ? Dans ce cas, au lieu de donner au film un 0/10 (« nauséabond » étant un qualificatif plutôt fortement dépréciatif), ne serait-il pas préférable d’être un peu plus mesuré et de saluer la volonté très manifeste* d’avoir un discours militant** au sein d’un studio à grande influence dont les messages sont traditionnellement conservateurs, même si l’effort peut être parfois très maladroit ? Ne vaudrait-il pas mieux de tenter de trouver un moyen de faire passer vos réserves aux auteurs pour qu’ils révisent leur copie ? Le risque de la généralisation de ces critiques trop négatives est de contibuer à arrêter le vent du changement qui souffle chez Disney ou ailleurs et que ce genre d’entreprises soient stoppées avant d’avoir pu aboutir sur quelque chose de positif.

    Notez bien que je ne propose de faire taire aucune critique. Encore moins quand elles sont aussi pertinentes que les vôtres dans cet article. La raison pour laquelle je soulève cette question, c’est que des condamnations aussi fortes antagonisent. Cela passionne les débats, et si un électrochoc est parfois nécessaire d’un point de vue comm’ pour faire connaître des points de vue et des prises de positions, cela nuit toujours aux débats de fond qui sont à mon avis beaucoup plus enrichissants.

    Je continuerai en parlant des choses qui me paraissent bénéfiques dans ce film.

    La première, c’est que la description d’une société occidentale dans le film est réaliste, même quand l’univers de l’œuvre lui-même ne l’est pas. Le film possède plusieurs niveaux de lecture, mais au plus simple, on comprend que quelque chose cloche et que tout ne va pas si bien. Le rapprochement entre le film et le monde dans lequel on vit en tant qu’occidentaux est assez évident. Les analogies entre les situations de déséquilibre du film et le monde réel sont donc très faciles à établir pour le plus grand nombre.

    La question du genre, qui n’est pas le sujet du film à mon avis, est pour moi mise en lumière de manière intéressante. Oui, les parents de Judy proposent un attirail de défense contre prédateurs, et d’autres symboles du film sont là pour faire état du fait que, comme dans notre monde, la société pense incapables les femmes de se débrouiller seules. C’est pour moi un miroir la vie réelle, installé sciemment pour faire résonner plus fort le triomphe de l’héroïne sans figure masculine protectrice ou artifice protecteur comme la bombe anti-renards mentionnée plus haut. Judy, malgré les comportements paternalistes de Nick et les autres symboles patriarcaux, est sur une position d’égalité avec lui dans la résolution des problèmes auxquels ils sont tous deux confrontés, quand elle ne se débrouille clairement mieux que lui. Effectivement, le film ne désapprouve en aucune manière de tels symboles, mais il ne les approuve pas non plus. N’est-ce pas là un victoire plus forte symboliquement qu’un trimomphe dans une représentation utopique de la société où Judy ne serait pas aussi désavantagée par sa condition de femelle ? C’est en tout cas mon avis.

    D’ailleurs, à ce sujet, que retiendra une petite fille du film en grandissant ? Qu’elle peut elle aussi se débrouiller seule comme Judy ou bien qu’elle a besoin d’une bombe lacrymo pour se défendre et qu’elle ne sait pas conduire parce que vagin ? Je penche plutôt pour la première option, mais je ne suis pas une petite fille. Et un garçon ? Pour avoir été un jour un jeune garçon, je pense que j’aurais senti que quelque dérange mes conceptions, mais, je pense que ça ne m’aurait pas tellement bouleversé parce que je manquerais de recul. Mais on pourra m’objecter que je ne suis plus un petit garçon.

    De toute façon, je pense que le traitement des questions de genre dans le film est secondaire. Et tant mieux, parce qu’il est imparfait sur ce plan, et pas toujours très juste. Par contre, il est plus juste dans son traitement du racisme, qui est une autre forme d’oppression aux conséquences néfastes.

    J’ai une petite théorie personnelle sur le sujet, et je peux avoir tort, mais la voici : le racisme idéologique n’est que minoritaire. L’écrasante majorité des personnes racistes le sont par peur de l’autre. La peur est un sentiment humain incontrôlé et donc naturel qu’il ne faut pas chercher à ridiculiser, mais au contraire à éduquer et raisonner. En antagonisant les personnes xénophobes, on renforce leurs positions, comme si ces positions étaient de l’acier chaud que les moqueries et les insultes trempaient comme de l’eau glacée. Parler à ces personnes plutôt que de les condamner est à mon avis l’objectif du film, et c’est malin parce que ça concerne beaucoup de monde, à en juger des résultats des partis/personnalités d’extrême-droite en Occident.

    Dans la peau d’une personne à tendance xénophobe, je m’identifierais aux mammifères menacés par les prédateurs. Le message du film, c’est que ceux je vois comme des prédateurs ne sont pas des être sanguinaires et dangereux, et que, par mon comportement induit par la peur, j’opprime les prédateurs, qui sont symboliquement les minorités ethniques et religieuses. Le thème de la peur est évoqué texto dans le film au travers de la girafe dans l’interview par exemple, je ne pense donc pas qu’il s’agisse d’un fantasme de ma part.

    D’autre part, le film montre les conséquences nuisibles que le racisme peut avoir dans une société pour les mammifères comme les prédateurs. Exemple de conséquence : le fait que l’on se prive de talents pour des considérations artificielles iniques comme dans le cas de Judy qui semble faire une bonne flic, ou encore dans le cas des prédateurs virés de la police. On peut voir aussi l’impact sur l’égalité des chances que les schémas d’oppression ont chez certaines populations, voir l’exemple de Nick par exemple, qui devient bandit parce qu’on refuse de le considérer comme un citoyen normal, tout comme on refuse logement ou emploi à certaines personnes qui doivent vivre comme les autres pour des questions d’origine ou de couleur de peau.

    Non seulement le film est pertinent, mais en plus il semble actuel. La paranoïa généralisée me rappelle ce qu’il s’est passé en 2001 après les attentats aux États-Unis, avec Trump aujourd’hui et avec l’état d’urgence à rallonge des Français. C’est un bon support pour des parents pour sensibiliser leurs enfants à leur Histoire et au travers des politiques de leurs pays.

    On pourrait reprocher au message du film d’être calibré pour parler aux sociétés occidentales, mais il s’applique à mon avis tout autant aux autres modèles de société. Le racisme n’est pas le propre de l’Europe ou de l’Amérique du Nord. Il y aura certes plus d’impact car il nous est plus facile à nous Occidentaux de s’approprier le film parce que la société qu’il dépeint est plus semblable aux nôtres, mais il n’est en aucun cas excluant.

    Avec cette lecture, je ne peux me résoudre à qualifier ce film de nauséabond. Je lui concèderai toutes les maladresses que vous lui avez trouvées – ce n’est pas un porte-drapeau du féminisme – mais il est extrêmement intéressant tout de même, parce qu’il est pertinent dans sa manière de traiter le racisme et la peur.

    Merci beaucoup en tout cas pour cet article qui a été très enrichissant et qui m’a permis de réviser mon enthousiasme un peu excessif pour le film et d’en voir les défauts !

    * Il suffit de voir l’orientation des derniers films de Jennifer Lee chez Disney pour s’apercevoir de son intention de bien faire, même si ça reste assez maladroit parfois.
    ** Dans le sens positif du terme.

    • Merci pour ce commentaire, qui me semble bien plus équilibré et pertinent que l’article dont je n’ai pas pu aller jusqu’au bout tant il m’a semblé dès le début beaucoup trop focalisé sur la relation de genre qui ne me semble pas non plus le sujet principal du film.

      D’autant que comme vous le soulignez, il est à noter au minimum que l’héroïne du film finit par arriver à ses fins (vivre loin de sa famille, passer un concours réputé difficile, exercer le métier qu’elle souhaite, mener son enquête au bout, s’attirer une grande reconnaissance pour ses compétences démontrées) malgré nombre de difficultés dénoncées (société patriarcale, jugements de valeurs, etc) tout en se montrant tout aussi maline si ce n’est plus que son comparse renard (animal pourtant réputé le plus malin).

      Enfin, il me semble évident que le film s’attaque en premier lieu à la thématique de la peur/xénophobie, et que rien que pour ça, et venant d’un studio Disney, j’ai trouvé le message du film assez progressiste (bien qu’il comporte certainement quelques maladresses).

      • Je partage entièrement ce point de vue ; le commentaire de Flo est nettement plus pertinent que l’article lui-même, qui finit par être contre-productif à force de se focaliser sur certains points de vue…

    • Merci pour la pertinence de votre propos,

      il relativise l’article et met en exergue la tendance des rédacteurs (certains plus que d’autres bien entendu) du site à tomber dans l’extrême et à interpréter tous les ressorts d’une œuvre de façon complètement subjective pour servir leur argumentaire.

      En voulant pointer du doigt les ostracisations et les oppressions mais en ayant aucun relativisme, vous (les rédacteurs) annihilez le dialogue et le réduisez à quelque chose de très dualiste. Comme l’a dit très justement Flo (je me permets de citer:)

      « des condamnations aussi fortes antagonisent. Cela passionne les débats, et si un électrochoc est parfois nécessaire d’un point de vue comm’ pour faire connaître des points de vue et des prises de positions, cela nuit toujours aux débats de fond qui sont à mon avis beaucoup plus enrichissants. »

      Je conclue en disant que si je me permets de faire cette critique c’est que j’ai lu beaucoup de vos articles, que j’apprécie la passion qui vous anime, et les thématiques que vous abordez sont toujours très intéressantes!

      Bonne continuation

      • Coucou,

        Je ne comprends toujours pas le problème. Le commentaire de Flo me semble, sur ce point (et d’autres, mais restons sur ce point), une lecture assez particulière de l’article.
        L’article a un point de vue sur le film, oui. Le point de vue de l’article n’est pas au goût de tout le monde, ok. Le point de vue de l’auteure de l’article est que le film est nauséabond politiquement, toujours ok.
        D’où cela « nuit aux débats de fond »? L’auteure balance t’ille des critiques qui ne reposent sur rien? Sans argumenter? De manière gratuite et incendiaire? Je ne vois pas.
        Tous les propos de l’auteure sont argumentés, étayés, expliqués, alors je ne vois pas pourquoi iel ne se permettrait pas de condamner, si tel est le point de vue de l’auteure.
        Que cela vous ai déplu, parce que le film vous a plu (ou autre(s) raison(s) ), soit, mais je ne vois pas en quoi on peut critiquer l’auteur de faire une analyse, juste parce que cette analyse n’est pas la votre.
        Que vous ayez aimé voir une analyse qui soit plus proche de la votre, ça se comprend (je pense que tous les êtres humains sont assez semblable à ce niveau), mais de là dire « Vous auriez dû nuancer votre propos parce que moi chui pas d’accord », je vois pas trop.

        • Ce n’est pas parce qu’on argumente qu’on le fait bien. Ma critique porte sur le fait que les arguments avancés pour justifier l’appréciation de l’auteure ne sont pas objectivement fondés.

          Je regrette qu’on condamne un film qui à mon avis va dans le bon sens de manière manifestement excessive. Sans pour autant qu’on en taise les défauts, j’aurais aimé qu’on en salue les côté positifs. À lire l’article, il n’y a absolument rien à sauver dans le film. C’est précisément ce qui me dérange. Il ne s’agit pas simplement de dire « ben non chuis pas d’accord ».

        • Sinon, je suis d’accord pour reconnaître que j’ai eu tort quand je disais que cela nuisait au débat de fond, parce que j’ai pris comme une attaque le fait qu’on critique un message dont je trouvais le message intelligent comme nauséabond. Le fait que cela puisse me braquer est un problème chez moi, pas chez l’auteure.

  4. Personnellement j’ai surtout vu la métaphore du racisme à travers le traitement des différentes espèces animales, l’aspect sexisme m’est passé un peu au-dessus de la tête à ce niveau là (je me suis limité au genre des personnages en eux-mêmes à ce niveau, et on peut d’ailleurs remarquer que le dimorphisme sexuel des moutons est un peu excessif quand on voit qu’un bélier peut presque être classé dans les gros animaux là où une brebis fait la même taille qu’un lapin).

    Pour moi, les prédateurs représentaient surtout les blancs, les gros prédateurs étant plutôt des WASP alors que les plus petits correspondaient davantage aux populations blanches discriminées. Par exemple les préjugés anti-renards qui semblent être partagés aussi bien par les lapins que les petites proies que par les gros prédateurs pour lesquels ils ne représentent pas une menace physiquement mais qui craignent leurs entourloupes m’ont fait penser à la situation des Irlandais ou des Italiens aux États-Unis au cours des deux derniers siècles. Cette impression était basée en partie sur les « règles » utilisées de manière (malheureusement) humoristique par Judy pour indiquer à Nick comment se comporter avec certaines espèces (« On ne dit pas à un lapin qu’il est mignon sauf si on est soi-même un lapin. »/ »On ne caresse pas un mouton. ») et qui ont des équivalents dans le monde réel (exemple : Certaines insultes racistes que les populations discriminées n’acceptent que lorsqu’elles sont réappropriées par des personnes issues de la même population, et encore), ainsi que le fait que le chef Bogo soit doublé en VO par un des rares acteurs noirs du film.

    Ceci étant dit, j’ai sans doute mal interprété le film, les discriminations croisées et variables basées sur la taille et le régime alimentaire rendent le message assez confus sans qu’on puisse dire si c’est volontaire ou non.

    Je rejoins cependant votre avis sur la faiblesse de la fin du film, Bellwether aurait pu faire une méchante très intéressante sans la portée politique à moitié assumée du film et on oublie trop facilement que le chef Bogo était quasiment l’antagoniste principal pendant deux bons tiers de l’histoire. Je serais moins catégorique concernant le maire, qui finalement reste en prison à la fin et m’a semblé être toujours présenté comme un baratineur opportuniste durant son interview.

    • Je sais que je suis persona non grata ici, mais j’espère que ce commentaire est suffisamment modéré pour passer.
      Un des points cruciaux de l’article est de faire une métaphore « prédateurs/hommes » et « proies/femmes » et de critiquer une diabolisation injuste des prédateurs par les proies.

      Cela dit, la grande question dans le film est « quel est le principal critère discriminatoire? La taille, ou le statut de proie »?

      Et c’est pourquoi je veux m’attacher à deux personnages clés du film : Bogo et Nick.
      Bogo est un personnage qui est extrêmement discriminatoire, maltraite Judy, qui doit faire ses preuves face à lui, pour obtenir une once de respect. Or Bogo est … un buffle, soit techniquement, une proie. Est il dans la métaphore, un homme, ou plutôt une femme de grande taille? Et quid des autres proies de grande taille dont le statut social est similaire à celui des prédateurs?

      Nick est le complet opposé de Bogo : il est un prédateur certes, mais un renard, c’est à dire un petit prédateur, si par exemple, on le compare au maire lion.
      Traduction s’il est dans la classe dominante, il est très bas dans cette catégorie.

      Or, si l’on considère que la taille est autant un critère de discrimination que le statut de prédateur, on se rend compte que Nick est en fait dans une situation complexe, privilégié comme prédateur, mais discriminé, car petit.

      Cela peut aussi expliquer la tentation de petits prédateurs à être oppressifs, puisqu’ils reproduisent sur de plus petits qu’eux les comportements qu’eux mêmes subissent.

      Nick est peut être privilégié par son statut de prédateur, mais c’est tout ce qu’il a, et par ailleurs il est discriminé.
      Peut être aussi, en tant que marginal, car petit, trouver une solidarité chez d’autres petits, (les petites proies), et bénéficier de le solidarité des petits, mais il est encore rejeté, à cause de son statut de prédateur.
      Autrement, dit, il est l’outcast total. Méprisé par les grands prédateurs, car petit, et craint des proies, car prédateur.
      Si les prédateurs sont censés symboliser les hommes, il doit certainement représenter l’homme qui a échoué à faire partie des dominants, et est marginalisé, par les prédateurs dominants comme petit, par les proies comme prédateur.

      D’où le symbole du renard qui persécute les petites proies, car il manque de confiance en lui : il représente les hommes qui, malgré leur statut privilégié, ne sont pas à la hauteur de ce qu’on attend d’eux par rapport aux autres, et qui, comme souvent compensent en opprimant plus faibles qu’eux. Il ne s’agit pas d’excuser, mais de comprendre la motivation.

      Par ailleurs, je rappelle qu’une musaraigne eest techniquement un prédateur : donc si elle est discriminée et doit devenir gangster, c’est à cause de sa taille, et non en tant que proie.

      De plus, si Bellwether est une petite brebis, ses complices sont de grands béliers, qu’un lion ne risquerait certainement pas de traiter comme il le fait d’une petite brebis.

