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Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ? (2014) : le racisme, c’est rigolo

bon dieu00Claude et Marie Verneuil n’ont vraiment pas de chance : trois des quatre filles de ces Français issus d’une vieille famille catholique se sont mariées respectivement un Juif, un Arabe et un Chinois, alors que la quatrième s’apprête à leur présenter Charles, son fiancé ivoirien. Pour ces provinciaux racistes, la pilule ne passe pas. Alors, pour retrouver le fragile équilibre familial, les trois gendres conspirent vainement pour faire rater le mariage de la cadette. Le « salut » viendra finalement des deux patriarches Verneuil et Koffi (le père de Charles, tout aussi raciste et réactionnaire que son alter ego auvergnat) qui, après avoir sérieusement mis en danger les choses, se rendent compte de leur manque d’ouverture et réussissent à réconcilier les uns et les autres.

Dès sa sortie, cette comédie populaire a été acclamée par le public et la critique comme hymne à la tolérance et rapprochée d’un autre film à succès, « Intouchables ». Mais, alors que le propos central de ce dernier porte sur la construction d’une relation positive entre deux êtres que tout sépare (bien que le propos soit assez problématique à plus d’un égard), « Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ? » se limite à décrire le racisme dans sa forme la plus puérile comme socle tout à fait acceptable d’identification commune. « Tout le monde est un peu raciste », comme le dit David, le gendre juif ; et tout le film s’applique à démontrer que ce n’est pas si grave, tant que cela reste dans des proportions acceptables. L’Arabe ne tolère pas le Juif (et vice-versa), les Sémites se méfient des Chinois, qui leur rendent bien, et la haine du Blanc pour le Noir n’a d’égale que celle du Noir pour le Blanc. Au final, tous les racismes s’annulent et créent la paix commune.

Alors comment l’oeuvre de Philippe de Chauveron réussit ce tour de force à réhabiliter une certaine forme de racisme tout en prétendant défendre l’inverse? En dédramatisant par le rire un des procédés d’escroquerie intellectuelle les plus aboutis de la droite décomplexée, consistant à dépolitiser le racisme en le réduisant à la dimension de l’individu. En le cadrant à cette dimension unique, celle de la petite invective balancée lors d’un repas de famille, que l’on pourra facilement guérir autour d’un verre de vin.

Des minorités lissées et une apologie de l’assimilation

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Le film nous présente de bien beaux gendres, qui en plus de remplir de bonheur les filles Verneuil, semblent avoir été taillés sur mesure pour contredire les idées reçues les plus répandues : Chao est extraverti et drôle, Rachid est avocat et David est sans le sou. A ce parti pris de départ presque scolaire de jouer le contre-stéréotype, on oppose l’archétype du couple bourgeois catholique le plus caricatural qui soit : Claude le gaulliste et Marie la grenouille de bénitier. A priori, une condition idéale pour mettre en valeur ces jeunes hommes « issus de l’immigration », donc. Malheureusement, il suffit de gratter un peu la surface pour voir apparaître la grossière conformité des gendres aux caricatures les plus courantes : le Chinois obséquieux fait du kung-fu, l’Arabe est un peu roublard et l’idée fixe du Juif consiste à trouver l’idée business qui le rendra enfin riche. L’obsession permanente du film de rappeler à chaque scène et à chaque phrase leurs origines, à expliquer chacune de leurs actions (surtout les plus retorses) en fonction de leurs appartenances respectives, ne leur confère absolument aucune existence au-delà d’elles. Les alliances et les antagonismes entres les uns et les autres ne se fondent pas sur des amitiés ou des compatibilités de caractère, mais sur des ennemis communs à combattre : tantôt l’Auvergnat catholique, tantôt le Noir qui veut « sa part du gâteau » (sic!). L’unique ressort comique du film tenant en la capacité des personnages à confirmer ou infirmer un préjugé, il s’agit moins de rire du racisme que grâce à lui.

Pour ces gendres posés comme des produits génériques de leur communauté agrémentés de rares traits distinctifs qui les érigent en exceptions parmi les leurs, les rares instants de répit et d’harmonie doivent être mérités ; ils passent par l’assimilation, ni plus ni moins. Le fin du repas de Noël donne lieu à ce qui restera certainement à une des scènes les plus édifiantes du film : aviné, Rachid se lève pour entonner la Marseillaise, bientôt suivi de ses deux comparses, prouvant par là-même leur patriotisme. L’honneur est sauf : bien que métèques, ces gendres-là sont, au fond, de bons français pétris de valeurs républicaines. Plus tard, ils se rendent en compagnie de leurs beaux-parents à la messe de minuit et entonnent les cantiques avec une ferveur outrancière qui n’échappe à personne. A ce moment seulement entrent-ils symboliquement dans la famille. De leur côté, les Verneuil n’auront pas eu à faire ces efforts d’adaptation à l’autre : les dindes hallal, casher et laquée préparées par Marie est une attention présentée comme louable mais excessive et inutile. Les trois jeunes hommes insinuent clairement qu’ils ne demandent rien de tel. L’autre n’est donc acceptable dans sa différence d’apparence que dès lors qu’il est totalement assimilé dans ses us et coutumes, qu’il en fait des tonnes pour prouver qu’il a bien appris sa leçon d’intégration et qu’il ne demandent pas trop d’efforts en retour.

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Le bon immigré est celui qui boit du vin, est issu d’une classe socio-économique élevée (l’homogénéité de classe est remarquable dans ce film), n’est pas trop rancunier quand on lui balance une remarque raciste de premier degré, vu qu’il en balance en retour de toute façon. En bref, la version cinématographique de la promotion de « l’immigration choisie » sarkozyste.

Cette apologie de l’assimilation est particulièrement efficace parce qu’elle ne se lit pas aisément : elle crie la tolérance de la différence de surface tout en chuchotant son intolérance à la différence de fond. Le fait que les gendres soient présentés comme des « bons immigrés » n’exempte pas le film d’une tendance à dépeindre les autres immigrés sous un angle bien moins flatteur. Lorsque des figurants « de couleur » apparaissent à l’écran, c’est quasi-exclusivement pour souligner certains travers : le jeune de banlieue arabe se drogue en face du tribunal, le traiteur chinois ne craint rien tant qu’une inspection d’hygiène, la femme de ménage noire est fainéante et on en est encore à débattre d’une supposée forme de barbarie de la circoncision infligée aux petits garçons juifs.

Le bon immigré et le mauvais immigré mis dos-à-dos n’est pas une configuration nouvelle dans le cinéma français. Les exemples ne manquent pas : « Neuilly sa mère », « Mohamed Dubois », « La journée de la jupe » et tant d’autres encore. A chaque fois, l’immigré qui se montre sous un jour trop différent, qui prend en quelque sorte trop de place est systématiquement identifié comme hostile et personnellement responsable de sa propre désintégration au corps majoritaire.

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Le racisme, cette valeur triviale et consensuelle

Tout le monde, des Blancs aux Noirs en passant par les Arabes, les Juifs et les Chinois nourrit un petit complexe de supériorité à peine dissimulé. Chacun y va de son bon mot sur l’autre et devant la véhémence des invectives qui fusent de toute part, nous avons bien vite conclu à la totale symétrie et équivalence des sentiments racistes de tous. Pire encore, le racisme finalement ne consiste plus qu’en ce jeu d’insultes certes outrancières mais finalement bien peu conséquentes ; la discrimination raciale n’existe pas, par exemple. On apprend que Koffi ne doit s’en vouloir qu’à lui-même et son caractère de cochon du dédain affiché par ses supérieurs hiérarchiques blancs et Charles peut même camper un personnage principal dans un vaudeville où se presse le tout Paris ; ironique de la part d’un cinéaste français de prétendre que les arts de la scène français se sont à ce point guéris de leur ethnocentrisme blanc, quand dans la pratique on compte encore sur les doigts d’une seule main le nombre de rôles confiés à des personnes de couleur sans que se cache derrière ce choix une exigence scénaristique faisant mention explicite des origines particulières du personnage.

Le racisme tel qu’il est vécu en réalité pour les personnes « issues de l’immigration » est un système politique, économique et social qui instaure une hiérarchie entre dominants et dominés, qui limite les chances d’accès à un emploi, un logement et une visibilité médiatique. C’est cette dimension collective du racisme qui est totalement absente du film, qui ne le transforme qu’en petits points de vue exprimés entre le fromage et le dessert. Dans « Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ? », être raciste n’est rien d’autre qu’un travers personnel, qui n’engage que son titulaire et non l’ensemble des paramètres environnementaux susceptibles de le créer. C’est cette dépolitisation du racisme qui est la plus en vogue tant dans les rangs de droite décomplexée que dans les milieux proches la gauche gouvernementale tièdement « anti-racistes ». Il est facile, lorsque l’on fait mine d’ignorer que la société française est instaurée de telle façon qu’un ordre de dominant-e-s et dominé-e-s existe et n’a pas encore été dépassé, de prétendre que le « racisme anti-blanc » existe en France et est équivalent au racisme anti-noir, anti-musulman ou antisémite.

La caractéristique purement individuelle du racisme est confirmée par l’évolution du personnage de Marie Verneuil. Rongée par la solitude occasionnée par la mésentente familiale,elle fait une dépression et entame une psychothérapie, qui lui permet de se remettre en question et de mettre le doigt sur les raisons profondes de ses sentiments hostiles à l’égard de ses gendres. Elle découvre alors que sa peur de l’étranger prend racine dans sa peur enfantine des… mulots. Toute honte bue, le film fait donc le parallèle entre étrangers et rats. Cette révélation est le début de la guérison pour Marie, qui nous prouve par a+b qu’il est possible de guérir du racisme allongée sur un divan de psy, sans jamais remettre en cause le système global qui produit ce mal social dont les conséquences politiques, géopolitiques et économiques sont pourtant tangibles.

