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Intouchables (2011) : L’intouchable domination masculine

Si le racisme de ce film et la représentation qu’il donne des rapports entre les classes ont pu être l’objet de critiques de la part de la presse française (Libération notamment), son sexisme structurant a quant à lui été systématiquement ignoré alors qu’il est pourtant à bien des égards le moteur de la narration. En effet, Intouchables nous conte l’histoire de deux hommes que tout oppose : l’un est tétraplégique, l’autre est valide et sportif ; l’un est blanc, l’autre est noir ; l’un est riche, l’autre est pauvre ; l’un loge dans un hôtel particulier à Paris, l’autre est un jeune des banlieues qui a fait de la prison ; l’un écoute de la musique classique, l’autre Earth, Wind and Fire, etc. Le film multiplie ainsi les différences entre les deux personnages principaux, insistant ainsi lourdement sur le caractère exceptionnel de cette amitié à la fois si simple et si incroyable, et dont on prend soin de nous rappeler au début et à la fin qu’elle est inspirée d’une histoire vraie (afin de bien nous faire entrer dans la tête que cette société apparemment déchirée par les inégalités n’est pas si déchirée que ça et que l’espoir est encore possible parce qu’il existe des gens biens, etc. etc. etc.).

Deux hommes donc que tout oppose. Tout ? Pas exactement. Un point commun les réunit : ce sont précisément des hommes. Cette amitié extraordinaire ne se noue donc pas par delà toutes les différences, mais bien sur la base d’une profonde connivence masculine se construisant tout naturellement par opposition à ces « Autres » que sont les femmes. Ainsi, le sexisme n’est pas ici un détail parmi d’autres, mais il est au contraire structurant, au sens où c’est lui qui permet en dernier lieu à cette amitié-par-delà-les-différences de se construire. Examinons donc plus précisément comment il fonctionne à l’intérieur de ce film écrit et réalisé par des hommes (Olivier Nakache et Eric Toledano) pour des hommes (Omar Sy et François Cluzet).

Les acteurs et réalisateurs d’Intouchables : le plaisir de faire des films entre hommes

 

Un bon départ

Dès leur première rencontre, lors de l’entretien d’embauche de Driss, la complicité entre les deux hommes se construit par l’exclusion du féminin (dans la figure de Magalie, la secrétaire de Philippe). La scène commence par l’entrée en force de Driss qui, en ayant assez d’attendre que vienne son tour, intimide un autre candidat et lui passe devant. Ce comportement témoigne non seulement du caractère impétueux de ce jeune des banlieues incapable de respecter les usages d’un milieu qui lui est étranger, mais il permet aussi de mettre en place l’opposition entre la masculinité déficiente de Philippe et la masculinité en acte de Driss, qui apportera au premier le « supplément d’homme » qui lui manque pour retrouver le bonheur dans sa vie. Driss est en effet étonnamment bien accueilli par Philippe lorsque celui-ci débarque en force pour l’entretien d’embauche. Alors qu’il vient d’entrer en marchant sur les pieds des autres candidats et exige de manière assez autoritaire une signature de Philippe, celui-ci ne le renvoie pas, mais prend au contraire le temps de l’écouter, et accepte même de signer son papier. A croire que le caractère musclé de son entrée a plus séduit le tétraplégique qu’il ne le laisse paraître… S’ajoute à cela que la relation qui s’instaure entre les deux hommes, si elle a été initiée par Magalie la secrétaire, évolue très rapidement vers l’exclusion de cette dernière de la discussion. Au départ sujet du discours elle en devient très rapidement l’objet, permettant la constitution d’une connivence masculine sur fond de blagues sexistes :

Philippe : Expliquez nous un peu votre papier là.

Driss : Il me faut une signature pour dire que je me suis présenté à l’embauche, et que malheureusement malgré les qualités évidentes… enfin bref vous mettez votre baratin habituel comme quoi vous êtes pas intéressé. Il me faut trois refus pour que je puisse retoucher mes Assedic.

Philippe : Oui je comprends vos Assedic. Vous n’avez pas d’autres motivations dans la vie ?

Driss : si si j’en ai d’autres… (montrant Magalie du regard)… y en a une juste là là… ça c’est très motivant (clin d’œil à Magalie). Bon c’est pas que je m’ennuie mais qu’est-ce qu’on fait ? On signe ? On signe pas ?

Philippe : Non, je ne suis pas en mesure de vous le signer sur le champ (…).

Driss : (…) Et la motivation elle peut pas signer pour vous là.

Philippe : Non non non, Magalie n’a pas procuration.

Driss : Ah c’est dommage, comme ça elle aurait pu me griffer un petit 06 en même temps. 

