Moana: verdict ?

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Ce sujet a 19 réponses, 2 participants et a été mis à jour par  Paul Rigouste, il y a 9 mois et 2 semaines.

15 sujets de 1 à 15 (sur un total de 20)
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  • #34990 Répondre

    Lison

    Moana et Maui

    Attention: SPOILERS !

    Bonjour à tou-te-s

    Je voudrais avoir votre avis sur le dernier Disney, Moana que j’ai vu il n’y a pas longtemps et que j’ai beaucoup aimé. Il y a cependant des points qui m’ont gêné, et j’aurais aimé avoir votre opinion.

    Bon les points positifs d’abord:
    -une héroïne non-blanche (!), qui ne finit pas le film en couple, ni en passe de le devenir (comme on le sentait pour Mulan et Chang par exemple).

    -une héroïne naturellement élevée pour diriger son clan, donc promise à une position de cheffe sans que cela passe pour un sacrilège (à mon avis les créateurs avaient parié sur Hillary Clinton 😉 ).

    -qui s’émancipe de ses parents pour découvrir le monde et à qui le film donne raison (puisqu’elle va sauver son île grâce à cela).

    -J’ai aussi beaucoup aimé le personnage de la Grand-mère, qui montre une transmission du savoir entre deux générations de femmes d’une manière très juste, touchante et très positive.

    Dans ce qui m’a gêné, il y a le personnage de Maui, le demi-dieu, qui prend selon moi énormément de place (physiquement, mais aussi dans les dialogues et l’action). On en arrive parfois à oublier que c’est l’histoire de Moana qui est racontée. Je n’ai pas de problème avec le développement en profondeur des personnages secondaires, mais je trouve dommage qu’une héroïne si intéressante se voit aussi souvent effacer par son alter ego masculin.

    Les libertés que Maui prend avec Moana m’ont un peu irrité et rappellent beaucoup des comportements masculins réels: ils se permet de la balancer à la mer une bonne dizaine de fois, il lui coupe la parole (dès la première scène), la sous-estime, pour finalement l’abandonner parce qu’elle n’a pas agit comme il s’y attendait. Il reviendra en héros pour la sauver sans jamais s’excuser de lui avoir dit des paroles blessantes (« The ocean chose wrong »: « L’océan s’est trompé »(en la choisissant pour sa mission)).
    On s’attarde beaucoup sur sa souffrance à lui, sur ses problèmes qui sont montrés comme capitaux dans le développement de l’histoire. Moana jouera beaucoup le rôle de « motivatrice » pour lui redonner du courage, sans qu’il l’a remercie jamais. Le moment que j’ai préféré est d’ailleurs quand il l’abandonne car c’est à ce moment qu’elle prend les choses en main et découvre vraiment qui elle est et veut être, et décide d’agir seule.

    Des petites choses très « disney » m’ont agacé aussi:
    -le fait que les chefs du passé soient tous montrés comme étant des hommes: si Moana va devenir cheffe et que cela est normal, pourquoi ne pas montrer des anciennes cheffes ?

    -la répartition chasse (pêche en l’occurence)= hommes, cueillette=femmes. L’essentialisation des rôles du quotidien dans le village de Moana.

    -Moana est très maladroite, et souvent sujette à la moquerie (de Maui la plupart du temps, mais aussi du public encouragé à rire d’elle): ses cheveux lui cache la figure, elle rate une attaque et tombe dans l’eau, ne sait pas naviguer et se trompe… Nous sommes encouragés à ne pas la prendre très au sérieux, à ne pas avoir confiance en ses capacités. En regardant le film, je m’imaginais Moana en garçon: un tel traitement n’aurait jamais été fait à un personnage masculin (le bon exemple est celui de Jim Hawkins dans « La planète au trèsor »: un voyage d’apprentissage au bout du monde mais où Jim est montré comme compétent et maître de lui-même. Même s’il fait des erreurs, il n’est jamais ridiculisé pour elles. Il apprends des choses, comme Moana, mais sans être incompétent au départ. Au contraire, il est valorisé pour sa rapidité d’action, etc.)

