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8 femmes, créatures et créateurs

 8 femmes

Créatures & créateurS

 

Suite à un débat avec des commentateurs du site, je me colle à la critique politique d’un film de François Ozon. Film qui est l’adaptation cinématographique d’une pièce de théâtre de Robert Thomas. Robert Thomas en plus d’écrire des pièces de boulevard était le réalisateur de « Mon curé chez les nudistes » et « Les brésiliennes du bois de Boulogne»[1].

Je préviens celleux qui n’ont pas encore vu le film que toute l’intrigue sera dévoilée dans cette critique. Si vous voulez garder le suspense ne lisez pas la suite s’il vous plait. Je vous conseille aussi de revoir le film, pas seulement pour vous rafraîchir la mémoire mais aussi par pur sadisme de ma part, car il n’y a pas de raison qu’il n’y ait que moi qui souffre à voir cet horrible film que je déteste en général et dans le détail comme vous allez le voir.

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« Années 1950, une grande demeure bourgeoise, on se prépare à fêter Noël. Cependant, une découverte macabre bouleverse ce jour de fête… Le maître de maison est retrouvé mort, assassiné dans son lit, un poignard planté dans le dos. Autour de lui, huit femmes avec, chacune, un secret jalousement gardé, qu’il faut mettre au jour, car l’une d’entre elles est coupable. Mais laquelle ? » (Wikipédia)

Laquelle ? Apparemment aucune, puisque la mort du « maître de maison » est une mise en scène de Catherine sa fille cadette. A la fin du film, Catherine prononce un long monologue qui donne le détail des mauvaises actions des 7 femmes, Marcel se suicide devant Catherine à la fin de cette tirade sans dire un mot. Voici le monologue en question :

« Il était une fois un brave homme entouré de 8 femmes qui le martyrisait. Il luttait, luttait, mais elles étaient toujours les plus fortes. Hier soir ce pauvre homme s’est couché plus fatigué, plus ruiné, plus trompé que la veille et la ronde de ces 8 femmes a recommencé. Heureusement sa fille cachée Catherine a tout vu et tout entendu. 

 

10h, sa belle-mère qu’il a hébergé lui refuse ses titres. Sa générosité peut sauver cet homme, mais la vieille est avare. Elle préfère faire croire qu’on les lui a volé plutôt que de les lui donner.

10h30, Augustine la vipère de service vient faire sa cour et baver les derniers potins. Tante n’a pas tué papa, elle l’a juste écœuré un peu plus.

11h, l’offensive recommence, sa femme, ma mère, lui fait comprendre qu’elle le quitte. Elle part avec l’homme qui a ruiné son mari, son associé Jacques Farnoux.

11h30, Louise fait son entrée de vampe, fausse bonne mais vrai perverse. Une spécialité qui fait le malheur des maîtres de maison.

 

Peu de temps après voici Pierrette, la sœur de papa, elle vient traire la vache à lait. 500.000 francs, bonne chasse. Tandis que Chanel, ensorcelée par l’ancienne danseuse nue vient faire une scène pathétique de jalousie. Pour couronner le tout, Suzon, sa fille, clandestinement arrivée de Londres, lui apprend qu’elle est enceinte. 

 

Pauvre papa, je l’ai retrouvé à 6h ce matin, il pleurait, c’est terrible un papa qui pleur, j’en avais jamais vu…   Alors j’ai juré de faire son bonheur à tout prix, mais il pleurait encore. Il a dit ‘comme on doit être bien quant on est mort’ alors j’ai eu pitié, pitié, pitié. J’ai eu une idée, l’idée de le libérer. »

 

 

Ce film me semble être un sommet de misogynie. Pour bien expliciter ce fait, je vais développer cette critique en trois parties. D’abord une analyse de chacune des 8 femmes et des clichés sexistes qui sont associés à chacune de ces femmes, puis une attention particulière sur les deux hommes invisibles du film Marcel et Jacques Farnoux, que j’appelle Dieu et le Diable, vous verrez pourquoi. Enfin puisqu’il s’agit d’une comédie, donc d’humour, on peut se dire qu’il y a plusieurs niveaux de lectures. Je montrerai qu’à tous (tous ceux que j’ai trouvé) les niveaux et degrés, ce film est une horreur sexiste.

 

 

I – 8 femmes, 8 fleurs, 8 créatures.

 

 

Dès le générique, Ozon propose un petit jeu de référence floral et cinématographique. Chacune des 8 femmes du film sera symbolisée par une fleur, chacune aura sa couleur et chacune sa petite chanson. Il emprunte ce dispositif à un film de George Cukor de 1939, « The Women » dont le générique associe un animal à chacune des actrices, l’animal portant les attributs qui symbolise la psychologie du personnage. Ozon comptait utiliser une volaille par femme, mais il s’est finalement fixer sur les fleurs[2]. Mais la fleur ce n’est pas mieux que la volaille même si la comparaison a l’air plus sympathique, elle n’est rien d’autre que du sexisme bienveillant[3]. « 8 femmes », tout comme « The Women », sont des films sexistes qui parlent plus des hommes que des femmes. Ces films font jouer beaucoup d’actrices, ce qui d’un point de vue féministe est une bonne chose, mais ces actrices incarnent des personnages qui servent à véhiculer des stéréotypes sexistes plus consternants les uns que les autres.  Du coup le film passe le test Bechdel[4], puisque tout de même dans les 1h30 il y a bien 2 ou 3 répliques qui ne parlent pas d’hommes, il est un bel exemple du fait que la réussite du test Bechdel ne fait pas pour autant un film feministo-compatible. Entrons maintenant dans le détail en ouvrant le bal avec Mamy.

 

 

La pensée + Le violet = la nostalgie et la mort
Chanson N°8 – « il n’y a pas d’amour heureux »
Belle-mère de Marcel
Réplique typique – « Il y a différente sorte de femmes Augustine. Il y a aussi différentes époques, différentes générations. Ton père m’assurait une vie à l’abri de tout problème, tous mes besoins étaient comblés, tous mes caprices. […] Il m’a toujours traité avec délicatesse, avec respect. Un vrai gentleman. Mais je ne pouvais pas le sentir. Est-ce que tu peux imaginer passer sa vie auprès d’un homme que tu n’aimes pas et auquel tu n’as rien à reprocher, de savoir que tu ne pourras jamais t’en défaire. A l’époque il n’y avait pas de divorce, pas de séparation comme aujourd’hui. Alors c’est vrai, oui, oui je t’ai privée d’un père et de son argent. C’est ce qui m’a fait le plus souffrir. »
Scène emblématique – son aveu à Augustine
Un mythe en référence – Eve, l’origine du mal – la veuve-noire – la sorcière

 

Mamy, c’est la belle-mère type dans tout son cliché d’horreur. On apprend que cette charmante Mamy a assassiné son mari sans aucune raison. Son monologue à ce sujet est totalement sidérant. La chute qui révèle que la seule chose qu’elle regrette c’est l’argent, insiste sur la vénalité de cette femme (la plupart des 8 femmes sont vénales comme vous le verrez). Comme vous le savez déjà grâce au monologue final de Catherine, Mamy est avare et prête à mentir à son gendre qui l’héberge depuis semble-t-il quelques années pour garder son magot qu’elle cache sous son oreiller.

Mamy est en fait celle qui est à l’origine des malheurs des femmes et de Marcel, c’est pour cela que je la rapproche de Eve, la fauteuse originelle. Car c’est par le meurtre de son gentil mari qu’elle provoque la ruine économique familiale pour plusieurs générations. Puisque dans l’univers de 8 femmes, les femmes ne peuvent subvenir à leurs besoins matériels sans hommes, le meurtre du gentil père parfait contraint Gaby, Mamy et Augustine de chercher un nouvel homme pour les entretenir.

D’autre part, cliché encore plus insupportable. Ce que reproche Mamy à son défunt mari, c’est d’avoir été trop gentil, trop bon, trop gentleman et en creux, on est face à l’idée que les femmes aiment les badboys. Ceci est renforcé par les chansons de Pierrette et Gaby, qui disent mépriser les hommes amoureux d’elles, trop dévoués à elles, et réclament ou vénèrent les hommes dominateurs et violents. L’amour que Gaby et Pierrette voue à Jacques Farnoux, un personnage encore plus dominateur que Marcel  renforce encore cette idée ce que veulent et aiment les femmes, c’est un homme qui sache les traiter en inférieure. C’est ici une validation du pire discours sur la violence conjugale.

Il y a aussi le fait que Mamy simule un handicape moteur : au début du film elle est dans un fauteuil roulant et dès qu’elle apprend le décès (simulé) de Marcel se met à gambader à la grande surprise des 7 femmes. C’est donc qu’elle faisait semblant tant que Marcel était en vie, elle simulait pour Marcel, probablement pour l’attendrir et la laisser vivre à ses crochets avec sa fille Augustine.

Mamy est aussi une vieille réactionnaire homophobe. Ça permet à Ozon de faire une pointe de militance mais il se contredira plus tard en jouant de stéréotypes homophobes en particulier par la bouche de Pierrette.

Mamy est associée à la mort par sa couleur, par le fait qu’elle a tué son époux, par le fait que sa chanson soit un chant mortuaire, un cœur de pleureuses qui se lamente sur le corps de Marcel. On peut voire dans sa chanson, danse finale, une allusion à la danse macabre assez glaçante.

J’ai beau chercher je ne vois rien d’aimable ou de positif dans ce personnage. Elle n’a que l’argent et la rapacité comme motivation. Ozon ne montre aucune empathie pour ce personnage, rien n’est proposé au spectateurE pour rendre aimable cette vieille femme.

 

 

 L’orchidée jaune ou léopard + le léopard = Luxe, volupté et femme-féline.
Chanson N°7 – « Toi jamais »
Epouse de Marcel
Réplique typique – « ton père a toujours aimé la jeunesse »
Scène emblématique – la scène du catch féminin avec Pierrette
Un mythe en référence – la venus à la fourrure

 

Gaby est en apparence la maîtresse dans tous les sens du terme, maitresse de la maison de Marcel, amante de Jacques Farnoux, et maîtresse SM de Louise.  Elle est une femme dominatrice vis-à-vis des autres femmes, car par rapport aux hommes dès les premières répliques du film les choses sont claires. Marcel sera désigné comme le « chef de famille », celui qui tient la bourse et entretient tout ce petit cercle féminin. Plus tard par rapport à son amant, l’associé diabolique de Marcel, on apprendra que celui ci lui aura extorqué de l’argent et qu’il était aussi l’amant de Pierrette.

Ozon accumule les allusions sexuelles autour du personnage de Gaby. La fourrure qu’elle porte continuellement est une allusion à un roman fondateur du mot masochisme ; « La vénus à la fourrure » de Sacher Masoch[5] qui raconte le culte qu’un homme voue a une femme dominatrice. Il y a aussi dans le choix du léopard une allusion à la femme-féline[6] qui s’articule très bien avec le fantasme de la dominatrice. C’est d’ailleurs le personnage le plus violent physiquement du film. Elle gifle sa sœur Augustine, assomme sa mère avec une bouteille d’alcool et finit par catcher avec Pierrette.

En fait Gaby est constamment tournée en ridicule et humiliée dans l’histoire. Ses filles lui mentent, ses domestiques contestent ses ordres, sa sœur lui crache dessus, sa mère la méprise, son amant l’escroque et la trompe, son époux la délaisse et la trompe… elle ignore tout ce qui se passe dans « sa maison » depuis des années et se laisse manipulé aveuglément par sa fille cadette, sa sœur, sa mère…

On pourrait avoir pitié de Gaby, mais elle déclare plusieurs fois qu’elle est vénale, et qu’elle méprise les hommes qui se jettent à ses pieds, se soumettent à elle. Le seul homme, le seul être humain qui trouve grâce à ses yeux, celui dont elle déclare être amoureuse est le seul capable de la soumettre véritablement, Jacques Farnoux, qui la trompe, la vole et la ruine.

La chanson de Gaby s’adresse à son amant, c’est une chanson sur le plaisir dans la soumission pour un homme « comme tu es mon homme, je te pardonne et toi jamais » et le mépris des hommes soumis qui lui offrent des fourrures (ici Marcel). Pas vraiment une chanson de dominatrice, Gaby n’en a donc que l’apparence. C’est une dominatrice qui cherche un dominateur, donc une soumise en vérité. Dans une interview[7], Ozon déclare « J’aime beaucoup les filles dominatrices » … enfin il aime bien quand elles ne dominent pas.

Avec Gaby, Ozon joue plusieurs fois sur l’image médiatique de Catherine Deneuve, son casting prestigieux est un peu l’argument de son film. Catherine Deneuve est beaucoup mise en avant. Dans la scène de la chambre entre Gaby et Louise, il y a une photo que Gaby découvre, c’est l’ancienne maîtresse de Louise qu’elle garde secrètement. On peut voir la photo, elle est même citée au générique, c’est Romy Schneider. Il y a ici un jeu de renvoi aux actrices Schneider/Deneuve/Béart et plus au personnage des deux maîtresses et de la soubrette. Je trouve que ce glissement fait qu’Ozon suggère qu’en plus de se moquer de ses personnages, il tourne aussi ces actrices en ridicule, leur faisant chanter de la variété en se dandinant.

Une de ses premières répliques est « ton père a toujours aimé la jeunesse », qui sonne par la suite étrangement vu qu’on apprend qu’elle fait chambre à part, qu’elle est inquiète d’être trop vieille et que son cher Marcel couche peut-être avec sa fille, sa sœur et sa bonne, des jeunes.

Gaby est mauvaise épouse et mauvaise mère, une méchante patronne et une femme sans cœur, vénale, superficiel et manipulable. C’est en plus une fausse dominatrice, qui méprise toute personne qu’elle est capable d’écraser et cherche un maître désespérément. À part le charisme de Catherine Deneuve elle n’a pas grand chose pour se faire aimer. C’est sa cupidité et son aveuglement dans la passion qui causera sa perte.

 

  Le fruit du roucou + brun = le refoulement
chanson N°2  « Je me déteste… »
Belle-sœur de Marcel
Réplique typique –
Augustine – Comment séduit-on un homme ?
Louise – La féminité, le charme ce sont des choses qui ne s’apprennent pas.
Ce sont des armes qu’on n’a ou qu’on n’a pas. Mais on peut faire un effort, la coiffure, les lunettes.
Un mythe en référence – Le complexe d’Electre et la vipère.

 

Gaby  dit au sujet de sa sœur Augustine « Je suis belle et riche alors qu’elle est laide est pauvre ».  Donc Augustine est censée être laide, avec ses lunettes et son air strict. Plus tard lorsqu’elle apprendra que sa mère a tué son père, elle se métamorphosera en rousse incendiaire, en vampe à la « Jessica Rabbit », fume cigarette, robe fuseau, fourrure et mouvements étudiés. Et chacune des femmes de l’assemblée de la féliciter pour sa métamorphose, la chenille est devenu papillon, du moins en apparence.

 

Contrairement aux 7 autres femmes, l’image associée à Augustine n’est pas une fleur, c’est un fruit de roucou, un fruit à épine, qu’on appelle aussi « arbre rouge à lèvre »  selon la fiche Wikipédia[8].  Le roucou est un fruit à piquant qui cache en son cœur le rouge de la passion.  Ca correspond assez bien à ce qui se passe pour Augustine, taxé d’être une gamine. Elle simule la maladie et l’évanouissement, elle est gourmande et paresseuse.  Jusqu’à ce qu’elle fasse le deuil de son père et avoue n’avoir jamais eu de relations sexuelles. Le fait qu’Augustine n’ait pas eu d’expérience sexuelle avec un homme est tourné en ridicule en particulier par Catherine.

La chanson d’Augustine sur un air mélancolique

« Je me déteste…

Je veux, je ne peux pas…

J’ai peur que tu sois sourd…

Si tu crois un jour que tu m’aimes… »

Et qui est ce « Tu » qu’Augustine aime secrètement ?
Marcel bien sûr. Le maître invisible du monde visible.
Plus tard on apprendra qu’Augustine écrit des lettres d’amour et lit secrètement des romans à l’eau de rose. Chose qui semble honteuse puisqu’elle se dissimule pour les lire.

Elle dira « Pauvre Marcel, il n’y avait que lui de propre, vous l’avez tué avec votre laideur ».

Pierrette traite Augustine de langue de vipère, et de « dame aux camélias, une fleur sans parfum ». Elle n’est finalement pas une chenille devenue papillon, mais plutôt une vipère qui fait sa mue.

Augustine a certains points communs avec Catherine, en particulier son amour inconditionnel pour la figure paternelle. On est ici en plein dans le complexe d’Electre[9]. Augustine était amoureuse de son père comme l’est Catherine du sien. Les deux veulent tuer ou se débarrasser de leur mère pour coucher avec leurs pères. Voir la scène dans laquelle Augustine étrangle Mamy et bien sur le monologue final de Catherine qui avoue vouloir l’exclusivité de son père.  

Dans 8 femmes, le seul vrai amour est celui pour le père, donc pour le patriarche, le padre – padrone, une expression italienne qui n’a pas d’équivalent en français et qui signifie le père-patron. C’est-à-dire qui a la propriété sur sa femmes et ses enfants (surtout les filles, évidemment), et qui ici est proposé comme le modèle de l’homme parfait, l’homme le vrai. D’ailleurs si Pierrette et Gaby se détournent de Marcel, ce n’est que par la présence d’un nouveau mâle dominant dans la meute, Jacques, le nouveau mâle Alpha qui prend à la fin la place de Marcel.

Augustine est l’archétype de la femme aigrie, elle est comme pire que « mal-baisée » puisqu’elle avouera n’avoir jamais eu d’expérience sexuelle avec un homme, comme si il s’agissait d’un pêché ou d’une tare. Comme si ceci faisait d’elle une femme incomplète, qui est restée enfant ou est sans parfum. Elle sera moquée et jamais valorisée dans le film. Elle est aussi souvent violente et agressive, d’une mauvaise foi assez impressionnante. Je ne vois pas non plus ici comment avoir de l’empathie pour ce personnage.

 

 

 La rose rouge + le rouge vif = amour passionnel et charnel
chanson N°3 – « être une femme libérée »
Sœur de Marcel
Réplique typique – « On ne tue pas la vache à lait »
Un mythe en référence – Nana & la femme libérée

 

Elle est la dernière des 8 femmes à apparaître sur scène. Elle est un peu le pendant de Gaby. Elles seraient toutes deux des femmes fortes mais Pierrette semble moins se soucier des convenances bourgeoises. Quant elle se dispute avec Gaby, Gaby la traite de « putain ratée ».

Pierrette est présenté comme « danseuse exotique » et en tant que bonne putain, elle ne serait jamais être mère. Ceci est clairement dit dans le film par exemple ici :

Gaby : être jugée ainsi par ses enfant c’est intolérable
Pierrette : c’est pour cette raison, ma belle, que j’en ai jamais fait
Gaby : dites plutôt qu’aucun homme ne vous a demandé d’être la mère de ses enfants 


Voici quelques paroles de sa chanson :

« La fille libérée qui a envie d’être apprivoisée, arrêter mon cinéma.
A quoi sert de vivre libre sans amour…
Tu m’apprends à t’attendre, trembler de peur et de joie en entendant tes pas…. 
»

 

Donc la femme libérée aime trembler de peur en entendant les pas de l’homme qui l’apprivoisera. D’ailleurs pour l’apprivoisement, ce ne sont pas vraiment les humains qu’on apprivoise d’habitude.  Pierrette est ici animalisée et rejoint Gaby sur l’association à la femme-félin.

Pierrette est la sœur de Marcel.  Deux fois il sera question de soupçons d’inceste avec son frère, ce qui provoque la jalousie de son amante, Mme Chanel. On n’aura jamais de certitude sur ce point, laissant le public faire l’histoire qui lui fait plaisir. Pierrette ne semble pas très attachée à Mme Chanel, elle la repousse violement et plus tard, quant Mme Chanel s’écroule au sol après un coup de feu, elle n’essaye pas de la soigner et ne la touche même pas et reste comme les autres à la regarder sans bouger. Celles qui veillent sur Mme Chanel par la suite sont Suzon et Louise. Elle ne demande même pas de nouvelles.  Elle est curieusement beaucoup plus démonstrative avec Gaby.

Vers la fin du film, Pierrette et Gaby ont une conversation. Pierrette explique que sa sexualité avec les femmes est une manifestation de son dégoût des hommes qui la font trop souffrir.

Pierrette – « un plaisir qu’on doit essayer pour se laver des hommes. »
Gaby – « Ils vous ont donc fait tant de mal ! Même Marcel ? »
Pierrette – « Surtout Marcel ! »

 On trouve ici deux clichés l’un sexiste et l’autre lesbophobe. Ce qui est sexiste c’est l’idée que les femmes soient souillées par la sexualité et le désir masculin (se laver des hommes, implique qu’ils soient salissants)[10]. Ce qui est lesbophobe, c’est le fait aussi de renvoyer le lesbianisme à un dégout  (ou rejet) des hommes. La sexualité lesbienne ne se définit pas par rapport aux hommes. C’est une vision androcentrée d’une sexualité qui se fait justement sans rapports aux hommes, entre femmes. Ozon est encore une fois dans le gros cliché et il ne laisse aucun élément pour le retourner ou le tourner en dérision.

Juste après ce dialogue, Pierrette et Gaby en viennent aux mains, se mordent et se roulent par terre et finissent par s’embrasser. Il y a là une répétition de la scène de Gaby-Louise mais en beaucoup plus explicite. Comme je disais dans le paragraphe sur Gaby, Ozon glisse encore ici hors de ses personnages, on est plus avec Pierrette et Gaby, mais avec Deneuve et Ardant qui réalisent les lubies de Ozon. Vu que Ozon a déjà donner des clés interprétatives allant dans ce sens et que son film repose presque intégralement sur l’image publique de ses actrices, je pense que ce jeu personnage-actrices et personnage-réalisateur n’est pas une surinterprétation de ma part, mais bien un des aspects contenus dans son film. J’y reviendrai plus tard.

Il y a aussi cette réplique qui est particulièrement immonde ;Pierrette : si toutes les femmes qui ont un amant tuaient leurs mari il n’y aurait plus de mari sur terre. Qui sous entend que tous les maris sont cocu, que toutes les femmes sont infidèles, une reprise du « toutes des salopes » qui semble être la thèse du film de Ozon.

 

Le tournesol + le jaune = le soleil et éventuellement l’Orgueil, pour sa jalousie.
Chanson N°5 « pour ne pas vivre seule »
Cuisinère de Marcel
Réplique typique – Gaby lui dit : « Vous à qui j’avais fait l’honneur d’élever mes filles »
Scène emblématique – au début du film elle offre des brioches à Suzon à ses propres frais.
Un mythe en référence –
Mammy, une cuisinière à la plantation St. Clare dans « La case de l’Oncle Tom ».

 

Mme Chanel est la dernière au générique. Elle est une des deux domestiques de la maison. Installée là depuis longtemps, elle a élevé Suzon et Catherine, on l’appelle Madame, contrairement à Louise, probablement pour son âge et son ancienneté. Son personnage est très peu développé et ne parle plus dans la seconde moitié du film. Sa fleur, le tournesol est associée au soleil. Le jaune aussi. Une femme noire, le soleil, voici un portrait très psychologique qui nous donne beaucoup d’infos sur Mme Chanel !

Ici on a affaire au cliché de l’Oncle Tom[11], elle est si bonne qu’elle prend sur sa paye pour offrir des brioches à sa petite Suzon qui est comme sa fille. Elle ne se rebellera pas comme Louise, et sera fidèle à Marcel en gardant le silence pendant la seconde moitié du film.

Avec en plus le cliché de la Mama africaine, de la femme plus traditionnelle et proche de son instinct maternel. Gaby lui dit : « Vous à qui j’avais fait l’honneur d’élever mes filles ».  En dehors de l’effet pseudo comique du mot « honneur », cette réplique montre bien la fonction maternelle de Mme Chanel dans  la maison de Marcel.  On la voit aussi gronder Catherine qui n’est toujours pas habillée.

Mme Chanel est tout de même le personnage le plus progressiste et le moins antipathique de ce film. Elle prend souvent la défense des autres, particulièrement Suzon, Catherine et Pierrette. Elle fera son coming-out pour secourir Pierrette qui la rejettera violemment juste après.

Mme Chanel chante «  Pour ne pas vivre seule, on se fait du cinéma. Pour ne pas vivre seule, des filles aiment des filles »

Enfin « aime », ca se règle très rapidement. Dès que Mme Chanel et Pierrette sont mises en présence dans le film, le couple se sépare immédiatement et avec une facilité assez déconcertante. Mme Chanel utilise le verbe « aimer » pour designer ses sentiments pour Pierrette, mais rien a aucun moment dans le film ne montre la moindre expression d’amour entre ces deux femmes. Elles ne se toucheront pas et si Ozon, « ose » faire s’embrasser Pierrette et Gaby ou faire de l’érotisme SM avec Gaby et Louise, il n’ose pas le faire ni de près ni de loin avec Mme Chanel.  Il y a un très court plan la montrant dans sa chambre jouant aux cartes en lingerie avec Pierrette mais ce n’est pas une image érotisée. En fait Mme Chanel incarne la mère et je pense que vu la masse de clichés manipulés grossièrement par Ozon, on a ici affaire à la bonne vieille dichotomie maman-putain qui fait que si Mme Chanel est la maman, elle ne saurait être érotisée. Comme Pierrette est désignée comme une danseuse exotique, et traitée de prostituée plusieurs fois, le couple Mme Chanel-Pierrette est bien ce couple maman-putain, mais Ozon ne va pas plus loin. Il donne à la maman ce que la culture patriarcale veut des mères (pas d’érotisme svp), et il donne à la putain ce que la culture patriarcale veut des putains (de l’érotisme glamour stéréotypé). A aucun moment Ozon n’essaye de retourner ces clichés, ni même de les remettre en question.

La mama et la putain, clin d’oeil lourdingue à Jean Eustache ?

Mme Chanel est fidèle à son maître, elle ne montre pas de respect pour Gaby qui est pourtant son employeuse aussi, on sent que la loyauté de Mme Chanel est toute tournée vers Marcel. Dès qu’elle aura compris le stratagème de Catherine, elle gardera le silence, et sera complice d’Augustine (son coté maman) et Marcel (son coté domestique) pour piéger les autres femmes.

