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Insaisissables (2013) : Qui est in ? Qui est out ?

insaissables

Insaisissables (Now you see me en VO) raconte l’histoire d’un quatuor de magiciens surdoués, les « Quatre Cavaliers », poursuivis par le FBI et Interpol car leurs tours de magie ultra-médiatisés consistent à voler de l’argent aux riches pour le redistribuer au peuple (c’est du moins ce que l’on croit être leur motivation au début).

Tout le film consiste en une succession d’affrontements virils dans lesquels des individus exceptionnels comparent leurs grosses intelligences pour déterminer qui fait partie de la masse des médiocres et qui fait partie du club des génies. Et vous n’allez pas le croire, mais à la fin les génies et ben c’est presque que des hommes blancs hétéros supra-intelligents. Et face à eux, ceux qui s’agitent pathétiquement dans leur médiocrité, et ben c’est comme par hasard la femme, le Noir, et le peuple. C’est fou comme la nature est bien faite…

Atlas VS Merritt

 Le premier de ces duels a lieu entre les deux fortes têtes des « Quatre Cavaliers » : Daniel Atlas (Jesse Eisenberg) et Merritt McKinney (Woody Harrelson). Les deux personnages n’arrêtent pas de s’envoyer des piques en jouant à qui sera le plus drôle et le plus « cassant » (avec le plus souvent la fille du groupe en spectatrice passive mais enthousiaste de leurs blagues agressives).

insaissables01Super-malin n°1 balance une super-vanne à Super-malin n°2

insaissables02Super-malin n°2 rétorque avec une super-contre-vanne à Super-malin n°1

insaissables03Et Super-cruche rigole parce qu’elle trouve évidemment que tout ça est super-drôle

On retrouve ici le duo comique qui avait fait le succès de Zombieland, avec un Woody Harrelson dans le même genre de rôle, à savoir celui du mec grande gueule, viril et un peu ringard (dans Zombieland, il avait exceptionnellement le droit d’exprimer ses émotions, mais pas ici visiblement…). En revanche, le personnage incarné par Jesse Eisenberg diffère pas mal de son rôle dans le même film (où il était un jeune homme timide et introverti) pour se rapprocher plus du type de celui qu’il tenait dans The Social Network : celui d’un mec génial mais profondément méprisant, et par là un peu antipathique, mais qui est tellement génial qu’on passe outre ses défauts pour se dire au final qu’il est quand même trop cool.

Je trouve personnellement ce genre de héros (dont Dr House, Sherlock ou Iron Man sont d’autres exemples célèbres) absolument nauséabonds  d’un point de vue politique. Le problème repose pour moi principalement dans la manière dont ils sont présentés par les films et séries qui les mettent en scène, et donc dans le regard que l’on est invité à porter sur eux.  Ces hommes (puisqu’il s’agit bien sûr toujours d’hommes) sont absolument ignobles et méprisants envers leur congénères, mais on est tout de même encouragé-e-s à les admirer pour leur génie. On leur pardonne ainsi leur comportement détestable sous prétexte qu’ils sont tellement brillants que c’est bien normal qu’ils soient un peu « asociaux » (euphémisme assez courant pour les qualifier et qui en dit long sur la négation des rapports de domination dans l’analyse habituelle de ces figures). Personnellement, je trouve absolument nauséabonde cette manière de glorifier des gros dominants imbus d’eux-mêmes en posant l’intelligence comme la valeur suprême[1].

Alors qu’il était dans Zombieland et The Social Network un jeune homme ne sachant pas trop « s’y prendre » avec les femmes, Jesse Eisenberg est ici un don juan dont le surnom au sein des « Quatre Cavaliers » est significativement « The Lover ». Dans les premières scènes, on le voit ainsi séduire une fille grâce à un tour de magie spectaculaire, puis au moment de coucher avec elle, la jeter comme une merde car il a en fait mieux à faire (ses trucs de grand magicien génial).

insaissables04Quand on est super-magicien, on l’est aussi au lit.

insaissables05Enfin… sauf quand on a mieux à faire. « Allez dégage s’il te plait femme »

Le pire c’est que l’on est invité à rire de ce qu’il fait subir à cette femme, comme on sera invité à rire avec lui tout au long du film des blagues sexistes qu’il lancera à son ex-assistante et partenaire, Henley Reeves (Ilsa Fisher), tournant autour de son poids (« t’étais tellement grosse que t’arrivais pas à passer dans la trappe», « ah t’as maigri dis donc », etc.).

Henley la potiche

 Cette dernière fait partie des deux personnages  secondaires du groupe des « Quatre Cavaliers », avec Jack Wilder (Dave Franco) le pickpocket. Celui-ci n’a certes pas beaucoup d’épaisseur, mais il a au moins l’honneur de connaître une évolution pendant le film. Alors qu’il apparaît au début comme un « gamin » en admiration devant Atlas, son idole, il devient finalement un homme lors d’une longue scène d’action (bagarre puis poursuite en voiture). Ce « troisième cavalier » a donc non seulement une trajectoire personnelle (si simple soit-elle), mais cette trajectoire est en plus valorisée comme un accès à une masculinité accomplie, puisque le jeune garçon a prouvé sa virilité les couilles en avant.

