Accueil » Tous les articles » Films d'animation, Tous les articles » Quelques repères sur l’animation japonaise : histoire et représentation des femmes

Quelques repères sur l’animation japonaise : histoire et représentation des femmes

sailor

Le but de cet article est de présenter les grandes lignes de l’animation japonaise, en essayant de dégager au passage quelques-unes de ses spécificités par rapport au cinéma d’animation américain ou français. Après un aperçu historique et thématique, j’analyserai plus spécifiquement la place des femmes au sein des animés ; je reviendrai sur la tradition des shojos, ainsi que sur la sexualisation exacerbée des femmes dans les dessins d’animation japonais.

Étant donné l’ampleur du sujet, cet article n’a évidemment pas la prétention d’être exhaustif, ni d’analyser dans le détail chacune des productions dont il sera question. Son ambition est juste de donner quelques points de repère sur le sujet pour celles et ceux qui ne sont pas familiers de ce cinéma. 

      Petite histoire de l’animation japonaise

Quelques repères chronologiques

L’animation japonaise se désigne par un nom spécifique : les « animés ». C’est le mot utilisé par les japonais pour qualifier tous les dessins d’animation indépendamment de leur nation d’origine ; à l’inverse, en dehors du Japon, « animés » désigne les productions spécifiquement japonaises.

La production japonaise d’animation débute en 1917 avec les films de Seitaro Kitayama, un des pionniers du cinéma d’animation. Pendant la guerre, l’industrie se développe, mais la production reste majoritairement du dessin animé de propagande anti-américaine. Après 1945, le Japon devient le deuxième producteur mondial d’animation derrière les États-Unis, place qu’il occupe toujours aujourd’hui. Les dessins d’animation japonais sont dès lors fortement influencés par les animations américaines. Au milieu des années 50, la Toei Doga (ou Toei Animation) voit le jour. C’est le studio d’animation le plus important au Japon, encore aujourd’hui. Beaucoup de personnes le surnomment le « Disney Asiatique », même si la Toei n’apprécie pas ce titre. Taiji Yabushita est un des réalisateurs connus de l’histoire de l’animation japonaise ; il a réalisé Le Serpent Blanc en 1958, le premier long-métrage de la Toei, qui fut un grand succès. Il y a également Osamu Tezuka, qui devient une légende du « manga[1] » à travers les séries télévisées (TV). Il développe une animation destinée à la télévision et il est célèbre pour les séries Astro Boy et Le Roi Léo (dont Disney s’inspirera pour créer le Roi Lion !). Il faut distinguer deux branches de l’animation japonaise, qui se scinde en deux dès les années 50, avec d’une part des récits destinés à l’international très européanisés, et d’autre part une production locale destinée à la télévision, sous la forme de séries de faible qualité.

La mauvaise réputation des séries d’animation japonaises

Les séries japonaises ont contribué à la mauvaise réputation de l’animation japonaise dans le monde. Par souci d’économie, l’animation descend à quatre dessins par seconde au lieu de douze ou vingt-quatre. L’objectif est de produire vite et en grande quantité : l’animation devient une industrie, mais cela crée des dessins animés de très faible qualité. Le génie des japonais est d’avoir trouvé un moyen de faire de l’animation en évitant la coûteuse fluidité disneyenne. Ils inventent un nouveau style graphique pour les émotions, qui se base sur la fixité des images et leur répétition. Par exemple, le personnage frappé de terreur aura la typique goutte de sueur en suspens et une bouche immense qui restera longtemps béante. Les personnages restent pétrifiés de peur ou de joie, et les dessins intermédiaires peuvent alors être supprimés. Le temps ralentit pour nous permettre de suivre les commentaires de la pensée. Une même image fixe peut rester plusieurs secondes à l’écran, sur laquelle on va par exemple entendre la voix du personnage en train de réfléchir, ou qui peut aussi représenter l’extrême concentration du héros se préparant à affronter ses ennemis lors d’un match par exemple.

L’animation japonaise renonce ainsi à la fluidité du mouvement et opte pour un style plus statique qui permet de grandes économies lors de la production.  Dès lors, l’expression « dessin animé japonais » se met alors à sonner de façon péjorative, synonyme d’industrie lourde et de dessin bâclé.

Le renouveau des années 80 : des chefs d’œuvre d’animation

Il faudra attendre le début des années 80 pour qu’une animation de qualité se développe dans le cinéma japonais. Une nouvelle génération d’auteurs apparaît et relance le cinéma d’animation, qui avait été éclipsé par les séries TV. Un des prestigieux chefs de file de cette nouvelle génération est Hayao Miyazaki. Il se fait engager à la Toei Animation, mais fonde très vite son propre studio. Il acquiert ainsi une indépendance totale en 1985 avec la création de son propre studio, le studio Ghibli. Devenu célèbre pour la richesse visuelle de ses films ainsi que leur densité thématique, c’est un dessinateur hors-pair mais aussi un véritable « metteur en scène » qui organise l’espace scénique comme s’il y avait de vrais acteurs avec une vraie caméra. Le temps semble suivre naturellement, la mise en scène introduit du concret, de l’anecdotique, une dimension quotidienne. Il développe un goût pour les récits d’aventures situés dans un passé de légende ou un futur post-apocalyptique, et quelques-uns de ses thèmes favoris sont le rapport entre nature et technologie, ou encore la guerre et le pouvoir. Miyazaki crée des ambiances où règnent l’irréalité, les histoires fantastiques, et l’insolite. Pour Stéphane Le Roux, « l’essence de son art n’est pas le foisonnement imaginaire de ses récits, tout jubilatoire qu’il soit, mais justement la rencontre inattendue de cet imaginaire avec le réalisme filmique forgé au côté de Takahata. S’y révèlent une poésie singulière, insolite, l’expression d’un certain « naturel dans le merveilleux » »[2]. Miyazaki développe une véritable « poésie de l’insolite ». Il a par ailleurs une grande connaissance de la littérature enfantine, d’où découlent ses films adressés aussi bien aux enfants qu’aux adultes.

anime1anime2Mon voisin Totoro (1988), de Hayao Miyazaki

Les films produits par cette nouvelle génération de réalisateurs sont de très belle qualité, et obtiennent une reconnaissance internationale. Parmi eux, il faut citer Isao Takahata avec Le tombeau des lucioles, Katsuhiro Otomo avec Akira, Mamoru Oshii avec Ghost in the Shell, ou encore Satoshi Kon avec Perfect Blue (qui mettent tous en scène une héroïne à l’exception d’Akira !).


 Les spécificités du cinéma d’animation japonais

Une animation pour adultes issue de la tradition shintoïste

Une des caractéristiques du cinéma d’animation japonais est d’avoir utilisé l’animation presque immédiatement pour les adultes. En Occident, l’animation a longtemps été considérée comme un cinéma présentant peu d’intérêt ; et lorsque les grandes industries comme Walt Disney se sont développées, elles s’adressaient en priorité aux enfants. Les japonais n’ont pas la même approche, l’animation est considérée comme un genre cinématographique à part entière qui s’adresse à l’ensemble de la population. Ainsi si certaines productions peuvent s’adresser aux enfants, une grande majorité des animés reste destinée aux adultes.  Cela s’explique par l’animisme[3] issu de la tradition shinto, qui imprègne la société japonaise. D’après la conception animiste, nous sommes dans un monde où les animaux, les humains, les esprits et les objets cohabitent. Ce qui est vu comme « imaginaire » ou « enfantin » en Occident fait partie de la normalité et du quotidien dans la tradition japonaise : les rêves surnaturels, les monstres, la déformation du réel. Les adultes seront tout aussi émus que les enfants en voyant des esprits et des monstres dans un film d’animation. Pour eux, ce ne sont pas des apparitions fantaisistes et irrationnelles, mais bien des événements qui sont de l’ordre du possible. En Occident, les esprits  de la forêt ou les actes de magie font partie intégrante du monde du dessin animé et ne font pas écho à la vie réelle. C’est tout le contraire pour les japonais, pour qui de tels évènements semblent plausibles, et qui peuvent ainsi apprécier les animés, en partageant l’émerveillement de leurs enfants devant des apparitions imaginaires.

