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Geeks à l’écran (I) : les codes stéréotypés de l’informatique

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Depuis l’apparition de l’informatique, et en particulier du micro-ordinateur dans les foyers, la représentation à l’écran des « computer geeks » (les mordus de l’informatique) ont laissé libre cours à tout un tas de codes, de fantasmes et de clichés. L’informaticien-type est un hacker (homme blanc hétérosexuel) généralement déphasé du monde « réel » d’une manière ou d’une autre (asocial, il reste enfermé dans sa chambre devant son ordinateur). Surdoué, il possède des connaissances et pouvoirs presque magiques sur les machines qu’il contrôle à volonté. Ses capacités, bien au-dessus du commun des mortels non-informaticiens, deviennent source d’inquiétude lorsqu’elles ne sont pas maîtrisées ou qu’elles sont utilisées à des fins illégales : c’est l’adolescent de Wargames (1983) qui pirate insouciamment le système du Pentagone et croit jouer à un jeu alors qu’il est en train de déclencher la 3ème guerre mondiale, les cyber-terroristes de Die Hard 4 qui menacent les États-Unis (2007) ou encore la figure récurrente du criminel qui s’introduit illégalement dans les systèmes des entreprises, des particuliers ou des gouvernements pour voler, détruire des données ou espionner les gens. De manière générale, ces représentations fantasmées sont bien loin de la réalité du terrain et véhiculent un certain nombre de clichés sur les informaticien-nes, les hackers, les geeks.

D’un point de vue sociologique, l’informatique présente une évolution surprenante : le pourcentage de femmes diplômées dans ce domaine et sur le marché du travail n’a cessé de baisser depuis la moitié des années 1980, alors qu’il augmente dans presque tous les autres domaines techniques.

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Informatique : couleur gris clair « Computer Science », 2e ligne en partant du bas

Dans cet article, je me propose d’analyser les représentations des informaticien-nes au cinéma et dans les séries (majoritairement états-uniennes) comme étude complémentaire à un certain nombre de travaux d’historien-nes et de sociologues : ceux-ci soulignent l’importance des représentations de la culture informatique pour expliquer la manière dont est considéré le domaine, et la présence majoritaire en son sein d’un certain type d’homme cis blanc hétérosexuel.

Cet article se découpe en trois parties :

  1. La première partie résume un certain nombre d’éléments historiques pour tenter de mieux comprendre l’évolution des codes genrées dans l’informatique, et conclut sur un état des lieux rapide des représentations des informaticien-nes à l’écran.
  2. Du geek maladroit moqué au lycée au hacker viril tout puissant, en passant par le programmeur multimillionnaire de la Silicon Valley, la deuxième partie analyse plus en détail les portraits types des informaticiens au cinéma et dans les séries.
  3. La dernière partie se concentre sur des représentations alternatives des informaticiennes et les tropes auxquelles elles peuvent se heurter.

Quelques repères sur l’histoire de l’informatique et l’évolution des codes genrés

Avant d’attaquer l’analyse des films à proprement parler, j’aimerais revenir sur quelques éléments de l’histoire de l’informatique qui permettent de mieux comprendre les spécificités de l’informatique comparée aux autres sciences et les enjeux à l’œuvre dans les représentations. L’ouvrage collectif Gender Codes, Why Women Are Leaving Computing (2010) explore d’un point de vue historique les débuts de l’informatique, l’évolution du marché du travail, les transformations de la culture et des représentations associées aux ordinateurs.

Dans les années 1950, un nombre surprenant de femmes travaillaient avec des ordinateurs. Un certain nombre de pionniers de l’informatique furent des pionnières : six mathématiciennes créèrent des programmes pour l’ENIAC, l’un des premiers ordinateurs, pendant la Seconde Guerre Mondiale ; Grace Hopper a écrit le premier compilateur (un outil interprétant un langage facilement compréhensible par les humains en un langage compréhensible par la machine) et a inspiré la création du langage COBOL.

Afin d’être lues et exécutées par un ordinateur, les instructions d’un programme devaient être inscrites sur des cartes perforées (à partir des années 1970, sur des bandes magnétiques) : programmer un ordinateur consistait donc à un travail de traitement et de saisie des données qui s’apparentait à un travail de secrétariat.