Magalie est donc réduite au statut de « motivation » pour le séducteur masculin, ce qui est censé être drôle, et fait effectivement sourire Philippe à plusieurs reprises. On pourrait objecter ici que ce qui fait sourire Philippe n’est pas la réduction de Magalie à un corps séduisant à mettre dans son lit, mais le fait que les tentatives de Driss sont vouées à l’échec puisque Magalie est lesbienne. Mais ce serait oublier (1) qu’à ce moment du film nous ne savons pas encore que Magalie est lesbienne alors que nous sommes visiblement invités à rire, et surtout que (2) dans cette hypothèse, Philippe ne se moquerait pas du tout du comportement de Driss parce que celui-ci serait sexiste et hétérosexiste (puisqu’il présuppose a priori que toutes les femmes sont hétérosexuelles), mais sourirait plutôt de l’ironie du sort en vertu duquel ce jeune homme sûr de lui s’embarque dans une entreprise de séduction vouée à l’échec. On pourrait traduire en mots les sourires de Philippe par des « bien essayé, dommage… » ou des « si tu savais… ». L’ambiance sexiste de cette rencontre, si elle a pu offusquer Magalie le temps d’un plan, n’a en tout cas pas le moins du monde dérangé Philippe qui se propose à la fin tout naturellement de signer le papier de Driss.

 La « motivation »

 

Une amitié toute masculine  

A partir de là, la relation entre Philippe et Driss prendra la forme d’une amitié bien masculine. L’élément déclencheur qui fera que Driss acceptera de s’occuper de Philippe est un défi lancé par ce dernier : « Je parie que vous ne tiendrez pas deux semaines ». Aider quelqu’un juste pour aider quelqu’un, voilà qui n’enchante pas spécialement Driss (le « care », c’est un truc de femmes). Par contre, relever un défi lancé par un autre mec, ça c’est déjà plus excitant. Le défi sera d’ailleurs un leitmotiv de leur relation (cf. par exemple la scène de la poursuite en voiture avec la police : « 100 euros que je les mets dans le vent. – Tenu. » « 200 sur l’escorte. – Tenu. »). L’amour des grosses voitures est d’ailleurs un terrain particulier de complicité entre les deux hommes. En témoigne la scène de la poursuite, mais aussi la scène du premier contact de Driss avec le bolide (« Ouh c’est bien ça, elle est nerveuse !»).

Qu’il soit blanc ou noir, riche ou pauvre, le phallus vibre toujours au son d’un gros moteur

 

Mais c’est surtout leur rapport aux femmes (et plus généralement au féminin) qui va le plus rapprocher les deux compères. Cette complicité masculine se constitue d’abord par l’exclusion du féminin sous toutes ces formes, en particulier celles qui menacent la masculinité « de l’intérieur ». C’est le sens des blagues autour des bas de contention au début du film :

Driss (montrant les bas) : Et la jupe elle est où là ?

Philippe : Non, ça c’est des bas de contention. Si je ne les mets pas le sang circule mal. Et du coup je risque de m’évanouir.

Driss : Moi je vais pas vous mettre des bas. Là y a un petit problème, parce que comme je vais pas le faire, à un moment donné il va falloir que… faut qu’on voit si Marcelle… elle peut revenir pour les mettre elle… parce que elle en plus elle sait les mettre puisque c’est une fille et tout… Je sais même pas pourquoi on discute puisque je vais pas le faire. Même pour vous, il vaut mieux vous évanouir. Franchement à un moment donné faut … on dit non, on les met pas, on reste là (il frappe du poing sur le lit)

Philippe (alors que Driss lui enfile enfin ses bas) : Ben quoi, vous m’enfilez des bas, vous avez de très jolies petites boucles d’oreille, moi je trouve ça très cohérent.

Driss : On peut arrêter les vannes là ?

Philippe : On a l’impression que vous avez fait ça toute votre vie. Vous n’avez jamais pensé à faire un CAP d’esthéticienne ?

S’ensuit le monologue de Driss répétant qu’il refuse catégoriquement de « vider le cul » de Philippe… Certes, dans ces passages, l’attitude de Driss est présentée comme risible. Mais en même temps ça ne peut pas être le sexisme ou l’homophobie de sa position qui prêtent à rire dans ce passage, car si c’était le cas, la logique du film serait alors que Driss apprenne petit à petit à redéfinir sa masculinité de manière plus souple. Or c’est précisément l’inverse qui se produit, puisque c’est au contraire Philippe qui s’enrichira de la virilité de Driss. Cette dernière ne sera donc jamais plus remise en question dans la suite du film, bien au contraire. Ce qui est moqué, ce n’est donc pas le sexisme ou l’homophobie en soi, qui voudraient que mettre des bas ou « vider le cul » sont des pratiques inenvisageables pour un homme, mais ce sont son sexisme et son homophobie à lui, le jeune noir des banlieues, qui reste encore un peu arriéré dans sa représentations des rapports entre les sexes. Le racisme du film lui permet donc à la fois de se moquer ponctuellement du sexisme dans la figure de Driss, en reconduisant en même temps un schéma général on ne peut plus sexiste.

Mais si l’amitié masculine se construit en partie par l’évacuation du féminin, elle ne peut pas non plus totalement s’en passer. Les femmes réapparaissent alors, essentiellement sous deux formes : celles qu’on épouse, et celles avec qui on couche. Autrement dit, les mamans et les putains. Les putains sont loin d’être méprisées par nos héros, car ceux-ci leur font l’honneur de leur créer un dossier qui leur entièrement consacré, le bien nommé « dossier putes ». On fera plusieurs ainsi plusieurs fois appel à leur service.

 A un c’est bien…

… mais à deux c’est mieux

 

Quand à « celle qu’on épouse », elle est au cœur de la narration puisqu’elle constitue la condition pour Philippe de l’accès au bonheur.