      Donc, ma question est : quel est le principal critère de discrimination? Le statut proie/prédateur, ou la taille?
      Dans le premier cas, les larmes de Nick sont hypocrites : dans le deuxième cas, elles sont justifiées, car Nick se voit refuser la solidarité des « petits » face aux « grands » car il est prédateur.

      • Joffrey Pluscourt

        C’est la mème erreur que quand vous « expliquez » le classement genré par la reproduction 😉

        On décrit un système raciste par l’articulation de discriminations réelles et mesurables avec des systèmes de pensée symbolique dominants et mis en avant systématiquement.

        Tirer des conclusions psychologisantes de particularités physiques est casse gueule, à au mieux une portée individuelle et décrit plus votre vision que celle d’une société.

        Identifier les discriminations (déclassement, refus de service, mise au placard, mépris injustifiés, refus du groupe, discourt médiatique et politique…) avec les discours (tazeur à renard, stupide lapin « à croquer », génétique sauvage, mémoire d’éléphant, proie ne peut etre sauvage…) donnerait de meilleurs résultat.

        « Est il dans la métaphore, un homme, ou plutôt une femme de grande taille? »
        c’est un male, non?

        « Nick est peut être privilégié par son statut de prédateur »
        ou?

        « Cela peut aussi expliquer la tentation de petits prédateurs à être oppressifs, puisqu’ils reproduisent sur de plus petits qu’eux les comportements qu’eux mêmes subissent. »
        et pas les proies?

        « musaraigne eest techniquement un prédateur : donc si elle est discriminée et doit devenir gangster, c’est à cause de sa taille, et non en tant que proie.  »
        ???

      • On pourrait même encore aller plus loin, en affirmant que l’article fait une erreur d’analyse en considérant les prédateurs comme les oppresseurs privilégiés, car il n’y a aucun élement montrant que les proies de grande taille on un statut inférieur à celui des prédateurs de grande taille, et qu’en réalité, la vraie classe privilégiée est celle … des grandes proies, le meilleur symbole étant le chef de la police, un grand buffle.

        Au contraire, les prédateurs sont vus avec suspicion par les proies, qui les voient comme un danger : il est notable que les petites proies sont intégré dans la société, tandis que les petits prédateurs sont eux marginalisés et pratiquement tous des criminels.

        Cela prête plus une analyse Grand vs Petit = Homme vs Femme et Proie vs Prédateur = majorité blanche vs minorité noire, par exemple.

        Dans ce cas, le film devient beaucoup plus progessite, puisque l’opprimé ultime n’est pas la petite proie (Judy), mais le petit prédateur (Nick le renard, et le gangster musaraigne)

        Dans ce cas Bellwether devient la femme « blanche » opprimée par le lion « noir », qui serait un prédateur qui aurait réussi à dépasser les préjugés pour devenir maire.

        Or Bellwether va vaincre son oppresseur en utilisant son statut de minoritaire, et gagner son statut en utilisant son « white privilege » (elle est une proie, donc plus digne de confiance).

        Dans ce cas là, le fait d’utiliser Nick et le petits prédateurs pour alimenter la suspicion devient vraiment abjecte, puisqu’en métaphore, elle est un blanche qui rend violent des « noirs » afin de discréditer tous les noirs. Et elle s’attaque en priorité à des « petits », donc comme si une femme blanche utilisait des femmes noires pour discréditer tous les noirs.

        Bellwether serait une figure du Ku Klux Klan qui utiliserait son statut de femme pour détourner la suspicion. Dans ce cas, le suspense se justifie, et Judy devient la championne des noirs contre la blanche raciste.

        • Joffrey Pluscourt

          Bellwether a oui un discourt raciste, pourquoi du KKK?

          Pourquoi les noirs (arabes, latino, homos?).

          La critique part de male égale male et femelle egale femelle.
          J’ai perso laché l’étude féministe du film tot (voir mon commentaire) peut etre à tord. (et je suis un mec)
          Mais la méchante frustrée est un trope dysney connu.

          Par contre je pige pas le grand/petit (loutre bat panthère, lapin bat rhino, mouton maire, hamsters banquiers (?), musareigne parrain de la mafia..?)

          • Bellwether a oui un discourt raciste, pourquoi du KKK?

            Pourquoi les noirs (arabes, latino, homos?).

            J’ai pris les noirs comme exemple arbitraire, mais cela pourrait être n’importe quelle minorité opprimée.

            Par contre je pige pas le grand/petit

            La principale raison pour laquelle Judy n’est pas vue comme une recrue « normale » pour la police est sa taille : les policiers « normaux » dans le film sont des animaux de grande taille, proies comme prédateurs. Donc, la discrimination de Judy en tant que femme ne correspond pas à une discrimination « proie/prédateur », puisque la police accueille des proies comme des prédateurs, mais une discrimination « grand/petit »
            De même, Bellwether souffre de condescendance car elle est petite, comme Judy.
            Le discours « soyons solidaires en tant que proies » sonne vide, car d’une part les proies sont majoritaires, et d’autre part, le privilégié par excellence, celui dont le statut est plus solide est une « proie » (un buffle).

          • PS : est ce qu’un lapin mâle n’aurait pas eu les mêmes difficultés que Judy? C’est en tant que lapin que Judy n’est pas vue comme policière, pas en tant que femelle.

        • Joffrey Pluscourt

          « Et elle s’attaque en priorité à des « petits », donc comme si une femme blanche utilisait des femmes noires pour discréditer tous les noirs. »
          Non, elle ne s’attaque pas en priorité à des « petits »
          Et relié votre discourt à la « vraie » Histoire (KKK c’est réel) c’est ultra délirant et insultant pour les femmes noires (et les blanches)!

          • Joffrey Pluscourt

            « La principale raison pour laquelle Judy n’est pas vue comme une recrue « normale » pour la police est sa taille »
            « De même, Bellwether souffre de condescendance car elle est petite, comme Judy. »
            Mouais, aucun discourt sur la taille dans le film.
            Les différentes tailles ne sont problèmes (portes, immeubles, maires…), les préjugés raciaux si et ont des discours liés.
            Le lapin est flic de l’année pour rassurer la population. Bellwether est seconde et concurrente d’un politicien plus que « petite » et se sert de Judy pour son profit.

            Ca fait très psychologisant, capillotracté et ca n’explique pas votre rapport « petit égale femme » à mon sens.

          • Si femme = proie, cela voudrait dire que, dans la métaphore, Bogo est non un homme, mais une femme.
            Or, l’article insiste sur le « sexisme » de Bogo; or, dans la métaphore femme = proie, cela veut dire que Bogo est une femme sexiste contre une autre femme, ce qui n’a pas de sens.

            Ou alors femme = lapin, mais il y a des lapins mâles, ce qui affaiblit la comparaison.

            Je ne vois que la taille comme élement de métaphore masculin vs féminin, d’autant plus que les hommes sont vus comme plus grands et plus forts que les femmes.

          • Joffrey Pluscourt

            euh la critique dit ca:
            « Une oppression très similaire à notre sexisme humain touche donc les petits mammifères femelles dans ce film (les gros mammifères femelles par contre n’ont pas à en souffrir). »

            Pas femme = proie.

            et c’est le dévellopement d’un argument, pas toute la critique.

          • Joffrey Pluscourt

            je me cite:
            « La critique part de male égale male et femelle egale femelle.
            J’ai perso laché l’étude féministe du film tot (voir mon commentaire) peut etre à tord. (et je suis un mec)
            Mais la méchante frustrée est un trope dysney connu. »

          • euh la critique dit ca:
            « Une oppression très similaire à notre sexisme humain touche donc les petits mammifères femelles dans ce film (les gros mammifères femelles par contre n’ont pas à en souffrir). »

            Pas femme = proie.

            Dans ce cas, le « predator tears » qui est supposé être un parallèle à « male tears » n’a pas de sens, car si femme n’égale pas proie, cela signifie que homme n’égale pas prédateur. Donc l’argument clé de la redactrice/teur est réduit à néant.

          • Et quid des petits mammifères mâles? Sont ils mieux lotis que les femelles ?

          • Joffrey Pluscourt

            mon avis sur la critique:
            24 mai 2016 à 19 h 56 min

            mon avis sur la votre:
            24 mai 2016 à 21 h 16 min

            « Et quid des petits mammifères mâles? Sont ils mieux lotis que les femelles ? »
            ???

          • Joffrey Pluscourt

            Bonne nuit.

          • mon avis sur la critique:
            24 mai 2016 à 19 h 56 min

            Je l’ai lue, et en fait, vous ne faites que confirmer ce que je dis : il n’y a pas de discrimination liée au sexe dans Zootopia, mais liée à la taille et à l’espèce.
            En effet, il y a « des femelles ne sont pas perçues comme « lapin » (activiste panthère, éléphante policière, instructrice ours, cliente éléphante…) ». Quel est le point commun de toutes ces espèces? La taille grande, par rapport à celle d’un lapin, et vous noterez que dans votre passage, vous incluez à la fois des prédateurs (ours, panthère) et des non prédateurs (éléphantes).
            A l’opposé, le père lapin, mâle, est dans une situation analogue aux lapins femelles, socialement.

          • Joffrey Pluscourt

            Je connais le contenu de mon message, merci.

            « vous incluez à la fois des prédateurs (ours, panthère) et des non prédateurs (éléphantes) »
            OUI c’est le principe de Zootopia, avant les médias et la manipulation politique raciste de la « méchante ».

            Mais JE n’ai pas dis ça:
             » il n’y a pas de discrimination liée au sexe dans Zootopia, mais liée à la taille et à l’espèce. »

            Il y a un racisme d’espèce parce que les dialogues et les discriminations sont liés à l’espèce (lapin, renard, prédateur…).
            Je demande un revisionnage pour le sexisme (parce que entre autre effectivement le trope de la méchante que j’ai raté est très argumenté). Et meme si Zootopia est/serait une ville égalitaire, le film peut toujours être sexiste ou anti féministe.

            Par contre à lutter contre le masculinisme, la critique oublie à mon sens une part de la dimension anti raciste que je précise un peu.
            C’est d’ailleurs pas la première fois que je remarque par écrit que le site recycle ses thèses (pas un forcément un défaut) et est court sur le racisme (plus décevant).
            Et la déception du critique de ne pas trouver un discourt prédateur mâle contre lapine ou prédateur « blanc » contre campagnarde racisée prend la place de l’analyse rigoureuse des discours et discriminations « réelles » de Zootopia, oui. D’où mon envie d’en parler.

            Si il y a discrimination sur la « taille », parlez en aussi mais argumentez le SVP.
            (genre lapin, loup, bélier, renard, félins dans la police c’est petit, moyen, grand? )
            ( mouton maire adjoint, tapir proprio, musaraigne chef mafieux, renard des sable à batte de baseball c’est dominé? grand? plus grand qu’un lapin?).

            Si VOUS condamnez la lecture sexiste, argumentez et SURTOUT arrêtez VOTRE lecture sexiste. C’est super gênant et foutrement pas clair.

            La CRITIQUE de L.D d’ailleurs explique ça des la première partie:

            « Seulement la métaphore montre déjà ses faiblesses puisque l’espèce n’est pas un véritable équivalent du genre et que des mâles lapins peuvent aussi potentiellement subir les violences des prédateurs renards. « 
            « On a déjà ici la preuve que l’allégorie de Zootopie en terme d’inégalité entre les genres échoue déjà. »
            c’est clair et argumenté par la suite.

            Je VOUS cite par contre:

             » Est il dans la métaphore, un HOMME, ou plutôt une FEMME de grande taille »
            « Si les prédateurs sont censés symboliser les HOMMES, il doit certainement représenter l’HOMME qui a échoué à faire partie des dominants, et est marginalisé, par les prédateurs dominants comme petit, par les proies comme prédateur.  »
             » il représente les HOMMES qui, malgré leur statut privilégié, ne sont pas à la hauteur de ce qu’on attend d’eux par rapport aux autres, et qui, comme souvent compensent en opprimant plus faibles qu’eux. Il ne s’agit pas d’excuser, mais de comprendre la motivation.  »
            « Cela prête plus une analyse Grand vs Petit = HOMME vs FEMMME et Proie vs Prédateur = majorité blanche vs minorité noire, par exemple.  »
             » Et elle s’attaque en priorité à des « petits », donc comme si une FEMME blanche utilisait des FEMMES noires pour discréditer tous les noirs. »
            « Bellwether serait une figure du Ku Klux Klan qui utiliserait son statut de FEMME pour détourner la suspicion. »
            « Et quid des petits mammifères MALES? Sont ils mieux lotis que les FEMELLE? »
            (…)
             » ce que je dis : il n’y a pas de discrimination liée au sexe dans Zootopia, mais liée à la taille et à l’espèce. »
            #CestLimpide

            Et si vous pouviez m’expliquer ça:
            « Par ailleurs, je rappelle qu’une musaraigne eest techniquement un prédateur : donc si elle est discriminée et doit devenir gangster, c’est à cause de sa taille, et non en tant que proie.  »

            si elle est discriminée et doit devenir gangster?

            Avouez c’est raisonnable:
            « Tirer des conclusions psychologisantes de particularités physiques est casse gueule, à au mieux une portée individuelle et décrit plus votre vision que celle d’une société.  »
            24 mai 2016 à 21 h 16 min

            C’est pas pour faire chier.
            « si elle est discriminée et doit devenir gangster »
            c’est débile, sans rapport avec l’histoire et raciste comme vision des dominés et de la délinquance.

            Si la domination poussait à la délinquance c’est la révolution.
            La domination pousse à l’oppression et à la répression. Le vice, le capitalisme, la survie, l’injustice, l’opportunité, l’entourage ce que vous voulez poussent à la délinquance mais pas la domination, vraiment pas. la domination c’est ferme ta gueule dominé.

            J’essaie d’être poli mais c’est disons peu clair de votre coté.
            Il y des théories folles, ça change tout le temps, c’est ultra violent au niveau homme=victime contre femme=du Ku Klux Klan systématiquement. Mais à la moindre interrogation c’est de la faute du titre ou « on est déjà d’accord en fait ».

            Moi je maintiens que vos propos (ici et sur d’autres articles) sont capillotractés, et psychologisants autour de particularités physiques (ici la taille) et donc inutile voir dangereux.
            Et vos justifications n’arrangent rien.

            On brode un truc sur un détail physique (la taille) et on force tout et n’importe quoi autour parce que ????? :

            un chef mafieu à domestiques et garde du corps est… dominé.
            un chef de police mâle symbole… de grande femme.
            la maire, une politique, utilise sa féminité… plutot que la police et les médias bah pour exploiter des… femmes noires (ou latino)
            grand=homme petit=femme
            (…)
            et en plus on est… d’accord (?????)

            parce que La « théorie de la taille »?
            euh NON.

          • La théorie de la taille est abordée par l’auteur/trice de l’article elle même :

            « Alors qu’être un petit mammifère semble clairement handicapant (Judy ne peut intégrer la police, les hamsters et les paresseux sont dans la paperasse, etc.). De manière significative, le seul petit mammifère qui accède à un poste de pouvoir est dans le milieu du crime, subvertissant la norme, puisqu’il s’agit du parrain musaraigne. »

            Mais là encore l’allégorie ne fonctionne qu’à moitié malgré les références et les jeux sur des stéréotypes car ceux qui semblent réellement avoir des avantages dans la société sont les gros mammifères et non les prédateurs spécifiquement, qui peuvent être grands et petits. Et même les prédateurs gros mammifères peuvent avoir des petits boulots (la panthère chauffeur de taxi ou le fauve efféminé traité avec une joyeuse grossophobie qui travaille à l’accueil de la police).

            Donc, on ne peut pas dire que je l’ai inventé.
            Dire que la taille est le symbole de la discrimination sexuelle est, certes, ma théorie, mais qu’il existe une discrimination par la taille dans Zootopia est quelque chose que je n’ai pas inventé.

            Comme le paramètre le plus discriminatoire socialement dans Zootopia est la taille et non le statut de proie ou prédateur, et que le film semble insister sur le fait que le principal critère discriminatoire est le statut de prédateur ou non, c’est comme si le film était aveugle sur le véritable principal paramètre de discrimination.
            D’où, probablement, le fait que l’auteur/autrice de l’article soit déçu(e) par le film, qui est raté comme allégorie de la lutte antiraciste ou antisexiste.

          • Joffrey Pluscourt

            Je ne vous reproche pas d’inventer une théorie mais de dire des trucs absurdes basés sur un détail physique (sexe, taille…). Quitte à être très incohérent (relire vos messages, genre chef police = femme, méchante ne s’attaque qu’au « petits »,…)

            Et si à mon avis le film est une allégorie de la lutte antiraciste cohérente passée sous silence par la critique par la lecture forcée sur ce film d’un masculanisme caché (critique plus dans le ton du site que l’antiracisme).

