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Le grand costaud et la petite chose : représentations des corps masculins et féminins dans le cinéma d’animation contemporain

Je voudrais attirer l’attention sur une tendance lourde du cinéma d’animation contemporain, qui consiste à exacerber jusqu’à la caricature les différences de taille, de carrure et/ou de musculature entre corps masculins et féminins. Dans l’immense majorité des films d’animation, les hommes sont en effet plus grands, plus larges et plus musclés que les femmes, et cet écart physique atteint souvent des proportions absolument délirantes.

Les possibilités offertes par l’animation pour représenter les corps humains sont théoriquement illimitées, dans la mesure où elles ne dépendent pas de corps réels d’acteurs et d’actrices présent.e.s devant la caméra comme c’est le cas pour le cinéma en prise de vue réelle. Mais force est de constater que l’imagination des créateurs de films d’animation est quant à elle assez limitée, et même complètement soumise à l’idéologie patriarcale.

En effet, ces représentations inégalitaires confortent la domination masculine au moins pour deux raisons. D’une part parce qu’elles renforcent la binarité de genre en donnant l’impression qu’il existe une différence physique radicale, essentielle et insurmontable entre hommes et femmes. Or tout ce qui contribue à diviser ainsi le monde en deux catégories étanches et opposées (on est soit un homme, soit une femme, et les deux n’ont rien à voir) pose les bases d’un rapport social de domination (ici des hommes sur les femmes). D’autre part, ces représentations renforcent la domination masculine en opposant systématiquement des femmes à des hommes plus grands et plus costauds qu’elles, une inégalité de traitement qui valorise et normalise visuellement une supériorité physique (et indirectement une suprématie) masculine. 

J’emprunterai la plupart de mes exemples aux longs métrages d’animation hollywoodiens, que je connais mieux parce que ce sont ceux que je regarde, mais peut-être qu’un même constat pourrait être fait pour les films d’animation produits pour la télévision et/ou dans d’autres contextes nationaux (France, Japon, Grande-Bretagne, etc.). Une chose est sûre, c’est que cette tendance ne touche pas seulement l’animation, mais le cinéma hollywoodien tout entier. Même s’ils ne peuvent pas aller aussi loin que les films d’animation, les films récents tournés « en prise de vue réelle » opposent souvent des acteurs hypermusclés à des actrices beaucoup plus sveltes, voire très minces, comme j’ai essayé de le montrer dans un autre article publié sur ce site.

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Le pire du pire

Commençons avec quelques exemples récents particulièrement emblématiques de cette différence de traitement entre hommes et femmes.

Comme le premier volet sorti en 2004 (et politiquement très problématique), les Indestructibles 2 (2018) met en scène une famille de super-héros dont le père fait une tête de plus que la mère et a une carrure 4 fois plus large, sans parler de son torse en V hypermusclé qui contraste avec la silhouette « en sablier » de son épouse. De leur côté, les enfants semblent bien partis pour marcher sur les traces de papa et maman puisque la grande sœur filiforme a un tour de taille à peu près aussi grand que ses yeux, et trois fois plus petit que celui de son frère…

Dans Spider-Man: Into the Spider-Verse (2018), le méchant est aussi une armoire à glace dont la carrure est environ 5 fois plus large que celle des autres personnages, comme on peut le voir lorsqu’il est placé aux côtés de sa famille ou face à l’autre méchante du film.

La dernière « princesse Disney » en date, Moana (2016), était elle-aussi couplé à un personnage masculin légèrement plus baraqué qu’elle, le demi-dieu Maui, à qui le légendairement musclé Dwayne Johnson prête sa voix. Vous aviez rêvé de voir The Rock face à une femme plus mince que son biceps de catcheur, Disney l’a fait.

Mais le duo le plus disproportionné du cinéma d’animation récent est probablement celui formé par Ralph et Vanellope dans Les Mondes de Ralph (2012) et sa suite, Ralph 2.0 (2018). Ici, le personnage féminin fait la même taille que la main du personnage masculin. Difficile de répartir plus inégalement le physique.

Le film propose certes une alternative dans le couple formé par Felix et Calhoun, mais il s’agit de personnages secondaires dont la fonction est principalement comique. S’il est ainsi possible de trouver quelques cas de couples où la femme est plus grande, large et/ou musclée que l’homme, ce couple n’est jamais central, de sorte qu’il est beaucoup moins mis en avant et regardé avec plus de distance, voire présenté comme risible ou anormal (j’y reviendrai).

Zootopie (2016) est un bon exemple de cette mise au premier plan des duos ou confrontations homme/femme où le personnage féminin est beaucoup plus petit que le personnage masculin. Alors que la cohabitation d’animaux de tailles extrêmement variées aurait pu permettre d’associer par exemple une rhinocéros femelle à un singe mâle, ou une ourse femelle à un chien mâle, le film passe le plus clair de son temps à opposer deux personnages féminins minuscules (l’héroïne Judy Hopps et l’adjointe au maire Dawn Bellwether) à des personnages masculins plus grands et/ou imposants qu’elles (le chef Bogo, le maire Leodore Lionheart, et bien sûr Nick le renard).

Ben qu’est-ce que t’as ma petite ? T’es pas contente d’être dans un film masculiniste ?

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La norme tranquille, ou la naturalisation par la répétition

Même lorsque les différences physiques ne sont pas exacerbées à ce point, les personnages féminins sont systématiquement plus petits et moins costauds que leur partenaire masculin, comme s’il était inenvisageable qu’un homme puisse désirer une femme plus grande et/ou plus musclée que lui, et réciproquement.

On observe cette constante aussi bien dans les vieux films d’animation…

… que dans les plus récents.

À force d’être ainsi répétée à longueur de films, cette norme tend à apparaître comme naturelle. Le cinéma d’animation ne contribue donc pas uniquement à naturaliser l’hétérosexualité en ne montrant que des relations amoureuses hétérosexuelles, mais il naturalise aussi un type bien spécifique de relation hétérosexuelle : celle où l’homme est physiquement supérieur à sa partenaire féminine. En répétant toujours le même schéma, ces films tendent donc à faire passer pour naturel ce qui n’est en réalité que le produit de normes sociales.

Ce matraquage idéologique a des conséquences très concrètes dans nos vies. Certaines femmes particulièrement grandes peuvent par exemple avoir plus de mal à trouver un compagnon parce que beaucoup d’hommes complexent d’être plus petits que leur compagne. D’autres se voient conseiller de ne pas mettre de talons pour ne pas être « encore » plus grandes, ou de ne pas pratiquer un sport qui développerait « trop » leur musculature, ce qui risquerait de faire fuir les hommes, etc.

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L’Ordre Naturel

Le processus de naturalisation de ces normes sociales est particulièrement flagrant dans les films d’animation où la nature est omniprésente, comme c’est par exemple le cas de Pocahontas (1996). Malgré ses nombreuses qualités, la chanson « Colors of the Wind » (« L’Air du vent » en français) est probablement l’apogée de l’entreprise de naturalisation de l’hétérosexualité et de la « différence des sexes » qui traverse tout le film.

Pocahontas explique ici à John Smith qu’il doit abandonner sa posture de dominant vis-à-vis des amérindien.ne.s, mais aussi vis-à-vis de la nature et des êtres vivants qui la peuplent. Il s’agit donc d’un moment où une femme racisée « explique la vie » à un homme blanc avec la bénédiction du film. Pocahontas dénonce même explicitement le paternalisme et le racisme dont Smith fait preuve en tant que colon blanc, ce qui fait sans doute de cette scène l’une des plus progressistes du film. Peut-être que c’est précisément pour contrebalancer ce progressisme que la scène verse à la fois dans une essentialisation outrancière des amérindien.ne.s, et dans une naturalisation de l’hétérosexualité et de la supériorité physique des hommes.

À travers le personnage de Pocahontas, les amérindien.ne.s sont en effet dépeints ici comme des êtres immergés dans la nature et entretenant une sorte de relation immédiate et mystique avec elle, là où les blancs se sont visiblement hissés au-dessus d’elle et sont ainsi passé de l’état de nature à la civilisation. Le fait que le film valorise clairement la posture de Pocahontas face à celle de John Smith ne change rien au problème : les stéréotypes « positifs » comme celui du « bon sauvage » n’en restent pas moins des stéréotypes, qui enferment les personnes racisées dans une définition essentialiste créée par les blancs.