La scène nocturne au bord de l’eau nous confirme que c’est essentiellement dans leur rapport aux femmes que ces deux hommes se comprennent le mieux.

Philippe : Je sens rien mais je souffre tout de même.

Driss : C’est pas possible, y a bien un truc qui peut vous soulager quand même.

Philippe (désignant des filles en mini-jupe) : Ah, tiens, voilà ce qui pourrait me soulager.

Driss : Ah ça on est tous malades à ce niveau là. Je suis peut-être plus malade que vous.

Ah les femmes… si on pouvait s’en passer… elles nous font souffrir… En partageant cette souffrance qu’ils ont en commun, les deux amis réaffirment le lien qui les unit et désignent la source de leur problème le plus essentiel : leur rapport aux femmes. Or si Driss le noir à la sexualité fougueuse pourra (au moins momentanément) se contenter de conquêtes éphémères (des avec qui on couche), Philippe doit quant à lui trouver la femme qui redonnera sens à vie (une que l’on épouse). Il n’est d’ailleurs pas anodin que la cause de sa condition de tétraplégique soit en dernier lieu une femme dont il était éperdument amoureux et qu’il a voulu « rejoindre dans sa souffrance ».

 

Driss, expert en séduction

Philippe doit donc se trouver une femme, mais pas n’importe laquelle… Dans l’une des scènes les plus mémorables du film, Driss conseille Philippe dans la marche à suivre pour conclure avec la femme qu’il aime (et avec qui il entretient depuis plusieurs mois une relation épistolaire). Le conseil consiste essentiellement à être plus entreprenant et à appeler la femme au téléphone au lieu de se contenter de lui envoyer des lettres. La femme attend que l’on vienne la cueillir, là est tout le secret. L’homme doit être actif et la femme passive, et pas l’inverse. Rien de nouveau sous le patriarcat donc. La scène devient néanmoins de plus en plus intéressante lorsque la discussion se focalise sur Eléonore, la femme convoitée :

Driss : A quoi elle ressemble cette Eléonore là ?

Philippe : C’est pas ce qui m’importe. Il y a d’abord une approche intellectuelle, émotionnelle. Avant tout se centrer sur le physique… Moi je recherche plutôt une relation d’esprit à esprit.

Driss : D’esprit à esprit d’accord. Mais si c’est un thon, ce sera une relation d’esprit à un thon (…)

Bon, ça fait combien de temps que ça dure ça ?

Philippe : Rho il est pénible.

Magalie : Six mois.

Driss : Six mois ?! Six mois et vous l’avez jamais vue ? Mais si ça se trouve elle est peut-être moche, grosse, elle est peut-être même handicapée. Vous devriez lui mettre à la fin du poème là : « Et sinon niveau poids t’es comment ? »

Un peu plus tard, lorsque Driss découvre qu’elle vient de Dunkerque :

Driss : Putain elle vient de Dunkerque, c’est pas bon ça. J’ai jamais vu de Miss France qui venait de Dunkerque moi. En général elles sont cheums là-bas.    

Malgré toutes les protestations de Philippe devant ces entorses au politiquement correct, le film ne remet jamais en question le sexisme de Driss. En effet, comme très souvent dans le film, les spectateurs/trices sont invité-e-s à adopter une posture ambiguë par rapport à ce personnage. D’un côté, et de manière superficielle, on ne peut regarder qu’avec distance : en plus d’être sexiste et homophobe, il passe devant les gens dans les files d’attente, parle fort à l’opéra, n’hésite pas à user de la violence et de l’intimidation, etc. Il est ce jeune noir des banlieues qui ne sait pas se tenir et auquel un peu de civilisation ne ferait pas de mal (tout ceci étant déjà très drôle bien entendu). Mais d’un autre côté, et dans le même temps, on est invité à acquiescer à tout ce qu’il fait ou dit. Il est celui qui dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas, celui qui se moque du politiquement correct (au sens péjoratif du terme). Lorsque Driss sous-entend que si Eléonore est moche, elle ne mérite pas une seconde de plus de considération, nous nous en offusquons doucement avec Philippe et Magalie, tout en reconnaissant au fond de nous qu’il n’a pas tort (comme le sous-entendent d’ailleurs aussi les regards gênés de Philippe et Magalie), parce qu’une mocheté ça reste une mocheté, c’est-à-dire quelque chose qui n’a pas grand intérêt… Le film se sert donc du personnage du jeune de banlieue pour développer un propos horriblement sexiste dont on est censé rire, en se protégeant par avance de l’accusation de sexisme (au prétexte que ce n’est pas le film qui serait sexiste, mais seulement le personnage de Driss)[1].

Cette stratégie continue dans la scène suivante, et permet de compléter le tableau que donne le film des relations de séduction entre hommes et femmes. Alors que Philippe s’inquiète de ce que pourrait penser Eléonore lorsqu’elle le verrait en photo, Driss le rassure :

Driss : Attendez, qu’est-ce qu’elles cherchent les femmes à votre avis ?

Philippe : Je sais pas. La beauté, le charme, l’élégance.

Driss : Mon cul ! Elles cherchent l’oseille, la sécurité.

