Marvel's Agents of SHIELD saison 1

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  • Ce sujet contient 27 réponses, 1 ps. et a été mis à jour pour la dernière fois par Doktor, le Il y a 5 années, 10 mois.
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  • #24042 Répondre
    Doktor
    Invité

    Bien le bonjour, cela commence à faire un moment que je traîne sur ce site et que je lis les articles que je trouve forts intéressants. Dernièrement je regardait la nouvelle série Marvel’s Agents of SHIELD par laquelle j’ai été agréablement surpris. Ce n’est pas sans me rappeler Buffy Contre les Vampires et l’envie m’a pris d’analyser les mécanismes qui m’ont plus. Je n’ai certainement pas votre expérience et j’ai sans doute des lacunes sur certains concepts. Cependant ça me plairait de partager mon analyse ici pour en discuter et que vous m’aidiez peut-être à voir certains points ou relever certaines erreurs.

    Je ne sais pas trop cependant comment présenter cela, est-ce que je me contente de copier-coller mon gros pavé ? Il y aurait encore un peu de travail, notamment d’illustrer avec des screenshots certaines explications.

    #24046 Répondre
    Grussie
    Invité

    Bonjour ! C’est le même Doktor que sur végéweb ?
    Je ne connais pas du tout cette série mais je suis en train de rédiger une analyse de Buffy, elle est encore assez loin d’être présentable publiquement, mais il commence à y avoir pas mal d’éléments qui pourraient peut-être t’intéresser puisque la série te rappelle Buffy. Mais c’est incomplet et certains passages sont mal rédigés (voire pas rédigés du tout). N’hésite pas à m’envoyer un MP sur végéweb si ça t’intéresse quand même !

    (Je ne réponds pas à ta dernière question parce que je viens de débarquer ici et que j’en suis encore à essayer de déterminer quels en sont les usages ^^.)

    #24047 Répondre
    Paul Rigouste
    Participant

    Coucou Doktor,
    en ce qui concerne ta dernière question, tu as plusieurs possibilités. Tu peux poster ici sur le forum tes réflexions sur la série afin d’en discuter avec celleux que ça intéresse (non seulement des contributeurices du site, mais aussi tous les gens qui passeront par là, puisque le forum est ouvert à tout le monde). Ou bien, si tu voudrais plutôt en faire un article que l’on publierait éventuellement sur le site, tu peux nous l’envoyer à l’adresse mail que tu trouveras dans l’onglet « Contribuer » en haut, et on te fera des éventuelles suggestions/remarques/critiques dans cette perspective.
    Après les deux choses ne sont pas incompatibles : tu peux commencer par poster tes réflexions ici, en discuter avec des gens, puis après synthétiser tes analyses et réflexions dans un texte que l’on pourra éventuellement publier comme un article (avec des photos notamment, car je crois que c’est assez difficile d’en mettre ici dans le forum).

    #24048 Répondre
    Doktor
    Invité

    Merci pour la réponse Paul Rigouste. En fait mon analyse est déjà plus où moins synthétisée sous la forme d’un article. Je cherche surtout à le peaufiner. Je pense que je vais poster un premier jet ici.

    Après j’essaierai de mettre un peu plus de forme et notamment de prendre des screenshots.


    @Grussie
    : oui c’est moi le Doktor de Vegeweb, je m’étais posé la question aussi vu que j’ai aperçu ton pseudo :). Ça me dirait bien de lire ton analyse sur Buffy. D’ailleurs ce n’est pas innocent que Agents of SHIELD me rappelle Buffy vu que c’est Joss Whedon qui est derrière les deux séries.

    #24083 Répondre
    Doktor
    Invité

    Marvel’s agents of S.H.I.E.L.D

    Ces derniers temps, j’étais branché super héros, c’est revenu particulièrement à la mode ces dernières années notamment avec les films Marvel et DC Comics. Souvent le milieu des super héros se révèle plutôt super sexiste, mais bon en débranchant le cerveau et en regardant les effets spéciaux, ça passe. C’est alors que j’ai appris l’existence de la série Marvel’s agents of S.H.I.E.L.D basé sur le personnage de Phil Coulson qui apparait dans Iron Man 1 & 2, Thor et Avengers. La série est d’ailleurs liées aux films puisqu’elle se passe en parallèle. Bref comme le personnage me plaisait, c’était un peu « le type normal » au milieu de tous les « super égos », je me suis renseigné d’avantage.
    Puis j’ai découvert qu’il y avait Joss Whedon aux commandes, le créateur de la série Buffy contre les vampires. Je trouvais déjà cette série assez progressiste à l’époque (et l’ayant revu, je trouve qu’elle a très bien vieilli) donc je me suis dit que Agent of S.H.I.E.L.D pouvait être assez intéressant. Bilan ? Je ne suis pas déçu. Il y a tellement de sexisme qui défile devant nos écrans qu’il est plus facile de noter quand on en voit pas plutôt que l’inverse. J’ai donc envie de dire tout ce que j’ai trouvé de bien dans cette série sur le sujet.
    Bien entendu, je brandis le ‘Spoiler Alert’. Si vous avez l’intention de regarder cette série, ne lisez pas l’article car certaines surprises seraient gâchées.

    Symétrie

    La série s’articule autour de 6 personnages principaux et déjà il est agréable de voir que la parité est respectée. 3 hommes : Phil Coulson, Grant Ward et Leo Fitz. 3 femmes : Melinda May, Skye, Jemma Simmons. C’est déjà assez rare qu’on offre autant de place aux personnages féminins qu’aux personnages masculins. Cependant, ce n’est pas tout de faire dans le quantitatif, il faut aussi faire dans le qualitatif. De ce côté là, on s’en sort pas trop mal.
    En effet, on discerne assez facilement 3 fonctions à l’intérieur de l’équipe et pour chacune de ces fonctions, il y a une sorte de binôme homme/femme. Tout d’abord, nous avons les agents expérimentés et le muscle de service avec Melinda May et Grant Ward. Ensuite nous avons les scientifiques avec Jemma Simmons et Leo Fitz, ils fonctionnent presque comme des jumeaux et son même souvent assimilés à une seule personne Fitz-Simmons. Enfin il nous reste Phil Coulson et Skye. Au premier abord ils paraissent très différents vu que l’un est un vieux vétéran exemplaire qui dirige l’équipe et l’autre est la jeune nouvelle venue un peu anarchiste. Pourtant ils sont plus similaires qu’on ne pourrait le penser au premier abord. Les deux sont à la fois les têtes pensantes et le ciment qui soude l’équipe.
    Je pense donc aborder mon analyse en détaillant ces différents couples découpés par fonction avant de m’étaler sur d’autres considérations.

