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Débat : Spike Lee et le nouveau film de Tarantino

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Le but ici est de lancer une éventuelle discussion à partir des quelques phrases de Spike Lee concernant le dernier film de Tarantino, Django Unchained.

 

Je cite :

[Alors que le journaliste interroge Spike Lee sur Django Unchained]

« Je ne peux pas en parler car je n’irai pas le voir. Je ne le verrai pas. »

« Tout ce que je vais dire est que ce serait manquer de respect à mes ancêtres que d’aller voir ce film. »

« C’est tout ce que je vais dire. Je ne peux pas manquer de respect à mes ancêtres. Je ne peux pas. Après c’est mon opinion, je ne parle qu’en mon nom. »

(‘I can’t speak on it because I’m not gonna see it. I’m not seeing it.’

‘I think for me all I’m going to say is it would be disrespectful to my ancestors to see that film.

‘That’s the only thing I’m going to say. I can’t disrespect my ancestors – I can’t do it. Now that’s me I’m not speaking on behalf of anybody but myself.’)

 Spike Lee dans une interview donnée au site internet VIBE

(http://www.vibe.com/article/spike-lee-slams-django-unchained-im-not-gonna-see-it)

 

« L’esclavage américain n’était pas un western spaghetti de Sergio Leone. C’était un holocauste. Mes ancêtres sont des esclaves. Volés à l’Afrique. Je les honorerais. »

(« American Slavery Was Not A Sergio Leone Spaghetti Western.It Was A Holocaust.My Ancestors Are Slaves.Stolen From Africa.I Will Honor Them. »)

Spike Lee le 22 décembre sur son compte Twitter

 

Qu’en pensez-vous ?

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30 réponses à Débat : Spike Lee et le nouveau film de Tarantino

  1. Bonjour,
    je dois dire que j’ai du mal à voir ce qui choque Spike Lee, n’ayant pas vu le film de Tarantino.
    Que Tarantino fasse un film « léger » dont le fond historique est l’esclavage ?
    Alors que cela pourrait être bien vu car les noirs ont été évacué des westerns, et ont été réduit au rôle de sous-fifre. Généralement ancien esclave soumis à son propriétaire et à des clichés comme Hattie McDaniel. Alors que les cow-boys étaient réalités majoritairement des noirs ou des mexicains au cinéma ils sont tous WASP.

    Un traitement plus sérieux comme dans « Amistad » et le futur « Lincoln », serait plus respectueux selon lui peut être ?
    Que ce soit Tarantino qui le fasse le dérange, n’est pas étonnant car les 2 hommes ont eu une sorte de différent sur ce thème je crois. http://fr.wikipedia.org/wiki/Spike_Lee.
    Tarantino aurait répondu qu’il connaissait plus de noirs et que c’est comme ça qu’ils parlaient en vrai dans la vie.

    Le fait que tous les derniers films de Tarantino soit tous au 2nd degré et qu’il donne l’impression de ne rien prendre au sérieux à de quoi l’énerver aussi, vu que ça touche à un sujet qui lui est cher.

    Après n’étant ni noir, ni américain, c’est un sujet qui me touche moins personnellement vu que je ne vis pas les discriminations au quotidien.
    Nous verrons bien comment cela évolue…
    Bonne nuit.

    • Bonjour,

      Personnellement je pense qu’effectivement ce qui choque Spike Lee est le traitement léger du film, puisqu’il le compare au westerns spaghetti qui sont des films de divertissement. Quitte a lancer une polémique, il aurait au moins pu exprimer clairement et argumenter sa position.

      La question est a-t-on le droit de faire un film léger avec des évènements graves ? Pour ma part je ne me rappelle pas d’une levée de bouclier lorsqu’ Indiana Jones a croisé des nazis.

      D’ailleurs Inglorious Bastards était un film « léger » sur le nazisme.

      Après un film qui parle de manière sérieuse du racisme ou de l’esclavage n’est pas forcément génial : un film qui parle de manière sérieuse du racisme c’est « La couleur des sentiments », sauf que dans ce film c’est une femme blanche qui prend l’initiative.

      http://politicsandfashionblog.com/2012/01/26/the-help-white-people-solve-racism/

      On traite le racisme comme un sujet sérieux mais avec condescendance.

      Pour moi, donner des rôles principaux qui ne soient pas stéréotypés a des acteurs noirs c’est déjà une forme de lutte contre le racisme.