L’individualité du racisme et sa non-existence politique est également présente en creux dans les personnages des quatre filles Verneuil. Si tous les protagonistes s’en donnent à coeur joie pour balancer des vannes, elles seules restent totalement hermétiques et innocentes à cet égard. Elles roulent des grands yeux et s’émeuvent, mais jamais ne prononceront de mot désobligeant sur une appartenance quelconque. Dans la réalité, le déterminisme familial n’est jamais total, bien entendu, mais il est étonnant de laisser penser que les valeurs racistes ne se transmettent pas, au moins en partie, à travers l’éducation ou les références culturelles. Ainsi, le racisme des parents Verneuil est dépeint finalement comme une anomalie exceptionnelle chez les Blanc-he-s plutôt qu’une règle sociale qui déploie son effet sur l’ensemble du corps des dominants.

Les filles Verneuil incarnent de plus à elles quatre la seule réponse anti-raciste qu’oppose le film au racisme : le métissage, présenté comme une solution auto-suffisante. Conception simpliste, vu qu’être en couple avec une personne d’un autre groupe ethnique que le sien et avoir des bébés de toutes les couleurs dans une même famille n’exempte pas de l’existence de rapports de domination à la fois dans la sphère personnelle et publique. Le métissage, tout comme la « tolérance », est sans conteste un pas important hors de la logique de la haine raciste, mais il ne saurait constituer un aboutissement à lui seul. Les filles Verneuil ne combattent pas le racisme en manifestant, en votant ou en exprimant leur désaccord sur l’ordre politique; elles le font en faisant des enfants peut-être suffisamment blancs pour échapper un peu mieux aux stigmates que leurs pères largement plus typés. Ici encore donc, la dépolitisation du racisme est utilisée comme procédé d’occultation de la nature multidimensionnelle du phénomène.

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Pour être plus précis, notons que si le racisme n’est pas « contagieux » chez les Blanc-he-s chez qui il n’est qu’un truc de vieux réac’, il n’en va pas de même pour les personnes immigrées ou issues de l’immigration. Comme tout Algérien qui se respecte Rachid marque sa haine du Marocain et David le Séfarade des Ashkénazes, alors que Chao se désole de son accent vietnamien. La métissage qui suffisait à lui seul à ériger les femmes blanches en archétypes incontestables de l’anti-racisme n’a visiblement pas le même effet sur les jeunes fils d’immigrés, qui sont bien incapables de dépasser les haines inter et intra-communautaires irrationnelles commandées de façon apparemment inéluctable par leurs appartenances respectives. Et finalement, puisqu’à l’intérieur même des minorités tout le monde semble déjà se haïr pour d’obscures raisons, qu’il y a-t-il de mal à les détester aussi, après tout ? La boucle est bouclée : il est possible d’être déculpabilisé du racisme.

La haine comme valeur commune

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Au final que reste-t-il des 1h37 de « Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ? » ? Une farce à peine cohérente où les personnages se lient d’affection uniquement sur la base de leurs détestations communes. La genèse de l’amitié entre Claude et Koffi consacre ce message pour le moins contradictoire ; on assiste pendant de longues minutes au rapprochement entre les deux chefs de clan au fur et à mesure qu’ils tombent d’accord sur les méfaits du métissage ; au cours des activités bien masculines que sont la pêche et la boisson, débarrassés donc des complications de la vie (à comprendre : des bonnes femmes), ils peuvent enfin aller au fond des choses, à la façon des hommes, des vrais. A la conclusion de cette joute viriliste se dessine enfin la paix des ménages, faite par et pour les patriarches. Ils scellent même leur réconciliation par la prise à parti d’un jeune homme soit-disant « albinos » pendant leur garde à vue. L’agression d’un tiers au motif de son apparence physique pour tisser des liens fraternels, on n’y aurait difficilement pensé, de prime abord.

La désescalade de l’hostilité entre les deux hommes fera au passage une autre victime : la réparation. En effet, c’est à travers l’obstination tournée en ridicule de Koffi à ne pas participer aux frais du mariage qu’est abordée la question de la réparation de l’exploitation coloniale française en Afrique. Présentée comme une requête égoïste, bête et méchante, elle passe à la trappe dans la dernière scène, lorsque le père du marié promet un chèque à Claude, celui-ci ayant plus tôt bien relativisé la spoliation en rendant les Africains coupables de leur propre sort sous la domination coloniale. Jamais oeuvre « anti-raciste » n’aura autant été en phase avec l’establishment politique (à gauche comme à droite), qui ne sait parler de l’idée même de la réparation des crimes coloniaux qu’en qualifiant celle-ci dans des termes tels que la « culpabilisation », l’ « autoflagellation » ou encore la « repentance » (sous-entendue excessive). La mise à égalité des griefs de l’ex-colonisé avec ceux de l’ex-colonisateur tendent à relativiser l’Histoire coloniale, car elle sous-entend que celle-ci peut être nuancée, répartie en « pour » et en « contre », qu’elle a même ses « circonstances atténuantes » ; en bref, on ne tombe pas très loin du « rôle positif de la colonisation ».

Peut-être donc parce qu’il conforte tout un chacun dans sa médiocrité et n’oblige personne à se questionner, le film a tout d’un consensus politiquement correct caressant les dominants dans le sens du poil. Au fond très convenu et conservateur, il ne bouscule rien et c’est certainement là la recette de son succès.

Inès El-Shikh

 

76 réponses à Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ? (2014) : le racisme, c’est rigolo

  1. OOOOh Merci, j’attendais tellement votre critique de ce film.
    Dès la sortie de la bande annonce, j’ai senti comme le goût amer du navé qui se veut « anti-raciste » mais qui véhicule les pires clichés possibles.
    Quel horreur de voir autant de bon clients se diriger vers les salles de ce film !

    Merci beaucoup, maintenant, j’aurais les arguments construit que j’étais incapable de formuler, sous la main :)

  2. Hors sujet : et on se demande encore pourquoi certain·es préfèrent d’abord voir les films sur internet plutôt que de filer de la thune à ce genre de person(ages ?)nes.

    En sujet : Je ne sais pas si c’est Christian Clavier ou le label « film français » mais j’ai l’impression (purement empirique) qu’il fallait s’y attendre. Sûrement les deux y participent.

    Question(s) : comment se fait-il qu’une industrie comme hollywood qui est au sommet de la pyramide (économique, sociale, culturelle et de propagande consciente) arrive t-elle à produire des films potables voire subversifs dans le fond (à ma connaissance, limité, jamais sur la forme) ? Mes grilles de lecture politique butent sur quelque chose qui a vraisemblablement à voir avec la psychologie (individuelle et de masse) car c’est là un domaine où je suis à la ramasse. Mais sans compréhension, difficile de lutter contre.

    Si quelqu’un·e a des pistes ?

    • Je ne comprends pas bien votre question. Vous trouvez que les films français sont globalement plus réactionnaires ou conservateurs que les films hollywoodiens, qui serait plus souvent « subversifs » ? Et vous vous demandez pourquoi, c’est ça ?

      • euh… j’suis pas sûr d’avoir compris non plus…
        mais je soupçonne fort, que le monsieur n’osait pas dire, de façon directe, que ça fait un film français de plus, bien médiatisé, qui se révèle être une merde, comme tant d’autres, comme presque tout ce qui est français porté par les ténors de la petite-bourgeoisie montante, éduquée, instruite, votant avec plein de bons sentiments… etc… et qu’on n’ira jamais payer pour ce genre de merde quand on ne vote pas… et qu’on n’ira même pas vérifier les arguments de l’autrice de la présente critique, tant ils semblent évidents même sans avoir vu ce film…
        car en effet, rien qu’avec le pot à sarko en tête d’affiche…

        alors que, effectivement, même si c’est bourré de merdes les productions américaines, pas seulement de hollybois, ben au moins c’est toujours du grand pestacle, y’a même des fois où on n’a pas deviné juste la sortie du scénar, y’a même des fois où on a eu l’impression d’une vraie subversion… bon, d’accord, ça tient jamais très longtemps… mais au moins on s’est pas emmerdé… en plus, ben on paye pas plus hein, on peut aussi télécharger avec précaution… ben si en fait hein… parce que de toute façon, faut bien comprendre que pour trouver le fric nécessaire à faire même un petit film d’arrière garde se prétendant artistique, ben faut fayoter auprès de petit-gros-bourgeois bien dans le système bobo et compagnie, votant ump et disant voter eelv ou ps, qui sont en fait les mêmes, et que donc, on va pas te permettre de faire un film qui soit autre chose qu’un moyen de reproduire les fantasmes des membres dorés du système en lui-même spectaculaire…
        donc…
        dès qu’on regard un film, surtout français, on est sûr de regarder de la merde.
        voilà
        ah, si vous avez peur de télécharger les films, ben y’a la solution de s’inscrire pour une somme très modique à une médiathèque municipale. ensuite vous empruntez des films, pas forcément très longtemps après leur sortie, et vous faites des rip sur votre ordinateur…
        voilà.
        tout le monde fait ça d’ailleurs
        faut arrêter d’être hypocrite

        s’ils veulent qu’on paye pour leur daube

        ben ils zont qu’à nous payer et nous embaucher sur tous les trucs qu’on sait faire,

        au lieu de nous exclure parce qu’on croie pas à leur grandeur d’âme.

        • Étant cinéphile et cinéaste (à mi-temps, certes, mais quand même), je ne peux m’empêcher de réagir à vos sous-entendus concernant le fait qu’il ne sert à rien de payer une place de ciné, ou que le cinéma français c’est forcément de la merde, surtout comparé aux gros budgets américains… Parce qu’en vrai, vous pouvez aussi choisir vos films autrement qu’en fonction des acteurs principaux et du budget promo (souvent liés), et en profiter pour fréquenter les salles « art et essai » (où on ne trouve pas QUE du cinéma français ou américain, ça tombe bien!). Bref, varier les plaisirs et éviter de bouffer que de la merde (d’ailleurs ça vaut pour tout, pas que pour le cinéma).

          Ne voyez surtout aucune agressivité ou jugement personnel dans ce commentaire, c’est juste que je suis fatiguée d’entendre ces poncifs à longueur de journée. OK, ne bénéficiant pas de la machine hollywoodienne, le cinéma français sort beaucoup moins de « block buster » et a tendance à avoir la main lourde sur les dialogues, mais ça ne m’empêche pas de trouver régulièrement des perles, qu’il s’agisse de films français ou étasuniens (parce qu’en plus, les étasuniens AUSSI produisent du cinéma d’auteur, et ça c’est que du bonheur)… Voilà, my two cents.

