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Bromance VS Womance

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Après les grandes épopées amicales masculines des années 80-90 (surnommées buddy films) telles que L’arme fatale ou Men in Black, les années 00 ont vu apparaître un sous genre : la bromance (contraction de brother et de romance), à la fois descendant des buddy films et participant au genre de la comédie romantique. C’est l’histoire d’une relation très proche entre deux ou plusieurs hommes, une amitié qui reprend les codes de la relation amoureuse hétérosexuelle : monogamie et serment à vie.

Encore une fois, Hollywood semble faire preuve d’un certain progressisme dans la construction de ce nouveau genre, mais détrompons-nous immédiatement, il faut désamorcer la menace homosexuelle qui pourrait peser sur des relations proches entre personne du même sexe, ainsi les héros de ces films auront souvent à prouver leur hétérosexualité et leur virilité, car elle est problématique dans ces films. En effet, ils sont gros, geeks, pas beaux, puceaux, glandeur, etc. Loin des physiques d’un Mel Gibson ou d’un Bruce Willis, la virilité des Steve Carell ne va pas de soi (les différences des physiques et des caractères de ces nouveaux hommes feraient à elles seules l’objet d’un article, je me concentrerai ici sur les codes de l’amitié). Par exemple, dans En cloque, mode d’emploi (2007), de Judd Apatow, la joyeuse bande de bro’ passe son temps à faire le relevé systémique des apparitions de seins dans les films et à décrypter les touffes des actrices. Dans American Pie (1999), l’unique but des bro’, c’est de coucher avec une fille avant d’entrer à l’Université.

Ainsi, sous couvert de redéfinition de l’amitié entre hommes, il y a par derrière une réaffirmation de la norme hétérosexuelle.

womances01Les bro’ s’amusent…. loin des femmes hystériques et trop sérieuses…

La deuxième critique que j’adresserais à ces bromances, c’est que la représentation d’une grande amitié entre phallus semble toujours, en même temps qu’elle délimite le territoire des codes masculins, devoir mettre à distance les autres, c’est-à-dire les femmes (mais aussi toutes formes de différences). Par exemple, dans En cloque, mode d’emploi (2007), Apatow semble prôner un certain essentialisme des sexes qui est toujours un peu agaçant : les femmes veulent un homme « sérieux », les hommes veulent glander entre potes. Les femmes sont souvent hystériques et ne comprennent pas l’humour. J’ai été atterrée par la scène où deux bro’ se font des blagues autour de Retour vers le Futur et que les filles disent :  « on comprend rien de ce que vous dites, vous voulez vous enculer ou quoi, comme des gays ? ». (et hop ! on désamorce la menace homosexuelle en rigolant… car t’imagines, ils seraient trop naaaazes s’ils étaient vraiment gays !). Cette scène est tout à fait agaçante pour une deuxième raison : il y a l’idée que les hommes ne semblent pas envisager la possibilité que cette culture « trash » ou « geek » puisse être partagée et qu’elle n’est pas que le privilège des hommes.

C’est donc ici que ce situe le point de départ de ce qui va suivre : dans ce genre de comédie, cette délimitation des cultures masculines qui sous-tend leur bromance semble rendre impossible une appropriation féminine des codes même de l’amitié. Dès lors, l’essentialisme dans la définition des caractéristiques des hommes et des femmes qui guide la plupart de ces comédies empêche-t-il aux femmes de posséder une amitié similaire à celle des bro’ ? L’apparition récente à Hollywood des womances semblerait à première vue contredire cela. Pourtant, ce substantif formé à partir de son pendant masculin, la bromance, semble oublier la partie la plus importante : l’amitié (bro). Un groupe de femmes amies est-il simplement possible à Hollywood ?

Pour rendre cette étude la plus claire possible (et la plus efficace, du moins je l’espère), j’ai choisi comme objet d’analyse les comédies autour du mariage qui ont rempli nos écrans ces derniers temps. La franchise Very Bad trip, (2009 pour le premier, 2011 pour le second et dont un troisième volet est en préparation) pour le pendant masculin et les films Mes meilleurs amies sorti en 2011 et Bachelorette sorti en 2012 pour leur version féminine.

En effet, ces trois films racontent la même histoire : un groupe d’ami-e-s affrontent le mariage d’un-e de leur membre.

Very Bad Trip, l’amitié comme exclusion des autres…

 womances03Ensemble, oui…Mais attention ! pas de femmes surtout !

Quatre amis partent fêter l’enterrement de vie de garçon de l’un d’eux à Vegas. Ils perdent la mémoire de leur folle nuit et vont devoir arranger toutes leurs bêtises et arriver à l’heure au mariage. Voilà le synopsis en quelques mots.

On pourrait se dire « pourquoi parler de sexisme, ce n’est pas le propos du film, vu qu’il se centre sur un groupe d’amis et qu’on ne voit pratiquement aucune femme dans la majorité du film ». En fait non, on ne pourrait pas ne pas en parler car il s’avère que les personnages féminins sont soit hystériques, soit nus. La petite amie de Stu est une harpie dominatrice à lunettes (donc dans le cliché commun : femme à lunettes, femmes intellectuelles et frigides) qui l’appelle tout le temps, contrôle ses comptes bancaires et cerise le gâteau, a osé le tromper lors d’une croisière. Elle bat aussi son mari, ce qui s’avère le plus choquant car cela fait de la violence conjugale quelque chose que les femmes infligent aux hommes et non le contraire. On comprend bien que celle-là, un des enjeux sera de la dégager méchamment, sorcière ! En témoigne le regard fier du très viril Phil, quand Stu explose et lui ferme son clapet en lui rappelant qu’elle l’a trompé, devant toute l’assemblée du mariage histoire que cela soit bien humiliant…

womances04Sorcièèèèère !

Celle de Phil est quant à elle inexistante : il n’en parle jamais et ne l’appelle jamais. Lorsqu’il rentre de sa petite fiesta sans lui avoir donné aucune nouvelle concernant notamment leur retard, elle l’accueille avec un grand sourire, contente de l’avoir attendu à la maison en s’occupant toute seule du gosse pendant que papa allait s’éclater avec ses potes à Vegas… mais je crois que c’est censé nous représenter le modèle de l’épouse parfaite en opposition à celle de Stu. L’autre figure féminine proposé est celui de la prostituée au grand cœur (forcément ça va ensemble, car une femme autonome (qui n’est pas en couple et qui gagne son argent) est une aberration, elle se doit donc d’être au service des hommes en aidant nos gentils camarades à trouver la vérité : il s’agit de Jade, la stripteaseuse sexy. Donc environ trois femmes qui doivent dire trois phrases pour une heure et demi de film. Soit. Mais à la fin, nous avons une bonne surprise : les photos de leur folle nuit sont dévoilées et nous voyons enfin des femmes à l’écran. Oh ! Elles sont toutes pratiquement nues et ne sont que des objets sexuels !

womances05Féministe médisante ! Il fallait attendre la fin !