      Effectivement Spike Lee avait déjà taclé Tarantino sur sont utilisation du mot « Niger » « nègre » dans Jackie Brown. Ce mot est très choquant au Etats-Unis…

      • La comparaison avec le nazisme ne tient pas vraiment, selon moi, puisque des films sur le nazisme, ou des documentaires, il y en a des palettes entières. Des films sérieux sur l’esclavage des noirs ? Si peu. C’est donc à prendre en compte dans le jugement de Spike Lee. Il me semble que c’était une critique faite en France, à propos de la sortie de la comédie sur l’esclavagisme des noirs. Je ne me souviens plus du nom…

      • Mouais le spaghetti, genre pas sérieux… C’est un peu court quand même.
        Leone a réinventé le western et pourtant ses films contiennent leur dose de sérieux, de réflexion et de révisionnisme (dans le sens où il fait une révision du western et au lieu de montrer les gentils cow-boys blancs contre d’autres méchants nous donne à voir des personnages ni bons, ni mauvais ou chez qui la bonté côtoie la noirceur). Il était une fois dans l’Ouest est par exemple bien plus sérieux que n’importe quel Tarantino.

  2. Moi qui suis noir, d’une part, et américain (en tous cas sur le papier), d’autre part, je me sens de fait invité à dire un petit mot sur cette question. Notons tout d’abord que cette affaire a assez peu à voir avec le cinéma mais beaucoup avec la politique. En tous cas pour ce qu’elle suscite dans ma tête.

    Il est fort regrettable que le fait de soutenir une telle thèse doive me faire emboiter le pas à des individus aussi peu estimables que Petré-Grenouilleau, mais l’honnêteté intellectuelle force à remarquer que l’argumentaire de Spike Lee se fonde sur base erronée : la traite n’a rien à voir avec un holocauste. C’est une déshumanisation qui avait pour but le recrutement de main d’oeuvre, qui fut surexploitée pour le profit, et nullement l’éradication d’une population. Bien sûr, il faut l’esprit d’un salaud pour aller s’imaginer qu’un esclavage de ce genre serait un crime de moindre degré qu’une purification ethnique. Dans les deux cas, des rationalités racistes sont à l’oeuvre, simplement, elles ne servent pas le même objectif, ni n’interviennent au même moment. Mais Lee fait ici montre de cet esprit de salaud. Il s’imagine que pour rendre la traite détestable, il faut la faire passer pour un holocauste.

    Il y a eu il y a quelques années des débats autour de ce qu’on a appelé l’industrie de l’holocauste. On parlait de la Shoah. Je crains que ce que souhaite maintenir Lee, c’est l’hégémonie d’une industrie de ce genre concernant l’esclavage. La rigueur obligée des représentations morbides, une déférence religieuse à un passé fétichisé et surtout mis au service d’une sorte d’aristocratie de la souffrance qui peut se réclamer de la condition de ses ancêtres pour prétendre à une parole de vérité. C’est ce que voudrait Spike Lee. Il faut faire attention à cela : on ne parle pas de vécus racialisés actuels, effectivement éprouvés par les Noirs d’aujourd’hui et quant auxquels Lee est sans doute un porte parole éminemment légitime. Je parle de cette idée selon laquelle les vécus génocidaires ou traumatiques se transmettrait par le sang et donneraient à leurs héritiers, quelques génération plus tard, une supériorité quasi génétique.

    Les Noirs d’aujourd’hui sont les victimes du racisme d’aujourd’hui, qui hérite incontestablement de vieux atavismes, de représentations sédimentées dans la culture politique comme populaire. Mais cela force bien à soutenir que ce ne sont pas les Noirs qui héritent de l’ « esclavagité » de leurs ancêtres ! C’est pour cela que les propos de Lee ne suscitent chez moi aucune sympathie, et ce indépendamment du contenu du nouveau Tarantino que je n’ai pas vu. Il a en tous cas de grandes chances d’être bien moins raciste en 2 heures de temps que Spike Lee en 2 lignes de texte.

    • Coucou,

      Alors sans aller jusqu’à être d’accord avec Spike Lee, je voulais juste vous poser quelques questions sur des trucs que je n’ai peut-être pas bien compris dans votre post.

      La première chose, qui est peut-être un détail, c’est quand vous parlez de « déférence religieuse à un passé fétichisé ». Vous faites référence à quelle partie de ce qu’il dit?

      La deuxième chose, c’est est-ce que vous dites dans votre dernier paragraphe que la situation des noirs en Amérique aujourd’hui ne trouve aucune explication (ou alors très peu d’explications) dans le passé esclavagiste des États-Unis?