 

 

 

 

 L’orchidée blanche + Blanc (puis noir)= la beauté absolue, le mystère,  les amours secrètes
Chanson N°6 – « A pile ou face ».
Maitresse et domestique de Marcel
Réplique typique – « Parce que Madame sait quelque chose de ma classe ?
Mais puisque vous me le demandez avec autant d’autorité, je n’ai plus qu’à m’exécuter et à suivre la volonté de ma maîtresse.»
Scène emblématique – scène en chambre avec Gaby
Un mythe en référence  – Journal d’une femme de chambre

 

C’est la nouvelle domestique, elle est aussi l’amante de Marcel. En langage des fleurs, l’orchidée blanche est la beauté absolue, le mystère,  les amours secrètes.  Dans une interview, Ozon plaisante au sujet de dinde et de Louise[12] à propos du générique. Traiter des personnages féminins de volaille, et ici faire de Louise, la dinde est une insulte sexiste très traditionnelle. Si Ozon voulait parler de classes sociales avec ce personnage, son intention première était tout de même d’insulter cette figure dès les premières images du film. Louise est ainsi l’occasion de placer quelques boutades sur la lutte des classes. Elle refuse de déborder de sa fonction lorsqu’on lui demande de faire une piqure, cite son contrat de travail.  Pierrette l’accuse de non assistance à personne en danger. Elle dira à Gaby « Chacun sa place,  chacun sa fonction. Où irions-nous si un juge se prenait pour un médecin, ou un épicier pour un ministre[13] » Ici Gaby l’interrompt et lui ordonne de faire la piqure « ca n’a rien à voire avec votre classe !

Louise – « Parce que Madame sait quelque chose de ma classe ? Mais puisque vous me le demandez avec autant d’autorité, je n’ai plus qu’à m’exécuter et à suivre la volonté de ma maitresse

Ici dans les attitudes et le jeu de Béart, il y a une référence à « Stupeur et tremblement », un film qui joue beaucoup sur le sous-entendu lesbien SM. Le côté lutte des classes est déplacé dans un cliché sexuel de soubrettes soumises et maîtresse « Venus à la fourrure »[14] incarné par Gaby. Louise semble demander à Gaby qu’elle lui donne des ordres.

Ce cliché sera enfoncé par la suite, dans la scène de la chambre dont j’ai déjà parlé et qui est l’occasion d’un peu de fétichisme des actrices (et des cheveux), car je pense que ce n’est plus Louise et Gaby qui se désirent et s’affrontent dans la scène, mais bien le fantasme de Ozon de voir Deneuve et Béart s’enlacer. Cette scène est en plus surchargée de références cinématographiques et littéraires sadomasochistes, tel que Buñuel[15], Sacher Masoch, ou la photo de Romy Schneider (qui est même cité au générique ! Photo Giancarlo Botti) ou encore le tableau de Laura[16]. La scène est saturée d’implicite lesbien[17] qui s’explicitera plus franchement dans la scène suivante entre Gaby et Pierrette.

Donc la lutte de classe c’est un prétexte à l’érotisme, surtout qu’on apprend que Louise n’est pas employée pour avoir un salaire, ni pour voir son amant, mais pour le plaisir masochiste de servir sa maîtresse. Drôle de discours sur la lutte des classes. Il y a je pense une sorte d’allusion lourdingue à la dialectique maître-esclave de Hegel[18] mais pour ne rien en dire, juste faire mumuse. J’ai l’impression que la scène de la chambre opère comme un retournement de la relation Gaby-Louise. Louise retire les parties blanches de son costume et se retrouve habillée de noir. Je pense d’ailleurs que la couleur associée à louise est en fait le binaire noir-blanc un peu comme sa chanson « à pile ou face », ou la réplique de Catherine «fausse bonne mais vrai perverse ». En fait Louise est une vampe, c’est encore Catherine qui lui dit. Louise, une fois débarrassé de ses attributs de blancheur, elle montre sa vraie nature. Comme toutes les 8 femmes jusqu’ici, elle n’est pas ce qu’elle paraît être, elle est toujours fausse, menteuse, manipulatrice.  Elle est soumise pour pouvoir dominer, elle est l’amante de Marcel déguisée en femme de chambre, on peu même se demander si elle n’est pas l’amante de Marcel afin d’avoir accès à Gaby. Encore un affreux personnage et j’ai du mal a voir une once de sympathie chez Ozon pour cette femme-là.

 

 

 

La rose rose + le rose = l’amour véritable et tendre
Chanson N°4 « toi mon amour, toi mon amie »
Fille adoptive de Marcel et peut être enceinte de Marcel
Réplique typique – « de toute façon ça m’arrange que Marcel soit pas mon père. Tu jures de le dire à personne !
Ce bébé que j’ai dans le ventre, bah c’est Marcel qui me l’a fait. »
Scène emblématique – Dans la chambre avec Catherine
Un mythe en référence – Les filles de Lot & Dolores Haze

 

Suzon est la fille ainée de Gaby, la rose rose qui est sa fleur totem est le symbole de l’amour véritable et tendre. Elle arrive de Londres et est enceinte. On apprend qu’elle est enceinte de son père, mais elle apprend aussi que son père biologique est un autre homme.  Au sujet de ceci elle dira à Catherine :

 « de toute façon ça m’arrange que Marcel soit pas mon père. Tu jures de le dire à personne ! Ce bébé que j’ai dans le ventre, bah c’est Marcel qui me l’a fait. »

Voyons la chanson de Suzon qui danse avec un nounours devant une jolie fenêtre :

« Toi mon amour, mon ami

Je ne peux vivre sans toi

mon amour, mon ami

Quant je rêve c’est pour toi

mon amour, mon ami

quant je chante c’est pour toi

mon amour, mon ami…. »

Pour qui chante Suzon ? Qui est cet amour, cet ami ? Encore Marcel, son gentil papa qui l’a mise enceinte mais qu’elle aime d’un amour véritable et tendre de fraiche rose. Ou alors Suzon ment, c’est peut être pour ca que la mort de son père l’arrange, elle peut lui faire porter le chapeau et si elle l’accuse de viol et d’inceste au passage ça ne semble pas beaucoup l’émouvoir, ni émouvoir personne d’autres d’ailleurs,  et sûrement pas Catherine sa confidente qui défend inconditionnellement son père.

L’option 1 – Suzon est mise enceinte par son père.

On a l’impression que c’est consenti et ca ressemble beaucoup à l’histoire des filles de Lot[19], qui est un retournement de l’inceste très typique du patriarcat, faisant de l’inceste, le viol du père par ses filles et jamais l’inverse.  Cette impression est renforcée par le fait que Suzon en dehors de cette accusation ne dit d’autre part que du bien de son père et chante une chanson d’amour sans qu’on sache à quel homme elle s’adresse (son père incestueux ou Farnoux ou un anglais inconnu nous ne serons jamais). Alors certes il peut arriver que des victimes d’inceste ou de viol déclarent aimer leurs agresseurs, mais ne montrer que ceci sur l’inceste est particulièrement dangereux tant il est encore difficile pour les victimes de se faire entendre par la justice et par le public encore en 2013.

Dans le film Suzon semble avoir la majorité. Par contre on ne sait pas depuis combien de temps Marcel-Dieu le Père connaît bibliquement Suzon.  On sait que dans la maison de Dieu, les 8 femmes écoutent aux portes, comment croire que les 7 autres femmes ne savaient rien ? D’autre part je reviens ici sur ce que j’ai dit sur Pierrette, puisque Marcel couche avec sa fille, sa bonne, (mais plus sa femme) pourquoi pas sa sœur ? Ozon sera juste évasif sur ce point. Le public aura toujours le choix de prendre le père pour une victime ou un bourreau ou les deux. On aura subi de toute façon 1h30 de clichés sexistes.

L’option 2- Suzon est une menteuse.

Elle accuse un innocent (en plus son père adoptif) pour couvrir son amant (probablement Farnoux, j’expliquerai pourquoi plus tard). Là c’est encore un gros cliché sexiste, la fausse victime, c’est encore plus dégueulasse que l’option 1 pour le personnage de Suzon à mon avis. Ca rend Marcel moins immonde, mais ca fait de Suzon un personnage totalement odieux.

 La tirade finale de Catherine est édifiante :
« Pour couronner le tout, Suzon, sa fille, clandestinement arrivée de Londres, lui apprend qu’elle est enceinte. »
Alors j’imagine qu’il y a une recherche de comique dans cette manière de présenter les choses. Je trouve que c’est grave. Enfoncer des clichés tel que la calomniatrice ou l’incestueuse, sans les remettre en cause pour faire rire, je trouve ca critiquable. Le cliché de la victime d’inceste ou de pédo-viol qui provoquerait, ou aimerait son agresseur, est très répandu et depuis longtemps vu qu’il est dans la Bible. L’usage courant du nom Lolita en est la preuve supplémentaire[20].

On ne saura jamais si Suzon dit la vérité, le spectateur est libre de la prendre pour une menteuse, une incestueuse consentante, une victime de viol. Lorsque Suzon apprend que Marcel n’est pas mort, elle s’évanouit : est-ce de peur de savoir son père incestueux encore en vie ou de peur d’être mise à jour car elle serait une fausse victime, une affabulatrice qui profite de la mort de son père pour couvrir son amant et n’a aucun scrupule a salir sa mémoire ? Soit Suzon est une victime bafouée par toutes et tous, soit elle est une ingrate sans scrupule, l’alternative n’est pas réjouissante. Elle se fera de toute façon berner comme toutes les autres.

 

 La marguerite + vert = jeunesse et innocence
chanson N°1 – « papa t’es plus dans le coup ! »
Fille de Marcel
réplique typique – «  C’est bon de se sentir une femme et plus une petite fille que personne ne prend au sérieux.
Maintenant on m’écoute, on a même peur de ce que je dis »
Scène emblématique – Monologue final
Un mythe en référence – Barbe Bleu et Cassandre, les Pythies

Catherine est toute dévouée à son papa chéri. Elle dira à la fin vouloir le sauver « à tout prix ». Elle est l’archétype de la curieuse et est celle qui est le plus brutalement punie car son père adoré se tire une balle devant ses yeux. En voulant savoir la vérité et la révélé au jour elle pousse son père au suicide. C’est elle finalement le véritable monstre.

 

Catherine, est tout le long du film, la femme la moins antipathique, la plus « épargnée » des moqueries d’Ozon, mais le coup de théâtre final montre toute la duplicité de ce personnage. Catherine est en fait la plus manipulatrice de toutes, la plus malicieuse et la plus menteuse, on pourrait la qualifier de machiavélique.  Tout le film est en fait une mise en scène d’un complot de Catherine contre les 7 femmes et qu’elle fomente dans le but d’avoir l’exclusivité de Marcel. Dans la scène du dévoilement à la fin, on se demande même si elle ne veut pas coucher aussi avec son cher papa, tellement le désir de s’en attribuer l’exclusivité est intense.

Catherine est celle qui tient les clefs, et garde les secrets. Elle est celle qui connaît et dévoile toute la vérité. Elle a beaucoup de ressemblance avec les pythies[21] grecques, des oracles vierges. Et comme Cassandre qui dit la vérité, elle sera punie très lourdement.

Catherine avec Augustine est une figure de la virginité. Catherine affirme plusieurs fois vouloir être une femme. Être une femme est à prendre dans plusieurs sens, mais chez Catherine, avoir une expérience sexuelle semble fondamental, comme on le voit à plusieurs reprises et en particulier dans la scène de la chambre entre Suzon et elle. Elle cherche « La Connaissance ». Catherine demande à sa sœur ce qu’on ressent lors d’un acte sexuel.

Elle confiera à sa sœur «  C’est bon de se sentir une femme et plus une petite fille que personne ne prend au sérieux. Maintenant on m’écoute, on a même peur de ce que je dis ».  Je passe sur le côté humour cynique du « on écoute les femmes » en particulier chez Ozon, pour insister sur le fait qu’elle ne veut plus être une enfant.

Catherine est toute dévouée à son père, et le reste du temps elle voudrait bien un homme pour faire d’elle une vrai fâme et pas un frigidaire. Il y a aussi tout un sous-entendu œdipien lorsqu’elle affirme être prête à tout pour son papa, sachant tous les sous-entendu sur ce sujet qui émaillent le film cette interprétation me semble assumée par Ozon.

 —

 Voici les 8 femmes, on a tout de même très peu d’éléments pour avoir de l’empathie pour ces 8 femmes. Ce qui se dégage de ces 8 portraits, c’est que les femmes sont rivales, incapables de la moindre solidarité. Que tout ce qui les motive c’est l’argent qu’elles peuvent prendre aux hommes et leur penchant atavique pour le mensonge. La liste des vices des 8 femmes est longue et enfoncé lourdement tout le long du film. Je ne vois pas comment trouver ces femmes aimables, mais si vous avez des exemples à donner en ce sens, n’hésitez pas à commenter.

 

 

II – Marcel & Jacques – Dieu & Diable – François & Thomas.

 

Marcel et Jacques n’apparaissent pas vraiment dans le film. On ne parle que d’eux, on ne chante presque qu’eux, tout ce petit monde de femmes tourne autour de ces deux hommes, sans qu’ils aient à bouger le petit doigt. Les femmes font tout pour les servir sans que ceux-ci aient besoin de se salir les mains. C’est le moment où l’oppression est si bien établie que ce sont les dominéEs elleux-mêmes qui agissent contre leur intérêt au profit des dominants.  Ici les 8 femmes sont les servantes des hommes.

Les 8 femmes sont en fait le petit harem de Marcel, des pions qu’il s’amuse à bouger selon son plaisir. La pirouette finale en fait une victime totale par son décès après en avoir fait la victime de toutes ces 8 femmes vénales, menteuses, possessives…

 

Il n’a pas de fleur le pauvre Marcel, et on ne sera jamais quelle volaille Ozon lui aurait collé, mais il a tout de même le droit à être cité au générique. Il est le chef, de maison, de famille, d’entreprise. Le père sacrifié, la victime de toutes ces horribles femmes.

Ce que savons nous vraiment de Marcel :

Il fait vivre 7,5 femmes, pourvoyant à leurs besoins matériels (le 0,5 restant est pour Pierrette qui le taxe mais semble pouvoir subvenir à ses besoins sans Marcel, mais pas sans hommes tout de même) sans manifestement leur demander grand chose en échange. Il a élevé Suzon tout en sachant qu’elle n’était pas sa fille biologique. Il semble être proche de Catherine. Il aime la jeunesse. Ne couche plus avec sa femme. Et il est un peu naïf puisque son associé est un escroc qui le ruine et les 8 femmes qu’il entretient ne semblent pas lui rendre sa mansuétude.

Bref, pas un si mauvais bougre ce Marcel.

Ce que nous pouvons supposer de Marcel :

Tout le long du film, il y a des soupçons qui sont mis autour de lui, mais jamais ni confirmés, ni invalidés. Ainsi Marcel pourrait être incestueux et pédophile. Il est sous-entendu qu’il coucherait avec sa sœur, sa bonne, et ses filles. Vu que ces accusations sont portées par les 8 femmes, 8 menteuses comme je l’ai montré précédemment, on peut ainsi balayer toutes ces accusations et faire de Marcel un brave type, victime de 8 méchantes femmes.

Puisqu’Ozon ne sera jamais clair, on ne saura jamais si Marcel a violé sa fille, sa sœur, s’il est la victime de sa bonne nymphomane ou si c’est sa femme qui le rejette ou lui …
Le spectateur est libre de faire son histoire misogyne ou pas. Puisqu’Ozon nous sert du cliché misogyne à la pelle (femme-fauve, putain, belle-mère acariâtre, crêpeuses de chignons, nymphomanes,  voleuses, jalouses, indiscrètes, langue de vipère, sorcières…) mais que rien ne vient les contrebalancer, rien ne contredit que les femmes soient cela, finalement le film ne tient que ce discours.

Comme il est tout puissant, le maître, le chef, le payeur, le père… je parle de lui comme d’une figure de Dieu. Il est invisible, mais il commande à toutes, et toutes ne vivent que par son bon vouloir.  Les 8 femmes sont les créatures de Marcel et Marcel est le créateur des 8 femmes. Ozon veut tuer le père, il fait ca aussi dans Sitcom, ça a l’air d’être une lubie chez lui. Le film 8 femmes commence et finit par la mort du père. Une mort fictive, et une mort « réelle » pour finir. Et quant le père meurt, rien ne va plus, les 8 femmes sont livrées au chaos, elles se battent, se roulent par terre, se tirent dessus, se volent, se crêpent le chignon, les domestiques deviennent les maîtresses … et quand il re-meurt, à la fin, les 8 femmes font une petite danse macabre, pas loin d’un sabbat des sorcières et vu ce qui a précédé, on imagine que cette solidarité dans le deuil ne sera pas longue à voler en éclat. Voilà ce qu’est une maisonnée sans son maître. On est ici dans le mythe du bon tyran, du tyran éclairé. L’idée qu’il faut absolument un chef, en particulier un chef pour les femmes, qui sont incapables de vivre ensemble sans un mâle pour commander est particulièrement fâcheuse, encore du sexisme bien lourd. En laissant le spectateur dans le flou, Ozon laisse les misogynes trouver leur compte, que les autres se débrouillent avec le 38ème degré de lecture.

 

Vous me direz que j’exagère de parler de M. Farnoux, on ne le voit jamais, et il n’est même pas au générique et il n’a pas de fleur totem. Je pense pourtant qu’il est très important dans l’histoire, en tout cas selon certains niveaux de lecture de l’histoire. Jacques est l’homme de l’ombre. L’ombre de l’homme invisible, c’est dire si il est discret cet homme là.

Pourtant Jacques est le grand gagnant de l’histoire.

Ce que nous savons vraiment de Jacques :
Il est l’associé de Marcel. L’amant de Gaby et de Pierrette. Il est celui qui récupère l’argent de Marcel et est enrichi par la ruine de celui-ci.

Ce que nous pouvons supposer de Jacques :
Il est l’amant de Suzon, qu’il a peut-être mise enceinte, peut-être aussi son père biologique vu qu’on ne sait pas depuis combien de temps il est l’amant de Gaby et l’associé de Marcel. Cette supposition n’est pas explicitée dans le film, mais vu que ce petit monde de 8 femmes et 2 hommes semble totalement clos, je me permets ces suppositions. De toute façon ça change pas grand-chose à l’histoire.

Alors comme il est l’associé de Marcel, alias Dieu, je l’appelle le Diable, parce que je trouve ca rigolo. Et puis Jacques Farnoux est le plus malin au final car c’est lui qui part avec le beurre, l’argent du beurre et les fessiers des crémières. En fait si dieu Marcel ne surveille pas ses 8 femmes, elles se précipitent dans les bras du diable et font voler en éclat le bel équilibre du monde Marcelo-centré.

Jacques Farnoux est encore plus puissant que Marcel, car il agit sans jamais être là, comme un manipulateur de l’ombre de l’ombre et c’est à mon avis significatif. L’homme n’a pas besoin d’apparaître pour être le maître de l’action. Les 8 femmes se soumettent à lui sans qu’il ait besoin de dominer. Ses créatures sont tellement aveugles qu’elles agissent à sa place en son intérêt.

Marcel est un manipulateur manipulé par un autre manipulateur encore plus manipulateur.

Je pense qu’Ozon s’imagine dans la figure de Marcel. Je pense à cela à cause de son jeu récurrent de références qui renvoient à Ozon le réalisateur qui fait mumuse dans son film. Puisque dans son histoire, il fait plein de clin d’œil savant pour les cinéphiles initiés, c’est qu’il parle en tant que réalisateur de l’objet film. Le dispositif « théâtre filmé » est aussi très récursif, puisqu’il questionne les limites du genre cinéma et du genre théâtre. Il donne de l’importance à ces actrices en tant qu’actrices et non en tant que personnages, et si les personnages sont les actrices, le réalisateur, le metteur en scène n’est pas loin. Si 8 femmes est en fait 8 actrices, Marcel-Jacques sont en fait Ozon et peut être Robert Thomas, l’auteur de « mon curé chez les nudistes » et de la pièce.

Le personnage de Jacques Faroud est le sommet du sexisme d’Ozon. Oublions un instant mon histoire de Ozon=Marcel, ce n’est pas utile ici. En fait on peut se dire que les 8 femmes sont certes bien idiotes, et on pourrait croire que c’est méchant pour les femmes, mais en fait celui qui les manipule (Marcel) est lui même un idiot puisqu’il est manipulé aussi par plus fort que lui (Jacques). C’est donc aussi méchant pour l’homme puisqu’il est finalement aussi stupide que les femmes. En fait c’est une pirouette assez grossière et courante. Pour camoufler sa misogynie on fait semblant d’être misanthrope. En fait Ozon veut faire croire que après 1h30 de gros clichés misogynes, il suffit d’un petit retournement final perceptible au 38ème degré de lecture pour nous faire avaler la pilule. Par ce stratagème, Marcel est aussi idiot que les 8 femmes, tout le monde est à égalité. Je ne suis pas certaine de bien pouvoir expliciter cette idée, je vous propose une interview de Léo Ferré pour illustrer ce que j’essaye de dire ici. http://youtu.be/SN6UIoyX0ho

 

Vous pouvez voire l’œil éteint de Ferré quant on lui parle de misanthropie, oui il est misanthrope mais sans passion, et soudain son œil qui brille lorsqu’il peut baver toute sa haine pour les femmes, qu’il semble haïr de tout son cœur. « La misogyne, ca c’est intéressant… ».

Cette petite interview est je crois plus parlante qu’un long discours. Je pense qu’Ozon essaye le même subterfuge, feindre la misanthropie pour camoufler sa misogynie. C’est l’hypocrisie la plus totale.

 Mais en fait Ozon, tout comme Ferré, ne sont pas misanthropes, car ils ont tout de même une très haute estime d’eux mêmes à moins qu’ils ne se pensent pas comme des êtres humains, mais comme des dieux (des créateurs, des auteurs ou des hauteurs). D’autre part si ils méprisaient véritablement l’humanité dans son ensemble, ils ne feraient pas des films ni de chansons et ne trouveraient aucun intérêt à s’adresser à un public composer fatalement des humains qu’ils disent pourtant haïr.

 

 

III – Le jeu des degrés

 

Le film d’Ozon peut être compris selon plusieurs niveaux de lecture, d’interprétation et de mise en abyme. Je vais essayer d’en montrer quelques-uns, puisqu’Ozon aime bien jouer sur les niveaux de sens, jouons avec lui. Pour le moment de tous ceux qui me viennent, je trouve qu’à chaque fois ils sont sexistes. Je ne prétends ni a l’objectivité ni a l’exhaustivité, si vous avez d’autres niveaux de lecture à proposer n’hésitez pas à le faire dans les commentaires.

 

Niveau 1

Les 8 femmes sont 8 sorcières et Marcel-Dieu n’est qu’une victime de leur sorcellerie. C’est en voyant le spectacle de toutes leurs malfaisances que Marcel a préféré la mort. L’idée que les femmes sont toutes des salopes, des sorcières et des garces dont les pauvres hommes sont les éternelles victimes est le B.A.-BA de la misogyne. = sexisme

Niveau 2

C’est juste une histoire pour faire joli, joliment filmée avec des actrices glamour, des chansons rétro, des clins d’œil pour cinéphiles et des stéréotypes grossiers sur les femmes. Les 8 femmes sont ici 8 potiches, assorties au papier peint et qui servent à se taper la cuisse entre gens qui savent que vous savez que je sais que nous savons que nous ne sommes pas des gens comme ça = sexisme

Niveau 3

Les 8 femmes sont 8 victimes idiotes de Dieu qui est un grand manipulateur. Le mauvais caractère des 8 femmes n’est pas effacé de ce degré de lecture, et c’est leur bêtise, leur aveuglement, leur rivalité qui les rend manipulables. Ici on a affaire à 8 idiotes, dans le meilleur des cas des marionnettes = sexisme

Niveau 4

Dieu le grand manipulateur est en fait lui même idiot aussi car ses créatures et lui sont en fait manipulées par son diable d’associé, Jacques Farnoud qui se retrouve vainqueur de l’intrigue après avoir ruiné, cocufié et peut être mis sa fille enceinte. Ajouter ici aussi l’excuse de la fausse misanthropie après avoir bavé sur les femmes pendant 1h30 dont je parlais plus haut = sexisme

Niveau 5

Le grand manipulateur invisible qui se joue de Marcel et des 8 femmes est Ozon himself, et il manipule ses actrices comme des marionnettes, ainsi que du spectateur, il joue de leur image médiatique, parfois en décalage ou pas avec les particularité de ces actrices. C’est méprisant pour ces personnages, et ses actrices. Il leur fait en plus exécuter de ridicules chansons et pas de danse, ainsi que la danse macabre finale. Il réalise ses fantasmes comme je l’ai expliqué pour les scènes « lesbiennes » et il nous fait en plus l’exhibition de ses grande connaissances cinématographiques histoire de se faire mousser dans le milieu. Dire et montrer les pires horreurs sur les femmes juste pour faire un bon mot ou un petit exercice de style  = sexisme encore et encore.

Niveau 6

Maintenant je reviens à Marcel=Ozon. Si Marcel est Ozon et qu’il est manipulé par Farnoux alias le diable, alias  Robert Thomas, ça veut dire qu’Ozon se décharge de la responsabilité de son affreux film, sur son « véritable » auteur, M.Thomas. Ozon fait ça déjà avec ses actrices : « Cependant je n’ai pas voulu trop insister sur les allégories, ce n’était pas ma volonté première. J’ai simplement demandé à Catherine Deneuve quelques conseils, car elle adore la botanique…» dit il dans un interview. Ainsi ce n’est pas lui François qui a choisi ses symboles immondes de fleurs stupides, c’est Catherine, et c’est pas lui qui fait un film aussi rance et dégueulasse sur les femmes, c’est Henri qui a commencé. En plus de 5 niveaux de lecture bien bien sexistes, il n’assume même pas sa propre œuvre. Qui a forcé ce pauvre Ozon à adapter une pièce de théâtre aussi réactionnaire, désuète et stupide ? Pas moi en tout cas. Et personne n’a demandé à Ozon non plus de respecter aussi fidèlement cette pièce de caniveau.  Dans ce 6ème niveau de lecture, non seulement Ozon se fout de la gueule de ses personnages, de ses actrices, de l’auteur de la pièce, mais aussi du public, comme ça personne n’est oublié. En fait le seul de qui Ozon ne se moque pas c’est de sa petite personne de petit malin cinéphile qui se croit plus intelligent que tous les autres.  Ici on pourrait croire que ce n’est pas sexiste, vu que le public n’est pas exclusivement féminin, mais comme cette interprétation n’efface pas les 5 niveaux précédents, tout ce que j’ai dit auparavant est toujours valable.