          • Raaah, j’ai beau m’y attacher, les mauvaises habitudes ont la vie dure ! Il faut lire « étasunien » partout où il est écrit « américain » (je me suis reprise à la fin de mon laïus et voulais corriger le début, mais j’ai cliqué sur envoyer avant de penser à le faire)… :/

          • euh… c’est pas vous qui êtes agressive.
            c’est moi.
            quand je disais « un petit film d’arrière garde se prétendant artistique », c’était très agressif à l’égard du cinéma « d’art et d’essai »…
            j’ai bien compris votre fatigue à l’égard des poncifs.
            je comprends tout à fait votre attachement à un tas de trucs…

            moi j’exprimais brutalement : mon dégoût de tout ça… j’aime pas… j’suis allé voir ailleurs hein… c’est pas vraiment mieux… mais au moins, j’me sens moins lié parce que la « culture » locale fr_FR ben… j’me dis merde, en plus j’ai la nationalité locale… beurk…

            par ailleurs, y’a les caractéristiques mêmes de l’objet technique et cognitif de la vidéo en général à l’égard du rapport au réel qui m’emmerde énormément… mais c’est un tout autre sujet hors du propos de l’article.

  3. merci pour votre superbe article ! une belle déconstruction et dissertation intelligent qui reprend point par point les travers du film.

  4. qu’est-ce que signifie le terme « blanc-he-s » ? Est-ce que c’est de l’anglais ? Cela dit, l’article est intéressant. Il reflète bien ce que la vue de la bande annonce m’a inspiré. Déconstruction de la culture de chacun pour une bêtise commune

    • projet-moi-aussi.tumblr.com

      C’est un mélange de « blancs » et « blanches », pour ne pas invisibiliser les femmes parce que le masculin l’emporterait sur le féminin.

  5. Très bon article. Pour faire le gars tatillon, juste un petit bémol sur le « cette comédie populaire a été acclamée par… la critique comme hymne à la tolérance » du début.

    Il me semble quand même avoir vu à plusieurs reprises sur les médias mainstream, peut-être pas des dénonciations frontales, mais au moins des questionnements sur cette dimension (flagrante) du racisme du film.

    Le Nouvel Obs organise par exemple un débat :
    http://tempsreel.nouvelobs.com/video/20140509.OBS6618/qu-est-ce-qu-on-a-fait-au-bon-dieu-un-film-raciste.html

    Francetcinfo se pose aussi des questions :
    http://www.francetvinfo.fr/culture/cinema/qu-est-ce-qu-on-a-fait-au-bon-dieu-est-il-un-film-raciste_594709.html

    Et surtout un journaliste du Monde qui y va un peu plus franchement :
    http://www.lemonde.fr/idees/article/2014/05/04/faut-pas-prendre-les-enfants-du-bon-dieu-pour-des-racistes_4411176_3232.html

    Voilà, et il y en a quelques autres… Il semble que ce film ait provoqué un léger malaise chez plusieurs chroniqueurs quand même. Evidemment, personne n’a été aussi loin dans le travail d’analyse des sous-entendus idéologiques que le film suppose ! C’est pour ça qu’on aime votre blog !

  6. Tout est dit!! Excellent article!

  7. θεοκτόνος

    Avez-vous remarqué que le réalisateur et scénariste (Philippe de Chauveron) était déjà scénariste de Neuilly sa mère ?
    Chronicart a aussi fait une lecture critique du film qui complète bien la vôtre.

  8. un seul mot…. ou deux : BIEN DI!

  9. J’y vois décidément, du moins dans les « oeuvres » de ce genre, le même schéma que le funeste post-féminisme : un post-racisme, s’amusant des « vieilles rancœurs » comme si tout était réglé depuis longtemps.

  10. projet-moi-aussi.tumblr.com

    Très bon article toutefois cette phrase me choque :

    « on en est encore à débattre d’une supposée forme de barbarie de la circoncision infligée aux petits garçons juifs. »

    Même si ce débat peut être utiliser par les antisémites ce n’est pas une raison pour décrédibiliser la souffrance que peut causer une circoncision. Déjà les juifs ne sont pas les seuls à pratiquer la circoncision pour raison non médicales (il y a aussi les musulmans et surtout aux Etats-Unis pour des raisons d’hygiène…) et la circoncision est une atteinte grave à l’intégrité physique des enfants.

    • J’allais mettre exactement ce commentaire !

      Je n’ai pas vu le film mais je sentais venir le gros racisme écoeurant à 10 km et l’article confirme bien ce que je craignais…

      Mais j’ai tiqué sur cette phrase : oui je trouve ça barbare de couper de la chair à vif d’un bébé, c’est une mutilation et en plus sans anesthésie.

  11. Alors certes il est fort dommage et parfois (seulement parfois) douloureux de faire subir la circoncision aux enfants de sexe masculin (car c’est exclusivement masculin), mais cela n’a rien à voir avec des traitements en apparence (et seulement en apparence, pour les néophytes) similaires infligés exclusivement aux femmes, à savoir l’excision, l’infibulation, et d’autres, plus chirurgicales, mais encore moins justifiables.
    Pour les garçons, je vois mal « l’atteinte grave à l’intégrité physique des enfants », d’autant que nombreux sont ceux qui défendent cette pratique avec ferveur et fierté. En revanche le « pendant » féminin, c’est à peu de choses près toujours un traumatisme…

    • Pardon ? C’est seulement « parfois » douloureux de faire subir une circoncision à un enfant ? Avez-vous assisté à une circoncision ? Avez-vous surtout pratiqué les soins les heures et les jours suivant la circoncision ?
      C’est un acte douloureux, la plupart du temps inutile, irréversible et pratiqué sans le consentement de l’intéressé. C’est certes bien moins dommageable qu’une excision ou autres, mais c’est une atteinte à l’intégrité physique de l’enfant.
      Que certains hommes circoncis devenus adultes défendent cette pratique (d’autant plus qu’ils la pratiquent ou la pratiqueront sur leur propre enfant) ne retire rien à ce préjudice. Vous trouverez également énormément d’adultes expliquant qu’ils sont devenus de bonnes personnes parce que leurs parents leur coller des gifles « bien méritées ».
      Ce n’est pas parce qu’une tradition est tellement intériorisée qu’elle est valorisée qu’elle n’est pas violente et inutile.
      En outre, la circoncision est un rituel patriarcal qui vise à couper le garçon de l’univers des femmes, en surtout de sa mère, pour le faire entrer dans la communauté des hommes. Cette intégration dans le masculin par la souffrance et le sang mériterait qu’on s’y attarde davantage.

      • « L’intégration dans le masculin » n’a rien à voir avec la circoncision à ce que je sache, après je ne suis pas fin connaisseur, et j’avoue que bien qu’étant un homme, je me soucis largement plus de ce qu’on fait subir aux femmes que de la circonsision.
        Il me semble (peut-être à tort, faudrait chercher des stats) que c’est majoritairement sous des points de vue sanitaires, mais pas un espèce de passage à l’âge adulte ou une acquisition de virilité, en tout cas surement pas du même niveau que les « opérations » faites sur les filles et les femmes dont j’ai parlé plus haut.
        Je n’ai jamais dis que la circoncision n’avait rien de dramatique, mais je serais très curieux de voir des sources quand à des témoignages (nombreux, pas une exception pour qui ça s’est mal passé) de vies brisées, de sentiments d’intégrité « gravement atteintes », de vies sexuelles réduites à néant, voire de suicides à cause de cette pratique. (pour de vrai hein, ce n’est pas de l’ironie déguisée)
        PS : il existe des circoncisions pratiquées avec des outils et méthodes bien plus « douces » (toutes proportions gardées) qui ne ressemblent en rien à des castrations à vifs et sans anesthésie de porcelets dans n’importe quel élevage.

        • La circoncision rituelle (je ne parle pas de la pratique hygiéniste qui s’est développée au 19ème siècle avec pour principal objectif de limiter la masturbation) a tout à voir avec l’intégration dans le masculin.
          Je connais mal la circoncision dans l’Islam, mais dans le judaïsme, où c’est la loi la plus importante de toute pour un juif, il s’agit clairement d’une intégration dans le masculin. La circoncision est un devoir du père. Normalement, il doit la pratiquer lui même, même s’il peut donner « pouvoir » à un mohel (un circonciseur). C’est aussi un des hommes de la famille (souvent le grand-père) qui tiendra l’enfant pendant la cérémonie. La mère est tenue à l’écart de la cérémonie. Elle peut être à proximité, mais c’est avant tout une affaire d’hommes.
          Ce n’est pas parce qu’il s’agit d’une violence faite sur le corps des garçons qu’il ne s’agit pas d’une violence patriarcale. Ce n’est pas une violence faite aux hommes, mais une violence faite aux enfants, ce qui n’est pas la même chose, et aux mères. Je ne connais pas une mère, même la plus croyante du monde, pour laquelle ce n’est pas un traumatisme. C’est une façon de signifier aux mères que les bébés mâles ne leur appartiennent pas mais appartiennent à la communauté, donc au monde des hommes.
          Quant à la question de la douleur, cela n’a certes rien à voir avec ce que subissent les porcelets. Pour autant, cela demeure très douloureux. Il y a la douleur de l’acte en lui même qui peut être plus ou moins anesthésiée, mais l’anesthésie n’empêche pas la douleur de la cicatrisation sur une zone particulièrement sensible et sollicitée.
          La circoncision occasionne rarement toutes les catastrophes que vous évoquez. Mais il y a aussi des milliards d’enfants qui reçoivent des gifles et des fessées sans en mourir ou avoir une vie détruite. La plupart du temps ils vont même reproduire ce schéma éducatif basée sur la domination. Pour autant, faut-il négliger ce type de violence sous prétexte qu’elles sont moins graves que d’autres ?

    • Quelle que soit l’opération, l’effectuer sans le consentement éclairé de l’enfant sans qu’elle soit nécessaire d’un point de vue médical est inacceptable.