Ainsi, le lieu de l’amitié masculine est un espace où les femmes sont absentes. Le groupe de garçons se constitue comme bande de Bro’ en partageant des blagues sexistes, homophobes, racistes et spécistes. Par exemple, le personnage du chinois est toujours tourné en dérision, d’abord parce que son accent chinois est sensé être « drôle » et qu’il est efféminé. Ils trouvent sa botte dans la voiture et s’exclament « mais c’est une chaussure de fille ! ». De même, il est toujours très féminisé dans son langage et ses vêtements. Le dealer est noir et la bande de copains le surnomment le « Doug black », il est un peu bête car il se mélange ses sachets de drogue. De même, ils trouvent hilarant de faire semblant d’enculer un tigre. Toutes ces « blagues » permettent au groupe de se créer une identité en excluant les autres (homosexuels, femmes, non-blancs, animaux). Tout se passe comme si, finalement, l’amitié se solidifiait et prenait forme non pas grâce aux aventures rocambolesques vécues mais plutôt grâce aux exclusions partagées par les membres du groupe. Dès lors, Stu dont le but principal était de se débarrasser de la domination de sa femme réussit son examen final en lui fermant le clapet et il saute victorieux dans les bras de ses amis juste après, qui le félicitent et semblent fiers de lui.

Alors, nous demandons-nous légitimement, dans les womances, ce sera la même chose ? L’amitié féminine exclura les hommes de son territoire et se constituera une culture autonome ? A votre avis ?

Bachelorette (2012), trouver le bonheur en passant par le phallus…

womances06Qui sont les vrai-e-s héros/héroïnes, les Bro’ ou les Wo’?

Bachelorette sorti 2012 est écrit et réalisé par une femme : Leslye Headland. Il s’agissait à l’origine d’une pièce de théâtre. Les producteurs refusèrent pendant longtemps de la financer arguant que ça n’intéresserait personne un film autour d’un groupe de femmes (du moins ça n’aurait intéressé que des femmes).  Mais grâce au succès de Mes meilleures amies (Bridesmaids) en 2011, le film trouve des producteurs.

Le film commence par un repas entre Beckie, l’outsider grosse, et Regan la distinguée, mince et blonde. Beckie lui apprend qu’elle va se marier. Regan appelle leurs amies communes du lycée pour leur annoncer la nouvelle. Dès le début, le décor est planté : les filles minces (Regan, Katie et Gena) font part d’un vrai mépris pour leur amie. Des propos mesquins tel que : « elle est pas trop mal de visage » sont prononcés. On comprend même qu’elles l’ont surnommée « pigface » au lycée. Le mariage de leur amie la moins avantagée physiquement (jugement se basant bien évidemment sur les normes sévissant à Hollywood) sera l’occasion pour les trois filles de se remettre en question, car si celle-ci a pu trouver le bonheur avant elles, c’est qu’il y a quelque chose qui cloche chez elles. Oui, le postulat de base de ce genre de film c’est que le bonheur passe par le couple (hétérosexuel, bien entendu).

Et en effet, il y a bien quelque chose qui ne tourne pas rond chez nos minces héroïnes : Gena se réveille souvent à côté d’un type qu’elle ne connait même pas et abuse de drogues. Katie est superficielle, ne pense qu’à faire la fête et rêve de sortir avec un homme qui a un travail. Regan est une control freak, qui fait attention à ce qu’elle mange et peste contre sa vie ratée (parce qu’elle n’est pas mariée) alors qu’elle avait fait tout bien comme il faut (université, rencard, carrière pas trop écrasante pour un homme).

Ainsi, leurs retrouvailles vont être l’occasion de toucher le fond (symbolisé par la scène où elles prennent de la drogue) et de remettre en question leur choix de vie.

womances07Ces filles là ont un problème : elles sniffent de la cocaïne …

A partir de là, l’enjeu sera pour ces trois filles un peu paumées de remonter la pente, en comprenant leurs problèmes et en les résolvant. Pourtant, ce n’est pas leur amitié qui leur apportera réconfort et espoir, mais l’intervention d’un phallus !

Gena se drogue et couche à tout va parce qu’elle n’a jamais pu se relever après sa rupture et son avortement. Son ex va alors comprendre sa détresse et l’aider à reprendre confiance en elle pour finalement lui faire une déclaration d’amour au micro devant toute la salle du mariage. (Je ne sais pas pourquoi les déclarations publiques sont si populaires dans les comédies romantiques, d’autant plus qu’il raconte à tout le monde qu’illes ont couché ensemble la veille dans un discours bien horrible où il explique qu’il a mis son pénis dans son vagin et qu’il a fait des va et vient, reproduisant ainsi le discours dominant sur la définition de l’acte sexuel : pénétration et puis c’est tout !). Katie, ex star déchue du lycée, a du mal à trouver l’amour et se noie dans les excès, avouant même s’être taillée les veines lors d’une soirée où elle était stone. Elle remet le couvert juste avant le mariage en absorbant une boîte de Xanax. Mais l’homme gentil qui a un travail la sauve. Le lendemain, tout semble oublié et on nous laisse entendre que sa nouvelle relation la comble désormais. Encore une fois, on minimise un acte grave et on nous fait croire que l’amour finit par régler tous les problèmes… Regan en se faisant culbuter dans les toilettes sales d’un bar, comprendra qu’il faut lâcher prise sur ses exigences. Ainsi toutes les révélations et les évolutions des personnages principaux passent par l’intervention d’un homme.

Quid de leurs amitiés alors ? Nous sommes loin de la solidarité affichée dans Very Bad Trip, les amies se séparent et vaquent à leur but (trouver l’homme) dès qu’elles en ont l’occasion. Leurs relations, quand elles en ont, ne sont que jalousie pour celle qui se marie ou démonstration d’amitié sous cocaïne. Pour tout vous dire, j’ai cherché une capture d’écran où on voyait les amies réunies dans le même plan et à part à la fin, dans la danse festive où un hug général occupe le plan une nanoseconde, je n’ai rien trouvé. Tout ce qui fait l’action « comique » du film, ce sont les terribles abominations que les trois amies font subir à la robe de mariée de leur amie.

womances08On s’amuse bien : on se moque de notre amie grosse et on lui bousille sa robe de mariée au passage !

Cela commence avec l’essayage à deux de la robe qui craque puis des multiples tentatives pour la réparer qui finalement l’abiment toujours plus. Gena laisse une call-girl s’essuyer l’entre-jambe dessus. Katie, après des excès de cocaïne, saigne du nez au-dessus.

Tout cela est censé être drôle ? Non, ça ne l’est pas, car cette robe symbolise leur amitié et son traitement montre à quel point elles en font fi (à la fois de la robe elle-même et de leur amie qui la possède). D’autant plus que la robe comme artefact du mariage et de la féminité en dit long sur les possibilités des filles à se constituer comme groupe partageant de l’amitié et des valeurs communes. Les événements partagés : l’avortement de l’une et la boulimie des autres ne permettent pas de sauver ce naufrage. Même si nous reconnaissons qu’il est bien d’aborder ces choses-là dans ces films, il s’avère que c’est en stigmatisant l’avortement et la boulimie que les « amies » se constituent ici comme groupe, c’est-à-dire qu’au lieu de lutter ensemble et de se montrer fortes contre la stigmatisation opérées par la société des avortées ou des boulimiques, elles semblent avoir honte et présenter ces choses de manière négatives. Les expériences partagées permettent souvent de constituer et de définir un groupe d’ami-e. Dès lors, si celles-ci sont posées comme négatives, la cohésion amicale qui en découle n’est-elle pas d’ores et déjà bancale ?

