Clint Eastwood et Gran Torino

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Ce sujet a 9 réponses, 1 participant et a été mis à jour par  bender, il y a 2 mois et 2 semaines.

10 sujets de 1 à 10 (sur un total de 10)
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  • #38452 Répondre

    Prince sans rire

    Bonjour tout le monde.

    Je voulais parler ici de Clint Eastwood, et plus précisément, de Gran Torino.

    D’abord, un paradoxe : Eastwood est connu pour être un peu réactionnaire, mais il a fait jouer dans ses films des acteurs amérindiens, noirs, asiatiques, plus que la plupart de ses confrères.
    Tandis que Woody Allen, progressiste, n’a fait jouer que des blancs.
    Woody Allen se défend en disant qu’il ne choisi pas ses acteurs en fonction de leur couleur de peau.
    Mais il est possible de faire un film qui oblige à ne pas faire jouer que des acteurs non-blancs. Ainsi, Eastwood a fait « Bird », et il se trouve que c’est son film le plus sincère.

    Pour Gran Torino, voici une critique :

    http://www.laviedesidees.fr/Clint-Eastwood-ou-les-grognements.html

    Je suis dans l’ensemble d’accord à 90% avec ce qui y est dit, dans le positif comme dans le négatif. Je ne vais pas revenir sur cet article, mais je voulais insister sur un aspect qui

    y est absent, et que je n’ai trouvé dans aucune critique.

    D’aucuns, (comme télérama) ont pu trouver « million dollar baby » comme un film réactionnaire, parce que donnant, en creux, ce que devrait être une famille. On voit la famille de l’héroïne
    comme des rapaces sans pitié, sans considération pour elle, et nous sommes invités à les détester.

    Dans Gran Torino, cette même vision donne quelque chose de positif, sinon de progressiste. Peut-être ce dernier terme serait-il refusé par Eastwood lui-même et parlerait alors de « choix », de « liberté individuelle ».
    A la fin du film, il déshérite sa famille. Il rejette donc la filiation biologique. La seule personne physique à qui il lègue quelque chose, c’est son jeune voisin d’origine vietnamienne. Le reste va à une personne morale, l’église.
    Voilà qui change par rapport à un film comme Starbuck, par exemple, où la filiation biologique est réaffirmée avec force, mise sur un pied supérieur à la filiation d’adoption, d’éducation.
    Il juge sa famille comme indigne de lui, et va donc lui préférer un »étranger » qu’il apprécie.

    #38462 Répondre

    Preuve diabolique

    Alors … sa filmographie est baleze, meme si on ne reste que sur la direction …
    On a en vrac American Sniper un film anti-guerre parlant du traumatisme des veterans, Invictus qui glorifis la lutte contre le racisme, Hight Plain Drifter qui critique la lachete, le Maitre de la Guerre qui fait la nique a la guerre et aux vendeurs d’armes, True Crime qui est encore une charge contre le racisme, Chasseur Blanc Coeur Noir qui est du meme accabit, evidemment Gran Torino, et il y en a encore plein.

    Clint Eastwood peut paraitre pour un vieux con. Il accuse de son age, il va bientot taper dans les 85 ans, et il n’est pas etonnant qu’il puisse etre un peu vieux jeu. Il est tres patriote, et du cote de chez nous c’est mal vu (on n’aimme pas le patriotisme et on prend les patriotes pour des cons). Il utilise souvent la violence, ses films sont crus, ils mettent en scene le rascisme, la guerre, la violence, la prostitution, les arnaques, la corruption … on le prend pour un reac’ car il ne dit pas clairement ce qu’il trouve de bien ou de mal, il compte sur l’intelligence du public.

    Il faut prendre l’homme dans toute sa dimension. Il est progressif sur quasiment tout les tableau. C’est juste que reflechir est plus difficile de critiquer, alors sont nombreux ceux qui critiquent sans reflechir.
    Clint Eastwood oeuvre pour un monde meilleur, et le monde serait meilleur avec plus de Clint Eastwood

    #38463 Répondre

    Skratsch

    le Maitre de la Guerre qui fait la nique a la guerre et aux vendeurs d’armes

    Vous êtes sûr de pas confondre avec Lord of War ? Parce que le Maître de guerre je vois pas du tout où il est question de trafic d’arme, c’est un film sur un vétéran qui devient instructeur militaire et qui apprend à ses élèves à être de bons petits soldats.

    #38464 Répondre

    bender

    Il ne faut pas oublier l’homme des hautes plaines où le héros est un violeur. D’ailleurs son viol n’est jamais décrié, on peut même dire qu’il est justifier du point de vue du film.

    Personnellement je ne trouve pas que American Sniper soit anti-guerre. Au contraire il la justifie. En tous cas l’invasion de l’Irak est montré comme une nécessité irréfutable. Et on ne cite aucun des débordements de cette opération comme les magouilles des lobby pétroliers genre texco.

