When we rise

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Ce sujet a 1 réponse, 1 participant et a été mis à jour par  ZeE, il y a 11 mois et 2 semaines.

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    ZeE

    Bien le coucou.

    Aujourd’hui j’ai envie de parler de la série when we rise.

    Elle a été diffusée en février 2017, crée par Dustin Lance Black et dirigée par Gus Van Sant. Basée sur les écrits de Cleve Jones et en suivant plusieurs personnages la série relate les parcours politiques des mouvements gays et lesbiens centré sur San Francisco de 1969 après Stonwall et se termine en 2009 lors des luttes contre Prop8.

    Bon alors, j’ai pas mal de trucs à dire. D’abord oui when we rise est à regarder j’dirais. J’ai beaucoup apprécié la première partie de la série. Beaucoup moins la deuxième.
    Je ne l’ai vu qu’une fois du coup et il y-a 2-3 mois de ça maintenant. C’est un peu un avis vite fait, j’ai pas pris le temps de me poser sur tous les points ni de revoir la série (pas très envie non plus). Je vais faire une première partie sans spoils. Après pour aborder des points spécifiques qui me dérangent je parlerai de la fin.

    – Au début de visionnage j’ai été ému et ça m’a fait trop plaisir une série pas mal foutue qui relate pas des histoires hétéro straight. Whaou me suis-je dis, une série qui parle d’un point de vue plus ou moins historique du monde LGBT! On verra plus loin que l’excitation de la non-straight story s’est pas mal tassé, mais quand même whaou!
    – Au niveau de la réal c’est léché. La gestion de rythme fonctionne bien – je pense à la scène du bateau avec Ken par exemple.
    – Les acteuricess sont convainquantEs. Celleux de la première partie du moins, je suis pas convaincu par le changement de casting à mi-saison.

    – Je me suis bien attaché’e aux personnages. Le choix de faire un bon dans le temps et que certaines personnes que l’on suivait ne sont simplement plus présentes est un choix de réal que je trouve bon. La mort des personnages se fait sentir par leur absence et comme ça advient d’un coup on en sent une perte, un égarement. C’est un peu un spoil mais vue la durée de la période que la série couvre et le fait entre autre qu’elle passe par la crise du SIDA, when we rise n’est pas toujours feel good.

    – Bon et le point positif qui m’a marqué est hyper individuel. Cette série parle de mon/notre histoire. Pas celle des cours officiels, pas celle des bouquins de médecines et d’anatomie, pas celle des religions straightisantes, celle des queers et des tpbg. Celle de celleux qui ont toujours existé mais que les discours dominants ont tenté de nier l’existence. Et c’est comme un coup de baume au calendula sur une brûlure ou un pschit d’eau après un tatouage (références références…)

    MAIIIIIIS… après l’enthousiasme du début de visionnage est venu une sorte de muarf critique qui a finit par retombé comme un soufflet en « hé merde »

    – La série se présente comme LGBTQ+ (bordel mais c’est quoi ce +!!). Et j’ai envie de dire heu, nope. C’est une histoire LG. Et c’est pas une critique en soit c’est juste qu’il n’y-a pas de représentation de personnages biEs, en tout deux personnes trans qui ont des rôles secondaires (la scène avec Cecilia et sa mère m’a quand même tout émotionné’e) et des personnages trans féminine. Pas de représentation de personnes trans masculines (Paye ton T de LGBT, par contre c’est assez révélateur des abus de langages et des assimilations que subissent les personnes trans tout en étant prétendument intégrées dans « la communauté LGBT », elle doit se trouver à queerland, au sud est de cucurond lesolives).
    Quand la série au début du moins se réfère pas mal à Stonewall rien est mentionné au sujet de Sylvia Rivera ou Marsha P. Jonhson ou de la place des personnes trans dans les mouvements LG justement. On va parler d’Act Up mais pas du S.T.A.R (bon l’action est centrée sur San Francisco et le S.T.A.R c’est New York mais quand même!). C’est problématique, les réalités des personnes trans ne sont que rarement abordé dans les productions dites LGBT. Du coup j’ai envie de demander qu’est-ce que le T fout là.