Je pourrais vous faire des niveaux de lecture à thématique à la pelle, genre la métaphore SM dans 8 femmes ou ce qu’on voudra. Je pense qu’avec 6 niveaux c’est déjà pas mal et je suis bien fatiguée de connaître autant « 8 femmes » maintenant que j’ai écrit cet article.

En ce moment à Cannes, Ozon nous fait grâce d’un « Jeune et jolie » qui va nous narrer les joies de la prostitution des mineurs, et l’épanouissement sexuel et affectif de gamine de 17 ans qui rêve toutes d’avoir l’affection de vieux mâles en rut plein de €€€. Un sujet tellement urgent, rare et nouveau, qu’il fallait le produire avec plein de €€€, et le tourner avec une « égérie » de la mode en guise d’actrice, et le sélectionner pour la palme du cinéma phallo-centré. Bref du bon cinéma de dominants, qui montre au public à quel point il est important de bien se soumettre aux pères, aux réalisateurs, aux auteurs, aux jurys. Un cinéma qui montre à quel point les dominants n’ont pas le choix de dominer, ils dominent pour rendre service aux dominés. Les soumis se soumettant tout seul sans qu’on le leur demande, comme dans « 8 femmes ».

Merci à vous de m’avoir lue.

Meg


[2] E. N : Au générique chaque femme est symbolisée par une fleur …
François Ozon : « J’ai en effet associé pour chaque actrice une fleur : par exemple Firmine Richard est associée à un tournesol. Au départ chaque actrice devait être symbolisée par une volaille. Emmanuelle Béart devait être ainsi une dinde… (rires). Puis je me suis très vite ravisé, j’ai préféré être plus galant…
La fleur fait davantage travailler l’imagination, joue l’aspect métaphorique. Rien n’est hasard : la blancheur de la pâquerette d’Emmanuelle Béart évoque bien évidemment la pureté. Cependant je n’ai pas voulu trop insister sur les allégories, ce n’était pas ma volonté première. J’ai simplement demandé à Catherine Deneuve quelques conseils, car elle adore la botanique…» http://www.ecrannoir.fr/films/02/8femmes/interview.htm

[4] Rappel du test Bechdel : Au moins deux personnages féminins avec un nom, qui parlent ensemble durant plus d’une minute, et qui parlent D’AUTRE CHOSE que des hommes.

 

[6] sur le mythe de la femme-féline lire ceci :  http://culturevisuelle.org/detresse/archives/20

[10] Je cherchais un texte de D.H.Lawrence « Pornography and obscenity » (1929) et publié en France chez les Milles et une nuits. J’ai malheureusement prêté mon exemplaire à je ne sais plus qui. Il y a un paragraphe très intéressant sur la symbolique de la femme-fleur. En dehors de la métaphore de la beauté, de la jeunesse, il expliquait que l’idée même de femme-fleur est une insulte au sexe des femmes. Une fleur se fâne quand on la touche, la femme fleur est une fleur tant qu’elle est vierge (pure, immaculée) faisant de la sexualité une salissure, une déchéance pour les femmes. C’est d’ailleurs contenu dans le mot « vierge » qui veut dire pureté, blancheur et hymen intact, ce qui sous-entend qu’une femme qui n’a plus l’hymen intact n’est plus pure, blanche, elle est salie, fanée.

[11] L’oncle Tom, ou afro-américain trop désireux de plaire aux Blancs (personnage de l’oncle Tom). Stowe voyait Tom comme un « héros noble ». L’image de Tom représenté comme un « imbécile servile s’inclinant devant les Blancs » provient manifestement des adaptations scéniques du roman, sur lesquelles Stowe n’avait aucun contrôle. Dans 8 femmes, Mme Chanel est plus proche de Mammy, une cuisinière à la plantation St. Clare. http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Case_de_l%27oncle_Tom#R.C3.A9actions_contemporaines

 

[13] il y a une référence à la révolution française, le ministre épicier est http://fr.wikipedia.org/wiki/Antoine_de_Sartine Une référence à la guillotine « Détesté pour son usage « arbitraire » des Lettres de cachet, stigmatisé par les libellistes, inquiété par les événements de 1789, il émigre dès 1790 en Espagne où il meurt sans revoir la France. Il évite ainsi le sort de son fils, Charles-Louis-Antoine de Sartine, et de sa bru, qui, restés à Paris, seront guillotinés sur l’échafaud au procès des chemises rouges, le 29 prairial an II (17 juin 1794). »

[14] Venus à la fourrure, roman de Sacher Masoch, fondateur du masochisme et qui donna son nom à la pratique. http://fr.wikipedia.org/wiki/Sacher_Masoch

[19] Loth et ses filles se réfugient dans une grotte de la montagne. L’aînée, s’inquiétant de ne pas trouver d’hommes dans le pays, enivre son père pour s’accoupler avec lui sans qu’il le sache, et incite sa cadette à faire de même. Les deux filles tombent enceintes : l’aînée donne naissance à Moab, et la cadette à Ben-Ammi.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Loth

 

[20] Dans le roman de Nabokov, c’est le point de vue de Humbert Humbert, le pédo-criminel, violeur de Dolorès que partage le lecteur. Humbert Humbert est le narrateur, il passe le roman à mentir au lecteur et à lui-même, il fait croire que Dolorès est Lolita alors que Lolita n’est que son alibi pour ne pas voir l’horreur de son propre crime, Lolita est le fantasme de Humbert Humbert, elle n’existe pas en dehors de la vision du pédocriminel. Lolita est justement un roman à multiples niveaux de lecture, mais ces niveaux sont très bien articulés ce qui est très très loin d’être le cas pour Ozon. L’expression populaire fait qu’une Lolita dans le langage courant, ce n’est pas une victime de viol, c’est une jeune fille aguicheuse.  On se souvient de Lolita, pas de Dolorès Haze. Dolorès est  victime de Humbert Humbert mais aussi des lecteurs qui sont resté au premier degré et qui semble nombreux vu l’usage du mot Lolita. Pour poursuivre la réflexion sur ce sujet lire ceci http://www.prostitutionetsociete.fr/cultures/divers/l-eternel-detournement-de-dolores

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116 réponses à 8 femmes, créatures et créateurs

  1. Hé bien en voilà une « drôle » d’interprétation de ce film !
    Vous ne parlez même pas de l’influence certaine de Jacques DEMY sur OZON, je cite : « Les 8 femmes sont ici 8 potiches, assorties au papier peint » courez vite voir l’exposition Jacques DEMY à la Cinémathèque de Paris vous ne pouvez absolument pas manquer le rapprochement !
    Il faut voir autre chose qu’un film « sexiste », ce film est beau, bien préparé, bien réalisé, les fleurs et les couleurs sont effectivement choisies avec précision et apportent beaucoup.
    Pour ce qui est du sexisme, oui il y en a, mais nous vivons dans une société sexiste ; chacun s’arrange comme il peut. Etant considérée comme « féministe » par mon entourage parce que je parle parfois des luttes des femmes de ma génération (même âge que Catherine DENEUVE)afin que les libertés difficilement acquises ne disparaissent pas, je ne baisse pas les bras. Lorsque nous élevons des enfants des deux sexes est-il si difficile de leur inculquer le respect de l’autre, masculin et/ou féminin ?

    • oui c’est vrai que j’ai fait l’impasse sur Demy, ca change pas grand chose à mon propos. Demy avait deux differences fondamentales par rapport à Ozon, d’une : il ne fait jamais chanter ses acteurEs et utilise de véritables chanteurEs pour le parties chantées et d’autre part, il montre un peu d’affection pour ses personnages, alors que Ozon n’est que dans le mépris de ses personnages, actrices et public…

      Sinon pour le sexisme qui serait dans notre société, je ne dit pas le contraire. Je proteste par contre contre celleux qui perpétuent et enracinent ce sexisme dans la société, tel qu’Ozon par exemple à travers ses films et ses interviews.

      • Outre le fait que vos « analyses » sont régulièrement horripilantes, et que je n’ai pas le temps ni l’envie de discuter de ça avec vous, je note tout de même une énormité dans ce que vous dites ci-dessus : n’importe quel pékin sait que Demy faisait vraiment chanter ses acteurs et actrices et ne faisait pas appel à de vrais chanteurs ou chanteuses pour les doubler.

        • Pour les Parapluie de cherbourg il y a des doublures chant

          http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Parapluies_de_Cherbourg#Berthom.C3.A91996

          Dans Peau d’ane aussi il y a une doublure. Je cite wikipédia

          « Les comédiens principaux sont doublés pour les chansons comme dans les précédents films de Jacques Demy. Ainsi Catherine Deneuve, qui avait été doublée par Danièle Licari dans Les Parapluies de Cherbourg (son premier film musical avec Jacques Demy), l’est ici par Anne Germain, comme dans Les Demoiselles de Rochefort (1967)8. Jacques Perrin est quant à lui doublé par Jacques Revaux, comme dans Les Demoiselles de Rochefort, et Delphine Seyrig par Christiane Legrand, bien qu’elle ait enregistré la chanson de la fée des Lilas »

          Le pekin moyen vous salut bien.

  2. pathétique. Evidemment que le film est mysogine, c’est annoncé dès la premièr scène. Mais l’homme, le mâle, y est décrit sous une forme tout aussi sympathique : baiseur, magouilleur d’affaires, quasi incestueux, dépressif et manipulateur. Toutes les comédies de boulevard brossent des portraits sur des préjugés populaires et des caricatures, le mari volage, l’homo sensible et amusant, la femme vénale… Malgré ça, Ozon et l’auteur de la pièce ont été assez aimable pour nous épargner d’une réalité bcp plus dramatique : les bobos des années 50 étaient pire que ça, et ça n’a pas changé, les femmes courent après la dote, les mariages sont arrangés, l’homosexualité est très mal vu, l’inceste pas moins courant qu’ailleurs. Le film dénonce tout cela, et nous offre en prime une merveilleuse scène de transformisme Hitchcockienne d’Emanuelle Béart en lesbienne SM blonde péroxidée chaude comme la braise. Ce film expose, sous le vecteur d’un milieu haute bourgeoisie française, proprette en apparence et pourrie de l’intérieur, une famille supeficielle, et assassine le principe de famille. Pas un personnage du film n’est épargné, et surtout pas le seul représentant masculin. Le film n’est pas mysogine, mais anti-famille. C’est le cercle familial qui y est caricaturé, sous le vecteur bobo. Reste la scène de la partie de cul entre nos poufiasses de services, Deneuve et Ardant, drolesque, et tout aussi pathétique que cet article. Film à revoir, car profondément drôle ; tout est propre, tout est bien rangé, tout est à sa place, et derrière se cache un joyeux bordel où tout le monde baise avec tout le monde.
    cdt,

    • Vous m’avez mal lu, je précise bien que le personnage de Marcel est épargner dans ce « tableau de famille ». Le fait que Marcel soit « baiseur, magouilleur d’affaires, quasi incestueux, dépressif et manipulateur. » est douteux dans la construction de l’histoire puisque ce sont uniquement les femmes qui l’accusent et que tout le film montre que les femmes mentent perpétuellement. Puisqu’elle mentent toutes, Marcel n’est donc probablement pas baiseur, magouilleur d’affaires, quasi incestueux, dépressif et manipulateur.

      • Je suis désolé, mais bon :o) :
        – baiseur : sa femme, sa bonne, sa belle-fille, sa maitresse. c’est déjà pas mal !
        – magouilleur : il m’avait semblé entendre des trucs pas très clair sur ses affaires.
        – inceste : baiser sa belle fille avec un ascendant de père, pour moi, c’est de l’inceste.
        – dépressif : il organise son propre suicide ! Il vit reclu dans une piaule triste à mourir, je sais pas .., mais bon, à mon avis … :o)
        – manipulateur : idem, il organise sa propre mort, fait des truc en cachette, …

        Bref. On peut y voir une allégorie dans ce film, celle de l’auteur lui-même, entouré de tous les personnages féminins de ses propres pièces, et qui délire jusqu’à se donner la mort. C’est tout ça qui est amusant dans ce film, pour ma part, c’est ce que j’y ai vu, avant toute forme de mysoginie, les débats d’un homme en proie avec ses fantômes … de femmes, qui finissent par l’assassiner malgré lui. C’est bien la femme qui remporte le combat, enfin, il me semble qu’au final, il ne reste que des femmes, non ?
        Cdt,

        • c’est vous Val qui accablez Marcel.
          pour le baiseur
          – sa femme- il ne la touche plus
          – sa bonne – il est infidèle, mais tous les perso le sont
          – sa belle-fille – il n’ a que Suzon qui le dit une fois qu’elle sait son père mort, on peu penser qu’elle ment
          – sa maitresse, vous voulez dire sa sœur je pense, là aussi que des soupçons jamais confirmés.
          pour le magouilleur
          ce qui est clair c’est qu’il s’est fait roulé par son associé.
          pour l’inceste
          – on est pas sûr dans l’histoire
          pour le dépressif
          il n’organise pas vraiment, c’est Catherine qui a cette idée.
          pour le manipulateur j’en parle longuement dans l’article, je ne vais pas vous faire un copié-collé des parties 2 et 3.

          pour la métaphore j’en parle aussi dans la partie 3 en particulier niveau 6.
          sinon à la fin il n’y a que des femmes en effet et elles sont bien triste et penaudes, pas du tout victorieuses.

        • C’est un être torturé, un créateur, que voulez vous ? De plus, entouré de toutes ses harpies il est tout excusé voyons, le pauvre, quand bien même il serait tout ça, il n’aurait pas eu le choix. Et puis de toute façon, les accusations étant uniquement à sa charge, on ne saura jamais si une quelconque de ses tares est vérifiable. Soyons démocrates et respectons le principe de présomption d’innocence… Ce qui en revanche ne va guère dans le sens d’Ozon, par contre.

          Surtout quand on l’entend ses derniers jours asséner tranquillement à Cannes que le sexe tarifés est, bien sûr, un fantasme féminin universel. Et pas du tout masculin sous entendus. A mes yeux rien ne le rachète.

          • Argh ! Désolé de sembler troller ce blog, si c’est le cas, milles excuses.
            Mais enfin bon, quoi .. :o) c’est pas nouveau que le cinoche français est conservateur, Ozon répond à la demande … d’un pays profondément conservateur. La critique de cinéma, est ici aussi un acte profondément conservateur. 3eme degré.
            Ozon, digne héritier du cinéma des français de Chabrol. C’est sûr. Y’a pas photo. Mais le film reste marrant. Perso, si je vais voir un film de Tarantino, je ne vais pas m’attendre à y voir autre chose qu’un truc violent, bourré d’humour noir et plein de cliché (voire également raciste).
            Si tu vas voir un Ozon, faut pas t’attendre à y voir du Godard. Comme le dit Tarantino « c’est ça le cinéma ».
            Ozon a filmé ces 8 femmes là, précisémment, pour ce qu’elles sont. Deneuve, en lesbienne refoulée, ça c’est drôle. Deneuve étant elle même une lesbienne « non déclarée », ça faisait coming-out, moi j’ai trouvé ça drôle. Emouvant la scène de Béart qui se décoiffe, pour nous faire une scène sado-maso juste derrière. C’est du cinema ! Mais c’est également bien là que le pb. évoqué demeure : pratiquement tout le cinoche occidental fait de la femme un objet, et nous produit des genres hyper-sexualisés.
            Pourquoi Ozon serait pire que les autres ? Critiquer Ozon dans une rubrique de cinoche, c’est déjà croire qu’il fait du cinema autrement que ce qu’on nous vend actuellement.
            « 8 Femmes » fait passer la digestion du soir entre 2 page de pub., et il le fait très bien. :o) Cdt,

          • vous inquietez pas Val, je ne prend pas vos remarques pour du troll, je me serais peut-être passée du « pathétique » dont vous m’avez gratifiée en guise de bonjour, mais passons.

            Je n’ai pas dit que Ozon était le pire, je ne l’ai pas comparé à l’ensemble de la production cinématographique depuis l’origine de la vie sur terre non plus. Je n’ai pas dit non plus qu’il était le seul à faire du ciné sexiste, ni rien de ce genre.

            Vous constatez comme moi que la société dans son ensemble est sexiste, nous voilà en accord sur un point. Partant de ce point, j’ai fait le choix de donner un exemple du sexisme « ordinaire » qu’on peut trouver par exemple dans un film populaire tel que 8 femmes. J’explique pourquoi et comment c’est sexiste, ça n’empêche pas qu’on puisse apprécier ce film (bien que ça ne soit pas mon cas).
            Pour votre remarque sur Tarantino il y a plusieurs discussions sur ce site au sujet de son dernier film, je vous laisse chercher dans le menu, si le sujet vous intéresse.

            Je trouve du sexisme dans presque tous les films, ça ne m’empêche pas d’apprécier le cinéma malgrè cela, ni de voir un certain nombre de films. Par contre j’aime analyser toutes sortes de productions culturelles d’un point de vue politique, afin de bien être consciente du message sous-jacent et de ne pas la subir inconsciemment.

            Pour l’histoire que vous racontez sur C.Deneuve, je ne savais pas, mais ça ne change pas mon analyse à mon avis.

            Pour 8 femmes, je comprend qu’on puisse le trouver plaisant, joli, divertissant… pour moi ça ne s’oppose pas au fait qu’on puisse se questionner et discuter comme nous le faisons.

    • « Reste la scène de la partie de cul entre nos poufiasses de services »

      Je pense que l’utilisation du mot poufiasse signe la misogynie. Cela m’évoque une connaissance m’expliquant sans sourciller qu’il n’avait aucun problème avec les « bougnoules ».
      Vous même ,n’êtes pas misogyne, c’est juste que vous appréciez à sa juste valeur la représentation des « poufiasses » proposée par un réalisateur masculin…

  3. Woah. Incroyable, cet article.
    Ça tombait bien, je l’ai revu il n’y a pas longtemps, ce film (et du coup, je n’ai pas à le revoir).
    J’avais perçu une bonne partie des analyses concernant les rapports de classe, les références lesbiennes et dominatrices, mais curieusement, je me suis beaucoup approprié les personnages.

    Si j’utilise le terme « approprié », c’est parce que tout au long de l’article, j’ai tiqué sur empathie, sympathie, etc. Je trouve qu’il est complètement possible d’empathiser avec certains personnages.
    Augustine – Isabelle Huppert, dans la mesure ou elle est toute malmenée en permanence (même si elle en rajoute des couches), par à peu près tout le monde, sur la base de ce qui est dit dans l’article. Mais il y a aussi cette impression qu’elle est aux prises avec elle-même.
    Le choix de l’actrice rend cette impression encore plus saillante (et confirme le choix non-anodin de ces actrices en particulier), puisqu’on peut toujours ressentir que les personnages d’Isabelle Huppert se détestent profondément, avec de la violence contenue envers soi qui se déverse sur les autres, et Augustine n’y échappe pas : on lui fait tellement comprendre qu’elle est nulle, inutile, méchante et frigide, qu’elle finit par croire qu’elle ne vaut rien, alors elle se déteste. Comment ne pas empathiser ? (même si ça ne la rend pas sympathique)

    Cette dynamique, on la retrouve chez Mme Chanel – Firmine Richard. Elle aussi, elle a quelque chose en elle qui la fait être malmenée par toutes (d’ailleurs il me semble que c’est la moins connue des actrices – du coup, pas besoin de la mettre en avant), et rien dans ses caractéristiques ne montre ce que c’est (elle joue, elle est lesbienne, et appartient à la classe dominée – attributs partagées par d’autres). En fait, elle est falote : aucun trait particulier, à part être gentille et fidèle (ce qui est une dynamique du film – les gentil.les, on les écrase ! ), un peu maternante. Par contre, si on regarde le personnage qui lui est attribué en fonction des caractéristiques physiques de l’actrice ça pue encore plus : c’est la seule femme noire (qui ne parle que blanc.hes) et grosse (donc pas sexualisée/érotisée, à par dans une domination hyper triste). Ça pue de partout. Paradoxalement, c’est effectivement le personnage le plus sympathique, mais elle est inexistante et inintéressante tout le long du film, alors on ne s’identifie jamais à elle (ce qui viendrait sous tendre le côté misanthrope/méchant du film, si par ailleurs ce n’était pas un personnage féminin noir gros).

    La dernière à avoir quelque chose en elle qui le répugne, c’est Suzon – Virginie Ledoyen. Bon, elle c’est particulier, parce que c’est un enfant, mais c’est de là que vient sa méchanceté et sa vulnérabilité, qui font qu’on peut s’identifier à sa situation et éprouver de la compassion à son égard.

    Pour moi, ces trois personnages (aristo, prolétaire et bourgeois – on couvre toutes les classes sociales du film, wouhou) existent parce qu’il est nécessaire que les femmes reproduisent aussi des mécanismes de domination entre elles (quelle que soit leur classe, le caractère transversal est le genre). Bien sur, c’est censé être explicité dans le rapport Gaby – Catherine Deneuve et Louise – Emmanuelle Béart, mais tout est détourné parce que c’est un jeu SM.
    Je trouve que ça parachève le message d’Ozon : les femmes sont méchantes. Elles le sont avec les hommes, mais aussi entre elles, et c’est irréconciliable, sauf temporairement avec le sexe ou les contingences domestiques (bonne marche de la maison par l’obligeance des dominées prol, et face au deuil), et bien sur, sous la houlette d’un homme, « grâce » auquel elles sont obligées de cohabiter.
    Je trouve ça extrêmement pervers, puisqu’au final, la seule chose qui unit les femmes, et assure leur collaboration et donc la marche de la maisonnée, c’est la régence masculine. S’ils n’étaient pas là, ce serait le chaos, un peu comme un état sans État. Et revoilà le papa-patron-patriarche. Bref, les femmes ne sont que les sujets des hommes.

    Pour revenir sur le terme « approprié », c’est que je trouve qu’au milieu de tout, on réifie vraiment les personnages et les actrices. Choisis ton camp, camaradE, et range toi avec une ligne de personnage : seras-tu du côté des éternelles dominées en t’identifiant à Chanel ? Ou tireras-tu plutôt ton épingle du jeu avec Gaby ? Peut-être prendras-tu le parti de la maline qui a tout découvert ?
    C’est un peu faire son marché au rayon archétypes, en fait. L’occasion de voir ce que tu as bien internalisé, les concessions que tu es capable de faire au patriarcat. Fais ton shopping et définis toi par rapport à ce panel de femmes qu’on te rabâche depuis longtemps.

    Au final, je suis bien contente que ce type soit mort. Bon, d’accord, c’est le spectre du matriarcat qui refait une petite apparition, mais si la « morale » du film, c’est que les femmes sont pourries au point d’envoyer ad patres un « honnête » homme, ça me va d’en être une ! En tout cas, je ne vais pas pleurer un violeur incestueux parce qu’il s’est tiré une balle dans la tête.
    Quel pouvoir ! Juste en ayant une attribution biologique (parsemée d’une peu de social, sûrement) je peux faire mourir des gens. C’est pas mal comme pouvoir. J’aime bien.
    Du coup, pleine de cette nouvelle capacité (j’ignorais son existence jusque là), je vais continuer d’aller féminister dehors, hein. Peut-être que l’éducation autour du genre marchera mieux avec la menace contenue dans mes gènes, sait-on jamais ?

    • Ah oui ! Et merci d’avoir fait l’article alors que le film t’énerve ! C’est toujours difficile de revenir sur un truc qu’on déteste, surtout pour s’y plonger pendant un long moment. Alors, c’est cool de t’y être collée. 🙂

      • Merci Agripine, en fait ce que vous dites sur l’empathie est ce que je voulais dire quant à plusieurs reprises je parle de laisser le spectateur se débrouiller.
        Si vous êtes une spectatrice empathique et féministe, vous pouvez faire votre histoire empathique et féministe, mais avec beaucoup beaucoup de bonne volonté de votre part.
        Par contre si vous êtes une spectatrice misogyne et que vous croyez que les femmes sont toutes des salopes, le film vous donne tous les éléments pour vous renforcer dans cette idée.
        C’est ce qui me semble problématique dans cette idée de neutralité. En fait être neutre c’est prendre aussi un parti pris, celui de laisser les machistes voire leurs idées validées par un film.

  4. Merci pour cette très juste analyse selon moi de ce film.
    Peut-on considérer « 8 femmes » comme un brillant analyseur et révélateur de tout l’inconscient androcentré qui traverse et structure le cinéma français (De Brisseau à Honoré en passant par Bonello et une grande partie du cinéma populaire) ? J’ai tendance à le penser.
    Le sens commun cinéphilique, c’est tout Ozon : sublimer, euphémiser, esthétiser, distancier par les jeux de tiroirs, les doubles-sens, les références tout ce que son cinéma (et celui d’autres) véhiculent d’une vision éminemment conservatrice du monde social.
    Pierre Bourdieu (dont vous aurez sans doute relevé l’esprit de mon mail) parlait de « demis-habiles » à ce propos.

    Très bonne continuation à votre site !

    Jacques

  5. Il y a longtemps que je n’avais pas lu de démonstration si pertinente ! Vous m’enlevez un poids car je n’ai jamais aimé le cinéma d’Ozon mais n’en parlais pas de peur de passer pour un « machiste » (eh oui, Ozon est censé aimer les femmes puisqu’il les mets en scène).
    Tout est trompeur chez lui, jusqu’au titre de ses films (« 8 femmes » aurait pu s’appeler « 8 bourgeoises », plus proche de la vision du cinéaste quoique moins retentissant). Quant à son dernier film, pourquoi ne pas l’avoir traité sous l’angle de la prostitution masculine (sans le glamour de sa jolie actrice) ?
    Félicitations encre pour votre analyse finement menée et étayée par des références solides.