    Le muscle

    Les spécialistes de la baston sont Melinda May et Grant Ward. Les deux partagent de nombreux points communs. Ce sont des vétérans expérimentés. Ils sont de nature plutôt solitaire. Les deux ne voulaient pas initialement se faire recruter.
    Premier mauvais point (puisqu’il faut les noter aussi), Grant répond au stéréotype du terminator et donc repose surtout sur sa puissance physique. Il semble difficile de nos jour d’imaginer un homme de terrain différemment. Mais bon admettons, après tout il est censé être un commando d’élite avec un entraînement physique très poussé. May quant à elle, background asiatique oblige, est plus basée sur les arts martiaux ce qui lui évite d’avoir à être une armoire à glace et donne ce petit côté mystique qu’on attribue souvent aux femmes.
    Cependant en seconde lecture, et j’ai l’impression que c’est assez constant au fil de la série, les éléments de sexisme sont quasiment toujours compensés. Nous allons voir dans ce cas que sous une apparence de cliché opposant l’homme musclé à la femme souple se cache une vision plus subtile. En effet, la représentation de genre n’est pour moi pas si évidente.
    Commençons par Melinda May. Première chose à dire : ‘elle est la cavalerie’. Quand elle entre en jeu, c’est partie terminée. C’est presque l’arme fatale. De nombreuses légendes courent sur elle parmi les étudiants à l’académie du S.H.I.E.L.D. ‘Elle a fait face à 20 assassins entraînés, seule avec un pistolet pour secourir des agents capturés et torturés’. La légendes s’est amplifiée. ‘On raconte qu’elle a attaqué une base militaire entière toute seule. Son véhicule était détruit alors elle est entrée à cheval avec un fusil d’assaut dans chaque main et elle a tué plus de 100 hommes pour sauver les agents’. Techniquement si ce n’est pas l’image d’un acte héroïque virile, je ne m’y connais pas.
    Cela ne s’arrête pas là. De manière générale, May correspond énormément à l’archétype du guerrier solitaire hantée par son passé. Elle est très taciturne et parle peu. Elle est hantée par une mission qui a mal tourné. Elle est une force froide, déterminée et empreinte de sagesse (ça c’est pour le côté asiatique). D’ailleurs elle fait presque penser à un vieux maître de kung fu capable de distribuer autant des patates que des conseils.
    En ce qui concerne les relations, elle semble également bien plus à même de maîtriser ses sentiments. Habituellement on a tendance à présenter les femmes faibles, indécises et tournant en bourriques dès qu’elles ont une aventure. Pourtant c’est elle qui prend l’initiative, tant dans l’invitation (dans l’épisode du Berserker) que la rupture dans sa relation avec Ward. Pour le coup May semble bien mieux en contrôle que Ward, inversant ainsi les rôles traditionnels.
    Autre point qui prouve sa très grand force mentale, May peut manipuler le bâton Asgardien du Berserker presque sans problème alors qu’il est censé faire ressortir les pires émotions en soi. À côté, Ward en chie grave. Manipuler le bâton du Berserker, n’est-ce pas là une autre preuve de virilité ? Que dire également de son déboîtement d’os pour se libérer des entraves, digne d’un Riddick dans Pitch Black ou Martin Riggs dans l’Arme fatale.
    Intéressons-nous maintenant à Ward. Il a un rôle beaucoup plus protecteur dans l’équipe contrairement à May qui se contente la plupart du temps de démolir les obstacles. Ward est là pour s’occuper des membres de l’équipe, pour les garder en vie. De plus il est O.S. (le superviseur) de Skye pour la former à devenir agent.
    Bon il ne faut pas exagérer, il fait quand même son petit lot d’actions viriles. La plus marquante pour moi reste le saut en parachute pour sauver Jemma Simmons. Néanmoins ses actions ‘héroïques’ restent tout de même centrées autour de la protection de ses équipiers, ce qui est quand même son boulot. D’ailleurs pour revenir sur l’épisode du parachute, cette poussée de virilisme est tout de même compensée par la reconnaissance de Simmons envers Fitz. Même si Ward a sauté de l’avion pour la sauver, c’est avant tout Fitz qui est venu l’aider à développer un vaccin pour la soigner sans quoi elle serait morte de toute façon.
    Là où les choses deviennent très intéressantes, c’est lorsque Ward se révèle être un agent de Hydra. En effet, on comprend alors que les meilleures qualités de Ward n’étaient pas ses talents de guerrier mais plutôt d’acteur. Il a manipulé et trompé toute l’équipe. Il explique d’ailleurs comment il a séduit May et Skye pour arriver à ses fins. Manipulation et séduction, ne sont-ce pas habituellement des armes censées être féminines ?
    Finalement, même s’il n’y a jamais eu de rivalité directe entre May et Ward, on ne pouvait s’empêcher de se demander qui était le plus fort, le plus bad ass des deux. Heureusement, la fin de la saison offre la réponse lorsque May et Ward s’affronte en duel. Cependant Ward n’avait aucune chance face à ‘La cavalerie’. Pour moi et contrairement à ce que les apparences laissaient supposer, May se rapproche plus du genre masculin et Ward du genre féminin. D’ailleurs pendant le duel May va dire à Ward ‘Tu n’étais jamais au dessus’ (dans leurs rapports sexuels) venant appuyer cette théorie.

    Le cerveau

    Les spécialistes de la science sont Jemma Simmons et Leo Fitz. Tout comme May et Ward, ils ont énormément de points communs. Ce sont les meilleurs amis du monde, ils ont tous les deux fait l’académie des sciences du S.H.I.E.L.D. Ce sont des génies au cerveau hyperactif qui sont passionnés par la science, ils sont tous les deux jeunes et inexpérimentés.
    Comme précédemment, abordons les mauvais points. Simmons est spécialiste en biochimie et Fitz en ingénierie. C’est bon, c’est fait, on répond aux stéréotypes de genre quant aux matières de prédilection. Bon aller, c’est léger, on repassera. Par contre il faut quand même noter que Simmons a plus tendance à être victimisée que Fitz, et donc a plus souvent besoin d’être sauvée, même si l’on ne compte que l’épisode du saut et sauvetage en parachute. Fitz quant à lui est plus poussé à ‘être un homme’ notamment à travers la mission de désamorçage de bombe en territoire ennemi avec Ward.
    Néanmoins, comme précédemment, la situation n’est pas si évidente qu’elle pourrait y paraître au premier regard. Analysons un peu en commençant par Simmons.
    Simmons est peut-être un peu en retrait en terme de développement de personnage par rapport à Fitz. Ceci étant, cela se rattrape un peu à la saison 2. Néanmoins, la saison 2 n’en étant qu’au début, je vais rester focalisé sur la saison 1. Disais-je donc, un personnage en retrait par rapport à son homologue masculin.
    Concrètement, Simmons répond bien à l’archétype du scientifique et à celui de jeune fille innocente et irréprochable. Dans la relation Fitz-Simmons, on sent que c’est plutôt elle qui doit aider et soutenir Fitz, rôle de ‘care’. Elle est psychologiquement plus forte que lui tandis que Fitz est plutôt concentré sur sa construction identitaire et ses désirs.
    Comme c’est une analyse complètement subjective, je vais m’attarder sur un point qui m’a intéressé dans le personnage. Ce point tient principalement dans la scène où Mike Peterson rejoint l’équipe le temps d’une mission. Il doit passer par le laboratoire de Fitz-Simmons pour faire des analyses. On le retrouve en train de se faire mesurer le tour de poitrine (on dit ça pour un homme ?) par Simmons. Il explique pendant ce temps là que l’effort physique peut-être dur pour son corps. Simmons ne retient que les mots ‘dur’ et ‘corps’. Ensuite Fitz entre et demande pourquoi Simmons utilise un mètre ruban pour prendre les mesures alors qu’il y a un appareil qui permet de le faire, ce à quoi elle répond innocemment qu’elle était étourdie.
    Plusieurs choses à dire. Déjà on se rend compte que Simmons sous ses allures de fille sage n’est pas pour autant désintéressée de la sexualité. Elle ne se prive d’ailleurs pas d’en profiter quand un homme passe sous sa main. De manière générale, j’ai trouvé le mécanisme intéressant. Habituellement c’est plutôt le corps des femmes qui est objectivé. Ici l’effet est inversé car ce sont les hommes qui passent dans son laboratoire et qui sont examinés. Les corps des hommes deviennent ainsi des objets d’analyse pour Simmons et donc on se retrouve dans le sens femme regarde homme. D’ailleurs il est intéressant de voir que dans ces scènes, le regard de Simmons est très souvent tourné vers les hommes alors que Fitz n’a quasiment jamais le regard vers eux. Peut-être que je sur-interprète mais c’est l’impression que j’ai eu.
    Bon on échappe pas au cliché de la fille qui est intéressée par les beaux noirs musclés. Même si on verse un peu dans le stéréotype facile, je pense que c’est à mettre en relation avec la construction sexuelle. En effet là où Simmons semble au final assumer sa sexualité, Fitz au contraire est en pleine confusion.
    Au fur et à mesure il remarque progressivement l’intérêt que Simmons montre envers d’autres hommes (notamment l’agent Triplett) et se rend compte de ses propres sentiments pour Simmons, des sentiments qui ne sont pas réciproques. Il est évident que Fitz développe un complexe d’infériorité par rapport aux autres hommes considérés comme virils. En effet, qu’est-il à côté de Ward, Triplett, Peterson ? Ce sont des athlètes courageux qui n’ont pas peur de plonger dans l’action pour sauver la partie. Le symbole de la virilité donc. Un symbole auquel Fitz ne correspond pas.
    Déjà lors de la scène où Simmons saute de l’avion et Ward va la sauver. Fitz essaye de se justifier en disant qu’il aurait pu le faire. Même si Simmons lui explique qu’il a eut bien plus de valeur en l’aidant, on sent que ça ne le satisfait pas.
    Une mission marquante reste celle où Ward et Fitz sont envoyés en infiltration dans un pays pour désamorcer une bombe. Cela prend évidemment la tournure d’une quête initiatique à la virilité. On remarquera que le duo arrive à passer la frontière non pas grâce aux muscles de Ward mais bien à l’ingéniosité de Fitz, cependant ce n’est pas ‘viril’. On voit aussi que Fitz essaye de faire une blague de scientifique à Ward qui s’en tamponne (et que de toute façon il ne peut pas comprendre). Car oui quand on est un vrai homme, on est drôle en plus d’être viril. On se raconte des blagues entre hommes. Petite note au passage le boss local est une femme qui regarde un match de foot.
    Pour résumer, cela part mal pour l’acquisition de la virilité. Heureusement Fitz se rattrape à la fin en restant jusqu’au bout avec Ward malgré l’évidence qu’il n’y aurait personne pour venir les extraire. Mission accomplie, Fitz a acquis la virilité en faisant un acte de bravoure. Cependant cela ne le rapproche pas pour autant de Simmons.
    A la fin de la saison Fitz finira par révéler ses sentiments, cependant Simmons n’est toujours pas intéressée le considérant simplement comme son meilleur ami. Fitz va alors commettre l’acte de virilité suprême : se sacrifier pour la femme qu’il aime en espérant lui offrir une chance de survie. Non, cela ne fait certainement pas tomber Simmons dans ses bras. Il s’en sort simplement avec de gros dommages au cerveau et Simmons n’est plus à ses côtés. La saison 2 promet d’être intéressante pour poursuivre le sujet de la virilité chez les hommes.
    Ce que je retiens finalement de ce duo Fitz-Simmons, c’est surtout que la notion de ‘virilité’ est très problématique dans le développement identitaire d’un homme. De plus la virilité en elle-même ne suffit pas à ‘séduire’ les femmes, elles ont leur propre intérêt sexuel et peuvent être actives.