      Parce que sans être un système esclavagiste (l’esclavage a été officiellement aboli en 1865), on peut argumenter que les noirs n’ont que obtenu « l’égalité de droit » en 1965, c’est à dire il n’y a même pas 50 ans.
      Je vais faire un parallèle possiblement foireux, mais lorsque l’on connait l’énormité des répercutions (économiques, géographiques, sociologiques, psychologiques…) de par exemple la colonisation de l’Afrique, j’aurais du mal (et j’ai du mal) avec les gens (comme par exemple l’ex Premier Ministre Britannique Gordon Brown) qui disent « Bon bin ça y est l’Afrique a été décolonisée alors si jamais c’est la merde là-bas c’est de leur faute ».*
      C’est peut-être un truc similaire que cherche à dire Spike Lee ici? Que, en gros, c’est pas parce qu’il y a un discours dominant qui dit que l’esclavage c’est dans le passé et qu’il faut passer à autre chose qu’il faut oublier les conséquences bien réelles et encore présentes aujourd’hui de cet esclavage.
      Je prends un autre exemple, et encore une fois je prête ptet un sens aux mots de Spike Lee (dont je suis moyennement fan par ailleurs) qu’ils n’avaient pas du tout à la base.
      En 2003, Haïti a demandé des réparations à l’État Français à hauteur de 21 milliard de dollars US, ce qui était l’équivalent aujourd’hui des 90 million de Francs Dorés que la France a forcé Haïti à payer lorsque Haïti est devenu le premier État noir libre et indépendant de l’hémisphère (et ça c’est sans prendre en compte tout ce qui a été pillé et volé à Haïti avant).
      Beaucoup d’historiens sont d’accord pour dire que l’exaction de cette somme incroyable a joué un rôle considérable dans la décente du pays dans la pauvreté et le sous-développement dans lequel il est resté pendant de très nombreuses années et qui est également une des raisons pour laquelle elle est devenu une colonie économique des États-Unis.
      Bon je vais passer vite fait sur le fait qu’à ma connaissance le presse française a très peu relayé cette info (capitale à mon avis) à l’époque ou depuis, et je me focaliserai juste sur le fait que ce genre d’oppression massive (dont sont coupables TOUS LES ÉTATS puissants à un moment ou un autre) à des conséquences qui durent très très longtemps.

      Je sais pas si je suis clair?

      Et ptet que vous vouliez pas dire ça du tout et je vous ai mal compris aussi 🙂

      Bon, tout ça étant dit, je pense comprendre ce que vous voulez dire sur le racisme de Spike Lee ici, et je pense que ce que vous dites sur le sujet est intéressant et je vois les dangers que vous pointez (pas juste dans les mots de Spike Lee mais aussi de façon plus large).

      *Pour la petite histoire, Gordon Brown (parti travailliste…la bonne blague) est même allé jusqu’à dire « Le temps où le Royaume-Uni devait avoir honte de son passé colonial est révolu ». Il était assis sur une chaise dans le British Museum à ce moment-là, entouré d’artefacts, d’objets d’art et de richesses « issus » du « passé colonial » du Royaume-Uni, autrement dit volés et pillés à des dizaines et des centaines de peuples, pendant des centaines d’années.

      • Bonsoir Liam,

        Tout ce que je voulais, c’est d’une certaine façon être fidèle à une phrase de Frantz Fanon qui dit « je ne suis pas esclave de l’esclavage ». Je crois que Lee est un esclave de l’esclavage dans ce sens là. Quand je parlais d’un passé fétichisé, je faisais référence à la tartine sur les ancêtres et le respect qui leur était dû. Une référence au passé qui interdit de regarder le présent, non pas comme le monde merveilleux de Gordon Brown, mais comme un nouveau monde de l’exploitation où le racisme a changé de visage. Ce discours, a mon sens, le mène sur une mauvaise voie pour impulser l’émancipation des siens. On est sur un site de cinéma, après tout, et je peux me permettre d’évoquer Bamboozled. C’est un film intéressant, mais à mon avis il exemplifie l’erreur que fait Lee ici. C’est un film sur la blackface qui n’explique pas grand chose sur la blackface, puisqu’il l’utilise pour parler de la condition des Noirs dans les USA d’aujourd’hui; mais faisant cela, il décrit une situation qui n’existe pas. Et en convoquant cette référence à la blackface, un symbole bien trop surchargé, il parasite son propos. Il mélange tout. Au final, tout cela ne nous apprend pas grand chose sur le passé, pas grand chose sur le présent, mais surement beaucoup sur Spike Lee et sur une certaine politique identitaire noire qui hérite de Marcus Garvey. Je ne m’inscrit pas dans cet héritage là, mais je le comprends un peu, et j’essaie de le comprendre mieux.