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Carte perforée contenant soit des instructions soit des données pour exécuter un programme

La saisie des données était une activité féminisée qui consistait à perforer des cartes. Les opérateurs machine, qui introduisaient ces cartes dans les ordinateurs pour faire tourner les programmes, étaient surtout des hommes ayant suivi des études, qui pouvaient ensuite espérer évoluer vers des positions de supervision et de management. La saisie des données était un travail répétitif et peu rémunéré où les employé-e-s majoritairement féminines étaient généralement supervisées par des hommes. Mais il s’agissait également d’une opportunité pour les femmes de trouver du travail, à une époque où seuls certains métiers étaient considérés comme acceptables pour des jeunes femmes, le temps qu’elles trouvent un mari (les femmes ne pensaient ou ne pouvaient pas poursuivre une carrière).

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Entre 1971 et 1982, les métiers de perforation des cartes (« keypunch operator ») et d’opérateur des ordinateurs et des équipements périphériques (comme les imprimantes) se féminisent très fortement, alors que les métiers de spécialistes informaticiens, d’analystes et de programmeur se masculinisent. Chaque métier a sa propre dynamique en terme de genre.[1] Il ne faut pas non plus oublier que ce que l’on appelle aujourd’hui communément « informatique » recouvre seulement certaines des activités nécessitant un ordinateur : le traitement de texte, par exemple, n’en fait pas partie. De nos jours, les femmes occupent d’avantage les métiers d’analystes et de management, obtiennent d’avantage de doctorats et de postes de professeures à l’université, mais reculent dans la programmation.

L’informatique à ses débuts était une activité nouvelle, son image et son identité genrée auprès du public n’étaient donc pas encore définies telles qu’elles le sont aujourd’hui : femmes et hommes pouvaient être recruté-e-s dans le domaine, la majorité des compétences s’apprenaient sur le terrain. Petit à petit, à partir des années 1950, le statut de la programmation évolue. Comme l’explique Nathan Ensmenger dans « Making Programming Masculine », la programmation acquière la réputation d’être « incompréhensible pour tous sauf pour un groupe extrêmement talentueux d’initiés » en raison de la complexité des problèmes à résoudre.[2]

Les tests d’aptitude et de personnalité utilisés à l’époque par 80% des entreprises aux Etats-Unis pour déterminer les meilleurs profils pour recruter des programmeurs/euses renforcent cette perception. Selon les tests d’aptitude, celleux-ci doivent être techniques et créatifs/ves, jouer aux échecs, résoudre des problèmes mathématiques, préférer relever des défis intellectuels plutôt que prendre des décisions managériales, etc. Si pour réussir ces tests il n’était pas nécessaire d’avoir suivi une formation particulière (étant donné que l’on considérait le talent pour la programmation comme étant inné), des qualités considérées traditionnellement comme « masculines » étaient privilégiées.

Le test de personnalités appelé SVIB (Strong Vocational Interest Bank), largement utilisés dans les entreprises, définissait les caractéristiques nécessaires pour différents types de métiers. Le profil du programmeur était semblable à d’autres professions mais les créateurs du test lui attribuèrent un trait caractéristique : son « désintérêt pour les gens ».

«Comparés aux autres hommes professionnels, « les programmeurs n’aiment pas les activités impliquant des interactions interpersonnelles proches. Ils préfèrent travailler avec des choses plutôt qu’avec des gens ». Dans une étude suivante, Perry et Cannon démontrèrent que cela était également vrai pour les femmes programmeuses.

L’idée que les programmeurs manquaient de « compétence avec les gens » devint rapidement une part de la tradition dans l’industrie informatique. L’influent analyste de l’industrie Richard Brandon soutenait que c’était en partie un reflet du processus de sélection lui-même, avec son accentuation sur les mathématiques et la logique. […] Le type du programmeur était « souvent égocentrique, légèrement névrosé, et il est à la frontière d’une schizophrénie limitée. La fréquence des barbes, des sandales, et d’autres symptômes d’un individualisme rude ou d’un non-conformisme est plus grande parmi ce groupe démographique. »[…]

Il va sans dire que ces profils psychologiques incarnaient une préférence pour des caractéristiques masculines stéréotypées. Une revue de 1970 de la littérature psychométrique observait que les programmeurs recevaient généralement des scores de masculinité élevés et de féminité bas. »[3]