            Et pour les adeptes des étiquettes « mansplainers » non argumentées, je pense qu’opposer anti racisme et féminisme est stupide (mais à la mode chez Valls, Badinter ou Le Pen) et j’invite à relire la critique ci dessus passer son temps à courir après ses contradictions (et à relire deux trois trucs racistes dans d’autres critiques que j’ai relevé, libre à vous d’y répondre):

            Il y a un racisme d’espèce développé et dépassé:

            Lapin est vu mignon, doux, émotif, surestimant les menaces des prédateurs en sauvages dans les discours.
            L’héroïne lapin est victime d’aprioris de ses supérieur L’héroïne devient meilleur élève et policier…

            Renard est vu comme peu fiable, agressif et hors la loi.
            Le héro a un commerce déclaré, devient policier…
            Il est victime d’aprioris policiers, d’une industrie de taseur « anti renard »…

            Prédateurs sont vu comme agressifs et dominateurs.
            Ils vivent en harmonie, peuvent être fleuristes…
            Ils craignent de perdre leur travail ou sont déclassés…

            Loutre, éléphant, paresseux, ruminant, félin… contredisent leur stigma.

            Un stigma ne correspond pas à la réalité et entraine des injustices. C’est une posture anti raciste cohérente (et encore un peu faible)

            S’y ajoute une dimension politique:
            Le maire récupère les parcours individuels avec des discours au nom de politique « d’insertion » sans contenu réel.
            La théories des dix pourcents utilisée par la méchante se rapproche du discourt politique raciste banalisé, et d’une naturalisation du racisme comme phénomène rationnel.
            La peur raciste est décrite comme un moyen de domination politique.

            Et surtout il y a une dimension historique:
            On voit la construction culturelle par l’épisode « naturisme ».
            La théorie génétique est ridiculisée et la contre thèse développée par les héros.
            Il y a un débat sur le fait de pouvoir considéré un lapin comme sauvage dans les même conditions que les prédateurs.
            La révélation de l’identité de la méchante se fait au musée d’histoire naturelle (objectif symboliquement) devant la vitrine de lapins armés chassant une panthère. (Scène qui contredit la version donnée à l’école en début de film)

            Ca en fait un film antiraciste cohérent et beaucoup plus utile que la moyenne quand il faudra expliquer à ma nièce que Vercingetorix est une construction historique raciste datant de la France coloniale par exemple.

    • Perso j’ai trouvé le film bien pensé

      Il est moins manichéen, et montre un peu le bordel dans les rapports de domination, l’article cite trop ça comme une simple règle linéaire prédateur/proie, homme/femme -> dominant/dominé

      La domination réponse sur un paquet de critère, la nature, le genre, la taille, voir le pouvoir et l’argent (la musaraigne qui domine clairement la place)

      Dans certains cas le fait de faire partie d’une classe dominante peut se retourner contre soi

      – Nick discriminé à cause de sa taille mais qui ne bénéficie pas de la solidarité des petites proie vu que prédateur, ce qui le rend assez vulnérable

      – gideion grey qui entouré de lapin le voyant comme dangereux et violent fini par le devenir

      – le maire pour qui le principal instrument de domination de sa classe est surtout l’instrument de sa chute

      Sinon je voyais surtout du racisme abri noir quand un prédateur se faisait discriminer, c’est vrai que ça correspond pas à la situation actuelle, sauf peut être durant une certaine période en Afrique du Sud, où en considérant la religion asiatique-noir en Afrique

      Mais encore une fois ça ajoute une touche de complexité au film de mettre une minorité dirigeante, on compare le domination par la force et la peur et la domination par le nombre

      Pour l’adjointe au maire oui, on l’a un peu trop diabolisée, mais il est sous-entendu qu’elle a sombréro dand la folie meurtrière a cause d’un maire tyrannique, ce n’est pas comme ci elle avait débarquée « salut, je suis devenue la nouvelle Adolf Hitler parce que je trouve ça marrant »

      Ét sinon pour les lemming je suis pas sur qu’ils soit représentés comme oppressés au niveau professionnel, puisque la banque leur appartient, ça vise plus les financiers qui se ressemblent un peu tous qu’une minorité ignorée

  5. En vrai, j’ai adoré le film.
    Mais je suis hélas d’accord avec toutes les limites décrites dans ta critique.
    C’est assez naze en fait tous ces choix à double tranchant faits par les scénaristes… Parce que par ailleurs, y-a vraiment des bons sentiments pleins partout (on se laisse volontiers embarquer dans l’histoire).

  6. Joffrey Pluscourt

    Je rajouterais deux problèmes:

    Aucune critique de la police, mème si de nombreux interpellés sont de fait dans le film de genres et de milieux sociaux peu stigmatisés (riche, politique, femme, herbivore), la répression d’état à une dimension raciste importante connue IRL.
    ( http://www.lemonde.fr/pixels/article/2016/05/24/aux-etats-unis-l-echec-des-algorithmes-qui-cherchent-a-predire-le-risque-de-recidive_4925242_4408996.html en exemple récent)

    Gazelle, le modèle pop star « à la Disney » est la tenante de la sagesse et sa figure public. Berk!

    Par contre il y a dans la critique une agrégation abusive de la domination masculine et raciste.
    Le chef de la police est « une proie » pas un prédateur (c’est un taureau).
    Si l’héroïne est déclassée en tant que lapin et avant de faire ses preuves sur des perceptions « féminisantes » (mignonne, faible, émotive, surestimant les menaces des prédateurs en sauvages…) des femelles ne sont pas perçues comme « lapin » (activiste panthère, éléphante policière, instructrice ours, cliente éléphante…).

    En forçant dans la mème analyse plusieurs discriminations la critique passe sous silence deux trois idées intéressantes.
    Même un maire ou un policier si il est « racisé » (prédateur) peut être victime de mécaniques racistes et injustes rapidement.
    Ce racisme est une construction historique, le lapin « croc magnon » est armé et a l’air agressif, mais l’école les absouts comme victimes .
    Le lapin peut être sauvage (un jeune drogué agresse sa mère) sans être perçut sauvage.
    La politique récupère les parcours individuels sur le tard au nom de « politiques anti discriminatoires » qui ne sont guère que des discours.
    Par contre la politique crée et instrumentalise les peur en domination sociale avec des injustices visibles.
    La théories des dix pourcents utilisée par la méchante se rapproche du discourt politique raciste banalisé, et d’une naturalisation du racisme comme phénomène naturel aussi répandu répandue qu’inutile et stupide ( le racisme n’est qu’une majorité qui opprime une minorité, il est de tout temps, protège la majorité, se règle si la dite minorité retourne ou elle est majoritaire)
    L’entre croisement de dominations (prédateurs, lapins comme « racisés » « éfféminés ») est plus intéressant politiquement et nouveau chez Dysney. D’ailleurs la principale victime une loutre est au croisement des deux.

    De mème je serait moins sévert envers le premier renard. Sa scène d’excuse est une des rares qui a interpellée ma nièce de trois ans qui l’a comprise comme nécessité de s’excuser après avoir été méchant.
    De plus le bulleying est une réflexion éducative importante aux états unis, l’essentialiser comme celui d’un mâle prédateur va à l’encontre du film (il y a du harcèlement de fille et de blanche aussi IRL et de « proies » dans le film).
    Et mème si le discourt dominant colore le harcèlement scolaire le fait qu’il soit pardonné plus facilement que la domination raciste politique ne me choque pas.

    Par contre j’ai abandonnée la lecture féministe (comme femelle pas comme « lapin ») après l’instructrice ourse et la policière éléphante. Si il y a bien discrimination et attouchement sur la méchante ça demande une deuxième vision de ma part.
    Juste la scène préférée de ma nièce (qui est trop jeune pour accrocher par l’histoire a priori) est la danse finale et elle imite les tigres mâles pas la gazelle. Il faut la voir gonfler les pectoraux, impréssionnantes.

  7. franchement, je n’ai pas du aller au-delà du troisième paragraphe… parce qu’en soit, vouloir devenir flic ça me fait déjà assez gerber comme ça, alors, rapport de genre maltraités ou pas en plus………..
    D’ailleurs, je veux bien que les GI femmes meurent plus sous les coups de leurs trous du cul de collègues mâles, mais en face de nous ou d’un-e noir-e cain-e-ri est-ce qu’elles hésiteraient à tirer?
    Alors, qu’elle crèvent sous les balles de l’ennemi ou de leur collègues, qu’est-ce qu’on s’en cogne? Ce sont des ennemis de classe, point barre.

    • Joffrey Pluscourt
    • Mouais, le problème de ce genre de raisonnement, même s’il est fondé quelque part, c’est qu’il oublie que le patriarcat et la domination de classe (et les autres formes de domination) sont certes liés, mais autonomes.

      Donc que les GI femmes meurent davantage du fait de leurs collègues masculins, si, c’est inquiétant aussi. Pas parce qu’elles meurent, mais parce que le sexisme au sein des organisations militaires n’a aucune raison de s’y limiter.

      Concrètement, c’est pas réjouissant de voir que les femmes meurent encore et toujours des coups de leur entourage. Parce que cet entourage peut être aussi bien appelé « frères d’armes » que « camarades »..

      • @rosa: en effet.
        Votre mise au point est plus salutaire que mon troll face un Yakafocon option appelle au meurtre des ennemis de classe (surtout femme).
        J’éviterai d’être aussi léger sur le sujet à l’avenir.

  8. Merci pour cet article qui formule clairement tout ce que j’en ai pensé !
    Un ajout,mais qui n’invalide pas votre propos : le film évoque à la fin par le bisais des parents d Judy l’exemple d’un lapin (donc une proie) devenue agressive qui a mordu la mère après avoir mangé la fleur (c’est même ce qui provoque la révélation de Judy sur ladite fleur) ce qui tendrait à montrer que les ravages de l’essentialisme vont dans les deux sens.. Mais d’une part ça reste hors champ, d’autre part je pense que ça fait partie des éléments qui rendent le système métaphorique du film compliqué et peu cohérent.

  9. Entièrement d’accord avec cet article, ma lecture a été la même que la vôtre et je me sentais un peu seule à critiquer ce film alors que tout le monde le portait aux nues comme un parangon de progressisme. Merci.

  10. Merci pour cet article, je me sens moins seule aussi dans ma lecture du film.

  11. Très bonne analyse, comme d’habitude. A une exception près : comme d’habitude, vous ne problématisez pas le fait que la police soit une domination en soi (au moins dans les société dans lesquelles nous vivons) et traitez cette question pardessus la jambe.

    La police (et l’armée) n’est pas seulement un problème parce qu’elle n’intègre pas (assez) les femmes et est viriliste/non-mixte homme.

    Il y a un lien avec la nature du pouvoir et de la domination.

  12. Je trouve dommage aussi que Bellwether soit la méchante alors qu’elle avait un bon potentiel (d’après ce que vous dîtes car je n’ai pas vu le film ) mais je comprend vaguement l’amertume de Nick (quand il se dit quelque chose de genre « puisque de toute façon je serais toujours un sale oppresseur au yeux des antiracistes\féministes, je ne vois pas pourquoi j’essaierai de ne pas me comporter comme tel, je serais toujours un adversaire quoi que je fasse»).
    J’ai un peu l’impression que c’est ce que ressentent certaines personnes qui ont fait des commentaires sur ce site. Le problème c’est qu’ils ont tendance à enchaîner sur des remarques sexistes (ou autre) ce qui confirme ce que les autres pensaient. Du coup ça ne doit pas être simple d’être féministe quand on est un homme, antiraciste quand on est blanc(he) …Comment aider les oppressé(e)s quand à la base on est sensé être un(e) oppresseur(euse)?

    • Je pense qu’on peut commencer par écouter ceux qui subissent des discriminations sans avoir absolument envie de leur imposer notre point de vue de la situation (situation d’oppression que l’on ne vit pas, donc). Ça paraît évident mais la plupart des personnes qui se font rembarrer sur ce site sont des « mansplainers » (souvent des hommes, donc) qui expliquent que les femmes se trompent de combat, qu’elles n’ont rien compris au féminisme , blablabla, ou encore qui tentent de rapporter le sujet à la souffrance des dominants (pour qui c’est très dur de dominer).

    • Personnellement, j’ai plus vu Nick comme une personne racisée (les renards font partie des espèces discriminées à cause des préjugés à leur encontre et ne font pas vraiment partie de la classe des dominants) qui a décidé de se conformer aux préjugés dont il est victime parce qu’on ne lui laisse pas d’autres opportunités.

  13. Bonjour
    Je ne suis pas sûre d avoir vu le même film q vs.
    Pourquoi parlez vs de combat féministe? Ce n’est pas le sujet du film: il s’agit plutôt des petits contre les puissants. Puissants qui ne sont pas forcément les prédateurs mais bien ceux qui ont la supériorité physique.
    La métaphore du genre n est pas énoncée, car femelle ou mâle, aucun n est vraiment présenté comme complètement positif ou négatif. C est pt etre pr ça q vs la considérez d ailleurs « brouillée »…
     « l’idée que la violence des hommes/prédateurs est innée et inéluctable « : non. Au contraire, cette violence pt etre innée – là, effectivement, pas de précision, n est pas ineluctable puisq ds Zootopie cette violence est eradiquee afin q ts puissent vivre ens. C tt de meme l idee premiere du film, q la bimbo répète plusieurs fois d ailleurs – bimbo q j ai plus vue comme une moquerie d ailleurs ms là n est pas le sujet.
    « s. Pour faire un parallèle évident, c’est comme le mythe du « sexisme inversé » ou du « racisme anti blanc », qui n’existent pas tout simplement car les femmes n’oppressent pas les hommes ni les noirs les blancs au sein d’un système de domination » : ah bon. Ce sont effectivement des cas bcp plus rares. Mais dire que ça n existe tt simplement pas, c faire une generalite basee sur du vent. Si la majorite des victimes ds nos societes st les femmes, cela ne vt pas dire que TOUTES les femmes sont des victimes ni que TOUS les hommes sont des agresseurs. Nuancer ses propos en considérant qu une « innocente » petite chevre puisse etre la mechante, et qu un « mauvais » renard puisse etre un coequipier me parait une leçon bénéfique.
     » le film laisse à penser donc que les prédateurs étaient bel et bien, par nature, violents au départ et que la plante révéleraient en quelque sorte leur nature profonde. « : il est clairement dit dans le film q les lapins st redevenus sauvages et violents au contact de la plante. L’idée est plutôt que tous sont violents à l origine – une rapide visite en cour de recreation vs le confirmera
    « Un seul espace ne lui était pas ouvert et ça l’a profondément blessé, ce qui rappelle la colère des masculinistes/blancs quant aux espaces non mixtes pourtant nécessaires. » : comment enseigner la tolerance, l egalite, en separant les gens? De plus, les petits se vengent sur Nick comme le gros renard se venge sur Judy: ces pratiques st malheureusemt courantes chez les enfants. En leur montrant par un film, ac des personnages q ils apprecient, les csq de ces actes, on pt ouvrir un certain dialogue. Fermer l accès aux majorités est tt autant condamnable que de le fermer aux minorités.
    « le renard ne peut pas s’empêcher de tripoter sa toison de mouton/ses cheveux, ce que Judy lui reproche de faire car ce n’est pas correct. »: le rapprochement avec les chevelures afro me parait un peu exagéré. Qd un enfant croise un mouton, il a cette tentation et les parents lui expliquent q non. Il ne faut pt etre pas vouloir chercher des symboles à tt prix, de plus, comme vs le notez, elle est quand même très blanche, pr une representation des afro…
    « Une des plus grandes victimes du système de Zootopie, une opprimée ayant conscience de l’oppression et voulant changer les choses, est la grande méchante. »: oui, pcq elle a basculé du côté obscur. Elle se bat avec les mauvaises armes, elle trahit et elle ment. On ne pt clairemt pas, ds un film pour enfants, soutenir cette vision.
    Le maire qui l opprimait finit lui aussi en prison.
    En conclusion, j ai qd meme l impression, à la lecture de vos articles, que vs allez voir certains films avec de toutes façons des a priori negatifs et q vs plaquiez votre vision dessus. C un peu dommage car je trouve vos analyses fines ms le coté anti Disney affaiblit le propos.
    Je sais déjà q dire « tous les hommes ne st pas predateurs » va etre mal perçu, mais oui, je suis encore assez naïve pr croire q il y a encore de l espoir en ce qui concerne la nature humaine. Et q mettre tt le mde ds le meme panier n a js mené q à la peur et la haine, ce qui est justemt le propos du film.