Puis, tapant sur l’épaule d’un quinquagénaire accompagné d’une jeune femme au physique de mannequin, il en donne une preuve par les faits : « Demandez-lui à lui ! ». Résumons : les femmes ne sont intéressantes que lorsqu’elles sont jeunes, belles et minces, alors que ces caractéristiques physiques peuvent très bien être compensées chez les hommes par de l’argent. Cette inégalité hommes/femmes dans le jeu de la séduction est posée par le film comme une vérité qu’il s’agit de reconnaître, et non comme un des aspects de la domination masculine qu’il faudrait déconstruire. Tout ça bien sûr par l’intermédiaire du personnage de Driss, c’est plus commode…

 

Redevenir un homme

Au final, on pourrait presque dire que l’histoire d’Intouchables est celle d’un tétraplégique qui apprend à redevenir un homme. L’opposition entre la masculinité déficiente de Philippe et la masculinité accomplie de Driss parcourt tout le film. Le premier est immobilisé, dépendant, cloitré à l’intérieur de sa maison, timide dans ses relations avec les femmes, etc. Le deuxième est musclé, sportif, entreprenant avec l’autre sexe, au besoin violent envers ses congénères masculins, etc. Le stéréotype raciste du noir caractérisé avant tout par son physique (musclé, sexuel, le rythme dans la peau, etc.) joue ici à fond pour exacerber cette opposition. Driss va donc fournir à Philippe ce « supplément d’homme » qui lui manque pour s’accomplir (en séduisant notamment la femme qu’il aime).

Ces démonstrations de virilité abondent dans le film. Driss dégage avec violence ceux qui se dressent sur son passage (la scène avec « Patrick Juvet »), il « recadre » la fille trop insolente, intimide et humilie son ex-petit copain (« Et coiffe toi ! Mets une barrette ! »). A la voiture « pragmatique » et plan-plan il insiste pour substituer le bolide (de la même manière qu’il trafique le fauteuil de Philippe pour qu’il aille plus vite). Dans ses relations avec les femmes, il est plus qu’entreprenant. Et si Magalie lui résiste c’est juste parce qu’elle est lesbienne (« ça m’étonnait aussi qu’elle résiste comme ça, ça m’était jamais arrivé »). Et effectivement, ça n’a pas l’air de lui arriver souvent comme le confirme la scène suivante de l’entretien d’embauche dans laquelle il séduit sans problème son interlocutrice. Mais c’est surtout en forçant Philippe à passer à l’acte avec Eléonore que la virilité de Driss est la plus utile. Redevenir l’acteur de sa vie consiste avant tout à redevenir acteur dans le rapport de séduction avec les femmes. Une fois qu’il a permis cela, Driss s’efface discrètement comme le bon noir qui a su mettre ses atouts (de noir) au service du maître blanc.

Reste un certain mystère lorsque l’on considère le propos avoué du film. En effet, Philippe aime Driss parce qu’il est « sans pitié » avec lui, parce qu’il ne le considère pas avant tout comme un handicapé mais comme un homme. Ce serait donc seulement en commençant par ignorer la différence entre valides et handicapés que l’on pourrait se donner les moyens de lutter contre les souffrances de ces derniers. Percevoir une différence comme signifiante serait poser la première pierre du rapport de domination. Jusqu’ici nous sommes d’accord. Mais pourquoi alors s’acharner à réaffirmer à coup de stéréotypes le caractère essentiel des différences entre sexes, « races », sexualités[2], et classes ?

 

 Paul Rigouste


[1] La stratégie du film apparaît encore plus tordue lorsque l’on considère la scène où la fille de Philippe est risible du fait de son racisme envers Driss : « Qu’est-ce que tu vas me faire ? Tu vas me frapper c’est ça ? C’est comme ça qu’on traite les femmes dans ton pays ? ». En le mettant dans la bouche de ce personnage féminin, les réalisateurs tentent se mettre à distance de l’argument raciste (qu’ils utilisent pourtant abondamment) consistant à ramener le sexisme à une pratique archaïque qui ne serait le fait que d’individus arriérés en manque de civilisation (occidentale) : les arabes des cités et de « là-bas »…

[2] Cf. l’homophobie par laquelle Driss dit au revoir à Magalie et à sa copine : « Bon allez, salut les mecs ! ». Des femmes attirées par d’autres femmes ne peuvent pas être vraiment des femmes, elles sont donc nécessairement des hommes…

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18 réponses à Intouchables (2011) : L’intouchable domination masculine

  1. […] Intouchables (2011) : L’intouchable domination masculine | Le cinéma est politique Si le racisme de ce film et la représentation qu’il donne des rapports entre les classes ont pu être l’objet de critiques de la part de la presse française ( <i>Libération </i> notamment), son sexisme structurant a quant à lui été systématiquement ignoré alors qu’il est pourtant à bien des égards le moteur de la narration. Par CLAUDINE GALÉA Pour le mouvement H/F, auteure dramatique, romancière. Elles forment la moitié de l’humanité. […]

