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Les mondes de Ralph : un Disney étonnamment progressiste

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Attention spoilers !

Ayant vu récemment au cinéma le dernier Disney sorti pour Noël (car oui j’ai beau critiquer, il m’arrive d’aller voir Disney au cinéma !) j’ai été étonnée et ravie de voir que le film était nettement plus progressiste que ses prédécesseurs.

Tout d’abord le film propose des personnages au physique relativement non-aphrodiste, le héros, Ralph est extrêmement baraqué, loin des canons de la beauté Disney et son compagnon Felix est tout petit, aux traits plus comiques que séduisants.

Les personnages féminins sont eux plus conventionnels, Vanellope est une jolie petite fille et le sergent Calhoun une beauté sculpturale moulée dans une combinaison en latex.

Cependant les personnages féminins sont intéressants car ils ne sont pas de simples faire-valoir des héros masculins ou uniquement préoccupées par le grand amour (préoccupation numéro 1 des femmes chez Disney !), Vanellope et Calhoun ont des désirs et des préoccupations propres, indépendamment des hommes. Les femmes font preuve d’héroïsme et sont capables de gérer des séquences d’action. Certaines scènes sont même absolument délectables d’un point de vue féministe : comme lorsque deux garçons refusent de laisser leur place à une fille sur un jeu tout rose et que celle-ci finit par jouer à Hero’s Duty (variante de Call of Duty). Ou lorsque Vanellope sort de sa robe de princesse en disant « c’est pas moi ça » !! Une fille chez Disney qui refuse d’être princesse ????????

De plus le gros balaise est juste en manque d’amour et de reconnaissance tandis que la petite fille est super casse-cou, le sergent Calhoun est héroïque tandis que Felix est super romantique… On inverse un peu les traditionnels rôles genrés et ça c’est cool.

Le couple Calhoun/Felix est intéressant car il est rare de voir un couple aussi mal assorti, dans Le bossu de Notre-Dame, Quasimodo laisse les deux « beaux » être ensembles et dans Shrek, Fiona s’enlaidit pour épouser son ogre bien-aimé. Ici Felix et Calhoun s’aiment et se marient en dépit de leurs différences. Certes la supériorité physique et l’héroïsme du sergent Calhoun face à Felix sont source de gags mais leur histoire reste touchante.

On retrouve également des idées plutôt sympathiques comme une réflexion sur l’exclusion, la possibilité de changer son destin, l’amitié et le fait de pouvoir faire de sa différence une force.

Certes le film reste un Disney et n’est donc ni révolutionnaire, ni subversif mais reste à mon avis bien plus progressiste que l’auto-proclamé féministe Rebelle.

 Julie G.

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10 réponses à Les mondes de Ralph : un Disney étonnamment progressiste

  1. Je suis le blog depuis quelques temps et je vais réagir un peu sur ce film parce que j’ai rarement été aussi agacée au cinéma. Sans doute parce que les mondes de Ralph possède effectivement les bons points que vous avez souligné mais également d’autres très mauvais points qui sont d’autant plus remarquables que certains éléments prouvent véritablement une évolution chez Disney.

    Le problème c’est que le film manque de cohérence dans son message… Il m’a donné l’impression d’avoir pris des libertés puis d’avoir été subitement effrayé par ces libertés et essayé de se corriger en cours de route.

    On a un univers avec une logique interne qui se tient : les personnages de jeux-vidéos ont une conscience. Quand ils jouent, ils travaillent, et une fois la salle d’arcade fermée, ils peuvent aller de jeu en jeu, se retrouver au bar, etc, etc. Leur but c’est de ne pas être mis à la casse pour dysfonctionnement ou ringardise sinon ils se retrouvent à la rue comme le pauvre Qbert.
    Ralph, le héros est victime d’une injustice assez ignoble : il est traité comme un sombre étron sous prétexte que son job est d’être méchant. Pas de gâteau pour lui, il habite dans une poubelle et on le fuit dès qu’il arrive. Du coup, il craque et se rend aux méchants anonymes pour geindre avec les autres. Il aimerait être gentil pour être mieux traité. Compréhensible… mais HORREUR ! S’il se met à être gentil, il bouleversera l’équilibre du monde. Même les autres méchants le disent. Ne deviens pas gentil ! Tu es un méchant enfin ! Mais quel égoïste ce Ralph que de songer un seul instant à avoir une vie meilleure !