        Par rapport à votre seconde question. Je ne nie ni les faits que vous rapportez, ni le sens que vous leur donnez. Mais, si Kwame Nkrumah a inventé la notion de néocolonialisme et l’a décrite, c’est parce que le colonialisme était terminé. Bien sûr, aujourd’hui, certains comme Brown utilisent ce fait pour nier l’existence du néocolonialisme. Mais nous sommes sans doute d’accord pour dire que la fin du colonialisme explique la naissance du néocolonialisme, et non la fin de l’exploitation.

        Bon, au final, je me suis éloigné du sujet, et j’ai le sentiment que c’était surtout pour expliquer en quoi nous étions d’accord. Pour revenir à la lettre des citations, c’est surtout le tweet qui m’a frappé. Une mystique très kitsch de l’Afrique et des Ancêtres… Spike Lee se fait la voix des morts, c’est ce qui me semble scandaleux. Il n’a pas le droit de décider ce qu’on peut faire ou ne pas faire avec l’image des esclaves, et surtout ce que les morts auraient approuvés ou pas. Il ne peut pas dire « je ne vais pas voir le film – mais peu importe, c’est en mon nom propre, ne faites pas attention – parce que mes ancêtres qui étaient des esclaves (bien sûr représentatifs de tous les esclaves) n’auraient pas aimés un tel film ». On ne convoque pas, en son propre nom, tout un peuple pour pourrir un film.

        • Coucou!

          Oui je vois tout à fait ce que vous voulez dire dans votre dernier paragraphe, je n’arrivais pas trop à formuler en quoi le tweet me gênait aussi et je pense être d’accord avec ce que vous dites dessus, et je n’avais pas vraiment remarqué la contradiction que vous pointez à la fin, et en y réfléchissant c’est vrai que c’est pas jojo du tout son truc :-). En plus j’ai l’impression que c’est dommage, parce qu’il aurait ptet pu amorcer une discussion sur à quel point l’entertainement business aux Etats-Unis (comme ailleurs a priori) est dominé par des hommes blancs et comment cela influe fortement sur les représentations qui en sortent. Mais vu la façon dont il formule le problème, je pense que je suis d’accord avec vous, il reproduit un schéma extrêmement douteux.
          Et du coup il me semble fort peu probable qu’il avait eu en tête le genre de truc que j’ai mis dans mon post. Car en effet on est tout à fait d’accord pour dire que le néo-colonialisme ne signifie en rien la fin de l’exploitation, et qu’il s’appuie sur des états de faits hérité du colonialisme et de l’esclavage. Mais ça il faut le formuler de façon cohérente et un minimum approfondie, ce que Spike Lee ne fait pas.
          Et d’ailleurs, comme vous le dites très bien, son rapport au passé interdit en quelque sorte un regard constructif sur le présent.

          Je ne peux pas parler de Bamboozled, n’ayant pas vu le film.

          Bon en tout cas merci beaucoup pour cet échange, vous m’avez aidé à voir en bien plus clair en quoi ce genre de discours est foireux et ré-active des schémas essentialistes.

  3. Pour le dernier Américain noir sur le papier lool Je doute fort que vous soyez Amécicain et noir, tout simplement parce que votre intervention porte à croire que vous maitrisez la langue française . Cela veut dire que vous avez fait des hautes études, dans ce cas si vous étiez vraiment ce que vous prétendez être, vous auriez dit <> et ainsi éviter cette tautologie sans sens lool

    Maintenant sur le film, je crois que Spike Lee a raison. Faut pas déconner tout de même. Est-ce que vous voyez un Noir ou plus précisément un Africain Américain faire un film « yassa poulet  » sur l’holocauste ? Il faut quelque fois éviter la mauvaise foi et surtout l’aliénation à outrance (pour les Noirs) . J’irai voir le film mais je sais que Spike Lee a raison, faut pas déconner tout de même. On est où là

    Pour finir, ici en france on a récemment vu deux zouaves humoristes Noirs vendus jusqu’à la moelle épinière lool, faire un soi disant film d’humour sur l’esclave des Noirs, et vous savez quoi? des Nègres de service ont applaudi ce torchon. L’heure n’est plus à la rigolade insultante. Voilà la vérité

    • Merci pour ce commentaire,
      honte aux marionnettes médiatiques que sont Thomas Njigol et Fabricé Eboué,
      qui sous couvert d’humour insulte,caricature,griment l’histoire de la traite négrière.
      en même temps la bêtise, la traîtrise existe partout, aussi bien chez les Noirs et sont pour moi la seule explication à ces deux pantins.