    Le cœur

    Finissons sur le duo Phil Coulson et Skye. À priori très différents, l’un dirige l’équipe, l’autre vient d’intégrer le S.H.I.E.L.D, l’un est un vieux vétéran, l’autre est une jeune qui découvre, pourtant ils ont de grand similarités. Ils forment le cœur de l’équipe, ils lient tous les membres. Ils brillent par leur réflexion, Coulson en tant que stratège, Skye par sa capacité à penser hors des conventions. Ils sont tous les deux très humains et comprennent les sentiments des autres.
    Mais surtout, les deux portent une lourde énigme. Coulson cherche à savoir comment le S.H.I.E.L.D l’a ramené à la vie et Skye, étant orpheline, veut découvrir ses origines. Finalement Coulson découvre qu’il a été ramené à la vie avec un produit alien et Skye découvre qu’elle est une 0-8-4, autrement dit un artefact inconnu. Les deux partageront encore plus de choses lorsque Skye sera sauvée par le même produit alien que pour Coulson.
    Finalement il convient de dire que les deux protagonistes servent de points de références auxquels peuvent s’identifier les spectateurs. Phil Coulson car c’est lui qui fait le lien avec l’univers Marvel et Skye car c’est elle qui permet de découvrir cet univers.
    La dualité ne se révèle pas ici sous la forme homme/femme, mais plutôt père/fille. Même si on peut douter de cette relation dans la première saison, elle devient plus qu’évidente dans la deuxième saison avec l’apparition du ‘vrai’ père de Skye. Une comparaison qui se révèlera sans doute très intéressante.
    Dans tous les cas, on voit un Coulson un peu ‘beauf’ retro mais bon enfant avec sa vieille voiture de collection (équipée à la James Bond) et son musée à gadgets dans son bureau, fidèle jusqu’aux ongles au S.H.I.E.L.D. À côté il y a Skye, rebelle et dynamique qui remet en doute l’autorité et le système, une hackeuse à l’aise avec l’informatique high-tech.
    Parlons d’abord de Coulson. Bien qu’étant à la base un agent de terrain et un homme très intelligent, il est surtout valorisé pour sa compassion et son altruisme. Il pense avant tout aux autres, en priorité son équipe et ensuite le monde de manière général. Il pense même tellement aux autres que Melinda May est obligé de s’occuper de lui pour ne pas qu’il s’ignore et se pousse trop à bout. Intéressant de voir ici valorisé un homme qui tourne ses pensées vers les autres avant de penser à lui-même alors que c’est plutôt un attribut des femmes habituellement, les hommes recherchant avant tout leur accomplissement personnel. Même si Coulson recherche tout de même en parallèle la vérité sur sa résurrection.
    Par ailleurs Coulson est également valorisé pour sa remise en question. Il sait reconnaître ses erreurs et adapter son comportement. Même s’il prend des décisions strictes (après tout c’est son boulot), il lui arrive fréquemment de changer d’avis lorsque la situation évolue ou lorsqu’on lui présente des arguments convaincants. Un des passages les plus marquant aura été pour moi le moment où il ne fait plus confiance à May. Après avoir sauvé à son insu son ancienne romance Audrey la violoncelliste, il espère un jour pouvoir lui révéler la vérité (lui dire qu’il est toujours en vie) et qu’elle le pardonnera d’avoir gardé le secret. Il fait alors le parallèle avec May et se rend compte qu’il est idiot d’attendre un pardon pour avoir gardé un secret s’il n’est lui même pas capable de pardonner à May d’avoir gardé un secret.
    En ce qui concerne la relation entre Skye et Coulson, au delà de l’affection réciproque de type père/fille, il est surtout intéressant d’observer le conflit de génération et surtout le rapport à l’autorité. Initialement le personnage de Coulson est réputé pour être exemplaire et suivre parfaitement les règles. Il répète d’ailleurs plusieurs fois à Skye de ‘faire confiance au système’ de manière aveugle. Bien évidemment, Skye se montre méfiante à juste titre et ne fait pas du tout confiance au système. C’est pourquoi il lui arrive fréquemment de passer outre les interdictions pour révéler les secrets cachés par le système. Ce n’est pas sans faire écho à l’opposition dans notre société entre les vieilles générations conservatrices et les nouvelles générations défiantes envers le système.
    Finalement même s’il paraît vouloir imposer sa volonté, on se rend vite compte que Coulson finit par adopter plus le point de vue de Skye. Juste après lui avoir dit de faire confiance au système, Coulson est le premier à désobéir en allant sauver Ward et Fitz qui devaient normalement être ‘sacrifiés’ par le système après leur mission pour désamorcer la bombe (moment viril). On se rendra vite compte que Coulson n’est plus aussi exemplaire qu’il avait pu l’être auparavant, multipliant les actes d’insubordination et devenant défiant envers le système qui lui cache des informations sur sa résurrection.
    D’ailleurs on en remet une couche sur la remise en question, Coulson se rend compte qu’il cache des informations sur les origines de Skye de la même manière que le S.H.I.E.L.D cache des informations sur sa résurrection. Au final, Skye a une grande influence sur la gestion des informations et du secret de Coulson agissant en quelque sorte comme son garde fou sur le sujet (son autre garde fou étant May). Ironique quand au début Coulson voulait justement initier Skye au secret. Au final, j’ai l’impression que Skye a plus d’influence sur Coulson que l’inverse alors qu’il est censé être le ‘Papa’.
    Prise indépendamment, Skye est très active et n’hésite pas à prendre des initiatives. Elle est peut-être même la plus dynamique de l’équipe. Ce qui n’est pas une mince affaire de voir un rôle féminin qui ne fait pas que suivre des ordres ou subir la situation. On ne peut s’empêcher un parallèle avec Buffy.
    Néanmoins on pourra regretter que Skye se retrouve dans une position de victime par deux fois. Une fois lorsqu’elle se fait tirer dessus et qu’elle est sauvée par Coulson qui récupère le GH-325, la substance alien utilisée pour le ressusciter. Une autre fois quand elle est kidnappée par Ward. Ceci étant dans les deux cas, elle n’est pas inactive. Dans le premier cas elle infiltre une place forte ennemie quand elle se fait tirer dessus. C’était un acte téméraire de sa propre initiative cependant cela ne lui sera jamais reproché. La capacité d’action et d’initiative de Skye étant l’un des points les plus mis en valeur chez elle. Dans le deuxième cas, elle devine la duplicité de Ward et lui met des bâtons dans les roues en attirant la police sur lui. Elle se serait enfuie sans l’intervention de Deathlock (là forcément ça devient plus compliqué).
    En échange elle renvoie quand même l’ascenseur une fois à Coulson lorsque celui-ci se fait capturer et torturer. Elle est à l’origine de son sauvetage tandis que le ‘système’ patauge pour le retrouver, montrant une fois de plus ses ressources et son initiative. Ceci étant entre Simmons et Skye ça fait trois sauvetages de femme pour un seul sauvetage d’homme.
    Pour conclure ce que je trouve assez intéressant à observer, c’est la valorisation de Coulson pour son empathie. On peut évoquer l’épisode où il reste jusqu’à la mort du pompier infecté par le virus qui transforme en bombe électromagnétique. Quant à Skye elle est valorisée pour son initiative, son esprit vif et en fin de compte sa dissidence. May elle-même reconnaît cette qualité à Skye pendant le sauvetage de Coulson.
    Petite note qui mérite d’être ajoutée. À la fin d’un épisode, on voit Fitz et Ward jouer au poker. Fitz veut tricher à l’aide de Skye qui dispose de lunettes permettant de voir à travers les objets et espionner ainsi le jeu de Ward. Elle explique à Fitz que du coup elle va voir à travers leurs vêtements. Sur ce, on voit Fitz s’enfuir et Skye qui met les lunettes pour regarder Ward. Ce passage renforce encore un peu l’idée que dans la série, ce sont les femmes qui regardent les hommes.