    • Votre commentaire est très gentil, c’est mon premier article, les messages d’encouragement tel que le vôtre me sont précieux.
      Bonne journée à vous.

  6. Très bon article avec lequel je suis entièrement d’accord. Le plus choquant selon moi chez Ozon étant cette incapacité de classe à l’autocritique. J’irais un peu plus loin, la fatuité qui transpire de ses images et le mépris qu’il porte à son monde va bien au delà de la misogynie et de la misanthropie, comme vous le dites en faisant un parallèle intéressant avec Ferré. C’est bien au final du dégoût de soi même, très petit bourgeois car complètement égocentrique, dont il est question. Mais le problème étant que pour se punir, il tape sur les autres. C’est pleutre. Que serait ses films si il mettait à la place des femmes, des hommes ? Je lui préfère de très loin Almodovar qui lui réussit (mais pas toujours, personne n’est parfait) à dépasser les simplistes clichés sur les sexes (tiens, un palindrome, j’avais jamais remarqué). Quoi qu’il en soit pour revenir à votre critique, il me semble que le niveau de lecture n°6 est le plus significatif de ceux que vous avez produit et explique bien tout les autres formulés.

    • Dégoût de soi pas assumé, donc qui n’excuse rien, que ce soit bien clair. Je le redit, l’autocritique est ici inexistante.

      • Je n’aurais pas comparé Ozon à Almodovar, ne serait-ce que pour le film Volvere qui est selon moi d’une grande sensiblité à la condition féminine, chose dont Ozon semble totalement incapable et qu’il a encore démontré ces derniers jours.

        Pour revenir au niveau 6, j’ai lu hier une critique de 8 femmes que je ne retrouve pas mais qui explique que chaque femme incarne un genre cinématographique. Ça va dans le sens de mon 6 niveaux. En un sens c’est une bonne idée, sauf que Ozon reste à la surface en manipulant ces personnages stéréotypés mais sans jamais questionner le stéréotype, il ne fait que le valoriser.

        Merci pour votre commentaire

        • Ozon / Almodovar pour ce qu’ils ont en communs : en gros (en très gros, je vous l’accorde) traiter des genres et de leur relations difficiles. Et surtout parce que cette comparaison ne joue pas exactement en faveur du Parisien (oui c’est méchant pour les parisiens mais j’assume et ne dit pas que l’herbe est plus verte ailleurs, elle à juste un autre goût).

          En tout cas très bon article, je le répète et continuez comme ça, si j’ai bien compris c’est votre premier eh bien chapeau !

          • ah oui en très gros alors parceque justement Ozon ne parle finalement que de lui, il n’a pas vraiment d’intérêt pour des personnages ni même pour ses acteurEs. Almodovar est moins egocentré à mon avis, mais j’ai pas fait d’analyse aussi poussée d’un de ces films :p

            Sinon pour votre remarque, je pense que vous parlez de « parisianisme » ce qui est un peu différent du fait de résider dans telle ou telle ville. Je précise cela car je suis géographiquement concerné par votre remarque ^^

            Et puis merci pour vos compliments, c’est très encourageant.

          • Effectivement, je n’ai pas l’impression qu’Ozon ait le moindre respect pour ses acteurs. Ni pour lui même d’ailleurs. Il représente une classe qui ne s’aime pas et le fait savoir en tapant sur les autres. En France, il arrive qu’on mentionne cette classe en la qualifiant de « parisianiste » et pas de parisienne, vrai. Désolé, j’ai mal choisi mes termes 🙂

  7. Ce film est-il sexiste? Je remplace 8 femmes par 8 hommes avec les mêmes caractéristiques, les deux hommes par deux femmes et je relis.

    C’est un film caricatural des défauts humains : autant d’un genre que de l’autre et les rôles sont tout à fait échangeables.

    Mon opinion est que ce film n’est pas sexiste, juste outrancier et c’est ce qui fait son charme.

    • Alors selon vous, la pute, la domina, la soubrette, la belle-mère, la mama, la vipère, la lolita, la pythie… pour vous tout ceci fonctionne à l’identique au masculin.

      Votre mauvaise foi est assez exemplaire 🙂 Bravo pour cette prouesse.

      • Hé hé, je pense que la misogynie, ce n’est pas de présenter des personnages de femmes peu flatteurs, genre de la misanthropie au féminin, personne n’en sort sans être sacrément égratigné. Dans ce cas Demy serait féministe, parce que dans ses films il aime tous ses personnages.

        Ce serait louper la particularité du rôle dans lequel l’on tient partout ou presque à garder les femmes. La violence sexiste, c’est plutôt de présenter des femmes qui se définissent en grande partie dans leur rapport aux hommes, c’est à dire de manière pas indépendante, ayant besoin d’assumer des services à la personne (mâle) pour s’accomplir en tant qu’êtres (féminins). Une mise à disposition multi-modale. C’est pour ça qu’on ne peut pas renverser mécaniquement le genre des personnages, et imaginer le film au masculin.

        Et à utiliser ce prisme, Les Demoiselles de Rochefort sont deux beaux personnages pas parce qu’elles sont gentilles, mais parce qu’elles parlent aussi de s’accomplir en tant qu’artistes, indépendamment de leur recherche amoureuse (symétrique des hommes qu’elles vont croiser, qui plus est).

        Une fois écartée la question du jeu de massacre, donc, une des remarques les plus intéressantes de l’article, c’est de dire que les lignes de dialogues qui satisfont au troisième critère du test de Bechdel sont finalement assez rares. J’ai pas vérifié, mais ça me semble crédible, surtout si on entend la compétition au féminin comme une compétition arbitrée par un homme, donc dans ce cadre androcentré dont on sait combien il est difficile de le quitter. Bien vu !

        Mais je vais essayer de m’interroger sur le plaisir que je prends à regarder des femmes s’envoyer des vacheries, alors que le spectacle des combats de coqs masculins est moins jouissif. Est-ce que cette dernière violence est plus associée au danger, est-ce que c’est le plaisir des mots et de la dérision qui est plus amusant que les jeux de pouvoir ou d’intimidation ? (Je me suis fait un jour accuser d’ironie dans un groupe quasi-exclusivement masculin, j’imagine que j’étais plus divertissante que les mecs quadras qui pratiquaient l’intimidation pour y conserver leur pouvoir.)

        Est-ce que je trouverai ma réponse à cette question brûlante dans un épisode de Mad Men (qui est la preuve qu’on peut mettre en scène le sexisme dans des fictions non-sexistes) ?

  8. Je n’avais pas aimé ce film lorsque je l’ai vu voilà 10 ans et je n’avais pas compris pourquoi diable, la critique et les spectateurs avaient encensé un film aussi tarte ! Ce qui est dit dans cet article est parfois très bien vu ( en même temps je n’avais plus jusqu’à aujourd’hui, de souvenirs de ce film navrant, de surcroit seul de mon entourage de l’époque a ne pas avoir aimé)

    Cependant il faudrait soigner le style et surtout l’orthographe (il y a une différence entre le verbe savoir et le verbe être, les accords).
    Tout cela est décridibilisant pensez y !
    Merci touterfois pour cette analyse, et respect pour vous être infligé cette bouse.

    • Merci C pour vos remarques et pour votre compassion 🙂

      Je suis consciente d’avoir des difficultés en orthographe et stylistique. Et ca ne me surprend pas que mon texte pèche de ces cotés là. Je vais essayer de retravailler ces deux points.

  9. Merci pour ce long article ! Je continue à bien aimer le film, même si en effet, un jeu de massacre qui tombe sur des personnages féminins, c’est pas anodin. J’en profite pour glisser un post de la bibliothèque de Chez Violette, un local pour les femmes à Lille qui utilise aussi le test de Bechdel pour guider ses acquisitions : http://chezviolette.over-blog.org/article-en-direct-de-la-bibli-le-test-de-bechdel-117979977.html.

  10. Je n’aime pas beaucoup ce film, pas du tout même, mais je ne sais pas si Ozon mérite d’être qualifié de misogyne. Comme Almodovar, il semble même être obsédé par les femmes, et non pas par les femmes en tant qu’entité abstraite apte à susciter le désir, mais comme personnes, toutes différentes,…
    Pour moi, les rôles les plus odieux chez Ozon sont ceux qu’il a donné à Bernard Giraudeau dans Gouttes d’eau sur pierres brûlantes (le personnage était un manipulateur maniaque), et (plus banal ceci dit) à Fabrice Lucchini dans Potiche.
    Je ne ferais pas grand cas de Huit femmes dont le succès reste assez incompréhensible, pour moi, c’est un truc à mi-chemin entre Agatha Christie et du Vaudeville, je suis étonné qu’une forme si ringarde ait fonctionné à ce point sur le public.

    • Je n’aime pas beaucoup _ce_ film, désolé pour la coquille (ou le lapsus révélateur ?).

    • En ce qui me concerne je le trouve très misogyne, ses dernières déclarations sur la sexualité féminine ne m’aident pas à changer d’avis.
      Je ne suis pas connaisseuse de Ozon, je n’ai vu que 8 femmes, Sitcom et Swimming pool il y a longtemps et je pense ne pas passer plus de temps avec ce réalisateur. Almodovar je le connais aussi assez mal. Du coup c’est difficile pour moi de les comparer.
      Pour 8 femmes, les personnages sont très creux, réduit au stéréotype qu’ils incarnent. Dans Sitcom c’est assez similaire dans mon souvenir et pour Swimming pool, dans mon souvenir comme il n’y a que deux personnages féminins dans l’histoire ils sont peut-être plus étoffés.
      En tout cas les exemples de perso chez Ozon qui vous ont « posé problème » sont des personnages masculins. Il y a peut être un effet d’identification. Je ne sais pas.

      Et pour le succès de ce film, ça me dépasse autant que vous. Peut être le coté kitch assumé et désuet qui facilite la sensation « divertissante » et surtout le casting prestigieux, qui est tout de même le principal argument de ce film.

  11. c’est quoi cette analyse marxiste du film d’Ozon ? c’est le fils de Proust vous avez rien pigé, et la palme qu’il va recevoir dimanche il va vous la dédier, non mais les gauchos arrêtez de dire des conneries de temps en temps

  12. « Mon curée »
    Vous vous relisez avant de publier ?

    • J’ai corrigé pour « curé », c’est probablement mon désir de voir la prêtrise accessible aux femmes qui m’a trahie.
      Sinon pour la relecture, il y en a eu une mais pas assez approfondie manifestement. Une bonne amie m’a dit qu’elle ferait une relecture ce we, si tout ce passe comme prévu, lundi vous devriez avoir moins mal aux yeux.

    • @ Capello

      Je m’adresse à vous car votre intervention ne vise qu’à faire une remarque sur l’orthographe, mais j’aimerais bien avoir aussi l’avis des autres fanatiques de l’orthographe qui font des remarques à Meg sur le sujet.

      Pouvez-vous m’expliquer la pertinence de votre intervention ? Parce que, personnellement, j’ai du mal à voir ça autrement que comme une insulte à Meg. Le pire avec vous, c’est que vous vous contentez de faire une remarque sur l’orthographe, et méprisez donc implicitement ce que Meg raconte (comme si ça ne valait même pas la peine de débattre avec quelqu’un-e qui fait une faute d’orthographe à « curé »).

      Personnellement, je trouve que ce comportement est analogue à celui de quelqu’un-e qui, dans une discussion à l’oral, ferait des remarques sur la coiffure de son interlocuteur/trice, ou sur son style vestimentaire. Du genre « tu pourrais faire un effort pour mieux te coiffer, parce que la raie c’est pas dans ce sens mais dans l’autre ». Mais qu’est-ce qu’on en a à foutre ???

      Je n’arrive pas à voir là-dedans autre chose qu’une manière de tenter de rabaisser quelqu’un-e en lui rappelant qu’ille n’a pas correspondu à des normes dominantes qui sont, je le rappelle tout de même, complètement arbitraires.

      Si encore Meg faisaient des « fautes » (rien que le mot est fabuleux, on a l’impression d’un péché capital) qui obscurcissaient son propos, je veux bien. Mais ce n’est JAMAIS le cas. En quoi mettre un « e » ou pas à « curé » change quoi que ce soit au propos.

      Pour moi, reprendre quelqu’un-e sur l’orthographe est juste un acte de domination qui vise à rappeler à quelqu’un-e la supériorité qu’on a sur ellui, supériorité qui ne réside que dans le fait de posséder cet aspect du capital culturel légitime qu’est la maîtrise de l’orthographe.

      Si quelqu’un-e a un avis là-dessus ça m’intéresse, parce que j’ai vraiment du mal à ne pas voir ces remarques comme de la violence symbolique à peine voilée.

      • Pour la comparaison avec l’oral, perso j’ai l’impression que ça serait presque plus analogue à une personne qui interromperait l’autre pour lui corriger ses « fautes » de français juste parce qu’ille le peut (au sens où se sent légitime de le faire), alors même que les « fautes » ne nuisent pas à la compréhension du propos. C’est un comportement très courant et qui je pense relève de la mécanique que décrit Paul, et en plus s’ajoute à ça le rapport de force dans la conversation, c’est à dire la possibilité d’occuper au maximum l’espace sonore tout en montrant à quel point l’autre personne n’est pas vraiment légitime à parler puisqu’il « faut » contamment l’interrompre pour lae « corriger ».
        Je suis d’accord avec Paul sur tous les points ici, c’est un débat qu’on a déjà eu plusieurs fois sur ce site d’ailleurs, notamment il me semble dans la partie contribuer/nous contacter.
        Sur les blogs, j’ai l’impression que cela s’apparente à du trollage pur et simple, surtout que comme le dit Paul cela montre du mépris pour l’article de meg (c’est à dire ce qui est important, à savoir les idées qu’elle avance), et donc le travail qu’elle a fourni. Que vous ne soyez pas d’accord avec son article et que vous expliquiez pourquoi en argumentant, cela ne pose aucun problème et je pense que cela serait plutôt une richesse. Que vous choisissez de montrer du mépris pour son travail en invoquant votre soi-disant « supériorité » en terme d’orthographe et rien d’autre, cela vous dessert (en tout cas de mon point de vue) infiniment plus que meg qui a mal écrit curée et quelques autres broutilles sans conséquences.
        Votre hierarchie de valeur me semble vraiment incompréhensible.

  13. Merci pour cet article. Je vous conseille le visionnage (si vous avez encore de la curiosité sur Ozon) de « Gouttes d’eau sur pierres brûlantes » qui parle de domination, et donc de l’opinion de Mr Ozon sur le sujet.

    • Merci pour la suggestion, il va me falloir du temps avant de revoir un film de Ozon. J’ai largement dépassé l’overdose avec 8 femmes, mais je prend note.

  14. Grande fan de ce blog, je suis assez peu convaincue par cet article. (au passage :*mode maniaque de l’orthographe et de la grammaire ON/ relisez vous AVANT de publier!… c’est assez désagréable à la lecture les « er » qui se prennent pour des « é » /OFF)

    Je reprendrai juste une analyse,celle de la Mammy qui me gène beaucoup : vous analysez l’assassinat de son mari comme un meurtre non motivé, ou provoqué par la gentillesse de son mari (et qui donc sous entendrait qu’elle veut un homme dominateur etc.; propos sur lequel vous insistez beaucoup dans l’ensemble de l’article). De là, vous en faites Eve la fauteuse originelle, etc.

    Je suis frappée que la réplique que vous mettez en avant ne vous pousse pas à entrevoir une autre possibilité. Elle dit à peu près explicitement : je l’ai tué car je ne l’aimais pas et que je ne pouvais pas le quitter (pas de divorce à l’époque, etc.) Dépendre de lui, vivre avec lui m’était insupportable, même s’il était gentil.
    Cela m’évoque, et je ne dis pas du tout que c’est LE SENS de cette phrase, mais je pense que c’est une piste que cela soulève, cela m’évoque une femme mariée de force (cf. contexte historique et social du film), et sans option pour sortir de ce mariage, du fait précisément de son statut de femme.
    Alors, cela ne justifie pas son meurtre, cela n’en fait pas un personnage sympathique ni féministe, mais je trouve cependant que cela en fait un personnage intéressant, et précisément qui permet de questionner ici la position de la femme dans le mariage bourgeois. Cette piste me semble plutôt féministe, pour le coup…
    Le fait que le mari soit « gentil » me semble d’ailleurs très intéressant : ce n’est pas parce que l’homme avec lequel on nous impose de vivre est gentil et « gentleman » que cela devient acceptable qu’on nous impose de vivre avec un homme .

    Je voulais vous faire partager cette réflexion, car c’est une pensée qui me vient immédiatement à la lecture de cette réplique, et je suis surprise que vous en fassiez quelque chose d’aussi différent.
    Alors oui, après elle a besoin d’un autre homme.. mais le fait que ce personnage choisisse à un moment de s’affranchir de son mari pour tenter ensuite de tirer elle même parti d’un autre homme me semble intéressant.

    Le reste de votre article me semble avoir parfois les mêmes tentations : fermer l’analyse à une seule lecture, peut être parce que vous n’aimez VRAIMENT PAS ce film et que vous êtes dès lors très sensible à tout (je connais ça, je fais pareil).
    Je ne dis pas que ce film est féministe, loin de là, il ne me semble pas pour autant si diabolique.

    Autre chose qui me vient : avoir des personnages antipathiques ne suffit pas à rendre le film sexiste. L’empathie ou non que l’on peut ressentir pour un personnage ne me semble pas à elle seule un argument convaincant. La majorité des films sexistes qu’on nous sert ont des personnages féminins et masculins très sympathiques… Et on aime tous, plus ou moins, voir des personnages antipathiques : c’est souvent plus intéressant que des braves petit-e-s hommes/femmes comme il faut.

    Pour finir sur une note positive, je suis en revanche très convaincue par vos analyses des « scènes lesbiennes ». Le fait qu’on ne voit Pierrette qu’avec Deneuve, et non avec Chanel me semble en effet très révélateur.

    Bonne continuation !

    • Zoé il me semble avoir déjà répondu sur l’orthographe et plusieurs fois. Si vous souffrez tant de mon orthographe, épargnez moi votre leçon de grammaire et dites moi où sont les erreurs que je les corrige et apaise ainsi vos terribles souffrances.

      Pour Mamy, c’est vrai que je n’ai pas relevé cette hypothèse de mariage forcé car pour moi elle ne change rien. Je l’ai compris comme une tentative de déresponsabilisation de Mamy.
      Vous semblez dire que c’est une tentative d’émancipation de Mamy, mais elle revient sous la coupe d’un autre homme. Le fait que les femmes soient incapables de subvenir à leurs besoins matériels est dit à de nombreuses reprises dans le film et même pour celles qui travaillent, on a pas l’impression qu’elles travaillent pour l’argent (en particulier Louise qui demande juste une maitresse). Mamy a préféré commettre un homicide plutôt que perdre son statut social de bourgeoise, je ne vois pas en quoi cette info rend le personnage plus intéressant ou plus consistant.

      Sinon pour ce qui est de l’empathie, la sympathie et l’antipathie pour les personnages. Vous n’avez pas compris du tout ce que je voulais dire, j’ai dû mal expliciter ce point. Je ne dit pas qu’il faut faire des perso gentils ou sympathiques pour faire un film féministe (c’est à dire non sexiste). Je pense et j’essaye de dire que Ozon n’a aucun amour ni intérêt pour ses personnages féminins et ceci fait que ses perso féminins sont des coquilles vides, des stéréotypes stupides et archi-connus. J’ai souvent entendu dire que 8 femmes était un film sur les femmes et un film qui célèbre les femmes, mais je pense que c’est un film qui parle avant tout des hommes et valorise les pères, les maris et les patrons. Pour moi c’est impossible de m’identifier à aucune de ces soi-disant femmes, parce qu’elles sont inhumaines et qu’elles sont le pur produit du fantasme d’un homme misogyne. Pour moi Ozon est un bon technicien, qui fait des films proprets et bien fait au niveau technique mais c’est un paralysé du coeur, un atrophié de l’empathie et un connard sur le plan politique. Un type qui se permet publiquement de faire des déclaration sur mes fantasmes et dit que l’argent est le moteur de ma sexualité à tendance à m’irriter copieusement. Ozon dit cela pendant 1h30 dans 8 femmes et en remet une couche cette semaine à Cannes, histoire de bien montrer que sa misogynie n’est pas un accident.

      Après pour mon analyse fermée. Je ne prétends ni a l’objectivité ni a l’exhaustivité. Si vous voulez proposer d’autres interprétations ou d’autres niveaux de lecture, vous êtes bienvenue. J’ai déjà répondu plusieurs fois au sujet d’une interprétation moins hostile que la mienne. Comme Ozon laisse grande ouverte son histoire, on peut faire le choix d’y voir un peu ce qu’on voudra. On peut choisir de croire Suzon, de voir Mamy comme une victime du mariage forcé, Pierrette comme une femme libérée… c’est au spectateur de choisir. C’est la soi-disant « neutralité » de Ozon, mais en étant « neutre » dans un monde patriarcal, c’est le discours patriarcal qui prend le dessus et l’emporte car c’est le discours dominant. En étant pas clair comme il l’est sur le viol, l’inceste, la prostitution, la violence conjugale… il laisse libre court à la répétition et la perpétuation de clichés nuisibles socialement, tels que « toutes les femmes sont vénales », « les femmes qui se disent victimes de viol mentent », « les noires sont de meilleurs mères », « les lesbiennes détestent les hommes » ou « les belles-mères sont toutes des sorcières »…

      Merci pour vos remarques et bonne continuation à vous aussi.

  15. Perso, j’avais vu le film « au niveau 2 ». Ce doit être pour ça que je suis moins dégoutté que vous : ces femmes ne sont pas de vrais femmes mais des stéréotypes.

    Je suis également un habitué des murder party ou les stéréotypes font parti de l’exercice (de même que les faux semblant. TOUS les personnages ont quelque chose a cacher)

    J’ai du mal à croire que qui que ce soit puisse s’identifier à Marcel, je l’ai trouvé ignoble de se suiccider devant sa fille qui lui fait une déclaration ( même si elle s’illusionne)

    Et personnellement je n’avait pas vu l’élan de solidarité comme temporaire. Je pensais plutôt que toutes ces personnes étaient libérer de leur secrets.

    Sorti ça, Ben oui c’est sexiste. Rien que le fait de voire ce film comme une gallérie a stéréotype l’est.

  16. A propos de François Ozon, j’ai un lien qui va peut-être vous intéresser.

    http://leplus.nouvelobs.com/contribution/870521-la-prostitution-un-fantasme-feminin-pour-ozon-les-chiffres-prouvent-le-contraire.html?utm_source=outbrain&utm_medium=widget&utm_campaign=obclick&obref=obnetwork

    Bravo pour votre article. J’ai vu ce film il y a dix ans et il m’avait déjà mise un peu mal à l’aise (lesbophobie, méchanceté des personnages…). Bonne journée!

  17. Eh oui, cette analyse se voit amplement confirmée par le dernier film d’Ozon, qui défend courageusement la prostitution des mineures financièrement indépendantes (!). C’est intéressant de voir, dans le contexte actuel, ce genre de discours ultra-misogyne porté par des homosexuels.

    En somme la défense du mariage homosexuel est plutôt une idée d’arrière-garde (le mariage, vieille institution patriarcale par excellence) ; ça ne pose pas de problème en soi mais ça n’a rien de révolutionnaire : que des homosexuels veuillent imiter en tout point le modèle hétéro-patriarcal, ils en ont le droit et ça les regarde ; et les opposants à cette réforme mènent donc un combat d’arrière-arrière-garde, c’est dire où on en est.

    Dans le même temps à Cannes, le film d’Abdellatif Kechiche présente lui aussi, a priori, l’image d’une homosexualité féminine bien peu dérangeante pour l’ordre dominant.

    De sémillantes lesbiennes occupées à d’interminables et torrides papouilles, avec la petite-fille du pdg de Pathé dans le rôle de la Rebelle sartrienne, tout ça est bouleversant d’audace et de refus de la bien-pensance… On dira que c’est encore nécessaire aujourd’hui d’affirmer leur droit à l’existence ; mais est-ce nécessaire de les glamouriser, de les faire rentrer dans le modèle autorisé du sex appeal, de l’aphrodisme le plus hétéro-normé ?

    Ainsi la lesbienne 2013 sait rester féminine, et remercie Papounet de lui avoir permis d’exprimer toute sa sensualité. Ou, comme l’écrit un journaliste du New York Times, « Ce film traite beaucoup plus des désirs de M. Kechiche que de toute autre chose. »

    Il n’y a qu’à voir la façon dont Kechiche a oublié de remercier l’auteure de l’histoire de son film, alors même qu’il n’a pratiquement rien changé au scénario qu’il avait trouvé dans sa BD : « je vous laisse imaginer tout ce que j’ai pu ressentir en voyant défiler les plans, scènes, dialogues, jusqu’aux physiques des acteurs et actrices, similaires à la bande dessinée », écrit celle-ci. Et elle ajoute : « Ça c’est en tant qu’auteure. Maintenant, en tant que lesbienne… Il me semble clair que c’est ce qu’il manquait sur le plateau: des lesbiennes. »

    http://www.juliemaroh.com/2013/05/27/le-bleu-dadele/.

    Œcuménisme de « gauche » prônant le droit de mater des top models hétéros se livrer à de fougueux attouchements comme étant le grand combat à mener aujourd’hui. Pornographie first class, avec le frisson du naturel, une noble conscience progressiste et une infinie hauteur de vue esthétique, pour qu’on puisse bien saisir la différence avec le porno vulgaire.