  4. Bonjour,

    Veuillez excuser les fautes d’orthographe que vous ne manquerez pas de trouver.

    Ce film je l’ai vu, et j’ai estimez que c’est un bon divertissement.

    Ce qui m’a marqué:

    -Le seul blanc à peu près gentil, est un allemand. A tel point que je me sentirais insulté si j’étais américain. On voit beaucoup de riche blanc, ou au contraire du « white trash »

    -Le personnage du vieil intendant peut paraitre choquant, mais cela a bien dût exister. Je ne voit rien de choquant à l’usage qui en est fait.

    -Léonardo di caprio joue le rôle d’un propriétaire qui se repaît de combat d’esclave. Clairement un « méchant », passez moi l’expression, pourtant le perso n’est pas antipathique de bout en bout. Adepte de phrénologie, cet individu tient un étrange discoure, comme quoi des noirs comme Django, il y en a un sur 10 000. Mais qu’il y en aura de plus en plus dans l’avenir. Lorsque notre Léo se découvre escroqué, il réagit violemment, et revêt totalement le manteau du méchant (comme je l’ai dit, il était plus trouble auparavant. Un méchant sympathique en quelque sorte) Il change alors totalement de discoure, et affirme avec force que si l’on découpait le crâne de Django, on trouverais les bosses de la soumission.

    C’est étonnant, car je ne sait que faire de sa première affirmation. Est ce un sous entendu que les noir ont besoin d’une éducation qu’ils n’ont pas encore pour sortir de leur condition ?

    Il est vrais que les noirs sont bien souvent présenté comme des gens simple, souvent simplet, et les plus intelligents d’entre eux apparaissent comme dangereusement proche des blancs.

    Exception faite de Django, qui est éduqué petit à petit par notre allemand, et de sa femme, qui est présenté comme une « négresse qui parle allemand » donc qui bénéficie d’une éducation rare.

    • Bonsoir,
      En ce qui concerne votre question sur la théorie de Candie selon laquelle il n’existe « qu’un nègre sur 10000 » à être comme Django, j’ai l’impression personnellement que cela renvoie à une conception raciste-évolutionniste. Il dit en effet que les nègres capables d’atteindre un « niveau supérieur » seront de plus en plus fréquents avec le temps. Et comme il appuie ses théories de considérations anatomiques typiques d’un discours évolutionniste, je me dis que c’est peut-être de ça dont il est question. Mais je ne sais pas trop, l’idée n’est pas trop développée et sert plus de prétexte à Candie pour sortir la scie et le marteau !

      Ce qui me gène surtout là-dedans, c’est la réappropriation par Django de cette théorie. Je n’ai rien en soi contre le fait qu’un dominé se réapproprie en la détournant une théorie ou un vocabulaire de dominant, mais j’ai l’impression qu’ici, le film ne questionne pas cette théorie jusqu’au bout. En effet, Django est bien pour le film un être exceptionnel au-dessus de la masse des autres noirs. Le film reconduit donc (sans vraiment s’en rendre compte)l’idée d’une opposition entre le noir supérieur et la masse des noirs inférieurs.
      J’explique peut-être un peu mieux ce que je veux dire ici sur le site : http://www.lecinemaestpolitique.fr/quelques-reflexions-sur-django-unchained/

      • Malheureusement, non, cela ne sert pas à Di Caprio de prétexte pour sortir son marteau:

        -Cette théorie du « 1 sur 10 000 » est exposé alors qu’il est calme, presque amical de fait.

        -Lorsqu’il « pète un plomb » il devient clairement antagonistes aux héros. Et justement, il balaye cette théorie, et l’annonce comme fausse. Le marteau, il le brandit pour prouver la fausseté de cette théorie.

        Le résultat: si on se laisse porter par le film, cette théorie devient « sympathique ». Je la rappelle: il y a un noir sur 10 000 qui n’est pas soumis, et il y en auras de plus en plus.

        Autant je n’y voit pas d’inconvénient s’il est question d’éducation. Autant cela me pose un problème s’il n’est question que d’un évolutionnisme pseudo-scientifique.

