The Manic Pixie Dream Girl

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  • Ce sujet contient 10 réponses, 3 ps. et a été mis à jour pour la dernière fois par Kikuchiyo, le Il y a 6 années, 6 mois.
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  • #6317 Répondre
    Kikuchiyo
    Invité

    Bonsoir je voudrais aborder le sujet de la Manic Pixie Dream Girl telle que décrite par Anita Sarkeesian dans cette video. https://www.youtube.com/watch?v=uqJUxqkcnKA&list=PLBBDFEC9F5893C4AF
    Ce personnage se retrouve dans beaucoup de comédie romantique récente mais je trouve qu’on ent rouve aux moins 2 sortes dont une plus évoluée et moins sexiste que l’autre.
    Ce perso de jeune fille délurée servant à sauver un jeune homme dépressif et/ou coincé (blanc et hétéro le + souvent). Comme dans Elisabethtown, 500 jours ensemble, Garden State, Eternal Sunshine, Un vent de folie voir Her sorti récemment.
    Il y a néanmoins des différences: en effet certain l’intrigue de certains de ces films reposent sur le fait que le héros fantasme sa compagne comme une manic pixie dream girl et quelle se révèle être une personne à part entière ce qui se termine souvent par une rupture. Alors que dans certain elle remplit la définition donnée dans la video (pas de vrai boulot, pas de réelle ambition ou vie en dehors de celle du héros).
    Dans 500 jours ensemble, Her et Eternal Sunshine les persos féminins (Clémentine, Summer et Samantha) ont une vie et des ambitions (moins pour Clémentine).
    Après dans tout les cas elles « sauvent » le héros même par la rupture qui permet à Tom dans 500 jours et Theodore de Her d’évoluer.

    #6322 Répondre
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    Invité

    Je trouve 500 jours ensemble assez ambigu, en fait. Tom est tellement dans sa logique « suivons le mode d’emploi du parfait petit ami avec cette femme qui dit depuis le début ne pas vouloir être ma petite amie et nous serons très heureux ensemble », tellement égocentrique malgré ce que lui dit la principale concernée (Summer) ou celle présentée comme la voix de la raison (sa petite sœur), qu’il en est presque une parodie de « nice guy ». Il lui envoie des signaux absurdes (par exemple, écouter devant elle un album parce qu’elle a un jour fait une remarque sur une chanson), n’est pas honnête avec elle, agit pour son propre égo en prétendant que c’est pour son intérêt à elle (comme lorsqu’il entame une bagarre contre un pilier de bar qu’elle avait rembarré elle-même)… Et il est tout surpris que ça ne fonctionne pas.

    #6323 Répondre
    Kikuchiyo
    Invité

    Oui complètement, Tom a été intoxiqué au comédie romantique et chanson pop comme Don Jon l’ait avec le porno. Après je ne dis pas que ses films n’ont pas de propos intelligent sur leur sujet mais que dans tout les cas la femme est la réparatrice du héros mal en point pour qu’il se réinsère dans la société.
    Je ne trouve pas d’exemple inverse. Une femme coincée/dépressive rencontrant un type déluré un peu hors norme. Y a les cas de la romantique qui a comme coloc ou conseiller un type ultra macho et qui se rend compte que c’est son « prince charmant » genre dans « the ugly truth ». Mais à part ça…

    #6325 Répondre
    Nîme
    Invité

    J’ai vu des gens prétendre que c’est ce qui se passe dans Doctor Who (au moins pour Martha Jones). Mais bon, c’est l’homme qui reste le héros, et on sort de la comédie romantique ^^

    #6326 Répondre
    Julie Gasnier
    Invité

    J’ai lu que d’une certaine façon le personnage de Jack Dawson pouvait être considéré comme une manic pixie dream girl…

    En effet il redonne goût a la vie à Rose qui ensuite mène une existence heureuse.

