Accueil » Tous les articles » Films d'animation, Tous les articles » Méchants et méchantes chez Disney (1) : Femmes fortes

Méchants et méchantes chez Disney (1) : Femmes fortes

Dans l’univers manichéen de Disney, le bien et le mal sont facilement identifiables, généralement incarnés respectivement par le héros ou l’héroïne d’un côté, et le méchant ou la méchante de l’autre. Les enfants apprennent ainsi très rapidement ce qu’il convient d’aimer et de haïr, ce qu’il faut devenir et ce qu’il faut au contraire absolument éviter d’être. A force de visionnages et de re-visionnages, ils/elles intègrent de la sorte les normes véhiculées par le studio avec une redoutable efficacité. Or si, dans cet apprentissage, les héros/héroïnes ont une place privilégiée puisque c’est avec eux/elles que l’identification et le mimétisme fonctionnent le plus, les méchant-e-s ont également un rôle important même si uniquement négatif : ils/elles servent de repoussoir, incarnant non seulement ce dont il faut avoir peur, mais aussi ce qu’il faut mépriser et donc ne surtout pas devenir dans sa vie.

Loin de n’être que des déclinaisons quasi-identiques d’un même modèle, les méchant-e-s différent au contraire parfois beaucoup les un-e-s des autres. Plus exactement, ils/elles se distinguent principalement selon leur sexe. En effet, comme on va le voir, la nature diabolique de ce personnage s’exprime de manière totalement différente suivant si l’on a affaire à une méchante ou à un méchant. Pour synthétiser (et en caricaturant un peu), on peut dire que les méchants sont le plus souvent des hommes faibles, efféminés, alors que les méchantes sont au contraire des femmes fortes et dominatrices. Dans tous les cas, ces personnages constituent donc des écarts par rapport à la norme sexiste qui veut que les hommes soient puissants et virils, et les femmes belles, jeunes, dépendantes et soumises à un homme. Certes, les méchants sont parfois caractérisés par leur appartenance ethnique ou de classe plus que par leur sexe. Mais dans l’immense majorité des cas (et dans tous les cas pour les méchantes), le sexe est le paramètre essentiel. C’est pourquoi nous étudierons séparément méchantes et méchants, afin de tenter de dégager quels modèles de masculinité et de féminité Disney nous enjoint de mépriser à longueur de films.

Femmes fortes

Lorsque c’est un personnage féminin qui incarne les forces du mal, il prend systématiquement les traits d’une femme forte. Pas seulement au sens où elle représente une menace pour le héros ou l’héroïne, car il est évident que tout méchant qui se respecte, qu’il soit masculin ou féminin, se doit d’être assez puissant pour mettre sérieusement en danger le personnage principal. Mais dans le cas où le méchant est une femme, cette force prend une signification bien particulière. En effet, femme forte signifie ici femme qui représente un danger pour les hommes, un danger pour l’ordre patriarcal. Soit cette femme domine les hommes (renversant alors directement la domination masculine), soit elle en est totalement indépendante (ce qui représente tout autant une menace pour le patriarcat).

Ces méchantes s’opposent donc aux héroïnes classiques de Disney qui sont dans l’immense majorité des cas soumises aux hommes, ou du moins dépendantes d’eux sur les plans physique et affectif. Une bonne héroïne Disney qui se respecte se doit d’obéir au personnage masculin, de se faire sauver par lui (au moins une fois et plus si affinités…), et encore de finir dans ses bras, le plus souvent lors d’un indémodable mariage hétérosexuel qui conclut la majorité des Disney les plus populaires. Le destin d’une femme, c’est d’être la femme d’un homme. Voilà donc le cœur de la leçon que Disney assène à nos enfants à longueur de films : une femme bien est une femme soumise à un homme, et dépendante de lui sur tous les plans. Et inversement, une femme qui a au contraire du pouvoir et de l’indépendance par rapport aux hommes est forcément mauvaise, voire diabolique[1].

Etudions donc maintenant plus précisément ces femmes fortes que sont les méchantes de Disney, pour tenter de dégager leurs traits caractéristiques. Traits qui, comme on le verra, n’ont malheureusement pas beaucoup changé de Blanche Neige à Raiponce, preuve que le féminisme a encore beaucoup à faire pour que l’idée d’une indépendance et d’un  pouvoir féminin ne soit pas systématiquement présentée à nos enfants comme le mal absolu.

Pour mémoire, les principales méchantes des « classiques d’animation Disney » sont : la Reine dans Blanche-Neige et les sept nains, la marâtre et ses filles dans Cendrillon, la Reine de Cœur dans Alice au pays des merveilles, Maléfique dans La belle au bois dormant, Cruella dans Les 101 dalmatiens, Mme Mim dans Merlin l’enchanteur, Mme Médusa dans Les Aventures de Bernard et Bianca, Ursula dans La petite sirène, Yzma dans Kuzco l’empereur mégalo, etMère Gothel dans Raiponce[2].

Le cauchemar des hommes

Comme on l’a dit, les méchantes de Disney dominent les hommes ou ont des hommes à leur service. La reine de Blanche-Neige a le chasseur sous ses ordres, et Maléfique, dans La belle au bois dormant, une armée de sous-fifres. Disney met ainsi en scène une galerie de femmes qui tyrannisent leurs hommes : la Reine de cœur, dans Alice au pays des merveilles, écrase le Roi de sa présence ; Cruella mène la vie dure à Jasper et Horace dans Les 101 dalmatiens ; Médusa traite Snoops comme un larbin dans Les Aventures de Bernard et Bianca, sans manquer une seule occasion de l’humilier ou de l’insulter ; sans parler du comportement d’Yzma avec Kronk dans Kuzco l’empereur mégalo.

Parce qu’elles ont du pouvoir et qu’elles l’exercent sur les hommes, ces femmes vont trop loin, et Disney nous le rappelle en les présentant systématiquement comme des incarnations du mal. Dans cet esprit, le studio atteint son apogée dans La petite sirène avec la création du personnage d’Ursula. Celle-ci ne cherche pas seulement le pouvoir, mais plus exactement à écraser le Roi Triton, figure masculine toute puissante et bienveillante, parce que celui-ci l’a un jour exclue de sa cour. Disney fantasme donc ici un personnage féminin dont le seul but est l’émasculation des hommes. Dans ce délire anti-féministe, le studio donne ainsi naissance à la figure de méchante la plus diabolique de son histoire.

 

Ursula la castratrice : « Je veux qu’il souffre l’enfer ! Je veux le voir se tortiller comme un ver à l’hameçon ! »

 Au niveau des moyens déployés pour arriver à leurs fins, les méchantes représentent là aussi une menace pour le pouvoir masculin. En effet, si elles recourent volontiers à des armes traditionnellement féminines (poison, ruse ou séduction par exemple), elles empiètent également sur le territoire des hommes en usant de la force et de l’intimidation, armes masculines par excellence. Leurs transformation lors des combats frontaux qu’elles livrent avec les hommes sont en ce sens significatives : Maléfique se transforme en dragon face au prince Philippe, Mme Mim finit elle aussi par se métamorphoser en dragon dans son duel avec Merlin, et Ursula prend tout simplement des proportions gigantesques à la fin de La petite sirène.

Leur volonté d’usurper le pouvoir masculin est aussi illustrée par leur réappropriation de pratiques traditionnellement réservées aux hommes. Elles conduisent agressivement (comme Médusa dans Les Aventures de Bernard et Bianca, ou encore Cruella dans Les 101 dalmatiens), elles fument (Cruella), tirent à la carabine (Médusa), etc.

 Les usurpatrices du pouvoir masculin

Pour toutes ces raisons, et parce que, au final, elles possèdent ou cherchent à obtenir un pouvoir sur les hommes, ces femmes sont une menace pour l’ordre patriarcal. Disney les représente donc comme des créatures diaboliques, des monstres.

L’origine du mal

Mais pourquoi sont-elles si méchantes ? Pourquoi s’acharnent-elles ainsi à tourmenter ces pauvres hommes ? Pourquoi ne restent-elles pas plutôt à leur place de femmes soumises ? C’est tout de même mieux quand chacun-e est bien à sa place, bien dans son rôle, comme dans Taram et le chaudron magique, où la femme est contente de faire de la couture pendant que l’homme astique son épée.

 L’ordre harmonieux où chacun-e est à sa place

Heureusement, Disney est là pour nous expliquer ce qui ne tourne pas rond chez elles. C’est simple : elles ont juste un problème avec leur féminité… Dans la plus grande tradition misogyne, Disney nous sert ainsi à la louche des stéréotypes tous plus sexistes les uns que les autres, avec d’un côté celles qui ne sont pas assez femmes, et de l’autre celles qui le sont trop. On retrouve ici un exemple typique de double contrainte (« double bind ») qui permet aux hommes de conforter leur pouvoir sur les femmes. En effet, du fait de cette double contrainte, les femmes sont constamment placées sur la sellette, jamais certaines d’être comme il faut, et donc toujours susceptibles d’être critiquées ou méprisées. Les hommes jugent, les femmes sont jugées, et la domination masculine peut donc tranquillement se perpétuer. Mais revenons aux deux écueils que les femmes ont absolument à éviter : être trop ou pas assez féminines.

Quand on n’est pas assez féminine, on fait partie de la race des « frigides », des « coincées » ou autres « mal baisées ». Ces spécimens sont facilement reconnaissables à leur air hautain et froid, à leur ton sec et autoritaire, ainsi qu’à leurs vêtements serrés qui recouvrent l’intégralité de leur corps. C’est par exemple la reine de Blanche-Neige, la marâtre de Cendrillon, ou Maléfique dans La belle au bois dormant.

 Les frigides

A l’opposé, quand on est trop féminine, on tombe alors dans la catégorie des « hystériques », des « putes », ou autres « nymphomanes ». Celles-ci sont facilement reconnaissables à leur exhubérance : elles parlent beaucoup et fort, s’habillent avec mauvais goût, se trémoussent de manière vulgaire. En bref, elles en font toujours trop et ne savent vraiment pas se tenir. On reconnaît là Médusa dans Les Aventures de Bernard et Bianca, Ursula dans La petite sirène, Cruella dans Les 101 dalmatiens, ou encore Izma dans Kuzco.

 Hystériques et nymphomanes

Des femmes sans hommes

Au final, qu’elles soient « frigides » ou « délurées », ces pauvres femmes ont au fond toutes le même problème : elles n’ont pas trouvé l’homme qui leur fallait et, comble de l’hérésie, elles ne le cherchent même pas. Les malheureuses. Ne savent-elles pas qu’il n’y a rien de plus terrible au monde pour une femme que d’être sans homme ? C’est bien connu pourtant : le seul destin souhaitable pour un être humain doté d’un utérus est de devenir une femme, une vraie, qui rigole bêtement dès qu’un homme ouvre la bouche, qui trouve toute ses idées géniales (comme Anita qui s’exclame à la fin des 101 Dalmatiens : « Oh, Roger, ça c’est de l’inspiration ! »). Une femme qui, comme Jasmine à la fin d’Aladdin, le comprend, le pardonne, et l’aime envers et contre tout. Etc.

Pas étonnant du coup que les premières soient aussi froides et aigries. Comment pourraient-elles être épanouies dans leur corps si aucun homme n’est là pour leur faire découvrir le plaisir grâce à son phallus magique ? Comme dit une fée de La belle au bois dormant à propos de Maléfique, « elle ne connaît rien aux choses de l’amour ». Entendez bien amour hétérosexuel, avec un homme. Il n’y a que ça de vrai. Homosexualité vous dites ? Cela n’existe pas chez Disney qui protège courageusement nos enfants de toutes les idées perverses qu’ils/elles pourraient avoir…

Et même diagnostic pour les « délurées » : comment voulez-vous qu’elles se tiennent bien à leur place si aucun homme n’est là pour les dresser ? Et j’ai bien dit un homme, pas un effeminé ou un impuissant à la Snoops. Non, un vrai, un bien viril avec des gros muscles et/ou une grosse intelligence. Un homme qui leur dise quand il faut ouvrir la bouche et quand il faut la fermer, comment se tenir et comment s’habiller. En résumé, un homme qui les remette à leur place.

 « Tais-toi femme » : un homme, un vrai

Snoops la « chiffe » : un sous-homme

Au final, par delà leurs différences, ces méchantes se retrouvent toutes dans le stéréotype sexiste de la « vieille fille », femme pitoyable parce qu’elle n’a pas trouvé l’homme qui aurait pu donner sens à sa vie, et qui tente de combler cette absence avec des animaux de compagnie. C’est la marâtre de Cendrillon avec son chat Lucifer, Maléfique et son corbeau, Médusa et ses crocodiles, ou encore Ursula et ses murènes. Pathétique n’est-ce pas ?

La « femme à chat » et ses avatars

Vieilles et moches

Contrairement aux héroïnes qui sont toujours jeunes et belles, les méchantes sont systématiquement vieilles et moches. En effet, chez Disney, il ne fait pas bon pour une femme de dépasser sa date limite de péremption. A partir d’un certain âge, on est forcément repoussante. Les hommes peuvent être vieux et désirables, comme le Roi Triton dans La Petite Sirène. Les femmes non.

Le Roi Triton, vieux et beau

Disney n’y va pas par le dos de la cuillère : ces vieilles méchantes sont soit obèses (Ursula, La reine de cœur, Mim), soit anormalement squelettiques (Cruella, Médusa, Maléfique). C’est-à-dire dans tous les cas complètement disproportionnées.

Et au cas où nos enfants n’aient pas bien intégré la leçon, Disney en remet une couche en nous montrant ces femmes essayer de retrouver leur beauté perdue à coup de rouge à lèvres et de faux cils (cf. Médusa, Cruella, Ursula ou Yzma). Tout ça bien sûr dans le ridicule le plus total car quand on est vieille, on est non seulement moche, mais de surcroît condamnée à le rester puisque la seule véritable beauté est celle, toute naturelle, de la jeunesse. C’est ainsi qu’il faut comprendre la jalousie des méchantes pour les jeunes héroïnes, et l’obsession qu’ont certaines de vouloir retrouver le physique de leurs 20 ans (exemplairement la Reine de Blanche-Neige ou Mère Gothel de Raiponce).

Les vieilles femmes : une beauté nécessairement artificielle

En multipliant les héroïnes aux mensurations de mannequins, Disney adresse un message clair aux nos petites filles : vous serez une femme accomplie uniquement si vous êtes séduisante, et le reste a peu d’importance (« Sois belle et tais-toi »). Mais en plus, sachez bien dès maintenant que cela ne durera pas éternellement. A partir d’un certain âge, c’en sera fini, vous serez moches. Et à cela il n’y a rien à faire. Car si vous cherchez à retrouver votre beauté, alors vous êtes nécessairement une harpie. Mais si à l’inverse vous faites le choix de vous moquer de votre physique (comme Mim ou Ursula qui ont le pouvoir de prendre l’apparence d’une jeune femme mais font le choix de ne pas le faire), vous êtes aussi une harpie. Du coup, on ne voit pas très bien ce qui peut rester comme option pour les femmes à partir d’un certain âge, autant qu’elles se tirent toute une balle… Ah si, pardon, la seule option c’est d’être une éternelle maman, qui ne vit pas pour elle, mais pour ses enfants (ou équivalents), comme les fées de La belle au bois dormant ou La marraine de Cendrillon, Madame dans Les Aristochats ou la mère de Tania dans La Princesse et la Grenouille. En résumé, soyez d’abord belles pour les hommes, puis soyez une bonne maman pour vos enfants. Et vous vous occuperez de vous dans une prochaine vie…

Comme si le matraquage incessant des publicités et magazines féminins ne suffisait pas, Disney préfère donc prendre les enfants au berceau pour bien leur faire entrer dans le crâne les normes de beauté féminines de notre société. Avec en plus l’idée que la beauté extérieure est nécessairement le reflet de la beauté intérieure, puisque la laideur physique est toujours associée dans ces films à une laideur morale. Rappelons tout de même au passage que cette idéologie est à l’origine de la souffrance quotidienne de l’immense majorité de ceux, et surtout de celles, qui n’ont pas la chance de correspondre à ces critères de beauté délirants et parfaitement arbitraires.

Que de belles idées et de belles normes inculquées à nos enfants. Merci Disney, merci encore une fois de nous ouvrir si généreusement les portes de ton monde si magique et si merveilleux !

 

Epilogue : Un autre monde est possible…

Mais heureusement, il existe d’autres représentations de femmes que celles que l’on trouve chez Disney. Hayao Miyasaki, par exemple, donne vie dans ses dessins animés à une série de personnages féminins qui n’ont aucun équivalent dans l’univers Disney ; ou plus exactement, qui ne pourraient y exister qu’en y endossant des rôles de méchantes.

Prenons le cas de Dola dans Le château dans le ciel. Non seulement celle-ci est vieille, grosse et moche, mais elle est en plus la commandante autoritaire d’une équipe d’hommes (ses fils) qui lui obéissent au doigt et à l’œil. Elle tire à la carabine, conduit agressivement, court plus vite que les hommes malgré son poids, et n’a peur de rien. En bref, elle a toutes les caractéristiques des méchantes de Disney, sauf que chez Miyasaki, c’est une gentille !

Et la preuve que ce personnage n’a pas été créé par erreur, c’est que sa dimension féministe[3] est clairement thématisée à l’intérieur du film. Par exemple, dans un passage où elle discute avec le jeune héros, Pazu, pour qui la Princesse Sheeta vient de se sacrifier, elle déclare : « ça fait cinquante ans que je suis une femme (…), c’est à pleurer ce qu’on est capable de faire pour sauver son homme, ça me rappelle ma jeunesse… ». Ainsi, autrefois dépendante des hommes au point de se sacrifier pour eux, elle a fini par faire le choix de l’indépendance pour devenir celle qu’elle est devenue : une femme qui laisse son mari (ou du moins celui qui semble l’être) sur le vaisseau pendant qu’elle part à la conquête des trésors de Laputa.

Dola, le cauchemar de Disney

Paul Rigouste

[1] Dans cet ordre d’idées, Disney met parfois en scène la dégénescence d’une famille ou d’une communauté constituée exclusivement de femmes (comme dans Cendrillon ou Dumbo par exemple). De même, lorsque une femme est seule au pouvoir, cela tourne toujours très mal (Blanche-Neige, Alice au pays des merveilles, Kuzco), alors que lorsque c’est un homme, il n’y a aucun problème, celui-ci est toujours sage et bienveillant (La petite sirène, Aladdin). Dans tous les cas, le matriarcat est donc présenté comme l’ultime repoussoir, le cauchemar absolu.

[2] On pourrait ajouter aussi Mégara dans Hercule (qui rejoint néanmoins très rapidement la cause du héros) ou Helga Sinclair dans Atlantide, l’empire perdu (qui n’est pas l’unique méchante puisque qu’elle constitue un tandem avec le Commander Rourke).