        A mon sens: affirmer que la population noir de l’époque est handicapé par un manque d’éducation me semble plutôt juste. Ils ne doivent pas cette ignorance par une infériorité quelconque, mais bien par un travail effectué par des blancs. Je base cette idée sur le roman « Raçine » qui raconte l’acculturation d’une première génération. On voit d’ailleurs ce travail d’acculturation dans « Django, Unchained » avec les noms des esclaves, D’Arthagnan et Esquimaux Joe qui sont baptisé selon des lubies, comme des chiens.

        Comme je l’ai déjà dit: les noirs éduqués sont dangereusement proche des blancs (tous méchant)dans le film qui nous intéresse.

    • di Caprio pète un câble parce qu’il se fait arnaquer comme tout le monde le ferait. Il ne devient jamais méchant puisqu’il veut vendre la femme noire contre l’argent avec deux choses importantes dans la règle des vendeurs :
      1 – écrire un document notaire avec deux signatures
      2 – se serrer la main parce que dans la tradition c’est comme ça et ça a de la valeur à ses yeux.
      di Caprio (Candi je crois) n’est jamais méchant il remplit parfaitement les conditions de l’homme blanc de cette époque avec une honnêteté de négociant comme ne l’a pas les deux autres protagonistes que l’on veut nous faire croire gentils. Ils passent leur temps à tuer et parfois avec torture sans aucune forme de procès que celui de la vengeance (la fin justifie les moyens autres discours de justification des blockbusters américain largement étalé et accepté par tout le monde grâce à la série 24h chrono) et ils cherchent malhonnêtement à escroquer un propriétaire ? C’est scandaleux.

  5. Il est évident que ce film a été fait pour mettre encore une fois en valeur Christoph Waltz, persone d’autre. On n’a pas besoin de voir le film. La moindre image dudit film suffit.

  6. Bonsoir!

    1) Je partage les avis de Liam et de Norman, développés plus haut:

    -dire que « par principe », une fiction traitant d’un sujet considéré comme grave ne peut être qu’une nullité
    -et penser que « par principe » toujours, ceux qui ont le devoir de réaliser les documentaires sur ces sujets en question doivent appartenir à telle catégorie de la population (ici, les films sur l’esclavagisme ne pourraient être réalisés que par des noirs respectueux de leurs ancêtres comme Spike Lee)

    me semble être une erreur.

    Un documentaire « sérieux » ou un film réalisé par une personne que l’on suppose à l’abri de dérives « irrespectueuses » peut très bien faire l’impasse sur un certain nombre de réflexions, et être moins progressiste que ce que l’on aurait pu attendre dans cette perspective [c’est ce que montre, si l’analyse que fait Norman un peu plus haut est exacte (je n’ai pas vu ce film), le film « Bamboozled » réalisé par Spike Lee].

    2) Cependant, il me semble que si on refuse les arguments de « principe » tel que celui de Spike Lee, il est très important de critiquer et de démolir les discours implicites des films qui apparaissent déplacés, réactionnaires ou blessants. Du coup, Spike Lee me semble commettre une autre erreur en disant « ce n’est que mon opinion » (en gros « j’aime pas mais ça me regarde, c’est subjectif, je n’ai pas à critiquer ce film mais moi ça me choque »). Car précisément, si (par exemple) le film maquille sous des décorations anti-esclavagistes un torchon libéral 1000 fois vu et revu, et par ailleurs particulièrement agaçant (du genre: un héros déterminé réussit, seul contre tous, par la seule force de sa volonté et parce qu’il est exceptionnel, à triompher des obstacles parce que quand on veut on peut…), la meilleure manière de jeter ce film aux orties, ce n’est pas de dire « ils ont le droit de faire un film sur un sujet qui me blesse, mais c’est pas respectueux », mais c’est de démontrer méthodiquement, point par point, pourquoi ce film est une stupidité infâme, à supposer que ce soit le cas.

    En ce sens, je trouve Spike Lee extrême d’un côté (« par principe, ça ne peut pas être bien ») et trop doux de l’autre (il aurait dû aller voir le film pour pouvoir ensuite le critiquer en long en large et en travers, s’il le trouvait si détestable!).