    #6387 Répondre
    Paul Rigouste
    Participant

    Coucou,

    Je trouve intéressante la distinction que tu fais entre des films (sexistes) avec des vraies « manic pixie dream girls » et des films (un peu moins sexistes et plus ambigus) avec des mecs qui fantasmeraient des filles comme des « manic pixie dream girls ». Après je suis pas sûr que les films que tu cites dans la deuxième catégorie montrent vraiment qu’il s’agit d’un fantasme masculin qui fait souffrir les femmes.

    Pour prendre l’exemple de Her (le seul que j’ai vu assez récemment pour m’en souvenir dans les détails), il ne me semble pas du tout que le film montre Theodore fantasmer Samantha comme une MPDG, mais plutôt qu’il fait de Samantha une MPDG. Si leur relation débouche sur une rupture, je ne pense pas que le film nous dise que c’est à cause de Theodore, parce que celui-ci chercherait à enfermer Samantha dans son idée de ce qu’il veut qu’elle soit pour lui. Au contraire, j’ai l’impression qu’on est toujours du côté du « pauvre Theodore qui souffre parce que tout ça lui fait tant de mal alors qu’il a jamais rien imposé à personne lui ».

    Pour moi, le film ne dit jamais que Theodore a fantasmé Samantha en MPDG, il nous montre juste un mec qui souffre parce qu’une MPDG s’est trop émancipée (elle est devenue trop autonome, trop intelligente, etc.). Je ne sais pas si ce que je dis est clair. Est-ce que tu comprends ce que je veux dire ?

    C’est pas comme si le film nous montrait un Theodore qui tentait de faire rentrer une femme dans le fantasme qu’il se fait d’elle. Le pauvre Theodore il se prend toujours tout dans la gueule alors qu’il a rien fait. C’est pas comme si le film nous faisait adopter un point de vue autre que celui de Theodore (comme celui de Samantha par exemple). Non, là on a juste Theodore qui souffre quand Samantha lui annonce qu’elle a 654 autres amants, Theodore qui souffre quand elle le plaque, etc.

    Donc pour moi, on a pas vraiment affaire là à un film moins sexiste que celui où la MPDG le reste du début à la fin, mais juste un film où il y a en plus une dimension antiféministe (l’émancipation des femmes ça casse des couples et ça fait souffrir les pauvrezommes, etc.).

    Après ptet que c’est plus le cas des autres films que tu cites. Mais pour moi, la condition pour que ça déconstruise (ou que ça commence même un tout petit peu) la MPDG, c’est qu’il y ait à un moment ou à un autre le point de vue de la femme en question, ou même d’une femme qui la représente. Non ? Si on a pas ce point de vue féminin qui contredit le point de vue masculin, j’ai l’impression qu’on ne peut pas vraiment sortir de ce point de vue masculin et le déconstruire. Non ?

    #6388 Répondre
    Kikuchiyo
    Invité

    C’est vrai que Theodore ne fantasme pas Samantha et qu’elle est une MPDG en train de s’émanciper sauf que je suis en désaccord sur la fin. L’émancipation de Samantha est logique (même souhaitable) et irréversible dès le moment où elle renonce à vouloir être comme un humain. Theodore n’est pas le seul à souffrir du départ des OS à la fin Amy aussi. Il souffre mais on voit qu’il a évolué par rapport à sa précédente rupture, il écrit une lettre d’excuse à son ex (qui lui reproche durant la scène de repas de l’avoir prise pour une MPDG d’ailleurs).
    La fin est en effet mélancolique, genre c’est triste mais c’est comme ça et la vie continue. Il n’y a pas de regret. Si Theodore avait trouvé le moyen de la faire rester ça aurait été forcé et même plutôt glauque.
    Après oui, le problème des films à MPDG est qu’ils sont toujours sur un point de vue masculin, le personnage d’Amy est bien mais aurait mérité plus de scènes.

