Asterix et le Domaine des Dieux

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Ce sujet a 13 réponses, 2 participants et a été mis à jour par  Lison, il y a 2 ans et 6 mois.

14 sujets de 1 à 14 (sur un total de 14)
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  • #31598 Répondre

    HarryJoe

    J’ai vu ce weekend le dessin animé 3D « Astérix et le Domaine des Dieux », et j’avoue que même si je le trouve réussit et très fidèle à l’esprit de la BD, 2-3 choses m’ont interpellés, particulièrement une…

    *Spoiler*
    Les romains utilisent des esclaves pour construire leur bâtiments, Astérix intervient une nuit pour les libérés de leurs barreaux en leurs offrant de la potion magique. Ces derniers (enfin, leur représentant, le noir Duplicatha) refusent l’offre, préfèrent la situation d’esclaves plutôt que de fugitifs qu’ils trouvent trop dangereux.
    C’est « le sauveur blanc » qui vient délivrer les esclaves noirs, maghrében et hispaniques. Et de les montrer préférer être esclave je trouve ça politiquement puant.

    Ensuite, la représentation de la femme: nul, le film passe de très loin pas le test Beschdel. On y aperçoit tout juste Bonemine, la femme du chef. Sinon il y a une épouse romaine que l’on voit plus, mais elle a malheureusement droit à une scène de cliché de séduction féminin (genre « je détache langoureusement mes cheveux, les fait virevolté dans un ralenti, fait mes plus beau yeux de biche et met ma poitrine en avant pour montrer comment y faire à ces messieurs »).
    Alors on me dira que la BD n’étoffe pas plus les personnages féminins non plus… dommage que le film n’ai pas pris un peu plus de liberté à ce niveau là.

    Je pense qu’on pourrait y rajouter encore quelque point mais ça me semblait être les plus gros.
    L’avez-vous vu ?

    #31602 Répondre

    Yael

    Je n’ai pas la même vision du passage sur les esclaves qui me semble un des aspects les plus intéressants du film. Les esclaves ne refusent pas la liberté, ils refusent la liberté aux conditions d’Astérix. Par contre, ils gardent la potion magique qu’il leur a apportée pour négocier (de façon musclée) leur liberté. Ils demandent à être affranchis dès la fin des travaux et utilisent la potion pour les faire très vite. Je trouve que c’est un exemple intéressant d’appropriation des moyens d’émancipation par les opprimés.
    La suite m’a paru aussi intéressante. Après les avoir affranchis, l’ancien maître leur explique qu’il ne peut plus les loger gratuitement, car ils ne sont plus des esclaves, donc qu’ils doivent payer leur logement, mais qu’heureusement, il y a besoin d’ouvriers donc qu’ils peuvent obtenir un salaire… salaire qui équivaut exactement au montant du loyer. Cela pose de façon intéressante la question du salariat et comment les dominants peuvent maintenir leurs anciens esclaves en situation de servitude.
    Par contre, c’est le retournement final du représentant des esclaves qui m’a beaucoup gênée. A la fin, il se fait incorporer dans la légion et devient un ennemi qu’Astérix n’hésite plus à taper… C’est plus ce twist final, qui même humoristique, peut laisser entendre qu’en aidant les esclaves/dominés à s’émanciper, on est sûr qu’ils se rallieront aux dominants contre ceux qui ont voulu les aider.

    #31615 Répondre

    Skratsch

    Je suis du même avis que Yael pour la question des esclaves. En revanche, je suis tout à fait d’accord pour dire que les femmes sont sous-représentées, et j’ajouterais que dans mon souvenir, les rares occasions où elles ne sont pas dépeintes comme passives ou superficielles et consuméristes, c’est pour les conforter dans un rôle de figures maternelles.
    Sinon, je trouve dommage que le film perpétue la représentation faite par la bd des Numides, qui sont montrés comme des noirs en peaux de bêtes alors que dans la réalité il s’agissait de berbères assez proches culturellement des carthaginois.

    #31631 Répondre

    hemveel

    Après Gosciny et Uderzo ont expliqué qu’ils ne savaient pas caricaturer les femmes. Le problèmes viens donc plus de la BD que de l’adaptation (et le premier qui me dit que l’on peut rajouter un personnage féminin pour faire « moderne », je lui fait regarder cinquante fois les scènes du Hobbit avec Tauriel en hurlant « c’est féministe çà? »)

    #31633 Répondre

    Olga

    Ne pas savoir caricaturer une femme, c’est bizarre comme excuse; ça me rappelle ces dessinateurs chez disney qui disaient avoir eu du mal à dessiner Anna et Elsa dans les mêmes scènes pour la reine des neige, car « il était difficile de faire une différence entre deux personnes féminins ». Et après tout, c’est vrai, lorsque tu regardes l’immense majorité des personnages disney féminins, tu te rends compte qu’ils ont tous les mêmes caractéristiques, pour ne pas dire le même visage (même la princesse fourmi de 1001 pattes possède un visage typique des filles chez disney!).

