Sense 8

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Ce sujet a 8 réponses, 2 participants et a été mis à jour par  Skratsch, il y a 1 an et 8 mois.

9 sujets de 1 à 9 (sur un total de 9)
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  • #33870 Répondre

    Anne, ma soeur Anne

    J’ai découvert Sense 8 il y a quelques mois et je suis assez surprise par les choix et les histoires proposés par cette série.

    La trame est un peu compliquée, je vais essayer d’être brève et claire: Il existe sur terre, dans un futur pas très lointain, des êtres sensitifs capables d’être psychiquement et physiquement connectés; ils doivent malheureusement se cacher car Whispers (celui qui murmure à leur oreille une fois qu’il les a trouvés et qu’il les a en son pouvoir) veut les éliminer. Les 8 sensitifs que nous suivons dans la première saison sont: 4 femmes et 4 hommes venant de différents continents. On apprend à les connaitre alors qu’ils découvrent et apprennent à comprendre leurs pouvoirs.

    ===== SPOILER ALERT=========
    Au casting donc: un brave kényan cherchant de l’argent pour sauver sa mère, une pharmacienne indienne sur le point de vivre un mariage arrangé, une femme transexuelle hackeuse repérée par les sbires de Whispers se servant de ses dons pour survivre en compagnie de sa petite amie, un cambrioleur allemand qui a eu un père atroce et une enfance horrible, un policier américain, une boxeuse coréenne fille d’un homme d’affaires, un acteur homosexuel latino qui se dit hétéro devant les journalistes, une mystérieuse DJ islandaise.

    On voyage, car la série suit chaque personnage dans son pays et aborde, même si c’est plutôt superficiellement, les « problèmes » liés à l’homosexualité et la transexualité avec la hackeuse et l’acteur latino.

    Ca fait plaisir de voir des super héros (il me semble que leur « sensitivity », qui leur permet d’être à plusieurs endroits à la fois entre autres, est un super pouvoir) gays.

    On peut regretter que la hackeuse et l’acteur latino, qui pourtant joue des films d’action (mais ce n’est qu’une illusion…) ne soient pas des personnages d’action ou que les histoires de ceux qui n’entrent pas dans une romance soient moins développées.

    Avez-vous la série? Qu’en avez-vous pensé?

    #33873 Répondre

    bta

    Mon verdict : Un gros fourre-tout assez foireux. Quelques moments intrigants ou fun, un joli discours sur les liens qui nous connectent tous, bla bla bla…

    J’adore le concept de base (des super-pouvoirs pour découvrir l’autre plutôt qu’affirmer son identité surhumaine !), et je ne peut qu’avoir de la sympathie pour ce genre de science-fiction humaniste, mais on sent quand même les grosses ficelles scénaristiques, en particulier au niveau des différents « méchants » et du mentor mystérieux.

    La série souffre aussi de son ambition de raconter 8 histoires différentes qui finissent par verser dans les clichés : chacune d’entre elle est une sorte de pastiche d’un genre particulier et se sert sans vergogne des conflits scénaristiques les plus éculés pour faire monter la tension.

    Le résultat final est très maladroit mais parfois assez désarmant au regard de l’enthousiasme et de la candeur affichés.

    Un détail : Amusez-vous à prendre au hasard huit être humains, choisis en fonction de la population de chaque pays sur la planète. Vous aurez peu de chance de tomber sur la distribution présente dans la série, avec seulement deux femmes pour représenter le continent asiatique, contre trois américains, deux européens et un africain. Bah, on va mettre ça sur le compte des compromis de production…

    #33879 Répondre

    Altair

    Moi j’ai beaucoup aimé sense8. Oui il y a des clichés limites et des maladresses – mais il y a au final une telle sincérité, un tel optimisme pour cette histoire humaniste que ça fait vraiment du bien au milieu de cette mode d’oeuvres noires et déprimantes.