Rien de tout cela pour le personnage d’Henley. Celle-ci n’a aucune trajectoire personnelle, aucune épaisseur, et n’a quasiment aucun rôle dans l’équipe, à part celui de potiche.

insaissables06D’abord le grand illusionniste génial fait naître une bulle dans ses mains.

insaissables07Après il met la potiche dedans…

insaissables08… comme ça elle peut faire des jolies figures avec son corps, vu qu’elle est jolie ça tombe bien.

insaissables09Mais après oh lala la bulle elle éclate et la femme elle tombe.

insaissables10Heureusement, l’homme est là pour la rattraper…

insaissables11… et lui balancer une petite blague sur son poids ! Qu’est-ce qu’on se marre…

Introduite comme l’ex-assistante d’Atlas, elle restera pendant tout le film à sa place d’assistante, secondant les héros masculins charismatiques dans leurs exploits. Significativement, la scène qui introduit son personnage la montre se trémousser en bikini avant de se jeter, enchaînée, dans un bocal où seront lâchés des dizaines de piranhas. Elle se met donc elle-même en scène avant tout comme un corps, dans un dispositif sadique digne des films d’horreur les plus basiquement sexistes.

insaissables12Les femmes elles aiment bien se foutre à poil…

insaissables13… et les mecs ils adorent ça, ça tombe bien.

insaissables14Et c’est encore mieux si elle se fait bouffer par des piranhas… Aussi rigolo que Piranhas 3D !

Dès la première scène où les magiciens sont réunis pour la première fois, sa place sera clairement définie, elle sera la-femme-entre-deux-Grands-Hommes. Il n’est question d’elle que comme d’un objet de désir : l’un l’a baisée (mais la trouvait quand même un peu trop grosse…), l’autre veut la baiser. Pendant tout le film, Merritt le mentaliste s’ingéniera à tenter d’« entrer dans sa tête » pour pouvoir « se glisser dans sa petite culotte », comme il le dit lui-même. Et malgré le comportement ignoble qu’Atlas a envers elle pendant tout le film, Henley restera toujours amoureuse de son ancien « maître », comme le devine facilement Merritt-qui-ne-se-trompe-jamais (« manifestement, tu éprouves des sentiments pour Daniel, lesquels sont non réciproques et… plutôt désolants, à cause de son manque de disponibilité émotionnelle. Par conséquent, tu es très sérieusement euh…comment te dire ça… frustrée »).

Dylan VS Alma

 Le personnage d’Alma Dray (Mélanie Laurent) semble au début contrebalancer le sexisme qui étouffe le personnage d’Henley. Elle est une agent d’Interpol qui mène activement l’enquête et qui a systématiquement le dessus sur son coéquipier du FBI, Dylan Rhodes (Mark Ruffalo), qui ne cesse quant à lui de se ridiculiser publiquement.

Cela ne l’empêche pas d’être le plus souvent inutile : elle est présentée comme inexpérimentée et passe son temps à feuilleter des bouquins de magie en répétant à Dylan qu’il doit faire un acte de foi, sans plus d’arguments que cela. Elle n’ouvre presque pas la bouche lors des interrogatoires. Et elle est même parfois contreproductive, comme lorsqu’elle insiste pour avoir une discussion avec son partenaire à un moment où elle ferait mieux d’agir (au début de la course poursuite en voiture). Si elle tient parfois tête à Dylan, elle se soumet aussi à lui alors même qu’elle n’a aucune raison de le faire (comme lorsqu’elle s’excuse de lui avoir fait une clé de bras). Malgré le fait que le film la valorise clairement par rapport à son coéquipier, elle est donc loin d’être le personnage le plus féministe de l’année…

insaissables15Hihihi, je sers à rien, mais je rigole aux blagues des mecs, ils sont si drôles…

insaissables16Sinon moi je crois pas en la logique parce que je suis une femme, tu comprends Dylan.

insaissables17Et puis je m’excuse aussi quand j’ose remettre un homme à sa place alors qu’il le méritait, parce que c’est les hommes qui commandent, et ça c’est important tu sais Dylan.

insaissables18Sacré Dylan, t’es vraiment trop drôle et trop intelligeeeent, jsuis trop in love de toi tsé

Le problème avec ce personnage de femme « forte » (attention spoiler),  c’est que tout le film prend son sens dans un retournement final où l’on s’aperçoit que Dylan a berné tout le monde (et en particulier Alma, qui était la plus proche de lui et donc la plus à même de percer son secret). En effet, c’est lui qui avait élaboré tous les tours de magie des « Quatre Cavaliers » et qui tirait toutes les ficelles depuis le début. A la fin, les 4 magiciens géniaux s’inclinent devant son intelligence supérieure. Dieu parmi les mortels, il est une véritable légende, puisqu’il est le représentant de « L’œil », cet ordre ancestral qui élit une fois par siècle des magiciens exceptionnels se distinguant de la masse des médiocres.

La pauvre femme, qui s’était tant moquée de son collègue, ne s’est pas un seul instant doutée que c’était elle la truffe, et qu’elle était en train de se croire supérieure à Dieu en personne. Le film se chargera de la remettre à sa place, à savoir celle de spectatrice éblouie par le génie de son Maître. Elle tombera évidemment amoureuse de lui, remise ainsi à sa place inférieure et soumise de femme  par ses sentiments. Tout au long du film, elle est lourdement associée au domaine de la foi, de la croyance, de l’intuition et de l’illusion, pendant que les hommes occupent le domaine du savoir, de l’intelligence, de la logique et de la vérité. Ces deux domaines sont aussi présentés par le film comme ceux qui sépare les spectateurs des magiciens. Ainsi, alors qu’elle croyait être l’actrice principale de l’enquête, la femme s’aperçoit qu’elle a été en fait totalement dominée par un homme et finit par aspirer (de par sa nature de femme) à la position de spectatrice (admirative et amoureuse de surcroît).