    Bref, ce petit hors-sujet pour attirer ton attention sur la manière dont les filles sont représentées, de façon globale, dans les médias/dessins animés/films. On se retrouve systématiquement avec le même genre de physique.
    Alors que généralement, les personnages masculins sont divers, avec des tas de physiques souvent originaux (des gros! des petits! des maigres! des vieux!) et toute une palette de diversité alors que les femmes, nada, surtout si elles sont héroïnes.

    Tout ça pour dire: ne pas savoir dessiner une femme, c’est oublier qu’une femme est un être humain comme un homme. Il y a autant de possibilités qu’il y a de femmes.
    A mon avis, Goscinny et Uderzo pensaient ne pas savoir dessiner de femmes parce qu’ils avaient en tête des canons, comme Falbala d’ailleurs, et qu’ils n’ont pas réussi à imaginer une diversité de femmes, comme dans la vie réelle, comme ils ont réussi à le faire pour les hommes.
    Un petit blocage que beaucoup ont l’air d’avoir…

    #31646 Répondre

    hemveel

    Ce que je trouve amusant, c’est que par la suite, les auteurs ont voulus étoffer les personnages féminins, notamment dans « la rose et le glaive » et dans « la zizanie » et qu’il s’est fait traiter de misogynes.

    #31647 Répondre

    Paul Rigouste
    Participant

    Ben il faut dire aussi que dans le genre, « la rose et le glaive » c’est assez gratiné. En plus d’être misogyne, c’est aussi profondément antiféministe.

    #31649 Répondre

    hemveel

    Après, faut faire la part des choses. souvent pris pour cible par les humoristes de tout bord, si bien que j’ai fini par faire la part les choses entre ce qui est inoffensif/puant et ce qui est drôle/pas drôle.
    Oui, c’est anti-féministe… Mais cela me semble inoffensif et drôle…

    Et sur la misogynie, c’est une notion difficile dans les caricatures d’Astérix, car Uderzo (et Goscinny) n’ont traité que de la relation de couple.
    Un auteur peut avoir que trois façons de traiter le sujet:
    1. La femme est maître du couple, ce qui est critiqué par le site car la femme dominante devient antipathique. On peut rétorquer qu’il suffirait de mieux dresser le portrait de ladite femme, mais dans Astérix, aucun personnage n’est vraiment esquisser, qu’il soit homme ou femme.
    2. La femme est dominé par son mari, ce qui est possible si l’auteur a une vision militante (ou du moins plus renseigné) ce qui n’est pas le cas d’Astérix ou malgré les différentes études réalisés par divers universitaires, il n’y a pas de prise de position politique consciente, et si il n’a pas une vision militante, cela sera considéré comme un acte d’une irresponsabilité crasse. Encore une fois, l’univers trop coloré d’Astérix est beaucoup trop innocent pour évoquer avec sérieux un sujet comme la violence faite aux femmes.
    3. Une relation égalitaire, mais le problème est que le « gag » n’est pas facilement reproductible. Encore une fois, le problème est que tous les personnages dans Astérix ne sont qu’esquissé, même les personnages principaux.

    #31652 Répondre

    Lirienne
    #31657 Répondre

    Miss

    Pour en revenir aux hommes qui ne savent pas dessiner les femmes, ça me rappelle ce lien:

    http://lacigreen.tumblr.com/post/60984375882/men-are-portrayed-as-people-they-are

    #31659 Répondre

    hemveel

    Pour les lecteurs futurs; je préviens qu’on va partir sur un gros hors sujet. Comme il s’agit d’une réponse à un lien; je ne sais pas quoi faire et laisse un modérateur faire le choix de la redirection (ou non) vers un autre topic.
    Je voudrais déjà remercier sincèrement Miss et Lirienne pour les liens qui sont très instructif et apporte un point de vue peut entendu, notamment sur le sujet de l’humour. Je ne suis cependant pas d’accord avec elle (ou eux, anonymat de l’internet):