    Déshabiller les femmes, voilà le mot d’ordre. Comme l’écrit Christine Delphy :

    « Ce sont en effet les effets de la discrimination patente qu’elle exerce qui sont renvoyés en boomerang à la société. Le foulard dit à cette société : “ Vous nous avez parquées et marginalisées, vous nous dîtes différentes, eh bien voyez : maintenant nous sommes différentes ”. La femme “ voilée ”, c’est Alien qui débarque chez nous. Mais Alien ne met pas en cause que le “ modèle français d’intégration ”. Alien provoque le malaise parce que sa seule présence fait voir tout à coup ce que nous appelons la « libération sexuelle » pour ce qu’elle est : l’obligation pour toute femme, à tout moment, d’être « désirable ». Or les femmes portant foulard contreviennent à cette obligation. Comme le remarquait dans une interview Samira Bellil quelques mois avant de mourir, l’obsession des uns de nous voiler n’a d’égale que l’obsession des autres de nous dénuder. Ces deux obsessions ne sont que deux formes symétriques de la même négation des femmes : l’une veut que les femmes attisent le désir des hommes tout le temps, tandis que l’autre leur interdit de le provoquer. Mais dans les deux cas le référent par rapport auquel les femmes doivent penser et agir leur corps reste le désir des hommes. Ce que le foulard dévoile, c’est que le corps des femmes, dans cette ère prétendument libérée, n’est toujours pas un corps à soi—un corps pour soi. »

    http://delphysyllepse.wordpress.com/

    Où l’on comprend à quel point le féminisme des Femen est d’arrière-garde lui aussi. Mais, dira-t-on, en Tunisie, pays où est né Kechiche, le dévoilement des femmes est un combat qui sans doute a un tout autre sens, bien plus positif. Oui mais voilà : c’est ici, en France, que son film a été palmé ; ici que son audace n’en est pas une, et ne dérange personne.

    • Je ne pense pas qu’être homosexuelLE implique qu’on soit obligatoirement progressiste ou moderne ou anti-sexiste. C’est comme si être hétérosexuelLE impliquait d’être réactionnaire et sexiste, ca n’a pas de sens. Les choses ne sont pas répartise aussi simplement. Je n’ai pas parlé de l’homosexualité d’Ozon car ca ne me semblait pas utile ni approprié.

      Sinon pour le film de Kechiche, j’essayerai de le visionner. Merci pour vos liens très intéressants sur le sujet. Je suis globalement d’accord avec vous sur la représentation des lesbiennes.
      Il y a par contre dans votre conclusion quelque chose qui me chiffonne lorsque vous opposez France et Tunisie. Pourquoi la prétendue audace de dévoiler les femmes (on a l’impression qu’on parle d’objets et non de personnes dans cette expression) serait plus dérangeante en Tunisie? J’ai assister ces derniers mois aux nombreuses manifestations homophobes en France et il semble bien que la représentation de l’homosexualité soit tout aussi problématique de ce côté de la méditerranée. Ce n’est peut être pas votre intention, mais vous donnez l’impression d’euphémiser l’homophobie française en désignant les tunisienNEs comme pires.
      En tout cas cette dédicace de Kechiche semble avoir été assez mal reçu en Tunisie :
      http://www.courrierinternational.com/revue-de-presse/2013/05/27/feliciter-ou-ne-pas-feliciter-abdellatif-kechiche

      « Abdellatif Kechiche a dédié sa Palme d’or du Festival de Cannes ’aux jeunes tunisiens pour leur acte extraordinaire, la révolution tunisienne, et pour leur aspiration, eux aussi, à vivre librement, à s’exprimer librement et à aimer librement’ », souligne, non sans fierté, le site tunisien Kapitalis.com. Abdellatif Kechiche, est né à Tunis, le 7 décembre 1960 et est arrivé à Nice avec ses parents à l’âge de 6 ans.

      De son côté le site Mag14.com demande : « En quoi Abdellatif Kechiche, et surtout son film La Vie d’Adèle, couronné par la Palme d’or au festival de Cannes, sont-ils tunisiens ? Ce long-métrage de trois heures, au cours duquel le spectateur est littéralement happé dans l’intimité d’un duo amoureux lesbien est-il représentatif de la culture tunisienne ? Et si ce film a pu interpeller une société française marquée par la polémique sur le Mariage pour tous – et la loi promulguée qui autorise le mariage homosexuel en France –, en quoi les Tunisiens devraient-ils se sentir concernés ? »

  18. Ozon est homosexuel ?

    Je l’ignorais.

    Et c’est révélateur de quelque chose ? Ma foi, ca n’engage que vous.

    Peut être les commentateurs devraient t’ils se concentrer sur le sujet d’un film. Je conçoit que la filmographie d’Ozon soit éclairante, mais son orientation sexuelle… Enfin, je sait bien qu’ici ont reproche beaucoup aux réalisateurs d’être des hommes… Je ne devrais pas m’étonner…

    Quant à parler de mariage gay, c’est a peu près autant dans le ton que mentionner une affaire de police européenne pour commenter un film d’action américain.

    • Je suis d’accord pour dire que le fait d’être homosexuel n’est pas pertinent ici. Par contre lorsque vous dites ceci : « Enfin, je sait bien qu’ici ont reproche beaucoup aux réalisateurs d’être des hommes…  »
      Vous ne comprennez manifestement pas le reproche qui est fait au festival de Cannes et au cinéma d’auteur français. Le problème n’est pas qu’il y ait des hommes réalisateurs, le probleme est qu’il n’y a presque que des hommes réalisateurs et que le point de vue des réalisatrices est occulté et dénigré. Comme si les femmes n’avaient rien à dire qui soit intéressant, comme si le point de vue féminin était insignifiant et anecdotique, alors que le point de vue masculin (celui qu’on entend depuis Mathusalem)est omniprésent.

      Par exemple cette année il y avait une seule et unique réalisatrice « palmable », Valeria Bruni Tedeschi. Je n’ai vu presque aucun article sur son film. Je suis tout de même tombée sur ceci : http://www.lemonde.fr/festival-de-cannes/article/2013/05/17/valeria-bruni-tedeschi-je-suis-plus-optimiste-dans-mes-films-que-dans-la-vie_3259630_766360.html
      Je cite :
      « Elle sait que l’on commencera l’article comme ça, par son retard, ses cheveux blonds en bataille, un jean enfilé à la hâte, des boots fourrés parce qu’il fait encore si froid en ce 1er Mai, par la nuisette à l’imprimé panthère qui dépasse de son pull en laine bleue. Elle le dit : « Ce sera la première phrase de votre article : “Elle est arrivée en retard”. » Et cela semble l’embêter un peu, comme une enfant qui veut bien faire.  »

      J’essaye d’imaginer un tel article sur un réalisateur, de longues digressions sur son infantilité, sa tenue vestimentaire et la mise de sa coiffure. Avec de petites piques humiliantes sur sa ponctualité et l’insulte paternaliste d’être « une enfant qui veut bien faire ».

      C’est un système qui se mord la queue. Peu de réalisatrices trouvent des financements, lorsqu’elles en trouvent leurs films sont cachés ou dénigrés et ainsi elles trouvent peu de financements… Les réalisateurs sont des génies, des auteurs au dessus du lot a qui tout est permis (cf Kechiche avec ses techniciens ou Polanski au dessus des lois) et si vous êtes une réalisatice on vous traite d' »enfant qui veut bien faire.  » c’est insupportable, c’est odieux.

      Le problème n’est pas qu’il y ait des hommes réalisateurs, le problème est que ces hommes réalisateurs sont sur valorisés, sur financés et sur récompensés tandis que le fait d’être une réalisatrice est en soi une série d’obstacles tant dans les festivals que dans la presse, auprès des producteurs, des distributeurs… Il faut débloquer cette situation. Les femmes ont aussi des choses à dire et il faut leur laisser de la place pour s’exprimer.

  19. Je me pensais relativement féministe et ce blog me fait sentir combien je l’étais peu en s’attaquant courageusement à tous ces blockbusters divers et variées mais également grands nom du cinéma. J’attends de nouveaux articles avec impatience et pourtant chaque fois que j’en lis un à propos d’un film que j’ai vus et aimé ( 8 femmes vu pour la première fois à 15ans, sagement aligné parmi mes dvd préféré)j’ai presque envie de pleurer ! Je crois qu’une des rares exceptions est Le voyage de Chihiro de Miyazika profondément et sincèrement apaisant. Par ce commentaire je ne nourrirai pas le débat mais c’est cependant une invitation à continuer un travail intellectuel relativement rare ( quoique ces derniers temps j’ai pus lire dans les inrocks quelques perches dans ce sens notamment à propos du nouveau film de Nicolas Winding Refn , Only God Forgives :)) Bravo en tout cas !

    • Merci pour vos encouragements seignolyne et désolé pour le bazar dans votre étagère de DVD préférés 😉
      Bonne journée à vous

  20. Bonjour,
    mon commentaire sera bref : pas mal de gens semblent oublier que l’histoire se passe en 1950.
    A cette époque, oui, la femme dépendait beaucoup (voir entièrement) de son mari. Il y a 20/30 ans, il était encore rare de voir une femme qui travaillait si son mari avait les moyens de l’entretenir. Ce film a 10 ans, là aussi, nous avons fait beaucoup de chemin depuis au niveau de l’indépendance de la femme au sein de son couple.
    Pour moi, c’est surtout un produit de son époque.
    Je l’ai vu quand j’étais plus jeune, la seule chose qui m’a choqué, c’étaient les chansons qu’elles massacraient à tour de rôle.
    Vos interprétations me font toujours l’effet d’être poussées à l’extrême et parfois, c’est un rien pesant et en général, chaque analyse dépendra énormément de la personne. Et à voir comment vous incendiez ceux qui vous font remarquer « là, tu as fait une faute d’orthographe » (parfois, ils le font par bienveillance, parce qu’un texte écrit sans faute, c’est plus joli, hé oui) me donne l’impression que vous êtes extrêmement susceptibles.
    D’ailleurs, je suis bien curieuse de voir quelle genre de réaction je vais avoir alors que je me suis contentée de dire « vous exagérez et je ne suis pas d’accord » de façon, il me semble, assez polie.
    Bonne soirée à vous.

    • Bonjour Wena,
      D’abord merci pour votre commentaire très poli, j’espère que ma réponse le sera aussi.

      Pour votre remarque sur l’époque au cours de laquelle se déroule l’intrigue, il ne me semble pas avoir oublier de mentionner que cela se passait dans les années 1950. Je n’ai pas oublié non plus de mentionner que ce film est l’adaptation d’une pièce de théâtre de Robert Thomas. Ce film fut réalisé en 2002 et non en 1950 et il existe d’autres œuvres adaptables dans l’étendue infinie des possibles or c’est ce texte là qu’il a choisi. Ozon a fait un certain nombre de choix dans son adaptation de cette pièce misogyne, mais il n’a pas touché à la misogynie. Il a mêlé tout un tas de jeux référents assez habilement, qui renforcent d’ailleurs plutôt l’effet sexiste. Si ça l’avait vaguement préoccupé de ne pas reproduire le discours patriarcal il en avait les moyens. Or il s’en contre-fiche et il en remet une couche en 2013 dans de gros clichés bien fatiguants. Montrer encore un film avec ces personnages de belles-mère-sorcières, de femmes vénales, de lolitas fausses victimes, de soubrettes nymphomanes… ces personnages qu’on peut voir dans les œuvres de 2013, de 2002, de 1950, de 1936, de 1800…

      Sinon pour ceci ; « Ce film a 10 ans, là aussi, nous avons fait beaucoup de chemin depuis au niveau de l’indépendance de la femme au sein de son couple. »
      beaucoup de chemin en 10 ans, je ne vois pas trop de quoi vous parlez. Vous dites « la femme » est ce que vous parlez de votre compagne ou de vous ? Si vous vouliez dire « Les femmes », au niveau du partage des tâches domestiques et des violences conjugales le changement est franchement timide. Le taux de chômage plus élevé, les mi-temps imposés, les horaires de travail fractionnés, les salaires inférieurs et le plafond de verre… c’est pas la méga éclate non plus niveau indépendance matérielle des femmes au sein du couple.

      Pour finir de manière synthétique ;
      à votre « vous exagérez et je ne suis pas d’accord »,
      je vous répond « mais pas du tout et moi non plus »

      Bonne journée à vous.

    • « Et à voir comment vous incendiez ceux qui vous font remarquer « là, tu as fait une faute d’orthographe » (parfois, ils le font par bienveillance, parce qu’un texte écrit sans faute, c’est plus joli, hé oui) me donne l’impression que vous êtes extrêmement susceptibles. »

      J’ecris sur un clavier qwerty, alors des accents il n’y en aura pas 🙂

      J’ai l’impression que cette remarque s’adresse surtout a Paul et a moi-meme, vu que Meg a ete globalement tres poli avec les personnes qui ont fait remarquer les fautes d’orthographes. Dans mon souvenir, il y a eu trois personnes qui ont fait des remarques sur l’orthographe, et vous etes la quatrieme. Les trois autres etaient Capelle, Zoe et C, si je me souviens bien, et j’ai vraiment du mal a penser que Capello etait bienveillant, d’ou la reaction de Paul et moi-meme (que vous ne commentez pas, preferant rester avec « un texte ecrit sans faute, c’est plus joli, he oui », sans vous remettre en cause).
      Zoe avait un propos (et c’est votre cas aussi) qui depassait largement le cadre de « tsk tsk tsk les vilaines fautes d’orthographe » (en mode prof qui distribue les bons et mauvais points), et en plus je suis d’accord qu’elle etait plutot « bienveillante », mais perso je pense que Meg avait absolument raison de lui faire remarquer que dire « beurk ya des fautes d’orthographe », ce n’est certainement pas aussi constructif qu’expliquer ou il y a des fautes et comme ca aider a la correction du texte, si jamais cela est l’intention du commentaire, ce qui semble assez rarement le cas, le but etant souvent de rabaisser.
      Personnellement j’ai du mal a voir en quoi cela trahirait une « extreme susceptibilite ». Surtout que lorsqu’on travaille dur pendant plusieurs jours et semaines sur un article parce qu’on a envie de discuter sur le fond du film, et que les premieres lignes qu’on peut lire dans certains commentaires c’est « oh la mauvaise eleve, c’est pas bien, mauvais point », moi perso j’ai envie de renvoyer chier cette personne, et je trouve que Meg a plutot fait preuve de politesse et de diplomatie, tenant compte du manque de remise en cause de la part des commentateurs/trices sur ce point.
      Je ne parle pas vraiment de C, car C le disait surtout dans un but strategique, a base de « ca decredibilise » plutot que « votre ortographe pue ». Et, meme si C ne semblait pas remettre pas en cause ce rapport a la « credibilite », je trouve tout de meme que le commentaire etait bienveillant.

      Apres, bon, on a tou-te-s nos petits problemes, et peut-etre que perso je devrais montrer plus de comprehension envers les personnes qui ne peuvent pas s’empecher de distribuer bons et mauvais points en mode prof. Apres tout ces personnes souffrent surtout d’une overdose de formatage scolaire abrutissant, qui abouti plus tard a un rapport au langage qui me parait tout a fait extreme et relativement nevrose :-). (encore une fois, si le sens devient flou du aux fautes je comprends le probleme, mais tout le reste me parait juste completement oppressant et souvent teinte de mepris de classe, a base de « mais t’es pas alle a l’ecole ou quoi? » ou autres horreurs de ce genre).

  21. Bonjour,
    -En ce qui concerne Mamy je suis d’accord avec Zoé :
    « J’ai beau chercher je ne vois rien d’aimable ou de positif dans ce personnage. Elle n’a que l’argent et la rapacité comme motivation. Ozon ne montre aucune empathie pour ce personnage, rien n’est proposé au spectateurE pour rendre aimable cette vieille femme. »
    Au début quand on voit cette scène l’on considère que Mamy est monstrueuse mais ensuite il y a plusieurs points qui nous interpellent. Son mari était riche, gentil…et ses parents ont du la marier jeune sans lui demander son avis. Il faut je pense, essayer de se mettre à sa place : passer toute sa vie avec quelqu’un qu’on n’aime pas : comment aurait-elle pu faire ? Evidement tuer son mari n’est pas la meilleure des solutions mais qu’avait-elle comme alternative ? Elle dit que le pire était qu’elle n’avait pas le droit de se plaindre, que c’était quelqu’un a qui elle n’avait rien à reprocher En fait se plaindre aurait été comme « évacuer » des tensions ici elle en peut pas le faire et personne ne l’aurait donc soutenue. N’est-ce pas insupportable de détester quelqu’un et que dans le même temps tout le monde devait lui dire qu’elle avait de la chance.
    Mais pourquoi choisir le meurtre d’un homme gentil pourquoi ne pas dire qu’elle la tué car son mari était odieux ? Par misogynie ?
    Parce que cette représentation est beaucoup plus originale et beaucoup plus subtile : elle est dérangeante car l’on est confronté à l’horreur tout en pensant qu’effectivement l’o n ne devrait pas obliger les gens à passer leur vie avec quelqu’un qu’ils n’aiment pas peu importe la gentillesse de l’autre.
    De plus Mamy n’est pas si vénale car elle a choisit de tuer son mari tout en sachant qu’elle aurait été beaucoup plus riche qu’elle ne l’est.

    -En ce qui concerne Augustine :
    « Je ne vois pas non plus ici comment avoir de l’empathie pour ce personnage. »
    Par ce qu’elle est seule mais pas seule par choix mais par défaut. Ce n’est pas un problème la solitude mais uniquement si on y tient vraiment .
    J’apprécie Augustine car elle est hypocrite mais là ou on a le plus de sympathie pour elle c’est quand l’on apprend qu’elle a sacrifié sa vie pour s’occuper de sa mère alors qu’elle lui a privé d’un père ce qui l’a fait souffrir.

    -En ce qui concerne Pierrette :
    « Pierrette explique que sa sexualité avec les femmes est une manifestation de son dégoût des hommes qui la font trop souffrir. »
    Sur ce point, je suis d’accord avec vous.
    « -Il y a aussi cette réplique qui est particulièrement immonde ; Pierrette : si toutes les femmes qui ont un amant tuaient leurs mari il n’y aurait plus de mari sur terre. Qui sous entend que tous les maris sont cocu, que toutes les femmes sont infidèles, une reprise du « toutes des salopes » qui semble être la thèse du film de Ozon. »
    Vous avez oublié la suite de la réplique…Elle dit « …il n’y aurait plus de maris sur terre ni d’amants car ce sont souvent les mêmes » !
    Donc toutes les femmes trompent leurs maris et tous les maris trompent leurs femmes car les maris et les amants sont les mêmes personnes, donc il n’y a rien de misogyne ici.

    -En ce qui concerne Suzon :
    Je ne pense pas que son père soit Farnou :
    Gaby lorsqu’elle avoue la vérité à Suzon dit qu’il est mort avant sa naissance. Elle ment peut être mais la manière dont elle en parle fait qu’elle en parle comme d’un fantôme quelqu’un en qui elle retrouve les traits dans Suzon si elle voyait cet homme régulièrement elle ne pourrait avoir ces impressions le ton de Gaby fait qu’elle a l’air sincère.
    Farnou n’est probablement pas le père de l’enfant de Suzon car Suzon est enceinte sans doute d’1 ou 2 mois et elle était en Angleterre, à moins que Farnou y soit allé, mais pourquoi ?
    Il s’est servit de Gaby et Pierrette pour l’argent mais il n’avait pas besoin de Suzon.
    -je pense que Suzon ment quand elle dit que son bébé est de Marcel mais il ne s’agit pas d’une accusation publique (elle n’en parle qu’à une personne) mais d’un fantasme œdipien.

    En ce qui concerne le fait que les femmes n’aiment pas les hommes qui se jettent à leurs pieds mais préfèrent les « Bad boy » ceci me fait penser au livre Le Rouge et le Noir et à « je te suis tu me fuis je te fuis tu me suis ».

    • Mamy est dites avare à de nombreuses reprises et insiste bien à la fin de sa réplique pour dire que c’est plus l’argent qui lui a manqué que le fait de faire des orphelines.

      Globalement vous dites avoir de la pitié, pitié pour Augustine, Mamy and co. Que vous ayez de la pitié pour ces perso ne change pas le fond de ce que je dis. Si vous avez de la pitié c’est votre pbl, Ozon lui n’en a aucune avec ses blagues sur les dindes et ses déclarations sur les femmes. Le spectateur fait l’histoire lui même comme je l’ai expliqué longuement. Vous dites que Mamy était forcée à se marier, que Farnoud n’est pas le père… mais Ozon ne le dit pas, c’est vous qui faites l’histoire qui vous arrange.

      • @Meg
        « Mamy est dites avare à de nombreuses reprises et insiste bien à la fin de sa réplique pour dire que c’est plus l’argent qui lui a manquer que le fait de faire des orphelines. »
        Oui ok, mais j’ai relativisé sa vénalité : je n’ai pas dit qu’elle n’existait pas.
        « Vous dites que Mamy était forcée a se marié, »
        Et que pensez-vous du mariage de Mamy ? Il me paraît presque évident que le mariage était arrangé je ne vois pas comment ceci pourrait être autrement.
        « Que Farnoud n’est pas le père »
        Ozon le « dit » quand Gaby dit « il est mort dans un accident de voiture »
        Comme je l’ai écris elle ment peut être mais j’ai essayé d’analyser son ton ses paroles pour voir la probabilité qu’elle dise la vérité ou non.
        D’ailleurs je pense qu’il n’est pas l’amant de Suzon car i ln’avait pas besoin d’elle mais je n’ai jamais dis « j’ai la certitude que… ».
        « c’est vous qui faites l’histoire qui vous arrange. »
        Je ne fais pas l’histoire qui m’arrange vu que j’ai dis plusieurs fois que mes hypothèses n’étaient pas forcément vrai.
        Je ne dis pas que le film est exempt de toute misogynie mais je pense que vous exagérez énormément :
        Par exemple sur le fait que toutes les femmes trompent leurs maris
        Vous écrivez qu’Ozon fait une reprise du « toutes des salopes » mais vous avez laissé tomber la fin de la citation de Pierrette qui dit que les amants et les maris sont les mêmes.
        « Globalement vous dites avoir de la pitié, pitié pour Augustine, Mamy and co. Que vous ayez de la pitié pour ces perso ne change pas le fond de ce que je dit »
        Bien sûr que si puisque vous dites que l’on ne peut avoir d’empathie pour elles que très difficilement.
        Je n’ai pas de pitié mais de l’empathie.
        « Le spectateur fait l’histoire lui même comme je l’ai expliquer longuement »
        C’est quand même intéressant un film avec plusieurs interprétations possibles, non ?

        • Oui j’aime bien quant il y a plusieurs interprétations, mais je signal juste que ce film est malveillant de mon point de vue. Et qu’il reproduit des stéréotypes que personnelement je suis lasse de voire.

          On pourrait pinallier infiniement sur le choix de Mamy, son rapport à l’argent et à son ex-epoux, on peu imaginer qu’elle ne l’a épouser que pour sa fortune, les parents avaient peut être proposer d’autres fiancés moins fortunés. on peu en discuter longtemps ^^ mais sur rien, parcequ’il n’y a rien dans le fond. Le sujet est traité « par dessus la jambe » par Ozon et Robert Thomas. De toute façon mamy est une coquille vide, une figure rethorique du patriarcat, la belle-mère fantasmer par deux auteurs, vous lui chercher une humanité alors que je pense justement qu’elle n’en a pas.

          • « on peu imaginer qu’elle ne l’a épouser que pour sa fortune, les parents avaient peut être proposer d’autres fiancés moins fortunés. »
            Elle épouse quelqu’un pour son argent et elle le tue alors qu’il s’apprêtait à gagner des fortunes dont on ne peut même pas s’imaginer l’ampleur qui lui aurait donné une vie à l’abri de tout besoin !??
            Le sujet est traité « par dessus la jambe » par Ozon et Robert Thomas
            Là oui je suis d’accord c’est trop rapide en fait on aimerait en savoir plus c’est sans doute de la paresse intellectuelle…
            « vous lui chercher une humanité alors que je pense justement qu’elle n’en a pas »
            je pense qu’elle en a une mais ce que je pense surtout c’est que l’on ne sait pas et que c’est pour ça que j’aime bien Mamy car je ne sais pas qui elle est : Est-elle incapable de souffrir comme le dit Augustine ?
            Pour être honnête la 1ère fois que j’ai vu le film j’ai ris en écoutant Mamy raconter ce qu’elle avait fait à son mari il s’agit d’humour noir à mon avis.

  22. Attention aux raisonnements circulaires qui se mordent la queue :
    – soit les femmes manipulent l’homme, auquel cas les femmes sont méchantes, donc le film est sexiste. (votre niveau 1)
    – soit l’homme manipule en fait les femmes, auquel cas les femmes sont stupides, donc le film est sexiste. (votre niveau 3)
    Faut-il donc interdire toute intrigue de manipulation impliquant des personnages masculins et féminins ?

    Sinon, tout à fait d’accord sur le fait qu’Ozon projette clairement ses propres fantasmes masculins dans son film. Moins d’accord avec de nombreuses autres de vos interprétations, par exemple celle qui relie « personnages féminins détestables et machiavéliques » à « sexisme », la galerie de personnages détestables et machiavéliques étant un procédé classique de l’intrigue policière à rebondissements capillotractés.

    Pour résumer, je vois plus un paternalisme certes peu glorieux (sur le mode de « j’aime les femmes, toutes les femmes sont belles malgré leurs défauts, je les protège et c’est ma joie ») qu’une bonne grosse misogynie violente qui tache, comme on en voit dans bien d’autres films (français ou pas, chroniqués sur ce blog ou pas) et qui me semble bien plus nauséabonde.

    • Je n’interdis rien du tout. j’ai donné différentes interprétations possibles et certaines entrent en contradiction, ça me semble normal. Et je ne dit pas qu’il n’existe pas de films encore pires au niveau sexisme. Oui il y a plus nauséabond…et alors ? Il y a aussi des enfants qui sont nés dans des camps en corée du nord, il y a toujours pire et ceux qui utilisent cet argument sont ceux qui ne bougent jamais leur cul pour rien, ni personne, a part pour faire taire celleux qui essayent des choses pour faire changer les mentalités. Le sexisme bienveillant reste du sexisme.

    • @Joaquim
      « soit les femmes manipulent l’homme, auquel cas les femmes sont méchantes, donc le film est sexiste. (votre niveau 1)
      – soit l’homme manipule en fait les femmes, auquel cas les femmes sont stupides, donc le film est sexiste. (votre niveau 3) »
      Tout à fait d’accord :
      -Si l’homme manipule la femme c’est misogyne
      -Si la femme manipule l’homme c’est misogyne
      TOUT est misogyne peu importe la situation
      Dans ce cas l’on pourrait dire que c’est misandre :
      – si l’homme manipule : L’homme est méchant : misandrie
      -Si la femme manipule : L’homme est stupide : misandrie.