[3] Féminisme ambigu néanmoins, dans la mesure où ce personnage de femme émancipée ordonne par exemple à la jeune héroïne de faire la vaisselle pendant que Pazu s’occupe de la mécanique, et se réjouit plus tard que ce dernier soit enfin « devenu un homme » lorsqu’il part secourir sa belle armé d’un fusil…

63 réponses à Méchants et méchantes chez Disney (1) : Femmes fortes

  1. [...] Méchants et méchantes chez Disney (1) : Femmes fortes | Le cinéma est politique Dans l’univers manichéen de Disney, le bien et le mal sont facilement identifiables, généralement incarnés respectivement par le héros ou l’héroïne d’un côté, et le méchant ou la méchante de l’autre. [...]

  2. [...] et méchantes chez Disney (2) : Hommes faibles | Le cinéma est politique Méchants et méchantes chez Disney (1) : Femmes fortes | Le cinéma est politique Dans l’univers manichéen de Disney, le bien et le mal sont facilement identifiables, [...]

  3. [...] RT @LadyDylan: Passionnante analyse politique des méchants et méchantes chez Disney !  [...]

  4. Reste le personnage de Mulan, qui va complètement à l’opposé de cette analyse. Elle se rebelle contre son père, entre dans l’armée, et vaut bien des hommes sur le plan physique, tout en étant féminine et indépendante.

    • Mulan qui justement n’est pas une « femme à marier », comme on le voit au début du film. Mulan qui se coupe les cheveux et met l’armure de son père. Mulan qui va même sauver la vie de Chang, censé être le héros et son futur mari.
      Les trois compagnons de Mulan, trois hommes, se travestissent même en femmes à la fin du film.
      L’empereur et le peuple entier finit même par s’abaisser devant Mulan.

      L’exception qui confirme la règle, sûrement.

      Il faudrait aussi se pencher sur le cas de Pocahontas, un peu moins « féministe » que Mulan, mais qui met au centre de l’histoire une femme indépendante, belle, qui porte des idées et des valeurs.
      Pocahontas refuse le mariage imposé par son père avec un homme qu’elle juge trop sérieux.
      Pocahontas va apprendre à John Smith à changer d’avis sur son peuple et à considérer le monde du point de vue de la nature. Elle a du poids sur cet homme « parfait », chef d’armée, intelligent et musclé. Elle aussi va lui sauver la vie (empêchant son père de l’exécuter).
      Pocahontas est un symbole de féminité et de sensualité, avec ses vêtements très échancrés qui lui siéent bien mieux que les vêtements victoriens qui cachent tout le corps féminin.

      Bref, tout n’est pas si noir chez Disney et il convient de ne pas oublier les dessins animés qui vont à l’encontre de la thèse défendue.

      • Tout à fait. Mulan et Pocahontas font effectivement figure d’exception dans le paysage des héroïnes Disney pour la plupart des raisons que vous avez énumérées. A la différence du sort qu’il réserve à ses méchantes, le studio semble donc mieux disposé à l’égard de ses héroïnes, qu’il autorise parfois à s’écarter du modèle de la femme dépendante (voire soumise), inauguré par Blanche-Neige.
        Cependant, les personnages de Mulan et (surtout) de Pocahontas sont à mon avis moins progressistes que vous semblez le penser. Cette question mériterait une analyse approfondie des deux films en question (qui feront très probablement l’objet d’articles détaillés sur ce site), je m’en tiendrai donc ici à une seule remarque :
        Comme vous le dites, Mulan est à la fois « féminine et indépendante », et Pocahontas « un symbole de féminité et de sensualité ». Or être féminine ne signifie pas nécessairement être féministe. Cela peut même s’y opposer si la féminité en question est définie par le pouvoir patriarcal. Et à mon avis, Mulan et (surtout) Pocahontas correspondent parfaitement aux normes d’une telle féminité. Certes elles sont fortes et indépendantes, mais Disney prend justement bien soin de contrebalancer ce potentiel subversif en ramenant ces héroïnes à une féminité rassurante pour le spectateur masculin, en insistant sur leur beauté et en les ramenant ainsi à un corps désirable. C’est flagrant pour Pocahontas, à propos de laquelle Mel Gibson (qui prête sa voix à John Smith dans la version originale) déclarait d’ailleurs : « she’s a babe »…
        Il y a donc quelque chose de non négligeable qui distingue Mulan et Pocahontas des méchantes Disney : elles sont jeunes et belles. Jamais une héroïne Disney n’a dérogé aux normes de beauté imposées aux femmes dans notre société (contrairement à toutes les méchantes). Et malheureusement, on peut avoir toutes les raisons de craindre que le jour n’est pas encore venu où Disney mettra en scène une héroïne TOTALEMENT indépendante des hommes, c’est-à-dire indépendante aussi dans le domaine de l’apparence physique (où les injonctions à se plier aux normes de beauté et d’âge sont particulièrement violentes envers les femmes).

        • Dans la mesure où Mulan et Pocahontas sont mentionnées comme figures plus indépendantes, j’ai en tête un article qui mentionnait que Disney avait moins de scrupules à représenter des femmes « ethniques » si je puis dire dans un rôle moins traditionnel. Et en poursuivant l’analyse, la première femme enceinte chez Disney n’est pas blanche, Tania, qui est celle qui a le plus d’ambition est afro-américaine…

          Dans le cas de Mulan, je suis d’accord qu’elle démontre des caractéristique d’indépendance et de force, mais en même temps, elle reste confiner dans le modèle patriarcal, puisque ce n’est pas par conviction personnelle (enfin, peut-être un peu) qu’elle s’enrôle, mais bien parce qu’elle juge que son père ne devrait pas s’y rendre et veut le faire à sa place. De plus, en arrivant au camps, elle ne se nomme pas mulan, mais change son nom pour un nom beaucoup plus masculin.

        • Pour rebondir sur la réponse de Mr Rigouste à propos du cas de Mulan et de Pocahontas, Disney sort aujourd’hui un nouveau film d’animation appelé « REBELLE » qui met en scene une héroïne qui refuse la condition de princesse qui lui est imposée. Certes elle n’est pas « hideuse » à proprement parler, mais elle n’a pas du tout le physique doré que l’on pouvait prêter à Mulan ou Pocahontas. Je crois que Disney vient de contredire vos propos :

          « Et malheureusement, on peut avoir toutes les raisons de craindre que le jour n’est pas encore venu où Disney mettra en scène une héroïne TOTALEMENT indépendante des hommes, c’est-à-dire indépendante aussi dans le domaine de l’apparence physique (où les injonctions à se plier aux normes de beauté et d’âge sont particulièrement violentes envers les femmes). »

          Non seulement elle est rousse et un peu joufflu, mais elle ne correspond pas non plus à la norme d’âge des héroïnes classiques.
          Disney est donc bien conscient de l’image de la femme qui a été véhiculée pendant longtemps dans ses dessins animés, et tout nous porte à croire qu’ils sont en train de rectifier le tir…

          Pour finir, je voudrais revenir sur l’avis de LB qui souligne à jsute titre que vous prêtez gratuitement des intentions à Disney.
          Certes il est particulièrement intéressant d’analyser l’image de la femme à travers les dessins animés Disney, voir même d’analyser pourquoi ils ont décidé (volontairement ou involontairement) de véhiculer une telle image dans leur productions. Mais en aucun cas il est de notre droit d’ACCUSER au passage Disney sous le pretexte que leurs films sont vus par des millions d’enfants et qu’ils ont alors une responsabilité morale.
          Cet argument est trop rapide :il cache une vraie réflexion, qu’il nous tient de mener avant d’incriminer Disney.

          Il est d’abord intéressant de se demander pourquoi il n’y a pas plus d’autres studios qui ont imaginé des dessins animés avec des rôles d’héroines indépendantes ?

          Mon avis est qu’à l’époque des premiers dessins animés Disney, le rôle de la femme s’inscrivait parfaitement dans les normes de la société et dans ce qui était enseigné aux enfants. Il était donc mal vu (plus exactement : le film n’aurait pas rencontré son public) de proposer autre chose.Par la suite, Disney a instauré via ses nombreux films un modèle qui commence seulement maintenant à s’écarter des normes de la société, qui elles ont évolué. (C’est d’ailleurs la raison pour laquelle on voit paraître des articles tel que le vôtre.)
          C’est pourquoi on ne commence à voir que récemment des films qui sortent des sentiers battus et proposent une image non sexiste de la femme.

          On pourrait opposer à ceux qui maintiennent que Disney n’a pas de responsabilité morale l’argument comme quoi Disney possède un monopole sur le schéma des dessins animés et donc qu’il est très dur de produire des dessins animés qui ne sont pas sous la tutelle de Disney. Mais qu’importe, il reste toujours le choix aux parents de ne pas montrer des dessins animés Disneys à leurs enfants s’ils ne veulent pas qu’ils aient une éducation basée sur un modèle sexiste. Ce n’est pas enseigné dans les écoles à ce que je sache.

          Enfin, je pense que l’industrie du dessin animé peut s’inspirer de celle des films de super-héros, qui bénéficie d’un réelle diversité dans les images véhiculées, bien qu’on pense souvent le contraire. Il n’y a qu’à considérer le nouveau Superman, qui dépoussière completement le premier volet de la trilogie, ou même Kick Ass et Hancock.

          Je pense que cette diversité est aussi possible dans les dessins animés, même si elle reste plus compliquée à instaurer (en raison du fait que les destinataires des dessins animés sont des enfants). Je me rappelle notamment du cas d’Alice aux Pays des Merveilles, qui a déplu à beaucoup d’enfants car l’atmosphère de folie et d’irrationalité ( qui dénotait des autres Disney de l’époque ) mettait mal à l’aise et faisait peur.

        • Pardon, je réponds sans doute au mauvais endroit, mais je n’ai pas compris comment laisser un commentaire… Votre article est je trouve à la fois très intéressant et culpabilisant. Pour tout vous dire je me suis senti un peu bête, moi ayant consommé à la petite cuillère des Disney pendant mon enfance.

          La question que je me suis posée tout au long de l’article -sans doute pour me déculpabiliser un peu, je le confesse- était de savoir si on ne pouvait pas en définitive appliquer une sorte de principe de présomption d’innocence au studio aux grandes oreilles en considérant les contes qui ont indéniablement inspiré Disney ? Vous parlez à juste titre de la jalousie des femmes mûres par rapport aux plus jeunes en avançant, entre autres, l’exemple de Blanche-Neige; cette intrigue n’est-elle pas aussi celle du conte des frères Grimm ? On pourrait aussi rajouter par rapport à Blanche-Neige que la méchante n’est pas laide; elle est considérée comme l’une des plus belles femmes du monde par son miroir magique. Ce serait le statut de la laideur en elle-même qui serait à réinterroger chez Disney, laideur qui pourrait représenter la faiblesse de ces femmes toutes réduites à l’apparat. Encore une fois dans le cas de Blanche-Neige, ce qui semble légitimer le pouvoir de la Reine, c’est sa beauté, et ce qui fait tout dégénérer, c’est le fait qu’elle ne soit plus la plus belle. Au-delà du pouvoir horrible sur les hommes qui justifierait la laideur, ne pourrait-on pas imaginer -du moins dans les films les plus récents- une portée moins rétrograde de tous ces chefs-d’œuvre d’animation ? Ce que déplore peut-être toutes ces méchantes, c’est justement qu’elle n’arrive pas ou plus à avoir le pouvoir sur les hommes. Sans le qualifier de féministe, Disney a peut-être pu apercevoir la hantise quant à l’âge, de façon certes un peu archaïque, car ne laissant en effet que la possibilité d’un amour hétérosexuel. En effet, comme vous le soulignez justement les hommes dominés ne sont pas véritablement des hommes (du moins pour Walt), et certaines méchantes n’ont carrément aucun pouvoir sur les hommes, préférant ainsi se rabattre sur les animaux comme vous l’arguez. Dès lors ce qui serait critiqué serait peut-être moins le matriarcat que ce côté artificiel de toutes les femmes (du moins encore une fois selon Walt), la laideur et la méchanceté devenant ainsi une critique de l’apparat qui font des femmes des êtres moins naturels que les hommes. En définitive, je suis souvent d’accord avec vous, mais j’ai quelques doutes par rapport au matriarcat…

  5. L’article est intéressant, lorsqu’il souligne la dépendance aux clichés (machistes) de Disney mais l’analyse s’affaiblit lorsqu’on prête gratuitement des intentions à Disney, comme s’il s’agissait d’une compagnie (ou d’une personne) profondément machiste.

    Il est plus probable que c’est une entreprise qui s’est appuyé (par facilité) sur les clichés ambiants pour être lisible et faire plaisir à son public.

    Une approche chronologique serait aussi intéressante. Cette image de la femme a sans doute évolué dans le temps. De même, la comparaison avec les méchants masculin pourrait souligner ou non un traitement différent selon le sexe.

    Ah, Je viens de voir le deuxième article et il souligne plutôt une dépendance générale aux clichés qu’une position machiste en soi. La correspondance entre sophistication/fourberie et féminisation est vraiment difficile à soutenir, cela me semble plus de l’anti-intellectualisme qu’autre chose.

    Enfin, la culture japonaise a une vision très différente du monstrueux. Et l’oeuvre de Miasaky n’est que ça celle d’un homme, un artiste génial et engagé. Difficile à comparer avec un studio gigantesque comme Disney.

    D’ailleurs qui distribue Miasaky à l’international ? Disney.

    Bref, un plus de rigueur et moins de projections rendraient l’article plus solide. Les travers (historiques) de Disney sont suffisamment clairs pour ne pas à avoir en rajouter.

    • Peut-être que votre commentaire gagnerait lui aussi à être plus rigoureux… En effet, vous refusez de prêter des intentions à Disney, alors que vous n’hésitez pas à le faire pour Miyasaki. N’y a-t-il pas là une contradiction ? Le monde de la production de films semble pour vous se diviser en deux catégories : d’un côté, les « compagnies » (ou les « entreprises »), qui ne feraient que caresser le public dans le sens du poil en flattant ses instincts les plus bas, et face à elles, se dressant comme des héros, les Auteurs tels que Miyasaki (« artiste génial et engagé »). Or la chose est à mon avis beaucoup plus complexe que cela. La preuve : tous les auteurs ne sont pas progressistes du simple fait qu’ils prennent de la distance par rapport aux grosses structures de production. C’est flagrant en ce qui concerne la représentation des rapports sociaux de sexe (on pourrait citer l’exemple de Godard, l’Auteur français par excellence, qui est loin d’être un grand féministe alors qu’il est considéré lui aussi comme un « artiste génial et engagé »). Et à l’inverse, toute production d’une « compagnie » n’est pas nécessairement conservatrice ou réactionnaire parce qu’elle « s’appuierait (par facilité) sur les clichés ambiants pour être lisible et faire plaisir à son public ». Comment expliquer alors que Disney ait pu produire Mulan ? Comment expliquer que Dreamworks ait sorti le (relativement) progressiste How To Train Your Dragon ? Ces « compagnies » auraient-elles été subitement soumises à la volonté d’un « artiste génial et créateur » ? Je ne crois pas.
      Il serait à mon avis plus juste de considérer tout film comme une production socioculturelle qui déborde la volonté de son auteur-e (ou les volontés de ses auteur-e-s). Et Miyasaki n’échappe pas à la règle. Le « féminisme » qui s’exprime dans ses films est loin d’être cohérent et gagnerait plus à être analysé en rapport avec la société japonaise et ses évolutions que comme le produit d’un cerveau génial au dessus de la masse. Mais dire que les films débordent ainsi la volonté de ceux/celles qui les produisent n’interdit pas non plus d’en parler en termes d’ « intentions » comme j’ai pu le faire dans cet article. Vous le faites d’ailleurs vous aussi en disant que le studio « s’appuie par facilité sur des clichés ambiants POUR être lisible et plaire à son public ». Il ne s’agit pas pour ma part soutenir que les dirigeants de Disney, lorsqu’ils produisent un nouveau film, ont le projet conscient de créer une histoire sexiste avec des personnages sexistes. Mais juste de dire qu’ils y trouvent sûrement un intérêt. Le fait que Disney soit dirigé exclusivement par des hommes n’est peut-être pas juste une coïncidence.
      Par ailleurs, une approche historique serait effectivement encore plus pertinente, comme vous le suggérez. Mais j’ai voulu ici avant tout insister sur les constantes sexistes dans la représentation des méchant-e-s chez Disney. Quand on voit que le scénario de Raiponce est à peu près le même que celui de Blanche-Neige pourtant produit plus de 70 ans plus tôt, on a le droit d’être un peu plus mesuré que ceux/celles qui se gargarisent des « progrès » et des « efforts » considérables accomplis par Disney au niveau de la représentation des rapports sociaux de sexe dans ses films.
      Dernier point : dire que « la correspondance entre sophistication/fourberie et féminisation est vraiment difficile à soutenir » relève au mieux du manque d’observation, au pire de la mauvaise foi. La sophistication est évidemment associée au féminin dans notre société sexiste qui assigne beaucoup plus les femmes au travail de l’apparence que les hommes (voir par exemple ce qu’en dit Ilana Löwy dans son livre L’Emprise du genre). Et en ce qui concerne la fourberie, elle est elle-aussi associée au féminin, puisque la violence physique frontale est posée comme étant un privilège masculin. Un exemple entre mille : le dernier Batman et son couple de méchant-e-s (attention spoiler). D’un côté, Bane, l’homme puissant et fidèle qui cherche le combat frontal avec le héros. De l’autre, Miranda Tate, la femme fourbe qui couche avec le héros pour gagner sa confiance, puis le poignarde par derrière.

  6. Pour créer des personnages crédibles, il faut des caractéristiques précises qui correspondent à leur rôle. Un personnage de vilain ne peut pas être chaleureux et honnête. Ses vêtements vont souvent refléter une partie de sa personnalité (style, couleur). Il y a des vilains laids et des vilains beaux…

    Cela dit, une chose me saute aux yeux:

    Les contes de Disney dont vous parlez sont inspirés de contes qui datent des années 1800 à début 1900. On peut dire que le féminisme n’était pas très courant à cette époque… Le mariage était bel et bien une façon de se « sauver » d’une mauvaise situation et ce jusque dans les années 70-80.

    La majorité des films que vous citez datent de 20 à 80 ans. Blanche-Neige (1937), Cendrillon (1950), Alice au pays des merveilles (1951), Le belle aux bois dormants (1959), 101 Dalmatiens (1961)… donc, d’une époque où le statut de la femme n’était pas encore très enviable et les moeurs très différentes d’aujourd’hui. L’homosexualité commence à peine à être socialement accepté et encore, on a qu’à faire rapidement le tour d’internet et des bulletins de nouvelles pour s’aperçevoir que ce n’est pas gagné… alors ce n’était certainement pas le travail de Disney d’ouvrir les esprits à une époque où c’était encore tabou!

    Aussi, dans les contes originaux, citons par exemple, La petite sirène d’Andersen, se transforme en écumes de mer. Dans le Bossu de Notre-Dame (Hugo), Esmeralda –amoureuse naïve d’un homme parce qu’il est beau– est executée. Dans Cendrillon (Perrault), les soeurs sont tellement bêtes qu’elles vont jusqu’à s’amputer les pieds pour essayer de les faire entrer dans la chaussure.