L’interprétation avancée par l’auteur est que ces tests, basés sur des biais genrés favorisant un certain type de masculinité, ont été utilisés par habitude et ont privilégié des caractéristiques traditionnellement « masculines » (ces tests étant par ailleurs reconnus depuis la fin des années 1960 comme étant imprécis et non scientifiques). Une sélection d’hommes au profil « asocial » et intéressés par les mathématiques pour le métier de programmation en a résulté. Ce qui a, « à son tour, renforcé une perception populaire que les programmeurs devraient être antisociaux et intéressés par les mathématiques (et masculins) ». Le stéréotype du programmeur asocial geek excentrique « précède donc l’ordinateur personnel de plusieurs décennies ».

Ce portrait de l’informaticien geek n’est attirant ni pour les hommes, ni pour les femmes, mais il l’est d’autant moins pour ces dernières : le domaine de la logique et des mathématiques est traditionnellement associé au masculin alors que le domaine des relations humaines, du soin apporté aux autres est socialement associée au féminin.

Dans le chapitre concluant l’ouvrage Gender Codes, Caroline Clarke Hayes note également que :

« l’image du geek ne correspond pas forcément à la réalité ; bien que ce genre de personnes existe, la vraie personne lambda en informatique n’est pas comme le « geek ». Ainsi, cela peuvent être les perceptions externes à la culture informatique qui dissuadent de nombreuses femmes, plus que la culture véritable. »

Mais, s’interroge Clarke Haye, alors que ce stéréotype existe depuis de nombreuses années, « Pourquoi les femmes seraient-elles dissuadées par lui maintenant ? ». Au début de l’informatique, personne ne savait réellement en quoi cela consistait.

« Cependant, vers le début des années 1980, la popularité croissante et le succès connu par l’informatique a également accru l’attention des médias et la conscience du public des stéréotypes en informatique. […] Nous suggérons que les images négatives centrées sur les hommes dans les média ont pu détourner un nombre croissant de femmes de carrières dans l’informatique (ainsi que certains hommes). »

Aux Etats-Unis, l’université de Carnegie Mellon, conscient de ces enjeux, réussit à avoir des promotions avec 40% de femmes là où la moyenne nationale est de 18%[4] en optant pour une approche qui ne part pas du principe que les hommes et les femmes auraient « naturellement » tel ou tel centre d’intérêt ou compétence et en facilitant l’accès aux cours d’informatique. Les films récents qui tournent autour de l’informatique comme The Social Network semble également participer à recréer de l’engouement pour la profession [5] : s’intéresser à leur dimension genrée est d’autant plus important pour comprendre quels types de publics sont incités à faire de l’informatique.

Dans cet article, je me propose d’explorer cette voie plus en profondeur pour analyser les représentations des métiers de l’informatique, des geeks et des « hackers » dans les films et les séries sorties depuis le début des années 2000. Ces représentations véhiculent plusieurs stéréotypes parfois contradictoires mais qui coexistent. Ces stéréotypes ont un impact numérique très visible sur les femmes et les personnes dites « de couleur » dans la composition de la population informaticienne, mais ils réduisent aussi plus globalement tout type de diversité en terme de personnalités et d’idées dans les filières informatiques en alimentant une certaine image hégémonique des informaticiens.

Quelques précisions sur les termes « geek », « hacker » et « informaticien-ne »

De nos jours, le terme anglais « geek » désigne généralement un passionné d’un domaine en particulier. Le/a geek peut être un ou une expert-e de musique, de films, de sciences, de jeux vidéos, de mangas, etc. En anglais, « computer geek » (« geek informaticien ») fait référence aux mordus de l’informatique et des ordinateurs. Dans l’usage, en particulier en français, le terme « geek » désigne plus généralement une personne s’intéressant aux ordinateurs mais souvent aussi aux sciences (physique et mathématique en tête), à la robotique, à la science-fiction, aux mangas, aux jeux de rôle, aux comics et aux jeux vidéos, bref des domaines en lien avec l’imaginaire originellement en marge qui définissent la culture geek[6].

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La signification et les usages du terme « geek » évoluent, mais une chose demeure : le geek est un homme.

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Difficile de faire plus clair : sur 25 représentations du geek, pas une seule femme. Cliquer ici pour voir l’image en plus grand.