      Une telle position n’a rien de raciste tant qu’on s’oppose a une pratique en tant que telle, et pas a un peuple essentialisé comme ayant systématiquement cette pratique.

      • Tout à fait d’accord. :)
        Je répondais surtout à cette mise en avant de la circoncision qui trop souvent ressemble à s’y méprendre à un tirage de draps du genre « sos papa », ou les hommes battus. (désolé à Yael et à projet-moi-aussi si ce n’était pas le cas)

      • C’est là qu’on se rend compte que l’auteur de l’article n’est pas objectif puisqu’elle affirme qu’une mutilation sur l’enfant ne doit pas être interrogé. L’article est réalisé par qqn qui défend une chapelle et de la torture et qui vient affirmer aux autres ce qu’est ou non le racisme.

        Pour faire de la moral il faut soi même être irréprochable.

        Que dire de la chute où le mariage va s’annuler parce que justement il y a eu trop de laissé allé sur le racisme ? Non ça ça compte pas… ça facilite l’article on me dira.

        C’est un film boeuf grand public, mais de là à dire qu’il promeut le racisme il faut vraiment avoir l’esprit malsein.

        Aujourd’hui il n’y a pas assez de passerelles entre les gens, ce film se moque du racisme. Prendre cela au premier degrès pour dire qu’il fait l’apologie du racisme c’est vraiment pas un signe d’intelligence.

        La comédie repose sur la carricature, Madame Inès ne confondez pas « documentaire » et « fiction ».

        • Aujourd’hui il n’y a pas assez de passerelles entre les gens, ce film se moque du racisme. Prendre cela au premier degrès pour dire qu’il fait l’apologie du racisme c’est vraiment pas un signe d’intelligence.

          C’est justement de la dépolitisation de présenter le racisme comme une affaire d’individus, au lieu d’une oppression systémique, et comme quelque chose de réciproque, alors que, jusqu’à preuve du contraire, ce sont toujours un peu les mêmes qui tirent leur épingle du jeu. Et donc oui, cela revient à le décrire comme un phénomène inoffensif, voir à le légitimer.

    • Attention quand même à ne pas occulter une forme de souffrance et d’oppression sous prétexte que « Il y a pire ailleurs ». Quand on hiérarchise les victimes, les seuls qui y gagnent sont les dominants.

  12. Y a t-il tant à écrire, même si c’est avec talent, à propos d’un film qui n’a rien de spécialement marquant. Il s’agit d’une comédie française dans la tradition, qui enchaîne les clichés éculés et se joue autour de l’affrontement de cultures réputées antagonistes que réconcilient, dans le film du moins, les ciments éprouvés de l’amour, de la famille, et bien sûr de l’aisance matérielle. On n’évolue pas ici dans les marigots du 9-3, on est entre petits notables et professions libérales, hôtel particulier et grands appartements à la déco « branchée ».

    Pour faire bonne mesure il y a un loser – mais équipé d’une gueule avantageuse à la George Clooney -, et deux artistes – mais pas du genre intermittents du spectacle. Il eut été bien sûr plus hardi de la part des auteurs de situer leur propos dans un milieu social disons moins aisé, mais à part chez Guédiguian qui a fait du social assaisonné de bons sentiments larmoyants son fonds de commerce, c’est l’habitude en France, lorsqu’on traite ce genre de sujet, de mettre en scène des figures caricaturales d’une bourgeoisie dont on a l’impression qu’elle vit dans un bocal étiqueté « mis en conserve dans les Trente Glorieuses ».

    Se succèdent dans cette pantalonnade grinçante les trouilles franco-françaises relative à l’idée d’identité nationale, bien datées, exprimées comme pour dire qu’elles ont toujours été là (Péril jaune, Question juive, les Arabes, le passé colonial…), ce qu’au final le film dit très bien, de même qu’il évoque aussi bien l’idée d’une France sclérosée dans ses certitudes et son système de valeurs d’un autre âge, et qu’il parle de l’intégration comme ne pouvant s’effectuer que par la grande porte, épouser la fille d’un notable, devenir avocat, banquier, comédien si l’on est Noir, mais en jouant du Feydeau devant un public parisien, tout en étant issu soi-même d’une famille bourgeoise ivoirienne dont le patriarche est gaulliste et féru de gastronomie. L’honneur est sauf. Pas un modeste manard, pas un précaire revanchard, pas un chômeur servile parmi cet aréopage de gosses attardés gesticulant dans les murs luxueux de ce couple de demi-vieux bourgeois névropathes à souhait, incarnés par un Christian Clavier franchouillard à la manière d’un Jean Lefebvre, et une Chantal Lauby qui n’est pas sans évoquer quelque épouse d’un de Funès s’agitant dans une de ces innombrables comédies des années soixante où il tenait en gros le même rôle que Clavier dans ce film. On est dans une continuité, une lignée, une forme d’identité cinématographique. Il ne manque en fait, à ce film, qu’un petit rôle pour Jean-Pierre Pernaut, comme les films de l’époque réservaient un petit rôle à son ancêtre en ligne directe, Léon Zitrone.

    Histoire de me replonger dans mon époque, dans tout ce qu’elle représente de terrible mais c’est celle où je vis, dans le monde où je vis, j’irai voir Expendables 3….

    • Et donc parce que ce film est à la fois dans l’air du temps et dans une certaine tradition (donc d’une certaine façon défense d’une culture), ce film ne devrait souffrir d’aucune lecture politique ?
      Quand tes têtes d’affiches (présentes ou passées) font partie intégrante d’une communication portant un film comme « la dernière comédie française » du moment et accessible à « toute la famille », et qui va de plus présenter certaines façons de penser et comportements au plus grand nombre possible (le ciné ça reste un commerce industriel), je me refuse de penser qu’aujourd’hui on puisse continuer de croire que ce qui pose problème dans un film cinématographique « de masse » n’engage que son auteur.

      • La lecture politique qu’on peut en faire c’est précisément l’inscription dans une tradition, un mode de pensée que l’on qualifiera de façon lapidaire de « franchouillards », où les doutes sont levés par l’humour et la profusion de bons sentiments. C’est cet esprit « bon enfant » que l’on retrouve dans « Les choristes », « Neuilly ta mère », « Les Tuche », dans « Intouchable », et formulé différemment, dans les films de Guédiguian. Esprit que l’on retrouve dans les bons vieux téléfilms et séries franco-français. On est dans l’hypocrisie pure. A l’opposé d’un film comme « La Graine et le Mulet », moins « facile », moins « grand public » mais où tout est dit.

        • Et parce-que c’est hypocrite, parce-que c’est « franchouillard », parce-que c’est « second degré », ça ne souffre d’aucune critique de l’atteinte à l’intégrité de populations, ethnies ou catégories (construites) de personnes que ça peut véhiculer ? (oui je répète parce-que vous ne répondez pas à ma question en réalité)
          Une mode qui est très dans l’air du temps sur internet et dans les médias depuis environ 10 – 15 ans, c’est de faire passer des idées franchement réac et premier degré, et de lever aussi sec un bouclier « second degré, vous n’avez pas compris mon humour » dès que ça semble ne pas bien passer. Et c’est juste puant d’hypocrisie comme vous dites, mais également de mépris, de condescendance et d’un brin de colonialisme quand il s’agit de « jeux » sur les races…

          Il me semble que les personnes les mieux placées pour parler de sexisme, de racisme, d’homophobie, et on peut décliner à l’infini avec la végéphobie et faire même des mix, ce sont encore les premiers concernés (les femmes, les noirs, les asiatiques, les immigrés de tous bords, les homos, les végés, etc), alors pourquoi il y a autant de bons français blancs mâles omnivores et hétéros cis-genre pour en parler plus forts et plus souvent que les autres ? (et généralement avec des idées qui ne vont pas si bien que ça dans l’intérêt des premiers concernés)

          • Il me semble que dans le film qui nous intéresse, ce qui est davantage véhiculé c’est la bêtise des Verneuil, et une image biaisée de l’idée d’intégration. Je ne sais pas si c’est voulu, si on est là dans le second degré. Je ne sais pas non plus s’il était très intelligent de faire parler David et le personnage de l’avocat en verlan. Mais ce film ce n’est pas du Truffaut, ce n’est pas du Godard, ce n’est pas du Yves Boisset. Est-il un vecteur de je ne sais quelle propagande ? Pas plus à mon sens qu’une chanson de Francis Lalanne. On est d’ailleurs au même niveau.

            « Lulu femme nue » avec Karyn Viard et « La Graine et le Mulet » déjà cité se situent à un autre niveau. Le sexisme vu par une femme, l’exclusion sociale/raciale/ethnique vu par un cinéaste et des acteurs maghrebins.

          • Ce n’est pas parce-que vous n’avez pas les réponses aux questions que vous vous posez, ou que vous considérez (à tort ou à raison) que ce film n’est pas du même niveau qu’un Truffaut, qu’il ne risque pas de véhiculer (même involontairement, c’est bien le problème) des idées nauséabondes.
            Le soucis en politique, c’est que ce qui importe le plus, ce n’est pas ce que dit un message, c’est que les autres en comprennent, en retiennent, et en échangent…

          • Oui mais à ce moment-là, on peut faire dire n’importe quoi à n’importe quelle oeuvre, V3NOM ! Voir en Oliver Hardy un affreux oppresseur, et son attitude à l’égard de Stan Laurel une métaphore du système capitaliste, fustiger le cinéma de Pagnol en accusant celui-ci de vouloir faire passer les Provençaux pour des gugusses incultes ! Que je sache, les acteurs choisis pour tourner dans « Qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu » n’ont pas dit leurs répliques sous la menace, ils ont lu le scénar avant, ils ont signé ensuite, après ils ont fait une promo à la télé où ils ont raconté le film et à cette occasion (je n’en sais rien, je n’ai pas la télé) ils ont peut-être trouvé quelque contradicteur pour leur faire remarquer que ce film jouait sur des clichés raciaux et sexistes. Maintenant, que certains parmi le public aient pu éprouver une gêne, c’est toujours possible, que d’autres se soient contentés de regarder ce film sous le seul angle grotesque, c’est possible aussi. Je crois que le but premier des auteurs et des producteurs de cette oeuvrette populaire, familiale et tout le toutim, était de faire un max de fauteuils et de ventes de DVD.

