Quand les hommes sont violés – article slate

Accueil Forums Le kiosque Quand les hommes sont violés – article slate

  • Ce sujet contient 5 réponses, 1 ps. et a été mis à jour pour la dernière fois par V3nom, le Il y a 6 années, 1 mois.
Affichage de 6 messages - 1 par 6 (sur 6 au total)
  • Auteur/e
    Posts
  • #12386 Répondre
    Arroway
    Invité

    « Une nouvelle étude révèle qu’aux Etats-Unis les hommes sont souvent victimes d’agressions sexuelles, et que les femmes en sont souvent coupables. »
    http://www.slate.fr/story/90153/hommes-viol

    (Article original paru en anglais : http://www.slate.com/articles/double_x/doublex/2014/04/male_rape_in_america_a_new_study_reveals_that_men_are_sexually_assaulted.html)

    Pour plus de précisions, l’une des études utilisées, The National Intimate Partner and Sexual Violence Survey (NISVS) fait en 2010 mais publié en 2013, est disponible ici (en anglais): http://www.cdc.gov/violenceprevention/pdf/nisvs_report2010-a.pdf (p. 17: 2. Sexual Violence Victimization).

    Les chiffres varient considérablement selon que l’on regarde la colonne « lifetime » ou « 12 month ». Pour cette dernière on retrouve bien la tendance établie dans l’article. En revanche, je ne comprend pas comment on arrive à une telle différence sur la colonne « lifetime » (où là, le nombre de femmes aggressées est bien plus important). Je n’ai pas l’impression que cela ait du au fait que les définitions employées pour les agressions sexuelles ont changé (raison qui explique la différence de résultat pour la colonne 12 month).

    C’est plus une question de méthode, mais je ne comprend pas non plus pourquoi il y a une colonne séparée pour les viols avec l’usage de drogues et d’alcool, et pas pour les cas de contrainte à pénétrer, cela aurait pourtant été intéressant.

    La page 83 du rapport est aussi intéressante car elle synthétise un certain nombre de données.*

    Le dossier de presse pour la sortie de l’article fait mention de certains angles d’étude intéressants mais pas repris ou détaillés ailleurs que dans le papier d’origine, et c’est dommage
    http://williamsinstitute.law.ucla.edu/press/press-releases/high-prevalence-of-sexual-victimization-detected-among-men-similar-to-prevalence-found-among-women-in-many-cases/
    Notamment :
    « While men and women both face sexual abuse behind bars, men are vastly disproportionately incarcerated. Because of new federal surveys mandated by the Prison Rape Elimination Act, we now know that men experience hundreds of thousands sexual victimization incidents behind bars each year, further challenging assumptions about who experiences sexual abuse in the U.S.,” said co-author Lara Stemple.

    Among men in prisons and jails, gay and bisexual men and other men who identify as non-heterosexual are at greatest risk of sexual victimization. For example, the Justice Department’s National Inmate Survey of 2011-2012 found that among non-heterosexual prison inmates, 12.2% reported being sexually victimized by another inmate, and 5.4% reported being sexually victimized by staff. »

    * Je pourrais la traduire en français si ça intéresse des gens

    #12560 Répondre
    V3nom
    Invité

    En gros le rapport explique que puisque les hommes sont disproportionnellement plus incarcérés que les femmes, ils subissent plus d’agressions (sexuelles ou non d’ailleurs) qu’elles ? C’est tautologique, mais après ? (je n’ai pas lu le rapport encore, mais je l’ai déjà archivé ^^)

    En revanche le sujet « prison », quand iol s’agit d’agressions sexuelles me fait trop penser à cet homme de paille du prisonnier forcément victime d’agression sexuelles qui à lui seul équilibrerait les agressions sexuelles de tous les hommes vis à vis du nombre de femmes agressées et implicitement surtout celles qui hurleraient trop souvent au loup pour rien… (mais ceci n’empêche évidemment pas de se pencher sur le problème des hommes agressés, en prison ou non d’ailleurs)

    Évidemment qu’il y a des agressions sexuelles en tôle :
    -personnes enfermées, généralement pas pour rien, hiérarchie primaire qui s’instaure spontanément entre les détenus entre eux, et avec les
    -milieu social complètement anormal, et encourageant le mépris, l’abus de pouvoir et les agressions (voir l’expérience désastreuse de Stanford de Zimbardo en 71, nommée « effet lucifer » après coup)
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Effet_Lucifer
    -promiscuité, frustration, mépris, manque de formation et de temps pour le personnel de correctement s’occuper, écouter les détenus.