      • Ca aurait pu etre sympas de lire mon texte pierre-yves, j’ai parler d’un interprétation misanthrope, qui implique votre remarque sur la misandrie. J’ai illustrer ceci avec la video de Ferré.

  23. Je serai toujours impressionné par le talent des auteurs de ce site en matière de point Godwin, avantageusement remplacé ici par un point Kim-Jong-Un tout aussi agréable à se prendre dans la tête, surtout suivi d’un amalgame entre ma personne et « ceux qui ne bougent jamais leur cul pour rien ». Félicitations, ça facilite grandement le débat.

    Oui, je fais une distinction entre les différentes formes de sexisme, et même une hiérarchie, considérant que certaines sont plus graves que d’autres. Est-ce que ça veut dire que la forme pour moi présente dans ce film est anodine, ou que je veux « faire taire ceux qui essayent de faire changer les mentalités » ? Non, ça c’est du délire né d’une interprétation douteuse de mes propos.
    Je tentais d’apporter une nuance qui selon moi n’apparaît pas dans votre article, j’espère que vous me pardonnerez cet écart.

    Quant à la première partie de mon message (et de votre réponse), je soulevais une incohérence, mais vous semblez trouver « normal » qu’un raisonnement comporte des incohérences. Moi pas, mais j’imagine qu’on ne tombera pas d’accord là-dessus.
    N’empêche que ça rejoint ce que j’avais déjà reproché à d’autres critiques faites sur ce site : on peut faire dire tout et son contraire à un film, surtout quand on veut lui donner tort. Et en l’occurrence, si on suit votre raisonnement, le film a FORCÉMENT tort.

    • « Faut-il donc interdire toute intrigue de manipulation impliquant des personnages masculins et féminins ? » vous ne voyez pas Joaquim ce qui a pu me déplaire dans votre formulation ?

      Sur le fait que les perso soient sympatiques ou pas, j’ai manifestement trop insisté sur ce point. Il me semble l’avoir deja dit dans les commentaires. C’est plutot le fait que ces perso ne soient que des fantasmes masculins qui se posent en types prétendument représentatifs du féminin.
      Je n’aime pas ce film, je l’ai dit dans mon article. J’ai entendu souvent des gens me dire qu’ils aimaient ce film et le cité comme exemple de film qui rendrait hommage aux femmes ou valorisant pour les femmes, fait par un cinéaste qui aime et connait les femmes. J’ai toujours eu la sensation inverse, ce film m’avait mise mal à l’aise et j’ai voulu chercher pourquoi. J’ai donc cherché à charge, je le reconnais et le dit dans mon texte. J’ai précisé que mes interprétations sont subjectives et j’ai expliqué que le choix de Ozon de ne pas faire de choix au sujet de ses personnages permet toutes sortes d’interprétations dont une bonne part d’interprétations qui touchent au sexisme vu le sujet du film, mais j’en ai proposé aussi des misandres-misantropes et Pierre-yves en propose une paternaliste, c’est donc que les possibilités sont ouvertes. Je vais pas vous réécrire tout mon texte. Que les personnages soient sympas n’est pas le problème, je veux bien être d’accord avec vous sur ce point, c’est une petite nuance.

      Le fait est que pour 8 femmes on peut lui faire dire n’importe quoi, c’est pas le cas de tous les films. Il y a des films dont le message est plus explicite. Là comme Ozon n’a pas de message, qu’il est dans le formalisme et le jeu référent, il n’a pas fait attention à la lourde charge misogyne de son film, ce « détail » ne lui a pas sauté aux yeux. Reproduire le stéréotype de la Lolita, tel quel en 2002, Ozon a toujours le droit de le faire, il fait bien ce qu’il veut. et j’ai le droit de dire que politiquement, reproduire ce discours me pose des problèmes et que c’est un discours ancestral typique des dominants. Ce discours qui est celui qu’on trouve un peu partout dans le cinéma industriel, celui des dominants.

  24. Bonjour et merci pour cet article très intéressant !

    Je suis féministe (j’ai le sentiment que nos positions politiques et notre perception du sexisme sont très proches). J’ai pourtant beaucoup aimé 8 femmes la première fois que je l’ai vu, il y a dix ans donc. J’avais même, à l’époque, été assez étonné qu’on le taxe de misogynie puisque ce n’était pas la lecture que j’en avais faite. J’ai trouvé la BO et les séquences musicales divertissantes, ce sont des actrices qui chantent, à titre personnel je n’en attendais pas autre chose.

    Par ailleurs, je précise que je ne me considère pas comme un grand cinéphile et suis conscient de mes lacunes en la matière (je suis assez loin d’avoir pu décoder seul les références du film), du coup le contexte de la misogynie personnelle d’Ozon m’avait tout d’abord complètement échappé.

    Toutefois, si j’écris ceci, c’est que je m’interroge. Je me demande si, au final, le réalisateur n’aurait pas été dépassé par ses propres préjugés.

    Je veux dire que moi j’ai développé de l’empathie et de la sympathie pour les personnages. Je vois dans ce film une mise à nue des mécanismes d’oppression des femmes dans la bourgeoisie des années 50 (mais qui sont encore pour beaucoup d’actualité). Les personnages se débattent dans un contexte qui les écrase et écrase tout ce qu’ils pourraient avoir de bon. En gros, ces femmes sont mauvaises mais elles n’ont pas le choix, on ne le leur a pas laissé et elles en souffrent. On voit aussi assez clairement les ravages que peut faire le sexisme intégré, transmis et subi de générations en générations.
    De plus les personnages sont si caricaturaux et iconiques, qu’ils ne sont pas vraiment crédibles. La théâtralité et le second degré voire l’ironie ou le cynisme omniprésents renforcent encore cet aspect du film.

    Alors ok, Ozon n’est pas un militant féministe et ce degré de lecture n’est pas crédible deux secondes au vu de ses déclarations et de son oeuvre, mais je me demande si ce film, à pousser la caricature sexiste aussi loin, n’aurait pas l’effet « pervers » (et donc bénéfique, ou au moins intéressant) de permettre une bonne grosse déconstruction des clichés sexistes justement.

    Je suis bien conscient qu’il est très peu probable que cela ait été l’intention du réalisateur (pas plus que de l’auteur de la pièce d’ailleurs) mais ça m’intéressait de vous faire partager ce point de vue, que je trouve assez réjouissant. Encore une fois, en toute modestie, n’étant pas moi même un grand connaisseur en matière de cinéma.

    • Bonjour Joko,
      Merci pour votre message. Ce que vous dites n’est pas du tout contradictoire avec mon texte. Je n’arrive pas personnellement à faire une interprétation féministe de 8 femmes (parceque je n’aime pas le film), mais je pense que c’est possible de le faire (quand on est de bonne volonté). Quand je dit que Ozon laisse l’histoire ouverte et que c’est au spectateur de faire son histoire tout seul, j’entends bien qu’on puisse faire une lecture féministe. Sauf que cette lecture on doit se la faire tout seul et on peu aussi bien faire une histoire ultra misogyne. Ce que vous décrivez avec votre vision de 8 femmes, ressemble beaucoup à ma vision des films de Refn (le réal de Drive, Pusher). Ses films sont tellement virilistes que je les perçois comme une dénonciation de la culture machiste et que j’en fait des films féministes. Je ne pense pas du tout que ça soit le propos de Refn, ni son intention. Le peu de soin et de profondeur qu’il consacre à ses personnages féminins montre que les personnages féminins ne n’intéresse guère, voire pas du tout.

      Sinon pour le fait d’être « grand connaisseur en matière de cinéma » je ne pense pas l’être et il n’y a pas besoin de l’être pour avoir un point de vue politique sur un film. Les références je les ai trouvées grâce à un moteur de recherche et j’en ai découvert beaucoup lors de ma rédaction de ce texte en lisant différentes critiques.

      Bonne journée à vous

  25. Si François Ozon avait pu produire un film de la qualité de cet article…

  26. J’ai vu ce film… il y a quelques temps… j’essayais de voir des film francophone…

    J’ai laissé tomber toutes cultures en films, romans et bandes-dessinées…

    Il a seulement les mangas japonais que je regarde encore car ils ont encore des histoires qui me captivent.

    J’ai un malaise avec les androgènes, on peut dire…

    Il me semble que les français mâles font des films qui disent aux monde entier « oui, nous savions que nous, les mâles ou plutôt les « gars » francais, sommes laids mais il faut nous aimer quand même »… et le pire dans tout ça est que les petits mâles français, canadiens français, belges francophones et les suises francophones se résignent a devenir poilus, bedonneux par grosse malnutrition et chauves à degrés et enfin laids… ce qui est très déprimant pour moi.

    … et de là, les réalisateurs mal-en-leur-image s’ en prennent contre les filles et les femmes en les moulant en des stéréotypes haïs.

    Meg, j’ai eu une épine au côté quand j’ai lu ta critique.

    Je dessine depuis l’an passé toute une série d’une bande-dessinée et qui est en cours. Je suis en mon cinquième volume. Et il y a des personnages avec image particulière dont je semblais attaquer… au début de mes illustrations…

    … et j’ai récemment vu un film où la réalisatrice japonaise semble attaquer certaines images féminines et d’où ça pourrait même toucher le racisme et c’est sûr qu’elle attaque les « office ladies »… avec jupes surtout… donc ce que j’ai vu aussi cela de la part de beaucoup d’hommes blancs ».

    À la fin, les filles et les femmes que j’ai créées en cette longue histoire me soient devenues plus sympathique… malgré leur sévérité et brutalité.

    • Merci Meghan Reiko Racicot pour ton commentaire. Le film de la réalisatrice japonnaise dont tu parle m’intrigue. J’aimerait bien avoir son nom et le titre pour peut être le visionner et mieux comprendre de quoi tu parle a propos des « office ladies » et du racisme. Je ne parle malheureusement pas japonnais bien que j’ai essayé de l’apprendre un peu en solitaire, les kanji ont eu vite raison de ma motivation. J’espère que je trouverait une version vostfr de ce film, il y a quant même plein de super cinéma japonnais traduit par les fans, ca m’a permis de découvrir les films de Hitoshi Matsumoto! (Loué soit les fan-trad)

      Pour ce que tu dit sur les hommes blancs francophones et leur laideur ca me pose quelques problèmes par rapport à l’idée de beauté ou de laideur. Ne le prend pas contre toi j’ai peut être mal compris ce que tu voulait dire, je te répond pour le plaisir de discuter et parceque j’ai des choses à dire sur la minceur et le poile. Et puisque tu en parle je rebondit la dessus.

      être mince et imberbe ca peut être la beauté pour toi ou pour d’autres personnes, mais moi par exemple je suis poilu et je me trouve très belle avec mes poils (mon comming-out féministe poilu est fait, j’espère que les trolls apprécierons). Dans la culture japonnaise de ce que j’en sait en tout cas, le poile n’est pas le bienvenu ou associé à la pornographie. En Europe c’est la chasse au poile aussi et j’aime pas trop cette pression sur mes poiles. Je suis une femme et j’ai des poiles, et je connait des hommes qui ont des poiles, du coup je ne voie pas trop pourquoi des androgynes ne seraient pas poilus, si c’est des adultes il n’y a pas trop de raison.

      Par rapport à la minceur on reçoit beaucoup d’ordre de minceur quant on est une femme. Les hommes ont moins de pression sur leur apparence, mais il y en a quant même qui en subissent par exemple quant ils sont très poilus du dos ou des fesses j’ai entendu dire que c’était rependu de s’épiler chez les hommes français.
      Dire comme tu le fait, que les hommes se vengent de leur laideur, me semble étrange. Le cas de figure existe peut être, mais pour Ozon je pense pas. Est-ce que Ozon est laid d’ailleurs ? http://www.fransefilms.nl/home/wp-content/uploads/ozon.jpg
      Je le trouve très conforme aux critères esthétiques occidentaux, tu me dira ce qu’il en est pour le critère nippon. 🙂

      Socialement les hommes sont considérer comme des personnes, la beauté est un critère parmi d’autres. C’est pas très important d’être beau même si c’est surement sympas et que ca facilite pas mal de choses. Mais avec de la brioche et de la moquette qui sort du décolleté, c’est pas encore du suicide sociale pour les hommes français. Les femmes par contre, sont immédiatement jugé sur leur apparence, elles doivent être jolie à regarder, décorative selon les critères du gout du jour (grosse ici et maigre là, voilé ou dévoilé, cheveux longs ou courts, poilu ou imberbe, jupe ou pantalon… et en plus tout le monde a son mot à dire, trop pudique, pas assez…). Il suffit de regarder la press, quant on parle d’une femme il est presque toujours fait mention de sa tenue ou de sa coiffure. Les femmes sont affamées par le culte d’une certaine forme de physique dicté par l’industrie de la mode, du cosmétique et les laboratoires pharmaceutiques. C’est la rencontre du male-gaze* et du capitalisme** qui fait que le poile et le gras sont bannis. Vouloir associé obligatoirement la beauté à la minceur et à l’absence de poile je trouve que c’est réducteur et que c’est se soumettre au dictat actuel. Comme toi tu le place dans une perspective androgyne, sur certains aspects c’est interessant, mais des androgynes rondEs et poiluEs ca peut être cool aussi à dessiner.

      J’ajoute qu’il y a un sens dans lequel ce que tu dit est vrai, c’est à dire que les hommes occidentaux et les femmes aussi dans une moindre mesure deviennent trop grosSE a cause de la nourriture industrielle et de la sédentarité. Je dit trop parce que la je parle d’obésité morbide, ce qui est différent d’avoir un peu de bedon. Si on parle d’obésité, c’est tout de meme un grave problème sanitaire liée en plus au milieux socio-économique des gens. Par exemple il y a plus de personnes obèses et diabétiques au Mexique qu’aux USA, car le coca-cola y est moins cher que l’eau potable. Il me semble avoir lu que le problème existait aussi au japon qui commence à être contaminé par le mode de vie des USA.

      je suis pas d’accord avec l’idée que les grosSEs et le poiluEs soient laids, qu’ils soient androgynes ou pas. Par contre c’est vrai que dans le mode alimentaire industriel il y a un excès de gras, de sucre, de sel, de conservateurs, de pesticides… qui met pas mal de monde en danger, en particulier les populations les plus précaires, c’est un problème de santé publique, pas d’esthétique.

      Sinon pour ta BD, je suis curieuse de la voire. J’espère que tu sera publié ou que c’est déjà le cas ou que tu la fera partager sur internet. Fait moi savoir si il y a moyen que je la lise ou la regarde si il n’y a pas de version française.

      Bonne continuation à toi

      * sur le male-gaze je te conseil cet article qui explique de quoi il s’agit
      http://cafaitgenre.org/2013/07/15/le-male-gaze-regard-masculin/
      ** par rapport au capitalisme, il est plus rentable de vendre des produits anti-poile, cire, crème, lames ou laser la gamme est vaste. Avoir des poiles ca force moins à la consommation de ces outils de torture. Pour la minceur, les produits régime sont vendu très chères et ce sont aussi des outils de torture de mon point de vue. Et les femmes sont nombreuses à les acheter à prix d’or dans l’espoir de ressembler aux poupées en 3D qu’on voie dans les pubs et les revues de mode et qui sont sensé être la beauté féminine.

  27. Agripine… j’aime bien sa critique du film.

    C’est vrai que Marcel est peinturé comme un freluquet… il me semble que le vrai « winner » de ce film… d’après ta critique, Meg, soit Jacques Farnoux. Il n’est pas marié donc indépendant des femmes… il a gagné tout l’argent… et autre…

    Meg, il n’y a rien de mal avec ton orthographe.

    …. Ozon est homosexuel… c’est donc pour ça qu’il semble aimer Jacque Farnoud?…

    … hum… les masculinophiles ou les virilophiles…

    Le synopsis de Zoé semble être correct aussi (a part pour l’orthographe).. je vous ai tous lu ici et j’ai lu autres discussions à propos des films machists en ce forum et il m’en reste 13 à lire et « Loui » à finir de lire… j’ai lu les reponse de Meg sur autres discussions et par là, je peux avoir une petite aperçu de la fenêtre d’où elle voit ce film alors je peux la comprendre… à une certaine longueur inconnue.

    J’aime toute film de mystère… et j’aime la féminité… sur moi… il me semble, il y a dix ans, j’ai eu un malaise en voyant ces femmes…

    … bon, il faut que je dessine… et je finirai de lire la critique sur « Loui » plus tard.

    • Tu as l’air d’avoir saisi là ou j’en étais avec 8 femmes. Comme Jacques Farnoux est dans mon interprétation une sorte de clin d’œil à l’auteur de la pièce originale Robert Thomas. En plus maintenant que tu m’y fais penser, le Jacques Farnoud/Robert Thomas est aussi gagnant dans la vie puisqu’il a reçu les droits d’auteur, de l’argent qui tombe tout cuit et que son œuvre et sa mémoire sont perpétués par cette réactualisation de sa vieille pièce ringarde. Je ne sais pas si l’homosexualité d’Ozon est en jeu dans cette histoire avec Robert Thomas. Je ne sais pas si ils se connaissent et je ne sais pas si Robert Thomas est homosexuel. C’est un aspect que j’ai du mal à interpréter de mon point de vue de femme hétéro. Comme tu parles de la fenêtre d’où je parle, je pense que tu comprends ce que je veux dire. Peut être que la dessus tu aurais des choses à ajouter, n’hésite pas si c’est le cas.

      En tout cas c’est un plaisir de te lire Meghan Reiko Racicot. Bons dessins à toi et bonnes lectures.

  28. Voici le titre du film japonais fait par une réalisatrice japonaise… Shimako Sato et sa star Kimika Yoshino… je vais essayer de poster quelques photos du film, de la star et de la réalisatrice en mon posting ici et si je ne suis pas capable de le faire, je le posterai à la page 3 de mon «ouverture» de mes bande-dessinée… a l’entree 33.

    … je ne suis pas capable! Alors je colle à la fin de mon ouverture!

    « Eko Eko Azarak Wizard of Darkness»

    Les «hommes» de race blanche m’ont toujours dit à mes oreilles que le mâle humain est laid et il faut qu’il le soit…

    … et il y a une beaucoup d’années, mon frère me parla sur un ton dur à mon désir de devenir une femme… j’hochai la tête. Mon frère démontra son mépris envers moi et il me dit « si tu te transformes en femme, tu seras une laide femme ! » et en s’en allant, il me frappa l’épaule avec le sien.
    Le moment qu’il m’ait dit ceci et le moment qu’il me bascula, une image m’ait venue. Je me vis en une femme française aux cheveux noirs, à la trentaine avec des traits durs ou en une femme juive avec les mêmes traits donc tous…une grande peur m’envahit et je sombrai en un désespoir et en une catatonie. Je restai assis en regardant par la fenêtre de la cuisine pendant deux jours et nuits…
    … quelques années plus tard, je me souvins que mon frère est homosexuel. Il trouve toutes les femmes laides…surtout les juives et les françaises…

    Meg, mon état psychologique est un peu particulier.

    … à propos de la laideur je ne peux pas expliquer en un seul petit posting et surtout si j’écris les exemples et j’en aie et c’est long.

    J’ai réglé mon problème d’image vers soi, il n’y a pas longtemps. J’étais atteinte de transsexualisme assez grave pendant des années… en plus que je soufrais d’anorexie nutritive tout au long au même moment.

    La pilosité et être rond ne sont pas des traits de laideurs et j’en suis venue à ces conclusions assez récemment…
    … pour la pilosité, ca dépend ce que nous voulions comme notre propre érotisme et à ce que nous voulions laisser sur nous ou à quel endroit que nous les voulions ou c’est quoi l’intensité des diamètres des poils.

    … et j’ai vu de très belles personnes rondes. Mais en occident surtout au Canada, les «hommes» ici ont vraiment de grosse bedaine et dure et leurs membres sont maigres et pour moi, ceci n’est pas vraiment des rondeurs santé et érotiques… il y a quelques chose à propos de notre alimentation… mon père mourût, il y a quelques années et je crois dure comme fer que c’est due à une malnutrition pour lui…

    J’ai rédigé trois petits essais visuels sur la beauté… un sur les nuances de la physionomie du «mâle humain», deux, à propos des personnes d’un âge et trois, à propos des personnes rondes… qui sont à la page 2, 30ieme entrée et à la page 3, 31ieme et 32ieme entrées en cet ordre.

    En tous cas, je laisse le lien où j’ai place 13 de mes bandes-dessinées et la série dont je parle commence à la 15ieme entrée de mes postings de la page 1.

    …..

    http://dunautregenre.xooit.com/t1458-Exit-F-minit-et-autres-dessins.htm

    Table des matières

    Page 1

    1er «posting» ou entrée ou sujet – La table des matières et une petite explication à propos de mes dessins.

    2ième entrée- Exit Féminité- c’est un petit one shot qui démontre la vision des sociétés humaines qu’elles ont envers la «féminité» à ce que j’aie ressenti.

    3ième entrée- Un petit texte qui dit que j’aie vendu tous mes fanzines.

    4ième entrée- Les garçons invisibles- c’est une petite série que j’ai voulu démontrer que les personnes en âge avancé ou qu’ils ressemblent comme des goules pouvaient être jolies si nous recherchons leurs traits.

    5ième entrée- Mangahanna 2- Un extrait fait par elle.
    6ième entrée- Mangahanna 1- extrait de son personnage perso et le lien a son site Deviant Art.

    7ième au 12ième entrée- Theo Sukeban se prend soin- c’est une mini série complète qui récite l’histoire d’un jeune garçon de 18 ans qui se travaille pour être «belle» et de s’aimer malgré qu’il n‘y a pas les traits de beauté.

    13ième et 14ième entrée- La page couverture et trois pages dessins d’une nouvelle érotique dont je ne placerai pas complètement en ce forum.

    15ième entrée- « Une fille aux pays des mâles soumis », c’est le premier volume d’une série dessinée dont à date il y en a quatre. Le cinquième est à venir.

    «Une fille au pays des mâles soumis» est une série en cours qui récite l’histoire d’une jeune universitaire et activiste, Fleur Lystis qui voyage à travers d’une société totalitaire où la gracilité et la passivité sont imposées aux «hommes». La série a aussi une touche de science-fiction et… d’horreur.

    Page 2

    16ième et 17ième entrée- c’est une nouvelle érotique que j’ai dessinée et il se peut que je la poste au complet en la section adulte.

    18ième et 19ième entrée- « Une fille au pays des mâles soumis », volume 2.
    20ième à 22ième entrées- « Une fille au pays des mâles soumis », volume 3.
    23ième à 25ième entrée- « Une fille au pays des mâles soumis », volume 4.

    26ième à 28ième entrée- Extraits du cinquième volume à venir de cette série dessinée en cours.

    29ième entrée-J’ai placé des photos des modèles dont je me suis inspirée à dessiner certains de mes personnages.

    30ième entrée- Grande bouche et grosses lèves, ils seront toujours belles, peu importe… C’est un petit essai visuel qui démontre où j’aie pris l’idée pour dessiner des « hommes » féminins et en plus avec quelques explications sur la diversité morphologique des « hommes ».

    Page 3

    31ième entrée- Oui, oui! Les garçons d’un âge peuvent être jolis!… Le titre le dit. C’est un très petit essai visuel qui démontre mes inspirations pour dessiner des garçons d’un âge avancé.

    32ième entrée- Les « rondes »; la sinuosité n’est pas une laideur… C’est un troisième petit essai visuel qui explique qu’une physionomie ou une silhouette ronde puisse être naturelle et santé alors aussi un trait de beauté pour tous.

    33ième entrée- Espace libre ou textes cumulés.

    34ième et 35ième entrée- Je montre une photo de ma bibliothèque et donc vous pouvez voir le nombre de mangas que j’aie.

    ……

    J’ai fait mon mea-culpa sur mon alimentation et ma santé mentale et je crois qu’une grande partie de mes problèmes relationnels avec mes pairs humains soit due que j’aie eu deux grandes épisodes d’anorexie alimentaire et nutritive… à mon enfance d’où j’avais une phobie de la nourriture et à ma vingtaine jusqu’à ma quarantaine…

    … il faut être patient avec moi. Il est vrai que notre culture formate notre cerveau mais je pense due à ces deux episodes d’anorexie, j’aie subi certains dommage au cerveau…

    Je suis venue en votre forum pour vous comprendre… pour me comprendre… mes peurs parce que j’avais des préjugés sur les féministes… je vous lis.

    Justement… ma bande-dessinée, j’ai voulu dessiner mes désirs et mes peurs… tous en même temps et en rêvant ces histoires qui se suivirent en ma tête, ces filles, ces femmes… j’en suis venue à les comprendre et à la fin, j’ai une certaine empathie envers elles… je n’ai pas fini d’illustrer, cette série alors…

    Avec mon «comic book series», je travaille beaucoup sur les messages néfastes de toutes les cultures. Je crois qu’il faut se renforcir psychologiquement…

    Les autres films et bandes dessinées qui m’ont choquée (traumatisée) sont DeathWishII, Porky’s II, sword and Sorcery, les films spagetti de Clint Eastwood, Magnum Force, Irréversible, Battle Royal (je crois, volume 15 ou 17, une jeune fille en jupe écolière se fait démembrer par deux garçons), Hunters of Gor Volume 8 de la série Gor, les romans de Tanith Lee (mais j’aime bien quand même) et presque toutes les publications Vécu chez l’éditeur Glénât et je suis fatiguée et je continue depuis plus de trois ans a les assembler ces films néfaste… alors ça fait un long moment que j’y travaille.

    Bonne visionnée sur mes trois petits essais visuels et ne soyez pas dure sur ma dernière série… je ne fait que commencer et je me suis calmée, disons.

