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Jurassic World (2/2) : sidekick noir, asiatique vicieux et puissantes voitures allemandes

Vous trouverez la première partie de cette critique sur cette page.

Jurassic World, un film raciste

Ceux qui espéraient que tourner dans une production américaine permettrait à Omar Sy d’interpréter autre chose que le bon noir de service, détrompez-vous. Sy, qui n’apparaît que quelques minutes à l’écran tout au long du film, incarne ici le side-kick noir du héros blanc dans toute sa splendeur (à l’exception des blagues nulles, heureusement). Son unique rôle dans le film consiste à soutenir et à approuver Owen Grady dans ses moindres dires, faits et gestes. Sa seule action dans le film consistera à sauver Owen de la menace d’un raptor en explosant ce dernier à l’aide d’un lance-roquette. L’homme blanc ne pouvant rester redevable de l’homme noir, Grady lui sauvera à son tour la mise quelques secondes plus tard, mais de manière non-violente, simplement en détournant l’attention du raptor. Ce qui a pour effet d’accentuer la violence avec laquelle Omar Sy a pulvérisé « dans le dos » le raptor. Ces noirs, tous des brutes.

Omar Sy vient payer ses factures dans le rôle éculé du side-kick noir qui approuve tout ce que dit son patron blanc.

Omar Sy vient payer ses factures dans le rôle éculé du side-kick noir qui approuve tout ce que dit son patron blanc.

Tout comme Omar Sy est le seul noir de Jurassic World, Simon Masrani est le seul personnage racisé de pouvoir (de nationalité et d’origine inconnues dans le film, mais l’acteur est indien) de cette superproduction. Alors qu’on le voit assez peu à l’écran, son personnage est, à mon sens, le plus fouillé, si l’on puis dire, du film : pas vraiment gentil (il n’exige pas l’arrêt des croisements génétiques pour créer de nouveaux dinosaures), pas vraiment méchant (il réprimande Claire comme un petite fille parce qu’elle a créé de nouveaux dinosaures dangereux), Simon Masrani est en revanche clairement présenté comme un enfant capricieux. Disposant d’un petit hélicoptère, il tient absolument à le piloter lui-même et répète plusieurs fois « je gère, je gère », expression jeune s’il en est (le personnage avoisine la quarantaine), sourire idiot aux lèvres. Évidemment, l’entêtement de ce grand enfant originaire d’un pays que le réalisateur de film serait probablement incapable de placer sur une carte, causera sa mort, puisqu’il insistera à nouveau pour prendre les commandes de son hélico à la place de son pilote et sera victime des ptérodactyles.

Derniers personnages racisés visibles à l’écran dans Jurassic World, les asiatiques. On retrouve le Dr. Wu, seul rescapé du casting du premier Jurassic Park dans ce nouveau film. Toujours dans le rôle du scientifique créateur de dinosaure, le réalisateur lui attribue cette fois-ci un rôle de méchant, ce qui n’était pas le cas dans le film de 1993. Évoquant un méchant sbire James Bondien des années 70, le Dr Wu est discrètement vendu au spectateur comme étant méchant : vêtements de méchant, musique de méchant lors de ses apparitions et rhétorique de méchant : « Mais qu’est-ce qu’un monstre finalement ? Pour une souris, un chat est un monstre. Nous sommes habitués à être le chat. » Pourtant, rien n’obligeait le réalisateur à diaboliser ce personnage, qui se contente d’exécuter les ordres de Simon Masrani comme il exécutait auparavant les ordres de John Hammond. De fait, le Dr Wu est exactement dans la même situation que Claire Dearing : il a interprété la consigne de Masrani de créer des dinosaures « plus cools » en « créer des dinosaures avec plus de dents. » Mais, alors que Claire emprunte la voie de la rédemption grâce à l’épaule virile d’Owen Grady, le Dr Wu tente de se justifier et apparaît comme diabolique puisque sa réplique concernant chat et souris semble montrer qu’il avait conscience de créer un monstre. De fichus roublards qui fuient leurs responsabilités, ces bridés !