    Voilà, je pense que c’est tout. J’ai néanmoins beaucoup apprécié le film, qui est très beau (comme d’habitude chez Disney), et l’évolution du personnage de Moana est touchante. Le fait qu’elle apprenne à naviguer à tout son peuple à la fin est super chouette aussi.

    Qu’est-ce que vous en pensez ?

    #34991 Répondre

    Miss Understood

    Parmi les points positifs, j’aimerais ajouter:

    – L’héroïne a une morphologie à peu près réaliste (on ne se demande pas si elle a des intestins quelque part).
    – Pas de dichotomie mère indigne / père bien intentionné: l’héroïne s’entend bien avec ses deux parents, et c’est sa mère qui finit par l’aider à prendre la fuite.

    Sinon, rien à ajouter.

    #34995 Répondre

    Anne, ma soeur Anne

    Bonsoir,

    J’ai moi aussi apprécié ce long métrage malgré les parties chantées que j’ai trouvé un peu agaçantes (peut-être que c’est plus agréable en VO).
    Maui prend certes beaucoup de place mais il m’a semblé que c’était pour servir le retournement final: après toute l’attente derrière l’arrivée du vrai héros, celui qui a des pouvoirs, et après tout l’espoir que l’héroïne et le spectateur ressent, eh bien, ce n’est pas celui qui prend tant de place, qui a tant de choses à dire et qui en sait tant qui se positionnera en héros mais bien Moana.
    Ce qui m’a le plus gênée c’est son histoire (il a été abandonné par sa mère) qui cherche un peu à excuser les trucs pas très sympas qu’il a faits: voler la pierre, laisser Moana sur l’île, refuser de l’accompagner et d’endosser la responsabilité de ses actes.
    J’ai aussi bien apprécié le personnage de la déesse et la chute la concernant: (SPOILER) c’est la déesse nourricière, généreuse et créatrice de terres qui est devenue le super monstre dévastateur.

    #34996 Répondre

    Lison

    Je suis d’accord pour la déesse, même si cet aspect « terre-mère nourricière » m’agace un peu par son essentialisme. J’ai aussi beaucoup aimé le fait que Moana gagne contre son monstre non pas par la force mais par le dialogue. Je trouve ça très positif, et à ce moment-là la force brute de Maui est effectivement laissée sur le côté. Mais n’est-ce pas normal ? Le titre du film, c’est « Moana » après tout, et c’est son histoire que l’on suit.

    Maui est en quelque sorte presque le « méchant » du film (pas au sens disneyien du terme, bien sûr), car c’est lui qui déclenche la décrépitude de l’île de Moana en volant la pierre.

    Je ne sais pas trop pour son histoire personnelle, ça ne m’a pas gênée en voyant le film. Sauf le fait que Maui parle de « ses parents » qui l’ont abandonné, et que seule la mère soit représentée sur son tatouage.

    #35035 Répondre

    Joffrey Pluscourt

    Beaucoup de choses ont été dites (même si je crois que l’aspect dénonciation des débordements virilistes de Maui par le film est sous estimé ici)

    J’ajouterai pourtant l’incapacité de la pensée dominante moderne à rendre sa place à un personnage de « trickster » dans une cosmogonie ou une simple histoire en le réduisant à un caractère comique et repentant (ou diabolique).
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Fripon
    Outre le fait que c’est une appropriation réductrice d’un Dieu du folklore indonésien (comme l’est aussi la déesse par ailleurs mais qui est moins représentée et donc moins dénaturée, mais plus invisibilisée), c’est aussi une perte de possibilité subversive dans la vision du monde de l’occidentale moderne par l’oubli d’une figure mythologique pourtant jusqu’à là présente et indispensable à presque tous les panthéons connus.

    #37125 Répondre

    Paul Rigouste
    Participant

    Perso j’ai trouvé le film également très raciste à plusieurs niveaux, dont la représentation de Maui (https://www.theguardian.com/world/2016/jun/27/disney-depiction-of-obese-polynesian-god-in-film-moana-sparks-anger).

    Le spécisme est aussi affligeant en ce qui concerne le personnage du coq, si on peut appeler ça un personnage… Il est caractérisé comme complètement débile pendant tout le film et sa fonction principale est d’être un punching ball pour les humain-e-s (http://www.lecinemaestpolitique.fr/linconvenient-detre-un-animal-de-film-danimation/), ce qui est censé être drôle.

