Plaidoyer pour les animaux – Matthieu Ricard

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Ce sujet a 14 réponses, 2 participants et a été mis à jour par  Grussie, il y a 5 ans et 1 mois.

15 sujets de 1 à 15 (sur un total de 15)
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  • #19742 Répondre

    Arroway

    Hop, par encore regardé, Matthieu Ricard, quelqu’un-qu-il-est-cool, est passé sur 28min pour parler de son nouveau bouquin.
    En replay pendant 7 jours:
    http://www.arte.tv/guide/fr/051912-027/28-minutes?autoplay=1?autoplay=1

    #19757 Répondre

    Paul Rigouste
    Participant

    Merci pour ce lien! ça me fait toujours rire ce genre d’émissions où on donne même pas 10 minutes à un type pour parler d’un sujet dont on entend jamais parler à la télé. Avec en plus des objecteurs/teuses qui formulent les problèmes en des termes débiles (la palme au type du figaro avec son « mais en comparant l’extermination des animaux aux génocides, est-ce que vous n’êtes pas entrain de rabaisser l’humanité au niveau de l’animalité? »… heu… comment te dire…).

    Mais bon, même si le contexte est pourri et si c’est visiblement pas le militant antispéciste le plus radical de sa génération, c’est déjà mieux que rien on va dire… 🙂 Espérons que c’est un signe que ces questions commencent à être un peu médiatisées …

    #19783 Répondre

    Arroway

    Ouais, il faut au moins des années de pratique en méditation pour participer sereinement à ce genre d’exercice !

    Après, j’ai trouvé sa mise au point sur la notion de génocide intéressante, parce que Gary Yourofsky, tout autant qu’il est efficace, s’emballe des fois un peu trop sur certains sujets, notamment celui-ci.

    #19808 Répondre

    Paul Rigouste
    Participant

    Tu penses à quoi de Gary Yourofsky où il s’emballe selon toi sur la question de l’analogie avec le génocide ? (si jamais tu penses à un truc précis)
    Parce que moi je trouvais justement que Ricard prenait vraiment beaucoup de pincettes, peut-être même trop (après c’était peut-être une question de stratégie, vu qu’il était devant 3 interlocuteurs apparemment plutôt hostiles vis-à-vis de l’antispécisme…)

    #19814 Répondre

    Arroway

    Ben justement, si je me rapelle bien, Yourofsky ne fait pas d’analogie, il dit que « c’est » un génocide. J’ai trouvé la distinction faite par Ricard juste et pertinente, sans que cela change le fond du message (bon après, stratégiquement parlant, je dis pas, Yourofsky est excellent).

    #19815 Répondre

    Arroway

    Ouais, Yourofsky dit que « c’est le plus grand holocauste de l’histoire humaine » dans cette interview (à 4:45 http://www.youtube.com/watch?v=hMF3Mr2kQzk)

    #19817 Répondre

    Paul Rigouste
    Participant

    Oui, mais pour moi y a pas de problème là dedans, il s’agit juste d’élargir la définition du génocide, ou plus exactement de reconnaître l’analogie qu’il y a entre par exemple le génocide perpétré par les nazis et l’extermination quotidienne de millions d’animaux d’une manière similaire. Et donc de reconnaître qu’englober l’extermination dans cette définition est plus juste, plus légitime, plus pertinent politiquement.

    Les définitions sont des histoires d’intérêt et de pouvoir de toute façon. De manière générale, on définit les mots d’une certaine façon parce que ça nous est utile de le faire de cette façon et pas autrement. Et là c’est pareil il me semble : la majorité des humain-e-s refuse d’appeler l’extermination des animaux « génocide » pour des raisons de pouvoir (sur les animaux), parce que les humain-e-s veulent conserver un statut supérieur à celui des animaux, parce qu’illes veulent continuer à perpétrer leurs horreurs sans qu’elles soient nommées comme telles. Non ?

    #19818 Répondre

    Grussie

    Yourofsky a dit plein de trucs (hyper) problématiques par ailleurs, je ne sais pas dans quel contexte il a dit que c’était le plus grand génocide de l’histoire, mais comme je sais qu’il a dit :
    “Humans are the SCUM of the earth,” he continued. “I don’t care about Jews or Palestinians, or their stupid, childish battle over a piece of God-forsaken land in the desert. I care about animals, who are the only oppressed, enslaved and tormented beings on this planet. Human suffering is a joke. »

    Ma traduction (sans doute pas parfaite) :
    « Les humains sont la pourriture de la Terre, continue-t-il. Je me fiche des Juifs ou des Palestiniens, ou de leur stupide bataille puérile sur un bout de terre sacrée dans le désert. Ceux qui m’importent, ce sont les animaux, qui sont les seuls êtres opprimés, esclavagisés, tourmentés. La souffrance humaine est une blague. »

    Je me questionne sur pourquoi il insiste sur le fait que c’est « le plus grand ».
    Par contre je ne trouve pas problématique de dire qu’en nombre de victimes, on fait bien plus avec les abattoirs et la pêche qu’avec les guerres. Mais je sais pas si c’est vraiment dans la bouche de Yourofsky que je trouve approprié de dire ce genre de choses, ça dépend de comment on le dit quoi.

    (Je sais pas si je peux poster sur le forum aussi ? Ça se fait quand on a comme moi seulement posté un ou deux commentaires à droite à gauche ?)