Hinhinhin je suis habillé tout en noir et je sors d’une porte dérobée dans le mur avec une musique de méchant. Hinhinhin. Hinhin. Hin…

Hinhinhin je suis habillé tout en noir et je sors d’une porte dérobée dans le mur avec une musique de méchant. Hinhinhin. Hinhin. Hin…

L’autre personnage asiatique est un militaire nommé Hamada, qui intervient dans une scène faisant une allusion très claire à l’imagerie de la guerre du Vietnam (qu’on retrouve dans des films très typés « mâles » tels que Predator) : une escouade de soldats dans une jungle luxuriante, soudainement attaqués par un ennemi camouflé (l’Indominus), en traître. Il y a les flammes, la jungle, l’ennemi qui est camouflé et qu’on ne voit pas, la défaite des soldats américains. Pour moi, ce genre de scène sert à mobiliser un imaginaire associé pour les américains à la défaite militaire, pour ensuite l’exorciser avec la victoire de l’homme blanc, ancien de l’US Navy (Owen Grady). A l’époque de la guerre du Vietnam, des critiques reaganiens accusaient la bureaucratie de l’administration américaine d’être responsable de la défaite. On peut interpréter le discours de Jurassic World de cette même façon, comme nous allons le voir à présent.

En résumé, les personnages racisés dans Jurassic World, c’est :

  • Un noir aux ordres de l’Homme Blanc (Omar Sy).
  • Un indien dirigeant et capricieux… donc destiné à mourir (Simon Masrani).
  • Un asiatique présenté comme mauvais (Dr Henry Wu)
  • Un asiatique lui aussi aux ordres de l’Homme Blanc… qui meurt quand même parce que ces jaunes doivent payer pour le Vietnam (le soldat Hamada, un nom japonais en plus, autre ancien ennemi des USA).

 

 

Jurassic World, un film bourré de faux-semblants

Un propos anti-technologie, faussement anti-militariste et faussement anti-capitaliste.

S’il ne nous appartient pas ici de juger l’utilité, la dangerosité ou la mauvaise utilisation faite des nouvelles technologies, nous pouvons en revanche critiquer la critique qu’adresse Jurassic World à celles-ci pour de biens mauvaises raisons. Car outre l’Indominus Rex, le film comporte un second antagoniste en la personne de Vic Hoskins, barbouze d’une officine américaine tellement secrète qu’elle n’est même pas nommée. Celui-ci affiche son mépris pour les drones de guerre, arguant que « dès qu’un conflit éclatera, ils seront hackés », et prône un retour aux « armes naturelles. » En l’occurrence l’utilisation de raptors dressés sur les zones de conflit. Le film dans son entier véhicule lui-même un propos anti-technologie :

– ce sont des expériences sur les gènes qui ont permis la création de l’Indominus, ce qu’Owen Grady souligne comme étant un problème : « C’est un hybride génétique qui a grandi en labo. » L’Indominus sera d’ailleurs tué par le T-Rex, un dinosaure « pur ».

– Malgré toutes les précautions technologiques prises pour assurer la sécurité du parc rien ne fonctionne.

On comprend alors que le discours anti-technologique du film n’a pas pour but de questionner l’utilisation que l’on fait des nouvelles technologies mais bien de valoriser l’idée d’un nécessaire retour à la bonne virilité façon la Stallone-Schwarzie. Car qui va sauver tout le monde ? Owen Grady, grâce à sa bite, son couteau et son fusil old-school, en opposition aux soldats du film harnachés des pieds à la tête de protections, armés d’armes futuristes et suivis informatiquement. Une supposition validée à la fin du film lorsque, pour faire redevenir gentils les raptors afin qu’ils aillent botter les fesses de l’Indominus, Owen leur enlève le casque infrarouge accroché sur leur tête. Pas besoin de tous ces gadgets pour l’emporter dans une baston à la régulière ! Par ailleurs, il serait aisé de croire que le film véhicule une idéologie anti-militariste, car le héros n’aura de cesse de s’opposer à Vic Hoskins le va-t-en-guerre. Sauf que la violence gaillarde du film montre bien que ce n’est pas la guerre le problème, c’est l’utilisation de technologies pour mener celle-ci, car rien ne vaut un mâle doté d’un bon fusil se roulant dans la boue pour occire ses adversaires. Une idéologie fréquemment véhiculée par Hollywood.