    #37127 Répondre

    Skratsch

    Hmm… Je veux bien admettre que le surpoids des Polynésiens soit un stéréotype préjudiciable (encore que dans certaines parties du Pacifique l’obésité soit un réel problème depuis que les États-Unis ont imposé leur mode de vie et leur alimentation), mais certains propos relayés par votre lien m’ont l’air un peu grossophobes, non ? « A creature that was “half pig, half hippo”  » me semble être une comparaison assez violente…

    #37128 Répondre

    Paul Rigouste
    Participant

    Oui tout à fait, j’aurais dû le préciser en mettant le lien. Désolé.

    #37137 Répondre

    Lison

    Je n’ai pas trop compris du coup: vous reprochez au personnage de Maui d’être obèse, c’est ça ? (parce que ça renvoi à une caricature des Polynésiens?)
    Mais est-ce que ce n’est pas plutôt positif de trouver un personnage de héros au corps non stéréotypé et non conforme aux canons de beauté? Personnellement ça m’aurait bien saoulé de trouver un espèce de prince charmant, ou un mec bodybuildé à la place.
    Pour le spécisme, totalement d’accord! Ça m’a vraiment gênée quand Maui se sert du coq pour écrire sur la rame de Moana par exemple. Surtout qu’il y avait un potentiel intéressant avec les réincarnations.

    #37139 Répondre

    NotADancer

    Pour ce qui et de l’obésité de Mau, c’est un peu plus compliqué que ça. Il a le physique des « hommes-forts » un peu comme Brian Shaw, (ou Zydrunas Savickas si on veut pousser un peu), quelques recherches d’images vous montreront c’est pas de l’obésité et loin de la.

    On a l’habitude de représenter la force par une musculature hyper-dessinée de bodybuilder. Pour indication les bodybuilders ont souvent un taux de gras en deça des 5% alors que chez les hommes forts il est entre 15 et 25%.

    Et ça se voit dans l’animation : quand Maui donne un coup de poing si vous regardez ses bras, tout revient en place tout de suite, si il était obèse, son « gras » se balancerait pendant une seconde, une seconde et demi après le coup.

    D’ailleurs (je ne retrouve plus l’article ou je l’ai lu) lorsque Dwayne « The Rock » Johnson, qui double Maui en anglais, a vu le design du personnage, il a été honoré et ému que son grand père « High Chief » Peter Maivia, ait été l’une des inspirations du personnage.

    Donc pour le coup, je suis pas sur que la représentation soit réellement problématique.

    #37141 Répondre

    Paul Rigouste
    Participant

    Bonsoir,

    En ce qui concerne le physique de Maui, j’ai personnellement l’impression que c’est plus complexe que « soit homme fort à la Brian Shaw, soit obèse ». Il me semble que Disney a voulu jouer sur les deux tableaux. S’il y a plein de gens qui le perçoivent comme un homme fort et en même temps plein d’autres gens qui le perçoivent comme un homme obèse, c’est à mon avis parce que sa représentation est assez ambiguë pour connoter les deux à la fois. Il me semble que c’est ce qu’essaie d’expliquer le dessinateur qui analyse le physique des personnages et dont l’article que j’ai mis en lien au-dessus reproduit le schéma

    https://pbs.twimg.com/media/Clq-FSGUoAAog1y.jpgimg
    (https://www.theguardian.com/world/2016/jun/27/disney-depiction-of-obese-polynesian-god-in-film-moana-sparks-anger)

    Et j’ai l’impression que l’ambiguïté de ce physique correspond à la dualité de ce personnage qui est à la fois un sidekick comique et un véritable héros (au sens où le film prend au sérieux ses souffrances et lui donne une importance égale à Moana dans l’action). Et malheureusement, je pense que le côté obèse est utilisé plutôt pour le caractériser comme un sidekick comique alors que le côté homme fort contribue à le caractériser comme un héros, parce que telles sont les normes dominantes (à la fois virilistes et grossophobes). Par exemple, dans Les Nouveaux Héros (autre Disney sorti il y a 2 ans), le personnage du robot est plutôt rigolo au début lorsqu’il est « bedonnant » puis cesse d’être comique quand le héros le transforme en machine de guerre plus conforme aux normes physiques de virilité (http://www.lecinemaestpolitique.fr/les-nouveaux-heros-iii-labcd-de-linegalite/). Donc pour moi, ça n’est pas du tout progressiste à ce niveau (Kung Fu Panda l’est peut-être un peu plus sur ce point ?).

