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Predator Tears, Les larmes des prédateurs : Zootopie, une allégorie nauséabonde

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Zootopie est le dernier long-métrage des Grands Classiques Disney et a été salué par certains comme une œuvre porteuse d’un regard satirique sur la société et d’un message d’acceptation et de tolérance.

Néanmoins, ne rompons pas avec la tradition et observons plus en détail le message Ô combien progressiste de la dernière production du royaume Disney. Il ne s’agira pas de crier au complot ou d’insinuer que les nombreux scénaristes s’étant refilé le bébé (au nombre desquels on trouve deux femmes ; Josie Trinidad et Jennifer Lee) étaient nécessairement chafouins dans leurs intentions au moment de la rédaction du script. Un film, surtout quand il vient d’une firme comme Disney, c’est une somme de compromis qui, dans le cas qui nous intéresse, aboutit à un résultat plus que nauséabond. Mais ne mettons pas la charrue avant les bœufs et disséquons d’abord le bébé ! A table !

Zootopie aurait pu donc se présenter comme une allégorie des inégalités bien que le fait d’essentialiser des différences entre humains en utilisant des espèces animales pour sa métaphore est en soi discutable. Seulement, les différentes oppressions auxquelles le film fait référence (il est clairement fait allusion à des phénomènes sociaux contemporains) aboutissent à un méli mélo informe avec comme finalité un message contradictoire si ce n’est franchement réactionnaire.

Not All (Males) Foxes : échec de la métaphore en terme de genre

Zootopie c’est l’histoire d’une femelle lapine, Judy, qui vit dans un petit village de campagne spécialisé dans la culture de carottes où elle subit l’agressivité d’un prédateur, un renard, ce qui ne l’empêche pas de rêver de devenir policière à Zootopie, ambition que réprouve son entourage au motif que ça ne se fait pas quand on est une lapine.

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« Plus tard je serai policière ! »

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Chérie… tu es une f… un lapin ! Tu ferais mieux de laisser tomber.

Jusque là la métaphore semble assez claire : on a une héroïne qui rêve d’un métier physique traditionnellement masculin dans notre société. C’est un euphémisme de dire que l’armée est un milieu peu accueillant pour les femmes (les femmes G.I. meurent plus souvent à cause de leurs camarades masculins que de l’ennemi sur le front, voir le documentaire The Invisible War, ou pour la France, le livre La Guerre Invisible de Minano et Pascual, ou encore cet article). Le fait que l’opposant de Judy au début du film est un renard mais aussi un mâle qui se moque de ses ambitions peut donc être lu avec une certaine cohérence comme une référence au sexisme… On parle souvent de « prédateur sexuel » et le renard étant le prédateur du lapin, on peut voir les violences que subit Judy comme des métaphore de violences misogynes. D’ailleurs, avant qu’elle ne parte à Zootopie, la famille de la lapine lui remet tout un attirail pour se défendre de ses éventuels agresseurs en ville et cette scène rappelle fortement les mises en garde contre les violeurs avec ce mythe de l’agresseur nocturne de la ruelle qui vise à empêcher les femmes de s’accaparer l’espace public alors qu’elles courent statistiquement plus le risque d’être violées en restant chez elle. On remet notamment à Judy un « spray anti renard » qui rappelle les bombes lacrymo. Elle relativise cette peur qui est une construction sociale mais on nous a bien montré néanmoins que les renards représentaient un vrai danger pour elle dès le début du film.

Seulement la métaphore montre déjà ses faiblesses puisque l’espèce n’est pas un véritable équivalent du genre et que des mâles lapins peuvent aussi potentiellement subir les violences des prédateurs renards. D’ailleurs, durant l’entraînement de Judy pour devenir policière, c’est un gros mammifère femelle qui la maltraite. Il ne s’agit pas là d’intériorisation d’un sexisme métaphorique par quelqu’un souffrant dudit sexisme puisque ledit gros mammifère femelle n’est pas spontanément dénigré comme Judy. On a déjà ici la preuve que l’allégorie de Zootopie en terme d’inégalité entre les genres échoue déjà. Il est évident que ce n’est pas dans l’intention des c