    Après en avoir parlé avec une amie, qu’est-ce que le B fout là aussi ? Elle a perçu le début de série comme révélateur d’un écueil dans les middles : il faut avoir couché avec la bonne personne ou montrer la bonne patte. A quel moment est-on assez gouine, assez pédé pour y prétendre ? Quelles sont les conséquences de restreindre une lutte à des orientations sexuelles personnelles ? Même si personnellement je n’aime pas le terme de bisexuelLE qui pour moi rejoue quelque chose de binaire au sein des attirances romantico-érotiques l’exclusion de la bisexualité dans les milieux LG(B)(T) ou (T)PG est une réalité. Ici le personnage de Roma en début de série peut incarner cette sorte de « rite de passage ». Je ne l’avais pas du tout vu comme ça mais la critique de mon amie m’a pas mal fait gamberger.

    Pour ce qui est de queer un peu pareil, il y-a une forme de dépolitisation du terme queer je trouve dans certain « washing » LG. A la base queer était une insulte destinée aux gays, lesbiennes, et plus généralement les personnes n’entrant pas des les codes hétéro-cis. Puis réapproprié par des milieux militants, des personnes concernées tout en posant déjà une critique des politiques LG intégrationnistes et assimilitaristes. Un peu comme la réappropriation de gouines et pédés en France. Dans la série il me semble qu’il n’y-a qu’une occurrence du mots « queer » et c’est justement un pédé qui s’en défend « I’m not queer » quelque chose comme ça. Donc encore, la série est queer puisque mettant en scène des personnages LG mais ne traite pas tellement de la dimension queer des monde LGBTQ.
    Là où ça me pause problème c’est qu’à force d’être le plus inclusiVEs possibles dans nos nominations on créer une sorte de soupe ou au final on ne parle pas et invisibilise du coup certaines réalités que ces nominations sont sensées désigner justement. Il ne suffit pas d’ajouter un p’tit Q et un p’tit T à la fin de nos acronymes pour devenir inclusifVEs !!!

    VOUS ENTREZ EN ZONE SPOILEEEEEEEER (bouhhhhouuuu)

    – Bon et je suis déçu déçu par cette fin… attention ça va spoiler, sale.
    Touuuute la dernière partie pro-mariage m’a presque endormi’e. Alors ce que j’ai envie de dire n’est pas une position pour ou contre mariage pour les personnes LG. En fait je m’en fous pas mal et oui d’un point de vue légaliste il est aberrant de maintenir une démarcation entre les personnes jugées normales/hétéroa et les personnes anormales voir dangereuses/LG. Mais justement là où ça me va pas c’est que la série campe sur un point de vue légaliste et n’en sort pas. Comme si les luttes pour leurs existences des personnes LG(B)(T) voyaient leur point d’aboutissement dans le mariage. Alors que cela affirme d’autres formes d’oppressions :
    – Le passage obligé par une autorité extérieure, religieuse ou étatique.
    – La forme couple comme seule forme de relation romantico-erotique
    – La monogamie normalisée et donc le déni des polyrelations comme formes stables, sources de conforts affectifs et de repères dans les cadres familiaux (du moins ni plus ni moins que les formes de couples exclusifs)
    – La négation du mariage comme possible instrument d’oppression et historiquement d’oppression des femmes.
    – …

    – Aucun personnage de when we rise n’apportera de nuance dans les luttes contre Prop8. Aucun ne portera un discours différent, une façon de vivre sa vie, son corps, ses attirances, ses sexualités autre que par cette sorte d’aboutissement qui est celui du parcours des perso que l’on suit depuis plusieurs heures. Trouver Dieu ou se marier. On ressort Tina ? « There is no alternative ». Alors pour qu’une série LG me laisse un goût de Tatcher je m’y attendais pas !
    – Pire encore est selon moi le personnage de Roma. Qui ne semble pas au premier abord convaincue par ce combat pour le droit au mariage sans demie-mesure. Il suffira d’un p’tit discours de sa fille (straight qui porte le mariage et la vie de famille conjugale comme l’apothéose du bonheur… problème quand une partie de la série s’est étendue sur sa difficulté à combiner avec qui elle est et sa famille composée de deux gouines et deux pédés. Tout rentre dans l’ordre quand elle est enfin mariée et maman… humpf fait gaffe à ton sous-texte série!), d’une dispute dont la résolution sort de nulle part (je parles de la scène de l’escalier que je n’ai juste pas du tout comprise. Deus Ex Machina le mariage règle tous nos problèmes relationnels – d’une relation sur plus de 30ans qui aura été complexe, mais VZIOU mariage et bisous). Pourquoi Roma n’aurait-elle pas pu être ce perso qui porte un autre discours ? D’ailleurs la relation polyamoureuse qu’elle entretient en début de série elle aussi se noie pour finir sur un truc de couple autours d’un enfant. Chiant, y-avait des choses hyper intéressantes à développer autours de Roma et Diane. Mais ça fait plouf, vous inquiétez pas c’était notre phase ado maintenant qu’on est vielleux on s’est casées (check ton sous-texte série!!!).