    Par conséquent, dans la majorité des cas, Disney a donné plus de caractères aux héroïnes (j’aimerais préciser ici qu’avoir bon coeur et être aimante n’est pas une faiblesse) et a « adouçit » les contes en ajoutant une conclusion heureuse/mariage… Heureusement ou malheureusement, à chacun son idée. Les héroïnes ne deviennent-elles pas des reines, une fois mariées? On est quand même assez loin de « l’esclave d’un homme ».

    Qui plus est, pour une majorité de gens, le l’amour/le mariage/la famille est considéré comme la chose la plus importante dans une vie/un but à atteindre. On ne parle pas d’esclavage ici mais bien de ce qui peut potentiellement rendre une personne heureuse si cela est son désir…et c’est un désir assez majoritaire si je me fies aux gens qui m’entourent.

    Je crois que depuis 20 ans, Disney a fait un effort énorme pour présenter des héroïnes de plus en plus « fortes ». Disney évolue en même temps que la société (qui n’est pas homogène).

    Je dois avouer que j’ai été légèrement gênée par plusieurs parties de votre analyse qui me semble fortement teintée par un féminisme radical qui, à mon avis, a un trop grand impact sur votre interprétation et vous fait voir du mal où il n’y en a pas… Certes, les contes de Disney dont vous parlez (dont la majorité dont vous parlez datent de 1937 à 1960, donc, d’une époque révolue) ne sont sans doute pas les contes les plus féministes au monde mais je crois sincèrement qu’ils sont loin d’être aussi anti-féministes et propagandistes que vous le laissez entendre.

    • « Les contes de Disney dont vous parlez sont inspirés de contes qui datent des années 1800 à début 1900. On peut dire que le féminisme n’était pas très courant à cette époque… Le mariage était bel et bien une façon de se « sauver » d’une mauvaise situation et ce jusque dans les années 70-80. »

      Mais du coup, POURQUOI Disney a choisi des contes aussi sexistes sur lesquels calquer leur histoire? On ne peut pas expliquer que Disney fait preuve de sexisme, ou en tout cas véhicule le sexisme comme discours dans leurs films, PARCE-QUE ce sont les contes originaux qui sont sexistes. Pauvre Disney! On les aurait forcé à choisir ces contes-là? Il est impossible d’inventer des histoires? Disney manquerait-il à ce point d’imagination?

      Je regrette, mais il est possible de faire des films et de créer des personnages tout à fait crédible sans pour autant tomber dans les stéréotypes sexistes qui, ne l’oublions pas, causent de la souffrance réelle aux êtres humains qui se voient dans l’obligation permanente de répondre à leur « rôle » de femme ou d’homme. Il y a des hommes qui ne sont pas et/ou ne veulent pas être virils, et sont même « efféminés » pourtant ils sont en grande partie ridiculisés et stigmatisés tout au long de leur vie. Il y a des femmes qui ne sont pas et ne veulent pas être aimante et avoir bon coeur (surtout si c’est au prix de sa propre individualité), qui ne veulent pas se marier avec un homme et avoir des enfants, qui ne se projettent pas dans cette vie là. Pourtant, ces femmes-là sont stigmatisées, pointées de doigt, mise à l’écart. Et je prend des exemples rapides, car il en existe bien d’autres.
      Pourtant, et c’est là le noeud du problème, je pense qu’il est raisonnable de souhaiter qu’un homme ou une femme ne soit pas défini-e-s par ces stéréotypes-là, et donc il est raisonnable de penser qu’il est important que nos enfants ne soient pas matraqué d’images qui ne valorisent pratiquement que (et je suis d’accord qu’il existe des exceptions, même chez Disney, notamment Mulan) les personnages qui correspondent aux stéréotypes de leur genre, et qui dévalorisent systématiquement (même d’ailleurs quand ce ne sont pas des personnages « méchants ») les personnages qui s’écartent de ces stéréotypes de genre.
      Car, répetons-le, les stéréotypes de genre font des dégâts.

      Autre point, dire que Disney évolue en même temps que la société est non seulement faux, mais c’est limite scandaleux. Admettons que votre analyse se tient pour les films jusqu’à la fin des années 60 [et encore, les femmes avaient déjà largement commencé à investir le monde du travail rémunéré (car n'oublions pas que de tout temps les femmes ont travaillé) et s'émanciper du pouvoir économique des hommes, à acquérir des droits notamment au sein du couple conjugal, à lutter pour avoir le droit de faire des études, et j'en passe], il est à mon avis tout simplement de mauvaise foi que de dire que les images des femmes dans Disney ont évolué en parallèle aux revendications, au statut et aux acquis des femmes à partir de cette période. Dire qu’un film comme (par exemple) La Petite Sirène REFLÈTE les représentations que se fait notre société des femmes est absolument incroyable, et je dirais la même chose pour la Belle et la Bête, Tarzan, Alladin, Le Roi Lion et Pocahontas, tous des films Disney des années 90, environ 25-30 ans après la deuxième vague féministe. Où est l’indépendance (affectif ou économique) des femmes dans ces films? Où sont les ambitions personnelles (autre que de se marier à un homme) des femmes? Où est-ce qu’on sort du stéréotype???
      Certes, dans les années 2000 il y a du mieux, mais ce n’est pas exactement la gloire, surtout les deux derniers, Princesse et la Grenouille et Raiponce, qui restent des films de princesse et donc plutôt restrictif au niveau des horizons féminins.
      Je suis donc moins enthousiaste que vous quand il s’agit d’évaluer les « énormes efforts » de Disney dans ce domaine là.
      [J'ai aussi un peu du mal avec l'idée qu'il faudrait les saluer pour les (assez relatives) évolutions. A titre de comparaison, que me diriez-vous si je saluais les énormes efforts qu'on fait une boite de productions de films (sur 20 ans, au fil de dizaines de films) pour éradiquer le racisme dans leurs films?
      Si on est pas trop débile, seulement un film suffit non?]

      Rappelons-le, ce que cherche avant tout le féminisme (en tout cas à mon avis), c’est l’égalité entre les hommes et les femmes. Cette égalité ne pourra pas se faire si nos enfants, c’est à dire les futurs adultes de demain, sont constamment encouragés à s’identifier à des rôles profondément inégalitaires et à aspirer à des horizons profondément inégalitaires. Et c’est ici qu’il est à mon avis intéressant d’analyser les films de Disney, qui est un des plus grand producteurs de films pour enfants au monde, qu’il véhicule quand même un imaginaire où tout est censé être beau et magique et merveilleux, et qui plus est est extrêmement agressif lorsqu’il s’agit de protéger son image (voir le livre The Mouse that Roared de Henri Giroux et Grace Pollock).
      Je trouve qu’il est plus que logique de s’interroger sur le contenu des histoires qui forgent une bonne partie de l’imaginaire de nos enfants qui passent de plus en plus de temps devant la télé et/ou l’ordinateur. Je pense que la plupart des gens ne voudrait pas que leur enfants regardent des films à contenu ou connotation raciste, pour des raisons assez évidentes. Nous voulons l’égalité entre toutes les personnes de cette planète quel que soit leur couleur de peau, alors pourquoi ne pas vouloir cette même égalité quel que soit les organes génitaux que possèdent ces mêmes personnes?

      Personnellement je ne demande pas à Disney de faire quoi que ce soit. Disney n’est pas une structure démocratique, loin de là, et penser que l’on va changer les choses en demandant gentiment à Disney de changer est à mon avis (et je pense aussi l’avis de M.Rigouste) complètement farfelu. Ce sont les mouvements populaires et démocratiques qui font avancer les choses, et non pas les structures capitalistes comme Disney (We have no obligation to make art. We have no obligation to make a statement. To make money is our only objective. » — Michael Eisner, CEO, The Walt Disney)
      Par contre, pointer du doigt et prévenir les gens contre le danger que représente Disney en termes de rapports sociaux de sexe et en termes de discours véhiculés en général (que ce soit intentionnel ou pas est superflu au final), là je pense qu’il y a un enjeu considérable, et un travail de fond à réaliser. Car sous couvert d’innocence, de magie, de merveilleux et de tout est bien qui fini bien, Disney véhicule des images, des représentations, des imaginaires qui sont très très loin d’être égalitaires, et sont donc (à mon avis, une fois de plus) éminemment critiquable.

      Liam

      PS. « Qui plus est, pour une majorité de gens, le l’amour/le mariage/la famille est considéré comme la chose la plus importante dans une vie/un but à atteindre. On ne parle pas d’esclavage ici mais bien de ce qui peut potentiellement rendre une personne heureuse si cela est son désir…et c’est un désir assez majoritaire si je me fies aux gens qui m’entourent.  »

      Deux questions: Quand vous dites gens, voulez-vous dire plutôt hommes ou plutôt femmes? Et pensez-vous, en général dans notre société, que se sont plutôt les hommes ou les femmes (les garçons ou les filles) qui sont le plus encouragé-e-s à se projeter dans l’amour, le mariage, la famille?

      PS (bis)

      « Les héroïnes ne deviennent-elles pas des reines, une fois mariées? On est quand même assez loin de « l’esclave d’un homme ».  »

      Donc lorsqu’on est mariée à une homme (« reine »), cela veut dire que l’on n’est plus susceptible d’être dominée ou violentée par celui-ci? C’est nier les violences domestiques, dont 410,000 femmes souffrent en France tous les ans (contre 100,000 hommes, soit 4 fois moins), les femmes mortes suite au coups de leur conjoint (1 femme tous les 3 jours en France, contre 1 homme tous les 10 jours, 75% de ces hommes battaient leur femme) et les viols conjugaux (qui n »existe » au yeux de la loi que depuis 1990 en France), et qui représenteraient 30% des 75,000 viols qui ont lieu en France tous les ans. Et tout ça pour ne citer que les violences les plus empiriques, car l’idée du « devoir conjugal » est encore très présent dans la tête de beaucoup de femmes aujourd’hui en France.

  7. [...] ceux de Disney. Les “méchants” sont souvent des méchantes, au mieux frigides, au pire vieilles, moches et cruelles. Si les femmes manquent à l’appel des Marvel (principale maison d’édition de BD [...]

  8. C’est marrant cette idée d’une entreprise délibérée de Disney de façonner les esprits de nos petites têtes blondes avec des stéréotypes machistes. Vous imaginez le conseil d’administration de Disney:
    « – Dites-moi mon petit Jean-Pierre, vous avez les chiffres des femmes au foyer dans les produits dérivées?
    – Oui Monsieur le Directeur, on est à +4% sur le troisième trimestre. Et toujours à 0% de working girls sur l’année.
    – Très bien mon petit, l’année prochaine on met le paquet sur le segment cuisine, couture et tâches ménagères. Golf anyone? »

    Etonnant comme le fait de vouloir faire des dessins animés qui plairont au plus grand nombre, jeunes et moins jeunes, et rempliront les caisses devient un avatar du complot mondial patriarcal

  9. J’apprécie toujours lorsqu’une analyse des stérétotypes est faite concernant les produits culturels de masse. Si plusieurs choses que vous dites sont intéressantes et justes, je pense comme d’autres commentateurs qu’il faut nuancer.

    Comme il a été dit par La_Souris : « La majorité des films que vous citez datent de 20 à 80 ans. Blanche-Neige (1937), Cendrillon (1950), Alice au pays des merveilles (1951), Le belle aux bois dormants (1959), 101 Dalmatiens (1961)… donc, d’une époque où le statut de la femme n’était pas encore très enviable et les moeurs très différentes d’aujourd’hui. »
    Je partage tout à fait son point de vue. Je sais que les Disney vieillissent très bien et qu’on a tendance à oublier qu’ils sont si anciens mais malgré tout, vous basez une grosse partie de votre analyse sur des films qui ont été conçus avant les années 70 et les mouvements féministes les plus porteurs.

    Vous répondez à cette critique que vous trouvez que les scénarios n’ont pas évolué en citant notamment Raiponce. Je pense que là encore, c’est à nuancer.
    L’histoire de Raiponce est plus complexe que Blanche-Neige car il y a toute une intrigue basée sur la relation mère-fille, un aspect rarement exploré dans les Disney. Raiponce croit que la méchante est sa mère et celle-ci n’est d’ailleurs pas une marâtre comme les autres autres puisqu’elle a une attitude très ambigüe avec Raiponce. Elle se montre aimante, même si c’est pour maintenir Raiponce sous sa coupe, mais en tout cas suffisamment pour aller faire un long voyage pour offrir un cadeau d’anniversaire à la jeune fille. Dans la première partie du film, elle n’est coupable « que » d’avoir enlevé Raiponce à la naissance et de la maintenir captive et dans le mensonge. Mais elle n’agit pas plus mal que cela envers elle et n’a pas de projets maléfiques à long terme en dehors de la captivité. Le spectateur sait qu’elle est méchante, mais elle a un comportement suffisamment troublant pour qu’on se demande si elle l’est vraiment ou si elle aime vraiment Raiponce. En tout cas, on comprend que la jeune fille l’aime sincèrement.
    Physiquement, elle n’est pas laide. Même lorsqu’elle vieillit et montre son vrai visage, elle reste belle.
    Raiponce, de son côté, a une raison d’être une fille naïve et sans trop de défenses. Elle ne connait rien du monde et le dessin animé montre bien que son comportement est très bizarre, que son attitude une fois dehors n’est pas vraiment normale. Un enfant qui voit ce film comprend facilement que Raiponce n’est pas un modèle « normal » et que ce n’est pas normal d’être si naïf.
    Malgré tout, elle se défend avec ce qu’elle connait et sauve le héros avec sa naïveté qui devient alors un atout : elle parle des ses rêves aux bandits du bar et attire leur sympathie alors qu’ils s’apprêtaient à attaquer le héros.
    Dans Blanche-Neige que vous comparez à Raiponce, il n’y a pas la même « excuse » pour expliquer pourquoi l’héroïne est sans défense, trop gentille et naïve. Cela parait simplement normal. Et la relation avec la méchante n’est pas du tout la même, ce qui explique aussi pourquoi Raiponce ne se révolte pas contre elle sans l’aide d’un personnage extérieur.
    Je comparerais plutôt Raiponce à Ariel la petite sirène qui elle aussi est un modèle de femme assez particulier puisqu’elle n’est de toute façon pas humaine.

    Concernant Mulan, je pense qu’il ne s’agit pas là d’une simple exception dans le paysage Disney ou d’une figure à nuancer. Pour moi, c’est au contraire une véritable déclaration féministe.
    Mulan se travestit en homme et y ressemble suffisamment pour que tout le monde n’y voit que du feu. Je ne trouve pas qu’elle soit ostensiblement « féminine » pendant la plupart du film. Certes, elle a un gabarit assez petit comparée aux autres soldats mais il faut quand même rappeler aux spectateurs que c’est bien une femme travestie, le noeud de l’intrigue.
    Mulan est tellement l’égale des hommes qu’elle arrive à tout faire comme eux. Au départ, on pense qu’elle est moins bonne comme soldat parce que c’est une fille mais elle apprend si bien les disciplines réservées aux hommes qu’elle devient la meilleure. La chanson « Comme un homme » est particulièrement explicite. Le héros tient un discours très sexiste « vous n’êtes que des fillettes », « vous n’êtes qu’une bande de femmelettes » avant de décrire ce que doit être un homme, c’est à dire « violent, puissant, ardent, secret ». Il conclut par « je ne pourrais jamais faire de vrais hommes de vous ». Et c’est à ce moment-là que Mulan qui se sentait jusqu’alors humiliée et qui n’était pas du tout la seule à être mauvaise décide de s’entrainer plus et réussit un exercice très physique qu’aucun autre des soldats n’avait réussi. Le héros, surpris, semble réviser son jugement. Puis les autres soldats réussissent à progresser avec l’entrainement à la fin nous montre une très bonne armée parmi laquelle Mulan est un très bon élément.
    L’enseignement de cette chanson est bien de dire qu’une fille est capable des mêmes choses que les hommes, que l’obstacle vient de ce qu’elle a appris avant ou non. Comme le spectateur sait que Mulan n’est pas un homme, je pense qu’il perçoit une part d’ironie dans le discours sexiste du héros.
    Le film raconte donc l’histoire d’une fille qui est obligée de se déguiser pour prouver de quoi elle est capable, et finalement se révèle la sauveuse du pays, c’est à dire un scénario qui dit clairement que l’inégalité homme-femme est injuste et peut coûter cher à la société.
    A la fin, elle n’épouse pas le héros qui ne la demande même pas en mariage.
    Mulan est donc clairement une héroïne « féministe ».

    Dans les films récents, je citerai Ratatouille où le personnage féminin principal, Colette, tient la dragée haute au héros humain. Nul en cuisine mais embauché comme chef, il se repose sur le rat Ratatouille et sa collègue femme pour faire illusion. Quant à Colette, dotée d’un physique plutôt ordinaire, elle a beaucoup de caractère, un talent certain, et elle explique avec colère qu’elle doit travailler deux fois plus que les hommes pour être reconnue. Le héros humain est lui plutôt maladroit et pas spécialement brillant. Ils finissent certes en couple, mais ça semble plutôt être sa consécration à lui qu’à elle qui avait de toute façon une carrière déjà bien en route qui la passionnait.
    Dans le monde de Nemo, le personnage féminin est un poisson bizarre, pas spécialement beau, qui oublie tout et ne se préoccupe donc pas trop d’amour. Malgré tout, le papa de Némo finit par s’attacher à elle et vivre avec. Quant au thème du dessin animé, c’est l’amour paternel absolu, un sujet un peu lointain des stéréotypes sexistes.
    Il y a aussi Wall-E, où le personnage central que l’on comprend être masculin, est sensible et rêveur : il aime les fleurs, tombe amoureux d’un robot féminin très « militaire » etc.

    Le Roi Lion par contre est à mes yeux basé sur un sexisme étrange où les femelles sont plus fortes que les mâles mais se soumettent quand même. Ce qui m’a toujours frappée petite, c’était la supériorité des lionnes sur les trois lions : Simba, Mufasa et Scar. Il n’y a aucun autre lion dans les parages mais ce seront les seuls à avoir droit au pouvoir. Simba et Mufasa out, ce n’est pas la mère qui récupère le pouvoir, non, c’est Scar, le dernier mâle. Pourtant, Nala bat systématiquement Simba à la bagarre et les lionnes ramènent le repas à Scar et ses hyènes en chassant. Pourquoi ne se sont-elles pas rebellées alors qu’elles sont clairement supérières physiquement et numériquement? Pourquoi avoir besoin du retour de Simba? Cela est toujours resté un grand mystère pour moi.