Un cinéma destiné à l’exportation

Dès les années 50 les graphismes s’occidentalisent afin d’atteindre une audience plus large au niveau mondial. Les personnages acquièrent des traits européens pour que les films d’animation s’exportent plus facilement.  Par ailleurs, les histoires se sont calquées sur l’imaginaire européen. Au lieu d’américaniser les mythologies européennes, comme l’a fait Disney, les japonais se sont adaptés à leur public potentiel. Ils ont vendu des films japonais, basés sur des histoires européennes, comme Jack et le Haricot Magique, les contes d’Andersen, ou encore Le merveilleux voyage de Nils Holgersson de Selma Lagerlöf.

anime3Nils Holgersson (1980), série animée fidèlement inspirée du roman Le Merveilleux Voyage de Nils Holgersson à travers la Suède de Selma Lagerlöf

anime4Princesse Sarah (1985), série inspirée du roman d’après le roman La Petite Princesse de Frances Hodgson Burnett

Là où les américains transforment les contes en y intégrant la morale américaine et le « happy ending », les japonais choisissent de conserver l’histoire originale. Une touche japonaise s’instaure à travers les graphismes. C’est le cas de Takahata qui a créé la série Heidi dans les années 70. Les graphismes sont clairement de l’animation japonaise, mais l’histoire originale provient d’une romancière Suisse.

anime5Heidi (1974), par Isao Takahata

Un cinéma d’« auteur »

Les réalisateurs ont un rôle très important au Japon. Ils sont considérés comme de véritables artistes, et ils jouissent d’une très forte notoriété. Leur situation est diamétralement opposée à celle des réalisateurs d’Hollywood, où ils sont souvent éclipsés devant les maisons de production. Par exemple, en parlant de La Princesse et la Grenouille, beaucoup de personnes répondront que le film a été produit par « Disney ». Mais peu de personnes pourront dire que les réalisateurs sont John Musker et Ron Clements. Au contraire, le cinéma d’animation japonais est un cinéma d’auteur. Certains animateurs sont même considérés comme des « Maîtres » : c’est le cas de Miyazaki, Tezuka, ou Otomo. Chacune de leurs œuvres est indissociablement liée à leur nom d’artiste. Face à la déferlante du numérique, et les nouveaux films en 3D, les japonais gardent une esthétique assez stable, en 2D. L’idée de film en tant qu’œuvre artistique peut expliquer le fait que les réalisateurs restent concentrés sur la 2D, il faut qu’il reste un travail assez « artisanal » découlant directement des prouesses du « Maître ».

La représentation des femmes dans l’animation japonaise

Malgré la vague d’émancipation des années 70, les femmes sont encore très soumises au poids de la tradition et de la vie familiale. La société japonaise est encore très inégalitaire à ce niveau, beaucoup plus qu’en France par exemple.  On dit souvent que le cinéma est un miroir de la société, mais cela est à nuancer dans le cas japonais. Les héroïnes de films d’animation japonais sont plus nombreuses à l’écran que dans les autres pays producteurs d’animation, mais cela ne veut pas nécessairement dire que les femmes ont aujourd’hui un rôle prépondérant dans la société japonaise. En effet, le nombre d’héroïnes en tant que personnage principal d’un film est similaire au nombre de héros, contrairement au cinéma occidental où on compte en moyenne une héroïne pour trois héros. Le cinéma d’animation japonais respecte globalement la parité entre les hommes et les femmes. Il semble être plus égalitaire que les cinémas d’animation occidentaux. On peut alors se demander à quoi est due cette différence. Une explication possible de cette présence féminine dans l’animation japonaise est peut-être à chercher du côté de la tradition des « shōjos » mangas, une littérature spécifiquement adressée aux filles, dont sont issus beaucoup d’animés.

La culture « shōjo » : une animation par et pour les filles

Histoire des shōjos

La source de la création des animations japonaises sont les mangas, une littérature japonaise très spécifique qui connaît un vif succès aujourd’hui en Occident. Les mangas font partie intégrante de la culture japonaise, ils sont un reflet de leur histoire et de leur culture, et sont présents dans la vie quotidienne. Ils traitent de sujets très divers allant de la politique, de la religion, de la famille, jusqu’au genre ou à l’économie, et ils s’adressent tout aussi bien aux enfants qu’aux adultes. Il existe des sous-divisions au sein des mangas, dont les « shōjos » mangas, une littérature s’adressant spécifiquement aux filles.

Les shōjos mangas ont longtemps été considérés comme des mangas de seconde main. Même si beaucoup d’hommes étaient impliqués dans leur production en tant que créateurs et éditeurs, les femmes ont rapidement pris de plus en plus d’importance, surtout à partir des années 60. Les femmes ont créé une nouvelle génération d’artistes[4], qui expriment leurs émotions personnelles pour les lectrices, avides d’entrer dans ce monde créé par,  pour, et à propos des filles. Les shōjos mangas se sont inspirés des magazines féminins d’avant-guerre, qui étaient un moyen pour les femmes d’avoir une petite bulle privée, éloignée des pressions de la société patriarcale et des mariages arrangés. La représentation des femmes dans cette littérature a inspiré de nombreux animés : leurs corps sont pâles et frêles, ils représentent le corps bourgeois d’une fille qui ne travaille jamais, une fille isolée et protégée qui ne participe pas à la vie publique. Les jeunes filles sont souvent très similaires et vêtues de la même façon, dans un uniforme de collégienne par exemple, ce que MacWilliams a appelé « l’esthétique de la similitude »[5]. Les filles ont des grands yeux en amandes et des mines sucrées, et leur voix est aiguë et fluette. Elles représentent le stéréotype parfait de la fille innocente et fragile. Elles évoluent dans un univers très « féminin » aux couleurs vives et aux lignes rondes et douces et elles sont souvent associées à la magie. L’univers shōjo développe une esthétique kawaii  signifiant « mignon » en japonais,  associé au domaine de l’enfance et de la féminité.