    3) Je remercie « bjl » qui, dans son commentaire, attire l’attention sur un film sorti en 2011, et réalisé par Lionel Steketee, Thomas N’jijol et Fabrice Eboué: « Case départ ». Ce film m’a semblé assez nauséabond dès le visionnage de la bande-annonce[ http://www.youtube.com/watch?v=t8kg4OWi2YI ], mais je serai enclin à garder le même avis : premièrement, ce n’est pas le fait de traiter de l’esclavagisme et du colonialisme en ayant recours à un voyage dans le temps qui est irrespectueux par principe (« le colonialisme n’est pas un vulgaire divertissement de SF réalisé par Robert Zemeckis, c’était une catastrophe » dirait un Spike Lee dans cette perspective) mais il importe de voir comment c’est fait, et de critiquer le résultat quand on voit à quel point il est immonde. Deuxièmement, Thomas N’jijol et Fabrice Eboué avaient peut-être des ancêtres esclaves, cela ne les a malheureusement pas empêché de faire un film visiblement à vomir. L’argument par les ancêtres, utilisé par Spike Lee, semble donc, dans les faits, plutôt invalide.

    Je signale deux analyses de ce film (mon but n’est pas de faire un autre débat dans le débat, mais cet exemple soulevé par « bjl » me semble intéressant, car il provoque des débats et raisonnements assez similaires à ceux qui ont lieu dans cet article, c’est pour cela qu’il me paraît instructif de les confronter):

    -l’une, qui démolit remarquablement les implications politiques sous-jacentes du film: http://www.indigenes-republique.fr/article.php3?id_article=1375&var_recherche=ngijo

    -l’autre, avec laquelle je me sens moins en convergence, mais dont l’argumentation me semble intéressante car elle développe, de façon exhaustive et rigoureuse, la position qui, je crois, correspondrait en gros à celle de Spike Lee au sujet de Django Unchained: http://oumma.com/Case-Depart-quand-le-cinema . Le propos me semble être le suivant: à moins que le film en question ne survienne après, et seulement après un long travail effectué de façon « sérieuse » et « respectueuse » sur les évènements qui lui servent de cadre, la meilleure des fictions qui prétendrait s’amuser avec des sujets aussi graves -pour des raisons différentes- que la Shoah ou le colonialisme et l’esclavagisme, ne pourraît apparaître que comme une « démonstration vulgaire ». En résumé, « pour avoir dédramatiser, il faut déjà avoir dramatisé, voire surdramatisé », et [il ne le dit pas, mais je pousse un peu l’idée à son extrémité] dans le doute, il vaut mieux ne pas essayer de traiter de ces sujets sur un mode non « dramatique » pour ne pas risquer de faire des bêtises.

  7. @ Thomas J : oui, c’est un sujet très délicat et presque impossible à traiter.
    Mais pas impossible.
    Le seul film sur ce sujet qui m’a paru jusqu’ici réussi et d’une justesse que même Spike Lee ne pourrait démentir c’est le fantastique « Little Senegal » de Rachid Bouchareb.
    Dans ce film, un Noir part à la recherche des descendants qui ont quitté le Sénégal à bord de négriers.
    Il n’y a pas de Blancs dans ce film sauf dans des rôles sans le moindre poids.
    Pour faire un film qui rendrait justice aux Noirs, il faudrait faire un film semblable. Un film sans Waltz et Di Caprio, d’abord.
    Ce serait déjà le minimum de décence de ne pas profiter d’un tel sujet pour mettre en scène les cabotins de service et leur face enfatuée que l’on connaît déjà par coeur.
    Le seul traitement valable est d’être en plongée aux côtés des esclaves.
    D’être un.e esclave noir.e soi-même. Et mettre des femmes en scène. Plein de femmes. Comme dans « Little Senegal ».

  8. De rien, je suis contente que cela vous ait intéressé. Vous verrez, on peut pas s’empêcher de pleurer, c’est un film vraiment profond.

  9. Sérieux, il se la pête spike lee, un blanc n’a pas le droit de faire un film avec des noirs dedans ?
    J’ai vu le film, c’est drôle, caricatural, c’est un Tarantino, y’a pas à chercher plus loin.
    Je n’y ai vu nul part que Django reprenait pour lui-même la théorie « du nègre sur dix milles » sinon pour s’en moquer.
    Une chose que j’ai trouvé intéressante, c’est que dans la première partie, il suit l’allemand, c’est lui qui l’initie aux armes, à la vie d’hommes libre qu’il ne connaissait pas, ou pas dans cette partie du monde.
    Ce n’est vraiment qu’a la mort de ce maitre un peu particulier qu’il devient le maître de sa destinée, choisissant lui même la manière de libérez sa femme.