    • Votre commentaire est très juste et me soulage après la lecture de cet article très orienté Social Justice Warrior.
      Non, le dessin animé ne traite pas des genres, il traite des discriminations EN GÉNÉRAL, et il explique que ces discriminations touchent tout le monde, même ceux censés être favorisés par le système. Donc oui, ce film casse les codes (et encore, pas tant que ça), et ça a l’air d’émouvoir tous ceux qui s’attendaient à une dénonciation stéréotypée de la domination masculine. Hé bien non, il faudra trouver un autre terrain pour ce combat, parce que ce n’était pas l’unique sujet.
      Le problème ce n’est pas tant l’égalité des genres ou des races que la confiance et la possibilité pour chacun d’apporter sa contribution à la société en fonction de ses caractéristiques. Être petit ou émotif ne sont pas nécessairement des désavantages.

      • il explique que ces discriminations touchent tout le monde, même ceux censés être favorisés par le système.

        Alors je me permets juste de vous rappeler qu’être un homme blanc cis hétéro n’entraîne AUCUNE discrimination dans notre monde !
        Et globaliser les discriminations en en niant les causes, ça permet juste de ne s’occuper de rien puisque ça concerne « tout le monde »…

        Pour éclairer ce point de vue, je vous propose de lire ce texte écrit par un homme faisant partie de la catégorie non discriminée que sont les hommes blancs cis hétéro ici => http://librexpression.org/?p=12165

        • J’ai lu : si effectivement, il ne subit pas une oppression systématique, comme les femmes, il reste quand même que tout ce qu’il a subi profite quand même à une catégorie : ses pairs, les mâles dominants.

          En effet, qui profite de
          « Oui, bien sûr, je suis confronté à une obligation de la performance. Bien sûr, je ne dois pas trop montrer mes émotions parce que boys don’t cry. Bien sûr, on m’a emmerdé pendant mon enfance et mon adolescence parce que j’étais nul avec un ballon (je le suis toujours), parce que j’étais “l’intello” de toutes les classes où j’ai été (ça me colle toujours à la peau), parce que j’étais timide (je le suis encore plus) et que je n’enchainais pas les conquêtes féminines (il n’y a qu’une seule personne qui m’intéresse dans ce monde). Il y a même un mec qui s’est moqué de moi dans un restaurant parce que j’étais trop enthousiaste devant ma mousse au chocolat (j’aime le chocolat). Il disait : “on dirait une nana”. Sur le coup, ça m’a énervé. » ?
          Les autres mâles dominants. Car, en refusant de se conformer au modèle du mâle dominant, les autres mâles lui en font payer le prix fort.

          Oui, j’ai souffert, et j’ai parfois souffert à cause des normes de genre. Mais ça ne change rien au problème : personne ne m’oppresse. Lorsque je souffre de tout cela, personne n’en tire partie. En quoi les moqueries que j’ai subi au collège et au lycée de la part de filles ont-elles améliorés la condition féminine ? En rien. En quoi l’obligation pour les hommes d’enchaîner les conquêtes sexuelles profite-t-elle aux femmes ? En rien.

          Non; mais ses souffrances ont profité au groupe des mâles dominants, car le système patriarcal dépend du fait que les hommes choisissent d’être dominants, parce qu’on leur fait payer le fait de ne pas s’y conformer.

          Toutes ces situations pénibles que j’ai pu vivre, c’est parce que je ne me conformais pas, ou pas assez, à mon rôle de dominant. Ce sont donc des coûts de la domination masculine.
          Mais justement, ce coût ne devrait même pas exister. C’est parce qu’il existe que la domination masculine peut exister.

          De plus, un mâle blanc cis hétéro peut facilement perdre son statut de dominant : il suffit qu’une rumeur le fasse passer pour homo, et, même s’il ne l’est pas, il passe dans le groupe des opprimés. Pas besoin qu’i soit homo : il suffit que les gens croient qu’il le soit.

          Se moquer de l’homme qui souffre parce qu’il n’a pas un comportement de dominant est idiot. Car ses souffrances ne sont pas à opposer aux souffrances que les femmes subissent liées à leur oppressions : elles sont directement liées à elles.

          et Quand j’étais ado, beaucoup plus enveloppé que je ne le suis aujourd’hui, ignorant des modes, inadapté à l’univers scolaire sans originalité, il y avait toujours des filles pour se moquer de moi.

          Dans ce cas de figure, les femmes elles mêmes sont complices de l’oppression patriarcale, en moquant l’homme qui ne se conforme pas au modèle patriarcal.

          Le féminisme doit bien sur lutter pour les droits des femmes : mais pour qu’il soit efficace, il serait positif que le féminisme permettent aux hommes qui ne se reconnaissent pas dans le modèle du mâle dominant de ne pas en payer le prix social.

          • Alors Shekan ne parlait pas de domination mais de discrimination en l’occurrence.

            Le féminisme doit bien sur lutter pour les droits des femmes : mais pour qu’il soit efficace, il serait positif que le féminisme permettent aux hommes qui ne se reconnaissent pas dans le modèle du mâle dominant de ne pas en payer le prix social.

            Elles le font déjà…

  14. Mathias Poujol-Rost

    J’ai beau être sensibilisé à ces discriminations, je suis quand même largué à la fin de la première partie.

    Alors imaginez quelqu’un·e de non averti·e. Iell laisse tomber bien plus vite. Certains mots ou thèmes comme « essentialiste » sont inconnus du grand-public, tant dans le sens que dans ses enjeux.

    Ne le prenez pas mal, vous avez bien au contraire mes encouragements pour continuer. Et moi de lire la fin.

  15. Et c’est le grand retour du « je dis n’importe quoi, pourvu que je puisse conclure que Disney est maléfique ». J’avais parié il y’a quelques temps que ce blog serait capable de faire une analyse suffisamment malhonnête intellectuellement pour faire dire à ce film le contraire absolu de son message, et il apparaît donc que j’avais raison.

    Quelques étrons particulièrement nauséabond dans cet océan de mauvaise foi:

    > D’ailleurs, durant l’entraînement de Judy pour devenir policière, c’est un gros mammifère femelle qui la maltraite.

    « Maltraiter », excellent. Tout ce que fait l’ourse polaire, c’est d’indiquer à Judy quand elle n’est tout simplement pas assez qualifiée pour passer les diverses épreuves. Elle n’est pas sadique, elle n’éprouve pas de satisfaction à la voir échouer, tout au plus souhaite-t-elle s’assurer qu’elle a la détermination nécessaire pour surmonter les obstacles réels et figurés. D’ailleurs, on a un plan montrant sa fierté lorsque Judy s’avère devenir la meilleure élève.

    Full Metal Jacket a peut-être inspiré le mythe du sergent-instructeur psychopathe, mais ça ne veut pas dire que tout instructeur ferme et économe en termes d’encouragements est un sadique. C’est une vision stupide et formatée par des décennies de clichés, un comble quand on prétend à une interprétation intéressante du message d’un film.

    > Il ne s’agit pas là d’intériorisation d’un sexisme métaphorique par quelqu’un souffrant dudit sexisme puisque ledit gros mammifère femelle n’est pas spontanément dénigré comme Judy.

    C’est normal, elle fait son job. Elle s’assure que les flics qui se retrouvent en service sont psychologiquement et physiquement aptes aux exigences de leur métier. Alors que la France traverse une crise quant à ses rapports avec la police, faut quand même des oeillères de taille respectable pour ne pas s’en apercevoir.

    > On a déjà ici la preuve que l’allégorie de Zootopie en terme d’inégalité entre les genres échoue déjà.

    Alors même qu’une femme est instructrice, et qu’une femme est major de la promo, le message serait celui d’une inégalité entre les genres. Encore un miracle d’interprétation tordue jusqu’à faire dire son contraire à une scène.

    > Disney n’a pas intérêt à pousser trop loin le message s’il ne veut pas s’aliéner une partie de son public (à savoir les spectateurs/trices conservateurs/trices sur la question des rapports de genre).

    Etant donné qu’il s’agit clairement du message de la «  »critique » », je pense que tant qu’à faire, plutôt que d’essayer de le faire rentrer dans le film à coups de chausse-pied quitte à redéfinir le terme « incohérence », autant le Copier-Coller 250 fois d’affilée et laisser le film tranquille. Au moins, ça évitera au lecteur d’avoir à endurer une analyse que mêmes des piliers de bar réprouveraient pour leurs conversations de comptoir.

    > On a d’une part l’idée que la violence des hommes/prédateurs est innée et inéluctable : argument essentialiste qu’on peut voir appliqué avec le mythe de l’homme qui ne peut s’empêcher de violer car c’est dans sa nature et qu’il faudrait donc l’en excuser.

    Sauf que cette idée est bafouée, contredite et enterrée par l’histoire même du film. C’est exactement le même principe que de considérer que La Liste de Schindler est antisémite puisqu’on y parle de nazis. Le climax du film vient même démontrer que c’est complètement faux. Après, Disney n’a pas cru bon d’ajouter une note pour expliquer en toutes lettres la façon d’interpréter son film, pensant que les spectateurs seraient assez malins (et honnêtes) pour connecter les points. A tort, apparemment.

    > D’autre part on a l’idée que la violence des prédateurs/hommes appartient au passé, à un temps révolu et que les violences ne sont le fait que de quelques individus isolés et « fous » (dans le film, les prédateurs revenant à l’état sauvage sont des exceptions) : tous les hommes/prédateurs ne sont pas méchants (argument connu sous le nom de Not All Men) et on nie le patriarcat présent en le renvoyant à un passé révolu (dans le film : le temps où les prédateurs chassaient les proies ; dans notre monde : l’époque avant le droit de vote et d’avorter, etc. (Notons d’ailleurs que les deux arguments masculinistes semblent contradictoires mais peuvent être employés par les mêmes personnes).

    Encore une malhonnêteté intellectuelle de force 10, puisqu’il s’agit du message QUE LE FILM INFIRME. Sérieusement, j’ai l’impression de lire une critique de 12 Years a Slave qui affirmerait qu’il s’agit d’une apologie de l’esclavage, juste parce qu’il y’a des esclaves à l’écran. L’histoire entière du film consiste à mettre en évidence une exploitation des préjugés par des personnes malintentionnées. Prendre ce message au premier degré revient simplement à regarder un film différent, avec une résolution alternative où, effectivement, quelques prédateurs deviennent fous mais la classe dirigeante le nie. Désolé, mais c’est pas ce qui arrive. Même en vous concentrant très fort vous n’avez pas encore le pouvoir de changer l’histoire d’un film au point d’en réécrire la fin pour coller à votre rhétorique antiaméricaine (apparemment, c’est pas l’envie qui manque).

    > Le renard du début frappait et blessait Judy pour la remettre à sa place,

    Le renard du début était un gamin violent. Qui devient un adulte très bien ajusté, et qui utilise même un discours qui tend à montrer qu’il a été suivi psychologiquement pour résoudre ses problèmes d’agressivité – et qu’il a ACCEPTE ce suivi au point de collaborer avec les parents de Judy. Donc encore une fois, cela revient à utiliser comme argument un point que le film lui-même démonte totalement, et c’est une fois de plus à côté de la plaque.

    > Nick abuse de sa confiance et la manipule,

    Il est escroc, elle est flic. Quelle surprise, il n’est pas gentil avec elle.

    > le lion maire malmène son adjointe

    Quand est-ce présenté comme drôle ou positif ? J’aimerais savoir. Quand on montrer Amon Goeth tirant sur des prisonniers de camp, on ne se dit pas « Allez, faut tous les buter ». Cette incapacité absolue à admettre que le contenu d’une scène et son message peuvent différer est absolument effarante chez des gens qui prétendent être des critiques de films.

    > les loups comme les ours sont violents.

    Quand ? Quand exactement ? Les loups et les ours sont employés dans des services de sécurité ou comme gardes du corps d’un pseudo-parrain, mais quand font-ils preuve de brutalité ? Tout ce qu’ils font dans le film est d’inticimider (les ours en particulier). Le seul acte « violent » commis par les ours revient à attraper Judy et Nick par le col, et ça a lieu sous les ordres d’une fucking TAUPE. On ne voit jamais un ours ou un loup commettre le moindre acte violent de sa propre initiative pendant le film – par contre, on voit qu’ils se retrouvent dans des jobs pour lesquels leurs présumées « prédispositions physiques » les favorisent.

    > Mais un glissement s’opère en seconde partie et le film tend à étouffer cette mise en évidence des violences et oppressions structurelles en se concentrant donc sur des violences plus extrêmes mais le fait d’individus « fous » et qui ne sont pas responsables de leur actes : les prédateurs intoxiqués.

    Sauf que tout ça est orchestré. Manipulé. Donc il ne faut pas le prendre pour argent comptant.

    > Ce glissement amène à un retournement de la situation au milieu du film où on oublie totalement les souffrances systématiques des petites proies pour nous montrer que les prédateurs souffrent aussi… voire plus. Au lieu de s’attarder sur la souffrance des victimes, le film va s’attarder sur celle des agresseurs et, tout en nous ayant montré les prédateurs infliger de véritables souffrances aux « proies », en faire finalement les véritables victimes de l’histoire.

    Sauf que ce n’est pas le thème du film – parmi les autres thèmes que le film n’aborde pas: les droits des transgenres, ceux des aborigènes, les violences faites aux enfants, d’ailleurs ça m’étonne que cette critique oublie de le souligner. Le message n’est pas celui d’une souffrance des prédateurs, c’est celui de l’effet néfaste de souffler sur les braises d’un conflit ethnique. Etant donné que l’imposant chef de la police avec la voix d’Idris Elba est une proie, il devient assez difficile d’assimiler « proie » à « vulnérabilité ». Idem avec les éléphants du magasin de glace, qui sont des proies. Par contre, Mrs Otterton, la loutre, est un prédateur. L’idée même qu’il faille interpréter proie et prédateur à travers le prisme des oppressions sociales homme/femme du monde contemporain est stupide. C’est une métaphore à peine voilée des conflits raciaux aux USA, et même sans jouer aux JO de l’oppression, on ne peut pas interpréter toutes les discriminations qui ont lieu dans le monde exactement de la même manière.

    En claire, tous les reproches jusque là, c’est que le film ne parviendrait pas à faire passer un message qu’il ne souhaite pas faire passer. Bien joué l’analyse.

    > Vous êtes perdus ? Rassurez-vous, moi aussi,

    Rassurez-vous, on a vu ça.

    > Seulement, on ne s’explique pas leur état et on avance l’hypothèse de la génétique.

    Merde, un polar où on garde du mystère. Ou va le monde.

    > Cette hypothèse (présentée prudemment comme une hypothèse et non une vérité) blesse profondément Nick le renard dans son petit cœur.

    Donc là, l’héroïne assimile violence et génétique, et l’auteur de cette « critique » se désole qu’un personnage puisse en être blessé. Magnifique. Encore une fois, d’une honnêteté intellectuelle sans faille. On dirait le service politique du Front National à l’oeuvre.

    > On lui renvoie encore son agressivité supposée à la figure. Préjugé dont on l’a vu souffrir dans un flash-back larmoyant mais qui ne fait pas partie d’un système favorisant les proies.

    J’aimerais juste savoir où dans le film il est écrit que l’univers favorise les prédateurs. C’est beau de l’affirmer sans cesse, mais il faudrait au moins que ce soit vrai. Le seul « exemple » est le maire lion, qui est présenté comme une politicien arriviste préoccupé uniquement par sa carrière. Un peu comme, je sais pas, quelqu’un d’autre qu’un homme blanc devenant maire d’une grande ville ou d’un état ? Le renard du début du film est violent avec Judy…mais finit par devenir un individu ajusté et conscient de ses problèmes de violence. Les autres prédateurs ne sont ni meilleurs, ni pires que les proies. Le chef de la police est une proie, et de nombreux autres policiers sont des proies. Flash news, mais ni les buffles, ni les éléphants, ni les rhinocéros ne sont des proies.

    Les seules choses qui sont favorisées par le « système », ce sont la taille et la puissance physique.

    Le plus fun dans tout ça, c’est de voir l’auteur de cette « critique » assimiler prédateurs et violence ou domination physique alors même que rien dans le film ne le confirme. Donc réaliser exactement le même cheminement intellectuel que ceux qui connectent automatiquement « arabe » et « violent », « noir » et « fainéant » ou « rom » et « voleur ». Et tout ça juste parce qu’une figure politique manipulatrice décide de leur faire croire qu’elle démontre quelque chose en tordant les faits. Oh, the irony.

    > La scène larmoyante du pauvre petit Nick torturé par des proies ressemble ainsi à s’y méprendre à un fantasme masculiniste.

    Sauf qu’encore une fois, comme le film ne crée pas un système favorisant les prédateurs, ben la lecture comme « prédateur = homme, proie = femme » ne tient pas une seconde. L’auteur de cette « critique » a juste plongé avec délectation dans ce qui collait le plus à ses préjugés, et s’est étonné de ne pas les voir confirmés – puisqu’après tout, le message du film est qu’il n’y a pas de différence fondamentale entre proies et prédateurs.