  2. […] Si le racisme de ce film et la représentation qu’il donne des rapports entre les classes ont pu être l’objet de critiques de la part de la presse française (Libération notamment), son sexisme structurant a quant à lui été systématiquement ignoré alors qu’il est pourtant à bien des égards le moteur de la narration. En effet, Intouchables nous conte l’histoire de deux hommes que tout oppose : l’un est tétraplégique, l’autre est valide et sportif ; l’un est blanc, l’autre est noir ; l’un est riche, l’autre est pauvre ; l’un loge dans un hôtel particulier à Paris, l’autre est un jeune des banlieues qui a fait de la prison ; l’un écoute de la musique classique, l’autre Earth, Wind and Fire, etc. Le film multiplie ainsi les différences entre les deux personnages principaux, insistant ainsi lourdement sur le caractère exceptionnel de cette amitié à la fois si simple et si incroyable, et dont on prend soin de nous rappeler au début et à la fin qu’elle est inspirée d’une histoire vraie (afin de bien nous faire entrer dans la tête que cette société apparemment déchirée par les inégalités n’est pas si déchirée que ça et que l’espoir est encore possible parce qu’il existe des gens biens, etc. etc. etc.).  […]

  3. On remarquera que c’est un procédé qui a déjà été utilisé dans un autre film traitant d’un rapport viril entre deux hommes, si séparés socialement par leur couleur de peau : American History X l’a complètement, ce stratagème, puisque les deux protagonistes s’apprivoisent et se rapprochent autours d’une scène extrêmement sexiste.
    Leur complicité naît alors que le noir fougueux mime au blanc coincé comment une femme finit par s’amadouer si on la « baise correctement ».
    Rien de nouveau effectivement, en pays patriarcal…

  4. Bonjour,
    Il se trouve que j’ai de mon côté développé la question des relations entre valide et handicapé dans ce film, ce qui correspond au dernier paragraphe de votre article
    http://descartesculture.wordpress.com/2011/12/06/intouchables-analyse-sociologique/

  5. Je viens de découvrir votre site et je n’ai lu qu’un seul article pour le moment (je vais vite regarder le reste). J’ai quelques articles qui relèvent d’une démarche assez proche.
    Pour de bons échanges :
    http://mondesensibleetsciencessociales.e-monsite.com/pages/documents-divers/cinema-et-sciences-sociales/

  6. Gottesmann Pascal

    Je ne suis pas d’accord avec vous quand au mépris des femmes que vous soulignez dans le passage Prostituée/Épouse.
    En effet, le métier de prostituée est sublimé dans ce film. Nous ne voyons pas la sexualité habituelle des clients, humiliante et dominatrice (le personnage de Cluzet ne le pourrait d’ailleurs pas). L’homme est passif et plein d’espérance dans le bienfait que pourra lui apporter la tendresse féminine. Il n’y a qu’à voir le visage extatique de Cluzet quand la fille lui masse les oreilles. Il faut de plus souligner, que, bien que d’abord réticent, le personnage d’Omar Sy découvre avec délice cet érotisme doux et respectueux.
    En ce qui concerne l’épouse, la recherche de Cluzet ne vise pas à simplement répondre à un besoin. Dans ce cas, il aurait été cherché une épouse sur un site de rencontre ou via une agence matrimoniale. Mais dans le film, la rencontre réelle est l’aboutissement d’une relation épistolaire de plusieurs années qui a mis en avant des affinités culturelles ainsi qu’une complicité hors du commun qui sera garante de leur couple. Regardez Cluzet qui tremble comme un collégien devant son premier amour et n’ose pas se rendre au premier rendez vous. C’est tout simplement qu’il tient à cette femme et qu’une mauvaise impression le meurtrirait à jamais.
    Donc contrairement à ce que vous disiez, les femmes sont respectées et même sublimées et seule la fille de Cluzet mériterait de prendre des claques mais plus que les femmes, ce sont les ados en crise qui sont ici montrés du doigt.

  7. Cher Gottesmann Pascal,
    « Nous ne voyons pas la sexualité habituelle des clients, humiliante et dominatrice » : parce que vous connaissez tous les clients du monde ? Gardez vos clichés de tf1 sur la « sexualité habituelle des clients » pour vous.Vous parlez sur des représentations, et sur rien d’autre que cela.
    « L’homme est passif et plein d’espérance dans le bienfait que pourra lui apporter la tendresse féminine. » Phrase combot. « Passif, plein d’espérance » ? Parce qu’il a pu activement la payer, cette passivité toute relative, donc la décider. Il a activement décidé de sa « passivité », qui n’en est donc pas une. « la tendresse féminine » : on parle de la tendresse représentée des prostituées de ce film ou d’une nature de lafâme ?
     » Mais dans le film, la rencontre réelle est l’aboutissement d’une relation épistolaire de plusieurs années qui a mis en avant des affinités culturelles ainsi qu’une complicité hors du commun qui sera garante de leur couple. » Si vous aviez lu l’article, vous auriez peut-être saisi que le problème résidait dans le parachèvement de leur relation dans la rencontre qui ne peut s’initier, dans la logique à la fois raciste et sexiste du film, que grâce à la virilité entreprenante du Noir des banlieues, prêt ici à donner des tuyaux à son bon maître blanc en matière de séduction. Puisque c’est bien mignon ces trucs de gonzesses là, ou de libertin PD du 18 è, mais les lettres, la plume, l’écriture, la lecture tout ça, c’est pas assez poilu, ça fait pas bander.
     » Donc contrairement à ce que vous disiez, les femmes sont respectées et même sublimées et seule la fille de Cluzet mériterait de prendre des claques mais plus que les femmes, ce sont les ados en crise qui sont ici montrés du doigt.  » Ah, ce bon reflexe viril de la claque face à l’insolence. Vous êtes bien mignon, mais encore une fois, et comme de par hasard, c’est encore une fille (qui ne sait pas rester à sa place face à l’autorité patriarcale), une figure féminine, qui assume le mauvais rôle. On peut aussi spéculer, il me semble que si la fille de Cluzet avait été un garçon, il l’aurait eu, cette bonne claque bien méritée sur laquelle vous fantasmez, et peut-être même au moment où Cluzet aurait repris du poil de la bête, ne se morfondrait plus, à force d’avoir pris pour exemple son larbin qui intimide toutes les personnes sur son passage. Ou alors, ça aurait été le larbin lui-même qui aurait claqué, devant le regard ébahi du maître blanc, qui finalement, aurait été obligé de reconnaître à son boy une initiative violente qui aurait porté ses fruits (puisque le fils blanc aurait fini par voir dans Omar Sy un frère, tout ça, tout ça…). Bref, prière de ne pas excuser pas ce film.

