Répondre à: Fifty Shades of Abuse

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#29083
Arroway
Invité

Bonjour,
Je suis tombée sur cet article :
https://arfcollectiffeministe.wordpress.com/2015/01/20/violences-conjugales-une-forme-de-domination/
et je le trouve intéressant en ce qui rappelle certains aspects peu évoqués dans le débat jusqu’ici. Notamment sur le « mais pourquoi les femmes sont attirées par des bad boys et les relations abusives »: ce qui peut nous paraître « évident » vu de l’extérieur l’est souvent beaucoup moins vécu de l’intérieur :

« La violence conjugale est une forme de domination d’un-e partenaire sur l’autre qui ne se limite pas à un certain nombre de gestes ou paroles déconnectés du reste de la vie d’un couple. Un-e partenaire violent-e se sent en droit de contrôler l’autre, et se croit légitime dans son utilisation de la violence (paroles dégradantes, comportements humiliants, attitudes menaçantes, coups, violence sexuelle, etc).

Une relation abusive suit généralement un cycle : après un épisode de violence, la personne abusive, malgré d’éventuelles excuses, minimisera la gravité de ses actions, trouvera des justifications extérieures voire fera porter à l’autre au moins une partie de la responsabilité – et, après une phase de réconciliation, la tension renaîtra jusqu’à la réapparition de la violence. Ce cycle va le plus souvent en s’intensifiant et en se raccourcissant.

La personne abusée finit par accepter la part de responsabilité que lui fait porter l’autre, et a de plus en plus de mal à faire confiance à ses propres émotions, qui sont systématiquement niées ou tournées en ridicule.

La personne abusive n’est pas, contrairement aux idées reçues, quelqu’un-e qui maîtrise mal sa colère ou quelqu’un-e de « passionnel ». C’est une personne qui, consciemment ou non, utilise des tactiques pour maintenir l’autre dans une situation d’emprise.

Les idées reçues et valeurs partagées par l’ensemble de la société sont un atout pour les personnes abusives. Dans le cadre hétérosexuel, le motif culturel récurrent de l’homme abusif présenté comme « romantique » et de l’amour inconditionnel d’une femme exceptionnelle comme seul remède contre la violence (dans le mythe persistant de La Belle et la Bête, remis au goût du jour par Twilight et 50 Shades of Grey) facilite la tâche de l’homme abusif – qui attribuera sa violence à la force de son amour – et ajoute à la confusion chez la femme victime – qui aura d’autant plus de mal à identifier la situation comme abusive et pensera à tort pouvoir changer son bourreau. On peut retrouver les mêmes dynamiques abusives dans les couples non-hétérosexuels : quel que soit le genre de leur partenaire, par leur socialisation, un homme abusif pourra utiliser les mêmes justifications et naturaliser sa violence, et une femme abusée sera plus encline à chercher la faute en elle-même.

De façon plus générale, la domination masculine qui s’exprime à tous les niveaux de la société facilite l’invisibilisation et la minimisation des violences conjugales envers les femmes. Toute forme de domination sociale subie par la victime peut jouer en faveur de l’abuseur (racisme, homophobie, transphobie, validisme, classisme, etc), en lui fournissant des justifications ou en rendant plus difficile l’accès au soutien pour la victime.« 

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