    Le problème, ce n’est pas Ralph, c’est le monde où il vit. Un monde où on assimile le boulot d’une personne à l’identité de cette personne. Un monde où si l’on joue le méchant, on est traité comme un méchant. Alors que tout le monde est, parallèlement montré comme ayant conscience de jouer un rôle (un des habitants de « niceland » le mal nommé, immeuble du monde de Ralph, dit d’ailleurs qu’il se « met dans son rôle »). Alors pourquoi traitent-ils Ralph de la sorte ? C’est comme si les acteurs d’une troupe jouant, je ne sais pas, l’Avare, excluaient leur Harpagon.
    Et pourquoi ça pose tant de souci de changer de méchant par exemple. A la fin du film, on voit des personnages provenant d’autres jeux vidéos intégrés dans Fix-it Felix et ça passe très naturellement.

    Enfin, admettons qu’on ne puisse pas changer de rôle. Dans ce cas, les habitants de Niceland sont ceux à qui on doit faire la leçon. Ceux qui doivent évoluer et changer de point de vue d’ici la fin du film…
    Sauf que JAMAIS ils ne changeront de point de vue ! La seule minuscule remise en question vient de la part du « gentil » du film, héros du jeu de Ralph : Fix-it Felix, qui, pendant une fraction de seconde, geint en disant à Ralph : « Tu ne peux pas savoir ce que ça fait d’être exclu et traité comme une fiente. » et Ralph de répondre : « heu… vous me faites subir ça quotidiennement. » et Felix, ce gros malin : « noooon ? C’est vrai ? Je savais pas ! »
    Et c’est tout !

    Pis encore, on, renforce la légitimité des habitants de Niceland en autorisant même l’un d’entre eux, le moustachu avec qui Ralph a parié un appartement contre une médaille, à faire la leçon à leur outsider : « Ralph, ça ne va plus du tout ! En essayant d’obtenir notre respect à nous qui te traitons injustement depuis trois décennies, tu nous as tous mis en danger ! Quel égoïste ! Comment oses-tu bouleverser l’équilibre de notre groupe en sortant de ton rôle de bouc émissaire qui nous unifiait jusqu’à présent contre toi ! »
    J’ai trouvé ça incroyable qu’un type qui devrait être l’antagoniste ultime du film se trouve en position de mentor paternaliste qui va, justement, pousser Ralph à se remettre en question et à réparer ses « erreurs ».

    L’attitude de Ralph ne fait pas que changer sa vie (puisqu’à la fin du film, après un genre de sacrifice dans une montagne de coca-cola, Ralph gagne magiquement le minimum syndical de respect de la part des habitants de niceland dont les pensées n’ont pas eu l’air pourtant d’évoluer des masses jusque là) puisqu’il va aussi aider un autre bouc émissaire à s’en sortir : Vanellope von Schweetz.
    Elle est un « bug » ce qui fait qu’elle est exclue de son jeu et ne peut d’ailleurs pas non plus en sortir, Son rêve, c’est de faire la course avec les autres et on la comprend puisque le statut des coureurs et d’être adulés par un peuple de sucreries enthousiastes. Bref, malgré son côté relativement insupportable, on peut la suivre, on peut rêver de la voir transcender son statut et devenir un vrai personnage de ce jeu dans lequel elle est, de toute façon, prisonnière…

    Sauf qu’on nous apprend qu’en réalité, faire d’elle une véritable coureuse automobile, c’est rétablir l’ordre des choses puisqu’elle a été programmée pour cela initialement et que c’est l’unique personnage foncièrement négatif du film qui est responsable de ce changement et qui lui a volé sa place.
    Donc, elle n’est pas un bug qui change son destin à la Aladdin (qui, de toute façon, partait lui-même avec des atouts majeurs ayant le physique de Tom Cruise…), ou Belle (Idem) non, comme Raiponce, elle était destinée à être une princesse (oui parce qu’en plus d’être une coureuse automobile, elle est surtout une princesse bien qu’elle refuse les fanfreluches à la fin) elle était programmée pour ça, elle l’avait dans le sang (le code).
    En gros, Ralph, en essayant de changer son statut injuste, a aidé à conserver le statut quo dans un autre jeu… avant de revenir lui-même dans son propre jeu où il est mieux traité quand même (depuis trente ans que les maltraitances duraient, il était temps, j’ai envie de dire) mais où il reste le méchant. D’accord.