    C’est d’autant plus débile de lire « proie/prédateur » comme « femme/homme » qu’il y’a des personnages masculins et des personnages féminins dans le film. « Proie/prédateur » est utilisé comme métaphore des conflits raciaux.

    > Et Judy qui, elle, n’a pas cessé de se battre pour avoir le droit de faire ce qu’elle veut, doit s’excuser d’avoir un spray anti-renard (une peur du renard pourtant justifiée puisqu’elle a subi la violence de la part d’un renard pendant toute son enfance) et d’avoir peur de prédateurs qui sont, dans les faits, réellement violents envers les proies.

    Non, ils ne le sont pas. Même en le souhaitant très fort, désolé, les prédateurs du film ne sont PAS violents envers les proies d’une façon systémique. Plein de personnages en sont persuadés, mais il est clairement établi qu’ils ont tort, et qu’un gamin renard violent n’est pas suffisant pour justifier un discours disant que tous les renards sont des enfoirés.

    > Si l’on fait une lecture de ces scènes en termes de rapports de genre, le film nage en plein masculinisme comme le confirme également ce plan ou une femelle lapin éloigne ses enfants d’un pauvre gros prédateur, craignant pour leur vie. Cette image, lue en terme d’oppression de genres, est nauséabonde et fait passer les victimes pour des oppresseurs et inversement.

    Sauf que A/ces scènes doivent être lues en termes de rapports de couleur de peau et B/même avec cette grille il n’est jamais montré qu’il y’a une différence intrinsèque entre proies et prédateurs, sauf dans les esprits les plus obtus et les plus enclins aux généralités.

    > Les prédateurs dominants injustement mal perçus.

    Ah ah, running gag. Ils ne sont toujours pas dominants BTW. Mais peut être qu’en le répétant 8000 fois le film changera magiquement pour enfin devenir le suppôt de Satan présenté dans ces lignes ?

    > Ce dernier s’excuse brièvement là où l’ensemble des lapins se prosterne presque à ses pieds (Judy comprise) pour avoir eu une mauvaise image de lui (à raison pourtant) et ledit renard explique son comportement par « je manquais de confiance en moi ». En soi… une très bonne excuse pour frapper plus petit que soi et s’accaparer ses biens.

    Oh my god. IL AVAIT 8 ANS, BORDEL. On est à ça de voir ce blog faire l’apologie de la détection des délinquants à la maternelle, à ce stade. Il ne s’excuse pas brièvement, il le fait proprement, et il n’avait même pas à le faire, Judy venait juste le saluer – c’est lui qui considère comme important de montrer qu’il a évolué depuis SES 8 ANS. Personne ne s’excuse de l’avoir mal jugé (au contraire, IL ADMET QU’IL ETAIT UN PETIT CON), tout ce dont s’excusent les parents de Judy c’est d’avoir considéré le comportement d’un petit renard comme représentatif de tous les renards.

    Putain mais autant de malhonnêteté intellectuelle, comment c’est possible ? Y’a eu une réduction sur préjugés.com ?

    > e petit mammifère femelle opprimé par un grand mammifère prédateur mâle qui cherchait à instaurer une solidarité entre petits mammifères

    AH AH AH AH AH. Elle cherchait à déclencher une guerre entre proies et prédateurs, mais c’est sûr, disons « solidarité entre petits mammifères ». Putain, c’est exactement la rhétorique utilisée par tous les populistes d’Europe et vous sautez dedans à pieds joints et avec un grand sourire. Tout en proclamant être un blog de gauche luttant contre les rapports de domination. Sublime.

    > Les prédateurs n’étaient que des victimes. En vrai ils sont gentils et souffrent qu’on les considère comme des vilains agresseurs.

    Ben oui, puisque dans cet univers ils ne le sont pas.

    > Récapitulons : la première partie du film, du point de vue de Judy, nous a montré des prédateurs effectivement dangereux et oppresseurs,

    Non, elle a montré UN. PUTAIN. DE. GAMIN. PLUS. COSTAUD. QU’ELLE. Et UN POLITICIEN ARRIVISTE. On doit être à la 131e répétition de cette ineptie, c’est décourageant.

    > On tente de nous faire avaler qu’en fait, tout le monde est égal face à l’oppression même si structurellement, on a bien vu que les proies petits mammifères étaient bel et bien défavorisés et oppressés…

    Non, toujours pas, désolé. Peut-être qu’à la 133e le film changera ?

    > Pire, on dédramatise des situations de violence réelle durant le climax du film, où Nick le renard fait semblant d’être redevenu sauvage (ce qui arrive en vrai) et fait mine d’agresser Judy (ce qui lui est déjà arrivé), le tout joué dans la bonne humeur parce que ça n’arrive jamais enfin !

    Ben oui, on dédramatise les situations de violence qui sont une fabrication destinée à jeter le discrédit sur une partie de la population. C’est un peu comme si, je sais pas, une personne noire faisant semblant d’agresser une personne blanche pour montrer à quel point il est stupide de considérer que les noirs sont des voyous ? Il me semblait pas qu’un Bac +5 était nécessaire pour comprendre ça, pourtant.

    > Mais non voyons c’était pour rire ça n’arrive jamais ! Ah si en fait !

    J’attends la tribune pour promouvoir l’enfermement des délinquants à l’école primaire, apparemment c’est la ligne politique défendue par ce blog.

    > Dans cette scène, le film, sous couvert de démystifier le fait que les hommes/prédateurs ne sont pas génétiquement violents (ce qui est progressiste et anti-essentialiste),

    Sauf que les hommes/prédateurs est toujours une comparaison complètement absurde et sans aucun fondement dans le film

    > et en profite pour accuser les proies/femmes de cultiver et répandre l’image violente des hommes/prédateurs.

    Corollaire : il est tout aussi crétin de parler d’analogie proies/femmes.

    > ans Zootopie, le maire est effectivement un lion mais on nous apprend que les prédateurs sont en réalité une minorité dans la société (10%) même si, avant les agressions et disparitions évoquées dans le film, on ne nous montre pas qu’ils souffrent de cette situation. Ce serait même le contraire.

    NON CE N’EST PAS LE CONTRAIRE. NO, THIS IS NOT THE OPPOSITE. J’essaie en anglais, peut-être que ça va rentrer: prétendre que ce film dépeint un système de domination par les prédateurs est FAUX. C’est aussi FAUX que le Grand Remplacement si cher à Renaud Camus.

    > Comme je l’ai expliqué plus haut, les mammifères sont violents et abusent de leur pouvoir. Nick le renard a droit à son moment d’émotion sur le fait qu’un groupe de proies a abusé de lui mais on ne nous montre pas d’oppression systémique sur les prédateurs.

    Mais par contre, on montre Judy qui se fait agresser (et on le répète 150 fois pendant la critique), et là soudain on a une oppression systémique sur les proies ? Y’a pas comme deux poids et deux mesures ici ? Y’a pas comme une sélectivité destinée à faire passer en force un message absent dans le film ?

    > et les tigres des danseurs limités à leurs muscles et présentés comme plutôt idiots.

    What. Idiots. Ils sont danseurs, ils n’ouvrent pas la bouche, ne font rien de maladroit, mais sont idiots. Et ce blog prétend lutter contre les préjugés. Vraiment magnifique.

    > On peut donc voir les prédateurs comme une minorité opprimée injustement accusée de sauvagerie. Sauf que Zootopie légitime cette oppression, les prédateurs étant réellement violents « par essence ».

    Mais putain MAIS NON. Ils ne sont PAS violents par essence. Le poison MARCHE SUR LES LAPINS. A un moment faut regarder le film dans un langage que l’on comprend quand on souhaite faire une critique.

    > A un certain niveau, on l’a vu, le film critique le discours qui stigmatise les prédateurs comme génétiquement violents puisque leur violence n’est due qu’à l’influence extérieure de la plante, mais en ne nous montrant pas les effets de la plante sur les proies (qui pourraient aussi faire des dégâts à l’état sauvage quand on voit les grands mammifères) le film laisse à penser donc que les prédateurs étaient bel et bien, par nature, violents au départ et que la plante révéleraient en quelque sorte leur nature profonde.

    3615 J’ai rien écouté.

    Le moment eurêka de Judy intervient quand ses parents mentionnent un membre de sa famille à qui la même chose est arrivée. Je crois même qu’il est EXPLICITEMENT DIT qu’un lapin aussi peut devenir violent.

    > alors que dans les allégories, mutants, vampires et prédateurs sont bel et bien dangereux.

    Mutants et vampires, okay, je peux voir le problème. Mais encore une fois, l’idée que les prédateurs sont dangereux est fausse. Mais j’en ai marre de le répéter encore et encore.

    > Alors qu’être un petit mammifère semble clairement handicapant (Judy ne peut intégrer la police, les hamsters et les paresseux sont dans la paperasse, etc.).

    Je sais pas si on vit dans le même monde, mais il me semble qu’une scène au demeurant comique présentant la banque « Lemming Brothers ». Je crois pas qu’être banquier d’affaires soit considéré comme « un handicap ». Les paresseux ont également l’air d’avoir des revenus suffisants pour se payer de belles voitures, d’ailleurs (mais les paresseux ne sont pas particulièrement petits).

    > De manière significative, le seul petit mammifère qui accède à un poste de pouvoir est dans le milieu du crime, subvertissant la norme, puisqu’il s’agit du parrain musaraigne.

    Si on excepte les dizaines de lemmings, oui. Encore une fois, le message est le suivant : si on ignore une large partie du film, de ses dialogues et de l’intrigue, alors effectivement, on peut transformer Zootopie en un pamphlet réactionnaire. Mais je suis également sûr qu’en changeant l’ordre des mots du Capital de Karl Marx on peut arriver à une oeuvre profondément capitaliste.

    > Ah les petits mammifères, cette masse uniforme

    Ah mais vous les aviez vus les lemmings ! Donc le point malhonnêteté intellectuelle est doublé.

    > Disney nous montre donc des minorités représentant une véritable menace.

    Nope.

    > Mais là encore l’allégorie ne fonctionne qu’à moitié malgré les références et les jeux sur des stéréotypes car ceux qui semblent réellement avoir des avantages dans la société sont les gros mammifères et non les prédateurs spécifiquement, qui peuvent être grands et petits.

    Il aura fallu tout ce temps pour arriver effectivement à un message que le film essaie de faire passer. C’était laborieux.

    > Et même les prédateurs gros mammifères peuvent avoir des petits boulots (la panthère chauffeur de taxi ou le fauve efféminé traité avec une joyeuse grossophobie qui travaille à l’accueil de la police).

    Efféminé ? Parce qu’il est fan de presque-Shakira ? C’est beau de relever de la grossophobie, quand on commence par moquer un personnage sur ses goûts musicaux. C’est presque aussi intelligent que de dire « les nègres sont vraiment sexistes ». D’ailleurs, la grossophobie : explication ? Le personnage est gros (c’est un guépard, d’ailleurs – normalement l’animal le plus rapide sur terre), il a un job dans lequel ça ne lui causera aucun souci, et tout le monde semble l’apprécier. Du coup, la partie « phobie » me passe un peu à côté.

    Bon, j’ai assez perdu de temps, la fin de la critique ne diffère en rien du reste pour ce qui est de l’honnêteté intellectuelle et de la qualité. Néanmoins, j’ai au moins obtenu la confirmation définitive de ce que je ne pouvais jusque là que soupçonner : ce blog ne réalise pas des critiques de films, il dispose d’un message qu’il souhaite faire passer (si c’est Américain et à gros budget, c’est maléfique) et ne reculera devant aucune manipulation pour tenter de parvenir à ses fins.

    Heureusement que le niveau d’analyse ne suit pas, car il s’agit exactement du genre de traitement biaisé dont raffolent les populistes, et eux sont en plein boom.

    • Je vous remercie pour cette reprise détaillée de toutes les lacunes et malhonnêteté de cet article ! Ou quand l’on plaque une grille d’analyse pas du tout adapté au matériau d’étude. Sur ce site, j’ai parfois l’impression que l’on tente de faire rentrer un éléphant dans un dé à coudre. Si la métaphore femme/proie ne marche pas, ce n’est pas parce que ce n’est pas parce que le film le fait mal, mais aprce que ce n’est pas la métaphore utilisé par celui-ci. Comme dit plus haut, il me semble plus juste de voir ça en terme de prédateurs= vu par la société comme dangereux, ce qui en derniers recours ferait référence aux discours racialistes qui veulent faire de minorités (généralement ethniques) des délinquants/criminels en puissance.

      Votre reprise, Sinek, permet bien de montrer comment on peut prétendre être à l’autre bout de l’échiquier politique des réactionnaires, mais en vérité réutiliser leurs schémas de pensée.
      Bref du grand art, merci Sinek !

    • Joffrey Pluscourt

      La contre critique est légitime.
      Je trouve l’accusation de malhonnêteté excessive ici.

      Je ne voit pas de volonté de manipulation et il y a beaucoup d’effort dans cette critique.

      Je ne voit qu’une vision de film biaisée par la volonté d’y caser une critique du masculinisme du film très présente sur ce site.
      Déjà car c’est un concept très convainquant dans d’autres films et critiques.
      Ensuite car c’est un premier article ici.
      Enfin parce qu’il y a encore peu de concept sur le racisme (thème du film) développés sur le site.

      Mais malgré sa foi à enjamber les contradictions, je trouve que l’autrice(eur) a paradoxalement beaucoup de rigueur, d’honnêteté et de potentiel. Vraiment.

      Dire qu’elle (il) « peut prétendre être à l’autre bout de l’échiquier politique des réactionnaires, mais en vérité réutiliser leurs schémas de pensée. » me parait délirant.
      Je doute que son « racisme » anti renard ne face souffrir grand monde à Zootopia et je ne voit pas un populiste réutiliser cette critique.
      Puis le jour ou les réacts diront des trucs intelligents on les écoutera, en attendant je relis leurs coms et ils sont peu liés à la qualité de la critique.

      Par contre je reste curieux de voir les personnes en accord avec la critique argumenter leur point de vue et vous répondre.

      • Croyez-moi, le masculinisme éhonté d’un certain nombre de films grands publics me révulse, mon but n’est pas d’argumenter sur le sujet de #NotAllMen, mais plutôt sur celui de #NotAllMovies.

        Sur ce blog, il y’a une véritable systématisation de l’analyse « Hollywood = masculiniste/sexiste/raciste/homophobe/… ». Je ne vais pas nier l’existence de films qui confirment allègrement cette égalité, il continue à en sortir cette année encore (Exodus, Gods of Egypt, et probablement Ghost in the Shell l’année prochaine). Mais dire que tous les films Hollywoodiens sont sexistes/racistes/masculinistes/homophobes/… est aussi idiot que de dire que tous les films d’animation japonaise sont sexistes/moches/violents/stupides, et de faire l’analyse en détail de Princesse Mononoké ou du Voyage de Chihiro pour le démontrer. Il existe des oeuvres japonaises moches, violentes et stupides, il en existe même un grand nombre, mais systématiser l’analyse quitte à effectuer des manipulations grossières (l’expression « faire entrer un éléphant dans un dé à coudre » colle particulièrement bien) ne fait, à mon avis, que desservir le propos.

        C’était la même chose avec la critique de Mad Max, qui réécrivait complètement l’histoire en occultant volontairement le rôle de Furiosa tout en grandissant artificiellement celui de Max, et ce afin de pouvoir arguer que le film était sexiste. Que l’on refuse de considérer MMFR comme un pamphlet féministe – soit, les goûts et les couleurs. Mais qu’on torde allègrement la réalité pour pouvoir dire qu’il est sexiste, c’est malhonnête. Et Zootopie subit exactement le même traitement.