Cette idée du retour à la virilité gaillarde passant par l’abandon des technologies est aussi véhiculée par le parcours des frères Mitchell : tandis que Zach, au début du film, est obnubilé par les filles (parce que « nous les mecs on peut pas se contrôler », c’est bien connu) et par son lecteur mp3 vissé en permanence sur ses oreilles, ce qui apparaît comme une faiblesse, Gray est absorbé par les projections holographiques. Par la suite, ils se retrouveront totalement démunis en pleine forêt, sans même un téléphone portable. C’est à ce moment que la virilité masculine fait son grand retour par le biais d’un dangereux saut depuis une falaise pour échapper à l’Indominus (une preuve de courage), suivi de la réparation du 4×4 déjà évoquée.

Enfin, passons rapidement sur le fait que le film véhicule vaguement une sorte d’anti-capitalisme simpliste, puisque c’est la poursuite du profit sans limite qui entraîne la catastrophe. Un discours qui pourrait paraître louable mais qui se révèle très hypocrite quand on sait que Jurassic World est lui-même un fervent représentant de ce capitalisme outrancier tant les placements de produits y sont nombreux (17 marques apparaissent ou sont citées). De plus, il s’agit là d’une illustration de l’argument utilisé par les plus ardents défenseurs du capitalisme : le capitalisme, des fois ça entraîne des problèmes, mais bon globalement ça marche. Vous voulez transformer Jurassic World en Corée du Nord, M. Mélenchon ? Hein ?! Hein ?! C’est ça que vous voulez pour nos enfants ?

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Mercedes a mis le paquet sur Jurassic World : affiches, clip promotionnel et même lancement du nouveau modèle GLE dans le film.

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Jurassic World, un film spéciste

Sous couvert de magnifier la beauté et la grandeur des dinosaures « qui nous rappellent à quel point nous sommes petits », d’enseigner le « respect » pour les animaux et d’apprendre aux humain-e-s « l’humilité », le film tient un discours totalement hypocrite, qui reproduit en fait un spécisme tout ce qu’il y a de plus basique.

De fait, tout le début du film ressemble beaucoup à une immense pub pour les zoos. On y voit des enfants monter sur les bébés dinos, jouer avec, ou les spectateurs regarder un gros monstre amphibien sauter dans sa piscine. Il y a aucun point de vue critique là, au contraire : on voit tout par les yeux de Gray, trop content d’être là. Et le film invite ainsi les enfants dans la salle et les adultes ayant « gardé leur âme d’enfant » à trouver ça trop génial, ne serait-ce que par la qualité des effets spéciaux.

On a ensuite tout le discours mystificateur autour du zoo. Masrani qui s’inquiète dans l’hélico de savoir si ses animaux sont heureux (alors qu’ils sont enfermés dans un zoo, derrière des barrières électrifiées et surveillés par des hommes armés !). Puis nous avons Owen qui expliquera à Claire Dearing qu’il ne cherche pas à contrôler les raptors mais à instaurer une « relation de respect mutuel ». Cette affirmation est pourtant contredite par la séquence qui l’a précède, durant laquelle Grady oblige les animaux à obéir à ses ordres afin de devenir leur maître. Plus spéciste, y’a pas.

