Répondre à: Teen Wolf, saison 1 et 2

Accueil Forums Le coin pop-corn Séries Teen Wolf, saison 1 et 2 Répondre à: Teen Wolf, saison 1 et 2

#6253
Paul Rigouste
Participant

J’ai continué à regarder des films de loups-garous (j’espère que je digresse pas trop par rapport à la série Teen Wolf. J’ai l’impression que c’est intéressant d’essayer de voir dans quelle tendance ça s’inscrit, mais bien sûr n’hésitez pas à revenir sur Teen Wolf si vous préférez 🙂 )

J’ai regardé le film She-Wolf of London de 1946, où la louve-garoue est une femme.

she wolf

Mais en fait y a pas de louve-garoue du tout, puisque qu’il s’agit juste d’une femme qui en manipule une autre dans le but de la rendre folle en lui faisant croire qu’elle est une louve-garoue… Encore une preuve que la figure du loup-garou est avant tout masculine (je me demande quand est apparue la véritable première louve-garoue à l’écran).

Après j’ai regardé le film The Wolf Man de 1941 avec Lon Chaney, où là c’est un vrai loup-garou.

wolf man

Je voulais voir si on retrouvait le thème sexiste-masculiniste de l’homme et ses pulsions animales difficiles à maîtriser. Et en fait pas vraiment. On peut l’y voir, mais je crois pas que ce soit vraiment le centre du film, dont j’ai pas trop réussi à comprendre le propos (s’entremêlent des histoires de classes, des questionnements sur la folie/raison, une opposition ville/campagne, des trucs racistes autour des gitans, etc.). Je connais pas assez le contexte de l’époque pour bien comprendre les enjeux socio-politiques de ce film, mais en tout cas, il ne me semble pas que le thème masculiniste que l’on retrouve dans les films de loups-garous actuels y soit (en tout cas, il n’y est pas aussi présent).

A mon avis, on peut faire l’hypothèse que ce thème masculiniste/viriliste est apparu après les mouvements féministes des années 60/70, dans la période de backlash anti-féministe que furent les années 80, en même temps que l’explosion des mouvements masculinistes quoi. Et que ce thème est encore vivace aujourd’hui, comme est encore très vivace (c’est un euphémisme) le masculinisme. Je vais essayer de regarder d’autres films de loup-garou d’avant les années 80 pour voir si ça se confirme.

Un truc intéressant en ce sens est de comparer le Wolf Man de 1941 avec le remake qui en a été fait en 2010 avec Benicio del Toro et Anthony Hopkins, The Wolfman (en un mot cette fois, ça change tout …). Parce qu’au début, ça reste assez fidèle. Mais par contre, la fin est complètement modifiée, et donne plus de place à la problématique de « l’homme aux prises avec sa masculinité monstrueuse » que dans l’original. Ici, le père du héros est lui-même un loup-garou, et incarne une sorte de patriarcat monstrueux que le fils doit combattre (le père a tué non seulement la mère du héros, mais aussi son frère, pour posséder la copine du frère, c’est-à-dire la jeune femme). A la fin, il y a un combat entre le père et le fils (tous deux loups-garous), avec d’un côté le père qui jouit d’être un loup-garou (un homme dominateur, viril, bestial et monstrueux) et de l’autre le fils qui lutte contre cette même virilité. La fin est assez pessimiste, car même si le fils réussit à tuer le père, il ne peut pas guérir de la malédiction et accepte d’être tué.

Comme dans le Teen Wolf avec Michael J. Fox, tout se joue dans l’hérédité père/fils, la transmission de la virilité, mais là c’est plus pessimiste, car c’est une malédiction dont le héros ne peut guérir (alors que Michael J. Fox lui arrive à contrôler sa virilité pour devenir un homme un vrai quand même). Donc en ce sens c’est un peu mieux politiquement, même si ça reste quand même moisi au sens où c’est toujours le même truc de l’homme qui est victime d’une animalité en lui qu’il ne maîtrise pas patati patata.

Et un truc marrant aussi dans ce remake c’est le foutage de gueule du discours psychiatrique qui cherche à dédouaner le patriarche des violences qu’il a exercé sur femme et enfants. Le psychiatre dit en gros du héros « qu’il fantasme son père en loup-garou parce qu’il a eu un traumatisme étant petit ». Il sera démenti (et réduit en bouillie) dans une scène assez jouissive. Donc c’est pas mal en ce sens, puisque le père est vraiment coupable et vraiment horrible. Mais après ça reste pas non plus un grand film d’un point de vue politique (en plus d’être une sacrée bouse d’un point de vue cinématographique 🙂 )

wolfman

Commentaires clos