            S’il s’était agi d’évoquer sous un angle critique les questions connexes de l’intégration et du regard porté sur les étrangers par une certaine bourgeoisie, le film aurait été écrit, tourné, monté différemment, avec un casting tout autre (par exemple Bacri et Soral dans un rôle de couple bobo qui leur convient tout à fait, Arditi dans le rôle du curé, etc).

            Film taillé pour les festivals mais pas forcément tourné vers le grand public, avec un message politique supposé de gauche qui n’aurait pas fait avancer d’un iota la problématique du jeune des cités en panne d’insertion, ni le regard porté par le bobo sur ce même jeune.

            Rappelez-vous « La Haine », dans les années 90. Qu’en a-t-on retenu à l’époque ? Disait-on de ce film qu’il véhiculait une idéologie nauséabonde ? Je l’ai revu il n’y a pas longtemps et je me suis rendu compte d’une, de la vacuité insondable de son scénario, de deux, de l’impression de parfaite bêtise qui se dégage des protagonistes de cette histoire calquée sur les plus caricaturales chansons de Renaud sur les banlieues.

            « Qu’est-ce que j’ai fait au bon dieu » est un film TF1 pour le public de TF1 et vous n’y pourrez rien changer, V3NOM, malgré toute votre bonne foi. On y trouvera ce qu’on sera venu y chercher, y compris rien. Mais surtout pas du grand cinéma. Je ne pense pas qu’il marquera son époque, pas plus que les nanards analogues que j’ai énumérés plus haut, à l’exception d' »Intouchable » fabriqué, programmé, survendu comme un blockbuster. On en retiendra tout au plus ce que l’on retient vaguement du « Petit Baigneur »…

          • En fait tu tiens à me faire dire ce que je ne dis pas.
            J’en ai rien à foutre que ce soit du « grand cinéma » ou pas.
            Je me fiche également de quel « genre cinématographique » proviennent les acteurs choisis. (il y en a que j’apprécie, d’autre pas, et ce de tous milieux du cinoche)
            Un site comme celui ci parle des messages véhiculés, même involontairement ou par maladresse, des films étudiés.
            Et on pourra tout au plus relier avec quelques postures des réals, acteurs, producteurs ou scénaristes associés quand il est possible de le faire, et tout au plus supposer quelques intentions dans ce genre de milieu ou vraiment plus grand-chose n’est laissé au hasard.
            Et vouloir faire du chiffre n’excuse pas d’user de cordes puantes propres à encourager, conforter, justifier des comportements ou messages qui participent à faire de la société occidentale actuelle (c’est pas propre à la france) sa propre antithèse.

            Et c’est pas les « c’est comme ça et on y peut rien ma bonne dame » qui vont m’empêcher de râler après cette inculture massive, et lutter contre, à mon niveau, et un degré supérieur en m’associant à d’autres, au lieu de faire dans le fatalisme primaire comme tu en transpire tant ci-dessus.

            PS : ça sert à quoi d’écrire en intro et en conclusion mon pseudo en majuscule ? A part me donner l’impression de me faire hurler dessus peut-être…

          • « Et c’est pas les « c’est comme ça et on y peut rien ma bonne dame » qui vont m’empêcher de râler après cette inculture massive, et lutter contre, à mon niveau, et un degré supérieur en m’associant à d’autres, au lieu de faire dans le fatalisme primaire comme tu en transpire tant ci-dessus. »

            Je transpire peut-être le fatalisme parce que j’ai compris que se contenter de râler sur internet ou dans le monde réel ne sert à rien. Il me paraît que pour être crédible, toute démarche politique n’a de valeur que sur le terrain. La parole, le débat d’idées, les dénonciations et les râlages de tous acabits, je crois qu’on en est tous un peu blasés, et si ça faisait avancer les choses, il y a belle lurette qu’on s’en serait rendu compte. Maintenant, si vous êtes disposé à agir sur le terrain contre « cette inculture massive et lutter contre » (y’a du boulot, et auprès des professionnels du spectacle et des médias et auprès du public), montez un collectif et tentez votre chance au FIF (trop tard pour cette année), au FIPA, aux foultitudes d’autres manifestations connues et moins connues sur le territoire et autour où vous pourriez venir prendre la parole (ou du moins tenter de le faire), proposer un docu et des conférences aux MJC, médiathèques, collèges et lycées, aller rencontrer les gens là où ils sont pour leur donner à partager vos points de vue. Ce blog est excellent mais il n’est qu’une base, et nous avons tous vérifié dans d’autres occurrences, notamment dans le domaine politique, qu’il y a un gouffre insondable entre ce qui est échangé sur la toile et l’action sur le terrain… là où sont les vraies gens et où la plupart du temps, il ne se passe rien.

          • Faut croire que tu ne t’es pas encore rendu compte que si, ça sert. Ne serait-ce qu’en permettant d’échanger les points de vue, d’aiguiser une position, un message, et de grandir les rangs d’un mouvement plus important, exemple : le féminisme.
            Tu porte bien ton pseudo en fait. (attention à ne pas en faire une excuse pour juste râler après les gens qui tentent de faire des choses)
            Tiens question : Que mène-tu comme lutte sur le terrain toi ?

          • Simplement pour nuancer un peu les choses : les articles publiés sur Internet ont le grand avantage d’être accessible par à peu près tout le monde qui profite d’une connexion. Du coup c’est assez facile de suggérer aux gens, dans la vraie vie ou sur la toile, de lire tel ou tel article, qui a été écrit de manière réfléchie en prenant du temps (donc qui produit un raisonnement assez complet), pour pouvoir ensuite en discuter en face à face. On parle « d’action sur le terrain »… éveiller la conscience des gens vis-à-vis de l’existence et de la reproduction de stéréotypes dans les films/séries/etc est une action de terrain à mon avis, et qui peut se faire aussi bien sur Internet que dans la « vraie vie ».
            Alors c’est sûr, cela ne va pas changer la face de l’industrie du cinéma subitement, mais cela peut faire que des gens vont commencer à moins aimer des films politiquement pas terribles et s’intéresser à des films qui portent des discours différents mais qui sont moins visibles actuellement.

            Au passage, je ne suis pas sûre que cela soit une bonne idée d’essayer de deviner ce que font ou ne font pas « sur le terrain » les auteur-e-s de ce site… parce que vous n’en savez rien finalement 😉

          • Et puis c’est quoi pour toi le critère de mouvement politique ayant de la « valeur » ? Quand le gouvernement bouge ?
            Perso je considère qu’il faut se passer du gouvernement dans une république corrompue.
            Et accessoirement, ton point de vue nie manifestement tous les gens qui se sont remis en question, se son confortés, ou ont acquis des outils nouveaux grâce à de simples échanges sur le net. (qui est, on est d’accord, un moyen et non une fin)

          • @V3nom : Je n’ai pas à me justifier auprès de toi, que je ne connais pas et à qui je n’ai aucun compte à rendre. D’autant que je te trouve particulièrement, et inutilement désagréable.

            @Arroway : On peut déjà aiguiller ses connaissances vers les cinémathèques, quand il y en existe, et si l’on dispose de temps pour ça, prendre part à des manifestations locales, aller rencontrer les élèves des écoles de cinéma – ce que j’avais fait il y a une vingtaine d’années où, avec une bande de copains, nous avions monté un fanzine traitant de l’écriture scénaristique. C’est paradoxalement plus difficile, je trouve, d’aller aujourd’hui au-devant des gens, avec l’internet comme support de débat. Un support papier, même créé avec peu de moyens, ouvrait des portes. Mais c’est là une question plus vaste.

          • Ha tu n’as rien à me prouver non, par contre tu nous explique à tous l’inutilité de nos débats ici, et pars du principe qu’on ne fais rien sur le terrain.
            Qui est désagréable de ce point de vue-là ?
            Qui fais dans l’à priori primaire depuis son premier post ?

          • PS : le caractère « désagréable » de mon propos n’a pas à être « utile » étant donné qu’il n’est pas calculé, et que c’est de plus un ressentit subjectif. (et un argument ad hominem en passant s’il sert à éviter de me répondre)
            Ma fois si je te parais désagréable parce-que je n’abonde pas dans ton sens, ou parce-que j’ai laissé tombé le « vous » pour avoir une proximité moins formelle après m’être vu passablement expliqué la vie de façon condescendante et vaguement apostrophé en majuscule, et me faire entendre que discuter politique et lutte sociale sur un blog ça ne sert à rien, tant pis…

          • @Candide: Si je comprend bien, en gros, ce que tu dis c’est qu’une action ne sera efficace que si elle cible les gens qui font le cinéma : élèves en école de ciné, scénaristes, etc.

            Mais il faut aussi éduquer le public. Parce que des scénarios et des films progressistes et tout y en a, seulement si personne n’est là pour les financer ou les regarder parce que tout le monde préfère aller voir les grandes productions très souvent pleines de stéréotypes mais qui rapportent de l’argent, et ben ça ne mène pas très loin. Un exemple récent : la production voulait que Cuaron remplace son héroïne féminine par un homme. Même si le scénario est par ailleurs critiquable, on voit bien que le simple fait d’avoir une femme en premier rôle peut déjà coincer non pas au niveau du scénario, mais au niveau de la production. On sent la même chose quand des actrices comme Kate Blanchett déclare devant le parterre de l’industrie cinématographique quand elles reçoivent des récompenses : « vous voyez, le public aime les films où les femmes ont une place centrale ».

            Donc il est utile de sensibiliser les gens qui font le cinéma, mais il est aussi primordiale de faire la même chose avec le public. Parce que le public, c’est le nerf de la guerre dans un monde où les films sont un produit de consommation.