    Le S.H.I.E.L.D

    Il serait peut-être intéressant de s’attarder sur la hiérarchie du S.H.I.E.L.D et d’examiner les postes à responsabilité. Évidemment, la hiérarchie est largement héritée du Marvel Cinematic Univers donc sans surprise on retrouve un homme au sommet à savoir Nick Fury secondé par Maria Hill. La série étant construite autour du personnage de Phil Coulson, il se retrouve assez logiquement en charge de l’équipe.
    Même si ce n’est pas explicitement dit dans la série, Melinda May apparaît clairement comme le bras droit de Coulson. Rien que par la quantité de secrets et la confiance qu’ils s’accordent mutuellement. Ceci sera confirmé dans le début de la saison 2 où Coulson explique clairement que s’il venait à disparaître, ce serait May qui le remplacerait. On ne peut s’empêcher d’y voir un écho au couple Fury/Hill.
    En dehors de ces considérations, on peut décrire la hiérarchie de l’équipe de la manière suivante. Coulson à la tête, puis Melinda et Ward, puis Fitz-Simmons et enfin Skye, Skye ne faisant même pas partie du S.H.I.E.L.D au départ.
    Il est d’ailleurs intéressant de voir le parcours de Skye. On l’enjoint à faire ses preuves, à faire confiance au système afin d’avoir ‘l’honneur’ d’être un agent du S.H.I.E.L.D. Le jour où elle obtient la ‘récompense’ et devient un agent de niveau 1, le S.H.I.E.L.D se désintègre à cause du réveil d’Hydra. Son fameux insigne d’agent se révèle ne plus rien valoir. Je ne peux m’empêcher d’y voir une ironie que j’interprète de la manière suivante : ‘Ce fameux système qui se prétend si bien et qui te demande de faire tes preuves pour mériter de l’intégrer. En fait ce n’est pas si valorisant que cela d’en faire partie.’
    Pour repartir sur les questions de hiérarchie, on notera que Phil Coulson a un équivalent féminin au sein de la hiérarchie du S.H.I.E.L.D en la personne de Victoria Hand. En tout cas il s’agit de l’agent le plus mis en valeur dans la hiérarchie. La série n’est pas très claire sur le niveau des agents rencontrés, cependant elle semble la plus haut gradée.
    Victoria Hand si elle apparaît d’abord dans un rôle de froide dominatrice se révèlera sympathique. Premièrement par sa complaisance envers l’équipe de Coulson (quand elle lui permet de secourir Fitz et Ward). Ensuite alors que son tempérament laissait suggérer une allégeance à Hydra, il s’avère qu’elle était une des seules fidèles au S.H.I.E.L.D. Au contraire, John Garrett qui paraissait beaucoup plus sympathique se révèlera être le grand méchant.
    Même si la mise en avant de Victoria Hand est appréciable, il est inévitable de remarquer que le S.H.I.E.L.D semble tout de même plus masculin que féminin. Pour cela il suffit de regarder les agents secondaires, principalement des hommes : Sitwell, Blake, Triplett, Eric Koenig. Je suis peut-être sélectif, mais je n’ai pas en mémoire d’agent féminin. J’ignore volontairement certains personnages tels que John Garrett et Akela Amador que je traiterai à part. Par acquis de conscience je citerai tout de même l’agent Weaver qui semble superviser l’académie des sciences du S.H.I.E.L.D. Ceci étant cela conforte une certaine idée que l’éducation est un domaine de femme et l’action un domaine d’homme.
    Je vais terminer par une note sur Nick Fury. Il y est très souvent fait référence comme le ‘Saint-Père’ du S.H.I.E.L.D, le parangon, l’omniscient, la légende. Ce statut est probablement hérité du comic (je ne suis pas expert sur le sujet). Ceci étant j’ai trouvé habile la manière de compenser cet surenchère. En effet, Nick Fury apparaît deux fois dans la série et son apparition sert plutôt à démonter son image légendaire et montrer qu’il ne se prend pas autant au sérieux que ça. La première fois, à la fin de l’épisode 2, on le voit sermonner Coulson pour avoir abîmer l’avion 6 jours seulement après l’avoir reçu. Cependant la scène est habilement montée en dérision : il s’émerveille que l’avion ait un super bar, il demande à ce que Fitz-Simmons n’installe pas un aquarium. La deuxième fois, dans le dernier épisode, même s’il apparaît comme l’homme providentiel il n’en prend pas le crédit. S’il récupère Fitz-Simmons, il ne le fait pas en tant que sauveur, les deux s’étant sauvés eux-même de par leur intelligence. Quand il arrive pour soutenir Coulson face à Garrett il lui dit : ‘Vous n’avez pas à m’appeler Monsieur. Regardez, je suis habillé comme si j’habitais sous un pont.’ Pour moi la tournure ‘Men in Black’ que prend la suite de l’affrontement renforce encore cette décridibilisation.
    Finalement, Nick Fury qui était tant admiré, et sous la direction duquel le S.H.I.E.L.D s’est effondré, passe le relai à Coulson. Lors de ce passage, il explique clairement que c’est pour les valeurs humaines de Coulson qu’il fait ce choix. On peut légitimement s’interroger sur ce passage de relai entre hommes. N’est-ce pas un moyen de faire rester le pouvoir entre les mains des hommes ? Je ne pense pas pour plusieurs raisons :
    Il y a déjà eu une femme à la tête du S.H.I.E.L.D, notamment l’agent Carter (le love interest de Captain America). Et dans l’univers du comic, Maria Hill a succédé à Nick Fury. Pourquoi ne le fait-elle pas ici ? Parce qu’elle est partie travailler pour Stark entre autres mais surtout pour ce que je pense être le deuxième point. Donner à l’équipe les pleins pouvoirs sur le S.H.I.E.L.D afin de rendre la série relativement indépendante des autres personnages du Marvel Cinematic Univers. Et comme dit plus haut, la possibilité de donner le pouvoir à une femme n’est pas in-envisageable vu que Coulson dit à May qu’elle devra lui succéder s’il lui arrive quelque chose.