        • Coucou,

          Alors je ne vais pas chercher à répondre à tout votre commentaire, tellement celui-ci est long (pas une critique en soi) et rempli de mépris (critique en soi).
          Par contre il me semble assez incroyable de critiquer comme vous le faites un article qui reprend point par point le fait que ce film est ambiguë, et surtout incohérent dans les lectures qu’il active à certains moments puis désactive à d’autres moment, en attribuant à l’article et non au film cette incohérence et cette ambiguïté.
          Le film active clairement à plusieurs moment une lecture du genre (le spray anti-agression est une référence qui crève les yeux), pour les désactiver par la suite, les réactiver ensuite etc.
          Et même pris au niveau d’abstraction de « les personnes opprimées ne sont pas toujours les personnes qu’on croient », c’est glauque politiquement, parce que, comme l’explique cet article, ça mystifie complètement la notion de système de pouvoir, système d’oppression etc.
          Ce film (comme tous les autres films qui existe qui ne sont pas complètement abstrait) met en scène des personnages masculins et des personnages féminins, et ce au sein d’une société (celle qui produit le film, bien entendu, pas celui représenté dans le film) où la domination masculine est structurelle (ceci est d’autant plus visible dans le monde des productions culturelles audio-visuelles (voir les chiffres)). Donc que l’on s’attarde sur comment sont représenté.es les personnages masculins et féminins me semble évident, et le mieux qu’on puisse dire dans ce film c’est que la notion d’oppression systématique est activé à un certain moment du film (notamment le début) pour ensuite soit être déactivé, soit être carrément retourné (pris à un certain niveau d’abstraction, c’est les petit.es qui seraient les dominant.es et les grand.es qui seraient dominé.es). Tout ça est bien sûr abstrait (et incohérent dans le film, qui jamais ne systématise ses métaphores) parce que ce film joue sur ce niveau d’abstraction, ce qui est BIEN ENTENDU un choix politique du film, qui cherche à soit évacuer soit carrément retourner la notion d’oppression.
          Bref, stratagème de dominants, tout ça au sein d’un film qui perso m’a beaucoup plus esthétiquement, ma beaucoup fait rire, bien rythmé etc. Mais politiquement c’est un film que je trouve, comme l’auteur.e de cet article, et pour les mêmes raisons, politiquement archi-douteux (en tout cas en ce qui concerne mes valeurs politique, forçément 🙂 )

          • « Le film active clairement à plusieurs moment une lecture du genre (le spray anti-agression est une référence qui crève les yeux), pour les désactiver par la suite, les réactiver ensuite etc. »
            Le film présente une société fictive raciste partageant les animaux abusivement entre proies et prédateurs renforcer par de nombreux stéréotypes de races.
            Comme toute vue raciste, ça ne tient pas à la découverte du réel.
            Certes deux trois cas correspondent à une vision stéréotypée (genre les paresseux) mais ça ne valide pas plus une pensée raciste qu’un chinois qui aime le riz ou que Nina Simone qui fait du jazz (surtout qu’elle rêvait qu’on la produise sur de la musique classique pour laquelle elle s’était formée toute son enfance)
            Mais il est normale qu’une vision raciste soit « désactiver par la suite ».
            Je réaffirme que la vision féministe invisibilise ici un discourt anti raciste et ne tient pas la critique.
            C’est un spray « anti renard » offert par un père inquiet des ours, renards et belettes pas des renards males ou des males d’autres espèces.
            A vos yeux c’est un spray antiviol, de mon coté du périf c’est une lacrimo comme en dégaine les flics et les fafs fan de surplus militaire. Dans le film il n’est de sortie que pour justifier un discourt raciste puis pour faire taire un racisé qui se révolte contre.
            De mème votre vision nécessite de relire abusive (lapin comprendre femme?) ou de reprendre des « arguments » de la méchante (faible car petite comprendre femme?) alors qu’elle est numéro 2 d’un système hiérarchique obéissant au lion mais commandant au taureau bodybuildeur.
            Il est dommage d’invilibiliser une critique anti raciste et il est dommage de forcer des stéréotypes négatifs sexiste sur des animaux sans sexe visible mème nudiste selon votre vision sexiste issue d’autres films alors que Zootopia s’en détache vivement et souvent (sauf contre exemple de votre part?).

          • L’argument n’est pas de dire que ces deux lectures sont contradictoires, elles peuvent avoir lieu en même temps. L’argument (ou plutôt les arguments) de l’auteurice ici est de montrer en quoi le film échoue à faire une lecture politique intéressante de la société en terme de genre. Libre à vous, pas de soucis, d’occulter les genres des personnages, et de penser « j’imagine que les personnes qui ont fait ce film ont tiré au sort les personnages un par un pour savoir si iels seraient mâle ou femelle ». C’est une lecture possible du film, c’est une lecture que je trouve inintéressante et qui à mon avis refuse de prendre en compte certains signaux qu’envoie le film (qui, comme l’auteurice l’a dit, est difficile à analyser car confus).

            Après, sur les détails précis, le spray lacrymo est, il me semble, très utilisé comme un spray antiviol aux Etats-Unis, et il est il me semble tout à fait impossible que les réalisateurices de ce film ne soient pas au courant de cela. Du coup, je ne vois pas pourquoi mettre cette référence, ou alors c’est de l’incompétence.

            « alors qu’elle est numéro 2 d’un système hiérarchique obéissant au lion mais commandant au taureau bodybuildeur. »

            A quel moment vous la voyez « commander » qui que ce soit en tant que « numéro 2 », comme vous dites? Elle ne « commande » pas le taureau, elle utilise une référence à son chef (à elle) pour le faire plier, ça me semble bien différent. Vous fait-elle l’impression d’une personne que l’on prend au sérieux?

            « forcer des stéréotypes négatifs sexiste sur des animaux sans sexe visible mème nudiste selon votre vision sexiste issue d’autres films alors que Zootopia s’en détache vivement et souvent (sauf contre exemple de votre part?). »

            Votre naïveté me semble à la limite du crédible. Simba a t-il un « sexe visible »? Ou Nala? Ou Némo? Ou Bambi? Ou les voitures dans Cars? Ou n’importe quel autre des êtres ou objets anthroporphisés de Disney?
            Non, bien entendu, l’on reconnaît leur sexe majoritairement à leur prénom et leur voix, et parfois à des distinctions esthétiques (souvent assez ridicule d’ailleurs).

            Alors question, comment un film qui selon vous ne comporte aucun personnage sexué, comment un tel film fait, selon vous, pour se détacher (vivement et souvent, qui plus est) d’une soi-disant vision sexiste que l’auteurice de cet article voudrait lui plaquer dessus?

            Parce que si j’ai bien compris, la grande méchante du film, celle qui en a marre de toujours « être numéro 2 », de « devoir travailler 2 fois plus pour avoir le même respect », qui dit à une autre femme (enfin, ptet selon vous Judy n’est pas une femme?) « faut qu’on se serre les coudes », bref que des trucs qui font référence au féminisme, cette grande méchante, dont le discours est bien sûr invalidé par le film, c’est juste un hasard si les réalisateurs ont décidé de la faire avec une voix féminine et un nom féminin, c’est ça? du 50/50?

            Pour finir, parler d’une lecture politique d’un film, ce n’est pas en invisibiliser une autre (qui plus est l’auteurice de cet article ne prétend pas à l’exhaustivité, alors ça serait cool d’arrêter de lui faire un procès d’intention), surtout que de ce que j’en ai compris, surtout en Anglais, les articles sur ce film du point de vue de la race, ce n’est pas ce qui manque sur le net.

          • le spray lacrymo est, il me semble, très utilisé comme un spray antiactivistes anti raciste aux Etats-Unis
            « être numéro 2 » car elle passe mairesse et est prise « au sérieux » de suite (sans changer de genre) (comme la chanteuse activiste, la formatrice, la policière qui à fait ses preuve, la prof de yoga…)
            Je ne parle pas du 50/50. La grosse majorité des persos nommés sont genrés masculins. Je sais compter. Il y beaucoup de genre flou chez la anonymes nus ou en uniforme transgenre.
            Le lapin a tous les tropes du flic rebel (souvent genré male)
            Le renard fait des arnaques à la poussette (genré femelle)
            La méchante à des tropes méchant de James Bond (genré male).
            La méchante tient un discourt de proie raciste.
            Changer des concepts de proie à femme annule le discourt raciste et entraine une défence du perso et du discourt (RACISTE honnètement)

          • Toute votre théorie tient sur des problèmes de glissement sémantique (et à me traiter de naif). La méchante et les sprays ont la langue qui fourchent. Proie voir femme. Prédateur voir homme.
            Or c’est pas pour chier Zootopia présente une société racisée proie et prédateurs et par race dans les dicourts de l’école au musée, des discourts à l’architecture. C’est assez unique comme démarche politique et je ne voit pas le but émancipateur de trouver dommage de comdamner ces petites prois (male et femelle) qui droguent nourissent des campagnes médiatique raciste anti predateur (male et femelle) et tue parce que… vous vous identifiez au mouton kawai incapable dire femme et qui dit proie?
            Il cache quoi se glissement sémentique sérieusement à part un manque conceptuel a reconnaitre un système raciste sans étiquettes connues genre femmes, tustsi ou bi?
            On attend le prochain shistorm twitter pour rajouter une étiquette traduite en francophone ou on analyse vocabulaire, stigma, discrimination observables?

      • Cher Joffrey Pluscourt
        > Dire qu’elle (il) « peut prétendre être à l’autre bout de l’échiquier politique des réactionnaires, mais en vérité réutiliser leurs schémas de pensée. » me parait délirant.

        La phrase citée visait à mettre en avant le travers que j’observe beaucoup sur ce site: les auteurices qui dénoncent des discriminations (ici sexistes, mais parfois racistes, homophobes etc …) se retrouvent à plaquer des logiques essentialistes fortes sur les populations perçues par ielles comme dominants. Ce qui dans cet article (peut-être effectivement parce que c’est un premier article) se retournent spectaculairement contre l’auteurice, qui , comme le relèvent de nombreux commentaires, contient un paquet de phrases dérangeantes sur la culpabilité des prédateurs/hommes quand ils sont lus comme prédateurs/minorités perçues -à tort- comme menaçantes.

        > »Je doute que son « racisme » anti renard ne face souffrir grand monde à Zootopia et je ne voit pas un populiste réutiliser cette critique.
        Puis le jour ou les réacts diront des trucs intelligents on les écoutera, en attendant je relis leurs coms et ils sont peu liés à la qualité de la critique. »

        EUh … comment dire ? Zootopia est une fiction, évidemment que ce racisme anti-renard n’a pas de portée dans le réel ! Attention utiliser des grilles de lecture réactionnaire ne suffit pas pour faire un réac. Je ne dis pas que l’auteurice est réactionnaire, je ne doute pas qu’ielle ne l’est pas, je dis simplement que la réflexion se développe in fine dans le même système de pensée.
        Comme si, si vous voulez, un.e antiraciste qui démonterait les discours racistes en arguant d’une supériorité ou d’une innocence intrinsèque des populations discriminées. Ce serait ridicule. Je pense que le devoir des gens qui lutte pour les droit humains et de précisément casser les cadres de pensée forgés par les tenants d’un traditionalisme oppressif. Mais ce n’est que mon humble avis.

        Enfin, fautes de preuves, je me dois de dire que pour la rigueur de l’auteurice il faudra repasser. Pour l’honneteté, je vous l’accord, ielle peut avoir très sincèrement choisi une grille de lecture qui l’a malgré tout mené.e dans l’impasse.

        • « Cher » Naetonu
          Le texte a été fortement réédité depuis notre discutions… et c’etait je crois une réponse à Sinek et surtout a ce propos
          « il s’agit exactement du genre de traitement biaisé dont raffolent les populistes, et eux sont en plein boom »

          « Attention utiliser des grilles de lecture réactionnaire ne suffit pas pour faire un réac »
          C’est pour éviter d’être insultant et ça mériterai réflexion mais moi je crois que si, mais j’en ai déja discuté plus loin.

  16. Cette analyse me dérange sur certains points (dont le nauséabond, c’est pas le film parfait mais il ne pue pas selon moi !) parce que je trouve que certaines choses manquent :
    Judy représente aussi le type de personne optimiste, féministe, aussi contre le racisme, etc mais qui dans le fond expose des théories (sans preuve) et se promène avec une arme pour se protéger parce qu’on lui a offert même si elle dit être en sécurité, parce que des fois que, on sait jamais.
    Oui, Judy, enfant, a été victime d’un renard quand elle était jeune mais… justifier son port d’arme c’est comme dire « les hommes sont potentiellement tous des agresseurs donc ne sors pas le soir et ne t’habille pas de façon à les inciter à te violer; achète une bombe au poivre »… C’est justement ce Judy défend de vive voix : l’égalité, l’intégration. Et avec ses actions : elle se démène pour égaler et dépasser ses camarades plus avantagés à l’école de police. (Pour être ramenée à la réalité brutalement : ses compétences ne suffisent pas, on lui renvoie une discrimination positive dans la figure, elle doit encore fournir plus d’efforts que les autres pour être légitime dans son travail, ce que subissent vraiment les minorités dans notre société).
    Mais elle dit et fait parfois le contraire et fait du mal, comme tout membre de la société qui vacille entre ses idéologies et le quotidien.
    Cependant, alors que ses parents ont intériorisé leur « infériorité » et tentent de lui transmettre, elle résiste et finit par leur faire changer d’avis de façon si subtile que Judy elle-même n’avait rien vu venir : réconciliation avec enfant brutal d’autrefois.

    Je ne vais pas tout détailler mais ce film porte selon moi un message centré sur l’intégration de tous les groupes minoritaires ET majoritaires dans la société : le bien vivre-ensemble.

    Et c’est sûrement aux dépends d’un message aussi simple que les détails des mécanismes de violence, d’exclusion, de sexisme, de racisme etc sont abordés et parfois maltraités, sans pour autant que le message principal ne soit sali.

    Les Disneys ne sont pas vus que par des adultes et des critiques, ils sont aussi vus par des enfants et qui ont au moins des représentations claires : tes parents n’ont pas toujours raison quand ils pensent à ton avenir et les autorités ne sont pas toujours bonnes bien que protégées par le système; si tu es une fille, tu peux décider de faire des métiers considérés comme des métiers d’homme et réussir !; tu n’es pas obligée de finir amoureuse de ton collègue…; l’amitié est importante; l’intégration, c’est bien et ça concerne tout le monde et tu as un rôle à jouer, de ta façon de voir le monde à ce que tu dis et fais au quotidien; la peur dirigée vers un groupe de gens fait prendre des décisions douteuses; les problèmes sont plus compliqués qu’il n’y apparaît donc ne pas désigner une seule (fausse) raison en tout vitesse…

    C’est un film qui prend des animaux, certes, mais les place dans une société qu’on reconnaît très bien : urbanité, travail, positions hiérarchiques, crimes… Ça facilite la conversation avec les enfants.

    (Après, pour être honnête, la scène des « cheveux » de mouton m’a mise très mal à l’aise… Disney ne sera jamais parfait (malheureusement).)

  17. Je suis régulièrement ce blog, je trouve l’angle de base intéressant. Malheureusement, la majorité des articles pèche par « systématisme ». Entre la montée en épingle de détails non signifiants, la réécriture de l’histoire des films afin qu’ils collent à la vision politique défendue, le refus de la prise en compte du cadre de la production et de l’Histoire, les critiques tombent souvent à plat. Des films et des séries aux discours et représentations très divers, voir divergents, sont mis au même niveau. Il n’y a jamais de mise en abîme, aucune comparaison entre deux films de même nature, de même genre. Chaque production est prise dans son « originalité » comme s’il existait seul, sans jamais s’inscrire dans l’histoire du cinéma ou sans jamais répondre à un genre particulier. ça donne quelque chose d’assez indigent, où le questionnement (pardon, la réponse) politique prend le pas sur toute critique. La plupart des articles manquent de nuances,à croire qu’une image, une représentation ne peuvent jamais être polysémique (ou au contraire silencieuses sur les sujets au coeur de ce blog). On les force souvent ou à dire ce qu’elles ne disent pas ou à avoir un sens totalitaire et sans nuance. Parfois, les articles se contredisent les uns avec les autres: par exemple, L’autrice ayant fait la critique de Buffy fustige les violences éducatives ordinaires en creux dans la série, alors qu’ici l’article soutient qu’un enfant de 8 ans est coupable de sa violence et que son âge ne doit pas être pris en compte par des adultes.

    J’ai trouvé les critiques de Skynet sur votre blog pertinentes (Mad Max, Zootopie); Je trouve dommage que l’auteur (autrice ?) de l’article ne réponde pas, ne défende pas davantage sa vision. Parfois, vous recevez des critiques bien moins bien formulées, plus floues, voir totalement décalées et vous vous fendez d’une réponse. C’est souvent facile parce que les auteurs de ces messages vous font des reproches basiques (« tous les hommes ne sont pas comme ça », « non, mais c’est pour se détendre » « vous généralisez »). Mais là vous avez la chance d’avoir du grain à moudre, la possibilité de répondre à une critique argumentée, voir d’engager une véritable discussion et réflexion. Je regrette que ni L.R. ni personne du blog n’ait répondu.

    • « Entre la montée en épingle de détails non signifiants, la réécriture de l’histoire des films afin qu’ils collent à la vision politique défendue, le refus de la prise en compte du cadre de la production et de l’Histoire, les critiques tombent souvent à plat. »

      N’hésitez pas à donner un exemple concret, car c’est difficile de répondre à une critique aussi abstraite.

      « Des films et des séries aux discours et représentations très divers, voir divergents, sont mis au même niveau. »

      C’est-à-dire ? Quels films/séries ne devrait-on pas mettre au même niveau selon vous ?