    #19819 Répondre

    Arroway

    « Génocide » est un mot qui a un sens assez bien défini (que l’on soit d’accord ou pas avec), et « extermination » aussi :
    il me semble que la notion de génocide souligne la volonté d’exterminer (= faire disparaître complètement) un groupe pour telle ou telle raison (la définition officielle de l’ONU est d’ailleurs très discutable et restrictive à la religion, la nationalité, etc).
    Employer le mot « extermination » dans le cas des animaux que l’on fait naître, grandir et que l’on exploite et que l’on tue pour en tirer des produits, ce n’est pas de l’extermination. C’est de l’exploitation, de la tuerie en masse, etc.
    Par contre parler d' »extermination » est approprié pour certaines espèces exploitées et tuées dont le nombre diminue tellement qu’elles touchent à l’extinction.

    #19820 Répondre

    Arroway

    @grussie : aucun souci pour poster sur le forum, il est ouvert à tout le monde exprès 🙂

    #19824 Répondre

    Paul Rigouste
    Participant

    Ah oui d’accord, je comprends ce que tu veux dire. Je suis d’accord avec toi sur ça oui. Ça me fait pensait à ce que disait Derrida dans « L’animal que donc je suis » :

    « De quelque façon qu’on l’interprète, quelque conséquence pratique, technique, scientifique, juridique, éthique, ou politique qu’on en tire, personne aujourd’hui ne peut nier cet événement, à savoir les proportions sans précédent de cet assujettissement de l’animal. (…) Personne ne peut plus nier sérieusement et longtemps que les hommes font tout ce qu’ils peuvent pour dissimuler ou pour se dissimuler cette cruauté, pour organiser à l’échelle mondiale l’oubli ou la méconnaissance de cette violence que certains pourraient comparer aux pires génocides (il y a aussi des génocides d’animaux : le nombre des espèces en voie de disparition du fait de l’homme est à couper le souffle). De la figure du génocide il ne faudrait ni abuser ni s’acquitter trop vite. Car elle se complique ici : l’anéantissement des espèces, certes, serait à l’œuvre, mais il passerait par l’organisation et l’exploitation d’une survie artificielle, infernale, virtuellement interminable, dans des conditions que des hommes du passé auraient jugées monstrueuses, hors de toutes les normes supposées de la vie propre aux animaux ainsi exterminés dans leur survivance ou dans leur surpeuplement même. Comme si, par exemple, au lieu de jeter un peuple dans des fours crématoires et dans des chambres à gaz, des médecins ou des généticiens (par exemple nazis) avaient décidé d’organiser par insémination artificielle la surproduction et la surgénération de Juifs, de Tziganes et d’homosexuels qui, toujours plus nombreux et plus nourris, aurait été destinés, en nombre toujours croissant, au même enfer, celui de l’expérimentation génétique imposée, de l’extermination par le gaz et par le feu. Dans les mêmes abattoirs. »

    (http://fr.wikipedia.org/wiki/Comparaison_entre_la_situation_actuelle_des_animaux_et_la_Shoah)

    #19825 Répondre

    Arroway

    Ah ouais, il en parle bien ce Derrida 🙂

    #19828 Répondre

    Yael

    Plus poétique, ce passage d’une nouvelle d’Isaac Bashévis Singer :
    « En pensée, Herman prononça l’oraison funèbre de la souris qui avait partagé une partie de sa vie avec lui et qui, à cause de lui, avait quitté ce monde. « Que savent-ils, tous ces érudits, tous ces philosophes, tous les dirigeants de la planète, que savent-ils de quelqu’un comme toi ? Ils se sont persuadés que l’homme, l’espèce la plus pécheresse entre toutes, est au sommet de la création. Toutes les autres créatures furent créées uniquement pour lui procurer de la nourriture, des peaux, pour être martyrisées, exterminées. Pour ces créatures, tous les humains sont des nazis ; pour les animaux, la vie est un éternel Treblinka. »
    Les derniers mots ont donné leur titre à un ouvrage de Charles Patterson. Il y a des passages très intéressants sur l’animalisation des populations à dominer/détruire. Par exemple, il y a un passage sur la vision des indiens et des noirs par les colons américains, les indiens étant vus comme des animaux sauvages (que l’on peut donc chasser et détruire) et les noirs comme des animaux domestiques (que l’on peut donc marquer, vendre et exploiter). Dans le cas des génocides, la population à exterminer est fréquemment assimilée à des animaux « nuisibles » : les rats pour les juifs, les cafards pour les tustis.
    L’ouvrage évoque également le fait que les abattoirs de Chicago ont été le 1er modèle de travail à la chaîne, perfectionné par Ford, et repris par le système concentrationnaire nazi.
    En écoutant des salariés des abattoirs Doux lors de l’affaire des bonnets rouges, j’ai réalisé que ce système perdurait. Il y a là-bas aussi un partage des tâches qui fait qu’aucun n’est réellement responsable de la mise à mort et tout est fait pour que les bêtes à mettre à mort soient vues comme un ensemble indéterminé. Comme dans les abattoirs de Chicago, les employés sont aussi des instruments exploités de cette usine.
    Il me semble qu’un épisode de la série Bones évoque un élevage industriel de poulet avec le tri en fonction du sexe, la coupe du bec, etc.

    Sinon Matthieu Ricard consacre un long chapitre aux émotions et aux comportements d’entraides chez les animaux dans son précédent ouvrage Plaidoyer pour l’altruisme.

    #19843 Répondre

    Paul Rigouste
    Participant

    Merci beaucoup pour toutes ces idées et pour la référence. Je ne connaissais pas ce livre de Charles Patterson, je vais le lire au plus vite 🙂

    #19851 Répondre

    Grussie

    Il est génial comme bouquin, mais dur à lire, de mémoire. (juste pour prévenir)

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