Black panther, un super héros comme les autres?

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Ce sujet a 10 réponses, 1 participant et a été mis à jour par  semirhuan, il y a 3 mois et 3 semaines.

11 sujets de 1 à 11 (sur un total de 11)
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  • #39497 Répondre

    Anne, ma soeur Anne

    Je viens de voir Black panther et j’ai bien apprécié ce film.
    Je ne suis pas véritablement une adepte des films de super héros, mais je crois que pas mal de super héros traversent des crises existentielles compliquées et se relèvent plus forts.
    Black Panther se devait donc de vivre la sienne et dans le film, il découvre donc que son père a tué son propre frère qui présentait une menace, a choisi d’abandonner son neveu à Chicago et est donc en partie responsable de la haine qui va pousser le « méchant » à affronter (quasiment à tuer) T’challa. Il comprend alors que ce père qu’il aime et admire est faillible, il perd le combat contre son ennemi, il perd un ami de longue date et il doute de la politique tenue par son père (et les autres panthères avant lui) pendant des années. Mais surtout, à cause de son principal opposant, il doit prendre en compte la misère, la détresse et l’impuissance d’une population américaine noire qui n’a pas eu la chance de vivre à Wakanda.
    Bien que j’aie apprécié ce film, je me suis demandé s’il était vraiment nécessaire que Black Panther soit ce héros noir, avec des problèmes « de noir » (intégration, infériorisation, etc…)
    Je pense bien qu’il s’agit aussi de donner une voix à des problématiques actuelles et importantes mais est-ce qu’on ne reste pas ainsi dans l’esthétique réductrice des « rôles de noirs »? ou était-il juste question de rappeler que quand on en a les moyens, à grand pouvoir, grandes responsabilités, il faut venir en aide « aux siens »?

    #39529 Répondre

    Stardama

    Auriez-vous préféré qu’il soit blanc ? Je ne comprend pas bien en quoi le concept que vous évoquez s’applique ici. T’Challa est un personnage déjà présent dans la mythologie Marvel, l’adaptation n’a rien inventé de ce côté-là, il est noir car il est Wakandien, cad Africain… Vous auriez pu à la limite faire ce reproche à Killmonger, bien que toute l’idée derrière son personnage soit justement qu’il est un noir des ghettos prédestinée à être dominé toute sa vie et qu’il s’est insurgé contre cet état de fait… Mais pour le héros éponyme, je ne vois pas trop, pourriez vous préciser votre pensée ?

    #39530 Répondre

    Anne, ma soeur Anne

    Non, je n’aurais pas préféré qu’il soit blanc.

    Je me demande pourquoi sa quête est liée au ghetto, au racisme et à l’exclusion des noirs comme je me serais demandé pourquoi tel autre personnage noir est forcément un dealer, particulièrement paresseux, une prostituée, un basketteur…

    #39531 Répondre

    Anne, ma soeur Anne

    Je précise ma pensée au cas où je n’aurais pas été claire.

    Je ne prétends pas qu’il ne faut pas faire état du racisme dans notre société et de ses conséquences dans la vie des discriminés.
    J’aime à voir ces dénonciations avec des personnages « ordinaires » mais je me demande dans quelle mesure on ne prive pas un super héros de tout un tas d’aventures quand, comme un personnage ordinaire, on le confronte aux mêmes problèmes, quand on fait de sa négritude (ou de la négritude du super méchant) un des aspects dominants du film.
    Si même les super héros doivent y passer, l’espoir est-il permis?
    Black panther est-il un autre perso noir avec des problèmes de noir? Est-ce nécessaire? Est-ce judicieux?

    #39532 Répondre

    Stardama

    D’accord, mais il s’agit là de la quête de Killmonger, pas de celle de T’Challa. Si le premier est caractérisé comme un symbole de la résistance américaine des Noirs face à l’oppression blanche, c’est parce c’est le nœud du conflit, et qu’il s’agit d’une thématique actuelle largement discutée qui est en plus, il me semble, chère au réalisateur – cf par ex Fruitvale Station, avec le même acteur. T’Challa quand à lui a pour rôle de faire face à cette colère cette haine dont son père est en partie responsable et qui risque d’embraser le monde. Killmonger n’est pas en tort, bien que ses méthodes soient décriées dans le film ; la vraie solution au problème global ne vient au final ni de lui, ni de l’autre, mais de Nakia qui suggère un compromis entre l’isolationnisme et la guerre civile : l’ouverture au monde pour donner à voir une perspective noire valorisante et empowering ainsi que le partage de ressources et de technologies pour rétablir l’équilibre entre dominants et dominés (en tout cas c’est comme ça que je l’ai interprété).