Alors la nouveauté de ces womances c’est quoi ?

Ce qui est intéressant c’est que ces femmes s’octroient enfin des privilèges que l’on voyait destinés aux hommes dans les comédies : se droguer, les plans culs, le vomi rigolo. Cependant, il est mal vu pour une femme de faire ce genre de choses (parce qu’une femme se doit d’être toujours sérieuse, rigoureuse et s’occuper du foyer et des enfants), c’est pourquoi on nous laisse entendre qu’elles se droguent parce que elles ne sont pas satisfaites de leurs vies, qu’elles ne se sont pas encore réalisées dans la relation hétérosexuelle monogame. D’ailleurs la seule qui ne se drogue pas et ne participe pas à l’épopée alcoolisée des filles c’est celle qui se marie, alors que dans Very Bad Trip, le futur marié participait à la fiesta avec ses bro

L’idée de womance semble donc complètement artificielle : elle reprend les codes du borderline masculin (humour potache, alcool, sexe d’une nuit…) sans prendre ce qui est positif : l’amitié, l’entraide et le bonheur d’être ensemble.

Mes meilleures amies, encore une femme à réparer…

 womances09Affiche sexy pour promouvoir le film… (on cache un peu la grosse et on met valeur les corps dénudés des actrices… Welcome to Hollywood)

Bridesmaids (2011)a été écrit par Kristen Wig et Annie Mumolo qui se sont connues au Saturday Night Live, émission américaine diffusé le samedi (vous vous en doutiez je crois), à base de sketchs sur la culture et la politique du moment. Wig y était actrice dans la troupe du show et Mumolo y écrivait les scénarii (autre personnalité très connue qui y a écrit : Tina Fey dont nous connaissons le chef d’œuvre Mean Girl (2004) avec Lindsay Lohan). Il est réalisé par Paul Feig, le grand bro’ d’Apatow.

C’est l’histoire d’Annie, qui approche des quarante ans et qui va être demoiselle d’honneur au mariage de sa meilleure amie. Annie, qui nage en pleine looserie, va avoir du mal à organiser les festivités mettant par là en péril son amitié avec Lilian. J’ai eu du mal parfois à voir le côté « comédie » du film car les événements qui jalonnent la vie d’Annie et qui finissent par lui faire toucher le fond sont assez glauques. En effet, Annie travaille dans une bijouterie avec un patron horrible et se fait souvent réprimander. Elle vit avec un frère et une sœur complètement débiles qui lisent son journal intime et qui finissent par la mettre dehors. Elle couche occasionnellement avec un type ignoblement phallocrate (le choix de l’acteur Jon Hamm est, je suppose, assez second degré car il campe dans la série Mad men un fameux macho man made in 60’s). Leur partie de jambes en l’air qui ouvre le film est très caricaturale  (leur rythme ne sont définitivement pas synchronisés et ils ont l’air de vouloir des choses différentes) nous montrant ainsi l’absence d’amour des deux partenaires (car à Hollywood, les scènes de sexe sous amour, c’est draps de soie et mains qui s’enlacent, n’oubliez pas). Il n’empêche, monsieur jouit mais madame n’a pas trouvé son bonheur. Il lui demande tout naturellement de partir. Annie entame sa shame-walk sans broncher.

Tout le ressort comique du film, c’est la confrontation entre Annie la prolo et Helen la riche pour gagner le cœur de la future mariée. Chaque événement autour du mariage (fête de fiançailles, enterrement de vie de jeune-fille, essayage de robe de mariée) sera l’occasion de se livrer à une petite guerre dans laquelle Annie perdra la bataille et tout ce qui lui restait : sa dignité et son amie d’enfance. Je pense que l’aspect « lutte des classes » du film est volontaire et en effet il est intéressant que la question des moyens financiers soient abordée. Malheureusement, il semble que ce décalage de mode de vie ne soit nullement politique. Il met plutôt en lumière, par opposition, le gouffre social dans lequel s’embourbe Annie. En témoigne la scène où Annie pète un plomb quand Helen offre un billet pour Paris à Lilian et détruit le cookies géant, signe de l’aisance financière de la maîtresse de maison.

womances10La bonbonnière, l’ambiance étouffante du groupe de femmes, Annie pète un plomb…

Il est drôle de constater que nous ne savons pratiquement rien finalement des membres du groupe des demoiselles d’honneur. Dans Very Bad Trip, on connaissait la profession de chaque personnage. Ici, les femmes ne se définissent définitivement pas par leur métier. J’ai lu quelque part que les scénaristes avaient voulu que les rôles féminins correspondent le moins possible à des clichés. Epic Fail. Il y a la mère débordée, la fille naïve, la gentille copine, la freak, la mean girl et Annie.

womances11Qui à votre avis est bizarre/riche/naïve….etc… ?

Quid de leur amitié alors ? Les scènes collectives sont souvent centrées sur la rivalité entre Annie et Helen et nous ne voyons pratiquement pas interactions entre les autres demoiselles d’honneur. Il n’y a que Megan qui sort du lot et offre à Annie son amitié. Cela pourrait être touchant mais elle la frappe et l’agresse à moitié. Ce témoignage d’amitié maladroite est tout de même le passage le plus positif du film. Donc le groupe de fille se constitue autour de la jalousie entre les deux principales amies de la mariée. La scène de diarrhée témoigne d’une certaine volonté de cohésion dans le trash mais manque son but car l’humiliation subie écarte plutôt les personnages qu’il ne les réunit.

womances12Rivalité entre femmes, seule mode d’expression des wo’ entres elles….

Le mariage de Lilian n’est pas l’occasion de se réunir et de consolider des amitiés mais il est plutôt un chemin de croix pour Annie. C’est finalement un film beaucoup plus centré sur un parcours personnel que sur un groupe d’amies, contrairement à ce que l’affiche ou la promotion pouvait laisser penser. En effet, Annie est pommée, l’enjeu sera de se faire « réparer » et surprise ! c’est l’intervention d’un homme qui permettra cela.

Réfléchissons une minute…Pourquoi Annie est-elle une looseuse ? La réponse c’est qu’elle a perdu son fiancé et son entreprise de pâtisserie. Nous présenter une femme looseuse ce n’est pas normal, il faut toujours lui octroyer une psychologie de comptoir (avec une fine dose de sexisme : pourquoi avoir rajouté un copain frauduleux dans l’affaire ? l’histoire ne le demandait pas ! mais pour expliciter l’échec d’une femme c’est bien pratique…). Ainsi, si Annie rate tout, c’est qu’elle le veut bien. La morale est que si vous avez l’impression que quelque chose ne va pas, c’est chez vous qu’il faut chercher… Dans ces films les structures sociales (patriarcat, hétérosexisme, capitalisme, etc) ne sont pas désignés comme les responsables des problèmes des gens, car les responsables ce sont toujours les individus singuliers. Ainsi, on culpabilise les individus (ici l’héroïne) parce que ce serait de leur fautes si illes galèrent, alors que cette héroïne est la victime d’un système sexiste et hétérosexiste. Politiquement ça encourage à accuser les individus, alors qu’il faudrait plutôt accuser les idéologies, les systèmes de domination, qui ont mis les individus dans le caca où illes sont…