    • Merci Meghan Reiko Racicot pour toutes ces informations et réponse à mes questions. Je repense à ce que tu disait sur la fenêtre et c’est très gentil à toi de m’avoir ouvert un peu la tienne. J’ai trouvé l’histoire du garçon invisible très émouvante et d’un point de vue graphique je trouve qu’il se passe quelque chose de particulièrement fort avec ton jeu sur la transparence de la peau et toute la question de l’effacement du masculin qui reviens beaucoup dans tes BD. Il y a en plus quelques planches qui m’ont rappelées Spiral de Junji Ito (j’adore Junji Ito, mais il y a des chances qu’il fasse partie des auteurs de BD qui t’ont choquée ou traumatisée, en tout cas par rapport à l’ambiance très mortuaire de cette histoire, ça me fait pensé à lui). La première histoire à des planches vraiment rigolotes avec les monstres-masculins et j’aime bien la sincérité de tes histoires. Sinon tes autres aventures au pays des mâles soumis sont intrigantes et je me rends compte que ta réflexion et ta connaissance sur les questions de poids et de poil sont très riches. J’aime bien les planches anatomiques en particulier et les détails techniques de SF de ce monde matriarcal*. Tu as l’air d’être une fine observatrice des caractères sexuels secondaires et de la morphologie. En plus pour les femmes poilus tu as même comblé mes attentes
      http://img98.xooimage.com/files/a/c/a/males-soumis–009-3f63c7e.jpg et j’aime bien tes recherches sur la beauté « en âge » car on est habitué à penser que l’âge c’est incompatible avec la beauté en particulier quant on est une femme et j’imagine que c’est la même complication pour les garçon-filles.
      Je ferais attention de pas te brutaliser et je m’excuse si je l’ai déjà fait dans mon poste précédent.

      Sinon pour le film de Shimako Sato voici la fiche imdb http://www.imdb.com/name/nm0766262/
      ca t’aidera peut être à retrouver le titre à défaut de photos car je ne sais pas non plus comment intégrer les images dans les commentaires sinon j’en mettrais plein.

      Ensuite pour la liste des films et bd choquantes pour toi, je ne les connait pas tous, mais Irréversible et les films de Gaspard Noé j’arrive pas non plus. Un copain m’avait passé « Carne » et « Seul contre tous », j’en suis toujours pas remise, ne les regarde surtout pas !!
      Les western spagetti c’est amusant que tu en parles, j’ai un de mes frères et pas mal d’amis hommes fans de ces films qui m’en veulent pour leur avoir raconté ma lecture politique de leur films fétiches ^^ Avec leur zizi-pan-pans hyper virils qui se tournent autour avec leurs regards de braise et veulent s’éjaculer dessus les uns les autres avec leurs gros guns-phalliques. Je crois que pour avoir raconter ça ici je vais me chopper quelques protestations de Clint-o-philes mais je pense que tu seras pas contre mon interprétation.
      Battle Royal, j’ai la bd que j’apprécie moyennement. Je trouve le dessin le dessin comique pour son coté hyper descriptif dans le gore mais je me suis lassée, je pense revendre mes exemplaires. J’ai aussi quelques BD de Matsuo dont j’aime beaucoup le dessin mais qui est trop trash pour moi et que je vais vendre aussi. Il y a un album en particulier que j’ai regretté d’avoir ouvert et que j’avais honte d’avoir dans mes affaires tellement c’était affreux.
      Mes chouchous dans le manga c’est Junji Ito que j’ai déjà mentionner ici et Kaneko pour « Soil », j’adore son trait qui déborde un peu partout mais de manière plus ou moins organisée.

      Pour finir je pense que tu ne sais pas car je l’ai pas dit ici il me semble, mais je dessine aussi. Tu peux voire sur mon site si tu es curieuse. http://www.madmeg.org/

      Bonne continuation à toi Meghan Reiko

      *ca me fait penser comme dans un autre poste tu disait être matriarcale. J’ai lu qu’il y avait des ethnologues qui n’utilisaient plus le mot matriarcat pour désigner les société non-patriarcales. Illes disent que le matriarcat lorsqu’il existe ce qui est rare (les Na en Chine et un peuple au Mexique en tout et pour tout à notre époque et à ma connaissance) n’est pas un miroir au féminin du patriarcat dans lequel les femmes ont le pouvoir comme les hommes l’ont dans le patriarcat. Ce ne sont pas des systèmes oppressifs et ces ethnologues pour montrer cette différence ont créé le mot « matristique ». Comme dans ta BD il s’agit d’un système oppressif, tu peux dire que c’est du matriarcat, mais c’est un cas particulier. sur le sujet lire par exemple ceci
      http://arcanaarcanorum.over-blog.com/article-les-societes-matristiques-55085838.html

    • ps j’ai trouvé « Eko Eko Azarak: Wizard of Darkness » en entier en vo sous titré en anglais sur You Tube. http://www.youtube.com/watch?v=r_mSVCUdUAA
      Je vais voir si mon anglais froggy est suffisant pour profiter du film. Je reveindrais te dire ce que j’en ai pensé ou compris !
      Bonne nuit ou journée.

      • Je repasse après avoir vu « eko eko azarak 1 » ( il y a un 2 et un 3 sur you tube). Je précise pour celleux qui voudraient le voir qu’il s’agit d’un film érotico-gore plutôt lesbien car les scènes érotiques sont presque toutes entre femmes. Les hommes ont d’ailleurs un rôle assez secondaire dans l’histoire. Plus haut je citais Matsuo mais j’ai confondu c’est de Maruo que je voulait parler et le film dont on parle me semble assez proche de ce qu’on appelle au Japon le « ero-guro » ou « érotique grotesque ». On y trouve du SM et le culte des uniformes et vie sur le mélange sexe et violence avec une érotisation de la violence. D’un point de vue politique il y a des choses problématiques en particulier par rapport à l’uniforme des écolières et le côté pédophilie qui est frappant en tout cas à mes yeux d’occidentale. Comme tu dis les hommes occidentaux sont aussi nombreux a fantasmer sur les jeunes japonaises en uniforme. Il y aurait beaucoup a en dire, mais je ne connais pas assez pour me lancer sur ce sujet (et j’avoue ne pas avoir envie de devenir « spécialiste » sur ce sujet)
        Pour le racisme dont tu parles je n’ai pas vu à quoi tu faisais allusion. Est-ce qu’il y a des personnages coréens que je n’aurais pas identifiés ? Je pense à la Corée car il y a une histoire difficile et douloureuse entre le Japon et la Corée et que c’est souvent un élément qui revient dans les films japonais que j’ai pu voir (par exemple dans « executive koala » ou dans « big main japan » pour les exemples que je connais). Je dirait pour « eko eko azarak » que je le qualifierais de film queer.
        On en reparle si tu veux. Bonne continuation à toi.

        Ps- pour la critique d’Agripine tu as raison de la signaler, en la relisant je trouve qu’elle est très bien vu, affine et complète certaines choses sur lesquelles j’étais passée un peu vite. Et que c’est vrai que je me suis un peu perdue dans ces histoires d’empathie avec les personnages, ce n’est pas ce qui me semble aujourd’hui le plus important à dire par rapport à ce film.
        Bon j’arrête de faire des réponses à mes réponses, tu as déjà bien assez de lecture.

        • Merci.

          Je devrais admettre que seulement depuis cette semaine, j’ai certain remords sur certains aspect de ma série « une fille au pays des mâles soumis »…

          J’ai rapidement lu tes messages et je suis en mes quatres nuit de travailles et je dors beaucoup et c’est pour cette raison pour mes explications tardives….

          … Dirty Harry m’a toujours fait un peu peur…

          Junji Ito ne m’a pas vraiment traumatisée, enfin un peu… mais son monstre, la fille qu’on semble toujours démembrer et qu’elle semble toujours revenir plus forte… elle m’apparaisse sympathique.

          Enfin, je reviens… il est 20heure59 et il faut que j’aille au travaille. Et je travaille aussi demain nuit et après j’ai trois nuits de congé…

          Pour finir…. je commence à ruminer que je serais plutôt feminocrate… mais j’expliquerai et c’est due à ma série que je dessine…

          Bonne nuit!

  29. J’ai découvert qu’Ozon a un site officiel. on y trouve ses notes d’intention. Et c’est pratique pour mesurer à quel point Ozon hait les femmes, a quel point elles le terrorise et à quel point ce pauvre garçon est obsédé par le complexe de castration.
    Sur 8 femmes il dit ceci  » Je souhaitais faire une comédie, doublée d’un suspense policier classique renvoyant aux intrigues à la Agatha Christie et rappelant les films de huis clos où le meurtrier fait partie du groupe. Mais derrière cette lecture au premier degré, j’ai voulu engager une réflexion légère et amusante sur la féminité, les actrices, les rapports de classe et les secrets de famille. »
    http://www.francois-ozon.com/fr/entretiens-8-femmes

  30. Bonjour, j’ai bien évidemment trouvé votre article très intéressant mais je me demande pourquoi il faudrait absolument que les personnages de films, romans etc…soient positifs. Pourquoi voulez-vous éprouver de la sympathie pour des personnages féminins ou masculins ou autres absolument. Ozon propose certes des clichés ou même des fantasmes et il est pertinent de les déconstruire mais en aucun cas de les censurer.

  31. La lecture de cet article me laisse perplexe. Alors, en effet, les éléments que vous avez mis en évidence sont pertinents. Et l’analyse me semble intéressante. Mais j’ai l’impression que, parce que vous n’aimez ni Ozon ni ce film, vous négligez certaines grilles de lecture (Je précise que je n’aime pas Ozon non plus) :
    – Il est possible que ce film soit d’abord une critique facile de l’hypocrisie bourgeoise avec les jolis décors qui n’arrivent plus à cacher la saleté des âmes. Et il est vrai que dans l’imaginaire collectif, les femmes font de meilleures représentations des caricatures bourgeoises et des meurs que la bourgeoisie défend(ait) ou pourfend(ait).
    – Il est aussi possible que Ozon ait cherché à tourner en ridicule ces femmes qui se laissent dicter leur conduite par des hommes. Parce que vous le dites très bien : aucun de ces personnages n’est réellement sympathique…parce que Ozon n’a sans doute pas voulu que ce soit le cas.

    J’avoue que certains passages de l’article dénote un peu de mauvaise foi, ce qui donne l’image clichesque d’une « féministe enragée qui veut la peau d’un mec qui n’aime pas assez les femmes » : avez-vous cherché, comme Ozon, à ne pas vous rendre sympathique.

    Finalement, ces personnages apparaissent comme des clichés misogynes tellement outranciers que le film ne saurait, à mon avis, l’être vraiment. Ozon n’est pas un grand réalisateur. Mais j’espère qu’il n’est pas stupide pour manquer à ce point de subtilité.

    PS : dans le film « Potiche », Ozon raille les femmes qui pensent faire de bonnes dirigeantes…parce qu’elles sont de bonnes mères. Peut-être une critique, là aussi, des pseudos discours féministes à la Ségolène Royal.

    PS 2 : ne voyez, dans mon commentaire, aucune agressivité ni volonté de défendre ce film.

    Selma.

    • Bonjour Selma,
      Par rapport à ta première remarque, sur le fait que j’ai négligé certaines grilles de lecture :
      Comme je l’ai mis en intro, je ne prétend ni à l’exhaustivité interprétative, ni à l’objectivité de mon point de vue. L’objection que tu me fait m’a deja été faite dans les commentaires et certaines personnes parviennent à faire de se film un film moins misogyne voire un film féministe. Une oeuvre une fois livrée au publique échappe à sa/son créateurE et chaque spectateurE est libre d’y injecter ce qu’ille voudra bien. Je suis convaincu de ceci, et c’est pour cela que j’ai essayé de m’appuyé sur les déclarations d’Ozon à la presse (à propos par exemple du générique ou ses déclarations sur la sexualité putassière des femmes à Cannes l’an dernier) ainsi que sur la nature misogyne des références utilisé par Ozon dans son film. Le truc c’est que pour que les spectateurEs fassent de ce film un film féministe il faut que les spectateurEs aient deja une culture et une approche féministe et cette culture est encore rare, les statistiques sur la violence faite aux femmes montrent bien que les mentalités évoluent très lentement et un spectateurE misogyne trouvera son opinion sur les femmes renforcé par le visionnage de 8 femmes.

      Pour la critique « facile de la bourgeoisie », il y a en effet cet aspect dans le film. Ozon en joue grossièrement dans les relations entre Louise et Gaby qu’il fait glisser dans le fantasme SM et la référence cinématrographique qui va dans ce sens. Il me semble que la dénonciation de la femme du bourgeois plutôt que du bourgeois lui même passe à coté du problème et est un poncif misogyne. Se moquer des bourgeoises, de leur vénalité, leur avarice, leur hypocrisie, leur lacheté, leur instrumentalisation viticimaire me semble passé à coté de l’attaque de la bourgeoisie et tomber dans la misogynie ordinaire.

      – pour le fait qu’aucune de ces femmes n’est sympatique, j’en suis revenu grace à certains commentaires poster ici. Il me semble que j’ai trop insisté la dessus dans mon article et que ce n’est pas un point important. On sent le mépris de Ozon pour ces personnages, je pense en effet qu’Ozon l’assume parfaitement vu qu’il en remet des couches dans la presse (les femmes rêvent toutes de se prostituées selon lui). Le truc c’est que méprisé les bourgeoises c’est un sport nationale en France, surtout de la part de bourgeois tel ce réalisateur.

      Pour le « ce qui donne l’image clichesque d’une « féministe enragée qui veut la peau d’un mec qui n’aime pas assez les femmes »
      c’est pas qu’il n’aime pas assez les femmes, c’est qu’il enfonce des clichés misogynes et ces clichés sont tellement profondement encrée dans notre culture que je suis effectivement enragé de les voire répétés encore et encore à notre époque. Par exemple montrer que Suzon accuse son père adoptif d’inceste. Comme si les victimes d’inceste avaient besoin qu’on repete encore qu’elles sont des filles-mères qui ne s’assument pas. Quel interet d’en remettre une couche sur ce cliché qui cause la déqualification des viols en simple délit encore aujourd’hui en France en 2013 ?
      Alors oui je suis une féministe enragée, il y a largement de quoi et j’assume totalement ma rage. Pour ce qui est de l’idée stupide de vouloir la peau des mecs et bien c’est une idée stupide elle ne mérite pas que je me fatigue à me défendre de cette accusation. Les féministes sont toujours vu par les non-féministes comme des coupeuses de couilles hystériques, je n’ai pas de temps à perdre là dessus.

      Pour vous ces clichés sont tellement outranciers qu’ils vous font rire, mais moi ces clichés j’ai grandi dedans et ils n’ont rien d’outrancier, j’en ai souffert dirrectement, les femmes victimes de viols, d’inceste, de tabassage par leur conjoint sont aussi aux prises avec les consequences directes de ces clichés et ca ne me prête pas à rire, surtout lorsque c’est fait par un homme qui se permet d’insulter mes sœurs dans la presse(ma sexualité est putassière). Ozon n’en a rien à fiche des femmes et de ce qu’elles vivent, il s’en sert juste comme objet de manipulation pour son propos d’auteur, d’artiste qui se croit au dessus de la mêlé du commun. Chaque femme incarne un sous-genre dans la littérature et le cinéma policier et en fait le support d’un jeu purement formel, il a parfaitement le droit de faire cela, mais on ne peu faire cela que si on est pas concerné par l’inceste, le viol, le manque d’instruction, la prostitution… L’inceste, la violence conjugale, le viol, la prostitution, les mariages forcés, la dépendance materielle, la domesticité… tout cela il n’y a clairement pas réfléchit et il s’en tape copieusement, ses personnages sont pour lui des « volailles symboliques » et lui ne va pas plus loin que cela.

      Par rapport à Potiche, je ne voie pas trop pourquoi une bonne mère ne ferait pas une bonne cheffe d’entreprise, à moins de pensé que les mères n’ont de fait aucune compétence. Je suis d’accord pour critiquer le féminisme liberal à la Badinter ou Royal mais Ozon ne fait que jouer de clichés sans les questionner puisqu’il y adhére totalement sans aucun recule.

      j’espère que j’aurais répondu à tes objections, je te conseil la lecture des commentaires car tu y trouvera je pense quelques réponses complémentaires.

      Bonne journée et merci pour ton commentaire pas agressif et sans volonté de défendre le film 🙂

      • Bonsoir Meg,

        Je me permets de rebondir sur ta réponse. C’est la première fois que je poste un commentaire sur un article sur Internet. Je dois dire que ton article m’a à la fois intéressée et gênée.

        D’une part, je pense que prendre des sujets graves à la légères n’est pas l’objet du film de Ozon. Et je n’ai pas vu dans cette histoire d’inceste la moindre évocation de l’image misogyne des femmes victimes d’agression et d’inceste. Ton analyse est donc une surprise pour moi. J’avais tout simplement trouvé cette histoire ridicule et encore plus rocambolesque que les autres. D’ailleurs, cela ne figure pas dans la pièce originale : Ozon l’a rajouté pour que Suzon ait elle aussi un mobile évident.

        Sur ce point, je dirais que tu as exprimé ton point de vue, avec ton histoire et tes sentiments. Ce qui est tout à fait intéressant pour les lecteurs. Mais il est possible que cela galvaude quelque peu le propos du cinéaste que l’on peut, à la rigueur, juger superficiel voire (donc ?) irresponsable.

        Ensuite, je pense qu’il ne faut pas prendre les spectateurs et spectatrices pour des imbéciles. Même les plus misogynes d’entre eux/elles auront saisi que ce sont des clichés volontairement grotesques qui s’exposent devant eux.

        Je ne sais pas si 8 Femmes est un film misogyne ou féministe. Mais je considère que, comme tu l’as dit, une oeuvre populaire est soumise à la psyché et aux fantasmes de ceux qui la regardent. Et à cet égard, on ne peut reprocher Ozon de permettre aux misogynes de se faire l’interprétation qu’ils voudront de ce film.

        Merci pour ta réponse et cet échange Meg.

        Ah oui, au passage, je me considère comme une féministe assez radicale. Peut-être ai-je tort de me voir ainsi donc…

        Selma.

  32. Bonjour,

    1. »Finalement, ces personnages apparaissent comme des clichés misogynes tellement outranciers que le film ne saurait, à mon avis, l’être vraiment » :

    Donc Selma, si je comprend bien, plus le degré de beaufitude réac et sexiste serait affiché et plus elle en conforterait la mise à distance par son auteur. Je pense que vous prêtez aux spectateur (trices) une disposition au second degré qui est loin d’être socialement et culturellement distribuée par tous(tes). Par ailleurs, cette distanciation « auteuriste » ne serait-t-elle pas au fond qu’une simple variante distinguée et petite-bourgeoise d’une vision éminemment conservatrice du monde social, donc de droite.

    2. »Je pense qu’il ne faut pas prendre les spectateurs et spectatrices pour des imbéciles. Même les plus misogynes d’entre eux/elles auront saisi que ce sont des clichés volontairement grotesques qui s’exposent devant eux » :

    Et alors ?
    Pensez-vous une seconde que ces spectateurs (trices ) misogynes, (qui sont donc pour moi des imbéciles) vont alors avoir le sentiment d’être mis en question ? le principe d’un film conservateur est de conforter les conservateurs dans leur conviction et leur attachement indéfectible à l’ordre social établi, que celui-ci relève de l’évidence et d’un sens commun érigé en vérité.

    Le film d’Ozon, n’est que cela pour l’essentiel : une apologie « maligne » de l’ordre social et sexué établi. Meg selon moi en fait la démonstration, pour le coup, radicale et sans appel (je crois pour ma part à la force du discours argumentatif et à ses qualités de démonstration, la question du « subjectivisme » des spectateurs (trices) ne conduisant selon moi qu’à tomber dans le relativisme généralisé).

    Jacques

  33. Bonjour Jacques,

    S’agissant de la « disposition au second degré qui est loin d’être socialement et culturellement distribuée par tous(tes) », je refuse l’idée selon laquelle le peuple « ne comprend pas », surtout face à des caricatures pareilles (c’est, me semble-t-il, une idée de droite que la gauche reprend à son compte quand ça l’arrange). Au demeurant, je ne pense pas qu’un cinéaste se doive de façonner ses oeuvres dans le but d’être accessible à celles et ceux qui n’auraient pas la « disposition » intellectuelle nécessaire. Pour cela, nous avons assez de nanars en salles actuellement croyez-moi !

    S’agissant du « relativisme généralisé » lié au « subjectivisme des spectateurs », j’aimerais que vous m’expliquiez ce lien qui vous paraît évident. Personnellement, je ne crois pas que affirmer qu’une oeuvre publique est toujours livrée au regard de ses spectateurs révèle cette idée de relativisme généralisé qui, je le répète, n’a aucun sens pour moi tant que vous n’en expliciterez pas la teneur exacte.

    Par ailleurs, qualifier le film de conservateur, d' »apologie maligne de l’ordre social et sexué établi » me semble exagéré. D’une part parce que, s’il s’agit bien d’une production du 21e siècle, ce film narre une histoire qui se déroule dans les années 50. D’autre part, parce que je maintiens que le film ridiculise tous ses personnages, y compris les hommes. Ces derniers sont d’ailleurs absents (« tuer l’homme » comme pour « tuer le père ? »). Les deux sont des coureurs de femmes, l’un étant un idiot qui se fait plumer de toutes parts ; l’autre un escroc qui abuse de ses collaborateurs comme de ses conquêtes. Ce sont là aussi deux caricatures de l’homme bourgeois.

    Enfin, gardez vous de traiter les misogynes d’imbéciles. Il n’y a pas d’erreur plus fondamentale que de considérer ses « adversaires » avec le mépris de « celui qui sait ». Insulter leur intelligence ne revient finalement qu’à ridiculiser l’insuccès de celles et ceux qui les combattent.

    Bonne soirée Jacques.

    Pour Meg : Je pense que la phrase culte de la bonne jouée par F. Richard serait plutôt celle qu’elle lance à sa patronne : « et sachez que si vos filles avaient dû grandir avec vos attentions, elles n’auraient pas grandi avec grand-chose »… Ou encore lorsque Gaby dit d’elle « c’est la vengeance des domestiques ». Il y a une relation entre ces deux femmes qui n’a pas assez été développée dans le film.

    Allez, j’arrête de vous embêter avec mes commentaires qui ne semblent pas dans la stricte ligne du site (dont le concept reste pourtant très intéressant).

    Bonne continuation à vous.

    Selma.

    • Bonsoir Selma,

      Je commence par la fin : si vous pouviez m’épargnez votre ton sentencieux (il ne manquerait plus que vous me gardiez de penser différemment de vous !), je préfèrerais.

      Cela-étant dit, je serais donc fondamentalement (diantre pas qu’un peu mais fondamentalement !), dans l’erreur de considérer un misogyne comme un imbécile, et par dessus le marché cela traduirait l’insuccés de mon combat à leur égard. Si ca peut vous faire plaisir de penser qu’il vaut mieux toujours imaginer que la bêtise est (comme dirait Mulder) toujours ailleurs et jamais où on la croît, ou « pas exactement » », ou pas tout-à-fait » ou « oui mais sous certaines conditions », etc…. Libre à vous donc de penser que le film est plus subtil qu’on ne le pense et pas réellement misogyne (et oui je le confesse, je méprise le misogyne pour ce qu’il est. c’est grave ?).

      Je n’ai pas dit que les spectateurs ne comprenaient pas ou qu’ils étaient idiots. De même je n’ai jamais interdit à ce crétin d’Ozon de « façonner » ses oeuvres pour pouvoir toucher le plus grand nombre de gens (je ne comprend pas du reste le lien entre ces deux affirmations). Je dis simplement que ces « caricatures » rélèvent d’une forme de distinction cinéphilique particulière (différente en cela d’une caricature plus directement « populaire » ) et suffisamment adroite pour parvenir à susciter sinon la neutralisation, du moins l’euphémisation des fondements sociaux particulièrement conservateurs qui les sous – tendent. C’est une tendance lourde de tous ces demi-habiles à la Ozon, ou Chatiliez (de gauche ou de droite, ça je vous l’accorde) qui du haut de leur promontoire, entendent récolter les profits symboliques et économiques pour leur fausse impertinence et leur populisme snob.

      Pour la teneur entre relativisme généralisé et subjectivisme du spectateur que vous me réclamez « exacte » sous peine de ne pas consentir à poursuivre la discussion (du calme, nous ne sommes pas dans une soutenance de thèse), désolé mais je vais faire court : je ne suis pas convaincu par les théories de la réception (profanes ou spécialisées) mais plutôt séduit par la sociologie de Bourdieu lorsque celui-ci parlait de fonder une science des oeuvres, de celle où la compréhension de l’oeuvre en question résulterait de l’analyse de l’état du champ artistique, de la position de l’auteur dans ce même champ, de ses propriétés sociales, et enfin et seulement enfin, de sa retraduction artistique. Autrement-dit, postuler qu’il existerait une forme de « vérité » du sens social de l’oeuvre et de l’intention expressive de l’auteur que l’on pourrait retrouver par la mise en relation de tous ces facteurs. Je crois que Meg ne fait pas cela, mais elle tente en tout cas de produire une analyse argumentée, voire une démonstration convaincante qui s’éloigne à la fois du délire interprétatif de la critique cultivée et du jugement indigné ou louangeur.
      Donc, non, considérer ce film comme conservateur n’est pas exagéré à mes yeux mais simplement fondé. Pourquoi d’ailleurs le fait de ridiculiser les hommes ruinerait-il l’analyse de Meg ? quand je vous lis, je pense à ces critiques où la mise en avant du détail entrainerait la ruine de la démonstration d’ensemble. Comme dire que le film, parce qu’il est inspiré d’une pièce créée dans les années 50, ne saurait pas être exactement le produit des catégories de pensée du 20ème siècle).

      Bonne nuit le site,

      Jacques

  34. Bonsoir,

    Je ne voulais plus faire de commentaire. Mais le ton agressif de votre réponse confirme mes premières impressions.

    Je voudrais dire que vous déformez en permanence mes propos, mais je préfère penser que c’est moi qui me suis mal exprimée.

    Bonne soirée Monsieur.

    • Bonjour,

      Je ne voulais plus faire de commentaire mais le ton de mauvaise foi de votre réaction confirme mes premières impressions.

      Je voudrais dire que vous déformez le ton de mes propos, mais je préfère penser que c’est moi qui me suis mal exprimé.

      Bonne journée Madame

    • Bonjour Selma & bonjour Jacques,
      il ne me semble pas que les echanges soient agressif. Chacun defend sa position et si tu viens discuter Selma, comprend que celleux qui pensent différemment de toi defendent leur opinion avec passion.