  8. Je lis tout vos critiques des films et je placerai mes impressions de toutes quand j’aurai fini de tout les lire.

    J’ai arrêté de regarder les films, il y a longtemps. Ils ne m’inspire plus.

    Je ne lis que certaines bande-dessinée japonaises. J’expliquerai.

    Les réalisateurs de « Intouchables » ont été racistes envers cette acteur noir. Il a vraisemblablement choisit ce rôle parce que c’est sa profession. Ils lui ont donné un rôle insultant.
    Et il faudrait lui demander ce qu’il y en pense réellement.
    Moi, j’habite et je suis canadienne française et j’ai connu beaucoup d’africains citoyens de la France et ils sont beaucoup plus profond que ce film laisse savoir.

    Et ils font erreur en ce qui concerne la beauté, comme dans tous les films mondialement. Elle n’est pas vraiment séduisante.
    La beauté de l’homme et la beauté de la femme sont des images modeler par l’inconscience culturelle d’un peuple.

    La nuée de couleurs qui m’attirent chez une personne ne forme pas exactement les images de beautés véhiculées par les cultures visuels ou parfois écrites notamment occidentales. Les cultures orientales n’échappent pas à cette règle de moi aussi.

    Là, je me répète et je continuerai.

  9. Le film est inspiré d’une histoire vraie. Les scènes, réactions, dialogues, en gros le film dans son intégralité a été travaillé avec et approuvé par les deux personnes concernés.

    Peut-on donc blâmer l’équipe du film d’avoir décrit une réalité ?

    Parce que là ça me sidère. Va-t-on blâmer le réalisateur de Le Majordome d’avoir décrit un Nixon raciste ? Si tel était le cas ?

    Je suis atterré. Vous allez jusqu’à critiquer des cinéastes qui décrivent une réalité.

    Et le mal serait de tourner une situation réelle en comique ? Woody Allen aurait-il tord de se moquer des codes de l’aristocratie ? D’en faire ressortir le côté risible ?

    Putain, Desproges n’a jamais autant été d’actualité.

    • « Peut-on donc blâmer l’équipe du film d’avoir décrit une réalité ?  »
      Est-ce que tu va poster cette question sur chaque article Flavien ?
      Liam t’a déjà répondu là dessus, pas besoin de venir en plus secoué le cadavre de Desproges à propos de ce film et en remettre une couche sur la sois disant censure. Desporges n’est plus là pour se défendre d’être invoqué à toutes les sauces, laisse le dans sa tombe nous n’avons pas besoin de lui pour discuter ici. Et je ne voie pas ce que les prostituées viennent faire ici.

      Il n’est pas question de censure ou de refuser aux réalisateurEs de faire ce qu’illes veulent. On discute des stéréotypes dans les films et on le fait avec des exemples concrets contrairement à toi.
      Et ici il est question d’Intouchable pas du Majordome ni de la filmographie complète de Woody Allen et encore moins de Desproges alors si tu as des remarques à faire sur l’article que tu commente ou si tu veux défendre ton interprétation du film fait le au lieu de partir dans des généralités hors sujet.

      Et si je comprend ta comparaison avec Woody Allen, en quoi le film Intouchable tourne t-il en dérision le machisme des protagonistes comme le ferait Woody Allen sur l’aristocratie selon toi ?

      Et pour ceci « Je suis atterré. Vous allez jusqu’à critiquer des cinéastes qui décrivent une réalité. »
      Fait gaffe quant même a force de t’atterrer tu va finir par toucher les antipodes. Et oui nous allons jusqu’a critiquer des films qui décrivent des trucs, c’est scandaleux, que fait la police !! Heureusement il y a Super Flavien qui vol au secours de la réalité des machos paraplégiques milliardaires et de leurs hagiographes sur pellicule.

      Sinon, je ne voie pas pourquoi des cinéastes qui décrivent une réalité seraient incritiquable, explique moi cette idée s’il te plait ca m’intrigue vraiment.
      Crois-tu par exemple que les films documentaires sont incritiquables ?
      Ou que tous les films précédés par un carton « ce film est tiré d’événements réels, seul les noms ont été changés » sont à l’abri de tout questionnement ?

      C’est rigolo cette objection de « réalité » soit-disant incritiquable, d’habitude c’est la SF ou la Fantasy qui sont jugé intouchables par le fait même d’être irréaliste.

