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Frère des ours (2003) : qui est le monstre ?

brotherbear00

Cet article inaugure une série d’analyses portant sur les films d’animation qui développent un propos antispéciste. L’antispécisme est la position politique égalitariste qui refuse et combat l’exploitation des animaux par les humain-e-s, ainsi que tous les discours qui légitiment cette exploitation. Comme j’ai essayé de le montrer ailleurs sur ce site, les films d’animation sont saturés de représentations spécistes qui affirment la supériorité des humain-e-s sur les animaux. Valoriser les quelques films qui vont à l’encontre de ce discours dominant me semble donc important.

Je sélectionnerai dans ces articles des films qui tendent à présenter les animaux comme une classe opprimée plutôt que de se concentrer sur un (ou des) cas individuel(s) (comme c’est par exemple le cas dans des films comme Le Monde de Nemo ou Gang de Requins avec son personnage de requin végétarien). En mettant en évidence l’existence d’un rapport de domination d’une classe d’individus sur une autre, ces films font donc de la question du traitement des animaux par les humains une question politique. Rien que pour cela, ces films ont du mérite, car l’idée que notre rapport aux animaux puisse être politique est encore très loin d’aller de soi aujourd’hui pour la plupart d’entre nous. Un exemple parmi d’autres : cela ne choque personne (ou alors pas grand monde) que le meurtre des animaux soit autorisé par la loi, alors même que le meurtre d’humain-e-s est interdit. Deux poids, deux mesures.

Je choisirai aussi en priorité des films qui dénoncent l’exploitation directe des animaux, et pas ceux qui traitent avant tout de leur extermination par la destruction de leur milieu de vie (comme c’est par exemple le cas de Rio 2 ou de Animal United). Je ne pense pas du tout que ces films soient moins intéressants ou moins importants d’un point de vue antispéciste. Ils traitent eux-aussi de pratiques où le spécisme est pleinement à l’œuvre, puisque la vie et le point de vue des animaux y sont totalement ignorés, ou considérés comme totalement négligeables face aux intérêts des humains (qui considèrent la Terre comme leur propriété exclusive dont ils peuvent disposer comme bon leur semble). Mais il me semble que ces films laissent souvent la possibilité au public de conserver son point de vue anthropocentré (en lui e