Au début du film, elle discute avec Lilian de son plan cul. Lilian lui explique que ce type n’est peut être pas très sympa mais Annie répond qu’il lui dit la vérité sur ce qu’il attend de leur relation. Pourquoi pas, nous disons-nous…. mais tout semble contredire cela : le fait qu’elle se remaquille avant de se recoucher à ses côtés, etc… Ainsi, si Annie continue de voir ce bonhomme c’est « par dépit » : son plan cul n’est pas pour elle une échappatoire ou un moyen de s’amuser, mais c’est un moyen de s’enfoncer d’avantage. Son boulot qu’elle déteste, ses colocs horribles, elle les a choisit car elle se déteste. Toute la quête du film sera pour Annie de réapprendre à s’apprécier. Annie est « fucked up » (mal dans sa peau, foutue), elle a besoin d’être « fixed ». « Fixed » est le terme anglais souvent employé dans ces films, il signifie « arranger », « retaper ». Il est aussi employé dans le film Friends with benefits (2011) pour caractériser le personnage féminin. Et c’est parce qu’elle est « foutue » qu’elle se fait plaquer au début du film. C’est souvent là tout l’enjeu d’une comédie romantique : les femmes ont besoin d’être « fixed » et les hommes de devenir plus matures… (c’est là tout l’éternel discours sexiste essentialiste de ces films). Et Mes Meilleures amies prend toute sa dimension sexiste quand le film se révèle être une comédie romantique. Les problèmes d’Annie se résoudront dans la destination unique de la femme : l’Amour. On voit bien dans son discours à de jeunes fiancées venus acheter une bague qu’elle est dérangée : elle ne croit plus en l’amour. Il faut arranger ça, elle rencontre un flic charmant et gentil qui cherchera à l’aider.

 womances13Elle résiste, mais pourtant, elle finira avec lui…

Comme il s’agit d’un homme, il sait mieux qu’elle ce qui est bon pour elle et il lui tracera sa voie en lui soumettant l’idée qu’elle devrait refaire des gâteaux et relancer son commerce. On se demande bien pourquoi elle n’y a pas pensé elle-même…

womances14Les hommes décident…

 

Conclusion

Loin de moi l’idée en nommant cet article « Bromance Vs Womance » d’imposer une hiérarchie et de faire valoir un genre (dans son double sens) sur un autre. De même, je ne souhaite pas mettre à l’index ces comédies et me placer au-dessus d’elles en position de juge car l’idée de faire valoir l’amitié au cinéma me semble une chose très positive. Le problème vient du traitement de la chose : bromance et womance n’exploitent pas le potentiel de leur sujet car ils ne donnent qu’une seule version de l’amitié, une version très codée par rapport à tout ce que peut être une relation entre personnes. Dans la bromance, le groupe se définit par l’exclusion de l’autre, tandis que dans la womance, le groupe ne se constitue jamais car on ne laisse pas les femmes avoir d’autres objectifs que celui de l’amour. Le « message » de ces films permet de reconduire les présupposés d’une société profondément patriarcale : on enchaîne les femmes à l’amour en leur proposant des modèles d’amitié bancals qui ne leur apportent qu’un trop faible réconfort. Les rapports entre femmes qui sont représentés ne sont que rivalités et jalousies, nous laissant comprendre que leurs relations sociales ne sont pas positives. Cela sert une morale politiquement douteuse : nous faire croire que les femmes entre elles ne s’aiment pas afin qu’elles ne cherchent pas à se réunir, ce qui pourrait leur permettre de critiquer un peu trop le patriarcat et leur donner des idées de révolution ou d’égalité, une femme seule et isolée étant plus facile à duper qu’un groupe de femmes solidaires.

Annexe : Figures d’Outsiders

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Ce qui fait le point commun de ces trois films, outre leur scénario plus ou moins similaire, c’est la présence d’un-e nouveau/elle venu-e dans le panorama du cinéma hollywoodien : l’outsider sympathique. Ille est en surpoids par rapport à la norme, ille est trash et un peu bizarre. Précisons du moins que dans Bachelorette, c’est l’outsider qui est heureuse et se marie avec un mec plus beau, alors qu’en général à Hollywood la condition sine qua non du bonheur c’est d’être mince et jolie. Montrer une personne « grosse » heureuse semble plutôt positif.  Pour ce qui est de Megan dans Mes Meilleures Amies, il y a aussi un côté positif dans l’idée qu’elle est indépendante : elle aime son travail, gagne bien sa vie et elle a des aventures amoureuses. Il est tout de même assez agaçant que ces personnages soient forcément comiques. Comme si il fallait toujours être « drôle » pour compenser l’idée d’être « moche » à Hollywood. Il est aussi agaçant que leurs caractère soient toujours liés à leur poids. Prenons Megan, à la fin du film, des scènes tournées caméra à l’épaule nous montre les rapports intimes de Megan et de son copain flic. Étant grosse, elle n’a visiblement pas le droit d’avoir la scène d’amour « draps de soie ». De même, la scène présuppose qu’elle aime la nourriture et faire des trucs cochons avec.

womances16Sexualité atypique pour personnage atypique…

 Et quand il s’agit d’aller manger un bout au restau, elle se précipite.

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Il est bien sûr intéressant de montrer des personnages décomplexé-e-s. Mais pourquoi cela doit-il toujours correspondre à une idée reçue en rapport avec leur physique ? Ne peut-il pas y avoir des personnages au physique atypique (selon la norme hollywoodienne) qui vivent des histoires « normales » sans que forcément on nous rappelle leur différence ? Pourquoi faut-il qu’un physique conditionne toujours l’histoire et la destinée d’un personnage ?

Fanny Gonzagues

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17 réponses à Bromance VS Womance

  1. Merci et félicitations pour vos articles de très grande qualité!

    J’avoue n’avoir vu aucun des films que vous avez cités dans cet article, mais j’ai été frappé notamment par ce que vous dites sur les « bromances », qui me rappelle furieusement « Ted » que j’ai découvert récemment, et dont vous parlez par ailleurs très bien dans le forum (meilleure comédie de l’année car bouse normative). Seuls les « bros » peuvent s’éclater comme des fous en regardant Flash Gordon (pendant que la rabat-joie qui n’a pas d’ami(e)s -dans mon souvenir- ne pense qu’à son travail et à son mariage), et bien entendu, ils s’aiment mais sans être de sales « pédés », comme il se doit.

    Je me permets au passage de vous faire remarquer ce clip « humoristique » de Chester See et Rhyan Higa [http://lybio.net/nigahiga-bromance/pop-music/] célébrant ironiquement les vertus de la « bromance », et montrant à quel point l’amitié entre hommes, si ceux-ci ne font pas attention à se comporter de la manière idéalement machiste et phallocrate dont votre article rappelle quelques exemples, ne saurait manquer de devenir une ridicule amitié de « tapettes »: en témoigne le contraste entre d’un côté les images saturées de tous les stéréotypes habituellement laissés à la représentation des amours hétérosexuelles et de l’autre les paroles d’hétéros purs et durs (en particulier le refrain), le regard dubitatif du « vrai » hétéro à qui est destiné la chanson dans le clip (regard exaspéré qui est probablement censé coïncider avec celui du spectateur), sans oublier le palpage de fesses général des « bros » à la fin du clip visant à montrer 1) que les gays sont dégoutants à pleurer (littéralement, il y a un personnage qui pleure), 2)que les « bros », à force de ne pas se surveiller, courent le risque d’adopter des comportements de « pédés », et de ne plus être de « vrais » mecs. Morale probable de l’histoire: resaisissons-nous, nom d’une couille!