    Je ne pense pas que l’esclavage soit un sujet qui aie manqué d’un traitement « dramatique ». Par contre une chose oubliée par les personnes qui parle de ses dégâts et des dégâts de la colonisation et la part de responsabilité que portent certains peuples d’afrique. qui n’avaient pas plus de scrupules à se razzier, se revendre et s’exploiter entre eux. que des européens et des arabes à les acheter dans leurs comptoirs respectifs.

    l’esclavage pour toutes saloperie qu’elle soit était une chose communes et pratiquée dans toutes les parties du monde, par tous les peuples jusqu’a ce qu’on y mette fin.

  10. « l’esclavage pour toutes saloperie qu’elle soit était une chose communes et pratiquée dans toutes les parties du monde, par tous les peuples jusqu’à ce qu’on y mette fin. »

    Tous les peuples n’ont pas pratiqué l’esclavage, bien loin de là.
    L’esclavage n’a pas pris fin. Il persiste dans certains pays comme la Mauritanie par exemple et la prostitution forcée est aussi de l’esclavage.

  11. Les peuples grecs, romains, vikings, japonais, thaï, chinois, arabes, byzantins, aztèques, russe, celtes, mongoles, ottomans, juifs, perse, carthaginois, etc etc,
    l’esclavage à toujours été un fait communs de l’apparition de l’homme a son abolition par l’occident fin 18ème.
    Abolition qui n’a pas seulement été déclarée mais mise en pratique de manière coercitive par les grandes puissances envers les états récalcitrants.
    C’est vrai qu’il subsistent encore des formes d’esclavage dans le monde, (spécialement en afrique, arabie et asie)
    mais c’est un état de fait qui est combattu et considéré comme inacceptable. rien a voir avec ce qu’il ce passait il y’a 150ans.
    Quels peuples peuvent se laver les mains d’actes infâmes commis par leurs ancêtres ?
    quasimemt aucun.
    Je ne comprend pas la fixettes de certains médias et intellectuels européens envers la traite des esclaves noirs.
    C’est du passé, ce n’est pas en remuants sans cesse le couteau dans la plaie qu’elle va se cicatriser, ni en essayant de culpabiliser des gens qui n’y sont pour rien.
    Comme je ressens la chose c’est que cette triste époque est utilisée par quelques-uns comme un outils de domination et de revanche.

  12. @ vlap : vous ne citez que les peuples que retient l’histoire occidentale blanche parce que notre société s’est forgée selon leur modèle, les grecs et les romains en particulier. Mais des peuples il y en a une infinité dont on ne préfère pas parler et pour cause.
    Bon,ce point réglé on remarque que vous ne relevez pas la prostitution cet esclavage actuel en plein essor dans certains pays, par exemple ceux qui ont légalisé la prostitution.
    C’est un non-sujet ?

    @ tou.te.s : à quand un film biographique sur Harriet Tubman : http://fr.wikipedia.org/wiki/Harriet_Tubman ?
    Voilà qui nous changerait des tarentineries !

  13. Ou alors sur Sojourner Truth ? http://fr.wikipedia.org/wiki/Sojourner_Truth

  14. Il y a également Sarah Parker Remond : http://en.wikipedia.org/wiki/Sarah_Parker_Remond

  15. Merci pour ces nom de femmes ! Je trouve ça affligeant que hollywood mais aussi l’histoire aient cette tendance a « oublier » les femmes importantes qui ont fait bouger les choses…

  16. De rien Julie Gasnier ! Oui c’est affligeant. Mais en fait, on les jette aux oubliettes par souci de dévalorisation des femmes, comme on sait. A moins de faire assez de scandale pour que ça change, on peut supposer que ça va continuer.

  17. Moi ce qui m’a le plus mis mal à l’aise dans Django c’est que à la fin c’est quasiment Samuel Lee Jakson le plus méchant le pire partisan en faveur de l’esclavage. Et cela me gêne encore plus que ce soit Samuel Lee Jackson parce que pour moi en tant que noir c’est tout un symbole. C’est un des acteurs qui dans ma culture cinéma à fait passer le noir du rôle du méchant ou du clown à quelque-chose de plus égalitaire. Je me suis presque senti humilié de le voir dans ce rôle de salop pro esclavage.

    De façon général j’ai était gêné en regardant ce film je ne serai trop comment l’expliquer alors que je suis parti sans aucun apriori j’ai couru en salle le voir comme n’importe quel Tarantino.

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