      « Il n’y a jamais de mise en abîme, aucune comparaison entre deux films de même nature, de même genre. »

      Je ne comprends pas ce que vous entendez pas « mise en abîme ». Et nous passons notre temps à comparer les films pour faire surgir des différences dans les représentations. Un exemple parmi d’autres, mon article sur la Petite Sirène qui compare le Disney au conte d’Andersen et à l’adaptation japonaise : http://www.lecinemaestpolitique.fr/la-petite-sirene-1989-disney-relit-andersen/

      « Chaque production est prise dans son « originalité » comme s’il existait seul, sans jamais s’inscrire dans l’histoire du cinéma ou sans jamais répondre à un genre particulier »

      Encore une fois, nous passons notre temps à rapprocher les films les uns des autres pour mettre en évidence des représentations récurrentes ou souligner au contraire des différences, et certains de nos articles sont mêmes consacrés à des groupes de films. Voir par exemple :
      http://www.lecinemaestpolitique.fr/argh-lapocalypse-les-representations-apocalyptiques-et-post-apocalyptiques-au-cinema-16/
      http://www.lecinemaestpolitique.fr/10-films-pour-comprendre-le-syndrome-trinity/
      http://www.lecinemaestpolitique.fr/ces-pauvres-hommes-injustement-accuses-ou-la-resurgence-dune-vieille-rengaine-masculiniste/
      http://www.lecinemaestpolitique.fr/sexisme-et-images-une-etude-d-observation/
      http://www.lecinemaestpolitique.fr/geeks-a-lecran-i-les-codes-stereotypes-de-linformatique/
      http://www.lecinemaestpolitique.fr/quand-les-films-danimation-occultent-les-violences-masculines-intrafamiliales-ii-lage-de-glace-4-hotel-transylvanie-les-croods/
      http://www.lecinemaestpolitique.fr/quand-les-filles-courent-apres-le-meme-ballon-que-les-garcons/
      etc. etc.

      Et pour ce qui est de réinscrire les films dans « l’histoire du cinéma », je ne vois pourquoi ça serait une obligation. Nous examinons les films avec notre regard contemporain de spectateurices contemporain-e-s pour essayer de comprendre ce qu’il y a de problématique dedans pour nous, aiguiser notre regard, essayer de prendre conscience de problèmes politiques et essayer de changer nos idées et comportements problématiques. En quoi cela vous pose-t-il un problème ?
      Peut-être pensez-vous que seuls les historiens du cinéma ont le droit de tenir un discours sur le cinéma ? Personnellement, je ne pense pas. Et je pense que cette posture est dangereusement élitiste, et conduit concrètement à refuser la parole à certaines personnes.

      « La plupart des articles manquent de nuances,à croire qu’une image, une représentation ne peuvent jamais être polysémique (ou au contraire silencieuses sur les sujets au coeur de ce blog) »

      J’ai justement l’impression que l’auteure de l’article sur Zootopie montre en quoi les représentations de ce film sont polysémiques, en montrant qu’elles peuvent être souvent interprétée par exemple comme des métaphores d’inégalité de genre, de race, de classe, etc.
      Et plus généralement, ce n’est pas parce que nous analysons la dimension politique des films que nous pensons que les films s’y réduisent. C’est juste que l’objet de ce blog c’est la politique, donc on parle de ça. Mais bien sûr que les films sont riches et parlent de plein de choses.

      « On les force souvent ou à dire ce qu’elles ne disent pas ou à avoir un sens totalitaire et sans nuance. »

      Un exemple concret pour appuyer votre critique ?

      « Parfois, les articles se contredisent les uns avec les autres: par exemple, L’autrice ayant fait la critique de Buffy fustige les violences éducatives ordinaires en creux dans la série, alors qu’ici l’article soutient qu’un enfant de 8 ans est coupable de sa violence et que son âge ne doit pas être pris en compte par des adultes. »

      Je ne suis pas convaincu que ces deux idées se contredisent, mais même si c’était le cas, sachez que nous sommes un certains nombres de personnes à écrire sur ce site (http://www.lecinemaestpolitique.fr/tous-nos-articles-2/) et nous ne sommes pas tou-te-s des clônes intellectuels qui pensons exactement la même chose. Nous sommes parfois en désaccord. Donc il n’y aurait rien d’étonnant à ce que des articles se contredisent. Et on pourrait même dire la même chose d’articles d’une même personne : les gens évoluent, et ne sont peut-être plus d’accord avec des choses qu’illes ont écrites par exemple il y a 3 ans… Personnellement je trouve ça plus rassurant qu’inquiétant…

      « J’ai trouvé les critiques de Skynet sur votre blog pertinentes (Mad Max, Zootopie); Je trouve dommage que l’auteur (autrice ?) de l’article ne réponde pas, ne défende pas davantage sa vision. »

      Outre le fait que répondre aux commentaires demande un temps que nous n’avons pas toujours, il arrive aussi que l’on sature face aux mêmes objections que l’on nous ressort en boucle, ou que l’on déprime face à des commentaires agressifs et méprisants, comme celui de Sinek (et encore, nous en supprimons un bon paquet qui sont beaucoup plus violents). Donc oui, dans l’idéal, je suis d’accord avec vous que des discussions peuvent être intéressantes, mais il faut avoir le temps et l’énergie…

  18. Marc-Olivier Pelletier

    Sérieux c’est tellement gros comme truque nauséabonde que ça me donne moins le gout de regardé le film. La seul chose qui me ferait aimé le film c’est d’imaginer une suite qui montrera qu’en faite que les prédateurs exploite vraiment les proit et que les gentils prédateurs comme le renard ont le potentiel de finir par se remettre en question et même s’excuser «même si on ne les pardonne pas» parce qu’ils on eu un arrière gout de ce que ça fait l’exploitation. En passant vous pourriez critiquer le film de dreamworks Megamind qui ridiculise et banalise le concepte de méchante personne.

    • Ouh purée, en effet si ça se trouve (vu qu’on ne peut pas connaître le contenu de tout le film avec cette trame narrative) on s’en sort bien avec la version finale, c’est dire!

      • Cet article, en anglais aussi http://www.dorkly.com/post/79061/zootopia-was-originally-going-to-be-way-more-messed-up

        Après bon c’est difficile de dire ce qu’aurait donner l’histoire dans sa totalité avec ce genre de direction très différente, vu que j’imagine que tout le film aurait été assez différent.

        • Oui, mais du coup je ne comprends vraiment pas comment ils décident de leurs scénarios… Qu’est-ce qui les as fait changer d’avis en cours de route ?
          C’est un mystère car d’habitude ils ne sont pas gênés par les métaphores craignos politiquement.

          • J’en sais pas plus 🙂 . Ma supposition serait que peut-être l’histoire des colliers a été jugé un peu trop déprimant et « dur » pour un film tout public? Ou un truc dans ce registre là, une décision « stratégique » serait ma supposition. Parce qu’en effet, moi aussi j’ai du mal à y voir une prise de position politique, mais après je dis peut-être ça parce que mes valeurs politiques sont tellement éloignées des leurs que j’ai du mal à envisager qu’il peut y avoir des tiraillements politiques dans ce contexte, alors qu’en fait peut-être si, peut-être que certaines personnes ont bataillé dur juste pour que Judy soit le personnage principal et pas Nick, honnêtement j’en sais rien, mais c’est tellement loin de moi politiquement que ça ne m’intéresse pas beaucoup aussi ^^

    • Voici 30 minutes de cut.

      https://www.youtube.com/watch?v=82i-0dlgyJg

      En gros Dysney lutte contre le racisme avec Dysneyland.

      @Lison: quoi les dominants?

      • Désolée j’ai pas compris votre question.

        • Ouais my bad, c’était pas clair.

          Juste dans votre extrait on voit une population Ours (predateur) se voir imposer un collier de control émotionnel (métaphore très plomp plomp du control social imposé aux racisés).

          Du coup je ne comprend pas :
          « Apparemment, les réalisateurs du film avaient en tête une version encore moins ambiguë dans le genre « c’est les dominants qui souffrent ». Nick devait d’ailleurs être le personnage principal, et pas Judy. »

          « c’est les dominants qui souffrent » ???

          • Oui: les dominants (dans l’ordre « naturel » et originel de la loi de la jungle dans le scénario du film) sont les prédateurs à qui on met un collier pour les « civiliser ». Si on transpose ça avec l’idée qu’il s’agirait des hommes (soi-disant sujets à des pulsions sexuelles incontrolables par exemple), c’est une vision masculiniste: du genre on brime les pauvres prédateurs qui sont les victimes dans l’histoire, et qu’on coupe de leur vraie nature en les rendant dociles.

            Je ne sais pas si je suis très claire. Disons que je choisis de voir cette histoire de prédateurs/proie plutôt comme une dichotomie hommes/femmes que comme une métaphore du racisme.

          • Vous aussi…
            Je dois passe à trav’ d’un truc.

            Peut etre que l’ordre « naturel » j’y croit pas surtout à l’école,
            peut etre que je ne justifie pas le racisme parce que on m’a agresser petit (damn you francais de 3ème génération d’origine portuguaise genré masculin),
            peut etre que je méfie des politiques avec race à la bouche,
            des flics qui jugent à la gueule et font du chantage,
            des tazeurs racisés donnés par papa raciste,
            des médias,
            peut etre que je confond pas « not all foxes » avec « et moi je te fais peur? et pourquoi? »,
            peut etre que je ne croit pas au racisme ou sexisme sans discrimination,
            ni aux dominants discriminés et avec l’histoire dominante contre eux (ou à qui on met un collier pour les « civiliser »)…

            « les dominants (dans l’ordre « naturel » et originel de la loi de la jungle dans le scénario du film) sont les prédateurs à qui on met un collier pour les « civiliser ». »
            Cette phrase!
            Ca me révolte mais d’une force…

            Perso j’expliquerai à ma niece que le mouton peut etre diabolique sans le bouc à Jaffar ou son eyes lineur dark, que les politiques se bouffent entre eux, que les racistes se vivent toujours victimes sans raisons apparente, que les autres par contre dégustent et doivent la fermer en public ou face aux lacrimos, qu’elle peut devenir flic mais que si elle refuse le racisme elle devra surement démissionner.

            Plus tard je lui parlerai de The Crack Epidemic et des services secrets de l’Afrique du Sud pendant l’Apparteid.

            Comme vous, disons « Disons que je choisis », mais merci de votre réponse (sincèrement mais sincèrement aussi ca révolte).

  19. Bon, voilà un déluge de reproches et je ne saurai prendre le temps de tous les examiner…

    Nick le renard n’est pas un dominant, c’est un petit escroc et il est tout content d’entrer dans le système grâce à Judy, que vous qualifiez de dominée. Ce film inverse le féminin et le masculin, c’est la fille qui est dans l’ascension, partie de rien et révolutionnant la société. C’est une success story. Elle a donc un rôle positif et ranger le film dans ce que cible la critique féministe est de nature à décrédibiliser cette dernière à mon avis.

    La domination n’est représentée que par l’espèce et la taille des animaux et le fait que ces dominants soient traités par le film de façon égale puisque l’utopie consiste à intégrer et à civiliser les animaux inversent justement la domination.

    Vous donnez à voir une image où un tigre sympa et inoffensif fait peur injustement à une maman lapine dans le métro ou le bus… or cette scène a lieu après le malentendu généré par Judy, ayant bredouillé les stéréotypes de la domination anti-zootopie. La scène a lieu lors d’une régression selon le film.

    Que ledit dominant souffre ne le met pas en valeur, cela l’affaiblit. Si un flash-back triste et traumatisant avait touché Judy, vous auriez dit « encore une représentation qui enferme la femme dans le rôle de la victime ».

    De toute façon, c’est très difficile de produire des articles pertinents à partir des principes que vous avez adoptés :
    – le cinéma plutôt que le réel
    – l’épochè du spectateur
    – plaquage du féminisme sur Disney

    Vous vous étonnez de recevoir des messages agressifs alors que vous êtes 200 fois plus agressifs, je me demande si vous avez conscience de l’intensité monstrueuse de votre condamnation de l’homme et de la domination. Imaginez que vous preniez pour vous ce déluge sans être armé des capacités langagières suffisantes pour y répondre, quelle serait votre réaction ?

    Il n’y a pas de réel sans domination et c’est bien le pouvoir que vous essayez de prendre en analysant. C’est sûrement très bien mais sachez que toute prise de pouvoir rencontre une opposition. C’est d’autant plus vrai que votre prise de pouvoir est fondée sur une attaque du pouvoir.

    Comme je l’ai déjà écrit, on aimerait que le féminisme ou du moins un auteur de ce site fasse une liste des comportements que les hommes devraient adopter. Vous savez qu’en écologie, il y a des critiques adressées aux industriels mais aussi des conseils pour réduire la production de déchets. J’ai bien compris que pour vous, tout était catastrophique… mais y a-t-il un moyen pour vous de demander quelque chose de clair et de faisable aux hommes ? En effet, si je croule sous les critiques et que je n’ai pas le droit de m’écarter de votre cible sous peine d’être accusé d’hypocrite (très fort la disqualification de l’argument not all men)… je ne peux rien pour les femmes de mon entourage.

    De mon point de vue, je n’opprime personne et je ne me suis jamais reconnu dans ces critiques ni rangé parmi les dominants. Mais s’il y a quelque chose à faire, pourquoi ne pas le dire ?

    Cela dit, sachez aussi une chose, c’est que tout le monde doit se faire une place dans la société. Je suis d’accord pour limiter les injustices mais non pas pour laisser passer une femme avant moi par galanterie, surtout qu’elle prendrait ce geste pour un acte de faiblesse.

    Mon impression personnelle est l’inverse de ce que je pensais quand j’étais jeune et naturellement féministe : je crois que l’homme a toujours été au service de la femme, de son bien-être, il l’a toujours protégée et tenté de la satisfaire.

    • Hello,

      Je me permets de rebondir sur votre commentaire. Premièrement : merci ! Vous êtes un homme, je suis une femme et apparemment nous avons à peu près la même manière de penser, à savoir : l’être humain dans son intégralité.

      Personnellement j’aime les Disney, j’en suis fan ! Et pourtant je suis humaniste (je ne dirais pas féministe parce que je ne considère pas que la femme ait besoin d’un traitement de faveur, je pense que c’est l’humanité qui en a besoin).
      Pour moi, Zootopie est une réelle avancée, un saut en avant, une bouffée d’air tant les personnages sont attachants. (Attention je ne fais que donner mon avis, je ne critique pas le film ici!)
      Zootopie, je l’ai compris à mon niveau, comme si on donnait une conscience et la parole à des animaux, pour moi ce film ne représente pas réellement notre société occidentale. Mais il tend à le faire par le biais des différences entre les animaux, de la réussite, de l’implication, des différents métiers représentés. Et ce film pour moi il cri le fait que « des animaux s’en sortiraient mieux que nous ».

      Je n’y ai vu aucun racisme, aucun féminisme, juste des animaux avec des habitudes qui étaient différentes de par leur nature et qui au final se sont adapté à une société qui regroupe toute la faune possible.

      Je pense que Sinek a merveilleusement bien décrit les personnages dans ce qu’ils nous renvoient en regardant ce film, alors je ne reviendrais pas là dessus.

      Mais ce qui m’intéresse réellement c’est ton point de vu Nicolas Messina dans ton dernier paragraphe. Je défends les droit des femmes à faire ce qu’elles veulent quand elles le veulent, et je pense que tu n’as pas tort dans ta dernière phrase !
      Les femmes, petites choses aussi faibles soient-elle, savent trèèèèèèèèès bien être opportunistes au même titre que les hommes.
      J’aimerais davantage en débattre avec toi si tu le permet. Pas sur le site, je ne souhaite pas spoiler, et puis je risque de m’attirer les foudres des « féministes virulentes » en admettant l’hypothèse que … bah oui les hommes subissent aussi une pression venant des femmes.
      Si tu es d’accord, je t’invite à en discuter par email : michi.suji@hotmail.fr

  20. J’ai eu une expérience bien différente du film, car je n’ai pas été sensible au manque de cohérence logique de la métaphore proies/prédateurs : j’ai enfilé une paire de lunettes métaphoriques parfaitement limpide, où « situation de Judy et de l’adjointe au maire = sexisme », « restant de la situation des prédateurs/proies = racisme, (et « taille = domination de classe/grade »). Pour moi, la caractérisation de chaque situation était tellement forte que le doute n’était pas permis : « petite femme mignonne voulant faire carrière dans une profession archi-virile » ou « douce adjointe compétente faisant le vrai boulot du boss démago, méprisée et affectée à des tâches subalternes » pour le sexisme ; « oh, ils retournent à leur vraie nature inculte et violente » pour le racisme.