    Bref, comme l’indique parfaitement votre article, la domination de l’hétérosexisme semble encore écrasante, dans la mesure où cette représentation phallocentrée des rapports hommes-femmes s’insinue également dans la représentation que les hommes sont censés avoir d’eux-mêmes, et de la nécessité dans laquelle ils se trouvent de ne pas avoir l’air de vulgaires « gonzesses »…

    • ahahah, quelle bonne découverte ce clip, merci! et votre analyse est par ailleurs très chouette!
      il m’a perturbé quand même, parce que j’ai eu du mal à voir s’il s’agissait de dénoncer une certaine oppression provenant de la codification stricte de l’amitié entre hommes, ou bien s’il s’agissait de condamner toutes dérives amicales et au passage de clasher les homos.
      Je suis de votre avis je crois : le clip semblent mettre en garde contre les « bromances » en exagérant le côté romance, car être trop mielleux c’est un comportement qui n’est pas assez viril et qui ouvre la porte aux autres, les homos (brrrrr, tremblez….)
      La fin est assez horrible car ils jettent plus ou moins de leur groupe celui qui a tâté les fesses de façon non conventionnelle à un bro’.
      C’est comme si il y avait une fil ténue entre un « weird » acceptable et le « weird » trop gay, dont le premier serait le garde fou! Cela me fait penser justement à Alan dans Very Bad Trip qui enlace son futur beau frère, celui-ci est gêné car Alan est en slip, c’est un weird acceptable car il n’y a pas d’intention gay.

      • Purée c’est fou, j’ai vécu ce clip de la façon INVERSE dont vous l’avez vécu 🙂 .
        Pour moi le clip ridiculise de fond en comble la « bromance », et pour reprendre la formulation de Fanny, j’ai l’impression que ça dénonce les codages stricts. Pour moi les types qui sont ridiculisés à la fin c’est les débiles qui disent « whoa t’as touché au bas de son dos » et « whoa mec t’as changé » (que je ne peux que voir comme volontairement ridicule), et non pas « les gays ». Surtout que la claque aux fesses le montre bien: on peut se toucher entre hommes, et on a ENVIE de se toucher et de dire qu’on s’aime entre homme, mais uniquement si on ressemble pas à des gonzesses quand on le fait, alors même que quasiment tous les personnages du clip sont plutôt « efféminés » (de manière exagéré même, ce qui je pense est fait pour contraster avec le « ain’t nothing gay about it ») dans leurs comportements, et je crois que c’est pas par hasard. Pour moi le clip joue aussi sur le ridicule des paroles, qui, en conjonction avec les images du clips, deviennent de plus en plus explicitement « homosexuel » (« i never realised how much i loved you before i started singing this song », et plus loin « i hope you feel the same way, but if you don’t this song was just a joke »).
        J’ai l’impression que ce clip est une parodie absolue de la « bromance », et cherche à montrer que la bromance n’est en fait rien d’autre qu’une façon débile de légitimer les penchants homosexuels qu’ont tous les hommes. d’où le coté « ain’t nothing gay about it, not that there’s anything wrong with being gay », et le « i love you, in the most heterosexual way » qui pour moi sonne de manière parodique et second degré.

        Alors il se peut bien que je plaque un truc sur ce clip, je ne sais pas trop. Il se peut aussi que le clip reste ambigu par rapport à ce qu’il cherche à communiquer/dénoncer et du coup reste ouvert à interprétations.

        Après comme dis Fanny, il se peut que le clip entier soit parodique de la bromance mais dans l’autre sens, c’est à dire dans le sens de « faut faire gaffe à la bromance car ça ouvre la porte aux homos », comme la fin du clip pourrait signifier.
        Mais bon j’ai un problème avec cette interprétation parce que les personnages qui le condamne à la fin sont ceux qui sont les plus « efféminés » tout le long du clip, donc la condamnation à la fin me semble explicitement ridicule.

        Il est possible que vu que nous avons à faire à un clip parodique, que le clip cherche à parodier sans vraiment cherche à comprendre pourquoi. C’est des fois le problème que j’ai avec la parodie: Je trouve ça drôle sans vraiment savoir dans quel sens le sujet en question est parodié. Parce qu’on peut aussi juste tourner quelque chose en ridicule en restant tellement vague dans le propos qu’au final chacunE y vois sa sauce.

        En tout cas merci pour la découverte, car je suis fan! 🙂

        • J’avoue être surpris par le fait que vous qualifiez votre interprétation d’inverse à la mienne, car il se trouve que je suis entièrement d’accord avec tout ce que vous dites! Il semble donc que le caractère parodique du clip n’empêche pas de voir grosso modo la même chose.

          Le clip ridiculise la bromance, et il est évident que le « in the most heterosexual way » sonne au trente-sixième degré (cf à 2’16, ou encore la mimique sensuelle caricaturale à 3’13 suite au « I love you bro » final). Il est clair aussi que tous ces « bros » paraissent plus efféminés les uns que les autres, et ceux qui se revendiquent hétéros « pour de vrai » encore plus que tous le monde.

          Cela étant dit, remarquer que ce clip cherche par ailleurs à être explicitement drôle et ridicule (et il y parvient d’ailleurs assez bien, à mon sens, par exemple voir les bros s’uriner l’un sur l’autre à 1’20 est en effet particulièrement ridicule) ne me semble invalider en rien la portée violemment hétérosexiste de celui-ci.

          Je peux me planter du coup je ne veux pas paraître trop affirmatif et vous faire dire ce que vous ne dites pas, mais j’ai l’impression comme vous que la condamnation finale est ridicule, dans la mesure où l’accusation d’homosexualité est formulée par les personnages les plus efféminés du clip. Mais précisément, il me semble que cela veut dire simplement ceci: « la bromance n’est en fait rien d’autre qu’une façon débile de légitimer les penchants homosexuels » et ceux qui sont dans la « bromance » et se racontent à eux-mêmes qu’ils sont les plus hétérosexuels du monde et que tout ça en fait c’est « juste une blague » entre hommes, se racontent des histoires… Ils sont en réalité déjà tombés du côté « tapette » de la force.
          L’attitude du type à la fin qui voulait sensuellement toucher les fesses de son « bro » révélait ainsi de façon éclatante la vérité de la bromance que les hétéros déjà pervertis ne voulaient pas voir: la « bromance », c’est des histoires de pédés qui se touchent les fesses. La preuve, c’est que le pauvre ne comprend pas pourquoi il est exclu du groupe alors qu’il voulait caresser son « bro », et il a bien raison, le spectateur non plus ne comprend pas pourquoi le groupe est si hypocrite…

          Après, là où nous avons semble t-il, une légère divergence, c’est au sujet de la question suivante: est-il possible d’avoir une « bromance » où on s’aime entre hommes mais où on ne « ressemble pas à des gonzesses quand on le fait » ?
          Là dessus, il y a un flou, apparemment.
          Personnellement, j’ai l’impression que la ridiculisation massive de tous les personnages du clip plus caricaturaux les uns que les autres (cf 2’28 à 2’40: même pour se taper dans les mains, ils prennent trois heures en faisant des sourires niais…) disqualifie de façon générale la « bromance ». En gros, « la bromance n’est en fait rien d’autre qu’une façon débile de légitimer les penchants homosexuels » qu’ont non pas « tous les hommes », mais seulement les hypocrites « pédés refoulés » qui osent adopter ce genre d’attitudes. Le clip fournirait donc une bonne dose d’hétérosexisme à avaler tout rond.