    Pis-encore, je crois, le comportement de Ralph est sans cesse assimilé à celui d’un autre personnage de jeu : Turbo, qui, par peur de devenir dépassé et donc, d’être mis à la casse, a envahi un jeu concurrent que sa présence a fait planter au point de devoir le débrancher.
    Ce personnage est également le vrai méchant du jeu de Vanellope, et donc l’ignoble usurpateur qui a fait de la vie de la « princesse » un véritable cauchemar. Alors oui, son attitude destructrice est problématique… Mais ses motivations sont parfaitement compréhensibles.

    On a eu d’autres « méchants » aux motivations compréhensibles dans des dessins-animés pour enfants. Papi Pépite dans Toy Story 2 était le jouet délaissé de la gamme et il désirait une nouvelle vie au musée où il serait admiré comme il ne l’avait jamais été jusque là. Pixar nous montre que c’est compréhensible, ce qui n’empêche pas ce personnage d’être « méchant » à partir du moment où son désir empiète sur ceux des autres, mais chez Disney ce n’est pas seulement mal de vouloir améliorer son statut en détériorant celui des autres, c’est mal de vouloir changer de vie tout court !

    Le problème c’est que personne n’admet jamais qu’il est compréhensible, voire légitime de ne pas vouloir finir à la casse, de ne pas vouloir, comme Ralph, passer sa vie maltraité et méprisé par ses semblables. Non, l’attitude à avoir, l’attitude qui permet d’obtenir un minimum de compassion, c’est se laisser faire, c’est mendier comme Qbert et attendre désespérément qu’on nous sauve. Essayer de changer son destin tout seul, c’est se montrer abominablement « égoïste ».
    … Je caricature un peu, mais c’est ainsi que je l’ai ressenti.

    A côté de ça, bien sûr, je le redis, il y a les très bons points que vous avez souligné mais tout ça m’a vraiment dégoûté. Je ne m’attendais pas à un chef d’oeuvre mais un peu de cohérence aurait fait du bien (surtout si on compare ce film à d’autres productions, Deamworks notamment où l’on a développé l’idée d’un héros méchant se voulant gentil pendant des années, où l’on admet bien plus facilement un changement définitif (Dragons, le Prince d’Egypte) et où le héros n’est jamais critiqué pour avoir désiré changer de vie)

    • Bonjour,

      Personnellement le fait que Ralph soit rejeté par les autres a cause de son travail, m’a personnellement fait pensé à une métaphore de la discrimination, on rejette les autres à cause de leur « nature » sans chercher a savoir ce qu’il y a derrière…

      Par qu’être « antagoniste » n’est pas seulement le travail de Ralph, pour moi c’est aussi sa nature (il est conçu par les ingénieurs comme un antagoniste).

      Saul que s’il est un « antagoniste », il n’est pas un « méchant » dans le sens ou il est plus qu’un stéréotype…

      Donc pour moi le film s’interprète plutôt comme un message de tolérance nous disant que les gens sont plus que des stéréotypes.

      Après effectivement il y a ambiguïté, si vous considérez comme un simple travail de rôle de méchant, la réaction des autres est complètement illogique.

      Effectivement la réaction du moustachu m’a choquée mais je ne l’ai pas trouvé absurde puisque nombreux sont les gens qui refusent d’admettre leurs erreurs. Plutôt que d’admettre que lui et les autres habitants sont responsables du désastre il préfère rejeter la faute sur Ralph… A près le film lui donne en partie raison ce qui m’a dérangé…

      Personnellement j’ai eu peur d’un « Rebelle Effect » (cf la critique sur le site), c’est-à-dire un perso qui tente de changer sa vie et ne crée que des catastrophe, ce qui enverrait le message : « n’essayez pas de changer de vie il n’y aura que des catastrophes… » mais si Ralph manque de détruire deux jeux par ses actes, il permet aussi de changer les choses et de les améliorer pour lui et Vanellope…

      Le coup de Vanellope qui est en fait la princesse ça m’a tapé sur les nerfs, mais d’un autre côté elle refuse plus ou moins d’être princesse et garde les choses qu’elle a appris en étant rejetée.

      Personnellement, j’ai compris différemment la fin pour moi, tout le monde et surtout les habitants de Niceland finissent par comprendre la valeur de Ralph (il a même son gateaux !) et les raisons pour lesquelles il s’est rebellé. Au contraire puisqu’il a réussi améliorer la vie de Vanellope et la sienne, Ralph a eu complètement raison de vouloir changer de vie !!!!