Le deuxième type de discours de ce film décidément bien hypocrite concernant la fonction du parc est aussi tenu dans ces deux mêmes scènes par Masrani et Owen (qui expliquent au passage la vie à Claire, dans une ambiance bien paternaliste…) : Hammond a créé le parc pour rappeler aux humains « à quel point ils sont petits, et récents », ou encore « pour nous apprendre l’humilité ». Donc non seulement il y a l’idée selon laquelle les humains, en enfermant (et donc en dominant/séquestrant/violentant) des animaux, devraient apprendre qu’ils sont les « petites parties d’un grand tout » et qu’ils doivent respecter les autres êtres vivants. HA HA HA. Nous ne prenons pas beaucoup de risque en affirmant que ce n’est pas en exerçant une domination sur les autres espèces qu’on apprend à se considérer comme leurs égaux. Derrière toutes ces séquences se cache le discours classique sur la fonction pédagogique des zoos (un des grands arguments, et peut-être même LE grand argument pour justifier les zoos aujourd’hui). Or enfermer les animaux, ça n’apprend rien de plus (et même moins) que de les observer vivre libres. Ça apprend juste aux enfants qu’il est normal de traiter les animaux comme bon nous semble, de les enfermer, etc.

    Voilà ce qu’il se passe quand un animal n’est pas enfermé !

Voilà ce qu’il se passe quand un animal n’est pas enfermé !

La seule domination qui est critiquée dans le film à ce niveau, c’est celle du méchant militaire qui veut en faire des armes. Or, de manière révélatrice, ce qui est problématique là-dedans selon le film, ce n’est pas du tout le fait de traiter les animaux comme des instruments/moyens/objets/êtres à notre service (Owen ne dit pas non au principe d’ailleurs, puisqu’il laisse le méchant se servir des dinos). Non, le seul problème selon le film, c’est que c’est une arme qui risque d’être retournée contre nous (une des grandes peurs actuelles des américains d’ailleurs. Cf. tous les films où des espions sont soupçonnés d’avoir été « retournés », comme Salt ou Homeland). Donc le problème ce n’est pas de transformer les animaux en armes, mais juste que ces armes ne vont pas bien marcher !

Au final, le film prône un « rapport de domination naturel » sur les animaux, incarné par Owen. Ce n’est pas juste une blague quand il dit qu’il est leur « mâle alpha », cette réplique véhicule l’idée que ce qui est cool, c’est de réussir à imposer son respect aux animaux, et encore plus si ceux-ci sont dangereux. La scène finale est édifiante à ce niveau : Owen enlève la caméra que le méchant avait posée sur les raptors, et devient ainsi leur maître naturel. Il n’a alors plus qu’à siffler pour que les raptors lui obéissent et foncent sur le l’Indominus.

Cette histoire de domination naturelle (c’est-à-dire de l’homme comme animal qui domine naturellement les autres animaux) est à lier avec tout le discours anti-expérimentation génétique du film (une critique véhiculée depuis le 1er Jurassic Park, cf. une réplique qui revient sans cesse dans les films : « Voilà ce qui arrive quand on se prend pour Dieu. »). Cette critique de la génétique n’implique donc pas du tout une critique de l’exploitation des animaux, mais vient pour justifier une « bonne domination » (celle d’Owen) contre une « mauvaise domination » (celle de Claire qui enferme les dinosaures dans des enclos sans aucun contact extérieur).

 

 

Conclusion

Jurassic World est sans conteste l’un des films les plus sexistes que j’ai pu voir. Bien que certaines parts du discours viriliste du film soient « cachées », Jurassic World comporte de nombreuses scènes frontalement violentes envers la gent féminine, au point que son visionnage en devient insupportable, y compris pour des personnes non-sensibilisées à ce problème de société. Par ailleurs, outre le racisme commun à de nombreux blockbusters hollywoodiens, le film est terriblement hypocrite vis-à-vis de tous les sujets qu’il tente d’aborder de près ou de loin : anti-militarisme, technologie, capitalisme, respect des animaux… Un film de divertissement n’est certes pas là pour véhiculer de profonds messages (encore que), mais Jurassic World, sous couvert d’être un bon gros no-brainer pour les petits et les grands, camoufle des idéologies nauséabondes, ce qui est un comportement fort malhonnête de la part du réalisateur et des producteurs.