    #39534 Répondre

    Lison

    @anne, ma soeur anne
    J’ai l’impression que vous reprochez au film qu’il ne soit pas « universel » cad blanc, pour faire court car, il présente des personnages noir-es… On peut tous-tes se reconnaitre dans la quête de Killmonger et Tchalla même sans être noir-e je pense, je ne vois pas en quoi ce sont des stéréotypes. Et faire un film de super héros au casting quasi exclusivement noir sans parler de racisme (coucou La princesse et la grenouille de Disney) aurait été une catastrophe selon moi, surtout pour un phénomène de l’ampleur de Black Panther.
    Pour ma part, j’ai vraiment été agréablement surprise que le film assume autant son coté politique en validant la quête de l’antagoniste (la scène du musée au début est franchement jouissive) et en reconnaissant ses revendications comme légitimes.

    #39535 Répondre

    Skratsch

    Personnellement, je me suis surtout posé des questions sur la mise en avant des noirs américains comparé aux noirs africains. Je sais que certains pays d’Afrique s’en sortent mieux que ce qu’on a l’habitude de voir dans les medias et qu’être noir aux USA ou en Europe c’est pas toujours facile, mais on ne voit presque pas l’Afrique en dehors du Wakanda et ça m’interpelle un peu.

    #39537 Répondre

    Douffie Sphrinzel

    Pareil que Skratsch, je me posais exactement la même question.

    #39538 Répondre

    Antrenteau

    Un aspect qui pour ma part me semble rarement amené est le fait que T’Challa est au final un personnage très privilégié : il est le roi adulé d’un pays extrêmement riche et développé (tant culturellement que technologiquement), il est doté de pouvoirs surnaturels en plus d’un arsenal technologique hyper-sophistiqué (dont on se demande à quoi ils lui servent vu que son pays est dans une paix idyllique et constante). Au final, T’Challa est bien plus proche de Tony Stark (riche) ou de Thor (souverain) que de Peter Parker ou de Steve Rogers par exemple, qui viennent tous deux de quartiers modestes voire pauvres.

    De même, Black Panther reste un film au schéma narratif très convenu ce qui est dommage vu le discours de mi-récit. Lorsque T’Challa réalise enfin la faillite morale de son père et se jure d’agir différemment, il se retrouve devant Killmonger, le produit même de cette faillite et pourtant il décide de faire… exactement ce que veut Killmonger, c’est-à-dire se battre à mort (alors même qu’il sait que son esprit est obscurci par la vengeance). C’est pour ainsi dire un 180° complet sur ce qui vient d’être dit et au final, absolument aucun accord et aucun dialogue n’est estimé pouvoir avoir lieu avec Killmonger, la seule issue c’est la bagarre et la mort de l’un par l’autre et ce alors même que T’Challa a compris que c’était par cette logique que son père a échoué et s’est retrouvé dans l’impasse de laquelle il hérite.
    Au final on voit que cette dynamique « antagoniste prend le dessus, mais le héros revient avec des alliés et gagne en faisant la bagarre » est exactement la même qui a (je trouve) pourri Thor 3. Ce qui me fait penser que ce schéma est bien plus imposé aux directeurs que décidé expressément par eux.