      Tu va certainement en faire une jaunisse Flavien, mais sache que tout est critiquable et tout est politique, pas seulement le cinéma.

      Bonne journée

      • Sinon, je ne voie pas pourquoi des cinéastes qui décrivent une réalité seraient incritiquable, explique moi cette idée s’il te plait ca m’intrigue vraiment.
        Crois-tu par exemple que les films documentaires sont incritiquables ?
        Ou que tous les films précédés par un carton « ce film est tiré d’événements réels, seul les noms ont été changés » sont à l’abri de tout questionnement ?

        Je précise : pour moi, on peut pas critiquer l’histoire racontée. On peut critiquer les protagonistes concernés pour leurs actes ou visions, mais pas les cinéastes qui se contentent de le décrire. Du moins pas sur le scénario. On peut critiquer le jeu d’acteur, la mise en scène, les plans, etc… Mais on ne peut pas leur reprocher le scénario, il ne l’ont pas fait !
        C’est comme si quelqu’un me racontait un fait divers, point par point, et que je commençais à critiquer la personne qui me le raconte, au nom du contenu de ce fait divers.

         » C’est rigolo cette objection de « réalité » soit-disant incritiquable, d’habitude c’est la SF ou la Fantasy qui sont jugé intouchables par le fait même d’être irréaliste.  »

        C’est pas à moi que vous allez faire dire ça. Au contraire. La SF est certainement l’un des genres les plus bâclés du moment, car les réalisateurs se permettent de nombreuses lacunes et incohérences scénaristiques au nom de l’irréaliste et du je-m’en-foutisme du spectateur lambda qui veut juste « en prendre plein la vue ! »

        « Et ici il est question d’Intouchable pas du Majordome ni de la filmographie complète de Woody Allen […] Et si je comprend ta comparaison avec Woody Allen, en quoi le film Intouchable tourne t-il en dérision le machisme des protagonistes comme le ferait Woody Allen sur l’aristocratie selon toi ? »

        Mes citations servaient à souligner encore une fois que votre choix des films, aussi pertinent soit-il pour vos arguments, ne représente pas, comme vous l’arguez tels les preux hérauts en leur temps, une tendance du cinéma contemporain. Intouchables, Rebelle, Bilbo, Batman, Astérix, Avengers, Killer Joe, … cela ne représente qu’une partie ultra-minime des sorties de 2012, et ne justifie pas une représentation majoritaire de la vision machiste-homophobe-patriarcal-blablabla au cinéma.
        Il va falloir arrêter de faire sa cinémathèque chez TF1, ou sur Reviewer.com.

        • Les films critiqués ici sont plutôt des films grand public, ceux que les masses vont voir et apprécient, ceux qui rencontrent la plus large audience. Si ça ne t’intéresse pas car tu ne t’intéresse qu’à la « haute » culture, celle de la bourgeoisie ne t’inflige pas la lecture des articles sur « Intouchable, rebelle, Bilbo, Batman… » Si tu ne t’intéresse qu’au cinema d’hauteur il n’y a pas grand chose qui puisse convenir a une personne si hautaine que toi.
          Ensuite pour la qualité des scénario de Sf que tu juge insuffisante c’est pas vraiment l’approche politique qui est celle du site où tu te trouve. Si tu veux des critiques sur la cadrage ou le jeu des acteurs il y a à peu près n’importe quel site de critique ciné qui t’attend. Que le film soit mal joué ou mal scenarisé je m’en tape, ce qui m’intéresse c’est de comprendre comment le monde y est représenté d’un point de vue politique. Comment les rapports de sexe, genre, couleur de peau, orientation sexuelles, handicapé, classes sociales …y sont montré et ce qu’ils disent.si ça te saoule comme approche qu’est ce que tu veux que ça me fasse? Je vais pas me priver de donner mon avis au prétexte que ça te défrise.
          Pour le fait de ne pas pouvoir critiquer la pseudo réalité d’un paraplégique milliardaire raconté par lui et remise en version ciné par des cinéastes qui ont fait le choix de cette histoire plutôt qu’une autre, je ne suis bien sur pas d’accord avec toi. Il y a une infinité d’histoires a raconter, mais la plus part des cinéastes choisissent les histoires de dominants, ici on a un paraplégique mais aussi un machiste, raciste et milliardaire qui raconte sa vision de son histoire et comme pour n’importe quoi on peut tout a fait questionner ce choix pour cette histoire d’un point de vue politique. Toi tu ne veux pas critiquer sous cet angle d’approche, bah ça me fait une belle jambe et ça ne va pas m’empêcher de faire ce qui me chante et ce qui m’intéresse. Encore une fois si ça ne t’intéresse pas, va voir ailleurs, arrêté de te faire du mal et de me faire prendre mon temps a lire tes messages pédants.

          Faut que tu me dises ce que tu cherche ici
          Insulter les auteurs des articles?
          Faire l’étalage de ta haute culture de dominant si malin et si sur de son bon droit ?
          Passer le temps à commenter sur des sujets qui ne t’intéressent pas?
          Faire taire des personnes qui parlent de choses ont tu n’as sois disant rien a foutre ?
          Montrer à quel point un jeune mec blanc hetero cis peut être un gros abruti condescendant ?