Mais c’est surtout la naturalisation de l’hétérosexualité et de la supériorité physique masculine qui m’intéresse ici. Cette entreprise idéologique passe notamment par une juxtaposition du couple Pocahontas/John Smith avec des couples d’animaux, toujours composés d’un mâle et d’une femelle, le premier étant systématiquement plus grand que la seconde. Alors que chez beaucoup d’espèces animales, les femelles sont plus grandes et/ou imposantes que les mâles, Disney choisit ici de privilégier des couples d’animaux qui confortent l’idée d’une supériorité physique naturelle des mâles sur les femelles, et donc des hommes sur les femmes. La scène se termine notamment sur des plans de Pocahontas et John Smith qui les rapprochent d’un couple d’aigles où celui associé à John Smith est plus grand, comme le souligne lourdement un fondu enchaîné qui assimile les deux rapaces aux deux humain.e.s. À travers cette scène, c’est donc non seulement l’hétérosexualité qui est naturalisée en étant posée comme un fondement du règne animal, mais aussi la supériorité physique de l’homme.

Le processus de naturalisation de la supériorité physique masculine passe donc ici par une intégration des humain.e.s à un ordre naturel où le dimorphisme sexuel penche toujours en faveur des mâles. Mais Pocahontas illustre aussi un autre aspect de ce processus de naturalisation : la négation du rôle essentiel de l’activité physique (et plus largement des facteurs sociaux) dans le développement de la musculature.

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Le physique inné

Pocahontas grimpe aux arbres avec une grande agilité, réalise des plongeons spectaculaires et rame vigoureusement au milieu de torrents déchaînés, mais cette pratique de nombreuses activités physiques ne s’accompagne pourtant pas d’une musculature d’athlète. Si sportive soit-elle, Pocahontas a le corps d’un mannequin (celui de Naomi Campbell pour être plus précis).

Pratique autant de sports que tu veux, …

… tu seras toujours deux fois moins baraquée qu’un mec

Dès qu’elle se trouve à côté d’un homme, Pocahontas apparaît ainsi comme un petit être fragile, alors qu’elle est censée se distinguer des princesses Disney de la « première génération » (Blanche-Neige, Cendrillon, Aurore) par sa témérité et ses aptitudes physiques. Cela ne concerne pas uniquement sa carrure ou ses bras, mais aussi les autres parties de son corps, comme ses mains par exemple. Lorsqu’elles sont montrées en gros plan à côté de celles de John Smith, elles apparaissent en effet extrêmement fines et délicates, ce qui a de quoi étonner chez une femme que l’on voit pagayer, grimper aux arbres, et même marcher à quatre pattes dans la fameuse scène de sa rencontre avec John Smith où elle est assimilée à un petit animal à apprivoiser. Des mains aussi sollicitées ne devraient-elles par être un peu plus cornées et robustes ?

La représentation d’Astrid dans la série des Dragons (2010, 2014, 2019) est encore plus invraisemblable, puisque cette jeune viking a des bras aussi minces que ceux du héros, alors qu’elle est censée être une guerrière hors-pair et se trimbale une hache qui ne doit pas faire 200 grammes. C’est d’autant plus rageant que le héros en question est dépeint comme un intellectuel qui n’a aucune prédilection pour le combat, et plus généralement pour les activités physiques. La première scène du film de 2010 comporte même une blague sur le fait qu’il n’est vraiment pas musclé. Pourquoi donc Astrid ne pourrait-elle pas être plus baraquée que lui ?

Sa première apparition nous apporte un élément de réponse. La scène est en effet un exemple typique de « male gaze » (regard masculin). Le héros est en train de présenter tous les personnages du film en voix-off et termine par Astrid, la seule qui a le droit à un ralenti érotisant (elle rejette même ses cheveux en arrière et se déhanche d’une manière généralement connotée comme sexy).  Pour bien enfoncer le clou, un enchaînement de champ/contrechamp nous montre d’abord Astrid en plan large (pour qu’on puisse bien la reluquer de haut en bas), puis Harold en gros plan, qui la regarde avec des yeux brûlant littéralement de désir. Dès sa première apparition, Astrid est ainsi placée dans la position d’objet du regard, tandis que le héros est le sujet du regard.

Les femmes sont regardées…

… les hommes regardent.

La fonction principale de cette mise en scène est de contrebalancer le fait qu’Astrid est une guerrière exceptionnelle, et qu’elle est en cela supérieure à Harold. Ce n’est pas le seul moyen par lequel la domination masculine est réaffirmée. Le scénario tout entier s’en charge. Mais il s’agit d’une stratégie particulièrement efficace parce qu’elle s’attaque directement au « problème » que constitue le corps féminin actif et puissant, en conformant ce corps aux normes de beauté féminine (notamment à l’exigence de minceur) et en le replaçant dans une position de passivité (la jolie chose qui est regardée et désirée par les hommes). Il n’y a là rien de bien original, puisque ce type de traitement des personnages féminins est le lot de l’immense majorité des héroïnes qui se sont imposées dans le cinéma d’action depuis les années 90 (Au revoir à jamais, Le Cinquième élément, Tomb Raider, Charlie et ses drôles de dames, etc.). On leur a donné le droit de se battre et de réaliser des prouesses physiques, mais à la condition qu’elles restent gracieuses, sexy et minces. Résultat : les femmes d’action violentes et puissantes qui peuplent nos écrans ont plus un corps de mannequin que de championne de boxe.

Même s’il s’écarte de ce schéma jusqu’à un certain point, The Croods reste assez décevant dans la représentation qu’il propose de son héroïne préhistorique (et ce n’est malheureusement pas le plus grand de ses défauts). Même si elle domine physiquement son partenaire masculin, qu’elle brutalise à plusieurs reprises, elle n’est pas particulièrement plus imposante que lui. Je ne cherche pas à minimiser le mérite de ce film qui, pour une fois, présente un couple où la femme a des bras et des cuisses légèrement plus larges que celles de son partenaire, mais il me semble que la supériorité physique d’Eep sur Guy aurait pu être plus évidente visuellement. En effet, tout le film repose sur l’opposition entre les Croods (dont Eep) qui n’utilisent que leur corps, et Guy, l’humain plus évolué qui utilise son cerveau. Tandis que les premiers déploient des efforts considérables pour se nourrir (en chassant des animaux, car le film n’envisage pas vraiment que la cueillette puisse être le mode principal d’alimentation pour des préhistoriques), le second élabore des pièges et n’a donc pas trop besoin de se fatiguer. Le film aurait pu s’appuyer sur cette opposition de « mode de vie » pour proposer un personnage féminin beaucoup plus imposant que son partenaire masculin, au lieu d’égaliser leur physique à un point où Guy semble même parfois aussi musclé que sa partenaire. De plus, la musculature de Guy est très apparente (cf. notamment son torse en V) là où les « formes féminines » de Eep sont mises en avant d’une manière qui tend à rendre ses muscles moins visibles. En conséquence, le corps de Guy apparaît clairement comme un « corps dur », alors que celui de Eep semble à la fois « dur » et « mou », ce qui limite un peu le renversement des normes de genre opéré par le film.  

« Laisse mon corps dur protéger ton corps mou »

Mais c’est surtout avec sa représentation de la famille de Eep (notamment son père) que le film retombe dans un binarisme grossier. Le père a en effet un corps massif et des bras trois fois plus larges que ceux de sa compagne ou de sa fille. Ce physique apparaît d’autant plus délirant que le personnage est censé manquer cruellement de nourriture (lorsque les membres de sa famille finissent un œuf sans lui en laisser une part, il déclare : « ce n’est pas grave, j’ai déjà mangé la semaine dernière »). Alors que la scène de chasse qui ouvre le film montre que tous les Croods participent à cette activité physique, seul le père est une montagne de muscles. Comment un homme peut-il être si baraqué sans manger ? Et comment peut-il être aussi supérieur physiquement aux autres membres de sa famille s’il mange moins qu’eux et pratique le même type d’activités physiques ?