Zorglomme

« Auriez-vous l’amabilité de laisser la licence Jurassic Park morte et enterrée, s’il-vous-plaît ? »

« Auriez-vous l’amabilité de laisser la licence Jurassic Park morte et enterrée, s’il-vous-plaît ? »

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17 réponses à Jurassic World (2/2) : sidekick noir, asiatique vicieux et puissantes voitures allemandes

  1. Un détail: rien n’indique que ce soit le personnage d’Omar Sy qui abat le raptor au lance-roquette.
    ça n’invalide pas votre propos dans sa globalité mais la phrase « Ces noirs, tous des brutes » n’est sans doute pas justifiée, d’autant plus que lorsqu’il est coincé dans le tronc d’arbre, il a une arme en main mais s’abstient de tirer sur le raptor et tente de le « raisonner ».

    Par ailleurs, je trouve qu’il y a une certaine confusion dans les discours anti-techno et spécistes au niveau du paragraphe qui est juste après l’image de l’explosion.
    Vous vous basez sur les propos du « méchant » pour illustrer le discours anti-techno, ce qui se tient, il oppose les drones qu’on peut pirater aux raptors qui obéiront tant qu’on leur donne à manger.
    Puis vous argumentez le discours spéciste sur le fait que les raptors ne sont pas fiables et doivent être contrôlés, avant de souligner à nouveau que leur revirement est dû à la technologie qui leur est imposée (les casques).

    En dehors de cela, merci pour cette analyse. J’espère qu’elle ouvrira les yeux aux spectateurs sur l’hypocrisie du film et sur le fait que mettre en scène quelque chose de négatif n’en fait pas pour autant une critique.

    • Coucou,

      Je ne comprends pas bien ce que vous trouvez confus dans l’articulation entre discours anti-techno et spécisme. Pourriez-vous préciser ?

      Pour moi le film est assez cohérent à ce niveau. Comme le dit l’auteur de l’article, la seule chose que le film critique dans le discours du méchant, c’est sa croyance dans le fait que l’arme animale est beaucoup plus fiable que l’arme technologique. Parce qu’il y a l’idée selon laquelle le rapport de domination homme/dinosaure doit se conquérir en permanence (grâce à la « méthode Owen » de dressage dans le respect). C’est en ça que le propos antitechnologique du film est cohérent avec son propos spéciste : on peut utiliser les dinos comme des armes, ok, mais attention, ils restent difficiles à contrôler et peuvent se retourner contre nous, du coup il faut un homme comme Owen pour les dresser avec respect, et naturellement (juste avec sa grosse autorité, sans l’aide de technologies).

      (Après pour le truc de Omar Sy et du lance-roquette je ne me souviens plus personnellement. Ce qui m’avait marqué, c’est qu’il avait un espèce de gros magnum, qui me paraissait un peu étrange dans le contexte du film. Et du coup j’avais eu un peu peur du stéréotype raciste « les noirs aiment les gros flingues ». Mais vu qu’après il ne tirait pas avec sur le raptor, il me semblait que ça ne tombait pas totalement là dedans, surtout que le personnage n’est pas particulièrement (voire pas du tout) montré comme violent si je me souviens bien).

  2. Jurassic World comporte de nombreuses scènes frontalement violentes envers la gent féminine, au point que son visionnage en devient insupportable

    Vous savez ce qui serait bien un jour ? Qu’on arrête d’utiliser les mots de façon hyperbolique. insupportable, vraiment ? Qui ne PEUT être supporté ? On utilise ce mot par exemple pour des douleurs pouvant mener à la mort ou des visions d’une rare violence capables de nous traumatiser. Là au pire le terme à utiliser est choquant si on est sensible à ce genre de choses. Ca peut sembler anodin mais ça décrédibilise absolument tout. On dirait un genre d’article choc digne de Closer.