    Et en ce qui concerne le racisme, j’ai l’impression que les connotations obèses du personnage participent de l’essentialisme du film et de son occultation de la colonisation. L’obésité qui touche effectivement la Polynésie aujourd’hui est une conséquence de la domination coloniale, non ? J’ai l’impression que c’est le sens de la déclaration de Will Ilolahia (“This depiction of Maui being obese is typical American stereotyping. Obesity is a new phenomena because of the first world food that’s been stuffed down our throat.”). Du coup, représenter un héros de la tradition orale polynésienne d’une manière qui connote l’obésité est franchement raciste, non ? (sur la dimension postcoloniale du film, j’ai l’impression que cet article est intéressant (même si je ne comprends pas tout dans le détail parce que c’est en anglais) : https://indiancountrymedianetwork.com/news/opinions/dont-swallow-or-be-swallowed-by-disneys-culturally-authenticated-moana/)

    Plus largement, j’ai l’impression que le film verse dans une exotisation/essentialisation type « le bon sauvage », qui va parfois jusqu’à la caricature la plus outrancièrement raciste, comme dans la scène où on voit les gens du village de Moana chanter leur amour pour les noix de coco. C’est assez grave je trouve… Un article parle de ça :

    Another depiction that is tiresome and cliché is the happy natives with coconuts trope. Coconuts as the essential component of Pacific Island culture became a comedy staple on the 1960s television series « Gilligan’s Island, » if not before. They are part of the shtick of caricatures about Pacific peoples.

    Not only do we see the villagers happily singing and gathering coconuts, but a whole race of peoples, the Kakamora, is depicted as, well, coconuts. This is a band of pirates that Moana and Maui encounter. Disney describes them as “a diminutive race donning armor made of coconuts. They live on a trash-and-flotsam-covered vessel that floats freely around the ocean.”

    In the film, their vessels resemble “Mad Max meets the Tiki Barge,” complete with coconut palms growing on them. Disney’s Kakamora are mean, relentless at getting what they want, and full of sophisticated technology. And utterly silly at the same time.

    But in fact, the Kakamora have actual cultural roots: they are a legendary, short-statured people of the Solomon Islands. Somewhat like the menehune of Hawai‘i, and bear no resemblance to the Disney knock-off.

    “Coconut” is also used as a racial slur against Pacific Islanders as well as other brown-skinned peoples. So depicting these imaginary beings as “coconut people” is not only cultural appropriation for the sake of mainstream humor, but just plain bad taste.

    (http://www.smithsonianmag.com/smithsonian-institution/how-story-moana-and-maui-holds-against-cultural-truths-180961258/)

    Et même si c’est présenté plus tard comme une sorte d’aliénation pour ce peuple qui aurait perdu son essence d’aventuriers parcourant les océans, il y a encore cette idée selon laquelle ce peuple aurait une essence avec laquelle il doit absolument renouer, donc quelque chose de très essentialiste (sans parler du fait que la cause de ces problèmes est attribuée à l’action de divinités, jamais à quelque chose qui ressemblerait à de la domination coloniale).

    Du coup pour moi c’est encore plus grave que Pocahontas, qui était déjà grave dans le même genre (http://www.lecinemaestpolitique.fr/pocahontas-1995-etre-femme-et-indienne-chez-disney/). L’héroïne racisée et sa destinée sont encore une fois liées de manière ultra-insistante à la nature (Moana veut dire « océan » il me semble ; il y a aussi le truc de l’océan qui la remet sur le bateau quand elle tombe ; la grand-mère, qui a un rôle similaire à celle de Pocahontas d’ailleurs ; les petits animaux ; la quête qui la mène jusqu’à la « déesse nature » ; etc etc). Cette naturalisation à outrance est à la fois sexiste et raciste (ça ne va jamais aussi loin avec les « princesses » blanches de Disney, et Maui est beaucoup plus placé du côté de la technique, contre la nature (cf tout le truc autour de son arme ou le fait qu’il lui apprenne à piloter le bateau).