On touche ici un aspect essentiel du processus de naturalisation des inégalités physiques à l’écran : la négation des facteurs sociaux qui déterminent le développement de la masse musculaire. En effet, les muscles ne se développent pas tous seuls, mais dépendent à la fois de l’alimentation et de l’exercice physique. Les Croods est un bon exemple de la négation de ces facteurs, puisque le personnage du père semble être devenu « naturellement » une armoire à glace alors même que le film explique qu’il est sous-alimenté.

Ce problème touche la totalité des films d’animations, qui n’explicitent jamais les différents déterminismes sociaux qui pèsent sur les hommes et les femmes : le fait que les hommes sont plus encouragés à pratiquer des activités physiques qui rendent leur musculature plus visible, tandis que les normes de beauté féminine encouragent plutôt les femmes à être minces et à ne pas trop exhiber ses muscles (des normes qui ont d’ailleurs été, et sont encore souvent, sanctionnées par des lois[1]).

Aucun film d’animation ne montre clairement comment un personnage masculin hyper-baraqué a construit son physique massif, et inversement comment une héroïne est restée mince à cause de privations alimentaires et d’activités physiques réduites.

Une autre chose que Les Croods met en évidence, c’est la fonction jouée par les figures de parents dans bon nombre de films d’animation.

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Papas et mamans, ou comment les choses se dégradent avec l’âge

Que le couple homme/femme principal soit démesurément ou « raisonnablement » disproportionné, les parents sont souvent là « en renfort » pour enfoncer le clou de la domination physique masculine. Dans un grand nombre de films d’animation récents, le père est en effet un véritable colosse, tandis que la mère a un physique beaucoup plus réaliste et semble ainsi minuscule par comparaison.

J’ai déjà mentionné les cas des Indestructibles et des Croods, mais on peut aussi penser aux parents de Harold dans Dragons, de Mérida dans Rebelle, de Miles dans Spider-Man: Into the Spider-Verse ou de Moana dans le film du même nom :

Qui c’est le plus costaud ? C’est papaaaaaaa !

On peut remarquer au passage que ce genre de représentations inégalitaires ne se trouve pas uniquement dans les films d’animation hollywoodiens, comme en témoigne par exemple la co-production européenne Le Chant de la mer, dans lequel le père a des bras aussi gros que le corps de son épouse.

Dans un grand nombre de films d’animation, les mères sont tout simplement absentes (parce que c’est bien quand elles sont toutes petites, mais c’est encore mieux quand on ne les voit pas du tout !). Le père peut alors être extrêmement imposant, et renforcer ainsi une différence physique moins marquée dans le couple hétéro principal (comme par exemple dans Pocahontas ou La Petite sirène).  

Il arrive parfois que le père soit plus petit que sa fille, comme dans Aladdin , La Belle et la Bête ou Tarzan, mais dans ce cas, il existe toujours au moins un autre personnage masculin énorme qui garantit une supériorité physique masculine écrasante à l’échelle du film. Dans Aladdin, il s’agit du Génie ; dans La Belle et la Bête, de Gaston et de la Bête ; et dans Tarzan, de Clayton et de Tarzan.

Au passage, on peut remarquer que la petite taille du père symbolise souvent un défaut de pouvoir (le Sultan d’Aladdin est manipulé par Jafar, le père de Belle est dénigré par le village et séquestré par la Bête, etc.). Ce constat offre une autre preuve du fait que derrière ces différences physiques réside un enjeu de pouvoir. En d’autres termes, l’enjeu de ces représentations n’est pas juste « Qui est le plus grand ? Qui est le plus costaud », mais « Qui domine ? Qui a le pouvoir ? ». C’est particulièrement visible lorsque l’ordre « naturel » de la domination masculine est renversé.

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Couples déviants et femmes monstrueuses

Lorsqu’un film d’animation présente un couple où la femme est plus grande et/ou costaude que l’homme, il sert soit de contrepoint comique, soit de repoussoir terrifiant ou pathétique. Ce second cas est le plus fréquent, et rejoint les normes de représentations des méchantes et méchants, que j’ai analysées dans deux vieux articles. En représentant les méchantes comme beaucoup plus grandes que leur partenaire masculin, les films symbolisent le pouvoir que ces femmes « castratrices » exercent sur les hommes. C’est par exemple le cas dans Bernard et Bianca, dans lequel Ursula mène la vie dure au pauvre Snoops, ou Alice au pays des merveilles, dans lequel la méchante est non seulement une épouse dominatrice mais également une reine tyrannique (rien de pire que les femmes de pouvoir…) :

Lorsqu’elles sont grandes mais pas très larges d’épaules, ces femmes monstrueuses peuvent porter une tenue qui les rend plus imposantes, comme c’est par exemple le cas de Cruella (Les 101 dalmatiens) ou Maléfique (La Belle au bois dormant).

Le courroux de Cruella

Maléfique et ses sbires

Des scènes les montrent également se métamorphoser pour devenir physiquement supérieures aux héros masculins. Là encore, le renversement de la domination physique « normale » des hommes sur les femmes prend une forme monstrueuse. Le pouvoir féminin apparaît ainsi cauchemardesque sous les traits de créatures prédatrices et imposantes que les hommes finissent par neutraliser. Dans La Belle au bois dormant, Maléfique se transforme en un immense dragon. De même, dans le combat de magiciens de Merlin l’enchanteur, Madame Mime commence par se transformer un crocodile, et choisit toujours des animaux plus imposants que ceux de Merlin, pour finir sous la forme d’un dragon.     

Le prince charmant face à Maléfique

Merlin et Mime

Mais l’exemple le plus marquant de ce renversement de pouvoir est sans doute la fin de La Petite Sirène (que j’ai déjà analysée ailleurs), où Ursula transforme le roi Triton en vermisseau, et grandit quant à elle jusqu’à devenir gigantesque, en hurlant qu’elle est « la souveraine de tous les océans ».

Le roi Triton plus petit que son serviteur noir : la honte absolue

Le pouvoir féminin cauchemardesque

Si ces renversements de l’ordre « naturel » étaient assez fréquents jusque dans les années 80, ils tendent à disparaître par la suite, non pas parce que la misogynie disparaît miraculeusement des films d’animation, mais parce que la domination masculine est normalisée d’une autre manière : par l’exacerbation quasi-systématique de la supériorité physique des hommes à travers un (ou plusieurs) personnage(s) masculin(s) extrêmement imposant(s). En effet, plus besoin d’utiliser des femmes énormes et monstrueuses comme des repoussoirs dans un univers visuel où la supériorité physique masculine est si évidente.

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Le règne du costaud : un phénomène récent

S’il inaugure le « second âge d’or de Disney », La Petite sirène (1989) définit également les normes de représentation qui domineront les décennies à venir. En effet, face à celle qui est peut-être la dernière grande méchante dont la monstruosité est signifiée par une supériorité physique sur les hommes, le film dote le Roi Triton d’une musculature surdéveloppée comparable à celle des stars hollywoodiennes qui dominent alors le cinéma d’action (telles que Sylvester Stallone ou Arnold Schwarzenegger).

Il ne s’agit pas d’une simple coïncidence. Ce retour en force des muscles masculins pendant les années 1980 est une manière de réaffirmer la suprématie masculine qui vient d’être sérieusement remise en question par les mouvements féministes des années 1960-1970. Même si cette supériorité physique masculine ne sera pas toujours affirmée avec une même force jusqu’à aujourd’hui (cf. notamment la fin des années 90, avec des films comme Matrix dans lequel la différence physique entre le héros et l’héroïne est beaucoup moins marquée), reste que ces normes inégalitaires perdurent jusqu’à aujourd’hui, avec une aggravation depuis le milieu des années 2000.

J’ai déjà mentionné un grand nombre de films qui illustrent cette tendance de manière éloquente (La Petite sirène, Aladdin, Pocahontas, Les Indestructibles, Dragons, Les Mondes de Ralph, Moana, Les Croods, Spider-Man: Into the Spider-Verse, Rebelle, Zootopie, etc.). Voici quelques autres exemples, à commencer par La Belle et la Bête, dans laquelle l’héroïne a le choix entre une armoire à glace (Gaston) et une autre armoire à glace (La Bête).