    Bref, le sexisme de Disney est clairement à nuancer et analyser différemment en ce qui concerne les films les plus récents…

    • Lorsque je parlais de la ressemblance de scénario entre Blanche-Neige et Raiponce, je faisais surtout allusion au personnage de la méchante (puisque c’est l’objet de mon article). Dans les deux cas, on nous raconte l’histoire d’une femme qui devient méchante parce qu’elle vieillit, ce qui la rend pour Disney nécessairement plus moche et donc automatiquement jalouse des jeunes femmes qui possèdent quant à elles l’inimitable beauté naturelle. La reine de Blanche-Neige veut tuer cette dernière pour rester la plus belle, tandis que Gothel séquestre Raiponce pour se nourrir de sa beauté. Dans les deux cas, on retrouve les idées sexistes selon lesquelles (1) devenir vieille pour une femme est insupportable car synonyme d’enlaidissement (qui se décompose en (1a) le physique est la chose la plus importante pour les femmes, et (1b) la beauté est incompatible avec la vieillesse), et (2) les intérêts des femmes s’opposent et celles-ci sont naturellement rivales. En cultivant cette rivalité et cette jalousie, le patriarcat divise pour mieux régner et met les hommes dans la position du juge tout puissant et extérieur au conflit.
      Par ailleurs, si je serais un peu moins gentil que vous sur l’interprétation que vous donnez Raiponce, je partage votre avis sur le Roi Lion (qui fera d’ailleurs très prochainement l’objet d’articles sur ce site) et sur la dimension féministe de Mulan. Je n’ai pas abordé les films Ratatouille et Le Monde de Nemo car je me suis concentré sur les « classiques d’animation Disney ».
      Et, dernier point : arrêtez de dire que je me concentre sur les Disney datant « d’avant les mouvements féministes les plus porteurs », puisque je cite (dans les deux articles sur les méchant-e-s, femmes et hommes) : Les Aventures de Bernard et Bianca (1977), La Petite Sirène (1989), La Belle et la Bête (1991), Aladdin (1992), Le Roi Lion (1994), Pocahontas (1995), Le Bossu de Notre Dame (1996), Mulan (1998), Tarzan (1999), La Princesse et la grenouille (2009), Raiponce (2010). A quoi s’ajoute le fait que les dessins animés d’avant la seconde vague féministe (comme Blanche-Neige, Cendrillon ou La Belle au bois dormant), loin d’être passés aux oubliettes, sont tout autant visionnés par nos enfants que les Disney les plus récents. Le studio, loin de les avoir critiqués pour le sexisme archaïque qu’ils véhiculent, les réédite régulièrement en vidéo puis dvd, et ne cesse d’en faire l’objet de campagnes marketing en tout genre (notamment grâce au lancement en 1999 de la franchise Disney Princess qui inonde les jeunes filles de ses produits sexistes). En résumé, s’il est vrai qu’il faut toujours resituer les films dans leur contexte socio-historique de production pour mieux comprendre les représentations qu’ils véhiculent, il ne faut pas non plus oublier de considérer du point de vue de leur réception (qui dépasse largement, dans le cas de Disney, le public de l’époque pour s’étendre jusqu’à aujourd’hui).

  10. En réponse à Liam:

    1) Je ne crois pas que le désir d’aimer/d’avoir une famille soit plus féminin que masculin. De plus, je suis née à la fin des années 70… Se réaliser dans une carrière, financièrement m’a toujours semblé valorisé en égalité avec l’amour et la famille, autant chez les femmes que chez les hommes. Je connais des hommes qui n’ont aucune honte à affirmer qu’ils cherchent l’amour/qu’ils espèrent un jour fonder une famille. Ou encore qu’ils ont déjà tout cela et qu’il s’agit d’un trésor plus précieux que tout le reste.

    De toute façon, j’aime croire que nous ne sommes pas tous « perméables » aux stéréotypes (que l’on dit) véhiculés par la société/les médias/les films. Et que nous sommes capables de savoir d’instinct ce qui est pour nous ou pas.

    2) Vous mélangez tout. On parle d’une histoire, d’un « conte de fée », d’une FICTION où la conclusion est que l’héroïne devient une princesse… On peut certainement se questionner sur les motivations du personnage, sur l’influence qu’il pourrait avoir sur la psychologie de l’enfant, mais vous cherchez trop loin, vous essayez d’infuser une dose de réalité dans (je le rappelle) un « conte de fée » en imaginant une hypothétique suite « réaliste » alors que la plupart des contes se terminent ainsi: « Ils vécurent HEUREUX et eurent beaucoup d’enfants »!

    En réponse à Roxane: Il semblerait que le Roi Lion soit librement inspiré d’Hamlet (Shakespeare) et si vous lisez un peu sur les comportements hiérarchiques des lions dans la nature (le lion qui « règne », le mâle qui « vole » la place du mâle alpha, la lionne qui chasse), je crois que vous pourrez facilement faire des liens avec le film également.

    En passant, je n’ai jamais vu Mulan et votre résumé m’a donné envie de le voir!

    En réponse à Paul Rigouste: Devrait-on donc mettre à l’index toutes les oeuvres auxquelles les moeurs d’aujourd’hui ne correspondent plus?

    Devrait-on censurer Mark Twain (Tom Sawyer, Huckleberry Finn) parce qu’on utilise le mot « nègres’ et que ses histoires se passent à une époque où les noirs étaient des esclaves?

    Doit-on reléguer les contes de Disney aux oubliettes parce qu’ils ne sont pas assez féministes? Ou parce qu’ils contiennent (dans certains cas si on regarde certains personnages) une bonne dose de misandrie?

    Aussi, n’est-ce pas principalement le travail des parents (et non celui de Disney), d’éduquer les enfants?

    Et justement, pendant qu’on en parle… A-t-on déjà demandé aux enfants, ce qu’ils en pensent? Ce qu’ils en retiennent? Leur vision de la chose? Ne sont-ils pas capables de réflexion? De faire la part des choses?

  11. Je suis assez d’accord avec cet article… c’est du marketing, renforcer les codes existants pour mieux toucher les cibles… plus je-m’en-foutiste en termes de conséquences sociales que diabolique en soi… absence de responsabilité déprimante, condamnable… que l’on retrouvera dans la catégorisation très forte des catalogues de jouets pour enfants.

    Je me souviens, petite, d’avoir trouvé Blanche-Neige et ses consoeurs d’un ennui insondable. J’aimais la Belle de la Belle et la Bête qui lisait des livres et avait ses propres opinions, méprisait le séducteur viril et ses blondes admiratrices… tout comme je détestais les poupées… mais j’étais plus un OVNI que la norme de ce point de vue. Notre société cultive le conformisme, il est certes possible de s’en extraire mais c’est tout sauf facile et ce n’est certainement pas en servant aux enfants des stéréotypes de ce genre, à travers des supports artistiques hautement séduisants, qu’on les aide à développer leur esprit critique. Espérer que l’enfant verra clair dans ce manège ? Les adultes n’en sont même pas toujours capables… et l’on apprend d’abord par imitation, avant d’apprendre par raisonnement… en quoi se déguisent donc les petites filles aujourd’hui à Mardi-Gras ? Quels modèles les font rêver ? Je doute qu’ils soient d’un grand modernisme…

  12. J’aimerai répondre à ceux qui, en réponse à cet article, relèvent le fait que les animés dont on parle ici datent de plusieurs années (presque 80 pour le plus vieux) et « pardonnent » pour des raisons circonstancielles la position de Disney.
    Je suis d’accord avec cela : les mentalités n’étaient peut-être pas prêtes à l’époque à accepter des écarts avec la « norme » de la société de l’époque. Toutefois, cela ne nous interdit en rien d’y porter un regard critique et encore moins de mettre en avant les images véhiculées par de tels films. En effet, je n’ai moi même pas encore d’enfants mais je sais que si j’en avais, les films de Disney feraient partis de leur culture cinématographique QUELLE QUE SOIT LA DATE DE PARUTION DE L’ANIME. ils se construiraient donc à partir des représentations véhiculées par ces films et j’espère bien être capable ce jour là de pouvoir en parler avec eux de ce qu’ils ont vu pour ne pas qu’ils fassent leur des idéologies vieilles de 80ans!!!

    et à ceux qui disent que cela n’est pas vrai, que les gens ne se construisent pas à partir des livres, films, BD ou tout autre moyen de communication que l’on met à leur disposition, je réponds : OUVREZ LES YEUX!!! Les enfants sont des éponges à toutes les idées qui les entourent. Ils se construisent à partir de ce qu’ils voient, entendent et perçoivent! et n’allez pas me dire qu’à l’âge où l’on regarde ces films pour la première fois, on est capable de critiquer et de prendre du recul sur les idées qui nous sont présentées que cela soit par les médias aussi bien que par les parents, copains/copines, instituteur ou autre adulte rencontré. Pourquoi les animés de Disney feraient-ils exception?
    j’ai été la première à rêver du prince charmant qui viendrait me chercher et m’emmener sur son beau cheval blanc. Qui peut dire à quel point cela a influencé ma vie et ma relation aux hommes?

    j’ajoute d’une manière générale (sur ce commentaire qui est le premier que je poste après en avoir lu beaucoup d’autres) que, si je ne suis pas toujours d’accord avec les critiques avancées par les auteurs de ce site, j’apprécie TOUJOURS (même si c’est parfois difficile) pouvoir être confrontée à leurs arguments pour réfléchir à mes représentations, les faire évoluer ou non en fonction de leur regard et en ressortir avec le sentiment d’avoir gagné quelque chose : la sensation que mes représentations ont gagnées en poids. poids des arguments que j’ai pu avancer pour défendre mes idées et/ou que j’ai intégré pour les nuancer.

  13. Il me semble qu’il serait intéressant d’approfondir l’analyse en allant voir du côté des contes originaux. Comme l’a mentionné quelqu’un, Disney a adouci ces contes. Or il me semble que la cruauté qui existait dans ces contes correspondait justement à une volonté cathartique chez l’enfant (qui n’est pas une petite boule de tendresse et de marshmallows comme on semble le penser chez Disney). Cette dimension de la cruauté, qui existe chez l’enfant, et qui était canalisée par ces contes – du moins qui y trouvait un lieu où s’exprimer brutalement – a disparu, laissant effectivement la place à un schéma normatif (sexiste mais aussi socialement critiquable -> le but à atteindre est obligatoirement l’élévation sociale).
    Il me semble au contraire que dans les contes originaux, cette partie normative est finalement moins importante que la dimension violente.

  14. Un mot quand même sur l’aspect graphique (et non : « aspect physique », car on est bien ici dans l’image assumée comme image) des personnages : sont-ils méchants parce que moches, ou moches parce que méchants ? Qu’on le veuille ou non, la laideur est repoussante, et ne pas discriminer sur le physique n’est pas inné mais au nécessite au contraire un apprentissage.
    Du coup, le fait d’extérioriser la méchanceté d’un personnage en en faisant un principe qui corrompt jusqu’à son apparence est un « outil » classique de la narration, depuis que la littérature existe (ou du moins, depuis les textes les plus anciens qui nous soient parvenus) : ça s’appelle le symbolisme. Réciproquement, le héros est « rendu beau » par ses qualités morales. Le naturalisme n’a jamais été un pilier de ce genre littéraire qu’est le conte, au contraire ; on ne voit pas tant des « photographies » que des « représentations symboliques » de ces personnages.
    Le but est didactique : pour un enfant qui, pas encore suffisamment raisonnable pour penser la nuance, raisonne souvent de manière manichéenne, distinguer les méchants des gentils est ainsi facile et immédiat, parce que ce n’est pas le propos du conte du chercher si oui ou non l’habit fait le moine.

    • Il me semble que votre propos renferme quelques thèses assez dangereuses d’un point de vue politique.
      Tout d’abord, lorsque vous dites « Qu’on le veuille ou non, la laideur est repoussante », vous présupposez qu’il existe une beauté naturelle, alors qu’il suffit de faire un minimum d’ethnographie et d’histoire des représentations pour se rendre compte qu’il existe, selon les époques et les cultures, différentes conceptions de la beauté physique et de son importance. Les normes de beauté sont construites socialement. Le paradoxe de votre discours est que vous reconnaissez cela, mais seulement à moitié. Vous dites en effet que « ne pas discriminer sur le physique n’est pas inné mais nécessite au contraire un apprentissage ». Sauf que vous oubliez que discriminer sur le physique non plus n’est pas inné et nécessite un apprentissage, une éducation, qui correspond à l’intériorisation de normes de beauté arbitraires et relatives aux cultures et aux époques. Non, ceux/celles que l’on dit moches ne sont pas moches par nature. Penser cela, c’est reproduire une logique de domination analogue au racisme ou au sexisme par exemple. En effet, quelle différence avec le fait de décider arbitrairement qu’une certaine couleur de peau est le signe d’une infériorité, et justifie donc mépris et discriminations ?
      C’est seulement une fois que l’on est au clair là dessus que l’on peut se questionner sur l’attitude de Disney. En décidant de représenter les personnages négatifs/méchants conformément aux normes de laideur de notre société (et les personnages positifs/gentils conformément aux normes de beauté), on renforce ainsi ces normes, en les liant en plus explicitement à des qualités morales, intérieures. Imaginez deux secondes les conséquences concrètes de ce genre de représentations chez les enfants (futur-e-s adolescent-e-s et adultes). Un-e camarade ne correspondant pas aux normes de beauté sera au mieux ignoré-e, au pire regardé-e avec méfiance, méprisé-e, insulté-e, etc. Et un peu d’observation permet aisément de ce rendre compte que ce genre de préjugés et discrimination ne s’arrête pas au monde de l’enfance, bien au contraire.
      Enfin, inutile d’en appeler au « symbolisme » ou « aux textes les plus anciens qui nous soient connus ». Que le sexisme existe depuis « les textes les plus anciens qui nous soient parvenus » n’en fait pas quelque chose de nécessaire ni à l’abri de la critique, heureusement. Et le « symbolisme » peut se faire par d’autres voies que par le recourt aux normes de beauté physique. Une musique, une attitude, un acte, peuvent très bien suffire à signifier la méchanceté d’un personnage. Par exemple, lorsque que Mère Gothel, dans Raiponce, a son apparence de belle femme, sa méchanceté et sa duplicité son tout de même explicitement signifiée par un jeu de regards. Pourquoi s’acharner à rajouter à ce genre de symbolisme la laideur physique telle que la définit notre société ?
      Dernier point, sur votre allusion au soi-disant manichéisme des enfants. Est-ce que ce n’est pas en présupposant les enfants manichéen-ne-s, ou encore ignares et incapables de comprendre des choses complexes tou-te-s seul-e-s qu’on les fait devenir manichéen-ne-s, ignares, et incapables de comprendre et d’apprendre tou-te-s seul-e-s ? Est-ce que c’est en ne proposant que des histoires manichéen-ne-s que l’on va rendre les gens subtils ? Est-ce que ce n’est pas plutôt en étant confronté directement à la complexité que l’on parvient à la comprendre ? Peut-être y a-t-il ici aussi, dans une certaine relation que certain-e-s adultes entretiennent avec les enfants, une logique de domination qu’il pourrait être bon de questionner…

      • Première chose à mettre au point, tout de suite : expliquer n’est pas, n’est jamais, justifier. Je n’en appelle pas au symbolisme comme à un modèle moral, je me contente de dire, sans le juger, qu’il existe, et que c’est sous cette modalité, il me semble, que travaillent les studios Disney (c’est d’ailleurs flagrant lorsque les personnages sont des animaux). Libre à vous de préférer la démarche d’un Zola sur celle d’un La Fontaine, mais ça ne change pas le fait que les clés de lecture ne peuvent pas être les mêmes, et que quelqu’un qui lit La Fontaine avec une grille de lecture naturaliste passera à côté du sens. Quel que soit ce sens, d’ailleurs, et les critiques qu’on puisse en faire.
        Ceci étant dit, la logique interne du symbolisme est d’aller toujours vers la simplification et la réduction du lexique, le manichéisme en soi est déjà du symbolisme tout comme le symbolisme est destiné à s’orienter vers le dualisme. Si on recherche la vérité, le symbolisme est l’ennemi de la pensée ; mais si on recherche la clarté, plutôt que la complexité pour la complexité, le symbolisme a tous ses droits. C’est la différence, par exemple, entre une thèse de science, et un exposé de vulgarisation scientifique.

        Qu’un canon de beauté soit culturellement normé dans une forme restrictive, ne signifie que pas que le concept de beauté soit parfaitement arbitraire, inventé par les humains. Je suis de ceux qui reconnaissent une certaine validité à la définition kantienne du Beau absolu : « ce qui plaît universellement sans concept ». Bien sûr là je parle de l’Art, pas de la beauté supposé des personnes, mais la seconde ne cesse d’en appeler au premier comme modèle.
        À l’inverse, il est des choses qui déplaise, toujours, chez tout le monde : si une pustule repousse, instinctivement, ce n’est pas simplement par intériorisation d’un canon de beauté, c’est aussi parce qu’elle est signe, médicalement parlant, de morbidité.

        Ce qui est l’occasion d’ailleurs de relativiser grandement le prédicat de cet article, à savoir que les méchantes de chez Disney sont laides : à l’exception de Mme Mim et du déguisement de la belle-mère de Blanche-Neige, la plupart ne sont pas des anti-canons de beauté, c’est plutôt les héroïnes qui sont embellies de manière outrancière. D’ailleurs, la belle-mère de Blanche-Neige sous sa vraie forme ne saurait l’être, puisque l’histoire nous la présente comme l’ancienne « Miss Royaume » avant l’arrivée inopinée de Blanche-Neige…

        La discrimination, pas innée ? Permettez-moi d’en douter. Toute la construction psychique du jeune être humain se base sur la distinction du soi et non-soi (cf. l’auto-apprentissage du miroir), et le fait de toujours vouloir sérier, classer, classifier même, tous les éléments de notre environnement, est souvent considérée comme une origine du langage… Et reconnaître l’existence d’une différence objective n’est pas condamnable, c’est arbitrairement faire entrer ces différences dans une hiérarchisation. Le racisme, le sexisme, etc., commence dès lors qu’on prétend qu’une différence, par exemple physique, est aussi une différence de valeur : « les x valent mieux que les y ». Valeur morale, voire tant qu’à faire valeur « absolue »… Lutter contre ces abus, c’est expliquer que cette hiérarchisation n’a pas lieu d’être et que x=y, ce n’est pas pour autant tomber dans l’extrême inverse (ce que fais trop souvent le politiquement correct) et nier l’existence de y, en proclamant qu’il n’existe que x.

        Je pense – sans prétendre non plus avoir raison pour tout, seulement c’est l’opinion à laquelle mon expérience, mes lectures et mes réflexions m’ont mené – que vous vous fourvoyez en pensant que, « à l’état de nature » (dont on sait bien qu’il n’existe pas, mais l’expérience de pensée est utile), les enfants ne repousseraient aucun camarade de classe. Je pense au contraire que, à défaut d’un modèle culturel préétabli, ils élaboreraient et établiraient rapidement leur propre canon de beauté. Parce que c’est comme cela que fonctionne le psychisme humain. Sans doute faut-il lutter contre ses mauvais instincts, et Disney ne le fait pas. Je veux même vous accorder qu’éventuellement (voire même probablement, je ne suis pas naïf), il aide ces mauvaises idées à se solidifier, comme un ciment en train de prendre, plus dur d’heure en heure. Mais il n’en est pas la cause.

