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Anne, ma soeur Anne
Invité

Toujours sur Matrubhoomi

Extrait du Monde diplomatique

La raréfaction des femmes permettra-t-elle à terme d’améliorer leur condition ? A l’heure actuelle, rien ne l’indique. En Chine et en Inde, notamment, on assiste à une marchandisation des femmes, qui, par endroits, finissent par ne représenter qu’un bien de consommation comme un autre. Loin d’augmenter leur valeur symbolique, et donc les égards dont elles sont susceptibles d’être l’objet, la modernisation économique et le phénomène des « femmes manquantes » tendent au contraire à accentuer leur chosification. C’est le cas en Inde, notamment à travers le système de la dot. C’est aussi le cas en Chine, où, avec les réformes, la valeur marchande de la femme augmente, sans qu’elle soit pour autant, notamment dans les campagnes, l’objet de davantage de considération.

Etre plus rare n’implique donc pas forcément de devenir plus précieux. C’est ce qu’illustre remarquablement le film du cinéaste indien Manish Jha Matrubhoomi, un monde sans femmes (2005). L’histoire se déroule dans une région rurale de l’Inde où, depuis des années, la population féminine est décimée par l’infanticide. Un homme, Ramcharan, essaie désespérément de marier ses cinq fils. Non loin de là, un paysan pauvre cache son bien le plus précieux : Kalki, sa fille de 16 ans, d’une grande beauté. Informé par un de ses amis de l’existence de cette jeune fille, Ramcharan achète Kalki à prix d’or, officiellement pour la destiner à l’aîné de ses fils. Mais, une fois la noce célébrée, la jeune fille est livrée aux désirs des cinq frères et de leur père. Plus tard, elle sera enchaînée dans une étable, abandonnée à la concupiscence des hommes du village, et finira par mettre au monde… une fille ! Fantastique plus que visionnaire, ce film montre néanmoins certaines dérives possibles d’une société privée de sa portion féminine.

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