Dylan VS Thaddeus

 Le vrai grand duel n’a donc pas lieu entre Dylan et Alma (la pauvre femme ne fait vraiment pas le poids), mais entre Dylan et Thaddeus Bradley (Morgan Freeman), un ex-magicien qui gagne sa vie en révélant les secrets des autres magiciens dans des émissions télé, et qui poursuit les « Quatre Cavaliers » pour tenter de percer leurs secrets. C’est le seul Noir, et ce n’est à mon avis pas un hasard. Ce qui caractérise en effet ce personnage, c’est qu’il ne croit pas à la magie, et qu’il utilise même toutes ses forces pour la détruire. Or selon une dichotomie raciste digne de l’époque coloniale, les Noirs sont associés à la magie et à l’irrationalité tandis que les Blancs ont quant à eux le monopole de la science et de la raison. En voulant démystifier les tours des magiciens, Thaddeus cherche donc à échapper à sa condition de Noir et à s’élever au niveau des Blancs. Le malheureux sera sévèrement puni pour son affront.

Une scène abonde dans le sens de ce propos raciste d’une manière toute ironique. Il s’agit de cette scène se déroulant à la Nouvelle-Orléans dans une boutique de grigris, où Thaddeus est en train d’enregistrer sa nouvelle émission. Le décor raciste est planté dès le départ, notamment par la phrase sur laquelle le présentateur Noir finit son speech : « [Les Quatres Cavaliers] réussiront-ils à échapper à la loi et à la justice comme ils l’ont fait à Las Vegas ? Ou bien le sombre mysticisme (dark mysticism) de ces terres du Sud baignées de marais triomphera-t-il d’eux ? ».

insaissables19insaissables20Le Noir qui ose se foutre de la gueule de la magie, des superstitions et des grigris. Mais rira bien qui rira le dernier…

Arthur Tressler (Michael Caine)[2] interrompt alors le tournage pour venir menacer Thaddeus, et s’empare d’ une poupée vaudou qu’il agite dans sa main. Thaddeus lui dit alors : « Oups. Vous n’auriez pas dû faire ça. Il y a une superstition qui dit que celui qui se sert d’une poupée pour exprimer sa colère finira par attirer aussi la colère sur sa propre personne ». Ce à quoi Arthur répond : « C’est très amusant. Je croyais que vous ne croyiez pas à la magie ». Et en effet, c’est très amusant, car même s’il a raison en ce qui concerne ce qui arrivera à court terme à Tressler [3], le Noir qui est en train d’essayer de jouer au plus malin ne se rend pas compte que son ironie se retournera au final contre lui, puisque c’est lui qui, à force de se servir des autres (magiciens) pour exprimer sa colère (de ne pas être un grand magicien), finira par « attirer la colère sur sa propre personne ».

En effet, comme on le comprend à la fin, tous les tours exécutés par les « Quatre Cavaliers » n’avaient pas pour but de redistribuer l’argent des riches aux pauvres (les billets qui pleuvent sur la foule dans la scène finale sont des faux), mais uniquement de tendre un piège fatal à Thaddeus Bradley, qui finit vaincu en prison. Si Dylan voulait ainsi punir Thaddeus d’une manière si violente, c’est parce qu’il est en réalité le fils de Lionel Shrike, un magicien d’exception qui mourut de la révélation publique par Thaddeus de ses secrets de magicien. Avec émotion, le film nous montre en flashback le père faire ses derniers adieux à son fils avant son ultime numéro. Le Noir n’a non seulement pas su rester à sa place de Noir, mais il a en plus osé menacer l’ordre patriarcal-blanc. Il sera doublement puni par une humiliation et un emprisonnement.

insaissables21insaissables26Le Noir médiocre qui aura toujours un train de retard sur le génie Blanc. Et même quand on lui explique il comprend toujours pas…

Les médiocres VS Les génies

Comme le percera à jour Merritt-qui-ne-se-trompe-jamais, Thaddeus n’était mu, dans sa quête de démystification de la magie, que par le ressentiment vis-à-vis de la caste des êtres supérieurs dont il ne fait pas partie : « Je vois un petit garçon. Il rêve de devenir un Grand Magicien un jour. Et s’il est doué, il n’est tout de même pas assez doué. Il finit donc en bas de la chaîne alimentaire du divertissement, se nourrissant de ceux qui ont le talent qu’il n’a jamais eu ».

Le film abonde dans le sens de cette idéologie élitiste qui veut que certains soient supérieurs à d’autres par nature en faisant de la légende de « L’œil » une réalité. L’Etre supérieur vient ainsi élire ceux qui se distinguent de la masse par leur génie, et les invite à rejoindre la caste des « élus ». Pas de déterminismes sociaux, pas de privilèges de classe, de sexe, ou de « race », seulement des dons que certains ont et que d’autres n’ont pas. Or étrangement, les médiocres par nature se trouvent être comme par hasard un Noir et une femme, tandis que les hommes blancs composent les rangs de la classe des êtres supérieurs par nature (avec une petite exception pour Henley la potiche, parce qu’il faut bien une assistante pour seconder et admirer tous ces génies…).

insaissables22insaissables23« Eh ouais mec t’as vu ! Bienvenue au club des super-malins ! »

Au passage, cette symbolique de « L’œil » ainsi que les épreuves initiatiques que doivent accomplir les magiciens pour être acceptés dans le cercle des êtres supérieurs fait fortement penser à certains rituels de sociétés secrètes. Les quatre élus doivent se soumettre sans poser de question aux ordres  pour pouvoir entrer dans ce club des élites, et le film valorise totalement cette soumission volontaire et aveugle au grand chef invisible.

 insaissables24Se soumettre aveuglément aux ordres du chef, le passage obligé pour faire partie des initiés. Une belle idée hein ? 