Le terme « hacker » signifier « bidouilleur », bricoleur : le hacker ou la hackeuse  cherche à comprendre en profondeur comment marche un système (comme un ordinateur, un programme, un réseau, une machine), et peut le détourner de son but d’origine pour l’utiliser de manière nouvelle ou lui faire exécuter des actions pour lesquelles il n’a pas été conçu initialement. Ceci inclut le fait de trouver comment contourner les systèmes de sécurité, soit pour les améliorer (ce sont les white hats ou « chapeaux blancs ») soit pour exploiter les failles à des fins illégales (les black hats ou crackers). « Hacker » en est ainsi venue à signifier par extension « pirater », prenant ainsi une connotation négative et réductrice dans le langage commun, symptomatique de la peur et de la fascination que peuvent provoquer ces expert-e-s. Dans cet article, j’utiliserai le terme « hacker » dans son sens original.

Enfin, le domaine de l’informatique (tel que considéré aujourd’hui comme filière technique) recouvre de plusieurs disciplines souvent mal-connues ou confondues entre elles par le public :

  • la programmation (ou développement logiciel) : grosso modo, ceci consiste à écrire du code pour créer des programmes, gérer des données, automatiser des processus.
  • l’administration réseau et système : il s’agit de la gestion des serveurs et du réseau d’une entité, aussi appelé « parc informatique ».
  • la sécurité logicielle, réseau et système : il s’agit de la figure du white hat, qui cherche à rendre un programme, un ordinateur, un réseau le plus sécurisé possible. Ille peut employer des méthodes diverses, dont celle des tests d’intrusion qui ressemblent aux activités généralement prêtées aux « hackers » dans les films (pénétrer sur un réseau du gouvernement, s’introduire sur une machine pour voler des informations, prendre le contrôle à distance d’un ordinateur).
  • l’informatique forensique

Des représentations majoritairement masculines, cis, blanches, hétérosexuelles

Sans surprise puisque l’informatique est rattachée aux domaines des sciences « dures » dont les représentations sont fortement masculines (mathématiques, sciences physiques…), les rôles de hackeuses, informaticiennes et autre développeuses sont franchement minoritaires. Un article en anglais de Wikipédia recense ainsi un certain nombre de personnages principaux dans les films et les séries : List of fictional hackers.

Parmi les 46 personnages recensés, 4 sont des femmes soit 8,7%. Dans les séries télévisées, le pourcentage est plus élevé : 14 personnages sur 65 (en enlevant les personnages éphémères sur un épisode) sont des femmes, soit 21,5%. Une autre étude analysant une liste plus complète de 85 films de hackers recense 7 femmes sur 85 personnages, soit 8,2%. Aux Etats-Unis, les chiffres du Bureau of Labor Statistics et de Catalyst en 2006 indiquaient que les femmes représentaient entre 27 et 29% des effectifs en informatique[7]. En 2013, 18% de femmes étudient l’informatique comme option principale en études supérieures[8]. Ses chiffres varient en fonction des spécialisations. Les informaticiennes sont donc doublement sous-représentées : par rapport aux hommes et par rapport à la réalité.

La plupart des personnages sont « blancs », avec quelques exceptions pour les informaticien-nes/hackers présentant des traits d’origine asiatique que ce soit d’Asie de l’Est (Angela dans Bones, Toshiko Sato dans Torchwood, Tsutomu Shimomura dans CyberTraque, le Faucon dans Revenge, Skye dans Marvel’s Agents of S.H.I.E.L.D., Tank dans The Matrix, Oliver Hampton dans How to Get Away With Murder) ou d’Asie du Sud-Ouest (Dinesh Chugtai dans Silicon Valley, Raj dans The Big Bang Theory).

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Toshiko Sato dans Torchwood

Ceci peut être mis en perspective avec un stéréotype répandu considérant que les Asiatiques et les Américains Asiatiques (Asian Americans) sont « naturellement » bons en mathématiques[9], donc par extension en logique et en sciences. En revanche, les personnages noirs, d’origine hispanique, arabes – pour ne citer que ces groupes – sont encore plus rares : le hacker Huck dans la série Scandal joué par un acteur d’ascendance cubaine ; Luther Stickell, le « buddy » de Tom Cruise dans Mission : Impossible et Link dans la trilogie Matrix sont noirs, ainsi que Moss dans la série britannique The IT Crowd. Le film Hackers, datant de 1995, compte un hacker vénézuélien et un hacker noir, mais assez peu vus en action devant un ordinateur comparés aux héros blancs.