    Dans la peau d’un maton

    Elles n’ont pas grand-chose à voir avec ces mêmes agressions, causées principalement par l’entourage des victimes, dans des environnements sociaux considérés comme « normaux », eux.

    #12563 Répondre
    Arroway
    Invité

    En gros le rapport explique que puisque les hommes sont disproportionnellement plus incarcérés que les femmes, ils subissent plus d’agressions (sexuelles ou non d’ailleurs) qu’elles ? C’est tautologique, mais après ?

    Au début, je croyais qu’il y avait quelque chose comme ça, mais les prisonniers ne sont pas inclus dans les études « générales » dont fait partie le NISVS dont j’ai donné le lien :

    “These findings are striking, yet misconceptions about male victimization persist. We identified reasons for this, which include the over-reliance on traditional gender stereotypes, outdated and inconsistent definitions used by some federal agencies, and methodological sampling biases. For example, like most population studies, federal household surveys do not include incarcerated individuals,” said co-author Ilan H. Meyer, Williams Senior Scholar of Public Policy.

    source: http://williamsinstitute.law.ucla.edu/press/press-releases/high-prevalence-of-sexual-victimization-detected-among-men-similar-to-prevalence-found-among-women-in-many-cases/

    #12564 Répondre
    Arroway
    Invité

    Je viens de trouver les études effectuées dans les prisons et les maisons correctionnelles pour mineurs:
    http://www.bjs.gov/index.cfm?ty=tp&tid=20

    #12566 Répondre
    Arroway
    Invité

    Allez, triple post:

    Il y a des résultats vraiment intéressants (au-delà le fait qu’ils sont déprimants quand on voit les chiffres tous genres confondus). Par exemple, en page 17:

    Most staff sexual misconduct was cross-gender. An
    estimated 93% of the inmates victimized by female staff
    were males, while 69% of inmates victimized by male staff
    were females.
    […]
    Substantiated incidents of male staff victimization (61%)
    were more likely than incidents of female staff victimization
    (16%) to have been reported by the victim. Incidents
    involving female staff (40%) were more likely than
    incidents involving male staff (12%) to have been reported
    by correctional officers and frontline staff. In addition, a
    higher percentage of incidents perpetrated by female staff
    (19%) than by male staff (8%) had been reported by other
    facility staff.
    Female perpetrators (90%) were more likely than male
    perpetrators (67%) to lose their job as a result of the
    staff-on-inmate sexual victimization.
    Female staff members (36%) were also significantly more
    likely than male staff members (20%) to resign prior to an
    investigation. A higher percentage of male perpetrators
    (27%) than female perpetrators (15%) had been arrested
    or received some other sanction, such as a reprimand,
    discipline, demotion, or transfer (26% of males compared to
    7% of females)

    #12581 Répondre
    V3nom
    Invité

    Je ne suis malgré ces chiffres (certainement justes) pas certain de la pertinence de l’analyse je dirais « genrée » des comportements dans un environnement aussi « fou » qu le milieu carcéral.
    J’y verrais volontiers, notamment de la part des femmes envers les hommes lorsque des agressions à caractère sexuelles sont à déplorer, peut-être une forme de « revanche » occasionnelle et même opportuniste entre sexes, mais malgré (ou au delà) de ça, je crois sincèrement qu’il y a un problème d’ordre plus profond, intrinsèque et systémique au milieu carcéral, où finalement la prévalence de comportement pouvant être interprétés comme sexistes (et ils le sont du simple fait de leur prévalence) ne sont qu’une sorte d’atavisme à la « société du dehors » qui viendrait simplement se calquer par dessus cet environnement encourageant déjà des comportements malsains et primaux.
    (même si je suis à 200% convaincu des problèmes sexistes sociaux, culturels, traditionnels, et même politiques de notre société mortifère)

Affichage de 6 messages - 1 par 6 (sur 6 au total)
Répondre à: Quand les hommes sont violés – article slate
Vos informations:




Commentaires clos