    Après je ne suis pas non plus spécialiste de ces questions, donc je peux me tromper, mais j’ai l’impression que tout ça est quand même assez raciste, grossophobe et sexiste…

    #37142 Répondre

    Lison

    Ok, je vais digérer tout ça parce que je n’ai pas vraiment d’avis sur la question à ce moment. Je n’ai vraiment pas envie de m’exprimer à la place des Polynésiens sur le sujet, je n’y connais vraiment rien. Cependant le passage des noix de coco est effectivement assez gonflé, maintenant que vous le dite…

    Je voudrais rajouter un truc auquel je viens de penser: la fameuse tradition.
    Le père de Moana est présenté comme obsédé par les règles ancestrales, notamment celle de ne pas quitter l’île (avec les pierres qu’on empile,le danger etc). Ce désir de sa part de vouloir poursuivre cette loi est montrée comme un peu ridicule et poussée à l’extrême (dans la chanson avec les gens qui chantent: « Pourquoi inventer de nouvelles chansons? Les anciennes sont tout ce dont on a besoin. ») même si il a une raison (« dehors=danger », décidément, encore un père qui veut enfermer les autres pour leur « bien »).
    Donc Moana est plutôt audacieuse en transgressant sans cesse cette loi. Sauf qu’on apprend que tadaa: la vraie essence de ce peuple, sa vraie tradition, ben c’est de naviguer, et donc Moana n’est juste que celle qui a compris la vraie tradition (en se rattachant mystiquement au passé). C’est assez réactionnaire comme propos finalement, car au lieu d’inventer de nouvelles façons de vivre, Moana n’est là que pour raccrocher son clan « dénaturé » à sa vraie tradition ancestrale…
    Encore un propos ambiguë de Disney qui n’en est définitivement pas à son coup d’essai sur le sujet.

    #37143 Répondre

    Lison

    (Par rapport au dessin des personnages par Disney, je trouve ça incroyable qu’ils définissent encore le caractère de leur personnages en fonction de leur physique…Et apparemment c’est tout à fait normal pour eux.)

    #37146 Répondre

    Paul Rigouste
    Participant

    Tout à fait d’accord avec vous sur la question de la tradition. Et je me demande s’il n’y a pas quelque chose à creuser à ce niveau dans les dessins animés en général : j’ai l’impression que les femmes et/ou racisé-e-s sont rarement en scène comme des personnes qui révolutionnent leur société en rupture avec les traditions, chose qui reste plutôt le monopole des hommes blancs (Dragons est exemplaire à ce niveau).

    Par exemple, dans Les Croods, l’héroïne ne peut rompre avec la tradition qu’en rencontrant un homme blanc qui va lui montrer la voie, et la rupture ne sera véritablement accomplie que lorsque le père en sera devenu le centre (cf les dernières phrases de l’héroïne).

    Mulan pourrait sembler l’exception qui confirme la règle, mais si je me souviens bien, l’héroïne ne révolutionne pas la société, elle ne fait que transgresser individuellement l’ordre patriarcal pour finalement revenir à sa place à la fin du film.

    Je n’y ai pas trop réfléchi et je ne suis pas sûr qu’il y ait assez de dessins animés qui abordent ce thème pour qu’il soit possible de dégager des tendances dominantes, mais j’ai l’impression qu’il y a peut-être quelque chose de cet ordre…

    #37150 Répondre

    Skratsch

    Je peux me tromper, mais il ne me semble pas que les hommes blancs révolutionnent fondamentalement la société non plus dans les Disney. La plupart du temps, s’il y a tentative de révolution ou de réforme profonde, elle vient plutôt du méchant principal et les transgressions à la norme de la part des héros sont plus à titre individuel ou ont pour but de ramener l’ordre ancien jugé plus légitime. Le seul contre-exemple qui me vienne en tête est peut-être le bossu de Notre-Dame, mais même là le méchant transgresse parfois les règles (enfin, plutôt les normes puisque le juge Frollo semble réunir les trois pouvoirs et donc fait les règles lui-même) et la révolution n’est pas le fait des seuls héros blancs.

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