    Les antagonistes

    Je pense que l’analyse ne serait pas complète si on ne s’attardait pas sur les antagonistes. Je vais donc sélectionner ceux qui m’ont paru les plus intéressant et les plus pertinents. Je vais commencer par les antagonistes féminins.

    • Camilla Reyes dans l’épisode ‘0-8-4’. Intéressant le choix de mettre une femme en tant qu’officier militaire de l’armée péruvienne.
    • Akela Amador dans l’épisode ‘Eye Spy’. Ancienne protégée de Coulson, redoutable et n’ayant pas froid aux yeux (jeu de mot). J’ai trouvé notable de choisir un femme noire, d’autant plus qu’elle ne s’avère pas méchante au final mais simplement prise en otage et forcée à faire des choses qu’elle ne voulait pas. Plusieurs interrogations surviennent auxquelles je n’ai pas forcément de réponses : comment interpréter l’attitude paternaliste de Coulson envers ses ‘protégées’ Akela puis Skye ? Y’a-t-il une interprétation à faire sur le fait que les deux victimes des yeux-bombes mises en valeur sont noires (Amador et Peterson) ?
    • Lorelei dans ‘Yes men’. Ce personnage reprend le mythe de la femme fourbe et manipulatrice qui soumet les hommes à sa volonté. Pour s’opposer à elle, la vertueuse guerrière Sif vient aider le S.H.I.E.L.D. J’ai deux interprétations pour cet épisode. D’un côté Sif peut apparaître comme soutenant le patriarcat d’Asgard en agissant comme leur chien de garde comme on lui ordonne. Elle vient ainsi remettre en cage la femme fourbe et manipulatrice qui ne se laisse pas faire alors que Sif adore ramper devant le pouvoir des hommes sans rien obtenir en retour (pour cela il faudrait plutôt faire une analyse des films de Thor néanmoins comme c’est évoqué dans l’épisode, il me paraît pertinent d’y faire référence). Sif se pliant au patriarcat serait ainsi un modèle à suivre… Même si elle agit sous les ordres, son acte reste somme toute juste, Lorelei est quand même une psychopathe qui veut se tailler un royaume dans le sang. De l’autre cet épisode rend honneur à Sif en lui permettant d’exprimer pleinement sa valeur et son talent de guerrière alors qu’elle est complètement éclipsée dans les films consacrés à Thor.
    • Raina, la femme en robe à fleur. Même si son éthique laisse clairement à désirer, difficile de la classer comme réellement ‘méchante’ à côté d’un Garrett. D’ailleurs quand elle découvre qu’il n’est pas vraiment clairvoyant, elle se désolidarise dès que possible et refuse de s’allier à Hydra. Pour moi le personnage est relativement neutre ne versant ni dans le sexisme, ni dans le féminisme. En dehors de son arc narratif personnel, je la trouve surtout utile pour mettre en avant le caractère dominant et violent des ‘vrais’ méchants qu’elle côtoie, la misogynie étant souvent utilisé comme trait de caractère des méchants dans les productions de Joss Whedon (c’est Wiki qui le dit).

    Attaquons-nous maintenant aux antagonistes masculins. Bien que Quinn soit un méchant important, je l’ai trouvé assez standard et donc j’ai choisi de ne pas m’y attarder. Peut-être que je me trompe et qu’il y a un certain message derrière la construction de ce personnage, mais j’ai trouvé d’autres antagonistes beaucoup plus intéressants.

      T

    • obias Ford dans ‘Repairs’. Cet homme a un faible pour Hannah Hutchins une ingénieure qualité. Il a provoqué des dysfonctionnements pour la faire venir et passer du temps avec elle. Hélas un accident a fini par se produire tuant 4 hommes dont Tobias. Hannah se retrouve accusée et soumise à l’ire de la populace. Tobias n’est pourtant pas mort et se retrouve en quelque sorte coincé comme un fantôme (je vous passe les détails). Étant toujours amoureux, il cherche à la ‘protéger’ de la populace en agressant ceux qui la menace. Évidemment cela ne fait que renforcer la défiance populaire et la vie d’Hannah tourne au cauchemar. Tobias tente de se justifier par son amour et le fait qu’il voulait la protéger. Hannah ne lui accordera pas son pardon ‘Il n’y a que Dieu qui puisse te pardonner’. Et May en rajoute une couche en disant que Dieu ne lui pardonnera pas non plus, signifiant qu’il doit assumer ses actes sans se chercher d’excuses. Par ailleurs, il est intéressant que ce soit une femme qui défende Hannah et pas un autre homme. J’entends par là qu’Hannah n’a pas nécessairement besoin d’un homme pour la protéger d’un autre homme.
    • Marcus Daniels dans ‘The only light in darkness’. Cet épisode est l’occasion de rappeler que le harcèlement obsessionnel, c’est pas vraiment très sympa.