    Quant à In Victus certains passages m’ont dérangés notamment avec la domestique noire qui fait partit de la famille puisqu’on lui paie une place. On se retrouve un peu avec le maitre gentil (et condescendant) et le larbin content de l’être. Et puis on a l’impression que l’apartheid a disparu comme par enchantement. Plus de racisme, d’inégalité…. Au moins le film Zoulou montrait que certains anciens tortionnaires occupaient toujours des postes importants comme dans la police.

    #38465 Répondre

    Preuve diabolique

    Ben … deja, toujours pas d’accents pour moi

    Skratsch … tu as raison. Entre Warlord et Warmaster, je confonds toujours …

    Bender … a quel moment le heros est un violeur ? Je pense me souvenir assez bien du film, j’l’ais vu sous la tutelle de ma mere qui est du genre attentive a ca, et je ne vois pas d’ou vient cette remarque

     »Personnellement je ne trouve pas que American Sniper soit anti-guerre. Au contraire il la justifie. En tous cas l’invasion de l’Irak est montré comme une nécessité irréfutable. »
    C’est une necessite … pour le personnage, on parle de son point de vu de protecteur, de patriote et d’americain au coeur de la tourmante
     »Et on ne cite aucun des débordements de cette opération comme les magouilles des lobby pétroliers genre texco. »
    Ce n’etait pas le sujet. Le film aborde le traumatisme du soldat, l’arrive de la guerre dans le quotidien et qui ne quitte plus les veterans, le mal dans la peau, la perte des reperes et des familles …
    Dans les Temps Moderne, Chaplin parle du deshumanisme du travail a la chaine. Il serait hors de propos de lui repproche de ne pas parler de la monte du nazisme qui fait peur, de la psychopatie de tonton Staline, des policiers qui tirent dans la foule ou de l’horreur de la peine de mort. Ce n’est pas son focus, c’est tout

     »Quant à In Victus certains passages m’ont dérangés notamment avec la domestique noire qui fait partit de la famille puisqu’on lui paie une place. On se retrouve un peu avec le maitre gentil (et condescendant) et le larbin content de l’être. »
    Et oui, les rapports humains sont complexes … et oui tout les maitres ne sont pas pourris, et oui ils peuvent etre sympas et/ou contescendant. Et oui, les gens avec qui on vit au quotidien finissent par integrer la cellule familiale, d’une certain maniere. Et oui, on peut etre heureux de servir, car le travail de domestique pouvait avoir un vrai grappin emotionnel.
    A la fin de l’esclavage, il y a souvent eu ces reactions, en France et aux USA, par exemple. Quand tu bosses pendant 30 ans pour une famille dont tu as eleve les gosses, ce n’est pas forcement facile a lacher.
    Et oui, c’est surprenant quand on ne connait pas ce genre de trucs.

     »Et puis on a l’impression que l’apartheid a disparu comme par enchantement. Plus de racisme, d’inégalité….  »
    Mandella est la, un president noir, un moment d’union … c’est un film qui prone la tolerance, il n’est pas un reflet de la realite.
    Quand Alladin epouse Jasmine, ca ne fait pas disparaitre les problemes sanitaires, la petite delinquence et la deliquescence des autorites. Mais un film qui pronne de la positivite merite une fin positive, meme si enjolivee.

     »Au moins le film Zoulou montrait que certains anciens tortionnaires occupaient toujours des postes importants comme dans la police. »
    J’ouvre la parenthese historique. A la fin de la seconde guerre mondiale (guerre que l’on a reussit a perdre 2 fois), la France a subit des grosses pressions americaines, qui voyait bien se faire une colonie dans la vieille europe. Globalement, notre belle administration a eu le choix entre garder ses nazis et des sollabos ou les remplacer par du ‘ricain. On a garder nos fiers produits regionnaux.
    Dans toutes les oeuvres de fiction et notre beau roman nationnal, l’armistie est sense avoir purifie notre pays de ses anciens tortionnaires. Il est tres rare de voir quelque chose disant le contraire (on a OSS117 et … euh …).
    Et on a encore du mal a en parler, meme 70 ans apres.
    L’Apartheid est bien plus recent, il faudra certainement du temps pour accepter ce genre de realites, et pour oser en parler
    La encore, ce n’est pas le but du film, qui dit que le rascisme c’est de la merde, que Mandella a unifie le pays, les noirs et les blancs, que toute cette magie a ete permise grace au rugbi et a l’union sacree, et que tout n’est que joie dans la tolerance.
    A la fin d’Aladin, il doit y avoir des jaffaristes dans le palais, occupant les postes clef de l’admin’ et certainement corrompu … mais une bonne image peut permettre une bonne fin et un bon message.

    #38468 Répondre

    bender

    L’homme des hautes plaines : la scène se passe au début. Une femme blonde (la caricature de la pouf de service) fait exprès de bousculer le héros pour l’emm…. Celui-ci comprenant la manœuvre l’entraine dans un coin et la viole bel et bien.