        On a arrive à la question principale, en fait, qui apparemment nous sépare : le cinéma peut être politique, c’est avéré – se doit-il de l’être ?
        Est-ce qu’une oeuvre destinée à un jeune publique doit nécessairement embrasser une attitude éducative, ou bien peut-elle se contenter de raconter une histoire non-idéale, laissant à l’entourage de son public, et notamment aux parents, le devoir de commenter, pour que l’enfant prenne ses distances ?
        Question qu’on retrouve, au-delà des films pour enfants, dans un genre d’ailleurs plutôt adressé à des adultes, le documentaire : un documentariste se doit-il d’être engagé ? L’objectivité absolue n’existe pas, on est d’accord, mais est-ce condamnable de vouloir s’en approcher ? Donner la parole à quelqu’un, serait-ce un monstre, ce n’est pas nécessairement approuver cette parole – seulement l’exposer à la critique du public.

        • Encore une fois, je vais répondre aux thèses qui me semblent porter le plus à conséquences d’un point de vue politique.

          1/ Entre le postulat kantien (puisqu’il s’agit bien là d’un postulat) de l’universalité du Beau et le constat empirique (livré par les études sociologiques, historiques et ethnographiques) de la relativité des conceptions de la beauté selon les cultures et les époques, il y a longtemps que j’ai choisi. Il faut vraiment refuser de se confronter aux faits et s’enfermer dans des abstractions pour penser qu’il existe un Beau en soi, indépendamment de tout conditionnement culturel. Votre seul argument semble être l’existence de certaines choses qui déplairaient toujours et à tout le monde, parce que signe, « médicalement parlant, de morbidité ». Déjà, premier problème : comment faites-vous pour atteindre ainsi la nécessité et l’universalité, pour savoir que quelque chose a inspiré le dégoût à tout le monde « instinctivement », de tout temps et selon toutes les cultures (et donc l’inspirera toujours) ? Il y a un saut du général à l’universel que vous semblez sauter allégrement, au mépris de la rigueur logique la plus élémentaire. De plus, deuxième problème : que faites-vous des contre-exemples ? Comme par exemple les signes « médicaux » de « morbidité » qui sont perçus comme beaux dans notre société. Que faites-vous des normes de beauté féminines qui valorisent les femmes au physique d’anorexique ? Est-ce qu’on n’a pas affaire ici à des traits physiques maladifs que l’on considère comme beaux ? (inutile de rappeler le nombre de mannequins souffrant de problèmes de santé liés aux impératifs de minceur, on peut se reporter sur le sujet à l’excellent livre de Mona Chollet : Beauté fatale). Enfin, troisième problème : en appeler au « médical », et donc implicitement à l’opposition sain/malade, c’est présupposer une objectivité au discours médical, thèse qui est loin d’être à l’abri de toute critique. Pour reprendre un exemple lié à l’esthétique, des femmes que l’on considère aujourd’hui comme obèses d’un point de vue « médical » étaient à une autre époque que la nôtre des modèles de beauté.

          2/ Je n’ai jamais dit qu’il existerait un « état de nature » dans lequel les enfants ne repousseraient aucun camarade de classe. J’ai juste dit que le fait de repousser des camarades en fonction de leur non-correspondance aux normes de beauté de notre société était quelque chose d’acquis, de culturel. Effectivement, il se peut qu’il n’existe pas d’état « sans discrimination » comme vous dites. Je serais personnellement tenté de penser (je reste prudent car nous sommes ici sur le terrain de l’hypothèse) que les êtres humains agissent non pas en fonction d’instincts, mais de normes, de valeurs ; et donc qu’il y a de fortes chances qu’il existe toujours des hiérarchies de valeurs par lesquelles les humain-e-s se jugent entre eux/elles. La question est alors : à l’aune de quelles valeurs voulons-nous nous juger ? Est-il plus souhaitables de juger les gens sur leur physique, leur correspondance à certaines normes de beauté arbitraires, ou encore, dans le même esprit, en fonction de leur couleur de peau, de leur organes génitaux ou de leur sexualité ? Ou bien est-il plus préférable de les juger sur leurs qualités morales ou sur leur comportement avec autrui par exemple ? En disant que « l’instinct » nous pousse à juger sur le physique, vous tendez à naturaliser une certaine attitude qui n’a pourtant aucun primat « naturel », puisque nous sommes ici dans le domaine de la culture.

          3/ Pour finir, sur le caractère politique du cinéma. Vous dites que « le cinéma peut être politique », mais ce n’est pas vrai, il est toujours politique. A partir du moment où l’on choisit de raconter telle histoire, avec tels personnages, de tel point de vue, on a déjà fait des choix politiques. Vous réduisez la définition de « politique » au cinéma « engagé » ou « éducatif », mais vous oubliez que tout film ou documentaire est « engagé ». On n’a l’impression que seuls les films qui s’opposent aux valeurs et à l’idéologie dominantes sont politiques, mais tous les films qui vont dans leur sens le sont aussi, ils contribuent à conforter ces valeurs et ces idéologies. Enfin, dire que le « devoir de commenter » revient aux parents et à l’entourage de l’enfant me semble relever de l’hypocrisie. C’est un peu comme si l’on abrogeait toutes les lois protégeant les travailleurs/travailleuses en disant qu’il est du « devoir des patron-ne-s » de traiter leurs employé-e-s selon la justice. Est-ce qu’il n’est pas plus efficace d’agir en amont en réfléchissant collectivement aux valeurs que véhiculent ces films eux-mêmes ? Cela éviterait peut-être d’en venir à désigner comme responsables de la reproduction du sexisme ou du racisme les parents qui n’ont pas critiqué Le Roi Lion ou Aladdin lorsqu’ils l’ont montré à leurs enfants (et d’ailleurs, par quel miracle d’ailleurs ces parents, eux-aussi conditionnés depuis le plus jeune âge aux mêmes schémas de pensée sexistes, racistes, classistes, etc., pourraient-ils s’en extraire individuellement ?). Plutôt que renvoyer la responsabilité aux individu-e-s en les atomisant (dans un esprit au passage très néolibéral), je préfère penser que la véritable solution en la matière viendra d’une réflexion politique collective.

          • La minceur n’est pas (encore) l’anorexie, la rondeur n’est pas (encore) l’obésité. Ce que le monde médical a nommé IMC sain n’est pas une valeur unique et fixe, mais un intervalle, et il est relativement large. Je sais bien que l’anorexie existe dans le monde du mannequinat, mais en général, lorsqu’un mannequin devient effectivement anorexique, c’est le début de la fin (professionnelle) pour elle : le fort impératif qu’elle subit de « rester mince » devient dévoyé en « devenir maigre », au-delà de ce que le canon de beauté fixe. N’oublions pas que l’anorexie est une maladie, elle consiste à faire de l’idée de surpoids un élément ontologique du soi, complètement déconnectée d’une unité de mesure (le kg). Une anorexique ne désire pas atteindre un poids précis qu’elle se pose comme but, elle veut maigrir – indéfiniment.
            Mais bon, inutile de poursuivre sur cette voie, puisque pour vous tout est culturel (sous-entendre arbitraire). Entre l’essentialisme du « tout est naturel » et le relativisme du « tout est culturel », le monde me semble suffisamment complexe pour que la vérité soit quelque part entre les deux… Pourquoi choisir entre « instincts » et « normes », on voit bien dans l’éthologie des animaux dressés que les deux peuvent très bien cohabiter ! (Ah mais oui, suis-je bête, l’homme n’est pas un vulgaire animal…)

            Pour le dernier point en revanche, je ne peux que réaffirmer ma thèse : votre vision des choses interdit purement et simplement tout travail de « vulgarisation » historique ! Un filme « véhicule » ou plutôt « expose » les valeurs des personnages, sociétés, cultures, qu’il représente. Si je fais un film qui se passe au moyen-âge, il aura de bonnes chances d’être sexiste – parce que le moyen-âge l’était. Et j’ose espérer que vous êtes capables de voir un film de Rithy Panh sans sympathiser avec les bourreaux auxquels il donne la parole ! La propagande existe, certes, mais elle nécessite pour fonctionner réellement l’absence de contre-discours, et sa portée est fortement réduite dans une société de libre expression. Il y a longtemps que les sciences sociales ont amendé la thèse des media comme « seringue hypodermique » formulée par l’Ecole de Francfort…

          • Paul Rigouste, tes deux textes ici sont très bien mais je comprends ce que Dark Para veut dire sur la beauté innée.

            « C’est quoi la laideur? C’est quoi la beauté?  »

            J’avais écrit cet expression en une discussion en ce forum.

            La laideur et la beauté sont des visions très personnelles pour chacun de nous.

            Ces sentiments de perceptions envers soi et envers l’autrui sont peut-être gravés en notre âme, en notre sous-conscience ou en notre mémoire.

            La beauté universelle chez les êtres humains pour moi est avoir une allure androgyne incluant des petits étalements en la minceur et en la sinuosité et tout en même temps, il y a la pensée ou la philosophie chez une personne qui nous soit agréable.

            L’expérience personnel avec une personne va nous dire si elle est laide ou belle et qu’après, peut-être, nous seront réticents à avoir une relation amoureuse avec les personnes qui auront la même complexion que la première mal-attentionnée… comme Dark l’a avancé ici.

            Et en retour, oui, la hyper grande machine culturelle a réellement un effet formateur en notre cerveau qui façonne notre perception sur nous même et sur les autres… comme tu l’as avancé ici, Paul Rigouste.

            La question ici soit à quel force soit la vision par l’inée, la vision par la relation et la vision par la culture qui façonnent notre psyché.

            Bon, je continue à vous lire à partir d’ici et il se peut que je vais coller trois petits essais à la fin ici parce que vous parlez en les dimensions émotionnelles qui me touchent beaucoup.

        • La minceur n’est pas (encore) l’anorexie, la rondeur n’est pas (encore) l’obésité… mais un intervalle, et il est relativement large…. et insaisissable en ce qui est laid, santé, malade ou attirant.

          J’aime beaucoup ta première phrase et ton dernier paragraphe de ton texte, Dark.

          Je le dis le plus souvent que je puisse.

          « Être mince n’est pas être maigre » et « être ronde, fluide, sinueuse ou même obèse ne sont pas des traits de laideurs »

          Ma mère a ce que j’appelle une obésité bénéfique et j’ai vu de très jolies filles et de très jolis garçons obèses… le visage, leur sourire…

          http://img98.xooimage.com/views/7/6/a/image-40db6a5.jpg/

          Être squelettique avec peau comme synthétique ou avoir une bedaine de bière est pour moi une telle laideur et même là… il y aura peut-être des exceptions.

          En tout cas c’est mélangeant pour moi ici.

  15. Mulan et Pocahontas sont, contrairement aux autres histoires de Disney, des références historiques fondatrices de légendes authentiques. Comme Jeanne d’Arc dans la mythologie française, elles sont des figures de femmes exceptionnelles dans des circonstances exceptionnelles qui ont pu sauver leur pays en transgressant les règles imposées à leur sexe. Ce qui ne libère pas pour autant les femmes dans un contexte ordinaire.
    Pour revenir aux méchantes, moi qui ai été nourrie aux Disney d’avant 1975, je dois dire que j’ai toujours préféré les méchantes, avec du caractère, du pouvoir, de la séduction, que les insipides héroïnes. Comme disait Hitchcock, le film est réussi quand le méchant l’est, et « la petite sirène » n’a de relief que grâce au gospel d’Ursula, « la belle au bois dormant » n’est fascinante que dans lors des apparition de la sorcière etc. Si on donne les clés d’analyse aux enfants, si on les accompagne dans l’univers Disney, il n’y a pas de raison qu’ils en tirent un conditionnement sexiste: tout est matière de regard…

  16. Autant prévenir de suite : j’ai quinze ans, ne connais rien ni en politique ni en féminisme (seulement en dessins animés)et suis tombée ici totalement par hasard. Cependant j’aimerais donner mon point de vue d’adolescente sur toutes ces méchantes, et les Disneys en général.

    Beaucoup de ces méchantes (Ursula dans La petite sirène – d’ailleurs dans le second opus, la méchante correspond tout à fait aux critères physiques que vous avez décris, anormalement maigre -, Maléfique dans Blanche Neige, Cruella dans Les 101 dalmatiens et j’en passe) sont le seul et unique intérêt du film. Je me base sur ce dont je me souviens d’eux, et je ne les ai pas revus depuis un certain temps. Leur indépendance vis-à-vis des hommes comme vous le soulignez, est une source de personnalité incroyable, une force que n’ont pas les héroïnes et qui, à mes yeux en tout cas, les rends toujours plus « marquantes ». Est-ce que je me souviens de Blanche Neige ? Non. La Petite Sirène ? Non plus, seulement de son Polochon et de son crabe. Par contre Maléfique et Ursula laissent un souvenir incroyable : Maléfique et sa puissance majestueuse, Ursula et sa vitalité incroyable. D’ailleurs, n’ont-elles pas une certaine intelligence ? Elles élaborent des stratégies, etc. Honnêtement, à notre époque en tout cas, où les enfants savent que leur mère peut travailler et que leur père peut faire le ménage, les « méchantes » sont vite plus enviables que les « gentilles » qui passent leur temps à nettoyer des chaumières et à chanter des chansons.

    En fait, pour simplifier mon point de vue car je commence à fatiguer (il est un petit peu tard et mon cerveau chauffe), je pense qu’il ne faut pas s’arrêter au fait qu’un personnage soit de la classe des « gentils » ou des « méchants » pour décider s’il sera apprécié ou non par le public, notamment les enfants. Et Kuzco, qui est pourtant le personnage central, voire le héros du film, n’est-il pas pourtant un être narcissique, stupide et mégalomane, comme le précise le titre ? Il présente les mêmes caractéristiques qu’Izma, l’humour en moins… ce qui la rend au final plus intéressante et donc plus appréciable. Le fait qu’elle soit « méchante » et tente de tuer Kuzco (on la comprend) est complètement secondaire.

    Enfin, il me semble un peu rabaissant pour « nos têtes blondes » de croire que nous nous cantonnons au schéma manichéen qui nous est servi, que nous ne pouvons pas aimer ce qui ne nous ai pas présenté comme aimable, etc.

    • Tout à fait. Je pense aussi qu’il est idiot de croire que les enfants (et adultes) spectateurs/trices de Disney vont nécessairement détester en bloc ce qu’on leur enjoint de détester, et adorer en bloc ce qu’on leur enjoint d’adorer. Dans cet article, je me concentrais juste sur le discours tenu par Disney, et non sur la réception de ses films, notamment par les enfants. Or effectivement, il est à mon avis très intéressant de souligner le fait que, comme vous le dites en partageant votre expérience, les méchantes fascinent beaucoup plus que les héroïnes insipides que nous ressert le studio à longueur de film. Et cela est bien la preuve qu’au fond, les normes que Disney essaie d’inculquer aux enfants (et surtout aux filles dans le cas qui nous intéresse) ne les enchantent pas tant que ça.
      Ce type de « décodage » des films se construisant en opposition à leur « encodage » (pour reprendre les termes de Stuart Hall) nous montre ainsi que les spectateurs/spectatrices du cinéma « populaire » ou « mainstream » sont très loin d’être les incurables abruti-e-s que certains discours classistes prétendent.
      Néanmoins, il reste important à mon avis de critiquer les normes véhiculées par ces productions, surtout quand elles s’adressent aux jeunes enfants, car ceux-ci n’ont peut-être pas toujours déjà les clés pour construire véritablement de telles lectures oppositionnelles (il n’y a qu’à observer à quel point des jeunes filles de 4-8ans spectatrices de Disney peuvent n’avoir parfois plus que le mot « princesse » à la bouche tout en ne cessant pas de se regarder en permanence dans le miroir pour « être la plus belle pour leur prince » ou « pour le bal »…).

  17. Bon j’ai finalement décidé de lire cet article aussi. Mais je vais m’arrêter là tellement je trouve énorme la façon de présenter les choses.

    Les femmes vieilles sont moches, et hop on met Triton pour dire que les hommes sont toujours beaux vieux. Bien sûr on ne parle pas du Sultan qui lui est encore plus obèse que Ursula.
    Surtout dans votre exemple, vous comparez un personnage gentil, qui se veut beau et un personnage méchant. Il ne faut pas oublier que c’est la marque de fabrique de Disney, des gentils beaux et des méchants moches (peu importe femme ou homme). Miyazaki place son art dans une critique de la société, ce qui n’est pas le but de Disney. Je comprend aisément que vous préféreriez Miyazaki qui fait un travail comme le vôtre par rapport ) Disney qui se contente de vendre du rêve aux enfants.

    Le fait que la princesse soit belle vous gène-t-il ? Alors c’est la femme qui ne serait pas faire la part des choses entre dessins et réalité ? Les hommes ne se plaignent pas de voir le prince toujours parfait pourtant. Et bien vous si. La femme dans les disney n’est jamais cantonné à son rôle de femme qui attend le mariage mais c’est vous qui voyez cela partout. A ce moment là, on peut voir que le rôle de l’homme est de désespérément chercher une princesse sans quoi sa vie n’a pas de sens non plus. Il ne faut pas oublier que l’on se base sur des contes, une adaptation doit un minimum respecter l’histoire.

    Si je résume vos articles, voici votre histoire disney idéale : la princesse se moque totalement de plaire, elle va pousser des altères dans une salle de gym et rote et pète à table. Mais surtout elle va choisir son mari elle même, un mari pas trop imposant car il ne faudrait pas qu’il la contredise trop souvent sinon c’est castrateur (oui d’habitude dans disney les hommes sont castrateurs de la femme et donc la femme se venge sur les enfants…)et cela contre l’avis d’un père dégueulasse, obèse (ou anorexique) et avec un mauvais fond quoi qu’il arrive (pour rejoindre votre autre article) et une mère tout juste ni trop mince ni trop grosse, d’une beauté infinie (ou pas d’ailleurs, mince sinon elle va devenir soumise si elle se fait belle) et d’une grande gentillesse. Mais en plus de cela maman est super fun et joue souvent avec les enfants.

    Ou alors pour un soucis d’égalité, personne ne sera beau, personne ne sera moche, la mère et l’héroine seront bien imposante, mais attention toujours bien attentionné. Mais l’homme aussi pour égalité. De ce fait tous les personnages auront le même physique et la même personnalité. Bienvenu à l’adaptation de playmobil chez Disney…

    • A vous lire, on dirait que vous trouvez inacceptable l’idée de critiquer un film sur son contenu idéologique, parce que l’on retomberait immédiatement dans la caricature opposée. Il n’y aurait donc qu’une forme possible de femme autonome, à savoir celle qui fait des altères et qui pète à table et qui domine son mari? Au risque de me répéter, je trouve que c’est encore une ruse du patriarcat que de dire, « bin si vous critiquer l’injonction à la féminité c’est que vous voulez que les femmes soient toutes des butchs masculines, bin si vous critiquez l’injonction à la « beauté » physique c’est que vous voulez que tout le monde soit moche » etc. C’est le même délire anti-féministe que « bin les femmes ce qu’elles veulent c’est dominer les hommes » (sans avoir à dire à voix haute le « du coup ça justifie que les hommes dominent les femmes »). C’est une projection pure et simple, rien d’autre, et c’est une technique d’argumentation sans fondement rationnel. Il faut vraiment avoir un esprit binaire pour ne pas se rendre compte que critiquer une représentation étroite et stéréotypée ne veut pas dire aveuglement faire les louanges de l’opposé et de l’ériger en norme à son tour, quand bien même ça aurait un sens de réfléchir en terme d’opposition. Ou alors serait-ce (mais que dis-je!?) de la mauvaise foi?