      Donc perso je n’ai pas eu l’impression que le film renvoyait que c’était mal de vouloir changer de vie mais plutôt l’inverse.

      • D’accord, mais des ambiguïtés subsistent quand même à mon sens… (le film donne en partie raison au Moustachu) et je reviens sur ce point : « Par qu’être « antagoniste » n’est pas seulement le travail de Ralph, pour moi c’est aussi sa nature (il est conçu par les ingénieurs comme un antagoniste). »
        On voit quand même des créatures venues d’un autre jeu : Qbert (donc ayant une autre nature) changer complètement d’univers et de travail à la fin en participant au jeu Fix-it Felix donc il ne semble pas impossible de changer de statut dans l’univers de Wreck-it Ralph malgré le fait que les personnages soient programmés…
        (ce détail est un peu boiteux, ils l’ont peut-être ajouté pour remettre une couche de bonheur au happy-end dénué de nuages)
        Enfin, j’ai quand même préféré ce film à Rebelle sur de nombreux plans… (je suis d’ailleurs plutôt d’accord avec la critique du blog que j’ai eu beaucoup de plaisir à lire)

        • Le fait que nous ayons interprété le film de manières radicalement différentes montre qu’effectivement le film est ambigu. Effectivement je n’avais pas pensé a Qbert qui change de travail sans changer de nature, je pense que c’est une petite erreur qui comme vous dites sert à renforcer le happy end.

          Après comme j’ai dit on reste dans du Disney donc quelque chose de très calibré (happy end obligatoire, etc…)

  2. Je viens de voir Les monde de Ralph et je trouve les analyses ci-avant judicieuses mais surinterprétatives, dues à l’approche féministe du site.

    Il semble évident que l’œuvre repose sur l’identification du spectateur et de la spectatrice à Ralph et à Vallenope, identification qui nous permet de nous retrouver position le plus commode et le plus enviée de la modernité : la **victime**. Victime incomprise, rejetée et pourtant supérieure intrinsèquement à ceux qui la rejettent. Cette identification est liée à une véritable manie chez les enfants et les adultes immatures, et cache aux yeux de la société les véritables victimes. Ce n’est pas un cadeau à faire aux enfants/aux gens que de leur suggérer ainsi de se complaire dans la caricature de la victime émissaire.

    Ici, la persévérance de Vallenope ainsi que les déplacements et destructions subversifs de Ralph sont censés légitimer une réhabilitation finale, le nec plus ultra de l’ego comblé étant d’être bien vu par ses persécuteurs qui avaient tous tort. A la fin, Vallenope devenue princesse s’amuse à menacer de mort ses persécutrices puis dans sa grande mansuétude version badine, lève les menaces. Quant au refus de l’héroïne d’être une princesse, non seulement elle n’y renonce que parce que la robe est corsetée et parce qu’elle veut montrer à la société et aux spectateurs qu’elle préfère la démocratie, ou plutôt une démocratie qui célèbre sa présidente comme l’incontestable numéro une (geste du nom en haut de l’affiche), mais encore ce n’est que l’expression d’un dédain mimétique d’être supérieure à ses amies, mimétisme qui à vrai dire définit tout le personnage ; être princesse, c’est bien, refuser de l’être alors qu’on en a le droit, c’est se hisser au-dessus de la principauté, à peu près comme quand Sartre refuse le prix Nobel et entend par là se hisser au-dessus de l’institution. Je vois dans ce refus nullement l’accompagnement sur le plan de la représentation d’une progression féministe mais l’expression d’un orgueil débordant, débridé par le genre que traite le dessin animé, le merveilleux ; le même orgueil poussait Barry Lyndon à souffler la fumée de son cigare sur le visage de sa toute nouvelle épouse.
    Je ne vois là que du politiquement correct destiné à légitimer des conduites mimétiques sous couvert d’une morale pour ainsi dire méritocratique.