    L’humour noir est effectivement un humour à la mode, qui est salutaire quand il est bien utilisé et tellement sensible qu’il consiste à laisser un débutant avec un arrosoir rempli d’acide et de le regarder en train de déverser son humour/liquide n’importe où.
    Je voudrais revenir à la question posé par l’auteur du premier lien. Elle commence par formuler l’idée que nous rions de ce qui nous fait peur. Oui, en général, mais c’est parfois un peu plus complexe que çà.
    La Rose et le Glaive occupe une place à part dans l’univers d’Astérix car les destinataire (cibles), l’ont mal pris, ce qui est assez exceptionnel chez Astérix. Il faut dire que les auteurs avaient manifestement une image un peu plus sceptique du mouvement féministe à une époque où les grands droit avaient disparus (bon, il reste la question de l’égalité salariale mais comme mesdames ne veulent pas choisir entre vie familiale et travail (ce qui ne m’empêchera pas de râler quand la salope aura la garde dans dix ans parce qu’elle a embobiné§couché avec le juge et non pas parce que je ne voyais mes enfants que les weekend où il n’y avait pas séminaire)). C’est d’autant plus dommage que oui, il y a de quoi rire des féministes que ce soit sur leur incapacité chronique à s’unir pour faire entendre d’une cause entraînant des campagnes simultanés mettant sur le même plan les sujets sérieux et les plus triviaux (je ris encore de la campagne Osez le Clitoris posant la question de la représentation du corps de la femme, mais ayant royalement manqué sa cible). C’est ce que fait (sans aucune subtilité) Monsieur Odieux C; cité dans le même article comme on touche des points sensibles, ça fait mal.
    Je vais faire pour poursuivre mon raisonnement quelque chose à ne surtout pas faire sur internet, mais je ne vois pas d’autres solution. De la même manière, étant chrétien, j’ai été souvent heurté par les nombreuses caricatures de Charlie Hebdo. Mais ces cons touchaient juste avec leur critique de mon clergé qui a un léger problème avec la sexualité et pour les actes des représentants d’un Dieu d’amour passant son temps à exclure. J’aurais pu d’autant plus râler que je faisais parti de la branche progressiste qui militait en interne pour le mariage des prêtres, l’ordination des femmes et le mariage civil ET religieux des homosexuels.J’avais toute les raisons de voir les blagues sur les prêtres pédophiles ou la « famille modèle » allant à la manif comme des scuds.
    Mais si l’humour pouvait faire passer un message, autant continuer. J’ai donc expliquer à des amis cathos pourquoi, si mon fils était homo, je le ferai interner avant de déclarer qu’après avoir entendu un cher cardinal comparer l’homosexualité à l’inceste, il était temps que j’officialise la relation que j’entretenais avec mon frère.
    Pour en revenir à l’OC. Il est difficilement critiquable en tant que personne mais renvoyer la balle sur le narcissisme des blogueurs « chevalier blanc » est chose facile. Et puis il a fait venir sur ce site un gros con qui après s’être fait remettre en place par Meg, Paul Rigouste et l’énervant(e) Liam qui a trop souvent raison, le féminisme était encore utile et le gros cons de chevalier blanc était encore encrassé de quelques restes de comportement de néandertaliens attardés (chut, je m’entend causer), donc un mal pour un bien?

    Et pour en revenir à Astérix (ouf), je crois que le problème des auteurs est leur lâcheté. Astérix n’est pas (volontairement) politique et ils ont préféré éviter un sujet sensible. De toute façon, lorsque l’on voit ce qu’il se passe quand ils évoquent le féminisme…

    #31723 Répondre

    Ernest Pavot

    Bonjour,
    Simplement pour signaler (c’est important !) que la Rose et le glaive est un album entièrement conçu (scénario, dessin) par Uderzo, René Goscinny étant à ce moment déjà décédé.

    Astérix n’est clairement plus le même, et son message non plus, après la mort de son scénariste.

    #31735 Répondre

    Victo

    Personnellement, j’ai trouvé « la rose et le glaive » très drôle, et d’une certaine patte. Il me semble qu’Uderzo c’est fié à des notes de Goscinny pour faire cet album.

    Les albums sortant ensuite n’ont plus aucun intérêt scénaristique d’aucune sorte. Je veut dire, ce n’est même plus drôle du tout.

    Le sommet étant atteint par « Le ciel lui tombe sur la tête », qui non seulement dénigre une culture qui apporte énormément à la culture française (je n’ai même pas l’impression d’être avant-gardiste en disant ça, c’est juste un fait), mais en plus trahit littéralement sa propre série. Après cet atrocité, je n’ai plus rien acheté provenant d’Astérix. Ceci dit, il y avait des signes avant coureur avec « la galère d’Obélix ».

    #33383 Répondre

    Lison

    Je suis entièrement d’accord avec Paul, la Rose et le glaive est un album terrifiant à lire en tant que féministe…Les stéréotypes sur les femmes sont consternants. Et toujours cette leçon: en voulant briser le bon ordre patriarcal des Hommes, tout fout le camp et les romains vont nous envahir. Alors, surtout ne changez rien, sinon vous allez tous nous faire tuer. Je me souviens que Bonnemine rend son bouclier à son mari en lui disant « le pavois te vas mieux à toi qu’à moi » d’un air attendri à la fin.
    Et pourtant quand j’étais petite c’était un de mes albums préférés car un des seuls où les femmes avaient une place active et au centre de l’action. Sinon, il s’agit TOUJOURS de « femmes de » dans Astérix, et je précise en passant que j’adore cette série, je la trouve encore aujourd’hui à mourir de rire.

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