Il faut mettre la culture shōjo en perspective par rapport à la culture « shonen » destinée spécifiquement aux garçons pour bien en comprendre les différences. Les shonens sont des mangas et des animés destinés aux garçons entre 10 et 15 ans. Les héros, masculins, sont immédiatement plongés au cœur de l’action, dans des combats où ils exhibent leur courage et leur persévérance. Les décors sont souvent des univers de science-fiction, remplis de machines, de méchants avec des super-pouvoirs, et de cyborgs hérissés d’armes redoutables. Les héros montrent leur combativité et il y a toujours une certaine forme de violence tout au long de la série, aussi bien visuelle que sonore. On peut penser à Dragon Ball Z où les lignes dessinées sont souvent anguleuses et pointues (les cheveux de San Goku, le héros principal de Dragon Ball Z en sont représentatifs). Il y a souvent des cris, et des bruitages d’explosions. Les dialogues et la trame principale de l’histoire se focalisent sur les combats et sur les prouesses que doit accomplir le héros plus que sur ses émotions ou ses pensées. Au contraire, dans les shōjos, l’intrigue se base sur les relations humaines, tout autant amicales qu’amoureuses. L’émotion et les sentiments de l’héroïne occupent une grande place dans l’histoire. Une importance particulière est accordée aux réflexions personnelles de l’héroïne et à son ressenti, ce qui se traduit graphiquement par des yeux démesurément grands, afin d’exprimer une vaste palette d’émotions. Ses yeux seront remplis d’étoiles lorsqu’elle est heureuse, ou ils vacilleront lorsqu’elle est sur le point de pleurer : ils sont littéralement la fenêtre de l’âme. Le but du shōjo est de montrer la complexité de la psychologie interne du personnage, et de révéler le monologue intérieur, les pensées les plus profondes de l’héroïne au spectateur. L’intention est de créer une certaine atmosphère plus que de passer d’un moment d’action à un autre.

anime6« Shōjo » VS « shonen »

Relations amoureuses et homosexualité dans les shojos

Les relations entre hommes et femmes restent très soumises aux idées conservatrices et ne laissent que peu de place à la complexité ou l’originalité de l’histoire. Lors d’une histoire d’amour, l’héroïne va inévitablement tomber dans le « piège de l’amour ». Elle perd toute autonomie sociale ou sexuelle et devient particulièrement passive ; tout ce qu’elle fait c’est pour l’homme, par amour pour lui ; elle se sacrifie à lui, et le remercie de l’aimer malgré tous ses défauts.

A l’inverse, les relations « doseiai » entre deux personnes de même sexe, permettent une histoire plus complexe et aboutie. La similarité des personnages leur permet d’entrer dans une relation romantique sur un pied d’égalité, et les filles peuvent exprimer sainement leurs désirs, car leur pureté physique et leur innocence n’est alors pas menacée.

Les relations doseisai sont particulièrement répandues dans les mangas, mais il ne faut pas les confondre avec la vision occidentale du XXe siècle de l’homosexualité. Ces filles ne sont pas considérées comme lesbiennes. Les relations doseiai étaient considérées comme une étape normale du développement des jeunes filles, et comme un moyen de retarder les expériences hétérosexuelles jusqu’à ce qu’elles soient assez âgées pour le mariage.

En revanche, les filles doivent toutes conserver une apparence similaire, et « girly ». Susan J. Napier résume la culture shōjo en expliquant que « ce terme est devenu un raccourci pour désigner une sorte d’identité liminale entre enfant et adulte, caractérisée par un érotisme supposément innocent basé sur l’immaturité sexuelle, une culture de la consommation qui se procure des biens ‘mignons’ (kawaii), et le fait de privilégier de façon mélancolique un passé récent ou une forme flottante de nostalgie« .[6]

Une division genrée très rigide

Sur le modèle des mangas shonen pour les garçons, et des mangas shōjos pour les filles, l’animation japonaise a ainsi instauré une division très nette entre les animés destinés d’une part aux garçons, d’autre part aux filles. La division genrée des représentations proposées aux enfants s’effectue d’une manière totalement différente dans les dessins animés américains et européens et les animés japonais. En effet, alors que (en ce qui concerne les Disney par exemple) les différences dans les représentations proposées aux enfants de ce que sont censé-e-s être les « hommes » et les « femmes » sont construites à l’intérieur même des « films pour enfants », les japonais ont quant à eux créé deux genres totalement différents, tant au niveau de l’intrigue que des codes graphiques. Cela ne signifie évidemment pas que le sexisme latent d’un grand nombre de productions culturelles « occidentales » soit anodin, mais l’on peut faire remarquer que la division sexiste des rôles et des représentations s’effectue d’une manière beaucoup plus tranchée, explicite et figée dans les productions culturelles japonaises.

On peut s’inquiéter des conséquences de cette division sur les enfants : que se passe-t-il pour un petit garçon qui se rend compte qu’il préfère regarder des shōjos ? Par ailleurs, une production culturelle aussi rigide ne peut qu’accentuer les stéréotypes de genre dans la société. En délimitant ce qui est pour les « filles » de ce qui est destiné aux « garçons », les productions culturelles enferment les gens dans des représentations rigides, et excluent toute personne contrevenant à ces codes.

Cette division entre shonens et shōjos se retrouve plus dans les séries TV japonaises que dans les longs métrages cinématographiques. Néanmoins, l’existence d’un genre à part entière destiné à un public féminin laisse à penser qu’il y a eu des influences jusqu’à aujourd’hui. Le genre shōjo a longtemps été dénigré et considéré comme une production de très faible intérêt et qualité. Mais il a contribué à favoriser la présence des femmes dans l’animation, à travers un genre dédié à elles.

Des femmes hyper sexualisées

Difficile de parler des femmes dans l’animation japonaise sans évoquer l’érotisation accrue des corps féminins à l’écran. C’est une caractéristique spécifique au cinéma japonais car les femmes sont rarement érotisées dans les films d’animation occidentaux.

L’apparence vestimentaire des filles dans les shōjos mangas témoigne d’une érotisation de leur corps. D’après le petit Larousse Illustré, l’érotisation est une « utilisation de certaines parties du corps, d’activités mentales ou de comportements apparemment indépendants de la sexualité comme source d’excitation et de jouissance ». Ces filles portent des mini-jupes ou des mini-shorts laissant apparaître leurs longues jambes fines. Même lorsque leurs jambes sont recouvertes de bottes ou de bas montant, elles arborent une jupette d’écolière qui se révèle courte, à un point presque indécent. Elles exhibent toujours une certaine nudité, qui n’est pas nécessaire à la trame de l’histoire, et qui contraste avec l’innocence de leurs aventures amoureuses. Nous pouvons dire qu’elles sont érotisées car leur apparence physique arbore une certaine nudité qui n’a aucun lien avec la trame narrative. Elles montrent parfois leur nombril, comme dans le manga comique School rumble, ce qui est inimaginable pour l’animation française ou américaine (à l’exception de quelques figures telles que la Petite Sirène ou Jasmine par exemple).

anime7Sailor Moon (1992-1993)

 Cette érotisation est parfois liée à l’image de la jeunesse et des fillettes. Frédéric Clément a appelé ce mélange le « complexe de Lolita »[7], ce qui se traduit en raccourci par le mot « lolicon ». (On peut parler d’une œuvre lolicon, ou de quelqu’un qui est lolicon). Le corps des fillettes bascule du domaine du mignon au domaine du désirable où l’innocence et la sexualité se côtoient. Le Japon est l’un des pays les plus laxistes en ce qui concerne la représentation sexuelle des mineurs ; l’article 175 des lois sur l’obscénité interdit de représentation des poils pubiens, mais pour tout le reste, le champ semble malheureusement assez libre.

En animation traditionnelle, (dans les films américains par exemple) les parties les plus mouvantes du corps comme la bouche et les yeux sont dessinées sur des couches de celluloïd transparentes séparées de celles servant de support au corps « fixe ». Une telle méthode d’animation permet aux animateurs d’éviter de redessiner le corps en entier à chaque prise d’image, réduisant ainsi les coûts de production. Dans l’animation japonaise, une couche de celluloïd est parfois rajoutée pour la poitrine des femmes, souvent proéminente, qui fait alors partie des « parties mouvantes » du corps. Cela contribue à « morceler » au sens propre et figuré, le corps de la femme. Dans « Visual Pleasure and Narrative Cinema » un des textes fondateurs des théories féministes sur le cinéma publié en 1975, Laura Mulvey dénonce le morcellement du corps des femmes. D’après elle « le cinéma classique favorise le morcellement des corps par la prise de vue qui « découpe » les corps –celui des femmes davantage que celui des hommes– afin de fétichiser et d’érotiser les parties de leur anatomie (seins, fesses, jambes) »[8]. L’animation japonaise reproduit ce morcellement dans le procédé de création des animés, avec les celluloïds, ainsi que dans le film lui-même avec des plans de caméra qui fétichise encore plus les corps, avec l’utilisation de la contre-plongée par exemple.