    • Oui, le sexisme omniprésent est INSUPPORTABLE pour les personnes qui le vivent, après peut-être qu’en étant pas directement concerné ça peut paraître « choquant pour les personnes sensibles ».

      • oh oui, je confirme ce que dit Lirienne et je rajouterai que le commentaire de Battler est insupportable de connerie et décrédibilise toute sa réflexion…

      • Je suis d’accord avec Battler, certains mots quand ils ne sont pas judicieusement utilisés décrédibilisent le discours.
        Le mot insupportable a beau actuellement être utilisé à toutes les sauces, ça n’est qu’au détriment de son sens premier. Si le visionnage du film est insupportable, on ne peut pas le regarder. Quand le sexisme omniprésent est insupportable, autant se noyer ou se pendre.
        Et pas la peine de balancer un commentaire anti-mâle, je suis une femme et connais le sexisme au moins autant que d’autres ; simplement ça n’empêche pas de désirer une meilleure utilisation de la langue.

  3. Vous est-il venu à l’esprit que chacun possède sa propre échelle de ce qui est « insupportable » ? Par exemple, lorsque je vais voir un blockbuster débile avec ma copine, j’espère pouvoir me détendre en me faisant gentiment laver le cerveau : des explosions, des punchlines débiles et en l’occurrence, des gros dinos. Sauf que quand je suis en permanence extirpé du film par des propos misogynes gros comme une maison alors que j’ai payé ma place 10€, eh bien c’est insupportable. Oui. Et manifestement je ne suis pas le seul à le penser car quelques personnes dans la salle ont soupiré de dépit face à certaines séquences, notamment celle où Claire va trouver Owen à sa caravane.

    Chacun son degré « d’insupportabilité » 🙂

  4. Merci pour cette bonne analyse que j’attendais avec impatience. Je tenais juste à souligner que cette hypocrisie concernant le spécisme et le bon traitement des animaux était finalement extrêmement limpide et pouvait confiner au foutage de gueule(pardon pour le language)puisque quand les raptors ne sont pas dressés tel des lions dans un cirque(l’utilisation des animaux dans les cirques qui est d’ailleurs validé par le film par le dressage des la relation avec les raptors)on ne les voient que maintenu par une espèce de musolière à croire qu’ils ne sont jamais « libre ». Comment ne pas voir le mauvais traitement qu’ils subissent et qui invalide donc le discours pro zoo, même lorsque l’on n’est pas sensibilisé à la question? Durant la scène du bassin je n’ai pas pu m’empêcher de penser a seaworld et autre marineland…Seaworld aurait-il payé pour faire oublier l’épisode blackfish?

  5. Bonjour, je propose mon analyse de ce film, sous les angles raciste et spéciste. http://blogue.mathiaspoujolrost.net/perso/index.php/post/vu-jurassic-world-2015 .

    Par contre, je n’avais pas cerné le discours sur la technologie.

  6. Je découvre ce blog, et j’avoue être sidéré par l’absence totale d’humour et de sens des perspectives de tous ces petits procureurs staliniens… Ou s’agit-il d’un blog parodique ?
    Sinon, on désespère de vous faire comprendre l’idée de convention narrative, et l’utilité des stéréotypes dans la création artistique. Oui les asiatiques mangent du riz, oui les femmes sont en moyenne plus faible que les hommes (1 seconde au 100m, etc.), oui, les africains sont souvent illettrés… Le dire ne fait pas de moi un zélateur du troisième Reich, ni n’empêche qu’il y ait de nombreuses exceptions à ces tendances. En bref, détendez vous, le mal n’est pas la ou vous le traquez, jeunes camarades.

    • tiens, en voilà un autre de stéréotype, que vous vous empresser de rendre on ne peut plus réel :
      « les cons ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnait ».

      signée une procureure stalinienne X)

  7. Je découvre aussi ce blog, et pour le moment je le trouve assez chouette, et ne constate pas cet « absence total d’humour » dont tu parles…

    Sinon si jamais les stéréotypes sont utiles à la création artistique, je ne pense pas qu’ils le soient à l’émancipation collective, à la mienne tout du moins 🙂

    Je pense aussi que certains films participent à des systèmes d’oppression (la domination masculine, le capitalisme…) en véhiculant certaines idées et qu’il n’est donc pas inutile de montrer comment ils le font (ce que je pense fait ce site).