Si t’aimes pas trop les costauds qui te harcèlent,…

… tu peux sortir avec des costauds violents qui te séquestrent,…

… parce que sous les costauds violents se cachent souvent des costauds charmants.

De même, Atlantide, l’empire perdu a beau être centré sur un héros peu musclé, les différences de carrures entre personnages masculins et féminins n’en sont pas moins flagrantes, que ce soit chez les méchants…

… ou chez les gentils, qui comptent notamment parmi eux un docteur qui a sans doute suivi un cursus « médecine option musculation ».

« J’ai scié beaucoup de membres dans ma carrière, c’est pour ça que je suis si balèze »

Le docteur apparaît d’ailleurs pour la première fois alors qu’il sort de la douche, ce qui permet immédiatement de mettre en avant son corps hyper-musclé. Il n’est pas anodin que le personnage à avoir droit à un tel traitement soit noir. Cette manière d’insister sur la « puissance du corps de l’homme noir » n’est pas nouvelle, mais perpétue au contraire un imaginaire raciste encore prégnant aujourd’hui, comme l’illustre par exemple un film comme Django Unchained. Même si les hommes noirs sont tellement peu nombreux dans les films d’animation hollywoodiens qu’il est difficile de dégager des grandes tendances dans la manière dont ils sont représentés, on peut tout de même remarquer que le docteur d’Atlantide n’est pas le seul noir à être super-baraqué. Je pense par exemple à Cobra Bubbles dans Lilo et Stitch, au méchant Drago de Dragons 2, ou à Wasabi dans Les Nouveaux Héros (on pourrait aussi mentionner les personnages d’animaux imposants doublés par des acteurs noirs, comme le chef Bogo de Zootopie, doublé par Idris Elba). Parce que les hommes blancs imposants sont également très nombreux dans le cinéma d’animation contemporain, on peut avoir l’impression que la répartition des muscles se fait plus en fonction du genre que de la race, mais des statistiques feraient à mon avis apparaître que la proportion d’hommes noirs hyper-musclés (par rapport au nombre total d’hommes noirs représentés dans ces films) est plus importante que dans le cas des hommes blancs.

Pour finir sur la radicalisation de l’écart entre corps masculins et féminin dans le cinéma d’animation contemporain, je me contenterai juste de trois derniers exemples tirés des films Hercule (1997), Kuzco, l’empereur mégalo (2001) et Tarzan (1999), mais l’énumération pourrait encore continuer longtemps…

« Déso meuf, mais t’es vraiment trop keus… » (Hercule)

« T’es puni, va me faire 200 pompes » (Kuzco)

« Écoute comme mon pec est dur » (Tarzan)

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Conclusion

Comme je l’ai souligné dans cet article, ces représentations inégalitaires sont loin d’être inoffensives, mais contribuent au contraire à conforter la domination masculine. Le plus inquiétant est leur omniprésence et leur radicalisation depuis plusieurs décennies (avec une aggravation encore plus claire ces dernières années dont témoignent des films comme Moana ou Les Mondes de Ralph).

Il existe certes quelques exceptions, mais elles confirment malheureusement la règle. Je pense par exemple au Monde de Dory, dans lequel l’héroïne est beaucoup plus grande que les deux personnages masculins qui l’accompagnent, ou encore à Vice-versa, dans lequel Joie est plus grande que les autres émotions de Riley. Mais est-ce que ces écarts à la norme ne sont pas facilités par le fait que ces personnages restent assez éloignés des humain.e.s que nous sommes ? En effet, les poissons sont des animaux qui nous ressemblent très peu physiquement, et Vice-versa cherche plus à symboliser des émotions qu’à représenter des êtres humains, même si ces personnages sont anthropomorphiques.

Le film d’animation hollywoodien qui subvertit le plus clairement cette norme est peut-être Monsters vs. Aliens, dans lequel une femme devient gigantesque suite à son contact avec une météorite. Après avoir été capturée par l’armée et enfermée avec d’autres « monstres », elle est libérée pour combattre un envahisseur extraterrestre, qu’elle finit par neutraliser. À l’inverse de La Petite Sirène ou du film culte L’Attaque de la femme de 50 pieds (1958), Monsters vs. Aliens ne présente pas la taille et la force de cette héroïne géante comme une menace, et l’associe même à son émancipation féministe. Alors qu’elle se projetait uniquement dans son mariage avec un homme carriériste et misogyne au début du film, sa métamorphose lui permet de prendre conscience de ses capacités. À la fin du film, elle envoie paître son fiancé et décide de rester une géante, après avoir pris conscience que ce pouvoir n’avait pas fait d’elle un « monstre » mais une femme indépendante et épanouie.

Ce genre de film reste malheureusement une exception dans un cinéma d’animation dominé par une opposition entre des « gros costauds » et des « petites choses ». Et, comme je l’ai déjà dit, ce phénomène ne se borne malheureusement pas au cinéma d’animation, mais touche de la même manière le cinéma « en prise de vue réelle ». Je mets cette expression entre guillemets car un grand nombre de blockbusters hollywoodiens s’apparentent dans une certaine mesure au cinéma d’animation par leur usage des effets spéciaux numériques. Or, lorsque des personnages de ces films sont réalisés en images de synthèse, leur apparence physique renforce encore une fois la binarité de genre. Si l’on prend l’exemple des productions Marvel, on constate non seulement que la majorité de ces « personnages numériques » sont masculins, mais qu’ils sont surtout énormes, surpuissants et hypermusclés. Il existe bien sûr quelques exceptions (comme Rocket et Groot des Gardiens de la Galaxie) mais, dans la plupart des cas, il s’agit de super-costauds comme Hulk, Venom, Thanos, La Chose (des Quatre Fantastiques), Surtur (le démon de feu de Thor : Ragnarok), etc. 

Hulk qui confie à Black Widow qu’il est tombé dans la marmite de whey quand il était petit

La Chose, ou la souffrance de celui qu’on a toujours mis derrière pour les photos de classe

En offrant aux enfants le spectacle d’une supériorité physique écrasante (et souvent jouissive) des hommes sur les femmes, les films d’animation proposent non seulement des modèles très différents aux garçons et aux filles, mais contribuent aussi à faire passer cette supériorité masculine comme normale et naturelle. Renverser le patriarcat suppose de déconstruire notre imaginaire pétri de représentations sexistes, et donc entre autres de s’attaquer à ce genre de représentations qui perpétuent la binarité de genre et la domination masculine.

Paul Rigouste


[1] Par exemple, les cours d’EPS ou les compétitions sportives ont été (et sont encore souvent) non-mixtes, pour des raisons parfois discutables. Parmi ce genre de lois qui entretiennent une vision binaire des corps et des performances, il faut notamment mentionner les tests de féminité qui renforcent la stigmatisation des sportives dérogeant aux normes de genre, et peuvent conduire à l’exclusion de certaines d’entre elles, comme Caster Semenya. L’année dernière, L’Association Internationale des Fédérations d’Athlétisme a en effet produit un règlement sur « l’hyperandrogénie » demandant aux sportives qui, comme Caster Semenya, ont un taux de testostérone « au-dessus d’une certaine ‘moyenne’ », de prendre des médicaments pour faire baisser leur taux pourtant naturellement produit par le corps. Semenya a déposé un recours pour discrimination et a d’abord eu gain de cause, mais quelques jours plus tard, le Tribunal Arbitral du sport a finalement donné raison à l’AIFA et Semenya a annoncé qu’elle mettait fin à sa carrière parce qu’elle refuse de prendre un « traitement ».

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40 réponses à Le grand costaud et la petite chose : représentations des corps masculins et féminins dans le cinéma d’animation contemporain

  1. Super article, vous balayez une grande variété de sujets et votre démonstration est vraiment pertinente.

    Je me permet de répondre pour apporter un point de vue de créateur, en effet pendant 4 ans j’ai travaillé en tant que concept artist pour ubisoft et si je valide votre critique je voulais aussi y apporter quelques précisions.

    Voilà l’industrie du jeux vidéo (qui est très proche de celle du film d’animation) est très au courant de ces caricatures et elles sont même recherchées.