    Finalement il nous reste un trio très intéressant composé par Deathlock/Mike Peterson, John Garrett/Claivoyant et Grant Ward une fois qu’ils ont révélé leur allégeance à Hydra. John Garrett est le grand méchant et il est clairement identifié comme un patriarche, notamment au travers de sa relation avec Grant Ward. De là à dire que l’ennemi c’est le patriarcat et ceux qui l’entretiennent, il n’y a qu’un pas que je me permets de franchir.
    La rencontre entre Garrett et Ward est racontée sous forme de flashbacks. Dès la première scène le ton est donné, Garrett va apprendre à Ward à être un homme, un vrai. S’ensuit un certain nombre de leçons édifiantes : ne fais confiance à personne, ne te plains pas, ne sois pas faible (traduit plus exactement par n’aie pas d’empathie et sois sans pitié), tu dois mériter chaque chose, etc. Il trouvera d’ailleurs toujours quelque chose à reprocher à Ward. Il n’est jamais assez digne d’être un homme, il est ‘décevant’.
    Au final Ward est en quelque sorte une victime du patriarcat. C’est parce qu’il a suivit les enseignements de Garrett qu’il est devenu un méchant. Le pire étant qu’il pense tout devoir à Garrett et ne jamais remettre en cause les enseignements. Pour moi la manière de présenter les choses est claires, le patriarcat génère des méchants. Même si Ward est présenté comme ‘victime’ du patriarcat, il n’est pas pour autant excusé et encore moins pardonné car il ne se remet pas en question et ne cherche pas le pardon.
    À côté de cela, nous avons Mike Peterson/Deathlock qui est méchant principalement par contrainte. Son fils est tenu en otage et il a une bombe en guise d’œil. Ici un rapport père/fils complètement différent est proposé. Mike et son fils sont ‘une équipe’, ce que fait Peterson, il le fait pour son fils. Il a fait des mauvaises actions pour ne pas que son fils soit tué et il promet de faire de bonne actions pour se rattraper de ses mauvaises actions aux yeux de son fils.
    Même si cette relation père/fils est présenté de manière plus positive que celle de Garrett et Ward, elle reste en demi-teinte. Ma lecture est la suivante. Dans le premier épisode, son fils Ace regarde les figurines des Avengers dans une boutique. On sent bien que Peterson aimerait être comme ces héros aux yeux de son fils, d’autant plus qu’il s’excuse d’être un ‘loser’ parce qu’il a perdu son boulot à l’usine. C’est notamment ce sentiment qui va permettre à Raina de le manipuler et donc ultimement de l’amener à être Deathlock. On peut le voir également dans la scène de l’échange entre Ace et Coulson. Peterson essaie de se racheter aux yeux de son fils, ce qui va lui être fatal. Concrètement la volonté d’apparaître viril va provoquer sa perte, ce qui est pour moi une manière de dire que ce n’est pas un bon chemin à suivre. D’autant qu’on peut faire le parallèle avec Fitz dont la recherche de virilité finit mal. Au final, on est naturellement amené à penser que la relation paternelle la plus saine est celle de Coulson et Skye.

    Conclusion

    Pour conclure, j’ai beaucoup aimé les mécanismes mis en œuvre dans la série : la mise en valeur de qualités empathiques chez les hommes et des capacités d’actions des femmes. Le renversement des rôles genrés. Les différentes formes de paternité et la mise en défaut du système patriarcal. La critique de la virilité et la problématique dans la construction identitaire des hommes. Le regard des femmes sur les hommes.
    Il y a certaines beaucoup à redire sur d’autres points mais je suis du genre à aimer pointer les choses que je trouve bien faites pour encourager à suivre cette direction. En tout cas j’ai hâte de voir comment va évoluer la série dans la saison 2.

    #24172 Répondre
    Paul Rigouste
    Participant

    Merci pour cette analyse effectivement déjà très détaillée et organisée :-). J’ai un peu lu et ça m’a donné envie de regarder. Donc je reviens en discuter dès que j’ai regardé un nombre suffisant d’épisodes. Merci encore et à bientôt.

    #24188 Répondre
    Doktor
    Invité

    Merci pour votre réponse, je vais certainement continuer d’étoffer un peu et surtout prendre des screenshots d’illustration dès que j’aurai le temps :).

    #24205 Répondre
    cette page
    Invité

    Merci pour l’info, j’aime beaucoup ta manière d’écrire

    #24318 Répondre
    Paul Rigouste
    Participant

    Coucou,

    J’ai commencé à regarder la série, que je trouve très bien faite, mais politiquement très très craignos. Je trouve bien que tu annonces d’emblée que tu te concentres sur les trucs qui t’ont paru les plus intéressants politiquement, en passant plus vite sur ce qui est moins bien, et donc que tu assumes une « positive attitude » 🙂 . Mais je me demande s’il n’y a pas un peu un danger à faire ça, au sens où cela revient souvent concrètement à occulter le caractère très problématique de la série sur de nombreux points. J’ai rien contre le fait de valoriser des trucs biens, mais le risque à mon avis là-dedans c’est que ça tend peut-être à occulter tout un tas de trucs très très problématiques. Personnellement, j’ai l’impression que pour avancer politiquement, il est souvent plus efficace de chercher les problèmes plutôt que se féliciter des trucs cools. Après c’est sûrement mon tempérament aussi. Et je trouve aussi très bien de le dire quand des choses avancent, ça fait du bien au moral en plus. Mais là dans cette série je trouve personnellement que ça craint quand même pas mal au final (du moins ce que j’en ai vu pour l’instant).

    Un des trucs qui me choque le plus, c’est le sexisme et le racisme structurants. L’équipe est composé dans son immense majorité de blanc-he-s, et si il y a effectivement une parité hommes/femmes, on reste quand même dans un schéma méga-patriarcal de la « grande famille » rassemblée autour de l’homme blanc, ce chef à la fois détenteur de l’autorité, mais aussi compréhensif et bienveillant. Et face à elleux, on a des antagonistes qui sont quand même très souvent des femmes et/ou des non-Blanch-e-s, dans leur majorité en tout cas pour les épisodes que j’ai vus.

    Plus précisément, j’ai l’impression qu’il y a d’un côté les méchant-e-s incurables qui doivent mourir, et de l’autre les méchant-e-s pas vraiment méchant-e-s, qui doivent être sauvés par les gentil-le-s agents du SHIELD, qui vont leur montrer la voie de la rédemption. Et comme par hasard, les deux personnages les plus émouvants dans ce dernier cas de figure sont des Noir-e-s (Peterson et Amador). Pour moi on a là des exemples typiques du trope du « sauveur blanc » (l’épisode 5 avec le chinois est pas mal non plus dans le genre). Du coup, dans les deux cas ça reste méga-raciste.

    Sinon, par rapport à la représentation des femmes dans la série, j’ai l’impression que tu tends à minimiser la misogynie de la série dans la représentation des antagonistes, comme par exemple Camilla Reyes dans l’épisode 2 ou la bien nommée « Femme à la robe à fleurs » de l’épisode 5, que l’on retrouve plus tard (deux non-Blanches d’ailleurs). Pour moi, ça verse dans la misogynie la plus crasse ici, avec des stéréotypes de femmes fourbes et manipulatrices. Quand on met ça en rapport avec le fait que l’équipe est organisée autour du chef blanc (dont la légitimité à commander est très souvent réaffirmée par les membres de l’équipe, le sommet du genre étant peut-être l’épisode 11, dans les épisodes que j’ai vus), je pense qu’on a globalement un schéma très patriarcal, avec d’un côté la bonne féminité au service de l’homme blanc, et de l’autre la mauvaise féminité (très souvent racisée) qui n’obéit pas à sa loi.

    C’est d’ailleurs pour cette raison que j’ai un peu de mal avec ta « symétrisation » des personnages masculins au sein de l’équipe. Je suis d’accord en gros pour symétriser les « muscles » et pour les scientifiques, mais en ce qui concerne Coulson et Skye, je trouve qu’on est très loin de l’égalité. Au contraire, on est dans un schéma méga-patriarcal avec d’un côté l’homme d’âge mûr (chef et figure paternelle de surcroît), et de l’autre la jeune (et jolie) jeune fille novice. En plus je ne trouve pas que le film soit particulièrement très critique vis-à-vis de pratiques symboliquement assez craignos, comme par exemple le fait que Coulson mette un bracelet électronique à Skye pour la surveiller, bracelet qu’il a l’infinie bonté de lui enlever une fois qu’elle a montré son dévouement total au père (dans l’épisode 11).

