Répondre à: Bande de filles – Céline Sciamma

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#22521
Grussie
Invité

Merci beaucoup pour ces articles !

Par contre ce qui me gonfle dans ce texte (en plus de certaines critiques qu’il fait et que je trouve infondées), c’est le ton paternaliste qu’il adopte vis-à-vis de Sciamma au début (« Mais là, franchement Céline, tu t’es ratée, ton film est bourré de maladresses, etc. »), ça fait un peu « je vais t’expliquer la vie, petite »… (le sexisme n’est pas loin à mon avis…)

Je suis tout à fait d’accord avec toi, et j’avais aussi tiqué sur ce passage au début :

et je ne parle même pas des seconds rôles masculins, tellement grossiers et clichés (le frère ou le mac croquemitaines qui n’ont aucune épaisseur et dont la seule fonction et de menacer le personnage principal).

Je ne vois pas ce qu’il y a de si grossier ou cliché dans le perso du grand frère. (Ça pourrait tout à fait être un des miens…)

Je pense qu’effectivement, si c’était un film sur de la violence conjugale ou familiale, ça serait bien de développer les personnages qui battent, pour éviter de tomber dans le « ce sont les brutes qui frappent leur femme/soeur, pas les hommes propres sur eux », qui aboutit à des situations où on ne reconnaît plus les violences conjugales/familiales comme telles, car « parfois il est gentil »…mais dans toutes les relations, mêmes très violentes, il y a toujours des éléments très bons. Ça ne change pas le fait que la relation soit toxique, violente et déséquilibrée, mais si on ne présente que des modèles « relation très bien/relation très violente tout le temps », on se retrouve avec des cas qu’on met des années à identifier comme violents. Bref, je suis un peu partie en HS là, mais tout ça pour dire, le grand frère qu’on ne voit quasiment qu’à travers ses coups, ça ne m’a pas gênée du tout, en l’occurrence, même si je comprends très bien ce qu’il y aurait de potentiellement problématique de ce côté-là. Mais c’est peut-être parce que ça me parlait beaucoup que je reconstruisais dans ma tête les « éléments manquants ». (je ne sais pas si c’est clair ?)

Sinon j’ai trouvé le harcèlement de rue bien traité aussi. Qu’on voyait vraiment les hommes dans la rue de son point de vue. Que son attention était momentanément attirée sur eux quand elle les croisait, et qu’on avait peur avec elle qu’il y en ait un qui l’emmerde, lui fasse des réflexions ou la menace. J’ai beaucoup la scène qui suit la scène d’ouverture pour cela, où on les voit de plus en plus silencieuses quand elles se séparent. Ça retranscrit tout à fait la pression qui pèse sur les femmes dans la rue la nuit, je trouve. (Et du coup, encore plus sur les femmes racisées ? Je ne sais pas…)

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