Cette érotisation des femmes dans l’animation japonaise trouve son paroxysme dans les « hentai », les mangas pornographiques. L’érotisation est alors devenue sexualisation.

En conclusion, on s’aperçoit que les héroïnes sont plus nombreuses dans le cinéma d’animation japonais que dans les cinémas d’animation occidentaux. Cela est dû à la culture shojo qui a développé une littérature propre aux filles. Cette littérature ensuite adaptée en animation explique le nombre élevé d’héroïnes dans les séries animés aussi bien que dans les films d’animation. Cette parité numérique est en revanche mise en défaut par la faible qualité de représentation des femmes. Elles sont érotisées à l’excès, soumises à de nombreux stéréotypes et au regard de l’homme. Même si de nouveaux auteurs talentueux comme Miyazaki, connu pour son côté « féministe », proposent une nouvelle vision des femmes, modernes et émancipées, cela reste une exception dans le paysage de l’animation japonaise. Les femmes restent en grande majorité mal-représentées, stéréotypées, et hyper-sexualisées.

Agathe


[1] Le petit Larousse illustré définit manga comme « bande dessinée japonaise ; dessin animé qui s’en inspire »

[2] Stéphane Le Roux, Hayao Miyazaki cinéaste en animation, p 14.

[3] D’après la définition du nouveau Petit Robert, l’animisme est « l’attitude consistant à attribuer aux choses une âme analogue à l’âme humaine ».

[4] Le groupe des « 24 nen gumi » est un groupe de femmes qui a contribué à faire du shōjo manga un genre à part entière. Avant elles, les shōjos mangas étaient considérés comme la forme la plus basse des mangas.

[5] « Aesthetic of sameness », Japanese Visual Culture, chap 6

[6] Traduction de Frédéric Clément, Machines Désirées, La représentation du féminin dans les films d’animation Ghost in the Shell de Mamoru Oshii, p 91.

[7] Frédéric Clément, Machines désirées, p 91

[8] Ibid., p 83 (une traduction partielle en français de cet article a été publiée dans le n°67 de la revue CinémAction intitulé « 20 ans de théories féministes sur le cinéma »)

Autres articles en lien :

17 réponses à Quelques repères sur l’animation japonaise : histoire et représentation des femmes

  1. Tres interessant.
    Merci.
    Personnellement, je trouve que tout les personnages dans les manga se ressemblent (physiquement).
    Les visages et expressions sont uniformisés.
    C’est le McDo du dessin.

    • Pardon de vous contredire mais quand vous prenez les comics/marvel, des années 50 jusqu’à maintenant, les personnages masculins comme deminins sont très uniformes aussi, voire interchangeables!
      Dans les deux cas il y a des productions graphiques de qualité, et des productions mediocres.

    • Il n’y a rien de plus santé à ce que la manière les japonais et les japonaises dessinent. Ils dessinent par plaisir et pour plaire à tous. Les images de leurs personnages ne sont pas vraiment uniforme comme tu le dis… ils sont gracile ou sinueux… voir pulpeux ou androgynes sans pour autant être laids pour plaire aux deux sexes de morphologie et ils ont les cheveux foncés ou blancs pour plaire à tous les âges.
      Il y a aussi une question de temps pour rendre leur histoire… avec pour plaire à tous… c’est pourquoi leurs dessins sont d’une simplicité extrême.

      J’ai remarqué que les garçons mangaka dessinent les personnages féminins et masculins tous les deux un peu rond et de même grandeur.
      Et les filles mangaka dessinent les personnages filles de petite taille et les personnages garçons de très grande taille et tous les deux d’une minceur extrême.

      Et parfois ils et elles vont faire des personnages avec des traits sévères… pour démontrer peut-être un peu d’âge à certaine personnage ou peut-être une certaine laideur.

      C’est vrai à propos des comics américains et il faudrait que vous regardiez de plus près les bandes dessinées franco-belge-suisses à propos des stéréotypes féminins et masculins bien encrés.

  2. Petite remarque sur : « En Occident, l’animation a longtemps été considérée comme un cinéma présentant peu d’intérêt ; et lorsque les grandes industries comme Walt Disney se sont développées, elles s’adressaient en priorité aux enfants.  »
    Et que dire des frères Warner, les grands rivaux de Disney et de leurs dessins animés foisonnants de références incompréhensibles aux plus jeunes. Il me semble qu’à une mince période, le cinéma d’animation ratissait plutôt large en terme d’audience.

    Egalement, j’ai lu quelque part que les jambes n’avaient pas du tout la même portée érotique au Japon que dans les pays occidentaux…

    Ceci étant dit, article intéressant (vous avez un rythme infernal ces temps-ci !) même si j’aurai apprécié plus de détails peut-être (la mention d’auteurs féminins dans le shônen je pense à Hiromu Arakawa ou Akimine Kamijyo par exemple… il est intéressant de constater que les mascottes qu’elles utilisent pour se mettre en scène lorsqu’elles échangent directement avec leurs lecteurs sont relativement asexués alors que les auteurs de shojo se représentent souvent directement de façon kawaï), mais aussi peut-être une allusion au domaine du ecchi (que vous avez effleuré avec le Gainax Bounce, l’animation des seins sur un calque séparé) du fanservice qui y est lié (mais peut aussi s’adresser aux filles par ailleurs avec du yaoi… les désirs des deux audiences étant considérés mais relativement différents), les nombreuses héroïnes de shôjo plus ou moins réduites à leurs capacités ménagères (même si ça devient parfois tellement caricatural que ça en fait des personnages intéressants comme Nana Komatsu ou … éventuellement Tohru Honda)… Les « amies d’enfance » des shônen toutes relativement plates et insupportables…

    Vaaaaste sujet effleuré ici mais la synthèse est efficace et donne une idée de ce que c’est.

  3. Personnellement, je considère que beaucoup d’animés qui pourraient être qualifiés de shojo sont en fait destinés aux hommes (les grandes écolières sexy en mini-jupe de Sailor Moon par exemple, ce n’est absolument pas un délire de fille..). Beaucoup d’animés reprennent ce principe, je ne sais pas depuis quand (de ce que j’ai pu voir, une dizaine d’années, mais vu que j’ai la vingtaine je vais pas non plus trop m’avancer) : les personnages féminins moe sont faits pour plaire à un public masculin, tout en reprenant les codes du shojo (tout mignon, pas de bastons, de la vie de jeune fille sage et tranquille).