    Et par rapport à May, déjà, vu l’ambiance raciste de la série, je trouve plutôt craignos qu’elle soit constamment ramenée à sa « race » (le côté kung fu, sagesse et tai chi). Tu évoques ça comme si c’était normal, mais c’est pas normal, c’est normé et normatif. Et sinon par rapport à sa féminité au départ assez anti-conventionnelle (le côté solitaire, « froide » et badass), j’ai l’impression que la série tente de l’ « expliquer », comme si ça ne pouvait pas être « naturel » pour une femme d’être comme ça. Je pense notamment à l’épisode 9 avec le Berserker. Ce n’est pas un hasard si cet épisode suit celui dans lequel May se révèle vraiment badass (quand elle utilise sans flancher le bâton qui a fait péter un boulon à Ward). Dans l’épisode 9, on nous explique qu’ « elle n’était pas comme ça avant », qu’elle était « chaleureuse », mais elle a vécu un traumatisme horrible au Bahreïn, et du coup elle est devenue comme ça. Donc non seulement on nous « explique » les raisons pour lesquelles sa féminité n’est « pas normale », mais en plus elle est l’épisode cherche clairement à la « normaliser/féminiser » : on nous montre d’abord qu’elle a une sexualité (hétérosexuelle avec le gros viril de service), puis qu’elle a de l’empathie et de la compréhension pour les hommes (dans la scène avec le berserker). Ce qui est marrant d’ailleurs avec cette scène, c’est que la série n’accorde même pas à May le droit de résoudre le problème toute seule, puisqu’elle n’a fait que répéter au berserker le discours que Coulson lui avait sorti pour la réconforter après l’épisode traumatique au Barheïn…

    Bref, j’arrête là car il y aurait vraiment à dire sur plein de trucs avec cette série (que je trouve aussi à de nombreuses reprises dangereusement masculiniste), mais c’était juste pour donner rapidement quelques exemples. J’essaierai peut-être d’écrire un petit truc sur un épisode en particulier, juste pour essayer d’expliquer un peu mieux comment au final des personnages ayant quelques aspects progressistes d’un point de vue féministes sont mis en scènes à l’intérieur de scénarios qui restent à mon avis très sexistes.

    Après je ne suis pas en train de dire que ce que tu dis est totalement faux. Au contraire, c’est la plupart du temps très fondé et intéressant. Mais je me demande s’il n’y a pas un danger à occulter aussi souvent les trucs problématiques, au sens où ça revient souvent à occulter les rapports de dominations à l’œuvre (de manière assez systématique à mon avis) dans la série. Mais bon, c’est complexe de toute façon, et c’est pour ça que c’est bien d’en discuter et d’avoir des avis différents sur le sujet :-). Merci en tout cas de m’avoir donné envie de regarder cette série, et merci encore pour cette analyse très intéressante.

    #24322 Répondre
    Yael
    Invité

    Je trouve que ces aspects ne sont pas faux, mais sont pas mal renversés à la fin de la saison. La relation Skye/Coulson s’équilibre plus, même si ça reste dans un schéma patriarcal (mais aussi maître/disciple, ce qui n’est pas forcément sexiste). Cela ressemble beaucoup à la relation Giles/Buffy où là encore la relation s’équilibrait au fil du temps, voire s’inversait. De même, les relations hiérarchiques entre May et Coulson ne sont pas si nettes dans la suite des épisodes.
    Sur le racisme, même s’il n’est pas aussi présent que Coulson, le chef « suprême » reste Nick Fury, donc un mâle non blanc.
    Par ailleurs, même si elle n’est pas extrêmement typée, Chloe Bennet, l’actrice qui joue Skye, est une eurasienne et non une « blanche ». La série reprend les origines chinoises de l’actrice même si cela est exprimé vraiment en saison 2.

    #24327 Répondre
    Arroway
    Invité

    Par ailleurs, même si elle n’est pas extrêmement typée, Chloe Bennet, l’actrice qui joue Skye, est une eurasienne et non une « blanche ».

    Je confirme ce point !

    (même si par ailleurs l’épisode pilote m’a bien fait chier et ne m’a pas sembler révolutionnaire, donc ça me donne pas trop envie de regarder la suite…)

    #24330 Répondre
    Paul Rigouste
    Participant

    Ah d’accord, je n’avais pas remarqué pour Chloe Bennet (effectivement, je ne la trouve pas vraiment très « typée » physiquement, ce qui n’est peut-être pas un hasard). Après, si les rapports hiérarchiques restent les mêmes dans la suite de la série ça reste toujours aussi craignos, voire encore plus (la femme non-blanche sous le commandement de l’homme blanc). Mais bon, si j’en crois ce que vous dites, ça s’arrange un peu par la suite, donc je vais attendre de voir avant de parler…
    Après je ne vois pas trop en quoi la relation maître/disciple est moins problématique que la relation père/fille. C’est toujours un rapport de domination non ? Certes si lae disciple finit par égaler ou dépasser le maître, on sort du rapport de domination, mais précisément parce qu’on sort de la relation maître/disciple, non ?

    A propos de Nick Fury, je suis d’accord que c’est le chef « suprême » dans l’idée, mais de ce que j’ai vu pour l’instant, on ne le voit quasiment jamais (contrairement à Coulson dont le commandement est perpétuellement montré). Au final, que ce soit dans cette série, dans les Avengers ou dans Captain America et le soldat de l’hiver (qui est peut-être le film qui lui donne le plus de place), Nick Fury reste un personnage secondaire.

    Ça me fait penser aussi au personnage de Victoria Hand, qui est aussi une supérieure hiérarchique que l’on voit beaucoup moins que Coulson. Elle n’a eu un peu de place que dans deux épisodes pour l’instant (dans ceux que j’ai vu je veux dire), et je reste un peu dubitatif quant au discours que la série tient sur elle. En effet, j’ai eu l’impression que, dans les deux cas (épisode 7 et 11), elle servait un peu de repoussoir au niveau de sa manière de commander. Il m’a semblé qu’elle incarnait un commandement plus « froid » et « rationnel », opposé au commandement et aux méthodes plus « humain-e-s » de Coulson et des agents du SHIELD. Si je me souviens bien, dans l’épisode 7, on a au départ les femmes de l’équipe qui désobéissent à Coulson pour aller chercher les hommes qui sont partis au front, mais finalement Coulson vient avec elles, parce que c’est un brave type en fait. Et du coup illes font tou-te-s ça sans le dire à Hand, qui est prête à sacrifier les deux agents. Il me semble que la figure de Hand joue ici le rôle de repoussoir qui permet de valoriser encore plus le pouvoir de Coulson l’homme blanc (qui totalise à la fois la rationalité et les sentiments, alors que Hand semble trop « rationnelle »). En résumé, j’ai l’impression que le pouvoir féminin n’est pas valorisé ici (en lorgnant en plus dangereusement vers le stéréotype misogyne de la femme de pouvoir froide et sans émotions), et qu’il sert même à valoriser encore plus clairement le pouvoir de l’homme blanc.