    – Pour terminer la série finit sur une scène qui use de TOUS les codes de happy end des comédies romantiques ou autre niant niant, à base de confettis et de perso tous sourires. Ok pour une fois c’est pas Bridget Jones qui a enfin épousé son prince charmant mais justement le fait que des personnages LG rejouent à l’identique les clichés des straight world me laisse comme un goût dans la bouche qui ressemble à du caca. Sachez-le OH lesbiennes, gouines, pédé, gay, trans, intersex, bies, queers et autres freaks, la solution se trouve dans l’intégrationnisme. Les mêmes droits, les mêmes codes que ceux d’hétéro-cis land et nous serons sauvéEs, alléluia.

    – Le dernier encart de la série me fait penser que cette fin est aussi pensée comme un message anti-trump et clairement contextualisé par cette peur que connaissent les Etats-Unis (sans être un cas isolé loin de là). Peut-être toute cette fin est-elle aussi une réaction aux discours qui sont loin d’être minoritaires et qui sont bien relayés et qui voudraient retirer les progrès sociaux et légaux accordés aux personnes LG(B)(…T?)(…I…on en est loin) récemment. Mais combattre un discours en y intégrant des éléments de domination qui sont ceux que vivent au jour le jour ces mêmes personnes que l’on prétend défendre est à mon sens politiquement foireux.
    Le système hétéo-cis-blanc-valide patriarcale au capitalisme libéral est le problème, intégrer de plus en plus les personnes qui en sont exclues en son sein ne réglera pas grand-chose sinon de le légitimer de plus en plus et de réduire au silence celleux qui ne veulent ou ne peuvent toujours pas y vivre. Et il y-en aura puisque ce système base une grande partie de sa normalisation sur la pathologisation, abomination, paternalisation de ce qu’elle prétend ne pas être (il faut aider les migrantEs, les intersexes ont des troubles du développement sexuel, le « transexualisme » est une pathologie mentale… … …) et donc leur exclusion.

    When we rise, malgré plein de trucs chouettes, tu reste trop démago pour moi. Et je trouve ta fin dangereuse.

    Maiiiis il y-a sûrement plein de choses à en dire et je serais friand d’en débattre.
    A vous les claviers !

    #39242 Répondre

    ZeE

    Je m’auto répond wouhou.

    En ce moment je lis « Homo Inc.Orporated / Le triangle et la licorne qui pète ». C’est de sujet. Une petite citation, ça m’aide aussi à mettre le doigt sur ce qui me gène avec when we rise.
    Il me semble que cela vient du collectif queer Against Equality :

    « Raciste, classiste, nationaliste, coupé de sa base, non collectif, excluant les trans*, les putes, les handi.e.s, les immigré.e.s et les personnes racisé.e.s non tokenisé.e.s, les pauvres et les précaires, le mouvement gai et lesbien institutionnel trahit les objectifs de justice sociale et sexuelle qui furent les siens quand il se construisit de manière affinitaire, à gauche dans les années 60 mais aussi pendant la crise du sida (avec Act Up notamment). Il n’en a pas toujours été ainsi. Il ne s’agit pas de revenir dans les années 70 mais il ne s’agit pas non plus de s’en laisser contrer par le mouvement institutionnel actuel qui a essayé de nous faire croire que la priorité principale des mouvements LGBT même Q (on rêve) était le mariage, le mariage synonyme d’égalité, et que ceux.celles qui étaient contre étaient contre l’égalité et le progrès »

    Bon, le terme de justice sociale me fait tiquer, c’est lourd de sens et derrière ces deux p’tits mots peuvent se cacher des réalités et des idéologies bien merdique.

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