    #33880 Répondre

    Paul Rigouste
    Participant

    Je n’ai pas vu cette série, mais plusieurs personnes qui l’ont vue m’ont dit que c’était très raciste (et je n’ai pas trop de mal à le croire quand je me rappelle de l’usage de la yellowface dans Cloud Atlas, des mêmes auteur-e-s : http://www.racebending.com/v4/blog/cloud-atlas-conversation-yellowface-prejudice-artistic-license/)

    Il y a probablement des articles qui parlent de cette dimension problématique de Sense 8 sur des blogs/sites anglophones… (peut-être ici dans le chapitre « THings we didn’t like » http://www.autostraddle.com/should-you-watch-sense8-the-answers-about-as-clear-as-this-shows-plot-293147/ par exemple (?))

    #33881 Répondre

    Caerbannog

    Grave ! Je l’ai vu … jusqu’à la fin. Une fin qui clôt très bien la bêtise politique de l’ensemble : les 8 réuniEs qui boivent des bières sur le bateau du père du flic et admirent depuis la baie de Chicago le feu d’artifice du 4 Juillet. A tout points de vue une symbolique ultra-problématique. Quand on sait à quel point les célébrations de Independence Day / 4th of July donnent l’occasion d’un furieux révisionnisme historique….

    Une critique point par point que j’ai trouvé ultra pertinente ici:

    http://fandomshatepeopleofcolor.tumblr.com/post/121177725030/what-are-some-examples-of-racism-in-sense8-i-am

    http://fandomshatepeopleofcolor.tumblr.com

    En bref et dans le désordre et en français, l’auteure pointe:
    – l’ethnocentrisme à l’oeuvre dans l’usage de la langue anglaise par rapport aux autres et l’usage des autres langues, des accents …
    – le choix du casting, le colorisme et les nationalités des acteurs/trices
    – la place et fonction données à une femme cis dans la relation entre Lito et Hernando (y’a de quoi écrire sur cette histoire à trois hautement énervante)
    – la fonction d’Amanita auprès de Nomi, relation assez à sens unique puisque Aminata passe son temps à prendre plein de risques pour sauver Nomi de plein de situations, mais Nomi ne fait pas grand chose pour Aminata sauf l’aimer et lui être reconnaissante.
    – les dynamiques entre Kala and Wolfgang – ce dernier ayant pour fonction de libérer sexuellement (et spirituellement) Kala, une jeune femme indienne qui risque d’épouser un homme qui en a une moins grosse que Wolfgang (Allemand) et dont le père a des pratiques, croyances, traditions rétrogrades (ben tiens! comme de par hasard …).
    – Caephus (Kenyan) sauvé par Sun (Coréenne) qui est très forte au combat (boxeuse) mais sacrifiée par son père pour sauver l’honneur de son fils préféré mais très pourri et comme elle a promis à sa mère de toujours tout faire pour protéger son frère, elle accepte de se sacrifier.

    Je rajouterais perso dans la liste des moments/trucs insupportables:
    – le gentil flic blanc qui sauve le gamin noir qui lui dit qu’il lui sera à tout jamais reconnaissant; flic blanc étant gentil avec les gamins noirs des ghettos parce que …. lui même a fait des bêtises quand il était petit pour contrarier l’autorité de son père flic …
    – la mère universelle blanche manipulée par un scientifique fou blanc.
    – la représentation des indiens fous de leurs dieux et intégristes effrayants
    – la représentation des bandits Kenyans armés de machettes, le patron Kenyan fou de sa fille malade mais tortionnaire impitoyable.

    Les Wachowskis ont voulu faire la série « la plus inclusive de tous les temps » mais c’est loin d’être ça. La série montre plutôt comment on peut « vouloir montrer » une trans, un couple gay, un couple lesbien, la transphobie, l’homophobie, la domination et la violence masculine envers les femmes, les rapports Nord/Sud, l’inégalité d’accès aux traitements contre le SIDA, la brutalité capitaliste … sans finalement vraiment servir ces causes par la manière dont les unes et les autres sont représentéEs, les dynamiques montrées, la focale qu’on adopte.