    Pour finir, tout le monde à part moi à ma connaissance, et à l’image de Shrek, est tombé dans le piège : les héros nous sont présentés comme des boucs émissaires alors que les vrais boucs émissaires sont Turbo et Lord Farquad, si c’est bien orthographié : tous deux sont tués dans des actes de violence et leurs morts définissent le passage d’une société perturbée et injuste à la même société remise au bon endroit et pacifiée. Cela rappelle les martyres chrétiens à ceci près que nous consommateurs modernes sommes appelés à repasser du côté des persécuteurs qui s’ignorent. Aussi virtuoses que soient la technique et l’ingéniosité utilisées pour produire ses œuvres, j’y vois la manifestation d’un besoin grandissant chez mes semblables d’avoir des boucs émissaires cachées par de faux boucs émissaires, et de devenir de plus en plus des néo-païens en recherche incessante de boucs émissaires cachés.
    Cordialement, NM

  3. De façon assez amusante, Ralph est basé sur Donkey Kong , personnage qui a lui parfaitement réussi à passé du rang de « méchant » à celui de héros…

  4. Ayant vu ce film il y a peu, je partage ce sentiment de bonne surprise. J’y ai aimé notamment plusieurs choses liées au traitement de Vanellope : d’abord, son but de gagner la course malgré sa nature de glitch. A première vue, l’on s’attend à ce qu’elle atteigne son but malgré son handicap (puisqu’il est présenté comme tel, entre les railleries qu’elle subit et les théories sur le danger qu’elle représente pour elle-même et pour tous), ce qui m’aurait personnellement mis mal à l’aise parce que je trouve l’idée que surmonter un handicap n’est qu’affaire de volonté très destructrice pour celleux qui n’arrivent pas à surmonter le leur. Mais il apparaît en fait que l’idée de ce danger de voir Vanellope concourir est une idée répandue, mais construite de toutes pièces. Cette interdiction n’est posée que pour les intérêts personnels des dominants, et une conclusion satisfaisante veut que ces intérêts personnels soient passés outre.
    Ensuite, au sujet de Vanellope qui se révèle être une princesse : j’ai vu que cela décevait certains parce que ça en fait une fille destinée à être une princesse, mais à mon sens ça fait surtout d’elle une dirigeante. On a donc un monde où le dirigeant masculin se maintient au pouvoir par les mensonges et la tromperie, quand la situation initiale et la conclusion satisfaisante comprennent une dirigeante féminine. On ne peut pas dire que Disney soit un habitué de ce cas de figure.
    Avec en outre le rapport entre Ralph et les autres personnages de son jeu, qui confondent l’idée qu’ils se font de lui (le stéréotype du méchant) et ce qu’il est vraiment, qui lui reprochent ce qu’il fait quoiqu’il arrive (on le défie de rapporter une médaille en lui disant qu’il en est incapable, puis on lui reproche tous les problèmes causés par sa recherche de médaille), les contrôles qu’il subit à chacun de ses trajets hors du jeu etc, j’aime globalement les idées présentées dans ce film.

    En revanche Calhoun me pose davantage problème, parce qu’elle a beau être un personnage féminin « fort » (quoi que ça veuille dire), toute son histoire est liée à sa vie sentimentale. Elle n’est pas juste forte et impitoyable « parce que », elle l’est à cause d’une blessure secrète, liée à, tiens, la perte d’un homme. Le point-clé de son histoire personnelle a lieu lors de son mariage. Et tout au long du film, on voit son cœur « reconquis » (bien passivement) par Felix, jusqu’à la conclusion logique pour que la fin soit heureuse : un autre mariage. Visiblement, elle ne peut pas trouver le bonheur sans passer par un conjoint, alors que Vanellope est parfaitement heureuse de se contenter de la course sans songer à se mettre en couple. Une différence entre les deux est que Vanellope est une enfant, le sergent, une femme adulte ; peut-être qu’il est inacceptable qu’une femme adulte fasse ce qu’elle veut sans songer à trouver un mari.

    • Bonjour,

      J’ai tendance à me rapprocher pas mal du premier commentaire de Lau, tout le côté « le méchant du jeu reste le paria en dehors des heures de boulot » m’ayant passablement agacée au visionnage.

      Il y a une autre chose également qui m’a fait tiquer et que Nîme a relevé :

      En revanche Calhoun me pose davantage problème, parce qu’elle a beau être un personnage féminin « fort » (quoi que ça veuille dire), toute son histoire est liée à sa vie sentimentale. Elle n’est pas juste forte et impitoyable « parce que », elle l’est à cause d’une blessure secrète, liée à, tiens, la perte d’un homme. Le point-clé de son histoire personnelle a lieu lors de son mariage. Et tout au long du film, on voit son cœur « reconquis » (bien passivement) par Felix, jusqu’à la conclusion logique pour que la fin soit heureuse : un autre mariage. Visiblement, elle ne peut pas trouver le bonheur sans passer par un conjoint, alors que Vanellope est parfaitement heureuse de se contenter de la course sans songer à se mettre en couple. Une différence entre les deux est que Vanellope est une enfant, le sergent, une femme adulte ; peut-être qu’il est inacceptable qu’une femme adulte fasse ce qu’elle veut sans songer à trouver un mari.