    • Votre commentaire sur Sailor Moon m’a fait réagir. C’est établi depuis toujours, dans ce manga, il y a énormément de codes associés au shonen… Voire plus que de code associés au Shojo. On le considèrent shojo car l’héroïne est une écolière naïve mais elle est relativement plus agée que la majorité des héroïnes de shojo de l’époque où elle a été dessinée.
      De plus, l’histoire en elle même est franchement shonen: la magie, d’accord, fait très « mignon ». Mais il y a des combats parfois brutaux, des convalescences, des blessures, des trucs « moches » qui sont rarement montrés dans les shojos. Précisons aussi que son petit ami est plus vieux qu’elle et qu’à plusieurs reprises, on suppose assez facilement que leur relation n’en reste pas aux simples et mignons bisous…
      En plus de leurs codes vestimentaires et de l’enjeu même de l’histoire (juste la fin du monde, rien que ça)… C’est un manga shojo très shonen quand même…
      Du coup, on peut trouver beaucoup de mangas dans ce style, qui de prime abord sont des shojos mais qui, en regardant de plus près, reprennent beaucoup de codes du shonen. Je pense qu’il faut aussi prendre en compte ce genre d’exceptions qui tendrait à atténuer la scission entre les garçons et les filles en donnant un contenu qui correspondrait autant aux uns et aux autres. (Et je pense que beaucoup de garçons regardent des shojos parce que c’est mignon et de filles des shonens parce qu’il y a de la baston…)

  4. Sur le shojo, si la représentation des jeunes filles hyper-érotisées est très importante, il y a un aspect très différent qui mérite d’être développé également : le travestissement et l’ambiguité sexuelle.
    Je n’ai pas vu autant de personnages de femmes travesties ailleurs que dans l’animation japonaise : Prince Saphir, Oscar de Jarjayes, Utena etc. Quand j’étais enfant, ces personnages étaient les seuls personnages féminins auxquels j’arrivais à m’identifier tant les autres me semblaient naïses.
    De plus, il y a toute une part de l’animation japonaise qui s’adresse aux deux sexes. Cat’s Eyes qui présentent 3 voleurses hors-paires qui ridiculisent la police (certes avec l’aide d’un homme) est un manga et un animé qui ne sont pas considérés comme des shojos. Le même auteur a créé le personnage de Nicky Larson (Ryo Saeba)obsédé notoire qui plait certes beaucoup au garçon mais dont la trame n’a rien d’une suite de bagarre à la dragon ball.
    On peut noter aussi un manga assez déroutant : Radma 1/2 dont le héros se transforme en jeune fille dès qu’il est en contact avec de l’eau. Ce n’est pas un manga particulièrement progressiste (mais s’il en a des aspects), mais il y a une ambiguité sexuelle assez intéressante.

    • Et il y a des garçons-fille ou garçons féminins en les titres de mangas :

      No Bra, Princess Princess, King of shogi, Lily la menteuse, The day of the revolution, Family Compo, L’Acadamie Alice, Loveless, Naruto, Divine Nanami, Maid Sama, Fruit Basket, Wjuliette, Pretty Face, Tout sauf un ange!, Sister de Knife Senno, Blaue Rozen (ou Rosen), Golden boy vol.4 et 5, Kashimashi, Otomen, Love Pistol, Princess Jellyfish, Darling, L’Infirmerie après les cours et finalement Sawako parce qu’elle est basée sur un garcon-fille en le roman, Spiral et les mangas qui récite l’histoire de Sadako Enumera.

      Et je ne lit ou je ne collectionne que les titres où le personnage majeur est très androgyne ou filiforme ou simplement rond et féminine a la foi comme…

      … Sayonara, Monsieur Désespoir, Devine Nanami (encore et l’histoire et mon personnage favori), Neuro Le mange-mystères (Yako est le personnage majeur), K-on, Ray, La mélancolie d’Haruri, Gakuen Heaven Revolution et tous autres yaoii et finalement, même si les tailles sont très espacées, Cosplay Cops, Five et SwitchGirl.

      … et j’en ai perdu en mémoire des titres…

      Et qu’est ce que notre culture anglophone et francophone nous donne comme garçons-fille ou femmes transsexuelles… en bandes dessinees, rien… à part le no. 30 a 35 de Sandman de Neil Gaiman et donc je trouve ce personnage transgenre vers « féminin » insultant.

      • Pour ajouter a votre inventaire , Il y aussi Tokyo godfather, et aussi dans One Pièce le personnage de Bon Clay ou la reine de l’île des travestis sont important aussi. Ils ont en plus des rôles forts, ne faisant pas de ces personnages des êtres fragiles.

  5. Vous les occidentaux, vous avez beaucoup de misère avec l’érotisme… surtout avec la nudité des jambes. Vous voyez cela comme une faiblesse, une tapette ou une plotte soumise et si vous acceptez cela, c’est parce que la personne qui se montre les jambes est laide et alors cette humaine est non érotique… voir le gros lard en jupe ou la petite vieille.

    Vous dites que l’onanisme est bon pour la santé mais vous pleurez quand il y un petit laid ou un gros laid lit et regarde ces mangas shojos, yuri ou shonen ai si les deux personnages males ont une allure androgyne et se montre les cuisses…

    … Si être être-vivant est d’être que même simplement sensuelle, il faudrait euthanasier ces petits mâles humains qui sont laids parce qu’éventuellement par logique des êtres vivants, ils vont transgresser vos lois.

    Vous en les individus des sociétés occidentales vous mettez toutes les sensualités ou érotisme vers un coït, le but ultime.
    Et en ce qui concerne l’onanisme, vous y en êtes hypocrites.

    Je suis une mangaka et j’en ai lu près de 3000 de ces livres illustrés de poche. Les personnages en ces bandes dessinées sont la plus part très androgynes, filiformes et très non-âge-déterminé… et ceci est pour plaire a tous…

    Alors, ici, depuis quelques années, je dis a la communauté shojos, yuri yaoii et shonen ai Que tous ces personnages qui portent ces atouts, jupe écolière et chemise blanche en tant qu’identité constante ne sont pas des filles et ni des femmes pour avoir une paix entres les sensualités et parce que cette image n’identifie pas la femelle humaine en leur nature et en leur conscience. Ces personnages ne sont des humaines.

    Je ne que dessine des garcons feminins ou des êtres filiformes et j’invite les autres dessinateurs et dessinatrices à de faire de même.

  6. Meghan Reiko Racicot

    J’ai arrêté de lire les comics américains et surtout les bandes dessinées françaises. Je ne peux m’identifier à aucuns personnages. Et les personnages des bandes dessinées françaises qui sont dits mâles sont carrément laids et il y a un message assez pernicieuse que les jolies filles en pantalon jeans serré devront tuer les petits et les gros mâles laids parce qu’a cause de leurs traits honnis ou disgracieux, ils seront éventuellement des violeurs ou des voyeurs.
    Il serait bien de vraiment lire les sous-messages en vos styles de culture (films, romans et bandes dessinées) au lieu de vous occuper de ceux du Japon.

    Les garçons du Japon se portent mieux que vous y pensez. Pourquoi? Parce qu’ils ont le choix de deux images érotiques, masculines ou féminines. Soixante pourcent des garçons japonais ont opté pour le deuxième choix.
    Et ils lisent en majorité les shojos, les yuris, les yaoii et les shonen ai parce qu’ils s’y identifient avec les personnages, parce qu’ils aiment ces histoires d’amour et parce qu’ils rejettent toutes virilités et tous machismes. C’est seulement les mâles japonais d’un autre âge qui sont machos et c’est parce que ce sont les anglo-saxons et gaulois-francs qui leur ont enjôlé ce comportement abject.

    Les garçons de la France et du reste des sociétés caucasiennes blanches ne se portent pas bien. Pourquoi? Parce que leur culture leur insuffle qu’il leur faut être grand, balèze et épeurant et de cumuler des conquêtes en pénétrations sur des personnes féminines pour être bien vus par tous et toutes de ces sociétés. Et qu’il est impossible pour un homme donc ici je spécifie un mâle humain d’être belle ou érotique.
    Je sais de quoi je parle en étant une personne atteinte de transsexualisme et que j’ai vu plusieurs personnes d’origine masculine se faire refuser simplement les hormones à cause de cette dernière pensée ci-dessus des caucasiens blancs.