    #33887 Répondre

    Altair

    « La série montre plutôt comment on peut « vouloir montrer » une trans, un couple gay, un couple lesbien, la transphobie, l’homophobie, la domination et la violence masculine envers les femmes, les rapports Nord/Sud, l’inégalité d’accès aux traitements contre le SIDA, la brutalité capitaliste … sans finalement vraiment servir ces causes par la manière dont les unes et les autres sont représentéEs, les dynamiques montrées, la focale qu’on adopte. »

    Ben justement je ne suis pas d’accord avec cette conclusion. Oui les clichés racistes font super tache, mais au final justement on s’attache tellement aux personnages que la série arrive quand même à porter son message, malgré sa terrible maladresse dans la forme. Parce que très vite ces personnages deviennent plus que les clichés qu’ils incarnent, ils sont de vrais personnages avec un arc narratif cohérent. Et même si oui il y a trop de « blancs » dans le groupe, ils sont traités sur un srict pied d’égalité avec les autres.

    #33925 Répondre

    Maelyra

    De mon côté j’ai adoré la série tout en ayant été dérangé par plusieurs points et notamment le fait que ces huit personnages que l’on suit ne sont pas réellement à égalité dans la résolution de l’intrigue.

    J’ai vraiment eu le sentiment que les personnages étasuniens étaient plus importants que les autres et il y a Riley qui sert de damsel in distress. Ok Capheus a son arc narratif etc mais en fin de compte cela ne sert qu’à une chose… Il permet de démarrer une ambulance dans les derniers épisodes parce qu’on lui vole souvent son bus et donc il a appris à le revoler derrière. De par la connexion qu’il entretien avec les autres personnages il peut « prêter » son aptitude. On pourrait le supprimer de l’histoire que l’histoire tiendrait toujours debout. Il en va de même avec la plupart des personnages :/

    Sinon pour ma part j’ai beaucoup aimé la représentation du personnage de Nomi, le fait qu’on ne s’appuie pas trop sur le fait qu’elle soit trans comme si c’était un problème, Le fait de voir une représentation plutôt positive.

    #33929 Répondre

    Altair

    Capheus joue un énorme rôle dans la « glu » qui relie les 8 sensats, tout de même. C’est un des personnages les plus attachants.
    Et ils peuvent tous se « prêter » leurs aptitudes en fin de compte – même si on ne l’a pas vu pour tous les personnages, on l’a vu pour beaucoup et c’est clairement vers cela que la série tend.
    Même si je suis d’accord que l’aptitude « conduite de voiture » est la moins badass du lot.

    #33930 Répondre

    Skratsch

    « De mon côté j’ai adoré la série tout en ayant été dérangé par plusieurs points et notamment le fait que ces huit personnages que l’on suit ne sont pas réellement à égalité dans la résolution de l’intrigue.

    J’ai vraiment eu le sentiment que les personnages étasuniens étaient plus importants que les autres et il y a Riley qui sert de damsel in distress. »

    Je pense que c’est un peu tôt pour l’affirmer, de ce qu’on a vu ce sont effectivement les seuls à avoir été directement concernés par l’intrigue principale, mais rien ne dit que les sous-intrigues liées aux cinq autres sensates ne sont pas finalement des ramifications de cette affaire.

    Par contre, personnellement c’est davantage Kala que Capheus qui m’a donné l’impression de ne pas être trop mise à contribution au cours de la saison, il n’y a vraiment que dans le tout dernier épisode qu’elle prête ses capacités à quelqu’un. Mais bon, elle fabrique une bombe avec de la farine et du paprika, donc on peut pas exactement dire qu’elle reste passive.
    Sinon, j’ai été un peu surpris qu’on insiste autant au début de la saison sur les compétences de cambrioleur de Wolfgang, et qu’au final on se « serve » de lui uniquement quand on a besoin d’un gros bras (ce qui est un peu redondant avec Will et Sun) ou d’un psychopathe sans respect pour la vie humaine. Surtout qu’il n’aurait pas été bien dur de trouver une application à ses capacités pour une évasion.

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