    Les prises de décisions viennent en grande majorité des personnes à la tête des projets et ces gens là essaient en permanence de prioriser auprès des équipes créatives des considérations économiques et marketing qui n’ont pas la place dans un processus créatif digne de ce nom.

    Eux sont les garants de la « réussite financière » du projet, ils sont ceux qui prennent les décisions et ultimement ce sont eux qui décident si oui ou non le travail des uns et des autres sera validé ou pas (environ 80% de ce que l’on produit finit à la poubelle dans ce genre de production).

    Alors que font-ils? Pour faire court ils regardent les jeux/films/séries qui rapportent le plus de blé et nous disent de faire pareil.

    D’où un renforcement jusqu’à la caricature des archétypes précédemment établis, la marge de manoeuvre étant du coup très réduite:
    -le mec blanc, trentenaire, beau gosse et aventureux un peu sombre mais rigolo (vous savez le brun avec une barbe de trois jours).

    -la nana sensuelle et dangereuse mais surtout blanche et sexy (si elle à les cheveux roux/rouges c’est encore mieux)

    -Le noir, parce qu’on est pas racistes, qui sera très très costaud parce que les noirs sont bons en sport

    Tous ces stéréotypes sont le cadre dans lequel nous devons travailler, pas ou peu de marge de manœuvre car on nous le répète tous les jours « c’est ça que les gens veulent ».

    En gros tout est fait pour justifier le statut quo:
    -Uncharted à cartonné avec un héros mec blanc de 30 ans alors on fait pareil point barre.
    -du coup c’est pas nous les la faute des gens donc on est pas racistes/sexistes…etc
    -De toute manière on à pas le choix parce quoi à des objectifs de vente et que c’est trop risqué de sortir des sentiers battus
    -la politique dans la création c’est hors de question (sauf si d’autres l’ont fait avant nous et que dans ce cas on revient au premier point).

    Un dernier point qui est important de noter c’est le manque de diversité de profils sociaux au sein même des équipes de créations.
    Dans le jeux-vidéo et le cinéma d’animation si la mixité homme/femme est relativement équilibrée au sein des équipes de productions les personnes à la tête des projets sont quasi unanimement des hommes blancs de 35/45 ans.

    Dans le milieu du jeux-vidéo En france il n’y a presque que des blancs qui y travaillent alors autant dire que la sensibilité aux stéréotypes racistes y est quasi nulle.

    De la même manière les écoles qui forme à ces métiers étant pour la plupart des écoles privées aux tarifs annuels hors de portée pour la majorité de la population , en conséquence l’écrasante majorité des travailleurs de ce secteur seront des personnes blanches issues des classes moyennes et supérieures (avec les opinions politiques qui y sont couramment associées, parce que le sexisme/racisme ça s’apprends dès l’école).

    Si les choses bougent un peu avec le temps c’est surtout grâce aux militantes et militants alors merci pour votre travail!

  2. Super article merci! Ça me saoule tellement ces caricatures sexistes!! Dans le dernier wonderwoman l’actrice est plus grande que son enjeux amoureux, pour la scène du baiser ils n’ont pas pu s’empêcher de le mettre sur un rehausseur… C’est parfaitement ridicule mais ça continue à propager que la norme c’est un mec plus grand que ça meuf. Help.

    • Il me semble qu’ils avaient fait la même chose dans Casablanca (le film de 1942). J’avais lu qu’un système (assez complexe) de rehausseurs avait aussi été mis en place pour ce film parce qu’Humphrey Bogart était plus petit qu’Ingrid Bergman… Mais je ne savais pas qu’ils avaient refait le coup dans Wonderwoman… comme quoi les choses évoluent à grands pas 🙂

      • Oh oui ils font ça très souvent c’est fou! Ça me rappelle le film « 30 ans sinon rien » (2004) avec Jennifer Garner, qui est une actrice très grande. Ils réhaussent sans cesse Mark Ruffalo (qui est son intérêt amoureux) pour qu’elle ne soit pas plus grande que lui et leur scène de baiser se fait allongée, (avec le mec au dessus d’elle, bien sûr) ce qui n’est pas un hasard à mon avis!
        Même lorsque la réalité ne colle pas avec l’ordre sexiste patriarcale, il faut absolument que ça rentre dans les clous, ce qui prouve une fois de plus que ces normes sont complètement stupides et arbitraires.

        Je veux aussi rajouter que de nombreuses études scientifiques ont prouvé que si les hommes sont en moyenne plus grands que les femmes, c’est également à cause du système patriarcal dans lequel le soin apporté aux garçon est plus important et la façon de les nourrir est différente de celle des filles. Les garçons sont mieux nourris depuis des milliers d’années; les femmes les plus menues (celles qui avaient besoin de moins de nourriture) sont donc celles qui ont le plus survécu, entraînant une certaine tendance dans la reproduction de l’espèce.

  3. Merci pour cette excellente analyse Paul, un plaisir de te lire à nouveau. 🙂

  4. « Naturaliser l’heterosexualité »
    Mmh… jusqu’à preuve du contraire c’est plutôt naturel non ?
    Après c’est vrai que l’homosexualité est sous-representée, mais vous avez l’air de dire que l’heterosexualité est un mal…

    • Mmh… jusqu’à preuve du contraire c’est plutôt naturel non ?

      En quel sens ?

      • Dans le bon sens du terme. « Naturaliser l’heterosexualité ». Ça a toujours été naturel/normal. Je dis pas que l’homosexualité est hors nature mais… Depuis quand c’est plus naturel ? Je ne vois pas en quoi le cinéma est politique quand on voit un homme et une femme qui s’aiment. Soyons sérieux.

        Sinon, juste comme ça :

        C’est pas parce qu’on voit des hétéros que le film est forcément contre l’homosexualité. Si on voit pas d’homosexuels dans les Disney, c’est dommage mais… on s’en fout totalement ? Oui, je le pense bien.
        Ce qu’ils veulent, c’est pas imposer leur vision de la société, c’est gagner du pognon. Or ils savent que montrer des homosexuels, ça paye pas. Dans un film, on veut pouvoir s’identifier à un personnage.
        Or c’est factuel qu’il y a bien moins d’homosexuels que d’heteros. Ils veulent toucher les masses, et non pas les minorités.

        • Encore une fois. Je ne dis pas que l’homosexualité est contre-nature, mais que l’heterosexualité est une chose naturelle, comme a l’air de le nier l’auteur.

          • Encore une fois, vous n’avez toujours pas explicité ce que vous entendez pas « naturel » lorsque vous dites que « l’hétérosexualité est une chose naturelle ».

            Et je suis ravi d’apprendre que vous vous en « foutez totalement » qu’il n’y ait pas de personnages homosexuels dans les films d’animation Disney, vous avez au moins le mérite d’avoir une position politique claire…

            « Naturaliser l’heterosexualité ». Ça a toujours été naturel/normal

            Sur cette question, je vous conseille « L’invention de la culture hétérosexuelle » de Louis-George Tin, et « L’invention de l’hétérosexualité » de Jonathan Ned Katz.

          • Oui l’hétérosexualité est naturelle dans le sens de l’Histoire pour perpétuer l’espèce humaines. Mais cela ne veut pas dire que toute autre orientation n’est pas naturelle. Si l’on ne prend pas en compte le but premier des relations sexuelles au niveau genre humain qui est d’assurer la descendance, il n’y a aucune sexualité qui soit plus naturelle que d’autre.

            Pour Disney en quoi est-ce un problème que dans UN film il y ait des hétéros et non des homos ? Le plus important c’est l’histoire que l’on veut raconter. S’il y a besoin que les personnages soit hétéros ça ne cause pas de tord aux homos.
            Le seul soucis c’est qu’il y a très peu de films qui mettent des héros homos.

            Mais qu’on soit choqué qu’un film ne parle pas d’amour entre hommes ou entre femmes est idiot.