          Cela dit, on peut peut-être aussi interpréter le clip comme la dévalorisation d’un certain type de relation, la « bromance » idéale entre hommes restant en droit toujours possible.

          Mais bon, mis à part cette éventuelle pirouette progressiste probablement permise par l’ambigüité du clip, il me semble que sur l’essentiel du message que nous percevons également tous trois (bromance = homosexualité refoulée = trucs de gonzesses = ridicule et niais chez tous les personnages du clip), ça reste aussi indéniablement fun que réactionnaire…

        • À Liam et Thomas,

          Vous n’aviez jamais pensé qu’ils seraient des homosexuels en colère contre les « Bromance ». Je connais assez bien cette communauté et que plusieurs détestent les hommes efféminés et ils n’aiment pas être ridiculisés, non plus. Les homosexuels aiment la masculinité, en eux et en leur partenaire recherché… en tout cas, je précise ici sur une nuance.

          • Enfin les gays efféminés, et tout à fait confortables, existent aussi, et il n’est pas question de les inférioriser… Dans l’ensemble, ce n’est pas tellement aux que les gays « virils » rejettent, c’est le cliché qui s’est façonné autour d’eux, la double affirmation « tous les gays sont efféminés » / « tous les hommes efféminés sont gays », qui refuse de voir la distinction pourtant essentielle entre identité sexuelle d’une part et orientation sexuelle d’autre part…

            Ceci dit, dans le clip en question, je n’ai pas trouvé les personnages outrancieusement féminisés, s’ils ont quelques attitudes efféminés ça reste léger, quand on sait que le style parodique peut se permettre d’aller très loin dans la représentation caricaturale j’ai donc l’impression, justement, que le clip évite presque ce cliché (où du moins, qu’il n’en fait pas son coeur de cible).

            C’est peut-être parce que ça fait écho à ma propre conception de l’amitié/amour, mais moi je vois surtout dans ce clip une critique de la coneption comme quoi ce qui sépare l’amitié de l’amour, c’est la présence ou pas de dimension sexuelle, et que donc la « bromance » est forcément hypocrite ou ambiguë lorsqu’elle proclame un « amour » non sexuel (et même « surtout pas sexuel »).
            Une « bromance » entre deux hétéros, ou entre un hétéro et un gay, ou même entre deux gays (Dieu merci les hommes gays peuvent tout à fait avoir des amis proches sans qu’il n’y ait de tension sexuelle entre eux) serait donc forcément un mensonge. Un peu comme les fameuses « amitiés fille-garçon », d’ailleurs…

          • (PS : à ceux qui auraient lu mon commentaire sur l’article « Les comédies romantiques américaines sur l’amitié homme/femme : redéfinition ou réaffirmation du couple et de l’Amour ? » et qui trouveraient que je dis, ici, radicalement le contraire de ce que j’avais marqué là-bas, je précise que si ma conception en elle-même n’a pas vraiment changé dans le fond, par contre ma façon de l’exprimer a, elle, effectivement, radicalement évolué.)

          • Bonjour (et désolé de répondre à des commentaires 5 mois plus tard !)

            À dire vrai, je ne suis plus très sûr d’être aussi tranché sur ce clip qu’avant …

            Bon, je continue à avoir l’impression que ce clip se moque d’une attitude de « gay »,
            – c’est-à-dire perçue comme exagérément « efféminée » (pléonasme : un vrai mec est toujours trop « effeminé »)
            – et donc ridicule (parce qu’avoir des traits perçus comme féminins pour un mec, comme la sensibilité ou le fait de se faire des câlins, c’est forcément ridicule).

            Cela dit, peut-être que ce clip peut recevoir une pluralité d’interprétations, pas forcément hétérosexistes d’ailleurs, j’ai peut-être été un peu péremptoire.

            Après, j’ai un peu tendance à me méfier des trucs ambigus, dans la mesure où l’ambivalence d’un propos permet de jouer sur tous les tableaux en même temps :
            – avoir de son côté celleux qui adhèrent au parti-pris dominant (cette vidéo peut faire rire, je pense, celleux qui trouvent, conformément aux blagues habituelles, que gay = « féminin » = ridicule)
            – avoir de son côté celleux qui voient une dénonciation plus ou moins subtile du parti-pris dominant
            – ne pas s’aliéner les personnes qui ne discernent pas trop le message du propos et qui passent juste un bon moment…

            Bref, comme le rire est aussi politique, j’aime bien savoir avec qui je ris, pour quel motif, et en vertu de quels mécanismes. Dans ce clip, je ne sais pas trop, du coup, ça m’a un peu déstabilisé pour cette raison.

            Mais bon, ce n’est que mon impression sur ce sujet …

            Merci de vos remarques intéressantes, en tout cas ! 🙂

  2. Eh bien, merci de m’avoir ouvert les yeux sur ce terrible complot !

    Plus sérieusement, je trouve cet article assez malhonnête, vous interprétez tout et n’importe quoi dans la direction qui vous arrange, et ça en devient un peu ridicule à mon sens.

    J’ai du mal à comprendre une chose par exemple. Vous trouvez que la représentation des hommes dans les films Apatow est si positive ? Les hommes ressortent essentiellement comme des laches, des branleurs, ils sont complètement immatures, fument à longueur de journée… et à côté de ça, représenter les femmes comme des personnes sexuées et sexuellement désirables, c’est sexiste ?

    • Tout d’abord, il semble que vous aimerez plaquer sur mes idées un déterminisme aveugle qui me ferait ramener chaque film à l’idée qu’il y a un « complot » phallohétéro-blanc derrière, et qu’une analyse dite « politique » ne serait que dénonciation du complot en question.
      Une analyse politique ne signifie pas la mise au goulag des films que nous critiquons, mon but n’est pas non plus de me placer en juge suprême de ce genre de film, et dire ce qui est bien et mal mais ils m’intéressent parce qu’ils signent l’apparition de nouvelles formes d’amitié dans le cinéma, comme les comédies Sex Friends et Sexe entre amis avaient pu m’intéresser parce qu’elles montraient de nouvelles formes de relation affective.

      Une analyse politique n’est pas un « calque » que j’appliquerais sur chaque film pour lui imposer ce que j’ai envie de lui faire dire. Les films ont déjà un sens politique et social concret, j’essaie juste de le mettre en lumière! Vous qualifiez mon travail de « malhonnête » parce que vous semblez refuser l’idée que toute production est « située »: dans une société, dans une culture. Chaque film est chargé de valeurs, je me suis seulement proposé de réfléchir sur celles-ci car pour le coup, c’étaient elles qui étaient malhonnêtes : elles nous proposent les mêmes et éternels rôles essentialistes pour les hommes et pour les femmes alors qu’elles se présentent comme progressistes. Cela dit, je n’ai pas l’impression d’avoir été « ridicule » dans mes intentions et dans mes arguments. Ceux-ci ne sont pas tombés du ciel mais sont ma perception de l’encodage des films, de ce qui était, à mon avis, déjà dans les films!