Dans la même logique, la dernière scène oppose les Grands Magiciens au peuple[4], cette masse de gens médiocres qui n’aspirent pas au savoir mais à l’illusion (contrairement à ce que soutenait Thaddeus qui affirmait que « le désir de savoir est plus important que celui d’être trompé »). Alors que l’on pouvait croire au début que les magiciens étaient populaires parce qu’ils redistribuaient l’argent des riches au peuple, on s’aperçoit à la fin que le peuple s’en fout de toute cette politique, et que la seule chose qu’il veut c’est du divertissement à l’américaine[5], qui glamourise l’argent dans une ambiance Las Vegas où les billets tombent du ciel. Dans le dernier tour, les billets sont des faux, mais le peuple est quand même content, parce que la seule chose qu’il veut au fond c’est du spectacle, de l’illusion.

insaissables25Le bonheur des masses

Comme le dit Alma à la fin : « certaines choses doivent rester des mystères ». Après avoir fait allusion à plusieurs reprises aux banques et aux compagnies d’assurance en faisant mine de les critiquer, le film se termine ainsi sur une apologie de la mystification, qui sonne comme un véritable plaidoyer contre la transparence, où le peuple est présenté comme une masse d’individus médiocres qui désirent être trompés par des êtres naturellement supérieurs. Difficile de faire plus puant politiquement…

Paul Rigouste


[1] J’ai l’impression qu’une autre dimension récurrente de ce genre de personnages (qui est relativement absente chez Atlas) est que leur génie est très souvent présenté comme nécessaire, parce qu’il y a un crime qu’il faut absolument résoudre (Sherlock), un malade qu’il faut absolument sauver de la mort (Dr House), le monde qu’il faut absolument sauver du chaos (Iron Man), etc. Ces films/séries posent ainsi ces surhommes méprisants et géniaux, ces gros dominants imbus d’eux-mêmes, comme des êtres nécessaires sans qui tout s’écroulerait.

[2] On peut remarquer au passage à propos de ce personnage qu’il reproduit le trope de l’« anglais méchant », un classique du cinéma américain, dont l’origine réside probablement dans l’histoire du rapport entre États-Unis et la Grande-Bretagne : cf. http://www.h2g2.com/approved_entry/A891155

[3] Et en ce sens, le film confirme les clichés racistes qu’il avait mis dans la bouche du Noir (même si celui-ci les mobilisait de manière ironique).

[4] Si Thaddeus est en un sens du côté des médiocres parce qu’il n’a pas et n’aura jamais le génie des « Quatre Cavaliers », il est en un autre sens du côté des élites du fait de sa position de surplomb par rapport au peuple (en tant qu’être exceptionnel qui tente de protéger les masses de leur propre crédulité).

[5] Je ne suis pas sûr, mais il me semble que le film s’amuse à jouer sur une opposition américains/français dans laquelle les premiers sortent vainqueurs. Outre les blagues gentiment anti-françaises qui parsèment le film, on peut remarquer que les deux acteurs français qui apparaissent dans le film ont les rôles de cobaye enthousiaste (José Garcia) et de spectatrice émerveillée (Mélanie Laurent). Ce sont les deux personnages qui croient le plus à la magie, et qui sont ainsi les spectateurs les plus fascinés par le grand spectacle de l’illusion à l’américaine. Peut-être que le blockbuster hollywoodien est-il en train de réaffirmer par là son hégémonie dans le monde du divertissement (notamment face aux français et leur cinéma d’auteur prestigieux qui ne fait pas rêver les foules) ? Le fait que le réalisateur du film soit un français expatrié et spécialiste des blockbusters à l’américaine (The Transporter 1 & 2, The Incredible Hulk, Clash of the Titans) n’y est peut-être pas pour rien…

31 réponses à Insaisissables (2013) : Qui est in ? Qui est out ?

  1. Je suis sorti mitigé du cinéma, je n’ai pas trouvé de réél intérêt à l’existence de ce film…
    Les tours de magie étaient corrects, les acteurs jouaient le minimum syndical, les flics sont inutiles comme d’habitude et dès qu’ils ont parlé d’une ancienne affaire, j’ai tout de suite compris où irait l’histoire…
    Malheureusement à ce stade le twist final n’en était plus un.
    Si vous avez été assez concentré pour voir tous ses défauts, bravo !
    J’ai vu ce film et je souhaite l’oublier au plus vite !

  2. je me souviens avoir été assez mal à la l’aise pendant tout le film, surtout avec le personnage de isla fisher qui clame qu’elle en avait marre d’être une assistante et qui sert uniquement de potiche (ou de distraction), j’ai aussi détesté de la voir se faire arracher ses vêtements, dès les premières secondes où on la voit, pour les besoins de son spectacle.

    sans rapport avec ce billet :
    sinon je voulais vous remercier pour vos articles, ils m’ont réfléchir à ma façon de voir le monde, et surtout aux images(et donc les messages) qui nous entourent. la première fois que j’ai lu un de vos articles c’était en me disant « oh non c’est exagéré » mais il y avait quelques points qui m’ont frappés (notamment l’article où on voit qu’aladdin et jasmine sont occidentalisés par rapport aux méchants du film). Donc maintenant je suis plus attentive à ce que je regarde, et aussi à mes paroles.

  3. « Or selon une dichotomie raciste digne de l’époque coloniale, les Noirs sont associés à la magie et à l’irrationalité tandis que les Blancs ont quant à eux le monopole de la science et de la raison. En voulant démystifier les tours des magiciens, Thaddeus cherche donc à échapper à sa condition de Noir et à s’élever au niveau des Blancs. »

    Je trouve ce raisonnement un peu capillotracté, mais soit, admettons. Mais dans ce cas, on peu aussi pousser le raisonnement plus loin. Si la magie est l’apanage des noirs, comme vous le dites sans vraiment le justifier, alors les quatre magiciens (et Dylan par la même occasion) chercheraient à échapper à leur condition de blanc, non?