    Les garçons caucasiens blancs de tous âges ne passent pas s’ils veulent avoir une image de « fille »? Pourquoi ? Parce que notre culture alimentaire est aberrante et stupide.

    Les garçons japonais à tous âges peuvent devenir une jolie fille. Ils sont d’une belle race et ils savent se prendre soin d’eux même en une bonne alimentation et en un sain mode de vie.

    Moi, je passe comme une fille même a mon âge. J’ai fait le bon choix de devenir végétarienne et crudivore en dépit d’une grande période d’anorexie alimentaire.

    Au final, je ne crois pas que les shojo, les yuri et les shonen ai soient une atteinte contre l’estime en soi des filles et des garçons.
    Si ces histoires illustrées vous choquent, vous n’avez seulement qu’à ne pas les lire ou les acheter.

    Et si c’est parce que vous avez peur que ces histoires vont laver le cerveau des jeunes filles à devenir « féminine » et non-violente… c’est que… pour assouvir votre crainte… les filles aiment la virilité et la violence sans pour autant qu’elles y soient impliquées… il est trop tard, les filles ne s’y changeront pas… et les garçons japonais ont pris conscience que les filles n’y sont pas… « Féminines » au sens nature et altruiste…

    … Voir les garçons herbivores du Japon… qui sont majoritaire aujourd’hui et cette tendance ne changera pas et heureusement.

    • Bonjour Meghan Reiko Racicot,
      Je ne suis pas certaine de tout comprendre à vos messages. J’espère ne pas mal interpréter ce que vous voulez dire. Je parle bien sur de la culture japonaise de mon point de vue d’occidentale, donc déformé.
      Le fait de discuter ou s’interroger sur les shojo, yuri, shonen ne veut pas dire qu’on soit choqué, ni qu’on ne lise pas ces mangas, ni qu’on déconseille aux gens de les lire et encore moins qu’on ne les aiment pas. Je suis personnellement une femme occidentale qui aime bien les sheinen. Ça ne m’empêche pas de les critiquer, de m’interroger et de les analyser d’un point de vue politique avec beaucoup de plaisir.

      Je suis surprise par votre opposition entre les garçons occidentaux-caucasiens que vous semblez croire malheureux en opposition aux garçons japonais qui seraient tous libre de devenir des filles. Je trouve cette opposition caricaturale. Il y a des garçons japonais épanouis et heureux et d’autres pas, pareil pour les occidentaux.
      Le but de l’article n’est pas de valoriser ou dévaloriser une culture, par rapport à l’autre et encore moins de comparer de prétendues races comme vous semblez le faire. Je n’ai vu nulle part une valorisation du comic ou de la bd franco- belge par rapport au manga, ce sont juste des choses différentes avec des particularités specifiques qui ne sont pas mieux ou moins bien.
      Pour la figure de l’androgyne ou du travesti il est vrai que c’est un thème qui semble importante dans la culture japonaise traditionnelle et moderne alors qu’il est en effet tabou dans la culture occidentale (en particulier dans la culture puritaine des USA qui occupent le Japon depuis la seconde guerre mondiale). C’est une des choses que j’ai toujours beaucoup aimée dans les mangas, ce jeu et ce questionnement sur le genre. Comme je ne suis pas cis-genre, les personnages tels que Lady Oscar m’ont fait beaucoup de bien dans l’enfance. Ils m’ont permis de m’identifier à un personnage de mon sexe qui n’était pas conforme à son genre, c’était formidable pour une filllette telle que moi de voir un personnage féminin valorisé pour sa force, son héroïsme, et pas seulement sa beauté et sa douceur. Ça ne m’empêche pas de trouver que la culture japonaise est très patriarcale aussi, sexiste tout comme la culture européenne ou états-unienne par exemple. Tout aussi sexiste, mais de manière différente. Vous semblez un peu idéaliser le Japon, comme si c’était le pays merveilleux dans lequel tous les salarymen peuvent librement venir au bureau en mini-jupe.

      Je me réjouis si les garçons japonais deviennent herbivores et non-violents, mais je n’aime pas personnellement assigner ceci a de la « féminité ». Par exemple un garçon aux traits fins, végétalien et non-violent, altruiste et proche de la nature n’est pas « féminin ». Pour moi C’est simplement un garçon aux traits fins, végétalien, altruiste et proche de la nature. Tout comme une fille violente, carniste, égoïste et hostile a la nature ne sera pas « masculine » ni « virile ». Ça sera simplement une personne violente, carniste, égoïste…

      Ma réponse est un peu désordonnée, j’espère que nous pourrons poursuivre notre échange car votre point de vue de transsexuelle japonaise, grande connaisseuse du shojo, yuri etc… est très intéressant. Merci a vous et bonne journée.

      • Non, Meg !
        Ta réponse n’est pas désordonnée.
        J’aime bien ton texte malgré que parfois, il semble contrer à ce que j’avance. Il touche des choses que j’aie écrites en petits et longs essais en un forum québécois de transsexualité à ce que je suis entrain de rassembler des observations sur plusieurs aspect de la sexualité, l’érotisme et l’identité psychologique.
        Mes perceptions sont un peu différentes. C’est tout.

        J’avais commencé, il y a quelques temps à utiliser les mots « une conscience érotique-altruiste » pour dénoter « féminité » mais à force d’expliquer, j’utilise parfois le terme féminité pour décrire une conscience ou une volonté d’être.

        C’est sur que je reviendrai sur cette discussion. Il y a question de manque de temps en ce moment. Et je lis et j’écris des essais pour divulguer mes amours et dissiper mes craintes en un forum pour les transsexuels et un pour les mangas japonaises, en plus leurs transsexuels et je reviendrai ici.
        Il y a des essais sur ce sujet que j’écrirai pour ces trois forums.
        Pourquoi je semble survaloriser leur société ? C’est que je leur dois beaucoup, surtout leurs dessinatrices de Shonen Ai et de yaoi malgré que j’aie un certain mécontentement envers les filles et les femmes. Elles et éventuellement les garçons japonais m’ont donné espoir que le mâle humain peut-être « jolie ».

        Il faut que je parte pour Ottawa.

        Je n’ai pu placer un avatar et j’aime toujours m’identifier en ce type de discussion alors je vous laisse une discussion ouverte par une femme, nommée Fal qui a un très grand malaise en l’existence de ses seins. Je m’y identifie un peu mieux.

        http://dunautregenre.xooit.com/t1391-TransexuelLEs-ou-et-d-un-autre-genre.htm

  7. Une petite critique personnelle

    http://img99.xooimage.com/views/f/7/8/prunus-girl-40c1a77.jpg/

    Prunus Girl.

    Hier (en fait, c’est vendredi), je suis allée au Manga-Thé, une théière et librairie d’où je vais les jours de congés en été pour une sortie et dessiner et aussitôt, j’ai vu ce livre, Prunus Girl.
    Je regarde toujours les nouveautés pour savoir s’il y a des nouvelles histoires avec des personnages transgenres et pour une raison quelconque, je ressentis que ce livre racontait ce genre d’histoire. J’eus été clairvoyante ce matin. J’ai retourner le livre pour lire le résumé et aussitôt, je dis « je l’achète! »

    Le synopsis

    Alors qu’il vérifie ses résultats d’admission au lycée, Maki rencontre une jeune fille dont il tombe immédiatement amoureux…
    Par bonheur, ils se retrouvent camarades de classe, quand celle-ci lui fait une révélation des plus choquantes…

    En fait de jolie fille, c’est un « garçon »!!!
    Suivez la romance singulière de Maki et d’Aikawa, le diablotin à la garde-robe féminine qui le tourmente!