          • Il faut éduquer le public… en gros lui apprendre à penser autrement, à penser bien, à penser comme il faut…! Au fait c’est homogène le public ? C’est forcément inculte ? C’est linéaire ? Donc, on ne peut pas aller voir un Luc Besson et dans la foulée, un film des frères Dardenne ? Vous raisonnez en intellos, je suis désolé. Je pense que les gens vont aussi voir ce qu’ils ont envie de voir, que cela résulte aussi d’un choix et pas seulement de celui de Drucker, que certains ont envie de voir dans un film autre chose que le film lui-même, et que d’autres recherchent en le cinéma une distraction qui va leur donner à oublier deux heures durant leur quotidien.

            Le prêt-à-penser, ça marche dans les deux sens… Qui peut oser prétendre « éduquer le public », et selon quels critères objectifs ?

          • Il faut éduquer le public… en gros lui apprendre à penser autrement, à penser bien, à penser comme il faut…!

            Belle leçon de déformation.

            Au fait c’est homogène le public ? C’est forcément inculte ? C’est linéaire ? Donc, on ne peut pas aller voir un Luc Besson et dans la foulée, un film des frères Dardenne ?

            Lorsqu’un public montre son intérêt pour des idées un peu différentes, cela infléchit les décisions des grosses productions dans la réalisation des gros films, qui sont très médiatisés et touchent un public très large. Depuis le début tu semble faire la distinction entre cinéma – j’imagine – « populaire » et cinéma d’auteur, perso cette distinction ne m’intéresse pas. D’un point de vue politique, ce qui est intéressant c’est la réception et la portée de ces films, que ce soit dans un cercle restreints de critiques ciné ou dans des médias plus généralistes.

            Je pense que les gens vont aussi voir ce qu’ils ont envie de voir, que cela résulte aussi d’un choix et pas seulement de celui de Drucker, que certains ont envie de voir dans un film autre chose que le film lui-même, et que d’autres recherchent en le cinéma une distraction qui va leur donner à oublier deux heures durant leur quotidien.

            Oui, c’est bien. On n’a jamais dit le contraire. Nous aussi on peut aussi se poiler devant un bon gros nanard qui marche à fond sur les clichés. Le problème c’est quand on n’a pas d’alternative par rapport à des films qui véhiculent encore et toujours les mêmes représentations stéréotypées et les mêmes idées.
            Donc « éduquer » le public ce n’est pas, comme tu as déformé mes propos, lui dire de penser comme il faut, mais comme je l’ai dit plus haut rendre les gens conscients de l’existence et de la reproduction de stéréotypes dans les films/séries/etc pour qu’illes soient en mesure de prendre du recul et d’être à l’écoute d’idées ou de productions différentes.

            C’est marrant de voir quelqu’un qui parle d’aller mener des actions à destination d’élèves en école de ciné bondir devant le mot « éduquer ». C’est une transmission, pas un formatage ou un lavage de cerveau.

          • Coucou Arroway,

            Je voulais juste rebondir sur la question de « éduquer le public ». Je ne suis pas du tout sur la même longueur d’onde que Candide, mais je n’aime pas trop non plus cette idée d’ « éduquer le public » (ou de « transmission » comme tu dis dans ton dernier commentaire).

            Ce qui me gêne le plus là-dedans je crois, c’est la hiérarchie que ça présuppose entre celleux qui savent et celleux qui ignore, avec l’idée que les premier-e-s doivent éduquer les second-e-s. Je trouve que ça fait un peu « on va éclairer les masses aliénées, leur montrer la lumière », ça me fait penser aux théories des révolutionnaires avant-gardistes qui pensent leur rôle central parce qu’illes ont le savoir révolutionnaire qu’illes vont transmettre au peuple ignorant. Bref, j’imagine que tu vois à quoi je fais allusion. Je dis pas du tout que tu penses ça, mais juste que les mots « éducation » et « transmission » dans ce contexte peuvent peut-être connoter ce genre de choses, que je trouve personnellement assez craignos.

            Personnellement, quand je discute avec des gens de politique (en général ou dans le cas du cinéma) ou que j’écris des trucs sur ce site par exemple, je ne me dis pas que « j’éduque » ou que je « transmets », je me dis plutôt que je discute, que j’échange, ou que je participe à une réflexion collective. J’ai pas l’impression d’être dans une situation différente que quand je discute de n’importe quel autre sujet avec d’autres gens, et dans ce cas là, je pense qu’il ne viendrait à l’idée de personne de parler d’ « éducation » ou de « transmission ». Quand on discute avec des gens, on a notre point de vue et nos idées (plus ou moins claires), et on les confronte avec les idées des autres, qu’on écoute, et les positions s’enrichissent souvent mutuellement (des fois ça va plus dans un sens, quand une des personnes avait plus réfléchi à un truc qu’une autre n’avait pas pensé, mais j’ai du mal à penser ça comme une éducation de l’un-e par l’autre).

            Or pour les discussions politiques, ça me semble pareil. Et là où ça devient problématique j’ai l’impression, c’est quand des gens commencent à SE POSER comme des « éducateurs », parce qu’illes créent un rapport hiérarchique, illes créent de l’inégalité là où au départ il n’y a que de l’égalité (puisque tout le monde est capable de réfléchir, de s’enrichir des points de vue des autres, et personne n’a besoin d’ « être éduqué » à mon avis). C’est tout le problème de la relation maître-élève dans notre système scolaire par exemple à mon avis : poser une hiérarchie entre celleux qui savent et savent comment expliquer/éduquer d’un côté, et celleux qui ne savent pas et ont besoin d’être éduqués de l’autre. Encore une fois, je ne dis pas que c’est ce que tu veux dire, mais je pense que c’est un problème de ce genre de mots (éduquer, transmettre, etc.) : ça créé de la hiérarchie, donc de la domination.

            Est-ce que tu vois ce que je veux dire ?

          • Cette question d’éducation populaire se pose énormément dans notre mouvement antispéciste, mais quand on évoque ce terme, il s’agit moins d’un rapport de maitre à élève stupide que d’ouvrir les yeux à des gens bernés, et surtout leur donner les clefs pour se faire leurs propres analyses un minimum impartiales, détachées, rationnelles, plutôt que simplement reproduire un schéma social volontairement construit, drainant intérêts, frustrations, souffrances et morts inutiles et évitables.
            Le soucis étant, qu’en position de militant éclairé, on est de fait souvent en possession de connaissances plus approfondies que les personnes vers lesquelles on aura tendance à se tourner pour passer le mot.
            Et bien souvent il suffit d’un peu trop tenir à faire en sorte que son propre avis sur une question sensible soit reconnu comme simplement valide et légitime (sans plus) pour se voir taxer de prosélytisme, d’illuminé laveur de cerveaux, et surtout de gourou en manque de cerveaux.
            C’est une question délicate en effet que la frontière entre partager des connaissances que la plupart des gens ignorent ou entendent avec crainte et à priori sévères, et du bourrage de crane primaire forcé. Surtout quand notre discours est déjà lui-même noyé dans un torrent normatif dominant.

          • Coucou V3nom,

            Je ne sais pas si je suis d’accord avec toi.
            Je n’ai pas trop réfléchi à la question, mais perso lorsque je fais de l’éducation populaire, j’ai l’impression que la pire chose à faire c’est de me retrouver à parler, à dire des faits, à donner mes opinions sur une question etc.
            Je trouve que l’éducation populaire est beaucoup plus intéressante et beaucoup plus efficace aussi lorsque l’on crée les conditions pour qu’un groupe (moi c’est niveau collège et lycée que je fais ça, sur les questions de sexualités et de genre et égalité femmes-hommes, peut-être me diras-tu que c’est différent qu’avec l’anti-spécisme) puisse avoir une discussion posée où chacun-e puisse s’exprimer si ille le désire.
            Alors forçément à un moment, ça peut être intéressant de donner certains faits pour alimenter la réflexion, tout comme les jeunes amènent certains faits pour alimenter la reflexion collective, mais en aucun cas ce n’est intéressant de se retrouver à monologuer, ni même à parler longuement. Si on fait ça, le sujet n’est plus vivant, et ça commence largement trop à ressembler à un cours pour elleux, avec tout ce que cela implique de relation de hierarchie et de domination, et donc soit d’ennui profond pour elleux, soit de frustration tout à fait légitime.

            Sur la question de l’homophobie par exemple, j’ai rencontré pleins de jeunes qui ont des analyses « un minimum impartiales, détachées, rationelles »…mais complètement homophobes. Et d’autres qui n’ont pas vraiment tout ça mais qui ont pourtant l’anti-homophobie dans leurs tripes, pour ainsi dire, parce qu’illes ont vécu quelque chose qui a changé (ou forgé) leur avis de façon assez déterminante et radicale. Je ne me considère pas plus « éclairé » que ces personnes-là, même si je détiens plein de connaissances qu’illes n’ont pas, que mes analyses pourraient être perçues comme plus « complètes », « détaillées », « bétons » ou je ne sais quoi d’autres…

            Ce truc d’opposer « rationnel » (perçu comme bien, et progressiste) et « irrationnel » (perçu comme mauvais et réactionnaire) me semble assez douteux. J’ai vraiment du mal à trouver une définition (objective) de « rationnel » comme étant une sorte de garant du progressisme et de l’ouverture d’esprit, comme si il y aurait une méthode scientifique (bon je vous avoue en passant que je ne crois pas trop à l’idée de méthode scientifique en soi) pour arriver à changer les choses (il suffirait de rendre les gens « rationnel »). Surtout que j’entends souvent (je ne dis pas que c’est votre cas) l’idée de « rationalité » utilisée comme limite synonyme de « intellectuel », c’est à dire quelqu’un-e qui aurait beaucoup lu et saurait « plein de choses » et serait capable de « batir un argumentaire ou un discours ».
            Perso je ne pense pas que c’est avec les intellos qu’on change le monde, je suis même extrêmement méfiant (politiquement parlant, bien entendu) de la plupart des intellectuel-le-s que je connais…y compris ma propre part d’intello, bien entendu :-)
            Bon après, je ne suis pas critique au point de vouloir totalement écarter la notion de rationalité, parce que c’est sur que par exemple quelqu’un-e qui pense une chose ou fait une chose simplement parce que tout le monde pense ou fait cela, c’est assez problématique, et mérite d’être critiquer à son tour.
            Mais la « rationalité » comme fonction du progressisme, je trouve ça douteux.