    Je sais que leurs tours sont expliqués, en tout cas certains, et que c’est donc plus de la science que de la magie. Mais après tout, si Thaddeus, en cherchant à les démasquer, tente d’utiliser la science, les magiciens eux souhaitent rester dans le domaine de la magie.

    Donc, selon votre raisonnement, à « échapper à leur condition de Blanc et à s’élever au niveau des Noirs »…

    • J’ai l’impression qu’il faut distinguer ceux qui exécutent les tours (donc utilisent une science) pour *créer* de l’illusion et de la magie et ceux qui sont spectateurs de ces tours, et donc croient à cette illusion. Thaddeus démonte ces tours parce qu’il refuse de céder à l’irrationalité en tant que spectateur. Les magiciens, eux, restent toujours tout à fait rationnels.

      • Mouais, sauf qu’ils veulent à tout prix rejoindre « The Eye », une communauté de « vrais » magiciens. Pas très rationnel tout ça…

        • De ce que j’ai retenu de « The Eye », c’est que c’est une communauté de magiciens qui fait se perpétuer une tradition de charmer et faire rêver le public grâce à leurs illusions. Mais tout ça avec des trucs et astuces rationnels de magiciens prestidigitateurs : on ne les voit jamais invoquer les esprits ou agiter une poupée vaudou par exemple…

    • Tout à fait d’accord avec Arroway. A mon avis, votre tentative de renversement de l’argument ne tient pas, BAT, au moins pour deux raisons :

      1/ Vous faites comme s’il n’y avait aucun rapport de domination qui se jouait ici, comme si on vivait dans une société où Blanc-he-s et Noir-e-s seraient égaux, et où le racisme n’existait pas. Je ne suis pas un spécialiste de la question, mais il me semble que cette association des Noir-e-s à la superstition et à la magie (et des Blanch-e-s à la science et à la rationalité) n’est pas innocente politiquement : elle sert à appuyer et légitimer un rapport de domination. Voir les Noir-e-s comme des gens qui n’ont pas qui n’ont pas accédé à la science et à la rationalité (contrairement à nous les Blanc-he-s) est un moyen de justifier un rapport de pouvoir de type colonial où les Blanc-he-s vont sortir les pauvres sauvages de leur ignorance et de leurs croyances archaïques pour les mettre sur la voie de la science, du progrès, de la civilisation, etc. J’ai l’impression qu’il y a en plus un côté « diabolisation » des Noir-e-s avec cette histoire de magie (noire). L’imagerie poupées vaudou et grigris est souvent mobilisée pour faire peur il me semble (cf. par exemple au cinéma le film La princesse et la grenouille de Disney). Bref, je ne suis pas du tout spécialiste des idéologies racistes et de la manière dont elles ont servi des entreprises de domination, mais cela me semble assez évident dans ce cas là non ?

      Du coup, je trouve que ça n’a aucun sens de dire, comme vous le faites, que les Blancs dans le film aspireraient aussi à échapper à leur condition de Blancs. Vous faites comme si c’était symétrique, alors que dans l’histoire il y a des dominés et des dominants. Ce que vous dites revient à dire que les dominants voudraient échapper à leur condition de dominants pour devenir des dominés. Est-ce que vous voyez pourquoi je trouve que c’est absurde ?

      2/ Et en plus, comme le pointe Arroway, rien dans le film ne va dans le sens de ce que vous dites. On voit Thaddeus le Noir dans un magasin de grigris à la Nouvelle Orléans ironiser sur le « mysticisme sombre de ces contrées » et sur les poupées vaudous, alors qu’il n’y a absolument rien de ce genre chez les personnages de Blancs. Ceux-ci sont toujours du côté de la science (la science de la manipulation du peuple des médiocres, qui adorent ça de surcroît). Il y a donc ceux qui sont du côté de la science et du pouvoir et qui y restent (les magiciens Blancs), et d’un autre côté Thaddeus qui est du côté de la superstition et des poupées vaudous, qui essaie d’en sortir pour être aussi fort que les Blancs sur leur terrain (celui de la science de la magie), mais qui n’y arrive pas.

      Du coup l’inversion que vous proposez ne marche pas à mon avis. Vous voyez ce que je veux dire ? (désolé si je ne suis pas clair, je suis assez fatigué donc j’ai bien conscience d’être vraiment brouillon, mais est-ce que vous comprenez ce que je veux dire quand même ?)

      • « Du coup, je trouve que ça n’a aucun sens de dire, comme vous le faites, que les Blancs dans le film aspireraient aussi à échapper à leur condition de Blancs. Vous faites comme si c’était symétrique, alors que dans l’histoire il y a des dominés et des dominants. Ce que vous dites revient à dire que les dominants voudraient échapper à leur condition de dominants pour devenir des dominés. »