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Luther Stickell (Mission : Impossible), dans le trope du « buddy » noir de Tom Cruise

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Link, dans The Matrix

Enfin, une écrasante majorité des informaticien-nes sont présenté-e-s comme étant hétérosexuel-les. Quelques rares cas me viennent en tête : Lisbeth Salander dans Millenium et Nolan Ross dans la série Revenge qui sont ouvertement bisexuel-les, l’informaticien Oliver Hampton dans How to Get Away With Murder, ainsi que Gaeta dans les épisodes annexes de BattleStar Galactica qui sont gays.

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Oliver Hampton (How to Get Away With Murder)

 

Arroway

Suite : Geeks à l’écran (II): du geek adolescent maladroit au brogrammer

Notes

[1] Masculinity and the Machine Man : Gender in the History of Data Processing, Thomas Haigh, chapter for Gender Codes

http://www.tomandmaria.com/tom/Writing/MasculinityMachineMan.pdf

« Computing is not a single kind of work but a collection of hugely diverse jobs across many industries, from help desk worker to CIO and grom genom database expert to hardware salesperson. […] Today, a huge proportion of the US workforce spends most of its time interacting with computers, but only a small and arbitrarily chosen proportion of this activity is considered « computing ». […] While IT jobs all involve computers, their differences are more profound tan their similarities. Each has its own gender dynamics. We see, for example, that women were always overrepresented in data-entry work but have now made up ground in system analysis and computer management, while losing it in programming. ».

[2] Making Programming Masculine, Nathan Ennsmenger, chapter for Gender Codes

[3] Making Programming Masculine, Nathan Ennsmenger, chapter for Gender Codes : « Compared with other professional men, « programmers dislike activities involving close personal interaction. They prefer to work with things rather than people. » In a subsequent study, Perry and Cannon demonstrated this to be true of female programmers as well.

The idea that computer programmers lacked « people skills » quickly became part of the lore of the computer industry. The influential industry analyst Richard Brandon argued that this was in part a reflection of the selection process itself, with its emphasis on mathematics and logic. […] The programmer type is « often egocentric, slightly neurotic, and he borders upon a limited schizophrenia. The incidence of beards, sandals, and other symptoms of rugged individualism or nonconformity are notably greater among this demographic groupe. »[…]

Needless to say, these psychological profiles embodied a preference for stereotypically masculine characteristics. A 1970 review of psychometric literature noted that computer programers received unusually high masculinity and low feminity scores.»

[4]« Some universities crack code in drawing women to computer science »

http://www.nytimes.com/2014/07/18/upshot/some-universities-crack-code-in-drawing-women-to-computer-science.html?_r=0&abt=0002&abg=0

[5] « Computer Studies made cool, on film and now on campus » http://www.nytimes.com/2011/06/11/technology/11computing.html

[6] https://www.youtube.com/watch?v=gSIecKQFMyI

[7] http://www.catalyst.org/knowledge/women-technology-maximizing-talent-minimizing-barriers

[8] http://www.npr.org/blogs/money/2014/10/21/357629765/when-women-stopped-coding

[9] http://wileyasiablog.com/2014/06/17/asians-math-stereotype/

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19 réponses à Geeks à l’écran (I) : les codes stéréotypés de l’informatique

  1. « Enfin, une écrasante majorité des informaticien-nes sont présenté-e-s comme étant hétérosexuel-les. »

    Dans les exceptions, on peut aussi mentionner Charlie Bradbury, personnage récurrent dans la série Supernatural.

    Elle est inscrite dans la culture geek (elle fait son apparition sur une référence directe à « American Psycho », trouve sa motivation dans Harry Potter, participe à un GN, très douée en informatique), tout en étant en décalage franc avec les stéréotypes dénoncés par cet article : femme et lesbienne, à l’apparence soignée et au style recherché.

    Une vraie bonne surprise (surtout pour une série qui se vautre souvent dans les stéréotypes) et à mon avis un des meilleurs personnages geek des univers de fiction 🙂

    • Aaah oui, j’avais complètement oublié qu’elle était hackeuse à la base 😮
      C’est vrai que c’est l’un des seuls personnages vraiment cool de Supernatural. L’épisode à la saison 8 ou 9 où elle finit par partir avec Dorothée dans le pays d’Oz est vraiment pas mal.