            « C’est une question délicate en effet que la frontière entre partager des connaissances que la plupart des gens ignorent ou entendent avec crainte et à priori sévères, et du bourrage de crane primaire forcé. Surtout quand notre discours est déjà lui-même noyé dans un torrent normatif dominant. »

            Je suis assez d’accord avec ça, car ça me semble être un des outils (voire une des fonctions) de n’importe quelle pensée dominante que de chercher à décrédibiliser toute action ou discours ou parole qui viendrait la remettre en question et la contester. Du coup dès qu’on propose des faits ou des réalités qui viennent fragiliser cette pensée dominante, celle-ci déclenchera les systèmes de défense pour ainsi dire, et l’on se verra traiter de « laveur-euse de cerveau » ou de faire du « bourrage de crâne ».
            C’est assez flagrant d’ailleurs lorsque l’on parle de déconstruire le genre, et de donner la possibilité aux enfants d’avoir un panel de choix beaucoup plus large dans leurs activités. Je ne compte plus le nombre de fois qu’on m’a dit « mais c’est du bourrage de crâne ça », ce qui est quand même le comble de l’ironie vu que c’est l’exact inverse du bourrage de crâne, ce qui est par contre exactement ce qui est pratiqué quotidiennement aujourd’hui sur la vaste majorité des enfants de ce pays (voire, sans trop m’avancer je pense, de la planète).
            Donc oui je suis d’accord que le torrent normatif dominant est quand même quelque chose avec lequel il faut composer, vu qu’il a tendance à avoir un effet sur la façon dont les choses seront entendues et perçues.

          • @Paul : je vois ce à quoi tu fais référence.
            Maintenant, il me semble que vu le contexte des expressions que j’ai utilisé juste avant et juste après (je parle de « discuter », de « sensibiliser » et d' »éveiller la conscience des gens vis-à-vis de l’existence et de la reproduction de stéréotypes dans les films/séries/etc »), venir déformer mon propos parce que j’utilise le mot « éduquer » dans le sens de transmettre des infos et de partager des raisonnements, c’est un peu fort du ballon.

            Pour le mot « transmission », le pire c’est que je voulais le changer pour « échange » au moment même où j’ai cliqué sur le bouton envoyer parce que je me suis dit qu’on allait venir me faire chier avec.

          • @ Arroway

            Oui je sais bien que ce n’est pas ce que tu voulais dire. C’était juste une question de formulation, car comme je l’ai expliqué, à mon avis, les mots « éducation » ou « transmission » véhiculent une conception de l’échange et de la discussion trop hiérarchique (et donc pour moi craignos politiquement). Pour moi, ce sont les mots du pouvoir (ce sont toujours celleux qui se posent comme les éducateurs ou transmetteurs et détenteurs de savoir qui parlent en ces termes).

            Même le mot « éducation populaire » me gêne, car j’ai l’impression qu’il fait encore plus « éduquons le peuple ». Après j’ai rien contre beaucoup de pratiques qui sont englobées sous ce terme (il faut voir dans le détail de toute façon), mais le terme me dérange.

            Après, encore une fois, je suis bien conscient que les idées que connotent à mon avis le terme « éducation » ne correspondent pas du tout l’esprit dans lequel tu es Arroway (c’est pour ça que je me distinguais de Candide), je faisais juste une remarque par rapport au mot, qui me semble un peu dangereux, c’est tout :-)

          • Ceci dit, sur le mot « transmission », je n’ai pas vraiment le sentiment d’une hiérarchie parce qu’au contraire, « transmettre », c’est « partager » de l’information et c’est positif je trouve (je suis sans doute influencée par le fait que je vois très souvent ce mot dans le contexte technique des données et des télécoms, donc neutre politiquement).
            Mais aussi, un échange entre 2 personnes, c’est des transmissions qui vont dans un sens et dans l’autre… Ce qui est inégalitaire, ce n’est pas le fait de transmettre du savoir, c’est plutôt l’accès initial à ce savoir. Du coup je me demande si le procès qui est fait à ce mot n’est pas un peu biaisé (pour le mot éducation, c’est plus évident, le passif est plus lourd).

          • @ Arroway

            Oui, le sens qu’on met derrière les mots sûrement aussi beaucoup du contexte dans lequel on les a entendu employés. Personnellement, le mot « transmission » m’évoque à peu près les mêmes choses que le mot « éducation », car je l’ai essentiellement entendu dans la bouche de celleux qui faisaient l’apologie de l’Education Nationale et du métier de prof. Les discours à base de « les profs ont pour mission de transmettre les connaissances aux élèves, d’être des passeurs de savoir, etc. » Derrière ces discours, je pense qu’il y a souvent l’idée que la « mission » du prof est de remplir des têtes vides, comme on verserait de l’eau d’un pichet dans un verre.

            C’est pour ça que j’aime pas ce mot et qu’il connote pour moi une hiérarchie : parce qu’il y a cellui qui a les idées/connaissances/savoirs et qui les « transmet » à celleux qui ne les a pas.

            Après je ne dis pas que certain-e-s n’ont pas plus de connaissances que d’autres sur certain-e-s domaines. Mais juste que y a pas besoin d’ « éduquer » les gens ou de leur « transmettre » les connaissances qu’illes n’ont pas, illes peuvent le faire tout seul, il suffit qu’illes aient des moyens à leur disposition (c’est-à-dire des gens ou des livres/sources de données). A partir de là, tout le monde est capable de réfléchir tout seul (dans l’échange avec les autres), de se construire sa pensée, etc., sans qu’il y ait besoin d’un « éducateur » ou d’un « transmetteur de savoir ».

            Quand tu dis que discuter c’est transmettre dans les deux sens, je suis d’accord, mais justement, dans la discussion on n’est plus dans une éducation ou transmission unidirectionnelle et donc hiérarchique. La barrière entre les deux n’est pas imperméable d’ailleurs, comme on peut s’en rendre compte quand ce qui pourrait être une discussion se transforme en une « explication », un « cours » où l’un des participants (un mec le plus souvent :-) ) commence à monologuer et/ou à se placer au-dessus des autres, à qui il va apprendre la vie, les éclairer, etc. (comme je suis en train de le faire là par exemple 😉 )

            Après je suis pas sûr de bien comprendre ce que tu veux dire par « ce qui est inégalitaire, ce n’est pas le fait de transmettre du savoir, c’est plutôt l’accès initial à ce savoir ».

          • Ouai la « rationalité » j’ai hésité à l’écrire, mais je n’avais pas trop d’équivalent moins connotés pour exprimer le fait de moins laisser libre court à des pulsions égotiques qu’à un minimum d’analyse objective sans sophisme et débarrassé d’obscurantisme (si l’objectivité existe seulement…)
            Pour l’éducation populaire, je le vois moins en tant que peuple crétin à éduquer de nos lumières de savants érudits que de donner les outils d’émancipation et de (re)prise de pouvoir et de souveraineté dans un environnement où il est volontaire de maintenir le peuple (dont je ferais toujours partis) dans l’ignorance, la vrai-semblance, la peur, la frustration et, en citant la fin du discours du CNR de 2004, la compétition à outrance de tous contre tous.
            Sous cet angle je pense à Franck Lepage, Bernard Friot, Michel Onfray, Bernard Stiegler, Jean-Pierre Berlan, Dominique Guillet, et bien d’autres…
            On ne peut pas forcer quelqu’un qui ne veut pas voir à ouvrir les yeux, mais beaucoup sont demandeurs de quantité de choses que pourtant ils ignorent et ne savent donc pas comment ni quoi demander. (ce qui est bien pratique pour maintenir les gens dans le minimum d’instruction utile pour bien consommer et voter)

          • Après je suis pas sûr de bien comprendre ce que tu veux dire par « ce qui est inégalitaire, ce n’est pas le fait de transmettre du savoir, c’est plutôt l’accès initial à ce savoir ».

            C’était super mal dit, mais l’idée rejoint ce que tu écris « Mais juste que y a pas besoin d’ « éduquer » les gens ou de leur « transmettre » les connaissances qu’illes n’ont pas, illes peuvent le faire tout seul, il suffit qu’illes aient des moyens à leur disposition (c’est-à-dire des gens ou des livres/sources de données). »

            :)

          • Au final, étant donné qu’une personne en possession d’informations sur un sujet donné la place de fait dans une situation potentiellement « dominante » sur la personne qui ne les a pas et peut être amenée à en avoir besoin, je dirais que la domination ne sera effective que selon l’intention de l’émetteur de cette information.
            Et là je songe tout de suite aux droits d’auteurs et de diffusion de documentaires, d’émission d’information et autres, qui sont diffusés dans des cadres stricts (plateau télé, ciné, DVD, diffusion ponctuelle organisée), et qui, une fois leur durée « d’exploitation » passée, sont littéralement maintenus sous clefs par les ayant droits, et seulement parfois à disposition d’organisations éducatives, moyennant un coup prohibitif (la BNF par exemple), en attendant un jour lointain (de préférence trop tard, environ 70 ans) où l’INA pourra les sortir à dispo… des gens pas trop pauvres qui ont un ordi, internet, et qui savent ce qu’ils doivent chercher. (c’est aussi comme ça qu’est maintenue la courte mémoire du « peuple » à mon avis.)

  13. Merci d’avoir mis des mots sur la gêne qu’on peut ressentir en regardant ce film. Pour avoir un peu lu les avis des spectateurs sur d’autres sites, les opinions sont quand même trés partagées. Ici tout le monde semble être d’accord que le film a ses limites. Sur d’autres sites, j’ai trouvé beaucoup de remarques inquiétantes -à mes yeux- du style « Les gens réfléchissent trop » « on peut plus rire tranquille » « les gens bien-pensants voient le racisme partout ! » et beaucoup de messages dans la veine du film « oui on est tous un peu racistes, alors c’est pas si grave ».
    Au final, plus que le film, ce qui me dérange ce sont les réactions qu’il provoque… et les points de vus qu’il dévoile.