        • « Et le mal serait de tourner une situation réelle en comique ? Woody Allen aurait-il tord de se moquer des codes de l’aristocratie ? »

          « Et si je comprend ta comparaison avec Woody Allen, en quoi le film Intouchable tourne t-il en dérision le machisme des protagonistes comme le ferait Woody Allen sur l’aristocratie selon toi ? »

          « Mes citations servaient à souligner encore une fois que votre choix des films, aussi pertinent soit-il pour vos arguments, ne représente pas, comme vous l’arguez tels les preux hérauts en leur temps, une tendance du cinéma contemporain. Intouchables, Rebelle, Bilbo, Batman, Astérix, Avengers, Killer Joe, … cela ne représente qu’une partie ultra-minime des sorties de 2012, et ne justifie pas une représentation majoritaire de la vision machiste-homophobe-patriarcal-blablabla au cinéma. »

          Ca serait bien des fois de répondre aux questions ou d’admettre les limites de son argumentation au lieu de partir en pirouette à chaque fois sur un autre sujet/attaque.

          Sinon, il s’agit juste des films parmi les plus visionnés dans le monde, donc dont la portée/le discours a le plus d’impact. Ca paraît pas déconnant de 1) se demander pourquoi ces films ont du succès, 2) se poser des questions sur le contenu du discours.

  10. Merci pour votre analyse que je trouve très pertinente et qui m’a permis de mettre des mots sur un certains mal-être que j’ai ressentis en voyant ce film sans pour autant réussir à l’expliquer. Vous avez réussi à affiner encore la critique envers ce film qui a été majoritairement été encensé par les grands médias (au service du système dominant) et du public à qui ont a encore voulu servir une soupe idéologique. Le fait que Sarko ait voulu donné une médaille à Omar Sy s’explique encore mieux. Encore Bravo!

  11. Je l’ai vu à la télé avant-hier soir et je suis d’accord à 100% avec votre analyse. J’ai retrouvé dans ce film quelque chose que j’ai souvent observé dans la société: quand une femme considère qu’un homme n’est pas son type, on dit qu’elle est superficielle, qu’elle a tort de s’intéresser au physique, etc. En revanche, quand un homme dit à une femme qu’elle n’est pas son type, on dit qu’il a raison, que c’est la honte de sortir avec une « moche », qu’elle devrait se maquiller et changer de look avant de chercher un mec… Deux poids, deux mesures!

    Bonne journée.

  12. Cet article est absurde. Affirmer que Intouchables est un film éminemment raciste et sexiste, c’est un joli mais fort navrant numéro de capillo-tractage. Alors, pour votre information, il arrive dans la vie courante que les gens des quartiers difficiles soient bruts de décoffrage, homophobes et sexistes. Il arrive aussi qu’une amitié se construise sur des intérêts et des goûts communs, et notamment celui pour la gente féminine. Voilà. Et qu’on représente ça au cinéma n’a rien de sexiste ou de raciste. Y percevoir du racisme, voilà qui justement peut sembler suspect, voire raciste… Parce qu’à balancer plus vite que son ombre « c’est raciste, c’est raciste ! ! ! » là où la plupart des gens ne voient qu’une belle histoire, franchement, il faudrait se remettre un peu en question : est-ce que l’auteur ne serait pas légèrement obnubilé par la question de la race ? Oh ! un Noir des banlieues est représenté comme un homophobe, ahhh, c’est cliché, c’est raciste ! Oh ! deux hommes échangent des remarques grivoises ! ils ne sont pas raffinés, le Noir, surtout, pourtant les Noirs peuvent être raffinés, oh, mais qu’est-ce que c’est raciste et sexiste ! Penser de cette façon-là, se palucher le cerveau à ce point, c’est malsain, faut arrêter les amis.

    • Ce n’est pas parce que ça arrive dans la vraie vie que ce n’est pas raciste ni sexiste. ça veut juste dire que la vraie vie l’est aussi et que le cinéma n’est que le reflet de sa société.

  13. J’avais détesté ce film. Du moins la première demi-heure, je n’ai pas poussé au-delà.

    Sur fond de discours sur le handicap et le racisme (qui se veut humaniste, ce en quoi il se vante), le film met surtout en scène un bon vieux sexisme à deux voix.

    L’amitié des hommes se fondent exclusivement sur une apologie de la virilité doublée d’une communion dans la misogynie. La secrétaire est systématiquement humiliée dans les premières scènes, puis la course-poursuite en bagnole (les accidents de la route, ça se classe en combien dans les causes de mortalité des 20-50 ans, déjà ?), puis la discussion intimes sur les Lafâmes et comment les tomber… J’avais lâché l’affaire.

    C’est tellement bon, la communion dans le sexisme qui permet de franchir les barrières qui séparent deux hommes (classe, couleur de peau, handicap…). Mais le sexisme, ça sert à tout : à arrêter les guerres, à abolir les discriminations sociales, je suis sûre qu’on peut même sauver les abeilles avec. Suffit de faire un effort, y’a bien un film qui va sortir.

    Au-delà de l’aspect misogyne, c’est d’ailleurs la bonne vieille technique du bouc émissaire : si tu veux souder un groupe, désigne un individu et encourage les gens à l’exclure et le harceler ensemble. Des amitiés indéfectibles en perspective !

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