      Pour ce qui est plus concrètement le contenu, je ne crois pas avoir jamais valorisé la Bromance type des films d’Apatow. Si j’ai pu souligner son aspect « positif », c’est seulement en comparaison des womances. En effet, les bromances montrent une amitié beaucoup plus fortes entres les personnes que les womances qui ne montrent pas de réelles cohésions amicales. Je crois avoir déjà précisé que cet aspect « positif » des bromances ne les sauve pas politiquement et ne les rend pas supérieures car l’amitié des bro se base sur l’exclusion des femmes du groupe et sur des comportements virils exagérés pour prouver l’appartenance au groupe: type soirée de débauche dont les photos de la fin de Very Bad Trip sont le modèle.
      Malheureusement, le modèle dominant est le papatriarcat, et les hommes sont toujours mieux côtés que les femmes. Ainsi, même s’ils glandent, qu’ils sont stupides, etc., ils auront toujours des aspects positifs que les femmes n’ont pas. Ils sont par exemple drôle: ils sont à eux seuls le ressort comique du film, là où les femmes ne sont que des rabats-joie et des obstacles narratifs. Dans Ted (2012), c’est assez flagrant, le personnage féminin est une entrave à l’amitié des bro, c’est son seul rôle narratif.
      C’est donc dans leur rôle au sein du film que les hommes sont jugés plus « positifs » et encore une fois vous pouvez voir que je ne tire pas du film ce que je veux y voir mais que je ne fais que relever ce que je pense être son encodage!
      Pour finir, je précise que ce qui est sexiste dans ce type de film, c’est de ne représenter les femmes que comme des objets de désirs, et ne leur donner comme relief que leur histoire de coeur. Quand une femme dans un film n’a la parole que pour parler de son mec, ben oui, moi je trouve ça mochemment sexiste.

    • Il me semble que ce n’est pas ici l’image des hommes telle que véhiculée par ce genre de films qui est critiquée, mais l’image de leur relation, honnête, virile, pure, liguée contre le monde entier et les « pisseuses » en particulier… De même la manière dont ils apparaissent, si elle n’est pas positive au sens strict, est généralement acceptée sans question, alors qu’il est impossible d’imaginer qu’une femme ait ce comportement sans qu’une cause spécifique en soit à l’origine. En résumé, comme l’a expliqué l’auteur, il n’est pas pensable qu’une femme fasse le choix de mener sa vie comme elle le veut, elle ne peut pas décider d’être une loque dépravée qui déconne toute la journée, non, il faut que ça découle d’une raison indépendante de sa volonté, parce que pour une femme c’est malsain. Alors que les hommes sont libres d’être aussi beaufs qu’ils en ont envie, on ne se pose pas de question. La femme est ici enfermée encore une fois dans une case qui délimite ce qu’elle peut choisir d’être, alors que l’homme est systématiquement responsable de ce qu’il est, puisque rien ne se fait en dépit de sa toute-puissante volonté, bla bla bla. C’est du moins ainsi que je l’ai compris.

  3. Une phrase dans votre article me choque particulièrement. « Elle bat aussi son mari, ce qui s’avère le plus choquant car cela fait de la violence conjugale quelque chose que les femmes infligent aux hommes et non le contraire. »
    Peut-être est-ce moi qui comprend mal, mais cette phrase laisse entendre que seules les femmes sont victimes de violences conjugales… Vous avez vu jouer ça où ? Les hommes victimes de violences existent aussi, simplement on en parle moins. Le film n’a pas pour ambition de nier les violences subies par les femmes, il souligne que les hommes en sont aussi victimes.
    Encore une fois peut-être ai-je mal compris.
    Un autre point, vous semblez choqué(e)s qu’un groupe d’amis se réunissent sans femmes, ou vice-versa. Personnellement je suis une femme à qui il arrive fréquemment de me retrouver en groupe uniquement entre femmes, par choix, principalement pour des activités qui n’intéresseraient pas les hommes que nous connaissons (je ne dis pas qu’aucun homme n’aime le shopping, par exemple, mais j’attends encore d’en rencontrer un qui aime ça) je ne vois donc pas en quoi c’est choquant.

    • Vous avez raison ma formulation est maladroite et j’entends très bien votre remarque.En effet, je ne nie absolument pas l’existence de telles violences, je souhaitais seulement discuter de la pertinence du film à parler de ces choses. Car pour le coup, le film me semblait un peu se moquer des violences conjugales vu que le personnage qui se fait battre par sa femme est toujours défini comme pas assez « viril », donc présentement ça me semble minimiser la réalité des violences conjugales en rigolant des types qui se font dominer dans le couple. Hypothèse pouvant se renforcer quand à la fin il humilie sa nana, montrant par là que ben si tu es battu, c’est parce que tu l’ouvres pas assez!
      Alors je trouve ça toujours super de parler de ce genre choses dans des films pop, mais là j’ai l’impression que c’est pas vraiment progressiste et que le film ne propose pas de briser un tabou, ni de parler de la difficulté d’un homme à porter plainte et à parler de sa situation à cause de la « honte » qu’il pourrait ressentir car il ne correspond pas à l’image de virilité qu’on lui propose.

      Après, quand j’ai écris ça, je pense aussi que j’étais agacée que le film parle de ça alors qu’il y a en général bien plus de femmes battues que d’hommes, je vous concède que ça ne prouve pas tout, car les chiffres que nous possédons sont ceux où les victimes ont portées plainte et que peut-être les hommes ne portent pas plainte à cause de la pression que peut engendrer une chose de la sorte au yeux de la société, quant à l’image de virilité intériorisée etc…. De plus, les études à ce sujet semblent montrer que les hommes battus le sont aussi dans le cadre d’une relation violente, où les deux parties se battent également. (si quelqu’unE veut m’envoyer le lien d’une étude, je serais ravie, car j’en ai lu quelques unes mais je voulais trouver un papier complet)

      Je précise tout ces chiffres car c’est aussi typiquement l’argument masculiniste et anti-féministe de rapporter au sujet du viol et de la violence conjugales le fait que les hommes sont aussi battus et aussi violés. Ils semblent ne pas supporter que les femmes soient victimes et eux des bourreaux, alors ils avancent que les chiffres sont gonflés et qu’il y a plein d’hommes qui n’osent pas porter plainte, ou qu’ils subissent une pression psychologique de la part de leur femme qui ne peut se quantifier. Ce sont là des discours tout à fait dangereux, car en mettant sur le même plan les violences faites aux femmes et aux hommes, on minimise les premières et on fait des victimes des bourreaux en puissance. Bien sur qu’une femme peut être violente, je ne suis pas essentialiste à penser qu’elle est un être doux ne sortant jamais de ses gonds pourtant, dire que les violences conjugales sont de façon égale le fait d’hommes et de femmes, ben j’ai l’impression que ça oublie l’inégalité des rapports sociaux de sexes, c’est à dire qu’un sexe domine un autre, comme si on relativisait la domination masculine qui est pourtant primo-structurante!