  2. Bonjour,

    C’est une erreur très courante mais c’est sciences « exactes » pas sciences « dures ».

    Comme décortiquer le message/intention derrière tout (et n’importe quoi) est votre truc sur ce site; je vous invite à faire de même avec cette tendance à remplacer « exactes » par « dures ».

    • Sciences « exactes » est une expression tout aussi inappropriée (les mesures, les observations, les raisonnement incorporant forcément une dose d’approximation et d’incertitude). En fait, il faudrait parler de sciences de la nature et de sciences formelles.

    • Pourquoi ?

      J’ai un peu cherché sur internet et j’ai trouvé que parler de sciences « dures » revient à désigner les autres sciences comme « molles ». Mais parler de sciences « exactes » me semble aussi péjoratif pour les autres, « inexactes »…il y a un autre argument ?

      (Perso, j’ai tendance à parler de sciences naturelles, pour la physique, chimie, biologie, géologie, mais ça ne s’applique pas à la mathématique ou à l’informatique…)

      Bref, je ne suis pas convaincue qu’il existe une bonne manière de désigner les sciences et que les autres sont des « erreurs ».

    • On peut opposer sciences « dures » et sciences « molles ».
      On peut aussi dire « sciences humaines et sociales » et « sciences inhumaines et associales »
      arf!

      • Sciences humaines c’est sciences de l’homme… le pendant ça serait effectivement science mathématique ou de la nature, non ?
        pas inhumaine… alors que exacte ou dure le pendant est clairement péjoratif.

        • Sinon, on peut dire « sciences expérimentales », en opposition aux sciences non expérimentales comme l’histoire.

          • Oui, enfin les maths ne sont pas vraiment une science expérimentale, et l’informatique pas vraiment non plus (même si on ne peut pas se passer de, outre prouver leur correction et leur efficacité, tester en pratique les algorithmes).

          • Le jour où l’informatique sera une science exacte, sera le jour où la physique devient une science exacte (pour l’électronique notamment) et qu’on pourra prouver que n’importe quel logiciel est 100% sans bug (ce qui est aujourd’hui impossible à faire formellement).

            Quand aux mathématiques, c’est très discutable et discuté (la géométrie euclidienne, par exemple, n’est pas « exacte »).

  3. oui
    c’est vrai que quand on est un garçon hétérosexuel en manque de jolies filles super douées aux jeux informatiques et qu’on en rêve en allant au cinéma, c’est très décevant de s’apercevoir que l’on en voit très peu dans les films qui utilisent les ressors de ce type de personnages et que quand il y en a, en plus, elles sont vaguement homosexuelles ou ne font pas spécialement bien la cuisine, et pire : elles ont des gènes vaguement chinois, probablement maoïstes et font surtout du renseignement, du terrorisme intello… de toute façon, il semble qu’elles ne bêzent pas avec des garçons romantiques, esseulés devant des écrans vidéos…
    c’est rageant !
    c’est vrai ça !

  4. Dans la liste des informaticiens/hackers non blancs on peut ajouter à la liste Ian Johnson (Nathan Stewart-Jarrett) et Wilson Wilson (Adeel Akhtar) dans la série Utopia

    • Merci, je connaissais pas la série. J’en profite pour rajouter au passage Monty Green dans la série The 100 que j’ai découverte il y a quelques jours.

  5. 14 personnages sur 65=QUINZE personnages sur SOIXANTE-CINQ
    (ça reste une inégalité mais faut quand même le souligner qu’il y en a une de plus, elle n’était pas dans le classement mais a été rajoutée récemment suite à une erreur)
    Dans Code Lyoko, Aelita Schaeffer est aussi une hackeuse (d’abord intelligence artificielle [ancienne humaine devenue ainsi] puis humaine qui devient une superbe hackeuse qui fait partie du groupe de héros en les reliant pendant tout le scénario: gardienne du monde virtuel de la série créé par son père qui a créé l’entité maléfique virtuelle qui traque les héros mais, enfin, je vais pas raconter le scénario)
    Mais il y a aussi Chloé O’Brian dans la série 24 heures chrono qui guide Jack Brauer et qui n’a pas été vraiment été éphémère puisqu’elle a été présente dans 7 saisons sur 9. C’est pas mal.
    Ca reste inégal au niveau du genre mais faut reconnaître que ces derniers temps, aussi bien au niveau de la fiction que dans la réalité, les hackeuses et les geek(ettes) reviennent. On en voit de plus en plus dans les séries tv (après au cinéma, pas tellement c’est vrai) et sur internet. Allez jeter un coup d’oeil à youtube et aux séries récente. Vous verrez.