    Je n’ai donc pas décodé les dérapages du comportement de Nick comme masculinistes, mais comme un mix de sexisme intermittent et de défiance « professionnelle » contre la police.

    J’ai trouvé que le rapport entre le maire et l’adjointe était extrêmement violent et proposait des circonstances atténuantes à son « pétage de plomb » (recours à la violence, « trahison » de sa fonction).

    La façon de mettre en scène l’horreur de l’enfermement et la dégradation des prédateurs contaminés distribue d’ailleurs largement sur le maire le blâme des spectateurs envers la « diabolisation » des prédateurs, orchestrée par l’adjointe.

    Le choix du personnage de l’adjointe comme deus ex machina m’a donc paru doublement intéressant : parce qu’elle offrait un deuxième personnage rebelle de victime de sexisme qui démontait complétement les préjugés de soumission béate mis en scène précédemment ; parce qu’elle révélait (comme le dérapage télévisé de Judy) une réalité non manichéenne très peu représentée dans les films tous publics : les victimes d’un type de discrimination ne sont pas automatiquement solidaires des victimes d’autres discriminations, ni immunisées contre les préjugés discriminants (même si globalement, une certaine solidarité était représentée, toujours entre individus dominés pour critère ou l’autre). Ce type de division étant un obstacle majeur à toute lutte politique….

  21. @Joffrey Pluscourt
    Heu…c’est pas parce que je choisit d’interpréter un film comme une métaphore sexiste plutôt que raciste que je cautionne le racisme, hein. Je ne comprend pas votre indignation, là…

    •  » Dans la course-poursuite finale du musée, on peut voir des fresques représentant des petits mammifères prenant le dessus avec leurs outils perfectionnés sur les prédateurs. Les proies se seraient donc civilisées avant de civiliser les prédateurs, ces barbares. »
      Ca vous choque?

       » doit s’excuser d’avoir un spray anti-renard (une peur du renard pourtant justifiée puisqu’elle a subi la violence de la part d’un renard pendant toute son enfance) et d’avoir peur de prédateurs qui sont, dans les faits, réellement violents envers les proies. »
      Ca vous choque?

      Ordre naturelle, ca vous choque?

      Mettre en scene chaque année le meurtre symbolique d’une population par une autre à l’ecole, ca vous choque?

      Hillary Clminton qui explique à une jeune policiere blanche, que les blancs sont sous estimés par rapport aux noir (comme par exemple au hasard Obama son superieur) et qu’il faut se serrer les coudes ca vous choque?

      Cautionner des taseurs ciblant une race ca vous choque?

      Cautionner lke marquage d’une population avec des dispositifs de controlle, ca vous choque?

      Dire qu’une population A favorisée par une politique alors que la population non A est essentialisée dans les medias c’est de la discrimination positive, ca vous choque?

      Dire que la Marie Sue qui est meilleure policiere du service en 48h, beneficie d’une puis deux promotion a cause de sa race, a souffert toute sa vie de discrimination, ca vous choque?

      Dire qu’un renard qui habite sous un pont, bosse dans la rue depuis enfant, se voit refusé des magasin hors du quartier renard, attire l’aggro puis est « patronize » par un flic, se voit forcer a collaborer par la ruse, a juste « une tape sur les doigts », ca vous choque?

      Que le traumatisme un acte collectif raciste du renard soit moqué ca vous choque?

      Que le traumatisme individuel du lapin qui se rebelle et gagne son duel, est oublié et pardonné avant d’etre remis sur la table pour racisme par les parents puis beneficie des excuses de l’agresseur justifie l’essentialisation de tout les predateurs ca vous choque?

      Que la révolte d’un racisé face à l’essentialisation de sa personne dans les medias soit moqué au nom du « not all foxes » ca vous choque?

      Prendre le parti ET la rethorique du grand mechant le plus ouvertement raciste de l’histoire des Dysney ca vous choque?

      Outre que le partition predateur/male femelle/femme deja chelou (femelle et male des deux cotes de la barriere) s’ecroule d’elle meme si on analyse l’histoire (non analysée ici) et si on ne bricole pas des sous race genre proie mais petite, elle invisibilise toute la lecture raciste et entraine une baisse absolu de toute vigilence et esprit critique de certain ici envers le racisme.

      Le petit ourson avec un collier de controlle, normal, merité, il est clairement dangereux, un dominant, « c’est pas parce que je choisit d’interpréter un film comme une métaphore sexiste plutôt que raciste que je cautionne le racisme, hein. Je ne comprend pas votre indignation, là… »
      Un PETIT OURSON TOUT KAWAI qui ne peut jouer au ballon sans se faire taser la gueule, narmol!!! … \O/ un dominant!!! \O/

      Vous savez que racisme, sexisme, homophobie… c’est les memes mecanismes?
      Ca inclue essentialisation, relecture raciste de l’Histoire,; victimisation des dominant dans leur discourt, invibilisation des souffrances des dominés, perte de la sensibilité au punition corporelles sur les domines….

      Ce que propose cette critique au nom de la subversion c’est réarranger les stigmas par d’autres (proie puis petite proie puis femmes) tout en integrant des elemenent raciste de l’histoire (l’histoire officielle, la vision de la mechante la banalité d’un taseur racisé).

      Si on voit des masculaniste debarquer réarranger femme par femme rousse puis juif ethiopien, justifier le sexisme car une fille les a griffés en primaire, nier la violence au femme par encore le « not all women »… ca vous choque?

      Je rappelle que l’on est ici sur un site anti raciste a la base.
      Il y a la place pour prouver que dysney est malsain, on peut critiquer Zootopia, mais cette critique et certaines interventions me choque, oui.
      Pas vous?

      • Oula, ça va être dur de discuter calmement si vous faites ce genre de rapprochement entre mes propos, le film ET tous les faits racistes qui existent dans le monde depuis la nuit des temps…

        Je ne comprends pas ce qui vous dérange dans ce que j’ai dit, honnêtement. Si j’ai tenu des propos qui vous semblent répréhensibles au niveau du racisme, j’aimerai bien que vous me les citiez, parce que je ne vois pas. (Si mes propos vous ont choqués, je suis désolée)

        J’ai le droit d’avoir une interprétation du film différente de la votre, ça ne fait pas de moi l’ambassadrice de toutes les discriminations de la planète, et ça serait agréable pour vos interlocuteurs de ne pas se défouler comme ça sur les gens dans les commentaires. (Pardon si ce n’est pas votre intention, mais vu votre ton, je ne le prends pas très bien)
        En l’occurrence, je me répète, je vois ce film comme une métaphore du sexisme (une métaphore problématique, selon moi) plutôt que comme une métaphore du racisme. C’est pas parce que le petit ourson est tout kawai comme vous dite, qu’on ne peut pas interpréter le collier comme une sorte de contrôle mis sur des prédateurs (qui seraient les hommes si on transpose le film ).
        Mais bon, je ne sais pas trop de quoi on parle, puisqu’il s’agit d’un scénario qui n’a PAS été retenu. Moi je vois le film dans sa version définitive comme une métaphore du sexisme. Vous faite ce que vous voulez dans VOS interprétations mais ça serait sympa de ne pas m’insulter.

        En fait je ne comprends pas bien votre position: vous regrettez que l’article ne tienne pas compte d’une lecture ou TOUTES les discriminations se combineraient, c’est ça ?

        • Il n »y a aucune comparaison avec des faits racistes existants (encore heureux qu’on parle de Zootopia).
          Si si je ne parle que du film final.
          Je ne fais que m’étonner de votre insensibilité soudaine à la torture des ourson après avoir lu cette critique, mais on parle bien du meme film.
          J’ai repondu à votre question.
          J’en deduit que rien ne vous choque?
          Ok.
          Ca doit etre moi.

        • J’ai fait argumenté, si vous me quottez un truc agressif, je m’excuserai.
          Il y a d’abord des exemples…

          Juste le premier truc qui « me choque » (en reponse a votre question)

          » Dans la course-poursuite finale du musée, on peut voir des fresques représentant des petits mammifères prenant le dessus avec leurs outils perfectionnés sur les prédateurs. Les proies se seraient donc civilisées avant de civiliser les prédateurs, ces barbares. »

          Ca dans votre vision du film (« féminisme ») ca donne quoi? femme armée civilisée? arme égale civilisation? tuer des homme civilise? Citation d’un site pro colonnisation? re edit un peu tordu pour sauver la these?

          J’en ai mis d’autres des exemples. Il y a une thématique clair à mon sens. Negation total de pan du film allant dans le sens d’un racisme anti predateur, pour feindre la surprise « on pardonne aux salaups ».

          Mon interpretation de ces exemples c’est ca

          Ce que propose cette critique au nom de la subversion c’est réarranger les stigmas par d’autres (proie puis petite proie puis femmes) tout en integrant des elemenent raciste de l’histoire (l’histoire officielle, la vision de la mechante la banalité d’un taseur racisé).

          Outre que le partition predateur/male femelle/femme deja chelou (femelle et male des deux cotes de la barriere) s’ecroule d’elle meme si on analyse l’histoire (non analysée ici) et si on ne bricole pas des sous race genre proie mais petite, elle invisibilise toute la lecture raciste et entraine une baisse absolu de toute vigilence et esprit critique de certain ici envers le racisme.

          Si on voit des masculanistes debarquer réarranger femme par femme rousse puis juif ethiopien, justifier le sexisme car une fille les a griffés en primaire, nier la violence au femme par encore le « not all women »… ca vous choque?
          Sur le dernier paragraphe il est induis que la methode est mauvaise et choquante et ne serai tolérée sur un sujet écrit par un intervenant du site.

          Je vais etre a court d’exemple, je ne peut rebondir sur vos accusations et votre absence de d’argument.
          Et je ne souhaite pas plus discuter que ca avec quelqu’un dont le seul argument est « Disons que je choisis de voir cette histoire de prédateurs/proie plutôt comme une dichotomie hommes/femmes que comme une métaphore du racisme. »

          C’est votre choix, ok, juste votre insensibilité à une scene qui semble choquer tout internet me pose question. Et non je n’ai fait aucun rapprochement avec une discrimination du reel.

          • Oui voilà, je pense qu’il n’y a rien à ajouter.

            Choisir d’interpréter un film comme on le souhaite ne veut pas dire qu’on est « insensible » à toutes les autres interprétations, ou à toute discrimination en général. Je suis d’accord que ce film est ambiguë, c’est d’ailleurs le principal propos de l’article, et il me semble que Disney a bien réussi son coup si on arrive à débattre pour savoir si le film est raciste ou sexiste…Il est bien nauséabond, en tout cas.

            Vous semblez être au courant de l’avis de chaque personne présente sur internet vis-à-vis de cette scène, tant mieux pour vous si vous êtes omniscient. De toute façon je ne change pas ma façon d’interpréter un film parce que tout le monde pense le contraire, je suis capable d’appréhender des arguments. Les arguments en faveur d’une interprétation sexiste du film me semble mieux correspondre à mon avis, c’est tout.
            Je répète qu’on parle en plus d’une scène qui n’a pas été retenue pour la version finale du film. J’interprète le film tel qu’il est sorti en salle, pas une possible version.

          • « Vous semblez être au courant de l’avis de chaque personne présente sur internet vis-à-vis de cette scène, tant mieux pour vous si vous êtes omniscient.  »
            C’est le sujet de l’article de VOTRE lien et les commentaires sous les vidéos youtube en témoignent (même si oui on peut discerner une exagération comme forme littéraire).

             » il me semble que Disney a bien réussi son coup si on arrive à débattre pour savoir si le film est raciste ou sexiste »

            NOPE

            C’est votre incapacité à identifier un discourt raciste (cet article) qui vous fait prendre des oursons soumis a un mécanisme de contrôle systématique et répressifs sur critère genré (genre des prédateurs) pour… des dominants méritants leur sort (à cause d’une essentialisation fantasmée de leur « être » prédateur par l’article) qui est à l’origine de ce débat, pas Dysney.

    • @Lison
      Si on considère que le thème du film est le racisme, le ton de l’article devient (involontairement) très très raciste…
      Critiquer le fait qu’un renards/non blancs se sente ostracisés du seul fait de ses origines, ça a de quoi faire lever un sourcil.

  22. Sauf que le film ne parle pas du tout du sexisme ou du rapport entre les sexes…
    C’est un film sur le racisme, et même très spécifiquement sur le racisme envers les musulmans… Mais si, les musulmans qui nous volent nos pains au chocolat, qui restent dangereux par nature, même quand ils sont intégrés, qui risquent de foutre en l’air nos villes si parfaites avec leur attentats… Et surtout qui sont instrumentalisés par ceux qui se font passer pour des gentils moutons tout blancs, tout doux, pour prendre le pouvoir.
    Non ? ça vous évoque rien ?

    • On n’explique pas une oppression par une autre, meme si elles reposent sur une mecanisme semblable.

      A part la sacro sainte sanctuarisation des étiquettes dans le militantisme internet, je ne vois pas l’avantage d’étudier une stigmatisation fictive (ici les prédateurs ou les lapins) par le calque sur une oppression réelle.

      Il est évident que la réalisation à même fait l’effort d’éviter tout parallèle évident avec des stigmates de la pensée dominante commune (la mechante porte une simili « afro », les lapins subissent des préjugés proches du sexisme réel mais comme le fleuriste belette…)

      Cette fascination pour le name dropping d’étiquettes de dominés dominant n’est que le moyen d’invisibiliser les luttes et leur causes réelles et historique derrières des rethorique prémachées.
      L’islamophobie et le racisme anti predateurs ont certes de mécaniques formelles identiques (comme tous les sexismes, racismes…) mais ils ne se décrivent ni ne se confondent l’un l’autre.

  23. Il me semble aussi que ce film traite du racisme à l’encontre des Arabes (appelé sournoisement islamophobie). Cette prison hors de toute juridiction où sont enfermés les prédateurs dangereux n’est pas sans rappeler celle de Guantánamo, par exemple, justifiée comme un mal nécessaire par le maire comme le fit le ministère de la justice aux États-Unis . Et comment ne pas voir ces prédateurs transformés comme des « radicalisés ».
    En adoptant la lecture prédateurs=discriminés et proies=majorité, on comprend mieux que la scène du métro n’est pas une revendication masculiniste, mais bien une description du présent dans lequel ceux qui détiennent la parole médiatique entretiennent la peur et le rejet de minorités par la majorité. Et c’est une peinture exacte que cette lapine qui éloigne sa progéniture. La manipulation se trouve plutôt dans le fait de représenter l’oppression à travers des paroles maladroites que l’héroïne a entendues d’un scientifique. Ce sont bien les dirigeants et les médias dominants qui façonnent la majorité, pas une représentante de l’ordre naïve. Il suffit de se rappeler certains discours de la campagne électorale récente aux USA ou la campagne de haine entretenue en France depuis le faux débat sur le voile en 2004, jusqu’aux histoires nauséabondes de burkini cet été
    . Ainsi les scènes du musée se voient comme des représentations colonialistes, de même que le cours d’histoire au tout début du film rappelle comment les sauvages des colonies ont été civilisés.
    Ce qui apporte la confusion, c’est le choix de représenter les prédateurs en minorité opprimée alors que nous les plaçons dans la catégorie des dominants. Cela permet par exemple de rendre crédible la scène du racket à la fête de l’école (prédateur contre proies), mais désigne à la fois une minorité comme responsable des actes de violence, le malaise étant étendu par la scène ultérieure de repentir associée à la condescendance des parents.
    Et cette confusion évite de désigner clairement les oppressions en dissimulant totalement ceux qui les dirigent. Je dirais même que l’article tombe dans le piège en soutenant les pauvres cadres bancaires si mal représentés.
    Pour terminer, je propose quelques représentations problématiques : le chantage, la torture et la militarisation de la police, c’est rigolo et très présent dans ce cinéma.
    Judy contraint Nick à collaborer par le chantage, quoi de plus normal.
    Judy et Nick obtiennent des renseignements en menaçant de mort l’informateur et avec le sourire, via le parrain. Scène par ailleurs très convaincante puisqu’on ne questionne pas la possibilité qu’ils refusent une souffrance qu’eux-mêmes ont subie.
    Enfin, la gloire de Judy et Nick est représentée par un véhicule de police militarisé destiné à verbaliser des excès de vitesse. Lorsqu’une telle disproportion est valorisée, qui peut s’étonner de voir un policier tirer sur une personne coupable d’un défaut de contrôle technique. Si on entraîne la police à faire la guerre, elle la fait.
    Rassurons-nous toutefois, le contrevenant ne sera pas abattu et tout finit dans une franche rigolade : la conduite dangereuse et en ville, c’est fun ; une police militarisée, c’est cool. Vous avez dit démagogie ?

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