      « Quoiqu’en pensent les masculinistes, il faut admettre qu’il existe un rapport de
      force asymétrique dans les rapports sociaux de sexe et qu’on retrouve bien cette
      asymétrie dans les relations amoureuses et dans le couple. Or, avec leurs théories
      psychologisantes, les masculinistes entretiennent intentionnellement la confusion
      entre « conflit » et « domination violente ». Il faut rappeler que le conflit suppose une
      réciprocité alors que la domination s’exerce dans un seul sens et vise à assujettir
      l’autre. »

      C’est un extrait de la brochure « contre le masculiniste » ( http://lgbti.un-e.org/spip.php?rubrique37). Il y a aussi le livre de Patrizia Romito, Un silence de mortes, qui a l’air tout a fait intéressant!

      Vous avez raison, il n’y a rien de choquant dans l’idée de rester entre femmes ou entre hommes, j’ai peut-être eu une formule maladroite montrant une certaine condescendance à l’égard de ces réunions, je m’en excuse car en effet il ne s’agit de critiquer la non-mixité dans les films et dans la vie!
      J’ai souligné que ça me posait problème dans les films cités car il s’agissant de non-mixité supposant une répartition des sexes où chaque groupes a ses propres caractéristiques. Pourquoi en effet, faudrait-il que les hommes se retrouvant entre eux doivent forcément causer alcool et putes et quand les femmes se retrouvent entre elles causent problèmes sentimentaux, hommes, mariages…
      Vous allez me dire, « c’est le sujet des films », je vous répond, oui tout à fait, mais la réalité est en général bien différente et des filles entre elles peuvent avoir mille autres sujets de conversations, il est juste lassant de voir que ce type de films ferment les barrières et ne sélectionnent que ce qu’ils ont envie de montrer! c’est aussi pour cela que je trouve le film Mes Meilleures Amies intéressant, car Annie a des problèmes qui ne concernent pas seulement sa vie de couple.

  4. Je pense qu’il faudrait considérer un autre terme pour le pendant féminin de la bromance : la sistaffection.

    Par ailleurs ce n’est pas forcément une notion qui concerne uniquement le groupe. Au contraire, je pense que la où la bromance est le mieux révélée, c’est à deux, par exemple dans la fin de Supergrave qui contient une vraie ambiguité sexuelle. Pour la sistaffection il faudrait aussi considérer les films centrés sur une amitié féminine à deux plutôt qu’en groupe. A ce titre un film comme Thelma et Louise est assez fondateur. En France on peut récemment penser à Tout ce qui brille. J’ai aussi vu un film Italien à Venise en septembre dernier (Acciaio de Stefano Mordini) qui reposait sur cette amitié réelle teinté d’une légère ambiguité sexuelle qui définit assez bien la sistaffection et donc la bromance. C’est en revanche effectivement un champ qui semble encore assez peu exploré par la comédie américaine…

    • Dans un registre plus geeky et moins culturel on a l’inénarrable bromance de James Kirk et Spock dans le Star Trek original, qui était évidente – malgré la propension de Kirk à compenser en se tapant tout ce qui bouge – mais pudiquement jamais vraiment mise en valeur, et que J.J Abrams malgré tous ses défauts que je ne nie absolument pas, a eu l’esprit de révéler au grand jour sans la moindre ambiguité dans son dernier volet ; ce que j’ai trouvé, personnellement, savoureux, de bon goût et parfaitement honnête, et même si je ne craignais d’être un peu pompeuse, libérateur après presque cinquante ans de refoulement et de dénégation…

  5. Ton dernier essai, Fanny, à propos d’une occultation de la violence faite aux femmes est très bien et très vrai. Il faut faire attention aux psychiatres et aux journalistes (masculins surtout)… à ce qu’ils avancent… souvent.

    Il y a lavage de cerveau envers toutes et tous par tous et toutes à propos d’une pousser vers une vie de couple hétérosexuelle ou très récemment homosexuelle, c’est une spirale infernal. C’est évident, Fanny.

    Je n’expliquerai pas pour les « gars » ici. Je devrais dessiner et je suis ici entrain de vous lire. Je vais donner quelques de mes observations chez les filles ici…

    J’ai écrit en ces critiques qu’il y avait beaucoup de mépris contre les filles de la part des illustratrices et aussi de la parts de leurs personnages féminins (et parfois masculins) en les « Shojo », bande-dessinée japonaise pour filles. Et ceci est un fait assez récent. C’est aussi peut-être une raison qu’il y a moins de filles japonaises qui lisent des « Shojo » aujourd’hui d’après l’auteur de « Five ».

    Il y a eu une dizaine d’année de cela, un groupe de fille ont battu à mort une autre fille. J’omets son nom et l’endroit.

    Et il y a trois années, une fille avait incité son petit ami sous menace de ne plus baiser avec lui d’aller assassiner une autre fille parce qu’elle détestait simplement… l’image de cette fille.

    J’ai travaillé beaucoup avec des filles et… hum, il y a dépression en elles.

    Ceux-ci ci-dessus sont à y réfléchir.

    Les caucasiens mâles blancs peuvent parfois me faire rire… jaune…

    … En le film de « Résident Evil » IV, les réalisateurs ont décidé de placer un personnage masculin qui serait la victime « féminine » et que les deux filles seraient des « machos » avec leur pantalon jeans serré noir. La victime féminine du film est un petit orientaux de l’extrême Est. Jamais les blancs ne mettraient un homme blanc comme « victime féminin » (ça, il faut que je le mentionne). Tous les personnages mâles blancs sont morts en tuant des centaines de zombie. Les deux héroïnes s’en sortent avec bravoure.

    Par contre en le film « Mortal Combat » ou « Street fighter », il y avait le personnage « Camy » qui brisa le cou d’un « gros bras » entre ses cuisses… dénudées.

    En tout cas, j’ai bien rit avec « larmes aux yeux » en lisant… le synopsis de « Bro ».

  6. J’ai lu une analyse très intéressante du discours raciste transphobe décomplexé qu’on peut trouver dans le film « Triple Alliance » sorti en 2014 et qui a un peu un schéma de womance.
    ICI => http://paigepalmer.neowp.fr/2015/04/18/triple-alliance-ou-le-discours-raciste-transphobe-decomplexe/

    Par ailleurs, il est intéressant de noter que ce film est considéré par beaucoup comme une comédie féministe, alors que quand on regarde bien (en fait même pas, ça saute aux yeux), ce n’est pas le cas puisqu’il reproduit un très grand nombre de clichés sexistes ET qu’il ne remplit pas le test Bechdel (notamment sur le troisième point : « elles parlent d’autre chose que d’un personnage masculin »).

    Alors il y a effectivement certains messages très positifs dans le film qui font plaisir :

    – la fin des trois héroïnes ;
    – le fait que les femmes s’entraident au lieu de se tirer dans les pattes ;
    – la façon dont le personnage masculin principal paie à la fin tout ce qu’il a fait et qui est entièrement, complètement et uniquement les conséquences de ses proches agissements (établir les documents falsifiés au nom de sa femme, tromper sa femme et ses maîtresses, crises de colère amenant à se casser la figure sur une vitre, etc…)

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