  6. On oublie aussi tous les hackers faisant partie d’autres types de séries, comme les séries policières. Je pense à Penelope Garcia dans la série Esprits criminels, entre autres.

  7. Mathias Poujol-Rost (un mec blanc cis)

    Bonjour,

    Juste un commentaire quant à un autre hacker, dans Furious 7 (le septième volet de cette saga). J’ai vu le film en VOST EN, sans rien en attendre d’autre qu’un « stupid, action movie ».

    SPOILER ALERT: ce qui suit dévoile des éléments de l’intrigue, tellement « secrets » qu’ils ne sont pas dans la bande-annonce (alors que la tendance actuelle est -de fait- d’intégrer tellement d’image émouvantes ou spectaculaires que ça vous spoile une bonne part du film).

    Il y a déjà un hacker dans la saga, un homme noir nommé Tej (joué par Ludacris).

    Dans ce volet FF7, il est question d’un autre hacker, transporté dans le bus noir qui fini couché sur le côté (visible dans le trailer). Et là surprise quand Brian O’Conner (acteur Paul Walker) va le chercher : c’est une femme, métisse (très clair tout de même), cheveux crépus… (actrice Nathalie Emmanuel) ! D’ailleurs l’équipe se demande si elle est vraiment hacker…

    Tout ce beau monde arrive à Abu Dhabi, et là discussion ôh combien surprenante entre deux mecs de la bande:
    – Je ne pensais qu’il ferai si chaud ici. *regarde au loin vers l’eau*
    – Ouais t’as raison il fait vraiment très chaud.
    – J’parle pas d’la météo, crétin.
    – Cherche pas, elle est à moi. [voilà ce qui se dit en substance]

    Ils parlent de leur nouvelle recrue, la hacker Ramsey. Le plan suivant est celle-ci sortant de l’eau en bikini très échancré (que de la ficelle sur le côté), face caméra… https://www.youtube.com/watch?v=DRoaStCg7m4 (Et le suivant : gros plan s’éloignant, vue de dos au niveau de fesses, vers la troupe des héros. Point #MaleGaze atteint.) Elle se fait donc « MECHAMMENT » sexualiser, jamais un tel traitement graphique n’aurait été appliqué à un homme.

    En effet, le parallèle le plus proche est James Bond sautant presque hors de l’eau en boxer ( https://youtu.be/qaOZjjmjd7w?t=17 ), d’autant plus moulant qu’il émerge à l’instant de l’eau. Mais ces deux plans très sexy ne peuvent sans doute pas être mis plus (+) en parallèle, tant ils diffèrent dans la manière de montrer les corps :
    – Le corps de Ramsey est filmé en gros plan, celui de Bond en plan plus large (cf. figurants à l’arrière plan).
    – En fait Ramsey est filmée si près que la caméra doit « panoter » de haut en bas pour la montrer entièrement ; il en résulte que le réalisateur James Wan (homme d’origine Malaysienne) de Furious Seven a choisi de s’attarder sur son corps (au moins trois secondes pour tout montrer de bas en haut) ; alors que le plan de JB est plus « furtif » et plus serré sur sa partie supérieure (taille-tête) !

    Ramsey subit donc une très violente sexualisation, qui ne fait pas du tout avancer l’histoire (ce qui aurait surprenant pour cette série de films), une sexualisation qui est donc particulièrement inutile.

    Plus tard dans le film, Ramsey sera mise à contribution, de manière active, au profit de la troupe, mais jamais entièrement seule. Et notamment est elle montrée encore et toujours fragile physiquement, voire gaudiche et nunuche, un gars doit assomer un malotru pour elle. Elle réussira quand un hack (qui me parait très tiré-par-les-cheveux sur le plan technique, mais comme toujours au Cinéma), mais elle reste une personnage faible en-dehors de ses compétences techniques, très marginalisée et objectifiée **pour autrui**.

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