      Si l’on critique les représentations des films Disney, c’est qu’elles ont une certaine homogénéité, et que cette homogénéité est dérangeante car elle nous semble totalement inégalitaire et donc incompatible avec des valeurs d’égalité, de liberté, et d’autonomie qui nous semblent être les valeurs des luttes contres les oppressions, aussi diverses et variées soient-elles.

      Votre deuxième argumentation me semble tout aussi déraisonnable que le premier. Il ne s’agit à aucun moment d’homogénéiser les personnalités des personnages que l’on voit dans les films pour leur faire perdre toute individualité, mais plutôt de laisser s’exprimer pleinement les individualités et les personnalités (imaginées ou réelles, car on parle également des mécanismes sociaux au sens large ici, et les censures et les formatages qu’ils opèrent sur les personnes) SANS PRENDRE EN COMPTE LEUR SEXE (vu qu’on parle ici principalement de ça).
      Donc, oui une femme à le droit de péter à table, de roter, de faire des altères, de se battre, de ne pas être mère si elle veut pas, et un homme à le droit d’être doux, attentionné, de porter des robes et de rêver de mariage et d’un amour qui comblera sa vie, de mettre du maquillage et se faire « beau » pour cellui qu’il aime, ou qu’il désire juste. Et le contraire de tout ça est vrai, ET L’INFINITÉ DE POSSIBILITÉS QUI SE SITUE ENTRE LES DEUX AUSSI. En gros, on a le droit d’être qui on a envie d’être, ou qui on se sent être, sans être censuré-e ou stigmatisé-e ou dévalué-e parce qu’on a tel ou tel organe entre les jambes.
      Et comment arriver à tout ça si dans les histoires que l’on raconte aux enfants (et aux adultes), est constamment valorisée une norme hétéropatriarcale, et, quand bien même elles sont mentionnés, sont constamment dévalorisées les valeurs qui s’opposent à tout ça? Il n’est pas à mon avis suffisant de dire « Disney ne fait que vendre du rêve ». Il faut voir quels rêves…

      Les histoires anti-sexistes ne sont pas des histoires où il ne se passe rien, où tout le monde est pareil, où les personnages sont sans relief. C’est à mon avis d’une prétention extraordinaire que d’insinuer que seul les personnages (ou les personnes) qui correspondent aux critères hétérosexistes sont des personnages (ou des personnes) intéressantes, ou crédibles, ou qui ont de la profondeur. Je pense qu’il est même possible d’affirmer l’inverse, vu que les représentations des personnages hétérosexistes tendent à jeter de la poudre aux yeux du public en rendant simple, lisse et non-problématique un rapport au genre et à la sexualité (pour ne citer que ces deux paramètres de l’individu humain) qui la vaste majorité du temps est tout sauf simple, lisse et non-problématique.

      Du coup, personnellement je renverserais votre phrase et je dirais que Disney est DEJA une adaptation playmobil, et de bien piètre et fade qualité, et que ce qu’on aimerais voir un peu plus c’est un peu de variation et d’élargissement du champ du possible, et, allez, je dis n’importe quoi hein, pourquoi pas avec des valeurs égalitaires (et donc féministes) comme fil conducteur.
      Mais quelle idée saugrenue!

  18. Le groupe Disney est pervers, comme tous les groupes d’influences qui n’ont d’autres motivations que de continuer à « faire de l’argent ». C’est une maladie dont nous sommes en train de mourir, et aussi, contre laquelle nous nous battons, en tant qu’humanité. Elle est répertoriée par la médecine occidentale en tant que telle, et, à la fois, cet état est survalorisé comme étant un modèle de réussite sociale, bien au-delà du groupe Disney qui n’est malheureusement pas le seul à y exceller.
    Pocahontas nous chante : « Tu crois que la terre t’appartient toute entière » : Disney parle de Disney.
    Il faut très certainement expliquer cela aux enfants comme aux adultes. Car en lisant cet article et tous ses commentaires, ce qu’il ressort en premier lieu, c’est la fascination que les productions perverses exercent sur les personnes (que nous sommes petites ou grandes). La perversion (« savoir de quoi l’on jouit » en est une définition) est un bon soulagement, comme la bêtise, de l’absurdité de l’état d’être. Nous en avons plus ou moins besoin selon notre état, mais s’en éloigner trop peut être très douloureux => « ne plus savoir de quoi jouir ».
    La politique est bien aussi manichéenne que le groupe Disney, bien obligée de faire avec les catégories qu’elle dénonce pour pouvoir défendre les droits qui ont été oubliés (sur le papier ou dans l’application) pour telles ou tel sortes de personnes, car malgré notre perversion et grâce à notre névrotisme, certain-es ont bien compris que « l’homme » n’égale pas « les personnes » et que la déclaration UNIVERSELLE de ses droits ne s’adressait pas à tous les hommes même nationalement, et à aucune femme de l’UNIVERS.
    Dans ce sens le groupe Disney fait lui aussi de la politique, comme tout-es porte-paroles publiques, chacun-e d’entre nous défendant son être et quelques autres, dans des regroupements sociaux.
    Cet article fait comme nous tout-es et le groupe Disney, il dit ce qu’il cherche à cacher. Les moches sans critères et pour ne pas les nommer, les connard-es (c’est moi, pour pas dire les bel-les) pour ne surtout pas les stigmatiser, etc… et il est essentiel, car il nous permet aussi de nous reconnaître, adorant ces odieux Disney, au point de se les taper « pas tous mais presque » et d’en discuter ad libitum afin de désacraliser ce qu’ils ont sacré en nous.
    Le féminisme est une réduction perverse à ce même titre, libres sommes-nous de penser que le monde ne serait pas pire sans que la catégorie « femme » n’ait de droits civils et politiques, puisque nous en étions là encore bien après les débuts de Mickey, notamment en France… Personnellement, en tant qu’ayant eu à faire à mon sexe féminin, je remercie toutes les personnes ayant agi pour soutenir les droits des personnes en général, car se sont celles qui ont soutenu le fait que j’ai pu me contracepter, me faire avorter sans risques, avoir une péridurale, la possibilité d’employer ma force de travail et gérer l’argent que je possède sans la tutelle d’un homme, aller voter, etc… Il y a encore beaucoup de femmes qui exercent tous ces droits tout en méprisant les féministes, et encore plus de femmes et d’hommes incapables d’imaginer que ces droits puissent être possibles, ainsi que de très nombreuses personnes pensant qu’ils sont le contraire d’une avancée pour l’humanité.
    Et moi, que sais-je, peut-être aurais-je moins souffert sans eux, alors que je crois, bien sur, le tout le contraire ?
    Evidemment, le groupe Disney fera un jour chanter à ses héros-ines :
    « De Gouges et Condorcet sont mort-e pour toi sur l’échafaud…
    Et toi tu savais pas ! ».

    Ce qui me semble s’éloigner de la perversion, c’est que, c’est sur :  » Ce sera pas grâce à Mickey si ça avance et que c’est pas du Walt Disney que de faire avancer tout ça !! » comme aurait dit ma grand-mère.

  19. Pour certaines analyses, notamment sur la mocheté, nymphomanie et autre je vous conseille vivement la lecture de Psychanalyse de conte de fées De Bruno Bettelheim, qui reprend ces idées pour les contes de Grimm Et Pérault, repris par certains Disney

  20. Merci à vous pour ces analyses.

    Pour moi qui ai biberonné du Disney toute ma jeunesse, et qui me tourne régulièrement vers ses films en cas de déprime, ces critiques sont dures à encaisser. Disney a eu une place tellement importante dans ma vie que j’en ai fait mon métier. Je suis animatrice 3D et mon rêve est de bosser pour un grand studio comme celui la (même si je suis consciente de l’ambiance dictatoriale qu’il doit regner la bas).
    Bien sur il n’est pas facile d’ouvrir les yeux (de sortir de la caverne) sur les travers des films que nous avons portés aux nues étant enfants, et je pense que le plus difficile est de reconnaître que nous n’avons rien vu venir alors que les procédés étaient gros. L’opinion des auteurs et les analyses qui en découlent n’engage qu’eux, libre à nous de prendre ce avec quoi nous sommes d’accord et de laisser ce qui nous déplait, ou ce que nous ne sommes pas prets à accepter. Il est cependant vital que des gens continuent à prendre la plume pour exposer leur point de vue, leur interprétation, et nous donner à réflechir en nous bousculant un peu et en nous sortant de notre zone de confort.
    Pour ma part j’ai lu avec un intérêt croissant la moitié des chroniques, j’ai crié au génie pour la majorité d’entre eux, meme si j’ai trouvé des (rares) points tiré par les cheveux ou caricaturaux.
    Au final j’adore Disney, et malgré leur sexisme, racisme et ethnocentrisme qui me révoltent dans mes films préférés, je continuerai, pour tout ce qu’il y a de bon dans ces films (les musiques, la narration, le character design, la prouesse technique). Seulement maintenant je ne les regarderai plus seulement avec l’oeil de fan ou de professionnel, mais aussi avec un oeil critique.

    Alors un grand bravo pour vos articles, et continuez à nous bousculer, à nous ouvrir les yeux, à provoquer des débats.

  21. J’ai voulu réagir lorsque vous avez écrit « vieille et moche » en mentionnant la mère Gothel dans Raiponce et puis j’ai vu que vous l’aviez déjà fait alors j’ai été rassuré.
    Je n’avais donc pas l’intention de réagir plus puisque j’étais d’accord avec tout et puis tout à coup j’ai vu les images de Miyazaki. Et donc je me suis dit que j’allais laisser un commentaire, non pas pour critiquer (Oh mon dieu non, loin de là !) Mais pour dire MERCI. MERCI de parler de films aussi remarquables et de souligner ses qualités.
    Je ne suis peut-être pas encore allée assez loin mais avez vous fait des articles sur des films des studios Ghibli ? De mon point de vue il n’y a pas grand chose à en redire mais bon… J’ai peut-être loupé certaine chose, après tout je refusais de voir toutes les « conneries » (Si je puis me permettre) de Disney. Je tiens quand même à rajouter un bout de la citation à la fin de votre article, parce que quand je l’ai lu les mots sont venus tout seul : « Ça fait 50ans que je suis une femme pauvre idiot ! » Oui, les petits mots doux de Dola me manquaient.
    Je m’en vais continuer ma lecture ! Dans la joie et la bonne humeur ! Et encore une fois bonne soirée/journée.

    • Egalement, merci pour cette rafraîchissante évocation du personnage de Dola, l’un des plus attachant de la galerie composée par le démiurge japonais !
      Cependant, j’aimerais un jour voir un réalisateur oser aller jusqu’au bout du conte d’Andersen qu’était originellement la Petite Sirène, avec l’héroïne qui meurt à la fin. De l’univers miyazakien, Ponyo est ma seule déception.

      Après, sûr qu’il est bon aussi d’aller regarder ailleurs que chez les majors.
      En reprise d’un conte populaire détourné (oui non parce que, si Disney est un inconditionnel de la reprise de conte traditionnel, il est surtout spécialiste de la belle infidèle), en conte populaire détourné, donc, et chez une maison de prod plus modeste, « La Véritable histoire du petit chaperon rouge » est un bijou ! (étonnant, d’ailleurs, que Disney ne se soit jamais attaqué à ce conte où à celui d’Hansel et Gretel.. peut-être qu’une petite fille qui s’aventure courageusement loin de chez elle, ça ne leur paraît pas judicieux ?)

  22. Cette analyse va quand même très loin…

    Il ne faut pas oublier que Blanche-Neige, Peter Pan, La Belle au bois dormant, Raiponce, Le Belle et la Bête jusqu’à La petite Sirène sont des contes et des romans, racontés aux enfants ou aux adultes, depuis des 10aines d’années et qui ont simplement été mis en scène par Disney et choisi pour leur grande popularité. L’histoire du prince charmant est quand même vieille comme le monde. En lisant l’article on a l’impression d’être victime d’un complot orchestré par Disney.

    D’accord Disney n’a pas adapté les fables de La Fontaine, mais ça fait quand même moins rêver.

    Cela dit, je pense qu’il faut de tout pour faire un monde. Il faut varier pour ouvrir les esprits. Ne jamais regarder que du Disney ou que du Miyazaki. Des très bons films d’animation pour enfants ça ne manque pas.

    Les films de Ghibli sont des chefs d’œuvre d’animation.

    • Dans l’article sur Raiponce, Miss faisait remarquer que les studios Disney prenaient de nombreuses libertés avec les contes originaux notamment avec les méchants/méchantes.

      Ce n’est pas anodin de représenter les antagonistes toujours de la même façon, surtout qu’ils ne sont pas présentés de la même façon dans les contes.

      Sans compter de les contes de fée sont des fondamentaux de sexisme…

  23. Hey encore pleins de choses erronées ici aussi :D Ne serait-ce que dans le cas d’Ursula où vous dites : « Dans ce délire anti-féministe, le studio donne ainsi naissance à la figure de méchante la plus diabolique de son histoire. »

    Oui sauf que le personnage est en réalité inspiré d’un travesti (Divine de chez John Waters), donc « la méchante la plus diabolique de son histoire » est en réalité un homme souhaitant prendre la place de la femme (son travestissement en brune) et non l’inverse :)

    • Je suis perplexe: en quoi représenter un personnage inspiré par un travesti comme diabolique ne serait pas anti-féministe? Il est très clair qu’un des ressort du patriarcat est de ridiculiser et de diaboliser les hommes qui « se féminisent », notamment en se travestissant. Cela reste une façon d’entériner la hiérarchie des genres. Je ne vois pas trop ce que vous voulez dire.

      Ceci dit, je veux bien qu’Ursula ait été inspiré de Divine, cela n’enlève pas grand chose de l’analyse de cet article vu que le personnage est très clairement identifié comme une femme.

  24. Je ne sais pas où écrire ça mais j’ai pensé que le lien suivant pouvait vous intéresser:
    http://www.slate.fr/life/71877/quand-disney-employer-filles-creatives

    J’ose même pas commenter. Bonne journée!

    • Merci pour le lien ! J’avoue que je ne suis même pas surprise !

      • cette lettre n’apporte rien au débat. Comme il est dit dans les commentaires, en 1938 les femmes en France n’avaient pas le droit de vote ni de posséder des biens. Je vous met au défi de trouver une entreprise qui, à l’époque, aurait laissé une femme faire le même travail qu’un homme. Il faut remettre les propos dans leur contexte. Aujourd’hui de nombreuses femmes sont animatrices pour les studios Disney. Autant je suis féministe, autant je n’aime pas ce genre d’acharnement ridicule, et extraire des faits de leur contexte juste pour le plaisir de s’indigner.

  25. Petit passage de ma part pour évoquer une méchante qui, bien que n’étant pas l’unique protagoniste maléfique du film, a du charisme – à mes yeux – et demeure très bien faite de sa personne, dans le genre femme fatale, j’ai nommé : Helga Sinclair, de L’Atlantide l’Empire Perdu. Elle est indépendante, sait jouer de ses charmes, mais peut aussi se battre quand la situation le requiert. Vous l’aurez compris : un modèle pour les femmes, pourtant, un modèle situé du mauvais côté de la barque, celui qui doit couler, puisqu’il ne correspond pas au canon de Disney.

    (Parenthèse une : le méchant, à savoir Lyle Tiberius Rourke, a une carrure qui détonne parmi ses confrères habités par le malin. Dans le genre viril, testostérones et uniforme militaire, il a de quoi se démarquer.)

    (Parenthèse deux : Milo Thatch, le « prince » du film, n’a pas franchement l’étoffe d’un héros qui ferait rêver ces dames. Gringalet et intello, il tient plus du geek que du chevalier servant.)

    Etant donné que je n’ai pas vraiment parcouru le site et n’ai donc pas lu tous les articles, je ne sais pas si une analyse du film dont j’ai parlé a été effectuée, mais elle semblerait intéressante, surtout si l’on compare ledit film aux autres oeuvres de Disney, ainsi qu’à leurs clichés.

    Sur ce, Auf Wiedersehen und bis bald !

    • Merci pour cette remarque. Effectivement, je n’ai pas intégré ce duo de méchants à mon analyse car il constitue un cas assez à part dans l’univers Disney. Si Helga ne ressemble pas aux autres méchantes Disney, elle n’est pas non plus un personnage dénué de connotation misogyne, au contraire. A mon avis, elle est typiquement une figure de « femme fatale », qui se sert de ses charmes pour perdre le héros masculin. La différence entre une Helga et n’importe quelle princesse Disney à mon avis, c’est que là où la princesse met son charme au service de l’homme, Helga use de son charme pour obtenir du pouvoir sur les hommes. Et ça, c’est mal…

      Sinon, aucun article n’est encore consacré à ce film sur ce site, mais ça ne saurait tarder je pense, car personnellement, ça me démange tellement ce film est dense politiquement (et pas vraiment dans le bon sens à mon avis… :-)

      • Pas vu « l’Atlantide » de Disney, mais j’ai vu son pendant « manga », antérieur (l’œuvre originale, j’ai très envie de dire)

        A savoir Nadia et le secret de l’eau bleu.

        Bref, votre méchante me fait penser à une méchante de la première série, du moins au début, car elle vire « gentille » par la suite.

        Pas de méchant masculin ceci dit, du moins pas qui ressemble à votre méchant à vous.

        J’avais justement penser à cette personne lors de votre critique, elle utilise du maquillage, et s’efforce de rester belle. On la voit se plaindre lors d’un épisode, du temps qui passe lorsqu’elle conseille l’héroïne pour se rapprocher du héros.

  26. Je me permets de poster un commentaire car, quoique je ne sois pas forcément d’accord avec votre analyse concernant les méchantes Disney, votre article sur les méchants Disney me laisse plus que sceptique. J’inclurai à ma réponse des exemples tirés d’autres Disney et d’Anastasia qui, bien qu’il ne soit pas un Disney, en reprend tous les codes (chansons, dessins, et même voix de doublages).