          • @Waren:

            « Si l’on ne prend pas en compte le but premier des relations sexuelles au niveau genre humain qui est d’assurer la descendance, il n’y a aucune sexualité qui soit plus naturelle que d’autre »

            +1 pour dire que toutes les sexualités sont légitimes, par contre je partage pas l’idée que la sexualité aurait objectivement un « but premier » de base, qui serait valable pour tout le monde.

            alors oui moi individu humain j’espère certaines choses d’une relation sexuelle, ça peut être faire un bébé ou du plaisir, ou encore d’autres choses mais bref. Par contre, il est où ce fameux « genre humain », comment il fait pour avoir ce pouvoir de doter la sexualité humaine d’un « but premier »? Et comment vous les connaissez, ses buts au genre humain?

            Mais peut-être que c’est justement ce que vous vouliez dire, que ça n’a pas de sens de juger la sexualité des gens sur la base de ce soit-disant projet de l’évolution, et alors OK je suis d’accord!

            mais juste je trouve votre formulation un peu perturbante, car le genre humain n’a pas de projet justement (pas plus que l’histoire n’a de sens d’ailleurs), il s’agit d’un concept biologique pour étudier le passé, et qu’on peut définir, en simplifiant à peine, comme « la succession des générations d’individus qui nous ont précédés ». ça ne nous aide en rien à faire des choix dans nos vies, et ça ne tient pas 2 secondes comme base pour fonder un raisonnement moral.

  5. Merci pour cette excellente analyse.

    Comme vous le soulignez très bien, chez de nombreuses espèces animales, la femelle est en moyenne plus grande que le mâle, ce qui est généralement le cas chez les rapaces diurnes et nocturnes.
    Cela rend d’autant plus ridicule le choix de la taille des aigles dans le film animé sur Pocahontas.

  6. Vous êtes complètement atteints. C’est hallucinant. Quelques remarques comme ça…
    La biologie, ça vous parle ? La nature, les animaux (auxquel Zootopia se réfère LOGIQUEMENT), non ? Vous connaissez beaucoup de femmes aussi larges musculairement que Dwayne Johnson ou Dave Bautista ? Le fait que le père indestructible soit légèrement obèse en début de film ne joue-t-il pas sur se représentation caricaturale de la masculinité ? RALPH LA CASSE, EN TANT QUE DÉMOLISSEUR D’IMMEUBLE ET CARICATURE DE MÉCHANT DES 80’S, EST-IL CENSÉ AVOIR UN CORPS DE HARICOT SEC ? Et sa comparse, pilote de course, est-elle censée être une montagne de muscle ? Avez-vous juste pensez un seul tout petit instant à la logique installée par la vision artistique même des oeuvres ? De leur contexte historique ? Doit-on modifier l’histoire et la RÉALITÉ pour vos stupides considérations exacerbées de personnes incomprises à cause de leurs prises de position extrêmistes ? Le passé est instructif. Il nous montre ce qui a été fait et par extension ce qui ne doit plus être répété. La présence même de ces stupides constatations donne d’ailleurs vie à vos élucubrations. Je ne perdrai pas plus de temps à démonter une logique stupide et bas de plafond qui omet naturellement la biologie fondamentale et la réalité de notre histoire. Essayez au moins, parfois, de vous remettre en question, et ce sans éternellement retourner les accusations des autres contre eux.

    • Feminisme 8.4 la nouvelle extention

      Putain merci. Il suffit de lire la myriade de texte scientifique expliquant la logique derriere le fait que l’homme est plus fort ohysiquement et a un corps beaucoup plus devellopé que la femme. Et oui c’est biologique et non societale.

    • Vous pensez que les muscles de Dwayne Johnson se sont développés naturellement comme ça ? Ou plutôt qu’il a travaillé son corps pour ressembler à ça ?

      • Vous pensez qu’à paramètres de base et efforts fournis égaux, une femme pourrait être plus forte physiquement qu’un homme et développer une musculature similaire ? Désolé, mais non. Ça s’appelle la biologie élémentaire et l’évolution. Quant à savoir si cela peut s’inverser ou se balancer, seul l’avenir lointain nous le dira.

        • L’avenir lointain ne pourra nous le dire que si les normes de genre changent…
          Si les films d’animation (et autres) continuent de valoriser les hommes forts, grands, musclés, puissants, etc., les femmes minces, petites, sans muscles apparents, etc., et les couples hétéros avec des hommes plus grands, larges et musclés que les femmes, c’est sûr que rien ne changera.

          • Et c’est en musclant les femmes comme des armoires à glace qu’on va inverser une tendance qui a déjà – il est toujours bon de le rappeler – une foultitude de contre-exemples (que vous évoquez à peine mais qui existent bel et bien) ? Prenez 10 minutes par jour à observer les gens dans un métro, et au bout d’une semaine, revenez m’affirmer un ratio égalitaire du nombre de femme dépassant 1m80 par rapport à la gente masculine. On en rigolera deux secondes et demi.

            Cette fameuse « norme de genre » est NATURELLE !!! N’avez-vous jamais appris ça à l’école ? Un homme est statistiquement plus grand qu’une femme. C’est une MOYENNE. Et je pourrais m’attarder sur le besoin d’identification et les objectifs marketing qui donnent vie à ces dessins animés, mais tout est résumé sur ce simple constat.
            Introduire aussi les animaux dans cette analyse est ridicule. Car une fois de plus, pouvez-vous me garantir que nous approchons d’une parité en terme d’espèces où la femelle est plus grande que le mal ? Et abordons-nous la faiblesse psychologique non-voilée des hommes qui sont pris en exemples dans cet article ?
            C’est usant.

          • Biologiquement, les femmes est conçu pour avoir une musculatures fines afin d’être la plus endurante possible. Une femme est biologiquement prédisposé à effectuer des springt et garder une vitesse de course… Durant les temps préhistoriques, je doute que les femmes restaient dans la grotte… Ils n’y a que voir les femmes d’aujourd’hui, qui endure, vie pro et privé dès fois sans aide, alors que les hommes peine avec leur vie pro.

            J’ai parler que biologiquement avec des faits avéré. Et oui une femme n’aura jamais des muscles gonflettes (car les hommes archi musclés sont le produit de produit pour gonflés les muscles) L’homme est fait pour avoir des muscles sec, robuste et qui permet de bien ce déplacer pour la chasse.

          • Vous avez tout à fait raison !!!

            Je me permets de citer Françoise Héritier, dont les travaux permettent de déconstruire ces « evidences » :

            « L’alimentation des femmes a toujours été sujette à des interdits. Notamment dans les périodes où elles auraient eu besoin d’avoir un surplus de protéines, car enceintes ou allaitantes – je pense à l’Inde, à des sociétés africaines ou amérindiennes. Elles puisent donc énormément dans leur organisme sans que cela soit compensé par une nourriture convenable ; les produits « bons », la viande, le gras, etc. étant réservés prioritairement aux hommes. (…) Cette « pression de sélection » qui dure vraisemblablement depuis l’apparition de Néandertal, il y a 750 000 ans, a entraîné des transformations physiques. À découlé de cela le fait de privilégier les hommes grands et les femmes petites pour arriver à des écarts de taille et de corpulence entre hommes et femmes. » (dans une interview pour libération)

  7. Bon, comme d’habitude. Une personne qui se permet d’attaquer les stéréotypes EST ATTAQUÉE PERSONNELLEMENT en retour. Rien de nouveau.
    Merci à tous ceux qui dénoncent les stéréotypes et leurs mécanismes de production – reproduction!
    Merci d’envisager un Univers de représentations plus divergentes et différentes.
    Merci de vouloir libérer nos imaginaires !

  8. Lorsqu’on pense comme un marteau tous les problèmes ressemblent à un clou : cette « démonstration » souffre de problèmes de logique de base et aborde le problème par le mauvais bout.
    Statistiquement, dans la réalité réelle, les hommes sont plus grands, plus forts, courent plus vite que les femmes. Désolé mais c’est comme ça. Donc demander aux animateurs de nier ça, lorsque la logique narrative ne le demande pas, hum-hum. Idem pour les animaux : vous écrivez « Alors que chez beaucoup d’espèces animales, les femelles sont plus grandes et/ou imposantes que les mâles », en effet mais ça reste l’exception !
    Par contre, critiquer que même les guerrières aient des physiques de nymphe, ça oui, pas de problème. Que l’animation reproduise les schémas du patriarcat, évidemment, comme tous les objets culturels, of course.
    Le reste ne tient pas debout.