    (PARENTHESE : cet article m’a juste fait -légèrement- sursauté lorsque j’ai vu La Journée de la Jupe être assimilée à ce film sur la question des immigrés (hic !)
    Je pense que je n’ai pas trop compris le raisonnement…)

  14. Bien que le racisme et la discrimination soient problématiques dans toutes les sociétés, l’humour et les branches du divertissement peuvent se permettre d’en faire une chose amusante, critique implicite de nos préjugés. Alors je suis désolée, j’ai ri tout au long du film, j’adhère à l’humour noir et je ne comprends pas votre haine face à une simple comédie. Déridez-vous!

  15. Je n’ai pas lu l’article en entier tant il me parait boursouflé. le film est une réussite et vouloir en analyser le succès revient à tenter d’expliquer les 20 millions d’entrées des « Ch’tis ». Ca m’échappe… La tirade sur l’assimilation « forcée » comme concept sous-jacent du film me parait elle aussi exagérée.

    • « Tenter d’expliquer » sous-entendrait que ce n’est pas atteignable, et qu’il faille s’en remettre à la chance ou à un autre obscurantisme du même acabit ?
      Est-il possible de développer en quoi le postulat d’assimilation comme seule immigration acceptable en tant que postulat narratif et scénaristique serait exagéré ?

  16. Depuis quand un Arabe est-il une personne de couleur?
    Le premier des racismes est se considérer que seuls les Européens sont de race blanche! Le terme ‘blanc’ est une notion basée plus sur des traits physiques et morphologiques communs que sur la couleur de la peau puisqu’un Suédois et un Sicilien par exemple sont tous deux blancs bien que n’ayant pas la même couleur, non? Les peuples du Moyen-Orient, d’Afrique du Nord et d’Asie centrale sont tous caucasiens comme les Européens, c’est-à-dire blancs …
    Le personnage joué par Clavier précise bien à un moment donné qu’il aurai préféré que sa fille épouse un Blanc européen catholique ce qui signifie qu’il considère (si je ne m’abuse) que ses gendres arabe et juif sont des Blancs non européens et non catholiques.
    Le terme ‘blanc’ utilisé à tort et à travers par les Français de souche pour désigner un Européen a tellement imprégné les esprits que les Maghrébins eux-mêmes en sont arrivés à se considérer comme ‘non blancs’ fussent-ils blonds aux yeux bleus! (le nom et prénom de l’auteur de l’article sont arabes…)
    D’ailleurs peut-on vraiment parler de racisme entre un Européen et un Juif, entre un Juif et un Arabe ou entre un Arabe et un Européen ?
    Pour moi, le film en question traite du racisme en ce qui concerne le Chinois et de l’Ivoirien mais principalement de conflits politico-religieux entre Arabes, Européens et Juifs.

    • Pour moi, le film en question traite du racisme en ce qui concerne le Chinois et de l’Ivoirien mais principalement de conflits politico-religieux entre Arabes, Européens et Juifs.

      Peut-être, sauf que précisément, les termes « arabes », « européens » et même « juifs », ne renvoient pas à des identités religieuses, mais bien à des notions « ethniques ». Par ailleurs, le prétexte de la religion est souvent utilisé de manière essentialiste pour définir une population aux pratiques pourtant non-homogènes ; par exemples, les « arabes », sont tous considérés par défaut comme « musulmans ». On est donc bien là dans une démarche raciste.

    • Le terme ‘blanc’ est une notion basée plus sur des traits physiques et morphologiques communs que sur la couleur de la peau puisqu’un Suédois et un Sicilien par exemple sont tous deux blancs bien que n’ayant pas la même couleur, non?

      Le terme « blanc » n’est absolument pas une donnée physique ou morphologique. En fait, il faudrait systématiquement parler de personne « socialement perçue comme blanche » pour être exact. Le dominant est blanc, le dominé ne l’est pas : la perception de la couleur de la peau n’a de sens que dans des rapports de domination, il ne s’agit pas d’une donnée universelle naturelle. J’aime bien cet exemple de Ndiaye, qui a le mérite d’être limpide :
      “dans un essai de 1751, Benjamin Franklin ne considérait comme blancs que les Anglais et les Saxons, excluant les Espagnols, les Italiens, les Français, les Russes et… les Suédois, vus comme “basanés”. Les plus dominés ne sont jamais tout à fait blancs.”

    • « Ils ont une approche culturelle très différente de la nôtre, explique Sabine Chemaly, la directrice internationale des ventes de TF1, au coeur des négociations mondiales pour le film. Nos contacts l’ont trouvé politiquement incorrect. Jamais ils ne se permettraient aujourd’hui de rire sur les Noirs, les Juifs ou les Asiatiques. Ils sont évidemment excités par le succès du film, mais ils refusent de le diffuser tel quel. Ils savent que cela va d’emblée créer de trop grandes polémiques chez eux. » La même réserve est observée en Grande-Bretagne, une situation de blocage qui devrait déboucher sur un remake classique et édulcoré, spécialement conçu et adapté à la culture anglo-saxonne. « Les ressorts de la comédie sont différents, poursuit Sabine Chemaly. Dans ces pays, on ne sait pas rire des différences, on vit avec, mais on n’accepte pas la caricature sur le sujet, même avec ce recul qu’apporte la comédie.«  (http://www.lepoint.fr/culture/qu-est-ce-qu-on-a-fait-au-bon-dieu-trop-polemique-pour-les-etats-unis-10-10-2014-1871073_3.php)

      Illes ont vraiment pas d’humour ces américain-e-s. Si on peut plus faire des films racistes, comment on va pouvoir rigoler ? :-)
      J’adore comment la presse française interprète tout ça. « Les Britanniques vont en faire un remake édulcoré ». J’imagine que dans la bouche d’une directrice de TF1, « édulcoré » signifie « moins outrancièrement raciste ». C’est beau l’exception culturelle française…

    • Mais qu’est-ce-qu’on a fait au bon Dieu ? :(

      • Hihi. J’ai quant meme trouver de bons francais qui ont perçu le côté raciste du film. Sur jeuxvideo.com et plusieurs autres sites identitaires il y a un sujet sur la christianophobe du bouzain…

  17. Moi ce qui me désole ces de voir tout un tas de pseudo intello chercher le petit détail qui fâche et polémiqué dessus mes bordel vous pouvez pas juste vous rentrez dans le crâne que ce n’est qu’un film pour nous divertir rien de plus et arrêté vos joutes verbal pompeuse. Fin c’est juste l’avis d’un pauvre mortel.

  18. Je n’ai pas aimé non plus ce film. J’ai trouvé qu’il enchainait stéréotypes sur stéréotypes (le juif qui cherche à devenir riche, l’asiatique fourbe qui fait du kung fu…) J’avais du mal à rire en le regardant, j’ai trouvé ça lassant, j’avais l’impression que zemmour avait écrit le scénario et les dialogues. Par contre à la lecture de votre critique il me semble qu’une des dimensions du film vous a échappée: Là où vous voyez la défense d’une amitié dont le ciment est la haine de l’autre, je vois de l’humour noir. Un blanc et un noir finissant par s’aimer sur le dos d’un albinos, c’est atroce mais le pire c’est que ça pourrait arriver. Combien de fois, même à petite échelle, des ententes se créent sur le dos d’autrui? (bruits de couloir soudant des unions entre collègues au détriment d’un autre, clan dans une classe de lycée, groupe de soit-diant amis, au sein duquel l’un est exclu…)A ce moment là le film ne cherche pas à nous dire quoi penser, il fait seulement de l’humour noir. Évidement que son auteur ne nous dit pas qu’on doit rejeter les albinos, il peint seulement une réalité en forçant le trait du monstrueux et c’est plutôt bien réussi, on rit jaune, mais c’est le propre de l’humour noir que de faire rire de choses atroces. Et finalement cette partie, dans son genre, n’est-elle pas plutôt réussie?
    ça n’excuse pas le reste de son propos par contre et effectivement dire que ce film est anti-raciste c’est un peu grave, si encore, il se présentait comme une comédie sans grand fond… Mais qu’il ait des prétentions politiques et cherche à être un vecteur de cohésion sociale, comment dire… Bref, passons.

  19. Ce film m’a dégoutée. J’ai arrêté après environ 20 min, lorsqu’ils se mettent à chanter la marseillaise…Les femmes toutes solidaires entre elles à la cuisine en train de faire la vaisselle, les hommes au salon en fumant des cigares, bien sûr ! Gerbant.

  20. J’ai juste une question vous avez analysé ce film dans un contexte de racisme institutionnel or il est traité en racisme factuel dans une comédie familiale.
    Je ne dis pas que ce n’était pas (extrèmement) maladroit hein, mais ayant vu assez de querelle juifs VS arabes dans ma vie, même si ce n’était pas le meilleur ça fait quand même du bien de voir quelqu’un parler de ce genre de problèmes.
    Enfin, la plupart des problèmes sont en général plus xénophobes que racistes, même si le racisme reste encore très présent et souvent l’on parle plus de xénophobie que de racisme (même si l’on emploie le terme racisme) et c’est l’un des rares où l’on parle de racisme ET de xenophobie.

    (Après j’ai un humour très noir donc ce genre de film m’est peut-être plus « agréable » à regarder)

    • Vous trouvez sérieusement qu’on ne parle pas les « querelles » entre juifs et arabes ? Je n’ai pas l’impression que ce soit un sujet particulièrement tabou.

  21. « on en est encore à débattre d’une supposée forme de barbarie de la circoncision infligée aux petits garçons juifs. »

    J’ai peine à exprimer le profond soulagement que je reçois à lire les commentaires s’opposant à cette pratique barbare. Et l’écœurement à l’indifférence flagrante que j’ai constaté chez les spectateurs à la vision de cette scène. Je leur poserais bien cette question : si un film présentais une scène similaire avec une fille COMME UN GAG, réagiriez vous ? Pensez-vous seulement que le film aurait pu été filmé ?

    Si il est barbare d’infliger quelque chose à une fille, il est barbare de l’infliger à un garçon.

    Parce que les deux sont des être humains. Bordel.

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