    Tout d’abord, il est en effet normal dans un film pour enfants que le méchant soit très différencié du gentil afin que l’enfant le repère tout de suite et les contre-exemples que vous donnez (Miyazaki, Burton, Harry Potter …) n’en sont pas vraiment car ce sont des films qui s’adressent à des enfants plus âgés, qui ont déjà une dizaine d’années (à l’exception de Ponyo sur la falaise de Miyazaki)et qui savant donc que les apparences peuvent être trompeuses. Si vous avez déjà regardé ne serait-ce qu’un film avec un enfant de 4-5 ans, vous savez qu’il va passer le film à demander « Et lui c’est qui ? », « Et là il va se passer quoi ? » pour être sûr de bien comprendre le film, c’est pourquoi il est indispensable que tout le monde soit bien identifié (et ce n’est pas caractéristique des Disney parce que tous les films véritablement pour enfants ou les albums jeunesse marquent de façon aussi claire les méchants et les gentils). La culture japonaise (dont est issue les Miyazaki) s’appuient plus sur une vision du monde et de la nature où les apparences sont trompeuses (Le voyage de Chihiro montre bien cette dichotomie du rêve et de la réalité par exemple). Sans tomber dans une vision primaire, il me semble plus logique que les Disney, issus d’une culture occidentale du « gentil Blanc » qui apporte le pouvoir et une vision patriarcale, soient plus marqués par cette influence que le cinéma asiatique. Le méchant est aussi clairement identifié par les expressions fausses et fourbes, la musique plus angoissante ou les couleurs sombres (justement, si les enfants ont peur du noir du fait que le noir est une zone d’incertitudes, l’enfant va identifier le personnage habillé en noir comme celui qui crée la certitude et qui est en marge du reste de la société). Et, contrairement à ce que vous affirmez, de nombreux personnages Disney sont bien plus complexes qu’il n’y paraît au premier abord et les héros (notamment masculins) ont souvent besoin d’une aide qui montre bien que leur toute-puissance sexuée et genrée n’est pas si évidente.

    En outre, les personnages masculins ne sont pas forcément féminisés : les griffes apparentes de Scar et Sheer-Khân sont plus un signe d’agressivité face à la bienveillance des gentils fauves qu’une marque de féminité (cet argument aurait pu être recevable si vous aviez donné des exemples de méchants Disney aux longs ongles) et, comme il a été dit, il est normal que Frollo soit plus fin sachant que c’est un ecclésiastique et non un homme d’épée (contrairement à Phoebus), comme Jafar est fin puisqu’il est un homme de pouvoir (et Aladdin n’ets pas non plus une montagne de muscles donc pour le héros viril et baraqué, on repassera) ou Radcliffe dans Pocahontas est gros parce qu’on passe le film à le voir manger et rester assis dans son fauteuil. Rasputine dans Anastasia ou le directeur de l’asile dans la Belle et la Bête sont pour le coup bien plus effrayants physiquement. Le physique des méchants peut en effet être anguleux pour se rapprocher de la mort et montrer qu’ils sont méchants (d’où l’utilisation du noir et des couleurs sombres aux connotations négatives pour les enfants), et ce aussi bien pour les hommes que pour les femmes. Et les méchants ne sont pas tous anguleux et ne montrent pas de faiblesse physique : Ratigan, loin d’être gros, est surtout musclé quoique disproportionné (comme Kronk dans Kuzco, sur le même modèle), et même Frollo manie l’épée pour se débarrasser de l’archevêque de Paris. De même, vous versez dans le sexisme que vous dénoncez quand vous dites que le beau langage étudié est une marque de féminité, comme si les hommes n’étaient pas capables de bien parler et n’étaient que des brutes au physique avantageux. Au contraire, c’est parce que la Bête a un cerveau, est capable d’avoir une conversation intellectuelle et sait écouter Belle que celle-ci tombe amoureuse de lui (plus que le côté bouseux de Gaston, elle rejette donc bien sa bêtise), à l’instar de Jane dans Tarzan ou de Pocahontas dans le film éponyme l’héroïne tombe amoureuse du héros parce qu’il y a quelque chose derrière les biscottos. D’ailleurs, votre analyse du film me laisse pantoise : si la violence et le comportement odieux de la Bête ne sont pas rapprochés d’un quelconque système patriarcal, c’est peut-être parce qu’ils sont le symptôme d’une détresse intérieure face à une malédiction terrible.

    Enfin, votre vision de l’héroïne Disney montre plus de sexisme que celui que vous dénoncez car bon nombre des héroïnes Disney, malgré leur mariage avantageux à la fin, sont des personnages qui vont s’opposer au système : Pocahontas refuse le mariage imposé par son père (comme Rebelle, qui toute jeune fille est encore loin d’avoir le physique parfait des princesses), Ariel va vivre sur Terre à l’encontre des recommandations et ordres de son père, Anastasia a un caractère trempé et est toujours en conflit avec Dimitri, Belle refuse la demande en mariage de Gaston, Mulan part en guerre. D’ailleurs, comparer Nala à une gentille et fidèle épouse me fait doucement rire car elle est plus forte physiquement que Simba, et ce depuis l’enfance (comme on le voit au début du film et ce qui permet la reconnaissance des deux héros), comme Mulan est aussi forte que les autres hommes du film. Dans Bernard et Bianca, c’est aussi Bianca qui est la plus forte et la plus intelligente et, même si elle a besoin de l’aide de Bernard à quelques reprises, c’est toujours elle qui décide de leur avancée et qui fait leur plans. En réalité, si les Disney semblent montrer une vision patriarcale du monde, il est remarquable qu’il y a toujours une femme (ou un personnage qui est féminin) derrière pour aider le héros car sans les fées, le prince Philippe dans la Belle au bois dormant ne servirait à rien par exemple, ou dans la Princesse et la Grenouille, la princesse et la sorcière sont les personnages actifs alors que le prince est plus au second plan. En fait, si la morale finale enjoint les petites filles à trouver le bon mari, le reste du film incite les petites filles à se battre pour leurs rêves et leurs valeurs : l’héroïne (surtout dans les Disney à partir des années 90) n’est pas l’ombre du prince mais bien une princesse à part entière.

    A mon sens, pour conclure, le méchant Disney, plus qu’un personnage genré complexe, est un héros négatif qui a souvent bien plus de psychologie et d’intelligence que les héros auxquels ils s’opposent. Leur physique même ne les différencie pas non plus de manière exceptionnelle à tous les personnages gentils : si vous regardez bien, la belle-mère de Cendrillon a de nombreux traits communs avec Madame dans les Aristochats, dans les vêtements que dans le physique pur, la différence est plus à situer dans les attitudes. Ainsi, le méchant (comme la méchante) Disney est un personnage théâtral (comme quelqu’un l’a déjà dit dans les commentaires précédents) et ses attitudes maniérées sont aussi là pour le prouver : il a conscience d’être un personnage, contrairement au gentil qui réagit tandis que le méchant agit. Plus que leur sexe et la vision négative qu’ils vont en renvoyer, les méchants Disney se distinguent parce qu’ils sont avides de pouvoir, soit pour garder leur pouvoir établi (la belle-mère de Cendrillon ou Maléfique dans le Belle au bois dormant, ou même Gaston dans la Belle et la Bête qui veut asseoir son influence sur la ville entière), soit pour avoir plus de pouvoir politique (Jafar dans Aladdin, Izma dans Kuzco, Scar dans Aladdin), soit pour avoir un pouvoir plus matériel (Médusa dans Bernard et Bianca, ou Shan Yu dans Mulan), soit regagner un pouvoir perdu (Rasputine dans Anastasia, ou Ursula dans la Petite Sirène). Et cette quête de pouvoir infini passe par le refus et le dépassement des règles, une cruauté sans nom et une fourberie sans limites. Ils sont prêts à tout et c’est cela qui est effrayant. Dès lors, ils sont des personnages marginaux qui refusent les lois sociales; par leur opposition à la société (dont ils peuvent sembler partie intégrante comme Radcliffe dans Pocahontas ou le Prince Jean dans Robin des Bois), ils sont à contrecourant de la société et c’est en cela que physiquement ils semblent s’en séparer. pour moi, le méchant Disney est avant tout un être que la société marginalise ou qui se marginalise de la société mais qui veut avoir ou garder le pouvoir sur cette société qu’il rejette et à laquelle il se sent supérieur. Je trouve d’ailleurs dommage que vous montriez les méchants seulement sous leur aspect genré et sexué quand une partie des Disney ne met pas en scène un gentil couple hétérosexuel : Alice au pays des Merveilles, Pinocchio, Merlin l’enchanteur, Peter Pan même (étant donné que le héros n’a que faire des querelles de ses prétendantes) … C’est donc plus son décalage par rapport au monde qui importe, ce qui peut se traduire par l’opposition à un couple « normal ».

    Article intéressant néanmoins et qui invite à revoir d’un autre œil les classiques de notre enfance !

  27. Bonjour à toutes et à tous!

    Permettez-moi de me présenter: je suis l’une de ces nombreuses jeunes femmes dont l’enfance a été bercée par les films d’animation produits par les studios Disney.
    Aujourd’hui, bien qu’ayant évoluée tant physiquement que psychologiquement, je demeure une adoratrice inconditionnelle de ces perles cinématographiques.
    J’ajouterai qu’avec mon nouveau regard, j’apprécie davantage le génie des réalisateurs qui ont su donner vie à des univers dont les contes de fées ne donnaient qu’un aperçu.

    A l’image d’un grand nombre de personnes, j’avoue avoir un faible pour les personnages maléfiques mis en scène dans ces histoires mémorables.
    Maléfique de « La belle au bois dormant », Scar du « Roi Lion », Ursula de « La petite sirène », Ratigan de « Basil détective privé », Lady Trémaine de « Cendrillon », Shere Khan du « Livre de la jungle », la reine de coeur d' »Alice au pays des merveilles ou encore: Frollo du « Bossu de notre-dame »; tous m’ont effrayée, fascinée, amusée, charmée même par leur design unique et leurs complots diaboliques.
    Consciente que cet amour que je leur porte n’est pas le seul qu’ils reçoivent, j’ai été bien surprise par la découverte de cet article dépeignant ces illustres figures de la méchanceté comme de simples instruments du machisme pervers des producteurs.
    J’ai d’abord cru à une plaisanterie en observant un féminisme extrême allant jusqu’à refuser la célèbre règle de grammaire qui veut que le masculin l’emporte sur le féminin.
    Une rébellion aussi absurde ne pouvait être selon moi, qu’humoristique…
    Hélas non.

    Je me permets de défendre aujourd’hui ces personnages humiliés. Et je ne vois d’autre solution que le cas particulier.

    Etudions ensemble celle que vous associez à une castratrice nymphomane à la beauté artificielle: Ursula.
    Cette créature mi-femme mi-pieuvre nous éblouit à chacun de ses mouvements grâce à son design extraordinaire. Toujours un éclair de méchanceté dans le regard, elle rêve de prendre la place du roi Triton à la tête des océans. Et pour ce faire, elle espionne sa plus jeune fille Ariel, manipule cette dernière pour la convaincre de signer un pacte en interprétant l’une des meilleurs chansons de vilains jamais crées « Pauvres âmes en perdition », elle l’empêche d’embrasser son prince, se déguise en l’héroïne de ce dernier, l’hypnotise afin de briser le coeur d’Ariel, commence à la transformer en animal répugnant, persuade Triton de prendre sa place, tente de tuer le prince une première fois avant de déclencher une terrible tempête et de tuer notre couple héroïque.
    Les moyens qu’elle emploie pour satisfaire ses désirs sont merveilleusement diaboliques!! Elle n’a aucune compassion, aucun remords et jouit même du mal qu’elle inflige… En quoi est-elle un produit machiste?? J’y vois simplement un grand méchant du cinéma qui hantera mes cauchemars pour mon plus grand plaisir!!!

    Ce que l’on attend en découvrant ces personnages c’est ça: des complots diaboliques que pourra faire échouer le héros, une apparence remarquable qui nous permet de le garder en mémoire…
    Lorsque je regarde un dessin animé Disney, je ne veux pas avoir à analyser le personnage en profondeur: je veux mon méchant, mon gentil, mon univers distinct où je peux me plonger et si possible, quelques belles chansons que je pourrai chanter au travail!!!

    En ce qui concerne l’enseignement des valeurs égalitaires: ce n’est pas le but de Disney.
    Disney s’est donné pour mission de nous apprendre la confiance en soi, la gentillesse, la douceur, la patience et le fait que les apparences peuvent être trompeuses. Ce sont des qualités qui peuvent sembler anodines mais qui sont importantes pour la vie en société!!!!!!

    Enfin, j’aime ces méchants. J’aime ce qu’ils sont, ce qu’ils font et je pense sincèrement qu’il ne faut pas chercher plus loin. Disney cherche à nous évader pas à débattre sur la politique.

    Quand au « Roi Lion » qui serait machiste parce que les lionnes sont plus fortes mais se soumettent quand même….
    Regardez un documentaire animalier!!!

    • Merci pour vos remarques inédites, les fans inconditionnels de Disney sont si rares. Puisque vous dites être une adoratrice inconditionnelle je comprends qu’une critique politique de vos idoles vous déplaise.

      Pour votre final sur les docu animalier, nous n’avons pas du voir les mêmes, dans ceux que j’ai vu les animaux ne parlent ni ne chantent et les hyènes ne font pas d’alliance avec les lions. Bon vous avez du voir des docu produit par Disney.

      Votre remarque sur les valeurs que Disney voudrait transmettre est d’une naïveté totale, les valeurs que Disney veut transmettre sont des valeurs en €$£¥ et il ne veut pas les transmettre mais les récupérer dans ses poches trop mignonnes. Et je ne voie pas trop en quoi « les apparences peuvent être trompeuses » quand on regarde Ursula et Ariel. Chez Disney les gentils on l’air gentils et les méchants méchants.

      Pour les chansons, vous ne dites rien sur la chanson de Sébastien, les valeurs égalitaires sont elles à ce point secondaires pour vous, que le racisme de cette chanson vous indiffère totalement ?

      Vous ne voyez aucune injonction à la beauté adressée aux filles dans le personnage d’Ariel et aucune dévalorisation des femmes de pouvoir dans le personnage d’Ursula. La décapitation au niveau symbolique ça n’a aucun rapport avec la castration c’est bien connu.
      Ursula c’est juste une méchante, c’est comme ça, point final et n’oubliez pas de passer par la boutique cadeaux en sortant.

      • Félicitations pour la mauvaise foi!
        Si vous lisiez plus attentivement je me moquais des protestations concernant les lionnes qui chassent et le lion qui se prélasse alors qu’il reste le chef. C’est un fait. Va-t-on accuser les animaux de sexisme?
        La chanson de Sébastien? Raciste? Euh… Envers les mangeurs de poissons peut-être sinon, non. Et si l’accusation repose sur son accent… Il faudra se demander de qui vient le véritable racisme ;)
        Ensuite, évidemment que Disney est une pompe à fric! Mais ce ne sont pas les seules: toutes les entreprises du monde cherchent à se faire un maximum d’argent, ce n’est pas une nouveauté. Mais à travers leurs films ils transmettent les belles valeurs que j’ai cité.
        « Les apparences sont parfois trompeuses » correspondait en fait au formidable « Bossu de Notre-Dame ». Je m’excuse pour le malentendu.
        Ariel impose des critères de beauté… C’est une sirène! Des hanches aux pieds qu’elle n’a pas il y a une queue de poisson! On ne peut pas en faire une « femme de tous les jours »! Il faut arrêter de voir le mal partout! Où est le problème? Elle est mince et jolie? Dans 90% minimum des films en général, l’héroïne est agréable à regarder, où est le mal?
        Il aurait fallu qu’elle ait des formes? qu’elle ait de l’acné? Qu’est-ce que vous attendiez? C’est ça que je ne comprends pas.
        Et pour la dernière fois: le fait qu’une personne, masculine ou féminine cherche à voler le pouvoir d’un autre à l’aide de moyens diaboliques… C’est mal! Ce n’est pas à encourager!

        • Si vous vous croyez de bonne foi, la mauvaise me va très bien. Il y a sur le site un article détaillé sur la petite sirène et deux sur le roi lion ainsi que beaucoup d’autres sur les productions de votre divine entreprise chérie. Je vous conseille de les lire, je suis certaine que cela va beaucoup vous plaire.
          Bonne journée à vous.

        • J’ai vu une modèle de charme très jolie qui avait d’horribles cicatrices d’acné… Cet affliction n’est pas vraiment un trait de laideur, Hija-de-la-luna et cela, je l’ai dis en un forum pour personnes mal-en-leur-image.

          Le charme des animées et des bande-dessinée japonaises est que les traits des méchants et des bons varient et sont simples à la foi et se confondent entres eux et je ne connais pas trop la société japonaise mais je l’étudie mais je peux dire que leurs fenêtres culturelles me donnent des personnages en qui je me vois.

          Chez Disney… Je posterai en pas grand temps!

  28. La vache, il ne font dans la demi mesure sur ce site

    comme l’amie du dessus je suis un pur fan de disney depuis mon enfance et je trouve bien dommage de limité les plus grandes figure maléfique de cet univers à de simple messages machistes.

    Ouais, les méchantes disney sont fortes, indépendante, entreprenante et tout et tout… et bien devinez quoi, ce sont elles que les gens préfèrent ! et ouais, demandez à n’importe qui qui est son perso féminin disney préféré et il y a de grande chance qu’il vous réponde le nom d’une méchante, tout simplement parce que celles-ci sont 100 fois plus classes et plus intelligente que les héroines et qu’honnètement elle mériterais bien de gagner à la fin, même si ce serait vachement horrible quand même ^^
    Bref pour ce qui est de charrier les femmes fortes c’est un peu raté pour ce coup là.

    le rôle de la castratrice revient à des méchantes ? Ouais, en même temps c’est pas un truc super gentil comme concept…

    J’avoue que les gars de disney ne sont pas toujours les plus vifs quand il s’agit d’être progressifs, mais je crois que leur but principal est avant tout de créer des personnages charismatiques capable de marquer l’esprit, et de ce côté là on peut dire que c’est une vraie réussite

    encore une fois, j’ai grandit avec disney, je les regardes toujours aujourd’hui et j’ai pas l’impression d’être super sexiste ou raciste ou je ne sais quoi.

    complètement hors-sujet, j’aimerais bien savoir ce que les auteurs de se site pense de la récente série « friendship is magic » justement parce qu’elle parodie un peu le style Disney et que les personnages féminins sont toutes des PUTAIN D’HEROINES !
    Simple curiosité ^^

    • J’ai déjà répondu à toutes ces objections au-dessus :

      1/ Je ne « limite » pas les personnages de méchantes à « de simple messages sexistes », je dis juste que c’est une de leur dimension.

      2/ Bien sûr que beaucoup de personnes préfèrent les méchantes aux héroïnes, moi le premier. Mais il ne faut pas confondre ce que disent les films (« l’encodage ») et les lectures que certain-e-s des spectateurs/trices font de ces mêmes films (« le décodage »). Précisément parce qu’il y a plusieurs lectures possibles, qui peuvent être des « contre-lectures », c’est-à-dire des lectures qui subvertissent le propos du film.

      En plus, je ne suis pas convaincu comme vous que tout le monde préfère les méchantes aux héroïnes. Allez dans une cour de récré de maternelle ou primaire, et demandez aux petites filles quel personnage de Disney elles aimeraient être. A mon avis, ce sera plutôt une minorité qui vous répondra Ursula, Cruella ou La Reine de Cœur. Pour parler de mon expérience personnelle (c’est-à-dire des filles que j’ai vu jouer à partir de l’univers Disney), les jeux consistent plus à s’appeler Cendrillon et être la plus belle pour le bal que de s’appeler Ursula et de devenir la reine des océans.