      Comprend aussi Selma que les remarques sur « la ligne idéologique du site » ou le fait que tu trouve mon analyse de mauvaise foi ou gênante sans jamais expliquer sur quel point puisse être désagréable pour moi. Ainsi que les remarques sur ma radicalité, la tienne ou celle du site. Je ne voie pas l’intérêt de ces remarques.

      Par rapport à l’interpreation du spectateurE, je m’exprime probablement mal, il m’est arrivé de voire un film très sexiste (par exemple Bleeder de N.W.Refn) et d’en faire un film qui correspond à mes idées féministes et en le revoyant avec certaines nouvelles information, un point de vue different car mon humeur est différente… de voire soudain un détail qui ne m’étais pas apparu la première fois et tout à coup l’histoire est totalement changée. Ca n’arrive peut être pas qu’a moi, car j’imagine que je ne suis pas un extra terrestre. C’est ce que j’appel « subjectivité du spectateurE qui fait l’oeuvre ». Ceci dit il me semble que les films ont aussi un discours qu’on peu essayé d’analysé plus objectivement. Par exemple en visionnant d’autres oeuvres du même real, d’autres films sur le même sujet, lire et ecouter les interview du real, le point de vue des acteurEs, le contexte historique et culturel de la sortie de l’oeuvre, la promotion du film donne aussi des info sur le publique ciblé par le film… Elements que j’ai essayé de réunir.
      Le truc c’est que les idées sexistes ne viennent pas de nulle part, elles sont diffusées entre autre par le cinéma. Les blagues sur les belles-mères, l’idée que les femmes mentent sur le viol, le fait que les lesbiennes détestent les hommes… ces idées sont visibles dans le film d’Ozon et il ne les critique pas, il ne les tournent pas en ridicule, il les valide avec ses personnages. Bien sur c’est une fiction, mais les spectateurEs sont invités à se reconnaitre et à reconnaitre les gens qu’ils rencontrent dans leur quotidien. L’analyse de 8 femmes est plutot un pretexte pour moi de montrer la construction et le maintiens dans les imaginaires de cette culture sexiste. Parler du mot « lolita » du fantasme de la femme chat, des enjeux politiques dans le SM, du culte de la virginité, des représentations de la sexualité… Le film de Ozon est pour moi un support pas une fin en soi. Ca m’interesse aussi de comprendre pourquoi c’est ce type de cinéma qui est promu dans les féstivals, pourquoi ce real trouve des financement alors que d’autres (surtout des femmes) n’interessent pas grand monde. Je pense qu’il y a un lien entre discour masculiniste d’une oeuvre et l’acceuil bienveillant qui lui est fait. Je ne sais pas encore tout à fait comment ceci s’articule mais ca fait partie des choses que je voudrais devellopper dans d’autres articles à venir.

      Sur le fait que les hommes soient aussi tourné en ridicule j’en ai parlé dans les différents niveaux de lecture. Il y a une lecture misandre possible de ce film. Mais ce n’est qu’un niveau sur les 6 ou 7 que j’avais trouvé et ce niveau n’est pas du tout assumé par Ozon vu que dans ses interview il ne ait que se moquer de ses personnages féminins les traitant de dindes, le pintades et autres volailles.

      Enfin j’ai écrit cet article car j’ai souvent entendu des gens me dire que ce film est un éloge de la féminité, un hommage aux femmes et un film valorisant pour les femmes. Ce n’est pas forcement d’irrecupérables misogynes qui disent cela, il peut y avoir le phénomène de « spectateurE qui fait le film » mais aussi un manque de reflection sur ces sujets qui fait qu’on s’est laissé « embobinner » par le réalisateur ou qu’on a simplement suspendu son jugement le temps de voire le film.

      J’espère que nos échanges se poursuivrons car je les trouvent interessant et plutot cordiaux. Je pense que le fait que ca soit tes premières interventions sur internet te donne cette impression d’agressivité car par ecrit il nous manque toute la communication non verbale qui aide à l’interpretation du discours.

      Bonne continuation et au plaisir de vous lire encore.

  35. Bonjour Meg

    Je pense t’avoir croisé… sur SeenThis ?

    Ton article m’a passionnée. Je sais maintenant exactement pourquoi j’ai envie de vomir quand Ozon parle ou tourne des films. Merci. Du coup, je sais comment éviter, maintenant, le réflexe vomitif qui n’est pas bon pour ma santé.

    Je m’insurge également contre ceux qui vous niaisent sur l’orthographe : on attend qu’il fasse mieux sur un texte de milliers de mots comme le vôtre. Des erreurs, j’en ai vu plein, aucune ne m’a dérangée… Et j’ai même envie d’en redemander, parce que j’ai trouvé fun le e à curé !

    Ce n’est peut-être pas le lieu pour le faire mais… j’ai une passion, non, ne me tapez pas, l’orthographe, la grammaire, la syntaxe et l’amour que fait tout ça ensemble. Je me propose de corriger gratis tous les textes que vous souhaiteriez voir corriger juste pour vous évitez les remarques excessivement pénibles de ceux qui se font des ulcères quand il y a des infinitifs qui ressemblent à des participes (ou pire : le contraire !!!). Gratis. Réponse en 48H maxi.

    Je ne comprends pas non plus ces justifications sans fin… Certains reprochent souvent aux collaborateurs de ce site de surinterpréter. Je suis auteur, et j’ose imaginer qu’en tant que cinéaste, Mr Ozon fait attention à chaque gramme de décor de chaque scène de chaque seconde de chaque mot de chaque poil de la moquette de ses films. Parce que c’est comme ça que ça se fait. Et si, au surplus, des éléments ne sont pas intentionnellement placés pour être interprétés,ils le sont inconsciemment, ce qui est complètement interprétable.

    Moi, je vois des symboles partout. Et ils ne vous ont pas échappés. Ce texte est en lien chez moi dans la quinzaine (j’ai du texte sur la planche).

    • Bonjour Volubilis,
      Oui on s’est bien croisé sur seenthis, là bas j’ai mon pseudonyme complet @mad_meg et ça me fait pensé que je devrais utiliser le même ici….
      En tout cas merci pour tes compliments sur mon texte, ça fait toujours plaisir les critiques positives. Pour ta proposition de correction orthographique c’est sympas, je pense que 8femme comme il a déjà été publié peu rester avec ses fautes sinon les râleureuses on ne comprendra plus pourquoi illes sont fâchées. Par contre pour mes éventuels prochains textes j’essayerai de penser à toi, vu mon rythme d’écriture tu ne risque pas la surcharge de taff. Le truc c’est que l’orthographe j’y pense assez peu et quant j’ai enfin fini un texte je suis tellement impatiente de le publier que le délais de correction passe à la trappe 🙂 je note en tout cas ta proposition.
      Bonne journée et merci
      mad meg

  36. Rolala,
    Jsuis tellement contente de voir enfin une critique de ce film que j’ai tellement DETESTÉ, mais ya longtemps et sans trop savoir pourquoi et surtout sans jamais vouloir le revoir.
    Merci pour cette critique, que je vais me délecter de lire dans le détail!

  37. Bonjour,

    Juste pour rajouter une précision pour ceux qui ne savent pas si cette histoire d’inceste entre Suzon et Marcel était vraie.

    Dans les commentaires audio du film, Ozon explique qu’il a inventé cette histoire d’inceste qui n’existait pas dans la pièce de théâtre originale dans l’unique but de donner un côté sombre au personnage de Suzon qu’il trouvait trop lisse de base. Il confirme également que Suzon mentait et qu’elle disait ça pour énerver sa sœur donc la faire souffrir.

    Hypothèse personnelle : je pense qu’elle sait à quel point sa sœur et son père étaient très proches et qu’elle était jalouse de cette proximité qu’elle ne devait pas avoir avec Marcel, cette proximité moindre pouvant s’expliquer par le fait qu’ils n’avaient aucun lien de sang justement.

    Alors en effet, le personnage de Suzon devient alors un être odieux mais c’était le but.

  38. Court commentaire en réponse à cette longue, trop longue, critique de 8 femmes.
    Je ne peux vous cacher que j’apprécie ce film et cependant j’avais remarqué la plupart des points négatifs exposés dans votre article. NEGATIFS enfin bon… selon votre interprétation.
    Je considère le sexisme prédominant de 8 femmes comme tout simplement contextuel. Ce film se déroule dans les années 50, une époque où l’état d esprit des femmes ne devait pas être loin de celui représenté et même exagéré dans le film.

    Maintenant un point que j’aimerais rappeler. Le fameux monsieur Farnoux, comptais prendre la fuite avec Gabi et non pas la laisser derrière elle comme vous l avez compris. La fameuse enveloppe bleue que marcel avait remise à sa soeur Pierette se retrouve dans les mains de Gabi. C’est donc ce Monsieur Farnoux qui lui a remise en garanti de leur fuite. « Vous le l’avez voler » voilà ce que crie Pierette sous le choc. Point qu’il fallait éclaircir car on peut déceler une part humanité chez le soi disant manipulateur de l ombre. Cet homme ne serait il pas lui aussi amouteux de Gabi

    • Bonjour,

      Je considère le sexisme prédominant de 8 femmes comme tout simplement contextuel. Ce film se déroule dans les années 50, une époque où l’état d esprit des femmes ne devait pas être loin de celui représenté et même exagéré dans le film.

      Est-ce que vous pourriez expliquer plus en détails quel était selon vous, l’état d’esprit des femmes dans les années 50, et le rapport avec le sexisme du film qui est sorti en 2002 ?

  39. Marcel n’aurait il pas remplacé la femme de sa vie l envoûtante Pierette, par Gabi le fauve, le prédateur, qui est incapable de vivre un amour véritable et durable, du moins avec un homme.
    Marcel n’a jamais cesser de garder Gabi au centre de sa vie, en tableau, en Louise qui est sa réplique parfaite et en Suzon la fille de Gabi et non pas la sienne. Mais il ne vaut mieux pas que je réduise les pensées d un homme à une femme je pourrais être accusé de sexisme.

    Dernier detail je pense que vous attachez peut être un peu trop d’importance au choix des chansons.
    Bonne journée.

  40. Ne voyez surtout pas dans mon commentaire une approbation du sexisme du film, loin de là.
    Mais pour vous donner un exemple concret, ma grand mère qui dans les années 50 avait la trentaine, m’a toujours dit que dans sa jeunesse les sujets ne tournient jamais autour d’autres choses que l’homme, le mariage et l argent. C’était son éducation et je refuse de croire qu elle était la seule dans ce cas. Les temps ont changés elle aussi.
    Contextuel
    pour ce qui est du rapport avec un film tourné en 2002: disons que je vous pose la question « est il possible de mettre un téléphone portable dans un film qui se deroule lors de la révolution française ? Meme si il est tourné en 2014 » Vous me repondrez non.
    Le sexisme du film est contextuel et pour moi répertorier ces manifestations, n’a aucun intérêt dans la critique.

    • pour ce qui est du rapport avec un film tourné en 2002: disons que je vous pose la question « est il possible de mettre un téléphone portable dans un film qui se deroule lors de la révolution française ? Meme si il est tourné en 2014″ Vous me repondrez non.

      Cette analogie ne marche pas si le « téléphone portable » est le « sexisme » dans votre proposition : alors que le téléphone portable existe aujourd’hui mais n’existait pas hier, le sexisme existait hier et continue aujourd’hui sous grosso modo la même forme. Il y a une continuité entre le sexisme misogyne tel qu’il s’exprimait dans les années 50 et celui qui s’exprime aujourd’hui. Mettre en scène en 2008 d’une pièce écrite en 1958 en reprenant les mêmes schémas sexistes, c’est tout simplement continuer à véhiculer les mêmes clichés misogynes qui s’appliquaient hier et qui s’appliquent encore aujourd’hui.

      • A mon avis, le problème de cette analogie, c’est surtout qu’elle confond deux niveau, à savoir le sexisme dépeint par le film et le sexisme du film. Il est parfaitement possible de faire un film qui montre la domination masculine telle qu’elle existait à l’époque sans être soi-même sexiste. Ozon aurait pu faire un film qui montre les contraintes patriarcales qui pesaient sur les femmes à l’époque (comme c’est le cas par exemple du film The Hours, sorti la même année, et qui, si je me souviens bien, porte entre autres un regard critique sur la condition des femmes au foyer aux US dans les années 50). Mais ce n’est pas du tout l’optique d’Ozon, qui cherche plutôt à nous ressortir toujours les mêmes stéréotypes misogynes pour qu’on se paye encore une bonne tranche de LOL en méprisant les femmes. Pour résumer : Ozon montre le sexisme de manière sexiste, alors que l’on peut montrer le sexisme d’une manière critique, féministe.

        • @Paul: tu veux parler de l’exemple avec la grand-mère ? Ouais, je suis d’accord évidemment.

          • Oui. Après j’ai l’impression que cette confusion entre montrer du sexisme et le montrer d’une manière sexiste sous-tend aussi l’analogie avec le téléphone portable. La question ce n’est pas « est-ce que Ozon a eu raison de montrer du sexisme en faisant un film qui se déroule à cette époque? », c’est « comment il l’a fait? » (d’une manière critique ou d’une manière pas du tout critique (et même franchement misogyne) ?). Il me semble que le problème de cette analogie avec le téléphone portable, c’est qu’elle ne considère que ce qui est représenté, indépendamment de la manière dont c’est représenté. Ce qui est une manière dépolitisante d’aborder la question, qui refuse en fait d’envisager que la manière de représenter les choses relève de choix politiques (un peu comme les gens qui disent « ben c’est normal que Django soit raciste vu qu’il se passe à l’époque de l’esclavage. Il aurait fallu ne pas montrer la domination subie par les Noir-e-s à l’époque c’est ça? etc. »)

          • Ouais, je crois que je vois ce que tu veux dire, les 2 messages sont pour moi tout emmêlé, j’arrive pas à démonter l’argumentation point par point exactement, mais je perçois le truc.

  41. Je reconnais que mon analogie n’est pas judicieuse, pour les raisons que vous exposées.
    Cependant je pose une questio. Pour vous Tarrantino dans Django fait une critique de la condition des esclaves ? Selon moi non. Il reste pour moi un film qui possède d’autres nombreuses qualités.
    Et pourquoi pas 8femmes ?
    La raison pour laquelle j’ai fait ce commentaire au départ était pour dire à quelle point je trouvais injuste de juger de la qualité du film selon son caractère misogyne.
    Je ne meprise pas ces femmes quand je vois ce film bien au contraire.

    • « Pour vous Tarrantino dans Django fait une critique de la condition des esclaves ? Selon moi non. »

      Je ne comprends pas bien le sens de cette question. Vous voulez dire qu’il n’y a aucune intention politique chez Tarantino ? Pour moi, envisager les représentations d’un point de vue politique en se focalisant sur l’intention de l’auteur est réducteur et empêche à mon avis d’analyser les discours complexes et multiples véhiculés par les films. Il me semble que la question à se poser est moins « quelle était l’intention de Tarantino ? » que : « que dit exactement ce film ? quelles normes véhicule-t-il ? ».

      Dans cet esprit, vous avez sur ce site une brève (http://www.lecinemaestpolitique.fr/quelques-reflexions-sur-django-unchained/) et un article (http://www.lecinemaestpolitique.fr/deathproof-2007-django-unchained-2012-tarantino-ou-le-boulevard-du-mepris/) qui parlent de Django.

      Même si le sujet principal du film de Tarantino n’était pas l’esclavage (qui ne serait qu’un « décor »), le film tiendrait tout de même un discours sur l’esclavage (discours nécessairement politique). Mais pour moi, il est quand même assez clair que le sujet (ou un sujet central du film) est la révolte/émancipation/libération d’un esclave. Le film s’appelle quand même « Django Unchained », et se finit par une grosse tuerie pendant laquelle l’ancien esclave tue des esclavagistes et brûle leur maison. Bref, ça me semble assez clair que le film parle de l’esclavage, en se plaçant (globalement, parce que c’est à mon avis plus complexe que çà) du point de vue de l’esclave qui se libère. Donc ça me semble difficile de soutenir qu’il n’y a pas dans ce film une « critique de l’esclavage » (même si le film ne se réduit pas à ça).

      « Il reste pour moi un film qui possède d’autres nombreuses qualités.
      Et pourquoi pas 8femmes ? »

      Quand nous étudions la dimension politique des films, nous ne prétendons pas que les films sont intégralement à jeter à tous les niveaux. Nous ne faisons qu’analyser et critiquer les valeurs qu’ils véhiculent en fonction de nos valeurs politiques, c’est tout. Tous les films que l’on analyse ici peuvent avoir plein de qualités cinématographiques (esthétiques, narratives, humoristiques, etc.), mais ce n’est juste pas notre objet ici (il y a déjà assez de revues et de sites qui analysent tout ça en France…).

      « La raison pour laquelle j’ai fait ce commentaire au départ était pour dire à quelle point je trouvais injuste de juger de la qualité du film selon son caractère misogyne. »

      Ce que juge Meg ici, c’est précisément son caractère misogyne. Pas « la qualité du film » en soi. Cependant, peut-être qu’il serait intéressant de se demander pourquoi la pensée dominante sur le cinéma en France aujourd’hui considère que les valeurs politiques véhiculées par un film ne devraient pas faire partie de l’appréciation que l’on a d’un film et du jugement qu’on porte sur lui. Pourquoi serait-il « injuste » de prendre aussi en compte le discours politique du film pour juger de sa qualité ? Pourquoi ça ne serait pas plutôt l’inverse qui serait « injuste » ?

      Pour moi, en excluant les considérations politique du jugement que l’on porte sur les films, on s’interdit non seulement de comprendre pleinement les films (qui ont tous une dimension politique, qu’on le veuille ou non, de la même manière qu’ils ont tous une dimension esthétique), mais on s’interdit aussi et surtout de comprendre à quel point les films participent à consolider ou à remettre en question nos valeurs (et plus largement les valeurs qui traversent notre société et légitiment les rapports de domination qui la cimentent).

      « Je ne meprise pas ces femmes quand je vois ce film bien au contraire. »

      Il faut à mon avis distinguer le discours du film et la lecture qu’en font les différent-e-s spectateurices (qui sont tou-te-s différents). Peut-être que vous ne méprisez pas les personnages féminins de 8 femmes, mais le film lui les méprise, et encourage donc les spectateurices à les mépriser. Ce n’est pas parce que certaines personnes font des « contre lectures » des films que les films ne véhiculent pas massivement et à longueur de bobines des valeurs nauséabondes qui imprègnent nos esprits, qu’on le veuille ou non.

      A mon avis, même si on a un minimum conscience des rapports de dominations et de la place qu’on y occupe et qu’on essaie de lutter contre ça dans la société et dans notre tête, il y a beaucoup de choses qu’on intériorise et qu’on reproduit inconsciemment, dès qu’on relâche notre vigilance (surtout que notre éducation a commencé bien longtemps avant que l’on prenne conscience de tout ça à mon avis, enfin c’est mon cas en tout cas). Vous voyez ce que je veux dire ?

  42. Merci pour cet article !
    J’aimais beaucoup ce film, ça m’a foutu une sacrée claque de voir et comprendre toutes les interprétations que vous en faite (car je suis d’accord avec votre analyse). Après avoir lu tous les commentaires, je pense que pour moi le fait que les personnages soient attachants relève du fait qu’ils sont portés par des actrices géniales qui ont toutes de fortes personnalités et ont une certaine image dans nos imaginaires de spectateurs. Ces personnalités « déteignent » sur leur personnages, je pense. En tout cas c’est comme ça que je l’ai ressenti. Par exemple, j’adore Isabelle Huppert; j’avais donc de la compassion pour Augustine (pour des raisons personnelles surement aussi), et je la trouve très drôle dans sa caricature. Mais c’est vrai que cet aspect faux (car stéréotypés )de ses femmes est problématique.
    Ah oui juste une question: comment pouvez-vous conclure que Suzon est l’amante de Jacques Farnou ?? J’avoue que je n’ai pas compris pourquoi vous êtes arrivé à cette conclusion…
    En tout cas merci encore. Et j’admire beaucoup (sur le site en général) la façon dont vous répondez patiemment aux détracteurs et autres petits masculinistes-qui-s’ignorent-ou-font-semblant. Ça me donne pleins d’argument à ressortir dans ma vie de tous les jours quand je croise ce genre de personnes 🙂
    Bonne soirée

    • Merci Lison pour votre commentaire. Pour votre question sur Suzon, la réponse est variable selon le choix d’interprétation qu’on fait. Vu que ce scenario est une pièce de boulevard dans laquelle on se rend compte que tous les perso sont liés. farnoux est l’associé du protagoniste et l’amant de sa femme et de sa sœur et comme Suzon n’est pas montré comme crédible avec son histoire d’inceste on peu imaginer qu’il est aussi l’amant de Suzon. Ce n’est qu’une interprétation, il y en a d’autres c’est pour ça que j’ai essayé d’en proposer plusieurs mais ce qui me semble constant dans ce film c’est que les femmes mentent toutes.

  43. Bonjour
    Je dois avouer que je ne suis pas entièrement convaincue par votre critique. 8 femmes est l’un de mes films préférés et si je ne prétends pas avoir la maturité (ou je ne sais quoi d’autre d’ailleurs)de pouvoir juger le sexisme de ce film ou de pouvoir le comparer avec d’autres films d’Ozon, nayant pas une culture cinématographique suffisante, je trouve votre critique exagérée.

    Je pense comme d’autres avant moi que le sexisme du film découle du sexisme des années 50. Certes je peux me tromper mais il est possible que je n’ai pas tort. Rappelons nous le contexte des années 50 et la place de la femme (si je puis dire) à cette époque.

    Mis à part cela je trouve l’analyse de vos personnages et du film en général poussée à l’extrême (et je ne dis pas cela du fait que j’aime ce film) en effet vous ne prenez selon moi que le côté négatif de tout sans faire de critique réellement objective mais ce n’était peut être pas censé être objectif.

    Je suis cependant de votre avis concernant le sujet Gaby/Pierette et leur fameuse scène qui selon moi reflète un fantasme d’Ozon. Cela dit, si je trouve le film stéréotypé par certains aspects, je le considère toujours comme un bon film. Je pense que c’est un choix si Ozon tourne ses personnages en ridicule puisque c’est de là que découle le comique du film.

    Je pense néanmoins que ce film n’est pas sexiste ou qutre comme vous le décrivez et que les personnages peuvent inspirer de la sympathie.

    Je précise que ce commentaire reste poli je ne donne que mon avis mais admet la possibilité d’avoir tort. Après tout chacun a sa propre opinion et tant mieux.

    Bonne journée

    • Bonjour Zoé,
      Comme je n’ai pas aimé le film, il est vrai que j’ai une vision très négative de celui ci.
      Par rapport à la sympathie des personnages, j’ai deja dit que c’était un défaut de ma critique, car vous avez raison, on peu avoir de la sympathie pour ces personnages. Mais n’ayant pas aimé le film, je n’ai pas peu avoir de sympathie pour les personnages. Ca m’arrive d’aimer un film alors que je le désapprouve politiquement, c’est rare mais c’est possible. Pour 8 femmes a part les costumes je ne trouve rien de positif à dire et ca doit être désagréable à lire quant on trouve des qualités au film comme c’est votre cas.

      Par rapport a la misogynie. Ozon a tout de même pas mal de déclarations sexistes à son actif dans la presse. Il déclare tout de même qu’avant de pensé à des fleurs comme attribut de ses personnages il avait prévu de comparé les 8 femmes à des volailles.

      En fait je me fiche de ce film. Ce qui m’intéresse c’est de comprendre et montrer tous ces stéréotypes qui viennent des années 1950 (en fait sont bien plus anciens), mais sont toujours actifs en 2002 et en 2015.
      Si c’était de stéréotypes tombé en désuétude, personne ne regarderait ce film à part des historien·ne·s car on ne serait même pas ce qui est drôle puisqu’on aurais pas les éléments pour le comprendre.

      En 2015 on se moque toujours des belles-mères.
      En 2015 on soupçonne toujours les femmes de vénalité et la dichotomie « Maman-Putain » est toujours de mise.
      En 2015 on sexualise toujours des femmes de chambre, les costumes de soubrettes sont toujours venu dans les sexeshop.
      En 2015 on retourne toujours la culpablilité des victimes de viol.
      En 2015 le cliché de la « Mama africaine » est toujours vivace et les femmes afro-descendantes sont toujours employé à l’élevage des enfants des blancs.
      En 2015 les hommes possèdent toujours 99% des ressources de cette planète, allez voire une photo des invités du Cop21 si vous en doutez, et les femmes françaises se tapent toujours 80% des tâches domestiques, le plafond de verre, le salaire inférieur de 15% et la retraite amputé de 35%, elles se coltinent aussi le harcèlement de rue, l’inceste, le viol, les coups et les homicides dans le couple …

      Du coup il n’y a pas de profonde différence entre la mentalité d’aujourd’hui en 2015 et celle de 1950. C’est mon avis, je peu me tromper comme tout le monde, mais va falloir vous accroché pour me trouvé des arguments et des sources capable de me faire changé d’avis.
      Après je ne cherche pas à vous faire détesté ce film, je m’en sert seulement de support pour parler de féminisme.
      Bonne soirée

  44. Bonjour

    Votre réponse m’a en effet permis de comprendre pourquoi la plupart de vos reproches étaient assimilées au sexisme. Je comprends maintenant mieux votre idée lorsque vous avez rédigée cette critique.
    Je suis de votre avis en ce qui concerne le sexisme en 2015 même si certains aspects de la place de la femme dans la société masculine de nos jours se sont considérablement améliorés (« l’esclavagisme » des femmes d’origine afro-américaine, la place des femmes en ce qui concerne le travail même si ce domaine regorge d’aspects sexistes)

    N’ayant pas (comme dit dans mon commentaire précédent) une importante culture cinématographique et encore moins « Ozonienne » j’ignorais qu’il avait tenu des propos sexistes etc. Et il est vrai que 8 femmes possède quelques clichés ou autres propos et actions sexistes.

    Si je continuerai de penser que ce film est un bon film j’ai à présent mieux compris le « pourquoi » de votre critique et l’idée qu’il n’aura été qu’un support.

    Je vous remercie de votre réponse, bonne journée

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