  9. Certes les hommes sont plus grands et musclés que les femmes en moyenne. Toutefois dans les exemples cités cette différence est renforcée au point d’être caricaturale. Un peu comme Hergé qui dessinait les noirs avec des lèvres faisant la moitié de leur visage (non je n’exagère pas). Personnellement je pense que quand on accentue certains traits surtout ainsi, ce n’est pas neutre.

    Sinon peut-être est-ce que l’ancien lecteur de strange en moi nuit à mon objectivité, mais je ne suis pas cet article sur un point : spider-man new generation.

    Le caid est UN personnage du film. D’ailleurs il casse le cliché du balaise décébré. En effet le caid est un génie crminel et c’est respecté dans le film. Un autre élément intéressant est de montrer derrière tous ces muscles quelqu’un de faible. En effet il se berce d’illusions en quête d’un paradis perdu (récupérer sa famille) tout en refusant de voir les conséquences et l’impossibilité de son projet. Or les personnages faibles (surtout les méchants) sont généralement montrés comme intellos fragiles (Scar dans le roi Lion et le prince jean dans Robin des bois)

    Quant aux autres personnages les clichés sont évités. Tous ont des physiques réalistes. La mère de Miles n’est pas particulièrement mince. Gwen l’ait raisonnablement et n’a pas une poitrine opulante. Les hommes ne sont pas des armoires à glace notamment Miles Morales. Peter Parker a même du bide. Quant au père de Miles sa musculature reste raisonnable et logique avec sa profession de policier. De plus il est montré comme sensible (chose considérée comme dévirilisante). Bref le coté humain du comics est respecté avec son héros ordinaire qui se trompe, échoue, a peur… et des méchants plus appitoyants que détestables.

    • Je ne dis pas que tous les personnages masculins de films d’animation sont des armoires à glace, mais juste qu’il y en a souvent un (ou plusieurs) de particulièrement massif, qui garantit que la (sur)puissance sera du côté des hommes, et que les interactions importantes entre des hommes et des femmes ont lieu entre des hommes plus grands et costauds que les femmes en question.
      Le père de Miles est beaucoup plus grand et baraqué que sa mère.
      Le méchant est beaucoup plus grand et baraqué que la méchante.
      Et dans la clique des spider(wo)men, il y a 3 hommes plus grands et costauds que les 2 femmes (j’exclue le petit cochon).
      Donc, pour moi, ça s’inscrit vraiment dans la tendance que je décris.

      • J’avais compris que vous ne critiquiez pas tous les films d’animations ainsi que les messages sexistes véhiculés contenus dans ces différences physiques si appuyées.

        Sinon quitte à passer pour un borné (ce qui est peut-être vrai), je ne suis toujours pas d’accord pour Spider-man : new generation.

        Que se soit en hauteur ou en largeur Miles est à peu près au même niveau que Gwen. Quant à Peter Parker et Spider-man noir l’écart de carrure reste raisonnable contrairement aux autres films que vous citez. De plus si ils sont plus grands, c’est surtout du fait de la différence d’âge.

        Et il n’y a pas que le physique mais aussi l’esprit qui s’en dégage. Dans la belle au bois dormant, le prince est plus costaud et aussi agit. Alors que la belle au bois dormant reste passive avant de servir de récompense.

        Or dans New generation Gwen et la japonaise ne sont pas en reste et participent à l’action. Gwen se montre même plus efficace et surtout perspicace que Peter Parker pourtant plus expérimenté.

        On voit cela également chez les méchants. D’accord le caid est bien plus costaud. Mais Octopus n’est pas une sylphide à la disney non plus. Et surtout elle n’use pas des armes habituellement réservées aux méchantes comme la ruse ou la séduction. Au contraire elle se bat avec talent. De plus c’est une spécialiste de la mécanique une activité considérée comme masculine.

        Et aussi c’est méchant d’exclure Spider-cochon, très méchant !

      • Bonjour,

        N’oubliez pas que la méchante de spider man remplace le docteur Octopus qui était un homme. Et qui a sensiblement le même gabarit qu’elle (en tout cas la même taille).

        Je rajoute qu’il y a une femme et une fillette. D’ailleur Vanelope est aussi une fillette pour moi. Et la femme est de l’age De Miles et fait sa taille.

        C’est tout pour moi

  10. Je trouve certains commentaires précédents assez illustratifs du propos de cet article, c’est à dire comment les représentations (artistiques, cinématographiques) contribuent à appuyer les normes de genre. On s’en tape de vos observations du métro à deux balles: ce qui compte, ce n’est pas que machin soit plus grand et plus musclé que machine, mais que la musculature et la taille de machin soit présentée comme une caractéristique supérieure, légitimant certains stéréotypes (les femmes comme choses faibles et fragiles).

    • C’est juste une représentation (parfois exagérée : cartoon style) du réel. Je sais que la biologie (genres, etc), l’histoire, et la science en général n’ont plus trop la cote avec nos sjw indignés (avec 10 ans de retard sur leurs homologues américains dégénérés), mais quand même…il y a d’autres combats bien plus importants pour soutenir les femmes, leurs libertés, la sécurité, etc (le voile, le multiculturalisme, etc imposés dans les pubs, le cinéma, sont bien plus graves que ces details physiques sans importance).

  11. Chez les animaux, les humains sont une espèce où mâles et femelles n’ont pas une différence physique si importante que le monde du divertissement tente de nous le faire croire. Il y a des exceptions, bien sûr, chez les deux sexes, mais la plupart du temps mâles et femelles sont proches physiquement.Pour les performances physiques, c’est du même ordre.

    Il n’y a aucune loi naturelle qui dit que les hommes sont plus forts que les femmes.
    Un homme entraîné est plus fort qu’une femme non entraînée ou un homme non entraîné. Une femme entraînée est plus forte qu’un homme non entraîné et qu’une femme non entraînée.

    Je ne suis pas aussi fort qu’une sportive de haut niveau même si je suis un homme.

    Il ne faut pas non plus conclure qu’un homme est plus fort qu’une femme sans prendre en compte que les hommes mettent plus d’agressivité dans leurs gestes, notamment ceux en rapport avec la preuve de leur virilité, ceux en rapport avec la démonstration de leur force physique supposée. Chose que j’ai pu observer même chez des hommes à la musculature inexistante. Les hommes se conforment aux stéréotypes que la société dans laquelle ils vivent leur applique. L’agressivité est un stéréotype valorisant pour les hommes.

    La musculature chez les hommes et les femmes se développe selon l’utilisation que l’on en fait. Les hommes ont un volume musculaire plus important en moyenne, ce qui veut dire que ce n’est pas une règle. Si il est facile d’utiliser des données statistiques pour faire des généralités, la réalité est tout autre. Chaque individu est différent quel que soit son sexe. C’est la génétique qui prédispose à être plus ou moins massif musculairement et non le genre.

    Quant à voir un rapport entre force et musculature hypertrophiée c’est une erreur, les deux choses ne sont pas liées. Les gros muscles sont dépendants des tendons et des articulations, deux choses qui ne se développent pas proportionnellement avec la masse musculaire et qui pourtant jouent un rôle essentiel dans l’application efficace de la force musculaire. Je parle là des musculatures à visée esthétiques produites en salle avec des produits dopants comme beaucoup d’acteurs désormais sont les représentants.

    Dans le divertissement mondial – films, bd, jeux vidéos – sont reconduits des stéréotypes patriarcaux, c’est un fait. Les modèles d’hommes et de femmes ne correspondent à aucune réalité naturelle. Tout comme dans les magazines pour public féminin les modèles de femmes ne correspondent pas à la réalité.

    L’hypertrophie de la musculature est sensée représenter graphiquement la puissance physique et morale du personnage masculin, sa capacité à agir et à être efficace dans l’action. Alors que les personnages féminins sont relégués au second plan. Ils doivent être sexy selon les normes hétérosexuelles, désirables pour les hommes.

  12. Cette étude est beaucoup plus réfléchie que je le pensais en ouvrant le lien. A peu près tous les films à utiliser en guise d’exemples ou contre-exemples ont été mentionnés et à bon escient (j’ai vite pensé à Monstres vs Aliens).