    Le Crystal de base d’un Shojo et d’un Shonen

    Les dessinatrices et dessinateurs de Shojo commence toujours avec quelques prémices bien établies et cette base change au fil des temps. Les histoires Shojo semblent être structurées avec une fille ou à une ressemblance qui semble faire du rentre dedans avec le personnage masculin dont elle aurait un faible. Souvent ce héros secondaire, le « love interest » est le plus populaire du bahut et il semble toujours n’avoir aucun intérêt pour les filles en général, preuve qu’il les repoussent, à part peut-être l’héroïne comme par exemple dans « Sawako », « Five », « Tout sauf un ange » et ici, « Prunus Girl » (Il fait semblant de « la » repousser).
    La dimension de départ des Shojo va toujours être une héroïne et un héros, le secondaire et d’où la première aura une émotion positive envers le héros ou elle sera réciproque. Je crois que j’aie vu cela en tous les Shojos que j’aie lu depuis une vingtaine d’années.

    Aussi, je vois souvent les garçons s’impatienter envers les filles qui sont trop proche d’eux même s’ils leur courent paradoxalement après, à vrai dire ils courent après celles qui sont un peu éloignées. Et ce dernier point est aussi à la structure psychologique des Shonen.
    Pour moi ceci est assez blessant et qui me laisse aussi pensive à propos des japonaises. Quel sont leurs visons sur soi même et sur les garçons de tout âge?

    Il est important à mentionner qu’en les « Shonen », les héros ont aussi cette même perception d’infériorité vis à vis des filles mais à la différence, ils le cachent par un semblant de l’ignorer ou de la repousser… voir « I », No Bra, Ah, My Goddess, « Parallèle », La mélancolie d’Haruhi, Pretty Face, Vidéo Girl et tous les « Shonen » qui m’ont passé à travers de ma mémoire.
    Il y a aussi ces héroïnes d’intérêts qui semble être complètement insensible à la présence du héros. C’est ce que j’aie lu, en tout cas. J’en ai beaucoup chez moi et ça ne me tente pas des relire pour cet essai. Je vais essayer quand même.
    Il y a aussi un grand nombre de ces héros qui ont vraiment une image socialement inférieure selon les critères de la culture ambiante donc j’ai vu en « Love Hina », « Magister Negi Magi, « Que votre volonté », « Love Collage », « Kashimashi » en un sens, « Blaue Rosen » un « Shojo-Shonen » à la foi, « Koi, Koi Seven » et les « Shonen » que j’ai vendu.
    C’est à se demander en retour si les garçons du Japon ont aussi ce bas estime en soi comme les filles du Japon.

    Je fini ici à dire qu’il y a aussi beaucoup de « Shojo » où l’héroïne a un aspect rejeté par leur société comme en « Sawako » trop effacée, « Shadow Lady » trop timide », « W Juliette » trop grande, « Peach Girl » trop bronzée, « Five » elle porte des lunette et autres dont ça ne tente pas de regarder (je ne les ai pas achetés) et qu’il y a aussi des garçons héros, à l’avant ou l’intérêt qui montre ouvertement une affinité pour l’héroïne, à l’avant ou qui est l’intérêt et dernièrement, il ne faut pas oublier les histoires d’amitié ou d’amour entres filles (« Girl Friends » et « L’Acadamie Alice) et entres garçons (« S » par Setona Mizushiro, »Princess Princess », « Gakuen Heaven Révolution » et « L’infirmerie après les cours » par Setona aussi).

    Ces dessinatrices et ces dessinateurs partent de cette structure psychologique pour rajouter d’autres dimensions pour donner une différente couleur de pensée en leur histoire. Elles et ils suivent les directives de leurs éditrices ou éditeurs mais prennent quelques libertés en leurs œuvres, contrairement à ce qu’un nombre de personnes m’ont dit.

    Et c’est pour ça que les bande-dessinée japonaises puissent avoir une petite diversité en leur histoire. C’est peut-être cette petite contrainte qui forcent ces créatrices et ces créateurs à penser parce qu’elles et ils veulent créer. Et c’est à cette petite diversité que je puisse compatir avec les amoureux.

    Il serait intéressant en ce qui en ait de la contrainte américaine et européenne envers les créatrices et créateurs chez les éditeurs-producteurs Universal, Disney, Marvel (acheté par Disney, récemment), Warner, Dark Horse, Casterman, Dargaud, Dupuis, Glenat, Soleil, et tous autres que j’aie oubliés… et donc le pourquoi que je ne puisse me lier sentimentalement à leur personnages.
    Il est à dire que les éditeurs francophones semblent publier et traduire cette petite diversité japonaise.

    À la fin, les « Shojo » et les « Shonen » puissent se ressembler beaucoup mais a des couleurs inversés en ce qui concerne le rôle de l’héroïne et du héros et aussi il y a les différences des nuances du conte et des relations entres les personnages mais en revanche que ces dernières puissent tout aussi bien se confondre en un ou l’autre genre de bande-dessinée.

    Pour lire les Shojo et les Shonen, j’oublie la structure basique de l’histoire que selon moi soit un peu trop simpliste ou enfantine et je jouis des dimensions différentes de la pensée qui me plaisent.
    Et je ne lis jamais les histoires avec les tangentes en le conte qui m’offensent, point.

    Soyez indulgente avec moi! La petite diversité que j’explique ici est plus complexe pour écrire tout en un seul petit essai. Et je ne sais pas tout sur le pourquoi les bande-dessinée japonaises m’attirent plus que celles des occidentaux.
    J’ai à expliquer le « look » ou le gabarit des personnages aussi. J’en ai mentionné un peu ici, l’habillement du genre. Alors j’expliquerai à autre temps.

    Bien, la petite critique sur « Prunus Girl »

    Tout au long du récit, Aikawa titille Maki en érotisme et en des circonstances coquines dont le garçon masculin ne peut rien y faire parce que l’aguicheuse est un garçon, elle-même et tout en même temps ce qui rajoute plus de rires est le fait qu’il n’est pas insensible à ses provocations et qu’il montre une certaine galanterie envers ce « garçon » féminin.

    Maki est beau, il est grand, il a les traits fins et il a les yeux de renard, très bridés.
    Aikawa est « mignonne », il est petit pour un garçon et il a les yeux de filles de mangas, très ronds.

    Moi, c’est le mystère qui m’attire chez une histoire et les situations cocasses viennent en seconde et l’érotisme n’est qu’un teint de fond pour que les personnage me rassurent de leur sensibilité comme j’en aie moi-même. L’amour et la violence (seulement celle que je peux prendre en émotion) ne sont que de la poussières de couleurs pour une histoire que j’aime… donc ils ne sont que superflus.

    Et justement, « Prunus Girl » a quelques mystères et des scènes qui font sourire.

    J’explique.