        En fait le truc de « The Eye » c’est plutot une manière de sortir de sa condition de (magicien) dominant pour devenir un mega-(magicien)-dominant. Le truc de l’élu qu’on retrouve beaucoup dans le ciné US. Et ils seraient des initiés au courant des ficelles secrètes du monde (de la magie).
        En plus le nom « The Eye » est un clin d’oeil lourd à des théories compotistes sur les illuminatis ou la franc-maçonnerie. Dans la franc-massonnerie l’oeil dans une pyramide ou un triangle est dénommé « l’oeil qui voit tout » et est une représentation du « grand architecte », leur dénomination pour dire Dieu. Dans les trucs que j’ai trouvé sur les illuminatis, on parle plutôt de « l’Oeil de Lucifer ». Le nom aussi des « 4 cavaliers » est aussi une reference bien connu a l’apocalypse de St Jean et du coup on est à la limite entre la quête d’une sorte de prophetisme, ou figure christique ou je pense plutot antichristique. C’est comme si on avait le diable en personne qui commendait à ces cavaliers de l’apocalypse pour leur faire executé ses basses oeuvres. Du coup c’est coherent avec le fait que l’argent volé n’est pas donné aux pauvres ou que le but est l’exercise d’une vengeance. Là on est face à des magiciens geniaux mais au service du mal et il faudrait les trouver sympatiques. Ca à l’air dit comme ca d’une critique de leur attitude, mais on est plus appeler a savourer leurs trucages « géniaux » et etre des spectateurs porté par la magie de l’illusion que d’exercer notre esprit critique sur ces attitudes prédatrices et pédantes. On a plutot a faire avec l’idée qu’on peu tout pardonner a de grands esprits brillants et ne pas critiquer un spectacle si il est bien fait. C’est amusant parceque c’est l’antithèse du propos du site, ce film est du pure troll ;)

      • En fait ce qui me perturbe dans votre analyse, c’est que, de mon point de vue, je ne vois pas Morgan Freeman (Thaddeus) comme un « représentant de la magie noire ». Son passage à la Nouvelle Orléans est presque obligatoire, puisque c’est effectivement une région très liée au vaudou et à une forme de magie dite « noire ».

        Mais de là à l’associer à cette magie, et à déduire de son rôle de démystificateur qu’il cherche à quitter son rôle de dominé… Je ne sais pas, je ne suis pas convaincu, je me demande si vous ne faites pas un procès d’intention au film.
        Et le fait est que le film manque singulièrement de personnages de couleurs, comme beaucoup de productions actuelles. De là à en faire un film raciste, je trouve que c’est peut-être pousser un peu loin.

        Après, c’est votre rôle et celui de ce site de chercher la petite bête, et vous le faites très bien ^^

        • « Son passage à la Nouvelle Orléans est presque obligatoire, puisque c’est effectivement une région très liée au vaudou et à une forme de magie dite « noire » »
          Pourquoi est-ce que ce serait « obligatoire » ? D’un point de vue raciste oui c’est un passage obligatoire, mais sinon je vois pas.

          Et après c’est pas moi qui l’associe à cette magie, c’est le film qui le punit par où il a péché, en en faisant la victime de la superstition de la poupée vaudou qu’il méprisait dans le magasin de grigris. Après je vous accorde que ce n’est pas martelé à chaque apparition du personnage, mais pour moi ils en font largement assez pour gagner le cookie « racisme » :-)

          • Disons qu’il y a deux régions en particulier aux États-Unis fortement associées à la magie en particulier, à savoir Salem au Massachussets, qui a vu le fameux épisode des Sorcières de Salem, et la Nouvelle-Orléans, associée à la magie vaudou.

            Ce sont les croyances locales qui ont fait de cette région un berceau de la « magie noire », et donc, sûrement, un lieu de passage obligé pour une troupe s’intéressant à la magie.

            Pas de racisme là-dessous, simplement s’ils avaient fait un film sur une troupe de chasseurs de fantômes, ils seraient sûrement passés par Amityville… En l’occurence, qui dit magie dit Nouvelle Orléans.

          • Encore une fois, pourquoi le film associe-t-il seulement le Noir à l’imagerie « magie vaudou » et au « sombre mysticisme » de la Nouvelle Orléans? Pourquoi n’y a-t-il absolument pas ce genre d’association avec les « 4 cavaliers »? Et pourquoi le Noir finit-il par être puni conformément à la prédiction superstitieuse dont il s’était moqué dans le magasin de grigris ? Est-ce que tout ça c’était un « passage obligé » pour un film où l’on voit pendant deux heures des héros blancs faire des tours spectaculaires à base de billets qui tombent du ciel (et qui n’ont strictement rien à voir avec de la « magie vaudou »)? Je ne crois pas…

          • Surement parce que la magie vaudou provient d’Afrique, en particulier du Bénin. Elle a ensuite été « importée » à Haïti et, de là, en Nouvelle Orléans. Du coup, ce n’est absolument pas raciste d’associer « le Noir », comme vous dites, à la magie vaudoue. Au contraire, selon votre grille de lecture, voir un blanc utiliser cette magie, ou s’en moquer, ce serait raciste car réducteur.

            Bref, concernant le passage des 4 magiciens dans la ville, je crois me rappeler que leur but est de rendre aux victimes de l’ouragan Katrina l’argent plus ou moins détourné par le personnage de Michael Caine. Du coup, tout le trip vaudou, c’est probablement pour donner un côté « couleur local ». Puisque oui, encore une fois, le vaudou est associé à la région, et fait partie de le culture africaine.

        • Le film ne manque pas du tout de personnages de couleur. Sur Les 8 personnes présentes sur l’affiche, il y a un noir. 1/8 c’est la proportion d’afro-américains aux états-unis.

          Sinon, effectivement, dans ce film, le Noir perd à la fin. Nous autres Noirs perdons de temps en temps dans la vraie vie aussi.
          Si un film est raciste dès qu’il présente un Noir sous un jour défavorable, et que seul les Blancs peuvent être des salauds, la place des Noirs au cinéma finira par ressembler à celle des femmes: insignifiant, mais toujours gentil.

          • Oui, mais on peut faire perdre ou rendre méchant un personnage sans retomber dans des stéréotypes racistes. La difficulté, c’est qu’il faut travailler le scénario, ça a l’air d’être très dur pour certains écrivains.