      Peut-être que l’âge compte beaucoup là-dedans. Peut-être que plus on grandit, plus on prend du recul par rapport à ces films et qu’on en vient à préférer les méchantes, parce qu’on se rend compte de la niaiserie des héroïnes Disney (les « princesses » je veux dire, pas les Mulan, Merida ou Pocahontas, qui sont déjà beaucoup plus intéressantes).

      3/ Et je n’ai jamais dit que Disney transformait automatiquement les gens en « super sexistes » et « super racistes ». Comme je l’ai dit, je pense que les spectateurs/trices ont le pouvoir de faire des « contre-lectures » ou « lectures négociées » des films. Mais il n’empêche que le matraquage uniforme des mêmes valeurs réactionnaires norme tout de même pas mal les imaginaires des gens. Heureusement, on trouve ailleurs d’autres valeurs que celles de Disney. Mais l’hégémonie de ce studio lui donne à mon avis un pouvoir idéologique assez important.

      En résumé, j’ai l’impression que vous caricaturez mon propos pour pouvoir le qualifier d’extrémiste et ainsi le rejeter en gardant bonne conscience. La seule chose que je dis ici c’est que Disney explique à longueur de films aux enfants ce qu’est la bonne féminité (soumise à un homme, passive, etc.) et ce qu’est la mauvaise féminité (indépendante, forte, etc.), et qu’il contribue ainsi à la reproduction du patriarcat. C’est tout. Vous n’êtes pas d’accord avec ça ?

      Et je ne connais pas « Friendship is magic », mais je vais regarder ça de ce pas. Merci pour le conseil.

  29. Bon, je vous ai tous lu ici et a la critique des méchants aussi et ça l’a été très plaisant et instructif.

    Le dire que la femme doit faire de l’altère et qui pète à table m’a fait vraiment rire.

    « donc les mâles humains ont le droit d’être « belle! » J’adore ce dire et c’est donc vrai!

    Moi aussi, le dire de Dola m’a fait beaucoup rire et longtemps après! (En réponse du dernier paragraphe de la critique)

    … » être trop ou pas assez féminines. »… « Les vieilles femmes : une beauté nécessairement artificielle. »… hum…

    À voir de jolies vieilles au cheveux droits et minces et blancs (et simplement en petite robe blanche) à trois moments m’a donné courage à être jolie avec mes cheveux blancs… après les dires navrantes d’un psychiatre transphobe et homophobe.

    J’ai arrêté de regarder les « bande-animée » de Disney, il y a très longtemps. Je n’aime pas. En plus, je ne regarde même pas les animées japonaises. Alors je ne m’y connais plus beaucoup.
    Je préfère lire les livres de bande-dessinée en général. J’ai grandit avec cette fenêtre culturelle.

    Il m’est très important à dire que moi aussi j’ai eu cette peur que les femmes deviennent indépendante et qu’elles n’ont plus besoin des « hommes », des « mâles » de toutes sortes…
    … Je ne sais pas comment l’expliquer… que peut-être pour moi ça soit une perte de mon identité du genre, de l’érotisme ou psychologique. C’est vrai que les « macho-girls » me paraissent inaccessibles à me confondre en leur image et aussi en tant que personnes à avoir une amitié ou un lien sensuel.

    J’trouve médusa « cute »… en voyant les petits vista d’elles que vous aviez collées. C’est selon nos goûts.

    Je vois, au fil de ma lecture et visionnement de se texte, ces femmes sont quand même sensibles en les voyant aimer leur animal ami.
    Je sais bien, ce n’est pas ce que Disney voulait donner comme impression, Paul, mais voyant ces petites « vista », moi, je le vois comme cela.

    « Mais si à l’inverse vous faites le choix de vous moquer de votre physique (comme Mim ou Ursula qui ont le pouvoir de prendre l’apparence d’une jeune femme mais font le choix de ne pas le faire), vous êtes aussi une harpie. »

    Mim et Ursula sont très bien en leur tête et je les trouve plutôt jolies. Elles ont fait un très bon choix psychologique en leur maturité.

    Je sais encore ici, ce n’est pas ce que Disney voulait dire comme idée.

    En conclusion, avoir les cheveux blancs n’est pas à être laide et les femmes ont la peau très mince alors leurs petites rides ne sont que de jolies petites friperies en ce levant le matin et qu’elles les massent en une peau lisse et la minceur et la sinuosité de leur silhouette sont aussi accessible pour les vieilles filles.

    Alors courage!

    Reiko no ai!

  30. C’est un peu normal que Miyazaki montre la grand mère Dola comme gentille. Je ne sais pas si ça a été dit mais il s’est inspiré de sa propre mère, qu’il aimait beaucoup, pour créer le personnage. Il peut donc difficilement montrer ce genre de personnage comme négatif, l’homme ayant grandi dans un matriarcat avec un père transparent et une mère dominante et l’ayant vécu positivement.

  31.  »Comme dit une fée de La belle au bois dormant à propos de Maléfique, « elle ne connaît rien aux choses de l’amour ». Entendez bien amour hétérosexuel, avec un homme. Il n’y a que ça de vrai. Homosexualité vous dites ? Cela n’existe pas chez Disney qui protège courageusement nos enfants de toutes les idées perverses qu’ils/elles pourraient avoir… »

    Personnellement j’avais toujours compris cette phrase comme ‘elle ne connait rien à l’amour’ =
    ‘elle n’a jamais reçu d’amour’ Qu’il vienne d’un parent, d’un ami, de n’importe quel autre humain qui aurait été susceptible de l’aimer et de lui donner envie d’aimer à son tour… Et çà me permettait de comprendre son personnage, d’avoir soudainement de l’empathie pour elle ‘(ce que la fée me semblait éprouver d’ailleurs pendant un instant) Je n’avais jamais fait le rapprochement comme vous le faîtes avec une idée/message du genre :  »Elle ne sait pas ce que c’est que d’avoir un homme dans sa vie c’est pour çà qu’elle tourne en désastre »
    J’ai également toujours trouvé que les créateurs avaient donné à ce personnage une aura, une classe, quelque chose qui la rend impressionnante, intéressante, avec une vraie consistance qu’ils n’ont pas donné à Aurore.

    Bien sûr cette impression ponctuelle que j’ai pu avoir à un moment sur une méchante d’un Disney ne remet pas en cause l’analyse que vous avez faite.
    D’une façon générale je n’avais jamais vu -en tout cas pas à ce point et pas autant- de sexisme ou diabolisation des femmes ou patriarcat dans le cinéma avant de lire les articles de ce site. Ou alors çà ne me posait pas autant problème. Maintenant ma vision des choses s’est modifiée, je comprends sans aucun mal tout ce que vous dénoncez et je le partage. Même si je partage aussi la fascination qu’on peut avoir pour ces personnages stéréotypés, les méchantes de Disney ici.

  32. En multipliant les héroïnes aux mensurations de mannequins, Disney adresse un message clair aux nos petites filles : vous serez une femme accomplie uniquement si vous êtes séduisante, et le reste a peu d’importance (« Sois belle et tais-toi »)

    Mon opinion en tant que jeune de 15 ans sur cette article ainsi que sur tout les autres concernant Disney est la même : Vous vous faîtes trop d’idées.

    J’ai passé mon enfance avec des Disney, et je passe mon adolescence avec, et jamais je me suis dit « Il faut que je sois aussi belle que Cendrillon, aussi soumise que Blanche-Neige et aussi affectueuse que Belle ». Je ne le pense toujours pas, et je pense pas que beaucoup d’enfant l’ont pensé (petits frères et petite soeur à l’appui). Je trouve même votre façon de penser et très étroites, à dire que les méchantes sont toutes moches, vielles, ressemblants à des prostituées sans coeur et ne savant pas aimé. La reine de Blanche -Neige et Maléfique ne sont pas moches, la marâtre de Cendrillon aime ses filles Javottes et Anastasie, et ont peut percevoir un peu d’amour en Mère Gothel envers Raiponce.

    Ainsi que de dire que, dans beaucoup de vos analyses de films Disney, (Pocahontas, Mulan, Raiponce…, que malgrès les beaux rêves de paix et d’ambition, les héroïnes finissent toujours dans les bras d’un homme. C’est juste pour rendre le scénario plus attractif, envers tout public. Remarquez qu’il y peu de films, dessins-animés ou non, ou il n’y a pas d’histoires d’amours.
    Et au niveau de l’homosexualité présente sans être avoué, c’est simplement que si elle était dites haut et fort, ça causerait des protestations, des réaction très mauvaises, et même des scandales au sein de beaucoup des pays de diffusion qui sont très fermés et coincés au niveau de ce sujet (Chine, Russie, quelques pays d’Afrique et d’Europe, et même dans les Etats « coincés » des USA…)

    Pour revenir au premier sujet qui était que vous disiez que le message des Disney était d’inciter les filletes à croire que le seul but de la vie était de ressembler à leurs héroïnes belle et séduisantes, vous oublier de dire que ces héroïnes sont souvent dôté de qualités dite « masculine » ou qui ne servent pas forcément à séduire(je dit souvent car effectivement Blanche-Neige et Aurore ne sont « que » douces et belles). Belle a le sens du sacrifice, Pocahontas lutte pour la paix, Tania, Cendrillon et Raiponce sont ambitieuses, Mulan est déterminée à se battre, Ariel et Jasmine sont désireuses de liberté. Et toutes ses princesses sont intelligentes, c’est d’ailleurs ce qui ressort le plus sur moi lorsque je regarde leurs films, et non leur beauté.

    Enfin, la seul choses avec quoi je suis d’accord et que les héros masculins sont la plupart du temps représentant du mâle parfait.

    Voilà mon point de vue, je sais que beaucoup seront en désaccord avec moi, mais je le dit et le redit : Les enfants ne détectent pas et ne comprennent pas tout vos messages que vous dîtes clairs et évidents.

  33. article intéressant, mais je voulais soulever quelques points, notamment au niveau des vieilles femmes chez Disney.
    Contrairement à ce que vous dites, le fait qu’elles soient vieilles ne leur gâte pas systématiquement le caractère. Vous oubliez la fée de Cendrillon, les fées (qui font leur âge tout de même) dans La Belle au bois dormant, Grand-mère Feuillage dans Pocahontas, la grand-mère de Mulan, et l’exemple le plus flagrant, la vieille dame (dont j’ai oublié le nom)dans les Aristochats. Toutes ces vieilles dames sont bienveillantes et vivent seules (dans le sens, qu’elles n’ont pas d’hommes) ont peut-etre vécu l’amour mais ne l’ont plus. Pourtant elles semblent épanouies, heureuses et n’ont pas besoin d’un homme pour bien vieillir. Et la vieille dame des Aristochats a totalement gardé son charme.
    Aussi je pense que vous pretez des intentions à Disney qu’ils n’ont jamais eu, citant uniquement les exemples qui vous arrangent. De plus on retrouve régulièrement dans ces articles cette diabolisation de Disney.
    D’autre part, vous dites que les femmes fortes (pas dans votre article, mais je l’ai lu dans les commentaires) comme Mulan ou Pocahontas répondent à des normes de beauté pour pallier à leur force.
    Cela influence-t-il vraiment la portée féministe du film ? je veux dire qu’ils soient hommes ou femmes, tous les personnages Disney qui vivront l’amour romantique sont beaux ou le deviendront. Il est vrai que dans La Belle et la Bête, c’est à Belle de s’adapter au caractère agressif de la bête à force de douceur et gentillesse, mais la Bête s’est tout de même transformée en beau prince. Ce schéma n’est pas toujours respecté d’ailleurs: dans Notre Dame de Paris, malgré les liens qu’Esmeralda tisse avec Quasimodo, elle n’en tombe pas amoureuse. Il est impossible qu’un beau et un moche tombent amoureux, nous sommes chez Disney. Le critère de beauté a toujours été majeur quelque soit le sexe des personnages, aussi je ne crois pas que la beauté de Pocahontas et de Mulan soient si neutralisatrice des idées que ces personnages véhiculent.
    De plus, la féminité n’est pas sale. Je ne vois pas où est le problème de mettre en valeur la féminité d’un personnage Disney en répondant aux normes : les hommes de Disney subissent le même sort avec leurs propres normes. Ils ne sont pas plus représentatifs de la gent masculine que les femmes de Disney ne le sont de la gent féminine, aussi sont-ils sur un pied d’égalité sur ce point.
    Je ne cite pas Rebelle car si j’ai trouvé le design du personnage, ses idées, sa force très intéressants, j’ai détesté le film. Quitte à renverser les normes imposées, autant le faire bien.

    • Bonsoir,

      Je vais essayer de répondre point par point à vos critiques.

      « Contrairement à ce que vous dites, le fait qu’elles soient vieilles ne leur gâte pas systématiquement le caractère. Vous oubliez la fée de Cendrillon, les fées (qui font leur âge tout de même) dans La Belle au bois dormant, Grand-mère Feuillage dans Pocahontas, la grand-mère de Mulan, et l’exemple le plus flagrant, la vieille dame (dont j’ai oublié le nom)dans les Aristochats. Toutes ces vieilles dames sont bienveillantes et vivent seules (dans le sens, qu’elles n’ont pas d’hommes) ont peut-etre vécu l’amour mais ne l’ont plus. Pourtant elles semblent épanouies, heureuses et n’ont pas besoin d’un homme pour bien vieillir. Et la vieille dame des Aristochats a totalement gardé son charme. »

      Vous avez dû zapper le passage où je précise que pour les vieilles femmes chez Disney, « la seule option c’est d’être une éternelle maman, qui ne vit pas pour elle, mais pour ses enfants (ou équivalents), comme les fées de La belle au bois dormant ou La marraine de Cendrillon, Madame dans Les Aristochats ou la mère de Tania dans La Princesse et la Grenouille. ». En effet, il me semble effectivement que chez Disney, comme vous dites, le fait que les femmes « soient vieilles ne leur gâte pas systématiquement le caractère ». Mais l’âge n’est pas le seul paramètre à prendre en compte à mon avis. Comme je le dis dans l’article, il me semble que les seules vieilles femmes qui ne sont pas diabolisées sont celles qui jouent le rôle de mère ou de grand-mère, c’est-à-dire qui sont ramenées à leur maternité. Donc, encore une fois, les gentilles sont toujours celles qui incarnent la « bonne féminité » selon le patriarcat (séduisantes et soumises pour les jeunes, et bonnes mères pour les vieilles), tandis qui les méchantes incarnent la mauvaise féminité (c’est-à-dire tout le reste : les trop moches, trop masculines, trop indépendantes, « mauvaises mères », etc.). Vous voyez ce que je veux dire ?

      « Aussi je pense que vous pretez des intentions à Disney qu’ils n’ont jamais eu, citant uniquement les exemples qui vous arrangent. »

      Donnez-moi des exemples qui vont contre ce que je dis alors. Ça m’intéresse. Je ne dis pas que je possède la vérité sur Disney, mais j’ai juste cru remarquer des tendances qui me semblent assez lourdes, et auxquelles je n’ai personnellement pas trouvé d’exception. Mais vous en connaissez, n’hésitez pas à les mentionner.

      « De plus on retrouve régulièrement dans ces articles cette diabolisation de Disney. »

      Je n’ai absolument rien contre Disney en particulier. Personnellement il y a des Disneys que j’aime beaucoup politiquement pour différentes raisons (Mulan, Lilo et Stitch ou Frère des ours par exemple). Et je ne trouve pas non plus que Disney soit pire que les autres studios type Dreamworks, Pixar ou autres. Nous critiquons d’ailleurs aussi les films des autres studios. Cf. par exemple dernièrement : http://www.lecinemaestpolitique.fr/monstres-academy-2013-vive-le-capitalisme-patriarcal-2/, http://www.lecinemaestpolitique.fr/anastasia/, http://www.lecinemaestpolitique.fr/moi-moche-et-mechant-2-papa-a-raison/, http://www.lecinemaestpolitique.fr/moi-moche-et-mechant-mais-maitre-magnanime-de-mes-minions/
      Et nous ne diabolisons pas non plus les gros studios commerciaux, au motif qu’ils seraient plus réac que les « indépendants ». Puisque ces derniers sont tout aussi critiquables (et critiqués ici) que les gros studios . Cf. par exemple http://www.lecinemaestpolitique.fr/les-contes-de-la-nuit-2011-le-sexisme-archaique-de-michel-ocelot/ ou http://www.lecinemaestpolitique.fr/les-enfants-loups-ame-et-yuki-2012/
      Si vous avez peut-être cette impression que nous « diabolisons » Disney ici, c’est peut-être juste parce que nous lui consacrons beaucoup d’analyses, car il reste assez hégémonique dans le monde de l’animation, et omniprésent dans l’univers des enfants.

      « D’autre part, vous dites que les femmes fortes (pas dans votre article, mais je l’ai lu dans les commentaires) comme Mulan ou Pocahontas répondent à des normes de beauté pour pallier à leur force. Cela influence-t-il vraiment la portée féministe du film ? je veux dire qu’ils soient hommes ou femmes, tous les personnages Disney qui vivront l’amour romantique sont beaux ou le deviendront. »

      Sur la question des normes de beauté et de l’oppression qu’elles représentent, je vous renvoie à cet article : http://www.lecinemaestpolitique.fr/en-finir-avec-laphrodisme-au-cinema/
      J’essaie d’expliquer au début pourquoi il me semble que l’aphrodisme dans notre société est indissociable de la domination masculine. Et du coup, en ce sens, je pense effectivement que ne proposer aux jeunes filles que des héroïnes sexy (= conformes aux normes de beauté de notre société) contribue à la reproduction de la domination masculine, et que représenter systématiquement les héroïnes féministes comme sexys mine effectivement le potentiel féministe de telles figures.
      (Il y a eu quelques début de tentatives intéressantes en ce sens, comme dans Lilo et Stitch ou Rebelle, mais ça reste assez timide et rare à mon avis. Quand on voit le physique poupée Barbie d’Elsa et Anna dans la Reine des Neiges, on peut à mon avis se dire que c’est loin d’être gagné à ce niveau…).

      « De plus, la féminité n’est pas sale. Je ne vois pas où est le problème de mettre en valeur la féminité d’un personnage Disney en répondant aux normes : les hommes de Disney subissent le même sort avec leurs propres normes. Ils ne sont pas plus représentatifs de la gent masculine que les femmes de Disney ne le sont de la gent féminine, aussi sont-ils sur un pied d’égalité sur ce point. »

      Je ne pense pas que les normes de féminité imposées aux femmes et les normes de masculinité imposées aux hommes puissent être mises au même niveau, comme si les genres (masculin et féminin) étaient symétriques. En effet, les normes de masculinité enjoignent les hommes à devenir forts, intelligents, courageux, ambitieux, égocentrés, etc., bref à devenir des dominants ; tandis que les normes de féminité enjoignent les femmes à devenir belles, soumises, silencieuses, douces, dévouées aux autres, etc., bref à devenir concrètement des dominées sous le patriarcat. Est-ce que vous voyez ce que je veux dire ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>