    J’ai quelques réserves sur certains sujets en revanche:
    – Nous connaissons depuis cette dernière décennie une avancée sociale sans précédent avec des personnages féminins forts présent, souvent indépendants et qui font une réelle avancée dans leur vie (Raiponce, Moana, Judy Hopps, La Princesse (et la grenouille)…)
    -Les différences disproportionnées en Ralph en Vanneloppe sont issus des jeux dont ils sont originaires, le premier est un méchant dans un jeu où il détruit tout; la seconde est un personnage d’un jeu de course type Chibi (corps ridicule surmontée d’une tête proéminente)
    – Cinématographiquement les méchants sont très souvent disproportionnés pour accentuer leur côté monstrueux (Caid, Ursula, Maléfique, Mme Mime…)
    -Certains des personnages que tu décris joue le rôle de la femme séductrice, et on le physique et le comportement qui y correspond, comme Helga d’Atlantide.

    Au-delà de ça j’approuve les progrès que le cinéma a pu faire sur les différences physiques entre protagoniste masculin et féminin (Dragons, Matrix, etc.) même si cela reste presque anecdotique.

    Je suis optimiste et pense que cela va aller grandissant, avec possiblement dans la prochaine décennie des films d’animations qui ouvriront vraiment sur les minorités relationnelles (homosexualité, bisexualité, non-binarisme…) même si cela prendra du temps.

    Comme dit par Paul RIgouste, il me semble, ce sont les lobbies qui demandent ces produits, et ce sont eux qui influent. On peut les remuer pour accélérer le pas, mais attention à ne pas les froisser si on ne veut pas assister à un recul des mentalités dans les films destinés au prime abord à nos chers Chérubins…

    Ceci dit tu pourras constater que sur des séries (je pense notamment aux animés japonais, toujours en avance sur l’occident) même si certains plans plus ou moins réguliers évoquent un certain érotisme et une sexualisation des personnages, les femmes sont souvent de la même taille ou presque que les hommes, sauf enfant. les poitrines saillantes sont trop souvent de mode, accompagnées de jupes très courtes, mais on a de plus en plus à faire à des femmes qui ont une carrure équivalente à celle des hommes (qui ne sont ici pas sous stéroïdes) et leur esprit est bien plus développé que dans nos productions. Je serais heureux de lire tes critiques sur Sword Art Online, Elfen Lied, Fairy Tail; Tokyo Ghoul.

    Mes félicitations pour cet article qui m’a bien fait réfléchir sur certaines choses malgré mon côté bien pensant !

  13. La question de la représentation des corps dans les longs-métrages d’animation est importante et intéressante cependant, je regrette que vous n’utilisiez pas le scénario des films pour développer votre analyse. Certains de vos exemples sont, en effet, des films qui utilisent les représentations physiques traditionnelles pour transmettre des messages sains et nécessaires aux spectateurs.
    Prenons l’exemple de « Vaiana ». Le personnage éponyme apparaît en effet plus mince et fragile que le puissant demi-dieu Maui. Ce design associé à la prophétie racontée par Tala permet au spectateur d’imaginer que Maui est le véritable héros du film, le seul être capable de vaincre la menace incarnée par Te Ka. Or, ce sont les qualités de Vaiana (son courage, sa détermination, son intelligence et son empathie) qui sauveront le monde car elle seule est capable de reconnaître Te Fiti souffrante derrière le monstre de lave. Le film valorise donc les qualités de l’héroïne plus que la force et les dons de Maui. Ce message est renforcé par l’attitude de la déesse et les regards qu’elle adresse à chaque personnage.
    De même, dans « Les Indestructibles », Robert doit apprendre à ne pas compter que sur sa force spectaculaire. Il doit se montrer plus attentif envers les membres de sa famille et comprendre qu’ils ne sont pas une faiblesse mais sa plus grande force.
    Beaucoup de longs-métrages d’animation minimisent les bienfaits de la force pour apprendre au public à se reposer davantage sur des qualités morales ; je trouve dommage que cette finalité ait été écartée de votre grille de lecture.

  14. Si l’auteur/autrice de cette tartine de vent avait passé une seule journée en école d’art, il saurait qu’il vient de remettre en cause LE concept de base de la création artistique : exagérer le réel (! oui, parce que dans la vie, les hommes sont généralement plus larges et hauts) pour mieux le représenter.
    Mais bon, allez donc demander a un SJW de se renseigner sur son sujet…

    • Trop bien que LCEP reprenne du service!!! Merci Paul <3

      @Logical:
      Votre affirmation est discutable, ne serait-ce que parce que s’agissant d’art rien ne fait jamais consensus en fait! Wikipedia s’y résigne en écrivant:

      « Le seul point sur lequel les théories de l’art s’accordent est qu’il s’agit d’un fait humain, et d’une pratique sociale. »

      Et pourtant cette très faible « définition » s’avère encore trop restrictive, car l’Homo Erectus (donc une espèce non-humaine) aurait déjà fait preuve de création non-utilitaire (lien en anglais)! c’est pour l’anecdote, perso je trouve ça fascinant mais j’avoue c’est HS.

      En tout cas je vous mets au défi de trouver une seule approche créative, quand bien même certaines écoles d’art l’érigerait en dogme fondamental, qui n’aie jamais été questionnée, critiquée, réfutée, transgressée.

      (En l’occurrence ce que vous appelez « LE concept de base » serait réfuté selon vos propres critères par l’existence d’une seule oeuvre dans laquelle les femmes sont globalement plus grandes ou baraquées que les hommes, du coup si je vous suis bien?)

      Pour finir, je vous encourage à vous poser la question de qu’est-ce qui vous perturbe tant dans cette « tartine de vent » pour que preniez le temps de la lire en entier et d’y répondre par deux commentaires agressifs et n’invitant donc pas franchement au dialogue. Quel est votre but en fait?

  15. On peut aussi dire que les hommes sont moins beaux que les femmes dans les films d’animation (Ralph, Maui qui est un demi dieu, la bête dans la belle et la bête…), c’est juste complètement idiot. D’ailleurs je ne sais pas si vous êtes déjà allés en forêt, mais un lapin est moins grand qu’un buffle (eh oui). Enfin ce n’est pas à cause des vilains dessins animés sexistes que les femmes sont plus petites et moins musclées naturellement, mais c’est plutôt l’inverse non ? Comme les femmes sont plus petites et moins musclées en général (même si c’est très sexiste, oula la), les dessins animés les représentent très belles (CE QUI M’OPRESSE) et plus petites.

    • Je sais pas si vous êtes déjà allé-e en forêt mais il n’y ni dragons ni superhéros et les animaux ne parlent pas, comme quoi le « réalisme » n’est clairement pas toujours une préoccupation pour les créateur-ices de dessins animés 😉

      Evidemment vous ne vous seriez pas embêté-e à commenter si vous n’aviez pas envie de comprendre, et d’échanger sur l’article ci-dessus, car internet est vaste etc. Donc il me semble que vous avez simplement dû lire un peu vite, ou alors c’est moi qui n’ai pas bien lu votre commentaire, car je le trouve légèrement hors-sujet, comme si vous répondiez à l’affirmation « représenter les femmes légèrement plus petites que les hommes, ce qui reflète les différences moyennes de taille dans la population humaine, est sexiste. » Or, pas du tout je vous assure, si le sujet vous intéresse sincèrement, relisez!

      je me permets de reproduire le premier paragraphe à titre d’exemple en surlignant les passages que vous avez manifestement survolés:

      Je voudrais attirer l’attention sur une tendance lourde du cinéma d’animation contemporain, qui consiste à exacerber jusqu’à la caricature les différences de taille, de carrure et/ou de musculature entre corps masculins et féminins. Dans l’immense majorité des films d’animation, les hommes sont en effet plus grands, plus larges et plus musclés que les femmes, et cet écart physique atteint souvent des proportions absolument délirantes.

      D’accord ou pas d’accord avec ce point de vue (et avec l’argumentation précise et circonstanciée qui suit)? Voulez-vous en discuter? Bisous 😉

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