    #39543 Répondre

    Stardama

    @Antrenteau Vous n’avez pas tort mais c’est, je pense, une des thématiques du film en tant que source (parmi d’autres) du conflit entre T’Challa et Killmonger : le second reproche au premier – implicitement ou explicitement, je ne sais plus – de s’être complu toute sa vie dans ce statut de privilégié coupé du reste du monde et en particulier de ceux que Killmonger désigne comme ses « frères noirs » opprimés. Il attaque la politique totalement isolationniste qui a toujours été la ligne de conduite du Wakanda et qui a conduit à la situation existante, puisque c’est pour garder le pays caché du reste du monde que T’Chaka a passé sous silence le meurtre de son frère et a abandonné son neveu, Erik, à son sort. Quand au fait que T’Challa se batte avec lui, les raisons que vous avez cité jouent certainement, mais je vois ça aussi comme une preuve que Killmonger a raison de critiquer l’immobilisme wakandien, puisque T’Challa, lié par la tradition, ne peut s’opposer au coup d’état de son cousin autrement qu’en l’affrontant (et il en est conscient, c’est une situation qu’il cherche à éviter en refusant de lui demander son nom lors de leur première rencontre pour ne pas enclencher le processus, si vous vous souvenez).

    Par ailleurs, si une scène de dialogue entre les deux aurait effectivement été intéressante, le film insiste sur le fait que Killmonger est au-delà de l’apaisement et ne peut être stoppé par la raison, il est déterminé à déclencher la guerre pour abattre les dominants au niveau mondial. La dernière scène montre que Killmonger préfére mourir libre en gardant ses idéaux que de finir sa vie en prison. C’est d’ailleurs une séquence qui à mon sens prouve que l’auteur du film ne souhaite pas le diaboliser, juste démontrer qu’il est un produit de son époque et que c’est la violence socio-raciale inouie subie par lui et ses pairs qui a fondé sa trajectoire et sa radicalité, ce qui n’aurait jamais pu arriver à T’Challa, pour en revenir à ce que vous disiez.

    #39550 Répondre

    semirhuan

    Je rejoins Anne sur le problème du film noir, pour des noirs, avec des problèmes de noirs. Pour ma part le communautarisme, très anglo-saxon, est issu directement d’une acceptation du racisme comme norme humaine de regard sur l’autre. Et il favorise, dans toutes les expressions populaires un minimum de ségrégation voire plus. Mais cela n’est nullement un ‘truc’ de blanc, très loin de là ! Les noirs africains sont aussi racistes entre eux que n’importe quel homo sapiens de la quasi totalité des cultures passées ou présentes. La plupart des sociétés dites traditionnelles nomment leurs membres ‘les êtres humains’ (en substance), et ce par opposition aux autres qui n’en sont pas ou le sont moins.

    Ce sont d’ailleurs les blancs… européens qui ont inventé l’anti-racisme, la condamnation de l’esclavage, etc. dans un grand chantier avec nombre d’opposants traditionalistes et de conflits depuis plusieurs siècles.

    Un film comme black panther n’est pas ‘intéressant’ sur le seul plan du communautarisme risible qu’il implique (avec le blanc pour le quota en pure inversion de la logique des années 60). Il nous montre aussi ce racisme entre noirs, avec une société plus avancée que toutes les autres sur le globe qui a laissé d’autres noirs être mis en esclavage durant des siècles, mais aussi les guerres, les haines et les maladies de toutes sortes ravager l’espèce humaine toute entière… Quelle crédibilité de fait à une telle société ? Quelle humanité pour ses membres, et pas seulement ses chefs !?
    On pourrait noter également l’absence d’évolution politique durant des milliers d’année, et on passera sur le nombre d’implications économiques, culturelles et autres qui rendent l’existence d’un tel pays absurde, fabriqué pour rehausser l’honneur noir en le faisant passer au final pour un infantilisme qui réclamerait un bidouillage aussi grossier, incohérent, purement psychanalytique et régressif.

    Black panther est un simple blockbuster, réductionniste à l’extrême sur le plan racial, politique, technique, comme trop de ce qui sort des studios le plus souvent. A force d’avoir des cases à cocher sur les tableaux marketing, les produits finis fournissent de beaux physiques caricaturaux tant pour les mâles que les femelles, quelques beaux paysages, dépaysants, pour moitié au moins virtuels, de belles scènes d’actions, de combats, de virilité (masculine ou féminine -maintenant obligatoire-), et une histoire dont on se dit que le spectateur est habituée à ce qu’elle soit médiocre et répétitive.
    Le contenu politique sombre alors facilement (mais pas toujours), dans une précarité intellectuelle avancée.

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