      Non seulement ça, mais en plus, que ce soit pour son ex ou pour Félix, la seule chose qu’elle en retient et qui la fait fondre, c’est que tous deux lui disent « vous êtes/tu es si jolie ».

      Pardon ?!!! On a une femme leader d’armée, intelligente, courageuse et badass, et la seule chose qui compte, tant aux yeux des deux hommes de sa vie qu’aux siens, c’est qu’elle est… jolie ? Zut quoi, c’est juste ridicule et ça tue complètement le personnage.

      On a donc la « nécessité » de la mettre en couple (dont on aurait pu se passer, mais comme le dit Nîme, une femme adulte seule, c’est pas normal, cf. également la Capitaine Amelia dans la PLanète au Trésor) + une relation hyper cliché, artificielle et superficielle.

      Ce n’est pas encore ça, Disney, ce n’est pas encore ça. Et c’est dommage, parce qu’il y a quand même pas mal de bonnes idées dans ce film.

  5. Bonjour,
    « Les mondes de Ralph » est, selon moi, l’un des films les plus innovants dans l’histoire de l’animation Disney!
    L’univers au sein duquel évolue les personnages permet un délicieux mélange d’originalité et de caméos agréables et intelligents, à l’image de l’intervention discrète de Sonic sur l’écran, rappelant les règles de sécurité.
    Ralph, bien que programmé en tant qu’antagoniste, ne se limite pas à la nature qui lui est imposée. Il voyage et rencontre différentes personnalités à l’image du barman Tapper ou des personnages de jeux débranchés. Il se développe au côté de Vanellope et tisse une véritable amitié avec la petite fille.
    Les habitants de l’immeuble se limitent davantage dans leurs activités. La fête organisée pour le trentième anniversaire de Fix it Félix réunit quelques rares personnages en-dehors de la population traditionnelle. Ils se contentent de leur propre stéréotype et dépendent de la volonté de Ralph pour survivre.
    A ma première vision du film, je suis tombé sous le charme du message de tolérance. Ralph est le seul personnage suffisamment intelligent pour redresser la situation. Les habitants devront accepter que ses sentiments triomphent sur sa fidélité au jeu et il leur faudra lui accorder davantage d’estime et de respect s’ils souhaitent entretenir sa loyauté.
    Vanellope est un personnage à la fois progressiste et hilarante. Bien que sa répartie reflète son jeune âge, elle fait preuve de bien plus de détermination et de courage que la plupart des princesses Disney en âge de se marier. Elle ne se plaint jamais des injustices, elle s’en accorde et tire profit de chaque nouvel élément afin de réaliser son rêve. Sa réaction lors de la révélation finale est tout simplement extraordinaire. Elle n’a pas besoin d’artifices, elle est heureuse telle qu’elle est.
    La relation amoureuse du sergent Calhoun et de Felix est une source de rires continuels. Leur romance est laissée au second plan de façon à détendre les spectateurs. Le sergent est une magnifique badass, qui conserve sa personnalité guerrière malgré le romantisme de Felix.
    Un super film sur tous les plans!

  6. Bonjour,

    Je rejoins le premier commentaire de Lau.

    J’ai été agréablement surpris de voir que le film semblait au départ vouloir véhiculer un message d’émancipation des dominés face à l’injustice d’un système de domination qui les oppresse sans raison.

    Mais j’ai été d’autant plus déçu de constater que ce n’était qu’un « pétard mouillé » puisque à la fin, le film explique doctement qu’il faut que les dominés acceptent leur position subalterne pour que le monde survive (rien que ça !).

    Parmi les 3 personnages qui ont chercher à échapper à leur condition, Ralph est remis à sa place, la pilote de kart était programmée pour gagner, et le dernier se révèle être le méchant de l’histoire (qui meurt).

    Pourtant, on aurait dû se méfier : ce retournement de veste apparaissait déjà dans la subversivité décroissante du leitmotiv du film. « Je suis méchant et c’est très bien, je suis méchant : c’est pas si mal, je ne voudrais être personne d’autre que moi. »

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