Assaut, de John Carpenter

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Ce sujet a 5 réponses, 1 participant et a été mis à jour par  Prince sans rire, il y a 3 semaines et 4 jours.

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  • #38402 Répondre

    Prince sans rire

    Bonjour tout le monde!

    Je voulais parler du premier film commercial de John Carpenter, Assaut.

    Il me semble que de par son casting, il était assez novateur. Sorti en 1976, il dénote encore par rapport à la plupart des productions actuelles. Cela peut paraître inquiétant qu’à 40 ans d’écart, si peu de progrès ait été fait dans la représentation des minorités au cinéma.

    Pour résumer (attention spoiler) il s’agit du siège d’un commissariat par une bande de meurtriers sans pitié.

    -La bande de criminels est multiethnique, avec des noirs, des blancs, des latinos, des asiatiques.
    -le plus cruel de la bande est un blanc.
    -les quatre personnes survivantes dans le commissariat, donc aptes à poursuivre la bataille sont un policier noir, une policière (ou secrétaire, je ne sais plus) blanche, un prisonnier noir et un prisonnier blanc (oui, les deux prisonniers du commissariat sont du côté des policiers, ce qui ne manque pas de sel!). Le vrai héros est ici le policier noir.

    Cependant, dans mes souvenirs, aucune allusion n’est faite quant à la couleur de peau des personnages. Ils ne sont pas « racisés ».

    Alors je pose la question: un film est-il plus progressiste si les personnages principaux et/ou positifs non-blancs sont considérés par rapport à leur couleur de peau? Ou au contraire est-il plus progressiste si rien n’indique cette couleur dans les dialogues, les comportements, les goûts, etc…?

    Même questions pour les personnages blancs secondaires et/ou négatifs.

    Quoiqu’il en soit, ce film, à mon sens, était progressiste, et le paraît encore aujourd’hui.

    Ce n’est pourtant pas un film intello, mais avec de l’action, de la violence et de la cruauté (mieux vaut être prévenu, si l’envie vous prend de le voir), où ça canarde à tout va sur une bonne partie.

    #38406 Répondre

    Skratsch

    Je dirais que cet élément (le fait que la couleur de peau du personnage soit soulignée ou non) n’apporte rien à lui seul, il faut voir le traitement qui en est fait derrière. Si on cherche à parler du racisme et à le présenter comme un problème, c’est un peu difficile de le faire SANS que les personnages racisés soient renvoyés à leur couleur de peau, par exemple. Et même lorsque ce n’est pas le propos, on peut avoir des résultats très positifs ou complètement catastrophiques avec n’importe laquelle des deux approches.

    #38414 Répondre

    Kikuchiyo

    Assaut est un super film de genre (et un super film tout court) mais j’aurais du mal à le qualifier de progressiste: ça reste quand même l’histoire de flics qui dégomment du gang à la pelle (forces de l’ordre contre celles du désordre) même si c’est avec l’aide de prisonniers (l’alliance du bon et du mauvais contre le mal est un thème qui revient dans plusieurs Carpenter). On reste dans la célébration de professionnels qui gardent leur sang froid.

    #38415 Répondre

    Kikuchiyo

    Pour donner mon avis sur la question « un film est-il plus progressiste si les personnages principaux et/ou positifs non-blancs sont considérés par rapport à leur couleur de peau? » ne pas aborder la couleur des personnages permet aussi de les inscrire dans une sorte de normalité (si les persos ne sont pas stéréotypés bien sur), dans un film d’anticipation on peut imaginer une société sans préjugés raciaux. Si le film se veut réaliste ça peut donner l’impression de nier le problème.

    #38420 Répondre

    prince_sans_rire

    Kikuchiyo,

    Pour répondre à votre dernière contribution (et en même temps à celle de Skratch),
    je dirais qu’en appliquant la même grille d’analyse utilisée sur ce site pour le film interstellar, Assaut est un film progressiste, ou du moins normatif.

    je cite ce qui est dit sur interstellar:

    « Ce n’est pas un hasard si c’est un homme blanc (c’est-à-dire le privilégié par excellence dans notre société patriarcale et raciste) qui doit lutter pour défendre le droit de son fils blanc à développer son potentiel intellectuel contre une institution d’État représentée par… un Noir et une femme.

    Mais pas d’inquiétude, cette société cauchemardesque où les hommes blancs sont discriminés par les femmes et les Noirs sera renversée par le film, qui mettra en scène le triomphe de l’homme-blanc-héroïque-et-sauveur-de-l’humanité à la tête d’une équipe composée précisément d’une femme et d’un Noir. Heureusement qu’il reste encore des penseurs courageux comme Nolan pour défendre les privilèges des hommes blancs menacés par ces extrémistes de féministes et d’anti-racistes… »

    en comparaison, dans Assaut, c’est un homme noir et une femme blanche qui mènent la résistance des forces du bien contre celles du mal.

    alors, oui, ici, les forces de l’ordre sont considérées comme celle du bien et les la bande qui commet des crimes gratuits est assimilée au mal, mais c’est un autre sujet.

    Nous sommes invités à considérer que l’homme noir et la femme blanche ici sont du côté du bien.

    Là, j’applique une grille d’analyse existante, qui m’amène à conclure au côté progressif de ce film.

    Mais je suis d’accord avec vous pour dire qu’on pourrait, dans l’absolu, avec une grille d’analyse autre, considérer Assaut comme un film plus normatif que progressiste.

    #38428 Répondre

    Prince sans rire

    et j’insiste aussi sur le fait que que l’on considère ce film comme normatif ou progressiste, on peut constater que la répartition par couleur, et dans une moindre mesure, par sexe, du casting, montre que peu de progrès a été fait dans ce sens depuis.

    Au contraire, quarante ans après, la majorité des films états-uniens d’aujourd’hui ont comme héros un homme blanc.

    Certains rétorquent que ce n’est pas un problème de racisme, qu’on ne peut pas à chaque fois respecter la représentation en terme de couleurs et de sexes, qu’il faut faire fi de cela pour faire un bon film et/ou un film à gros budget, etc…

    Cependant, il y a un cinéaste avec des tendances réac qui y arrive mieux que 90% de ces collègues : Clint Eastwood. Alors, pour un cinéaste non réac ou progressiste, ça ne devrait pas , en théorie, être trop difficile de faire aussi bien, et pourtant…J’ouvrirai un autre fil à ce sujet.

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