Le labyrinthe de Pan – analyse de Nerdwriter

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  • Ce sujet contient 5 réponses, 2 ps. et a été mis à jour pour la dernière fois par Lison, le Il y a 4 années, 1 mois.
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  • #34597 Répondre
    Douffie Shprinzel
    Participant

    Nerdwriter1 est une chaîne youtube que j’aime bien suivre et qui explique souvent des trucs intéressants, intermédiaires entre l’analyse cinématographique, philosophique, politique, etc…

    Il a fait une très très belle analyse du labyrinthe de Pan (même quand on n’a pas vu le film) :

    Par contre, c’est en anglais sans sous-titre français, dommage. :/ (je songe à les faire car je viens de regarder sa vidéo en boucle, complètement fascinée, mais honnêtement je le ferai jamais avant 2039…)

    #34599 Répondre
    Arroway
    Invité

    Effectivement, c’est de qualité et inspirant 🙂

    #34607 Répondre
    Paul Rigouste
    Participant

    Merci beaucoup pour cette vidéo, elle m’a donné envie de voir ce film qui ne m’avait jamais vraiment attiré. Du coup je l’ai regardé et j’ai vraiment adoré.

    J’ai tellement été pris par l’histoire que certains détails potentiellement critiquables d’un point de vue politique m’ont probablement échappé. Mais il y a déjà un truc qui m’a un peu gêné : je me demande si ça n’est pas un peu essentialiste sur les bords au niveau des représentations femmes/hommes, notamment sur ce qui concerne le rapport à la vie/mort. J’ai l’impression qu’il y a un peu la bonne féminité qui est maternelle et protège la vie (l’héroïne qui sauve le bébé à la fin, Mercedes qui le recueille) VS la mauvaise féminité qui est au contraire du côté de la mort (la mère enceinte qui jette le bébé symbolique au feu et manque de tuer l’enfant dont elle est enceinte). Dans la mesure où ce sont les seuls personnages féminins un peu consistants du film, j’ai l’impression qu’il y a quelque chose d’un peu binaire et essentialiste qui se dessine. (Après j’ai bien conscience qu’il y a une opposition entre celles qui croient en l’imaginaire/aux contes, qui désobéissent d’un côté, et celle qui n’y croit pas et devient complice du fascisme de l’autre, mais j’ai l’impression que c’est traité de manière assez essentialiste)
    Un truc que je n’ai pas compris par exemple, c’est pourquoi Mercedes ne tue pas le grand méchant fasciste quand elle en a l’occasion. Du coup on se retrouve avec des femmes qui ne tuent jamais (si je me souviens bien) et des hommes qui tuent (qu’ils soient gentils ou méchants), avec aussi que des mecs du côté des rebelles armés… Bref.
    Mais sinon c’est effectivement très chouettes sur plein d’aspects je trouve.

    Et pour revenir à la vidéo et aux pistes de réflexion qu’il lance au début. Même si je crois que je ne suis pas totalement d’accord avec lui, je trouve intéressant ce qu’il dit sur Disney et sa manière de fermer l’imaginaire en se réappropriant les contes. ça me fait penser à tous les films que Disney est en train de sortir ces dernières années et qui sont des sortes de remakes en « prises de vue réelles » des dessins animés du studio (cendrillon, le livre de la jungle, la belle et la bête, etc). Je ne les ai pas tous vu mais j’ai l’impression que l’ « oeuvre originale » dont s’inspirent (souvent très fidèlement j’ai l’impression) ces films, ce sont les dessins animés du studio et pas d’autres versions plus anciennes (ou tous simplement différentes) des contes. Du coup j’ai l’impression que ça contribue à faire des dessins animés Disney les « classiques originaux » et à restreindre l’imaginaire (puisque le but ce n’est pas de réinventer ces contes, mais de faire des remakes soit super fidèles, soit avec quelques micro variations).
    C’est d’autant plus critiquable politiquement qu’à l’origine, du moins il me semble, les contes étaient précisément des récits sujets à variations et réappropriations puisqu’ils se transmettaient à l’oral et, en ce sens, chaque conteuse/teur pouvait se le réapproprier. Sur ça je suis totalement d’accord avec l’auteur de la vidéo: une des forces du Labyrinthe de Pan c’est d’encourager à écrire soi-même son propre conte (comme c’est d’ailleurs figuré à l’intérieur du film avec le livre dont les pages sont blanches et que l’héroïne remplit avec son imagination).