    J’espère que tu ne seras pas sidéré par ma difficulté à m’exprimer à l’écrit… (c’est mon premier commentaire ici !)

  8. Si vous trouvez que ce blog manque d’humour, allez ailleurs. Personne ne vous oblige a le lire. Les gens ont la liberté de dire ce qu’ils pensent des films hollywoodien n’en déplaise certaines personnes qui aimeraient qu’on la ferme.
    JW est clairement un film raté avec des stereotypes datant des années 70.

    • Chère Tina

      Je vous trouve injuste avec les années 70. Elles marquent l’avènement du féminisme y compris au niveau cinématographique.

      Rappelez-vous la princesse Leila, Ripley dans Alien,la journaliste dans zombie, Valeria dans Conan le barbare….

      Personnellement je dirais plutôt stéréotypes des années 50.

  9. Jamais été fan de Jurassic World et le film est bien comme vous l’avez dit.
    Pourriez vous faire une critique sur Avengers 2 ?

  10. Merci pour votre critique très intéressante de ce film ô combien choquant!
    Le visionnage de ce film a été une épreuve particulièrement révoltante! Ce sexisme omniprésent, ces personnages tellement caricaturés, ce mépris pour les animaux… J’ai également trouvé que c’était le film le plus sexiste jamais vu. Un retour en arrière à propos d’égalité hommes/femmes digne des années 50!
    Merci encore

  11. Je ne dirai rien sur l’ensemble de l’article vu qu’il ne diffère guère des autres que j’ai lu sur le site et que presque tout est déjà dit et débattu dans les précédents commentaires. Je signale juste ce passage qui m’a bien fait rire :
    L’autre personnage asiatique est un militaire nommé Hamada, qui intervient dans une scène faisant une allusion très claire à l’imagerie de la guerre du Vietnam (qu’on retrouve dans des films très typés « mâles » tels que Predator) : une escouade de soldats dans une jungle luxuriante, soudainement attaqués par un ennemi camouflé (l’Indominus), en traître. Il y a les flammes, la jungle, l’ennemi qui est camouflé et qu’on ne voit pas, la défaite des soldats américains. Pour moi, ce genre de scène sert à mobiliser un imaginaire associé pour les américains à la défaite militaire, pour ensuite l’exorciser avec la victoire de l’homme blanc, ancien de l’US Navy (Owen Grady).

    Oui, ou alors comme le climat était beaucoup plus chaud au Crétacé qu’aujourd’hui, que les gens imaginent généralement les dinosaures vivre dans un environnement un minimum chaud et humide, et que la suspension consentie de l’incrédulité a certaines limites, il paraissait plus logique de montrer une scène d’action avec un dinosaure dans une jungle plutôt que sur de la banquise. Je sais bien que Jurassic World n’est pas un film qui cherche à décrire les dinosaures de manière scientifiquement exacte (sinon, ils n’auraient pas inventé l’Indominus et les raptors auraient eu des plumes), mais il faut tout de même coller à un minimum de réalité et/ou à ce que s’imaginent les gens pour permettre à la suspension d’incrédulité de fonctionner.

    J’ajoute que, le film se déroulant sur la même île que le premier Jurassic Park, il est logique que cette île soit encore recouverte de jungle vingt ans après. Le changement climatique est bien une réalité, mais il faudrait beaucoup plus que vingt ans pour que le biome d’une île change à cause de celui-ci.

    Enfin, il n’y a pas la moindre flamme dans la scène où Hamada apparaît et c’est visiblement lui qui dirige l’équipe tentant de recapturer l’I. rex :
    https://www.youtube.com/watch?v=HlxA_osL0j8

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