    #24339 Répondre
    Yael
    Invité

    J’ai été un peu rapide la dernière fois.
    Déjà, j’avoue avoir un a priori favorable sur Joss Whedon depuis Buffy qui est une série vraiment intéressante du point de vue féministe, mais ce serait un peu long à développer.
    Et je vois la relation Skye/Coulson comme une reprise de la relation Buffy/Giles, qui au début est une relation disciple/maître qui se transforme petit à petit en relation fille/père, pour peu à peu être dépasser. Une relation maître/disciple contient effectivement un rapport de domination, mais d’une part ce n’est pas forcément une domination sexuée, et c’est surtout une relation d’apprentissage et le disciple est appelé à se détacher du maître donc à sortir de la domination… De plus, dans une relation d’apprentissage plus égalitaire, le disciple apprend, mais le maître apprend également de son élève (cf. Le maître ignorant). Dans le cas de Buffy, Giles apprend également de Buffy et apprend à se détacher du conseil des observateurs, assemblée patriarcale par excellence, pour acquérir son indépendance. Il me semble que c’est la même chose avec Coulson. Il apprend par Skye à se détacher de la hiérarchie du SHIELD, de passer outre certaines règles. La vision qu’on a du SHIELD est quand même en demi teinte.

    Mais surtout, et là, il faut aller au bout de la saison, c’est à mettre en parallèle avec la relation Garrett/Ward (attention spoilers). Par rapport à Victoria Hand et à Melinda May, Garrett et Ward paraissent bien plus humains au premier abord. Ils savent allier pour l’un l’autorité pour l’autre la force avec une décontraction et un sens de l’écoute dont les deux femmes semblent dépourvues. Or en fait, les deux sont des traîtres. On assiste par des flashback et la façon dont Garrett a formé Ward. Après l’avoir fait évader de prison, il l’a amené dans une forêt pour qu’ils partagent l’activité virile par excellence : la chasse. Pour au final, l’y abandonner sans autre aide que le chien en disant : il faut que tu apprennes à te débrouiller par toi même. Quand il revient des mois plus tard, il veille à faire de Ward un meilleur chasseur. Quand Ward est vraiment un chasseur hors pair, il lui dit de partir non sans avoir tué le chien qui est le seul être en qui Ward savait pouvoir faire confiance, car « il ne faut pas faire preuve de faiblesse. »

    Après, on peut dire qu’il y a le bon maître blanc et le mauvais maître blanc, mais je crois qu’au fur et à mesure, Coulson apparaît moins comme un maître et que ce phénomène va s’accentuer plus la série avancera.

    #24342 Répondre
    Grussie
    Invité

    HS Buffy :

    Et je vois la relation Skye/Coulson comme une reprise de la relation Buffy/Giles, qui au début est une relation disciple/maître qui se transforme petit à petit en relation fille/père, pour peu à peu être dépasser. Une relation maître/disciple contient effectivement un rapport de domination, mais d’une part ce n’est pas forcément une domination sexuée, et c’est surtout une relation d’apprentissage et le disciple est appelé à se détacher du maître donc à sortir de la domination… De plus, dans une relation d’apprentissage plus égalitaire, le disciple apprend, mais le maître apprend également de son élève (cf. Le maître ignorant). Dans le cas de Buffy, Giles apprend également de Buffy et apprend à se détacher du conseil des observateurs, assemblée patriarcale par excellence, pour acquérir son indépendance.

    Je suis vachement moins positive que toi sur cette relation, déjà le principe de mettre du pouvoir entre les mains d’une jeune fille est quand même nettement freiné par le fait qu’elle doive être guidée (= recevoir des ordres sur ce qu’elle fait de toutes ses soirées) par un observateur. Ensuite j’aime beaucoup les scènes où Buffy envoie chier le conseil des observateurs mais je trouve que c’est terni par le fait que Giles soit en contraste une figure d’autorité positive et bienveillante. Ça fait un peu « ouais le gros conseil autoritaire et réac c’est des méchants, mais le gentil mec paternaliste est quand même nécessaire et très positif », non ? Et c’est vrai qu’à la toute fin Buffy finit par envoyer chier Giles, mais déjà c’est à la toute fin, et de plus c’est au tour de Buffy de se réaliser en personne autoritaire pour son entourage…bref, vraiment pas satisfaisant politiquement sur ce plan, de mon point de vue. J’ai l’impression que la série l’autorise à envoyer bouler Giles à la fin parce qu’elle devient super accomplie, une figure de leadeuse expérimentée; elle lui dit « je n’ai plus besoin de leçons maintenant » en lui fermant la porte au nez, alors qu’il vient de la manipuler pour tuer Spike derrière son dos; j’aurais préféré avoir plus d’accent sur le fait qu’on a le droit de se rebeller contre l’autorité pas que quand on est le/la meilleur.e, mais parce que celle-ci est puante et ne veut pas notre bien même si elle essaie de nous faire croire le contraire.

    C’est écrit un peu vite fait, désolée !

    #24343 Répondre
    Yael
    Invité

    Je continue sur le HS Buffy.
    Je trouve déjà que le côté sombre de l’autorité de Giles apparaît bien avant la saison 7. A la fin de saison 5, il assassine froidement l’humain qui partage son corps avec Gloria, une déesse d’une dimension maléfique pour « protéger Buffy ».
    Effectivement, ce n’est qu’à la toute fin qu’elle envoie complètement balader Giles (mais pas définitivement), mais si elle a une période très autoritaire à la fin, mais son accomplissement réel ne vient que quand elle renonce à l’autoritarisme et qu’elle a l’idée de faire partager son pouvoir avec toutes les autres tueuses.
    La fin est quand même particulièrement intéressante tant dans la façon dont le mythe de la tueuse de vampire est abordé que dans la façon dont elle le retourne. A l’origine, la première tueuse était une fille capturée par des sorciers qui lui ont « inoculé » le pouvoir d’un démon pour la rendre plus forte et lui permettre de combattre les démons pour eux. Ces hommes sont vus comme les ancêtres du Conseil des observateurs, des hommes qui utilisent et dominent la tueuse pour « le bien de l’humanité ».
    A la fin, Buffy a l’idée de révolutionner cela grâce au pouvoir d’une autre femme, Willow sa meilleure amie sorcière et lesbienne. En utilisant la faux qui contient le pouvoir originel de la tueuse, elle va permettre qu’il n’y ait plus une seule tueuse, mais que toutes les tueuses potentielles deviennent des tueuses. Ainsi l’accomplissement réel ne vient (et c’est visible à la fin) que Buffy peut cesser d’être un leader et que le pouvoir peut être partager également par toutes. C’est très bien représenté par la scène où la faux qui est le symbole du pouvoir des tueuses passe de main en main.
    Après, c’est Spike donc un personnage masculin qui sauvera tout le monde en détruisant tout et en se sacrifiant, mais il est à noter que les personnages masculins qui sauvent le monde le font les deux fois dans une logique sacrificielle : Angel en saison 2 et Spike en saison 7. Ce sont des figures peut-être christique (paradoxal pour des vampires), mais le Christ n’est pas une figure patriarcale à proprement parlé.

    Enfin, sur le pouvoir de Buffy, il dépasse la question de la « guidance » de Giles. Ce qui rend Buffy forte (et qui fait qu’elle survive alors qu’une tueuse dépasse rarement ses 18 ans) c’est qu’elle n’est pas que dans une relation tueuse/observateur, mais qu’elle a un groupe autour d’elle. La façon dont le groupe est représentée me semble aussi très intéressante. A la fin de la saison 4, ils vont s’unir dans un rituel pour apporter plus de pouvoir à Buffy et on voit alors comme ils sont représentés. Giles est la sagesse et Buffy le bras, jusque là, rien de bien transcendant, mais Willow représente l’intelligence rationnelle et Alex/Xander le coeur, alors qu’on aurait plutôt attribué les qualités de coeur à une femme et l’intelligence rationnelle à un homme.
    Le personnage d’Alex est assez intéressant sur la représentation du masculin. Il passe régulièrement par des crises de la virilité qui peuvent sembler masculiniste, mais à chaque fois, la représentation de la virilité est tellement distordue que cela valorise Alex… Mais ce serait un peu long à détailler plus longuement.

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