            Quand à la place des femmes au cinéma, leurs rôles ne sont pas toujours gentils, faut pas déconner (dans ce film en particulier oui, mais pas en général).

  4. c’est le film qui le punit par où il a péché

    Effectivement, on le punit car, bercé par l’appât du gain, il a causé la mort d’un Homme. Bravo le veau.

    • Oui, vous pouvez toujours faire abstraction du discours raciste tenu par ce film à propos du personnage de Thaddeus. Mais c’est un choix politique. Le choix de ne pas vouloir analyser une dimension du film qui existe pourtant bel et bien. Après rien ne vous y oblige évidemment, mais laissez le veau en dehors de ça :-).

  5. Y’a ça sur wikipédia:
    « Les différences naturelles entre hommes et femmes sont peut-être à l’origine de la répartition des rôles (en particulier pour le travail) ; pourtant ces rôles sont toujours socialement définis, ce qui implique que le féminin et le masculin ne sont pas définis biologiquement : il arrive que des femmes tiennent le rôle d’hommes et inversement. Si l’on considère l’ensemble des sociétés, on constate que beaucoup d’activités sont tantôt considérées comme féminines, tantôt comme masculines. Certaines fonctions sont néanmoins plus sexuées, pour des raisons plus ou moins naturelles : la chasse ou l’élevage sont surtout assurées par les hommes, la cueillette et les occupations domestiques comme le tissage par les femmes. Cela ne signifie pas cependant qu’une telle répartition implique nécessairement une domination masculine. »

    Tout est dit.

    • Y’a beaucoup de conneries sur Wikipédia…

      • A propos de Wikipédia et de ce qu’on peut y trouver, j’ai vu justement cette semaine une contributrice de cette encyclopédie libre parler du sexisme qui y règne. Elle avançait des chiffres intéressants, comme par exemple le fait que seulement 10% des contributeurs/trices dont le genre est déclaré sont des femmes. Comme elle l’expliquait elle-même, ce chiffre est à prendre avec des pincettes dans la mesure où 1/ il ne prend pas en compte les gens qui n’indiquent pas leur genre, et 2/ il existe probablement des gens qui indiquent un genre qui n’est pas le leur, notamment des femmes qui veulent éviter de subir du harcèlement de la part des mecs (harcèlement qui assez répandu, comme elle en témoignait, exemples à l’appui). Mais même si on grossit un peu ce chiffre de 10% de femmes contributrices, on reste quand même à un écart assez effrayant je trouve.

        Autre chose dont je me souviens : aucun des 100 articles les plus consultés du wikipédia anglophone n’ont été écrit majoritairement par des femmes, dont les articles « sexualité féminine » et « lesbianisme ». Rien de bien étonnant du coup de trouver des propos sexistes ou masculinistes sur cette encyclopédie, c’est même « tout naturel »…

  6. Etrangement, le fait que Thaddeus soit noir m’a préservé du twist. Alors qu’ils étaient avant toujours massacré, le nouveau schema des scénariste préserve le vieux sage noir. En fait, c’est comme un twist sexiste à l’envers. Moralité, ne jamais catégorisé les rôles, sous peine de quoi Hollywood peut s’ammuser de vous.

  7. Je n’ai pas vu ce titre-là, mais la conclusion finale me fait furieusement penser également au déni social commun notamment exploté dans Batman : Le meneur élite guidant la masse populaire, une, indivisible et décérébrée.

  8. Sauf votre respect je trouve votre theorie sur le racisme tres tiré par les cheveux oui cest un noir qui joue le role du mechant et alors? Faut arreter de voir du racisme partout au bout d’un moment … Quoi a chaque fois qu’un noir va jouer un role de bad guy on va trouver une signification derriere et clamer que c’est du racisme pur et dur?Ils ne peuvent donc jouer que des roles honorables? Ca en devient ridicule. Le jour ou tout le monde arretera de guetter ou voir le moindre signe de racisme partout ce sera un pas enorme pour le combattre

    • IL me semble que l’argumentation de la brève va un peu plus que le simple fait dire : un noir joue le rôle de méchant, bouh c’est raciste.

      Pour reprendre :
      1/ Il y a un seul Noir qui joue un rôle important dans tout le film (sur 7 ou 8 personnages principaux)
      2/ Le Noir ne croit pas à la magie (les autres magiciens sont tous blancs) et cherche à la démystifier (= menacer l’ordre établi par les magiciens (qui sont blancs, donc))
      3/ Mais il croit dans la magie d’une poupée vaudou. Hors poupée vaudou= magie des Noirs. Heu wait, faudrait savoir mec : tu crois en la magie des marabouts, mais tu veux détruire les tours des autres magiciens. T’es juste trop jaloux et frustré en fait.
      4/ Bon ben tu finis en prison, ça te fera les pieds. En plus t’as rien compris à ce qu’il s’est passé, même quand on t’explique, t’es vraiment trop con. Et t’es le seul Noir. Ceci doit expliquer cela.

      Le jour ou tout le monde arretera de guetter ou voir le moindre signe de racisme partout ce sera un pas enorme pour le combattre

      Et le jour où tout le monde arrêtera d’appeler les pompiers partout où ille voit un départ de feu, ce sera un pas énorme pour combattre les incendies.

  9. Pas la peine d’utiliser le mot « con » pour le désigner.
    Et je trouve normal que Thaddeus ne comprend pas et demande encore des explications, car Dylan ne lui a pas dit qu’il était son fils. Il est dans un moment d’incompréhension. Il ne comprend pas et n’arrive pas à réfléchir, à relier chaque scène jusqu’à trouver la véritable raison.