    American Sniper : en effet on ne montre qu’un point de vue. Ce qui est déjà discutable. Et surtout ce point de vue provient d’un héros montré en tout point exemplaire. Cela sous-entend qu’il a forcément raison. Il y a aussi la représentation des deux snipers où on est pas loin de la propagande. Le bon américain est toujours en pleine lumière limite cheveux au vent. Le méchant irakien est toujours dissimulé et dans l’ombre.

    In Victus : ça se tient sauf la fin. Pourquoi le fait de prôner la tolérance devrait dispenser de respecter la réalité historique. Car il ne s’agit d’une légende comme Aladin, mais bien de faits réels. Or déformer la réalité n’est pas à mon sens une bonne chose.

    #38469 Répondre

    Prince sans rire

    American sniper, que je n’ai pas vu, ne me paraît pas, au vu du synopsis, comme le plus progressiste des films…

    Quant à Invictus, je souscris assez à cette analyse :

    http://blog.mondediplo.net/2010-01-12-Les-derobades-d-Invictus

    je ne suis pas un gauchiste, mais un des défauts d’Eastwood est de nier la réalité du racisme. C’est particulièrement vrai dans Invictus, quand il évoque le racisme sud-africain comme une simple animosité, une haine sans réelle conséquence, alors que l’apartheid était un véritable système, une institution.

    Mais il n’empêche, le conservatisme républicain d’Eastwood donne aussi de bons effets inattendus. En effet, il pousse l’individualisme et l’esprit d’entreprise à l’extrême et il a l’honnêteté d’aller au bout de ce système de pensée quand, par exemple, dans Gran Torino, que j’ai évoqué, le principal protagoniste déshérite ses enfants et choisi un étranger à sa famille.

    Trop souvent, le capitalisme dit libéral n’assume pas son idéologie jusqu’au bout: ses thuriféraires vous disent que le mérite, les honneurs, l’argent doivent revenir à ceux qui travaillent, qui entreprennent, qui risquent. Mais en même temps, les mêmes trouvent naturel que les enfants biologiques héritent, et sans avoir du tout mérité.

    #38470 Répondre

    Preuve diabolique

    Je me souviens miếux

    Dans l’homme, la sếule personne vertueuse est tuễ pảr de sắles types sốus le regard de lẩches pret a engager la premiere crevure vẹnu et tọut lui accepter pour sauver lểur peau.
    Dọnc én sỏit montrer qu’un type est biến limite én móngẩng sếs dèauts … Normal, non ?

    Dans le sniper, il né justifit pas le conflit mais pourquoi le heros y participe. Et il s’èngage a la fois sủite au trầumatisme du 11 sếptembre et parce qu’il pênse que c’est ủne bonne chose, qu’il sẻra un chiến de bẻrger vertueux.
    Le film montre ce que la guerre a de plus sale … la mort des femmes, des enfants, les civils prient au piege, les mutiles, lés vet’ qui én vienne a laisser lềur famille ôu a tuệ pảr psychose le gars venant lés aider.
    Alors certe ce n’est pas une mosaique … Mais il se focalise sửr quelque chose d’important et de mèconnu, a savoir les traumatises.
    Ce serait comme repprocher au premier Rambo de né pas faire jouer de vietnamiens et de né pas faire un cour magistral sửr la guerre du Vietnam.

    Pour Invictus, un film est toujours une fiction dans une realite alternative. Mềme si il essaye de se rapprocher du reel.
    L’histoire qu’il compte est belle
    Je trọuve ce repproche etrange. L’ancien testamen surfe la dessus, le rendant biến plus sympas que le nouveau pảr êxemple

    #38472 Répondre

    Skratsch

    Dọnc én sỏit montrer qu’un type est biến limite én móngẩng sếs dèauts … Normal, non ?

    Sauf qu’être un violeur n’est pas vraiment un petit défaut minime. Sans compter que le viol est même justifié par le film, lorsque la victime vient se venger en tentant d’abattre son agresseur, qu’il ne se pose comme question que « Pourquoi elle n’a pas fait ça plus tôt. » et que son sidekick hilare répond « Peut-être parce que vous avez pas récidivé ? »

    #38474 Répondre

    bender

    En plus au niveau viol la victime (pas du point de vue du film) ne présente aucune séquelle. Comme quoi le viol ce n’est pas si grave.

    In victus : qu’on adapte pour le besoin du film d’accord. Mais pas qu’on déforme la réalité. Et je pense que c’est ce qui a été fait dans In Victus. En guise de comparaison je prendrais Autant Emporte le vent. Qu’on se concentre sur une riche héritière de plantation de coton OK. Qu’on montre que les esclaves étaient heureux, bien traités (pas de fouet, d’enfermement…) là non.

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