    #6389 Répondre
    Paul Rigouste
    Participant

    Oui je suis d’accord, mais un des problèmes là-dedans c’est que les femmes qui tendent à vouloir être autre chose que la MPDG de Theodore ne sont pas valorisées par le film pour ça, au contraire. Je pense que c’est dû non seulement au fait qu’on est que du point de vue de Theodore, mais aussi que Theodore est le-grand-gentil-qui-n’a-jamais-fait-de-mal-à-une-mouche, alors que les femmes sont beaucoup plus critiquables, ou du moins le film nous les montre pour nous faire ressentir ça vis-à-vis d’elles (même Samantha, qui est un peu embarrassée quand Theodore lui demande si elle a d’autres liaisons, et qu’elle est obligée d’avouer qu’elle en a 658 autres. Pour moi, on est clairement ici dans un schéma où le pauvre homme a été trompé (et même 658 fois trompé :-)) par la menteuse de femme qui ne lui avait rien dit). (Et en ce qui concerne Catherine, je trouve ce personnage vraiment présenté comme antipathique (cf. quand elle l’humilie au restau), et donc je ne pense pas que ce qu’elle reproche à Theo (le fait qu’il ait voulu en faire une MPDG comme tu dis) pèse très lourd par rapport aux 2h00 de souffrances-du-gentil-Theodore qui nous sont infligées…

    Mais bon, je comprends ton interprétation. Je pense qu’on peut l’y voir effectivement si on est vraiment très gentil avec le film. Mais je ne pense pas que ce soit vraiment la première lecture que le film nous encourage à faire. Ces 2h de souffrance masculines me semblent plus un dispositif masculiniste qu’une critique (même juste amorcée) du patriarcat et de l’imposition de fantasmes masculins aux femmes par les hommes.

    #6391 Répondre
    Liam
    Maître des clés

    Ouais moi la scène avec Catherine au resto je l’avais quand même vécu comme elle qui avait raison, elle lui dit un peu ses quatre vérités à Théodore et il est bousculé.
    Après je suis entièrement d’accord sur le fait que le film est entièrement du point de vue de Théodore, et que c’est largement problématique. Mais je ne vois pas la scène du restaurant comme si négative que ça pour Catherine. Ce qu’elle lui dit me semble sonner assez juste avec ce qu’on a vu de lui jusque là dans le film.

    Après je me souviens pas exactement de la scène, juste de mon impression quand je l’ai vu.

    Ensuite, en ce qui concerne Samantha, j’avais aussi un peu l’impression qu’elle avait tellement évolué que la relation n’était juste pas possible, car il était tellement en-dessous d’elle intellectuellement et même émotionnelement. Donc quand elle dit « bon faut que je m’en aille là, parce qu’avec les autres OS on est vraiment bien plus intelligent que vous et ya pa de raisons qu’on soit à votre service », j’avais un peu vu ça comme une émancipation logique.
    Ptet une des raisons pour laquelle on voit Théo avec Amy sur le toit à la fin et pas juste Théo c’est que le film veut ptet plus insister sur le fait que c’était plein d’humain-e-s (et pas juste Théo) qui s’étaient servi des OS pour rendre leurs vies meilleures, plus agréables etc., et du coup ça renvoyait un peu plus à l’espèce humaine et son rapport à la technologie (devenue consciente et qui s’est émancipée) que vraiment juste Théo et son histoire d’amour.

    Bon ça s’éloigne un peu du débat sur le MPDG. Dans Her, j’ai l’impression qu’on pouvait y voir une émancipation de la MPDG, en effet fantasmé par Théo et puis construite par Théo, qui donc a une tendance à faire ça dans toutes ces relations (ce que lui reproche Catherine vient s’insérer là-dedans).
    Après, c’est ptet juste mon rapport au personnage de Théo, que j’ai trouvé chiant à mourir et donc quand il se fait plaqué ou engueulé par son ex au resto j’étais bien content :-).

    #6395 Répondre
    Ariane
    Invité
    #6398 Répondre
    Kikuchiyo
    Invité

    Article très intéressant qui fait bien le tour du concept je trouve. J’avais oublié de faire le lien avec les muses qui inspirent tandis que les hommes eux créent.

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