    Aikawa, est-il vraiment un garçon? Pourquoi mentira t’il? Est-ce parce qu’il voudrait s’approcher de Maki? Pour devenir son ami plus facilement parce « qu’elle » serait vu comme garçon donc non rejetable? Est-qu’il ou « elle » se dit garçon malgré les apparences comme « il » le dit à la deuxième page pour que les garçons l’acceptent plus facilement? Aussi est-ce qu’elle s’identifie en tant que garçons pour que les filles l’acceptent comme conseillère en matière de garçons donc avoir des amies plus facilement? Ou est-ce qu’Aikawa s’habille en cette uniforme parce que ça reflète vraiment sa personnalité? Ou qu’il aime simplement cette identité socio-érotique?

    L’histoire serait quand même novatrice si effectivement Aikawa est en vérité une fille, par contre ça m’ennuierait aussi parce qu’encore, nous tomberont en le standardiste sexué et genre.
    Et là, s’il s’avère vrai qu’Aikawa soit réellement un garçon alors l’histoire y aurait cette deuxième tangente novatrice.
    Il se dit garçon et il se donne une image féminine. J’avoue que ceci me plait énormément.
    Le dernier mystère, avec l’admission qu’Aikawa soit véritablement un garçon, est « est-ce qu’il y aura un suivit de la relation entre les deux personnages du même sexe mais non du même genre? »

    Peu importé, l’histoire me fait sourire et me captive très bien, ce qui est rare pour moi, c’est temps-ci.

    À un autre temps?

    Reiko no ai!

    http://img98.xooimage.com/views/1/5/a/synopsis-de-prunus-girl-40c1a7f.jpg/

  8. Merci d’avoir mis des mots sur tout ce que je resentais, je deteste les mangas a cause de cette representation des femmes douces, faibles, aimant se devouer pour les autres et faire le menage, hypersensible, virginale, naive, qui aime se faire insulter ou se faire taper dessus ou/et attacher. Il n’y en a pas une pour etre une veritable heroine bagarreuse (je sais pas quoi penser de l’anime Panty, Stoking et Gaterbelt, ou la personnage principale couche avec 1000 hommes, et se bat contre des fantomes en transformant sa culotte en flingue. C’est tellement debile que ca a presque l’air d’une parodie).

  9. Concernant les shojos, certains personnages féminins ne sont pas forcéments des jeunes filles avec de grand yeux pleins d’étoiles. Il existe un certains nombre ou l’histoire ne tourne pas autourdes sentiments amoureux de l’héroïne.

  10. Bonjour,
    je pense que vous aimeriez bien le manga Fullmetal Alchemist.
    Il y a eu deux animés, très intéressants tous deux, mais je ne parlerai que du deuxième qui prend moins de libertés avec le scénario du manga.

    On a en vrac:

    – une mécanicienne chevronnée;

    – la « sensei » des deux personnages principaux, qui est un génie de l’alchimie et une pro du combat (c’est un des deux ex machina dans les scènes de baston, et quand ses ennemis effondrés lui demandent « mais qui êtes-vous ? » elle répond à chaque fois : « UNE SIMPLE FEMME AU FOYER » – un des running gags de la série; car elle est aussi femme au foyer et bouchère au quotidien)

    – deux femmes militaires : une lieutenante spécialiste du maniement des armes à feu; ainsi qu’une générale qui est à la tête d’un poste clef et excelle au sabre, surpassant son frère Alex (simple major) qui est un gros tas de muscles (mais très sensible)
    etc,…

    Bien sûr, bien que j’aime d’amour cette BD, je la sais problématique à bien des points de vue . Il y a une « essentialisation » de la femme (comme on dit en novlangue) : la mécanicienne a des dons quasis inexplicables pour la maïeutique (« maiiiis elle vient d’une famille de médecins, tavu »);
    la « sensei » est une figure maternelle pour les deux héros, qui d’ailleurs ont perdu la leur, de maman, avec une maladie inexplicable que contractent les mamans de mangas histoire de faire des orphelins (conformément aux canons de la « mère du héros » : douce, gentille : la leur est même constamment représentée avec un tablier et un panier remplis de pommes pour faire une tarte. Justement, plus tarte, tu meurs.)
    Enfin, leur rôle est souvent réduit parce qu’elles constituent l’intérêt amoureux/ le sidekick à nichons d’un des héros. ( les internautes ne s’y trompent pas, regardez fleurir sur le net les fanfictions , des plus gentillettes aux plus dégueus)

    Enfin, en dehors de cela, la série est souvent très manichéenne (des méchants qui veulent tuer tout le monde ! parce queeeee…. ils sont méchants ?- cette série est victime du syndrome Disney)

    Pour ce qui est de la représentation physique des personnages féminins, l’auteure, Arakawa les aurait faites « bien en chair » (selon certaines commentaires qui lui ont été adressés). Elle a déconné à ce sujet en disant « il faut bien, sinon on dirait que je les nourris mal!  » et elle ajoute « bien travailler, bien manger »! Ayant été élevée dans une ferme à Hokkaido, où tout le monde devait mettre la main à la pâte, elle a créé des personnages féminins actifs et donc dotés de corps avec des proportions à peu près réalistes, et non réduits à une esthétisation improbable. Mais qu’on ne s’y trompe pas, « bien en chair » est tout relatif, elles restent minces et belles- mais dans une veine plus réaliste que dans One Piece, où les femmes ont de gros seins et de toutes petites tailles très marquées.(je n’accuse pas le dessinateur de One Piece de sexisme, je connais très mal ce manga, c’est juste pour la comparaison visuelle)

    Bon, après, le côté « j’ai dû toujours gagner ma croûte, à la ferme tout le monde travaille » donne un des aspects les plus grinçants de la série : le « travailler plus pour gagner plus ». Les personnages sont des acharnés du boulot; si ils échouent, c’est qu’ils n’ont pas assez essayé. Bon. Voilà. Chômeurs, vous êtes avertis : c’est de votre faute, là. Tas de feignasses.

    Autre message pernicieux: « une leçon ne peut être apprise sans douleur ». J’ai envie de répondre : « mes parents ont préféré m’expliquer que si je mettais les doigts dans la prise, j’aurais 90% de chances de mourir, plutôt que de me laisser essayer » (ce qui m’a permis d’apprendre au passage le concept des pourcentages, c’est pas formidable ?- et, au passage, je n’ai jamais essayé, donc = leçon apprise sans douleur. Non de Dieu, cette femme veut-elle faire apprendre « templum » aux collégiens à l’aide d’un taser ?)
    Bref, ce message un peu long et un peu hors-sujet pour apporter un (presque) contre-exemple de ce que vous avez avancé dans l’article (qui n’en est pas moins vrai dans beaucoup de cas)

    PS: oui, bon, et aussi le seul personnage homosexuel de la série est
    1) à la limite du figurant
    2) n’est qu’un ressort comique
    3) assimilé à un « travesti »- se maquille, porte parfois des tutus; le problème n’étant pas de représenter un personnage queer, mais que l’homosexualité soit implicitement assimilée au goût des vêtements traditionnellement féminins, comme si être homo impliquait autre chose que l’attirance pour quelqu’un du même genre que soi
    4) drague les très jeunes hommes
    5) prend des poses maniérées…
    mais il est mécanicien. l’un des meilleurs, d’ailleurs. Il est en général apprécié des fans. En tout cas, moi, je l’aime bien.Même si c’est un stéréotype géant.

    deuxième conclusion : Bref, il y a du bon à prendre comme du mauvais (oui, c’est une lapalissade et une belle). : du syndrome trinity en veux-tu en voilà, quasiment que des hétéros, un message parfois un peu douteux… Mais permettez-moi de citer Eric Cartman « rien à foutre, ça troue le cul !!! »

    Sur ce, bon visionnage (ou bonne lecture) aux gens que ça intéresserait.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*