    Bref, merci Douffie pour cette vidéo et pour m’avoir du coup fait découvrir ce film ! 🙂

    #34609 Répondre
    Skratsch
    Invité

    C’est d’autant plus critiquable politiquement qu’à l’origine, du moins il me semble, les contes étaient précisément des récits sujets à variations et réappropriations puisqu’ils se transmettaient à l’oral et, en ce sens, chaque conteuse/teur pouvait se le réapproprier.

    En effet, et c’est pour ça qu’on retrouve souvent les mêmes contes à travers le monde et à travers les siècles avec des variations plus ou moins importantes (comme le chat botté qui est parfois un renard, principalement en Asie si mes souvenirs sont bons). ça va même un peu plus loin puisque, les contes et mythes ayant généralement pour but de transmettre des morales/normes sociales, on peut voir ces dernières évoluer grandement en fonction des époques, des lieux, des mediums et des conteurs ou auteurs.

    Et j’en profite pour signaler que si je trouve le travail de Guillermo del Toro sur le Labyrinthe de Pan magnifique à pas mal de niveau, j’ai été pas mal dérangé par son Crimson Peak qui, bien qu’artistiquement magnifique, est non seulement assez vide scénaristiquement mais surtout a un côté relativement sexiste (entre autres aspect discutables) alors qu’il s’inspire très clairement de la Barbe Bleue, qui pour le coup était plutôt féministe si on prend en compte le statut de la femme à l’époque où il a été rédigé.

    #34610 Répondre
    Paul Rigouste
    Participant

    @ Skratsch

    J’ai vu moi aussi Crimson Peak, je n’avais pas tilté qu’il avait été fait par le même réalisateur. Politiquement, je l’ai trouvé absolument affreux, d’autant plus que, comme vous le dites, c’est inspiré de Barbe Bleue et plus largement des « gothiques féminins », genre qui a un gros potentiel féministe, comme l’illustrent des films comme Gaslight de Cukor (1944), avec Ingrid Bergman, ou plus récemment Sleeping with the Enemy (http://www.lecinemaestpolitique.fr/sleeping-with-the-enemy-1991-le-cauchemar-de-pretty-woman/).
    Du coup quand on voit comment Crimson Peak prétend s’inscrire dans la tradition du gothique féminin pour en réalité transformer les conventions du genre dans un sens profondément misogyne, il y a de quoi être vraiment énervé…

    #34611 Répondre
    Lison
    Invité

    Exactement le même sentiment que vous sur Crimson Peak ! Rendre responsable de tous les malheurs de l’héroïne la soeur démoniaque, il fallait le faire…Sans son personnage, le film aurait été sans doute beaucoup plus intéressant politiquement.

    Pour les films disney en prise de vue réelles, je trouve très intéressant votre avis Paul Rigouste, selon lequel il y aurait une restriction de l’imaginaire dans le fait de reprendre les dessins animés au lieu des histoires de base. Je pense qu’il y a une volonté de faire un coup marketing en redonnant envie aux spectateurs de revoir leur dessins animés et d’occuper encore une fois l’espace « blockbuster » en visant un public plus agé. Ça n’excuse en rien le fait de réadapter de manière problématique des oeuvres déjà problématiques politiquement.

    Personnellement j’ai adoré le remake de Cendrillon par Kenneth Branagh. La méchante belle mère (jouée par la merveilleuse Kate Blanchett) n’est pas un personnage si misogyne qu’on pouvait s’y attendre (du moins, je m’attendais à tellement pire que peut-être que j’ai choisi de l’interpréter comme ça), les deux soeurs sont plutôt traité avec indulgence et Cendrillon n’est pas le souffre douleur passif et pathétique du dessin animé. La relation entre Cendrillon est le prince se rapproche plus qu’on aurait pu le craindre d’un rapport égalitaire. Bien sûr, ça reste un film assez « disney » mais je l’ai beaucoup apprécié.

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