    Les phrases que tu utilises dans ton article ne sont pas très appropriées « Le Noir n’a non seulement pas su rester à sa place de Noir ». Tu as l’air de te plaindre des préjugés mais pourquoi être aussi brute ? Ça me fait vraiment mal au cœur de voir ça. Vraiment. Etant moi même de couleur de peau, noire. Je me sens juste mal en lisant ça. J’ai l’impression que tout doit toujours être délibéré.

    Il y a des incohérence dans ce film, certes, mais même en étant quelqu’un qui déteste l’illogique. J’ai aimé ce film. Quelque fois dans la vie on a envie d’oublier nos soucis et ce film a parfaitement réussi cette mission. J’ai trouvé les spectacle incroyable et ça m’a fait rêver. Rêver. N’est-ce pas quelque chose qui nous rend heureux ? Même l’espace d’une seconde. Je suis peut-être très optimiste. Je ne sais pas. Mais ça n’a pas d’importance ce film est super !

    Je tiens à finir ce petit commentaire, en te disant que ça ne sert à rien de faire un article comme cela. Si tu n’a pas aimé le film, c’est ton avis. Mais ne gâche pas le plaisir des autres sous prétexte que tu n’as pas les mêmes goûts. C’est vraiment un article qui n’a aucun intérêt, même s’il a quelque point que je trouve exacte.

    Je ne sais pas si tu vas répondre à mon message ou même le voir, mais bonne soirée.

  10. J adore la façon qu ont les gens à voir de la politique, du racisme,…. dans absolument tout. Regardez le films d un regard innocent, d’une façon d échapper du quotidien triste, violent et injuste et vous verrez tout ça d un autre oeil. Moi je l ai vu pour me détendre et échapper à mon quotidien et j ai adoré ce film. Si vous regardez tout comme ça autant ne plus aller au cinéma et vous asseoir dans la rue regarder les gens. Pauvre monde

    • Toutes ces recherches et ces arguments complexes pour un film si médiocre. En l’occurrence, à trop rechercher de défauts, de messages cachés, de politique camouflée, on se perd dans une analyse trop profonde d’un sujet très superficiel et ça n’a plus de sens.
      Ce film est un navet sans intérêt et sans profondeur (qui ne m’a heureusement coûté aucun sou), et je n’aurais jamais été cherché tant d’éléments dans cette perte de temps cinématographique car justement, c’est sans intérêt. En spectateur éveillé et conscient mais dépourvu de génie, je vois clairement les messages que les américains impérialistes capitalistes essaient de faire rentrer dans ma tête dans les trop nombreux films qui viennent de chez eux, mais j’en ressors indifférent. Je suis plus que coutumier de leur pensée coloniale et sexiste issue du passé tenace et arriériste que la plupart des hommes entretiennent joyeusement. Je suis progressiste, contre l’élitisme (des individus et des classes, politiques et économiques notamment) et pour l’égalité de tous et toutes, et ces messages sexistes et racistes m’exècrent au plus haut point.

  11. Je pense que vous cherchez de l’injustice là où il n’y en a pas nécessairement. Il est très difficile pour un réalisateur d’établir la parité (tant homme/femme que noir/blanc) et de faire en sorte que les rôles à jouer soit équitables.
    A propos de ce que vous dites sur Thaddeus, n’exerce t-il pas le même métier que vous : celui de briser l’illusion afin de révéler la « vérité » au spectateur ? De mon point de vue, il y a différentes manières d’interpréter cette vérité, et, s’il est de votre droit d’en tirer vos propres conclusion, ce n’est pas forcément le message qu’a voulu faire passer le réalisateur.

    • Il est très difficile pour un réalisateur d’établir la parité (tant homme/femme que noir/blanc) et de faire en sorte que les rôles à jouer soit équitables.

      Est-ce que vous pourriez développer ?

  12. Bonjour !
    Cet article est très intéressant, et il m’a fait voir d’un autre œil ce film que j’avais beaucoup aimé à sa sortie. Il y a néanmoins certains points sur lesquels je ne vous suis pas.
    Tout d’abord, si je suis d’accord avec vous sur le rôle d’Henley, qui sert d’assistante sexy, je ne pense pas que le fait que les deux magiciens forts en gueule (Daniel et Merrit)soient tout le temps en train de la ramener soit quelque chose de sexiste. Dans le film, Henley ne parle jamais pour ne rien dire. Daniel et Merrit, eux, cancanent sans arrêt et Henley a une position un peu « au-dessus » d’eux, où elle s’amuse de leur bêtise sans s’abaisser à leur niveau. Si c’étaient deux femmes qui parlaient inutilement et un homme qui les regardait de haut en souriant, là le sexisme m’aurait choquée (je ne sais pas si je suis très claire).
    Ensuite, je n’ai pas du tout vu comme vous le personnage d’Alma. Déjà, c’est loin d’être une idiote qui se laisse berner par le grand Dylan superintelligent. Au contraire, dès le début elle fait des recherches sur l’affaire Lionel Shrike (mettre tout de suite le doigt dessus, ça c’est vraiment intelligent !) et sur l’Œil (pareil, il faut être super maligne pour faire le rapprochement aussi vite), elle le bat physiquement et elle le remet à sa place quand il lui manque de respect et met ses compétences en doute. A mon avis le fait qu’elle préfère croire à la magie plutôt qu’à la logique n’est pas fait pour la rabaisser car c’est au contraire quelque chose de très valorisé dans le film. Pour moi, c’est principalement pour ça que Tahddeus est puni, pour avoir tenté de briser l’illusion magique en révélant les petits secrets des magicien-ne-s.
    En tout cas, merci pour cet article.
    Bonne journée !

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